25/08/2016

Rentrée littéraire : Le vilain canard et la belle endormie d'Amélie Nothomb

Amélie Nothomb s'aventure sur les terres du conte pour une nouvelle fable sur la différence.

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Rendez-vous incontournable de la rentrée littéraire, le nouveau roman d'Amélie Nothomb s'aventure sur les terres du conte. En intitulant son roman « Riquet à la houppe », elle plante clairement le décor. Deux héros aux prénoms bizarres, comme toujours avec la romancière belge. Déodat, laid et savant. Trémière, belle et mutique.

Le livre se déroule de leur naissance à leur rencontre. Bébés, puis obligés d'aller à l'école, source de toutes les brimades. Premier sujet de plaisanterie : leur prénoms. Déodat devient dans la bouche des caïds vulgaires de la cour de récré « Déodorant ». Trémière, pour les petites pestes, futures lectrices de magazines spécialisés dans les ragots, se transforme en « la crémière ». Mais il en faut plus à ces deux introvertis pour être déstabilisés. Leur force intérieure est bien supérieure aux mesquineries du quotidien.

Surdoué, Déodat s'intéresse à tout, jusqu'au jour où un événement cocasse lui fait lever les yeux aux ciel et qu'il découvre l'existence des oiseaux. Il se passionne, ne vit plus que par eux, devient de fait un ornithologue renommé.

La trop belle Trémière

Malgré sa laideur, comme dans le conte de Perrault, il plait beaucoup aux femmes. Femmes dont il ne comprend pas toujours les demandes d'attention quand elle sont amoureuses. « A la réflexion, l'insatisfaction et la vulgarité pouvaient s'interpréter comme les versions féminines et masculine d'une force identique : le désir. Celui-ci constituait le socle, la définition, le magma originel. » Visage ingrat et de plus quasi bossu. Heureusement la médecine moderne le redresse, au prix de quelques années coincé dans un corset métallique et de deux années de massages par une charmante kinésithérapeute qui malheureusement n'est pas sensible aux charmes de celui qui est surnommé « Riquet à la huppe » par ses facétieux collègues.

A l'opposé du jeune homme, Trémière paraît idiote. Sa mère la confie à la grand-mère, cartomancienne fascinée par les bijoux et les pierres précieuses. Trémière, belle mais bête ? Non, simplement contemplative, passive. C'est comme ça qu'elle supporte les moqueries de ses méchantes camarades, par l'indifférence. Car souvent, la trop grande beauté est tout aussi moquée que la laideur.

Le roman d'Amélie Nothomb est construit comme un double miroir inversé. Les itinéraires parallèles de Déodat et Trémière finissent par se rejoindre et la fin de l'histoire, si elle avait fait partie de la Comédie humaine de Balzac, serait dans la petite minorité (6 % des cent quarante sept ouvrages) mise en lumière par Amélie Nothomb qui parvient une nouvelle fois à nous distraire tout en nous apprenant quantité de choses sur l'art, la vie et l'amour.

« Riquet à la houppe » par Amélie Nothomb, Albin Michel, 16,90 €.

 

24/08/2016

BD : Renoir et ses deux muses

 

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La collection « Les grands peintres » loin d'être une simple encyclopédie, permet à des auteurs de BD de proposer des regards originaux sur ces maîtres du passé. Dodo et Ben Radis se penchent sur Renoir. Mais au lieu de raconter linéairement la vie d'un des précurseurs de l'impressionnisme, le couple parle des modèles. Pour peindre, un artiste a besoin d'une muse, d'un modèle qui l'inspire. Renoir en a eu deux qui ont beaucoup compté. En 1893, en pleine remise en question de son style, il reçoit la commande de deux toiles. Suzanne Valandon posera pour « Danse à la ville », Aline Charigot pour « Danse à la campagne ». L'histoire de ces deux toiles, les rivalités des deux femmes et l'amour très partagé de l'artiste est au centre de cet album d'une grande érudition. On croise également dans ces pages Satie, Cézanne et Monet en plein déménagement vers Giverny.

« Renoir », Glénat, 14,50 €

 

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23/08/2016

BD : "Red Skin", une héroïne en rouge vif

 

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Capitalistes numérotez vos acabits, « Red Skin », la justicière communiste débarque aux USA. Écrite par Xavier Dorison et dessinée par Terry Dodson, cette série entre humour et glamour, brocarde les histoires de superhéros et les bondieuseries américaines. Red Skin c'est Véra Yienikof, espionne au service de l'URSS à la fin des années 70. Envoyée en mission en Californie, elle doit favoriser la signature du traité de désarment Salt. Sa couverture ? Assistante d'un réalisateur de films pornographiques. Un rôle loin de déranger la belle soviétique qui, en dehors de siroter de la vodka, aime particulièrement faire l'amour où et quand et avec qui elle veut. Sur son chemin se dresse Le Charpentier, catholique intégriste. Un combat homérique l'oppose donc à la justicière communiste armée d'un marteau et d'une faucille. Ce récit plus savant qu'on ne le croit, bénéficie des dessins de Dodson, expert en jeunes femmes dénudées pour le plaisir des yeux de ses nombreux lecteurs esthètes (et un peu salaces...).

« Red Skin » (tome 2), Glénat, 14,50€

 

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22/08/2016

BD : LE VIEUX TUEUR RÉCALCITRANT de "Polar venu du froid"

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Virtuose, Victor Santos l'est, sans conteste. Ce dessinateur espagnol, renommé aux USA pour ses nombreux comics, se lance en solo dans un projet plus personnel. Si le scénario est basique (un ancien agent tueur est traqué par son employeur), le résultat graphique est époustouflant. Sur un format à l'italienne, les 176 pages sont une accumulation de bagarres, combats et duels au découpage très cinématographique. Et pour renforcer le tout, Santos rajoute de grosses zones rouges sur ses images tout en ombres. La violence n'en est que plus prégnante, l'action plus mouvementée, l'angoisse au maximum. Le héros, Black Kaiser, est à la limite de la caricature. Mais qui n'a jamais émis des doutes sur les capacités d'un James Bond, Jason Bourne et autre Ethan Hunt ? En fait, pour que cela marche, il faut forcer le trait. Santos est un véritable cador dans cette pratique.

« Polar, venu du froid » (tome 1), Glénat, 15,95 €

 

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21/08/2016

DVD et blu-ray : Colocation en folie dans "Five" avec Pierre Niney

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Avant de réaliser son premier film, Igor Gotesman a roulé sa bosse dans des formats courts à la télévision. Mais quand il décide de se lancer dans le grand bain, une évidence s'impose : il doit gonfler son court-métrage « Five ». Une belle histoire de colocation entre potes amis depuis l'école primaire. Le projet bénéficiera de l'apport du nom de Pierre Niney, jeune acteur français tout terrain mais au fort potentiel comique. Avec plus de 500 000 entrée en salles, « Five » a connu un beau succès mais pourrait devenir culte dans les prochaines années en raison de scènes particulièrement déjantées.

Sam (Pierre Niney), profite de la fortune de son père pour assurer la belle vie à ses quatre amis, trois gars et une fille. Mais quand le paternel coupe les vivres, il doit trouver une solution pour assurer le loyer d'un immense appartement dans Paris. Ce n'est pas avec ses pourboires de voiturier qu'il pourra honorer sa signature. Alors, sans rien dire à ses copains, il se lance dans le commerce d'herbe, à petite échelle puis à un niveau plus important. La belle vie jusqu'à un problème avec son fournisseur.

C'est alors la fuite en avant avec de gros risques dont celui de voir ses potes eux aussi victimes de la vindicte du trafiquant. On peut laisser de côté le volet intrigue assez basique pour pleinement profiter de ces scènes hors normes, inhabituelles dans le cinéma français souvent trop sage. La scène du paillasson, l'entrevue avec le dealer, le 'pignolage' ou les hallucinations sous ecstasy sont autant d'incongruités trop rares.

Le meilleur reste la négociation de la soirée avec Barnabé (Pascal Demolon), milliardaire excentrique en présence d'une Fanny Ardant (dans son propre rôle) totalement hilare. On peut d'ailleurs constater dans le bêtisier offert à la fin du DVD toute la difficulté de garder son sérieux dans un tel contexte. Fous rires assurés.

« Five », Studiocanal, 14,99 € le DVD ou le blu-ray

 

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20/08/2016

Cinéma : Le voyage sans limites de l'équipage de Star Trek

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Star Trek est entre de bonnes mains. La reprise de la franchise par J. J. Abrams était réussie. La suite est au niveau. Normal, le producteur de «Lost» et réalisateur du dernier «Star Wars» est resté à la production exécutive confiant la mise en scène à Justin Lin.

Ce volet permet de mieux comprendre la mentalité des différents membres d'équipage. Mais ce n'est quand même pas un film psychologique... Action et batailles spatiales composent la majorité du film. Avec pour une fois une utilisation très bonne de la 3D, largement au niveau du "Réveil de la Force". On retrouve l'Enterprise aux limites du monde connu. Le capitaine James T. Kirk (Chris Pine), le fils donc, offre à un peuple alien un vieil artefact de leur civilisation. Refus violent de leur part. Kirk échappe à leur furie et se pose de plus en plus de questions sur son utilité. A quoi bon sillonner la galaxie pour consolider la paix ? Un gros cafard pour le commandant du fameux vaisseau spatial. Au point qu'il envisage de démissionner pour occuper un poste à terre, ou du moins sur une station spatiale gigantesque.

Spock (Zachary Quinto) aussi gamberge. Son mentor vient de mourir n excellente façon pour les scénaristes de rendre hommage au regretté Leonard Nimoy n et il pourrait se consacrer au projet de nouveau Vulcain. Mais la routine ne dure jamais bien longtemps dans ce milieu. Un navire en détresse demande de l'aide à la Fédération. Après un atterrissage en catastrophe sur une planète inconnue, une seule survivante a pu prendre la fuite. Une mission parfaite pour les homes de l'Enterprise, enchantés de rompre avec la monotonie du quotidien.

Une nouvelle E.T.

Après le passage d'une nébuleuse, l'attaque est brutale et sans pitié. Des milliers de petits missiles, comme autant de guêpes, transpercent la coque. Ils sont pilotés par des klingons avides de revanche. On voit alors l'incroyable : la destruction du vaisseau. Une longue séquence de près d'une demi-heure jusqu'au crash de la soucoupe sur la planète Altamid. Perdu aux confins de l'univers, sur une planète hostile, pourchassé par des méchants menés par Krall (Idris Elba), le capitaine se retrouve seul avec Checkov. Spock, blessé, est heureusement en compagnie de McCoy, médecin tout terrain. Quand à Scotty, il est sauvé par une ravissante extraterrestre qui devrait revenir dans le 4e volet de la série.

"Star Trek - Sans limites" est le film le plus proche d'un épisode de la série d'origine. On retrouve tous les ressorts des épisodes qui ont fait la légende de ce feuilleton de science-fiction. Équipage prisonnier, chef seul face à l'adversité, menace de destruction du monde libre... A la différence que cela dure 2 heures et que l'on ne s'ennuie pas une minute. Regrettons simplement l'ajout d'une moto, totalement incongrue mais qui semble être à la base des cascades les plus en vogue ces dernières années.

Enfin saluons l'esprit de camaraderie de J. J. Abrams qui a toujours un petit rôle pour son pote Greg Grunberg. Vu dans «Alias», «Lost» ou «Heroes», il a l'incroyable chance de jouer dans les deux "Star" du moment... Trek et Wars.

19/08/2016

Cinéma : Père et fille, triangle compliqué de "Toni Erdmann"

Wilfried semble ne plus comprendre sa fille Ines, femme d'affaires allemande ambitieuse vivant en Roumanie. Il s'immisce dans sa vie en se grimant en "Toni Erdmann", coach gaffeur.

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Présenté en compétition officielle en mai dernier à Cannes, "Toni Erdmann" de Maren Ade a longtemps fait la course en tête. Les critiques présents aux projections plébiscitaient le film de la jeune Allemande tant pour son histoire, sa réalisation que le brio des deux comédiens principaux. Mais les critiques ne font pas le palmarès de Cannes et Maren Ade est revenue bredouille de la Croisette devant simplement se contenter du prix de la critique internationale.

Un peu long (2 h 40), ce chassé-croisé entre un père et sa fille, sans cesse entre la comédie et le drame, ne méritait peut-être pas la palme, mais c'est fort regrettable pour les deux acteurs, excellents dans des rôles particulièrement compliqués à interpréter. Ils resteront cependant longtemps dans les mémoires des spectateurs. Peut-être la plus belle récompense pour un comédien.

Un nouveau père

La scène d'ouverture plante le décor. Un livreur de colis est accueilli par Wilfried (Peter Simonischek). Mais il prétend que le courrier est pour son frère, Toni, qui vient de sortir de prison. Il revient une minute plus tard grimé en Toni avec perruque, lunettes et fausses dents. Wilfried, malgré son âge avancé (il est professeur de musique en fin de carrière) est un peu gamin sur les bords. Et très mythomane. Un peu malheureux aussi. Divorcé, vivant seul avec son très vieux chien, il n'a plus beaucoup de nouvelles de sa fille, Ines (Sandra Hüller), responsable du bureau roumain d'une société de conseil en entreprise. Son boulot consiste à réduire les coûts, voire délocaliser. Une tueuse dans un monde de plus en plus capitaliste. Pas souvent présente, au point que Wilfried va jusqu'à louer les services d'une fausse fille, pour quelques dîners en tête à tête et lui couper les ongles des pieds. À moins que ce ne soit une de ses nombreuses inventions.

A la mort du chien, Wilfried quitte l'Allemagne et débarque à l'improviste chez sa fille. C'est peu de dire que cela se passe mal. Alors pour tenter de renouer les liens avec cette belle jeune femme qui lui semble totalement inconnue, il ressort sa perruque et ses fausses dents et se déguise en Toni Erdmann, coach. Tout l'attrait du film réside en cette incommunicabilité viscérale entre père et fille. Avec l'arrivée d'une tierce personne, un nouveau départ semble possible. Faut-il encore qu'Ines accepte de jouer le jeu, ce qu'elle n'ose pas au début. Sérieuse, trop sérieuse, elle ne peut pas prendre les choses à la légère.

Jusqu'au jour de son anniversaire. Une contrariété va la faire basculer du côté paternel, dans la zone trouble de l'extravagance et de l'humour. Une renaissance et des retrouvailles, tout le sel de cet excellent film intelligent et bourré de scènes hilarantes.

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Une robe serrée et toute une vie change

toni erdmann, maren ade, sandra hullerInes, tout en se débattant dans son travail où une femme est forcément sans cesse sur la sellette, doit subir les excentricités de son père, devenu Toni Erdmann sous sa perruque, ses fausses dents et parfois ses lunettes. Il invente sans cesse de nouvelles histoires, devenant coach de Ion Tiriac (célèbre joueur de tennis roumain devenu homme d'affaires milliardaire) puis conseiller pour les multinationales et même ambassadeur d'Allemagne spécialiste de la peinture sur œuf. Ines, froide et rationnelle, prend beaucoup sur elle pour ne pas craquer. Mais inconsciemment le travail de sape de son père fait effet.

Le jour de son anniversaire, elle organise une soirée chez elle. Elle a acheté une nouvelle robe. Un peu étroite. Elle se débat avec la fermeture éclair quand un premier invité sonne. Sur un "coup de tête", expression favorite de son père, elle va faire quelque chose qui marque la bascule de sa vie trop sérieuse et guindée. Elle risque d'exploser en vol, mais qu'importe si la conséquence est de se sentir mieux dans sa peau et son corps.

Une belle apologie du "lâcher prise", même si la réalisatrice préfère parler de situation permettant de "s'assumer pleinement".

18/08/2016

Thriller : "Rêver" de Franck Thilliez, un pavé pour la plage

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Franck Thilliez, en faisant cauchemarder son héroïne, risque de sérieusement perturber vos propres nuits. Abigaël est psychologue pour la police française. Une experte dont les avis sont essentiels pour résoudre les affaires criminelles. Mais elle souffre d'une forme aiguë de narcolepsie qui fait qu'elle peut s'endormir à tout moment. Même en pleine réunion avec l'état-major. Et dès quelle rêve, ses songes empiètent sur sa réalité. Incapable de savoir si elle est dans un cauchemar ou un véritable guet-apens.

Elle va trouver une parade, simple et efficace : la douleur. Mais pour s'empêcher de sombrer dans le sommeil (ou la folie dans son cas particulier), elle doit se faire de plus en plus mal. Thriller écrit par Franck Thilliez, ce roman déconcerte un peu au début par sa construction désordonnée dans le temps. Mais c'est essentiel pour que le lecteur partage les angoisses d'Abigaël. Au point qu'un chapitre est même manquant (mais lisible sur un site dédié). Le tout est véritablement passionnant et novateur si l'on accepte de se projeter dans la peau (et les rêves) de l'héroïne.

« Rêver » de Franck Thilliez, Fleuve Noir, 21,90€.

 

09:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rêver, fleuve, noir, thilliez

17/08/2016

BD : DES NAZIS POUR RASER NEW YORK

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A la croisée de l'uchronie et du récit historique, le quatrième tome de la série « Dent d'ours » fait de nouveau planer la menace nucléaire sur New York. Hitler vient de se suicider, Russes et Américains s'enfoncent dans l'Allemagne, mais des fanatiques veulent continuer le combat. Pour l'honneur. Ils veulent lancer un engin de mort sur la principale ville des USA et il leur faut une pilote d'exception.

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Ce sera Hanna, la jeune héroïne de l'histoire écrite par Yann et dessinée par Henriet. Elle a perdu son ami Max, et Werner, le troisième larron de la bande, passé du côté des alliés, a pour mission de l'abattre. Mais l'amour... Une superbe série entre romantisme gothique et invention aéronautique. Un feuilleton palpitant plein de rebondissements. Vivement la suite.

« Dent d'ours » (tome 4), Dupuis, 14,50 €.

 

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DE CHOSES ET D'AUTRES : Tintin, héros éternel (3/3)

 

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 Si Tintin est parvenu à conquérir la planète, donnant ainsi l'occasion au général de Gaulle de prononcer cette sentence savoureuse "Mon seul rival international, c'est Tintin", le succès des albums n'explique pas tout. Hergé, à l'image d'un Walt Disney, comprend rapidement que cette notoriété représente une seconde mine d'or. Il verrouille l'image du jeune reporter et embauche d'excellents dessinateurs pour réaliser publicités et autres produits dérivés.

Une exclusivité prolongée par la société Moulinsart, toujours vigilante (et parfois très procédurière selon ses nombreux détracteurs) quant à l'utilisation de la fameuse ligne claire popularisée par le dessinateur belge. Ensuite, partout où la BD n'est pas élevée au rang d'art populaire, on trouve des adaptations : dessins animés originaux comme "Le lac aux requins" ou films plus ou moins réussis (Les oranges bleues et la Toison d'or dans les années 60). Le succès vient surtout de l'adaptation fidèle des albums en dessins animés pour la télévision. Une série toujours au programme cet été chaque vendredi soir sur 6ter, chaîne de la TNT.

Enfin arrive Steven Spielberg en 2011. Il met des années à réaliser "Le secret de la Licorne". Succès public mais critiques négatives. Depuis, calme plat. Peter Jackson, producteur du premier film, pourrait réaliser le second qui serait tiré de "L'affaire Tournesol"... ou du "Temple du Soleil". Mais, délais de fabrication obligent, la sortie en salles n'aura pas lieu avant 2020. Quatre ans, dérisoire pour une saga lancée en 1929 ! 

 

16/08/2016

BD : UN CANCRE PLEIN DE RESSOURCES

Petit rappel pour les adultes qui ont oublié ce temps béni des dieux : depuis début juillet ce sont les vacances scolaires ! De loin la période préférée de l'élève Ducobu. Il peut officiellement faire ce qu'il aime le plus : dormir ou lire des BD toute la journée. Mélangeant gags d'une planche et histoires plus longues de quelques pages, ce recueil titré « Système D » permet à Zidrou de revenir sur quelques unes de ses marottes comme la dictée savante, les clichés sur le métier d'enseignant ou la hantise des cahiers de vacances. On apprécie particulièrement les trouvailles sur les piscines. Par contre Léonie Gratin, vit très mal ces deux mois qui lui offrent moins d'occasions de martyriser son cancre préféré dessiné par Godi.

« L'élève Ducobu » (tome 22), Le Lombard, 10,60€

 

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DE CHOSES ET D'AUTRES : Tintin, héros éternel (2/3)

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Tout le monde a déjà lu une fois dans sa vie un album des aventures de Tintin et Milou. Privilège des héros universels, le jeune reporter à la houppette, imaginé par Hergé, est entré dans tous les foyers français. Pourtant il n'a pas vécu tant d'aventures, comparé à d'autres personnages, mais chaque album, en développant des univers spécifiques, est entré dans la légende comme une représentation définitive et parfaite du milieu décrits. J'avoue que personnellement, pendant longtemps, le monde extérieur n'existait que grâce aux dessins d'Hergé. La Chine ? Je ne connaissais rien de Mao ni de la révolution culturelle mais j'étais incollable sur la guerre avec le Japon et le massacre des civils chinois. L'Amazonie ? Raoni n'était pas sorti de sa forêt que j'en connaissais le moindre recoin en m'y baladant avec Tintin dans « L'Oreille cassée », « Le temple du Soleil » ou « Les Picaros ». Et si on me demandait de citer un dictateur sud-américain, le général Alcazar a longtemps été ma seule réponse. Jamais mis les pieds dans une casbah ou un désert au Maghreb, mais je sais exactement à quoi ils ressemblent grâce aux grandes cases du « Crabe aux pinces d'or ». On peut continuer ainsi presque à l'infini, de la Lune aux montagnes de l'Himalaya en passant par les pirates de la Mer Rouge, tant l'univers de Tintin est riche et diversifié.

Un monde, notre monde, imaginaire mais bien réel, présenté avec des pièces exceptionnelles à l'espace Henry-de-Monfreid de Port-Leucate jusqu'au 10 septembre.

 

10:53 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tintin, expo, journal, monde

15/08/2016

BD : De l'or chez de drôles de trolls

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Les trolls aiment leur tranquillité. Les héros d'Arleston et Mourier, un peu à l'image des Gaulois d'Astérix, n'apprécient pas que des inconnus s'approchent trop de leurs maisons. Sauf s'ils sont dodus et tendres sous la dent, bien évidemment. Dans ce 21e épisode de leurs aventures, ce sont des chercheurs d'or qui, grâce à un quiproquo, obtiennent le protection des amis de Waha.

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Immédiatement une ruée sur l'or se déclenche dans les environs et une partie des trolls devra trouver refuge au plus profond des marais pour éviter les sorts des sœurs Shanelle et Erwicque. Le salut viendra d'un dragon, transformé en drone lanceur d'engins par Waha, toujours très imaginative. Un album divertissant, avec quelques gags très osés (la maison de Profy) et des dessins un peu plus réalistes de Mourier quand le dragon fait son entrée en scène.

« Trolls de Troy » (tome 21), Soleil, 14,50 €

 

 

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DE CHOSES ET D'AUTRES : Tintin, héros éternel (1/3)

N'en déplaise aux petits bonshommes bleus qui font la pluie et le beau temps dans le cahier vacances de L'Indépendant, cet été 2016 consacre aussi Tintin. Si les Schtroumpfs ont envahi l'abbaye de Caunes-Minervois dans l'Aude, ils doivent compter avec la concurrence de Tintin et Milou, exposés à l'espace Henry-de-Monfreid de Port-Leucate.

Tintin doublement à l'honneur puisque Paris Match vient de publier un hors-série consacré aux 70 ans du fameux journal destiné "aux jeunes de 7 à 77 ans". A côté des albums publiés chez Casterman, Tintin a longtemps eu son propre hebdomadaire. Fidèle au rendez-vous de 1946 à 1988, il a publié les dernières œuvres de Hergé jusqu'à "Tintin et les Picaros". Mais le journal de Tintin, en concurrence frontale avec Spirou qui, lui, paraît toujours, a également été un vivier formidable pour la bande dessinée franco-belge. Des incontournables comme Alix ou Blake et Mortimer en passant par des héros plus populaires ou récents comme Ric Hochet, Michel Vaillant ou Thorgal.

Ce superbe magazine de 116 pages, richement illustré, est en vente à 6,90 euros chez tous les marchands de journaux jusqu'en septembre. Un complément idéal pour donner l'envie de se replonger dans sa vieille collection ou relire ces albums devenus des classiques.

14/08/2016

Livre : Fais-moi danser, beau gosse

 

 

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Envie de dépaysement total ? Ouvrez vite « Fais-loi danser, beau gosse » de Tim Gautreaux. En quelques pages vous allez vous retrouver plongé dans la Louisiane, dans ces petites villes proches de bayous où la misère n'existe plus grâce à la musique et à la danse. Paul, mécanicien et beau gosse, a quelques difficultés avec sa jolie femme, Colette. Il a une forte propension à se battre. Colette, elle, ne l'aime que quand il danse avec elle. Mais elles sont nombreuses à vouloir s'abandonner dans les bras de Paul. Sur plus de 400 pages on découvre la vie, pas toujours facile, de ces deux qui s'aiment et se haïssent autant.

« Fais-moi danser, beau gosse » de Tim Gautreaux, Seuil, 22,50 euros

 

 

13/08/2016

Livre : Je suis de celles qui restent

 

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Sans être à proprement parlé un roman de terroir, le nouveau livre de Bernadette Pécassou est quand même une ode au retour aux racines. L'héroïne commence très mal. Elle vient de perdre son mari; l'homme de sa vie. Il se croyait invincible, son cœur a lâché. Alice tente de surmonter ce deuil. Seule. Son fils travaille aux USA et sa fille est une executive woman qui n'a plus de temps à consacrer à ses proches. C'est un petit détail du quotidien qui va permettre à la veuve de penser à autre chose. Elle reçoit un colis commandé par son mari. Dedans un vieux briquet. Elle se lance sur les traces de cet objet de luxe, de son histoire et des secrets de ce mari qu'elle ne connaissait visiblement pas tant que cela. Le roman dresse le portrait d'une femme totalement dépendante au début, qui peu à peu reprend sa liberté. Pour donner un côté plus actuel à l'ensemble (qui parle beaucoup du passé), la romancière accorde une belle place à la fille d'Alice. Jeune femme à qui tout réussit professionnellement, elle se pose des questions sur son incapacité à aimer. « Juliette n'avait pas eu le temps de connaître le grand amour, celui qui emporte dans un coup de foudre, auquel on ne peut résister. Aujourd'hui, il lui aurait fallu une bonne dose de naïveté pour que cela lui arrive. Et elle était convaincue de ne plus en avoir un gramme à disposition. » Juliette, l'atout cœur du roman, qui finalement parviendra a découvrir la perle rare et permettra à Bernadette Pécassou de terminer son livre sur une note positive.

« Je suis de celles qui restent » de Bernadette Pécassou, Flammarion, 21 euros

08:59 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pécassou, flammarion

DVD et blu-ray : Petit Pelé deviendra grand

pelé, brésil, footabll, suède, ginga, wild side vidéoEn plein jeux olympiques de Rio, pour oublier un peu les déboires tricolores, rien de tel qu'un petit biopic pour se changer les idées. Mais pour rester dans le ton, intéressons-nous à un sportif brésilien. "Pelé, naissance d'une légende" raconte la jeunesse du grand joueur de foot. Gamin, il joue au foot pieds nus dans la rue avec une pelote de tissus. Pauvre, il cire des chaussures pour aider sa famille. Mais il a de l'or dans les pieds et un recruteur le repère. Il ira au club des Santos et intègrera l'équipe nationale pour revenir de la Suède, à 17 ans, champion du monde. Sur près d'un tiers du film, Pelé n'est qu'un enfant, volontaire mais tiraillé entre l'envie de jouer au foot et de faire plaisir à ses parents. Il choisira le foot un peu plus tard, imposant au plus haut niveau ce jeu instinctif et magique que les Brésiliens désignent sous le nom de Ginga. Un peu trop académique parfois, le film devient plus palpitant durant la compétition en Suède. On retrouve avec plaisir dans le rôle de l'entraîneur brésilien Vincent d'Onofrio, acteur américain tout terrain capable de passer des vestiaires de foot à la police criminelle de New York sans oublier ses débuts en soldat névrosé dans "Full Metal Jacket". Un DVD accompagné d'un élégant livret de 48 pages reprenant les grandes unes de la presse sportive française sur la carrière du dieu vivant du football.

"Pelé, naissance d'une légende", Wild Side Vidéo, 19,99 € le DVD, 24,99 € le blu-ray.

 

DE CHOSES ET D'AUTRES : Sportez-vous mieux (3/3)

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La meilleure solution pour se remettre au sport reste de s'y mettre à deux. Certains l'imposent, comme le tennis ou le squash. Comme nous avons décidé de retrouver la forme ensemble, mon épouse et moi, on évitera le tennis de table. Elle y excelle et aime attaquer fort en coup droit. Moi, je ne joue qu'en amorties ou balles coupées, pratiques qu'elle a en horreur. Trois échanges et on se dispute... Quant au jogging, pas question : trop pénible et ennuyeux.

Elle me propose donc un peu de gym douce dans un premier temps. Je suis moyennement emballé, la souplesse n'est pas mon fort. Obnubilée par le ventre plat comme toute mère de famille (ou qui lit un magazine féminin, à en croire la quantité de « secrets » distillés chaque mois dans ces publications), elle me croque trois petits exercices censés réveiller mes abdos. Sur le papier, les mouvements me semblent déjà compliqués. Sur le sol, impraticables. J'invoque lâchement mon problème de coordination et de dyslexie entre droite et gauche pour déclarer forfait.

En réalité, je suspecte d'être le seul homme sur terre qui vive sans abdos. Ou du moins s'en désintéresse totalement. Les tablettes de chocolat, très peu pour moi. Je préfère le salé.

Finalement, après toutes ces déconvenues, il ne me reste qu'à télécharger LE jeu du moment et me contenter de chasser le Pokémon. Même si pour faire éclore un œuf de Lippoutou il faut parcourir 10 kilomètres à pied. Vous me direz, voilà peut-être la bonne et seule solution pour me bouger un peu ?

08:51 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sport, couple, gym, pokemon go

12/08/2016

Cinéma : Messieurs les fantômes, méfiez-vous de ces quatre filles !

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La nouvelle génération d'humoristes américains est féminine.
Les sceptiques (avec un fond de machisme) sont de plus en plus obligés de se rendre à l'évidence, ces femmes-là savent rire. D'elles bien évidemment, des hommes aussi et surtout. Avec talent et sans tabou. Dernier exemple en date avec le remake de "SOS Fantômes". Paul Feig a repris l'univers du classique américain (avec Bill Murray et Dan Ackroyd qui font des apparitions très réussies dans le film qui sort ce mercredi) mais au lieu de confectionner son équipe de chasseurs de fantômes avec les piliers mâles de l'émission "Saturday Night Live" il a recruté quatre actrices et auteurs de ce programme culte aux USA. On retrouve donc par ordre d'apparition Kristen Wiig, Melissa McCarthy, Kate McKinnon et Leslie Jones.

 

 

Une charmante quadra, timide et à l'esprit scientifique, une ronde farfelue, une virago blonde très habile de ses mains dès qu'il faut fabriquer une arme et une grande black, experte en histoire de la ville et grande gueule.

Beau... mais idiot !

Un quatuor qui se partage la vedette avec un bel équilibre, se renvoyant la balle dans des dialogues intenses qui parfois lorgnent vers une grosse vulgarité voulue, comme pour prouver au public de base que les pires atrocités peuvent aussi sortir des bouches sensuelles de ces charmantes demoiselles. La première chasse aux fantômes se déroule dans une vieille maison new-yorkaise. L'occasion pour Kristen Wiig de copieusement se faire arroser de liquide ectoplasmique. Ensuite le métro est attaqué mais leur véritable acte de bravoure se déroule dans un concert de hard rock où les métaleux, au début, pensent que l'apparition monstrueuse fait partie du show. Effets spéciaux soignés et grosses explosions apportent un plus technologique par rapport au film d'origine. Mais la véritable trouvaille de cette suite consiste à avoir casté Chris Hemsworth dans le rôle du standardiste de la jeune entreprise. Le beau gosse, remarqué pour ses muscles dans Thor, interprète un abruti de première. Une bimbo... au masculin. Et dans ce registre, les quatre filles (tout en admirant ses attraits physiques indéniables) sont d'une méchanceté crasse. Le tout renforcé par la bêtise abyssale jouée à la perfection par un acteur qui a certainement plus d'humour que ce qu'il laisse entrevoir dans ses autres productions. Rien que pour la dizaine de scènes où il apparaît, il faut aller voir "SOS Fantômes" et rire de bon cœur. Une vengeance délicieuse pour tous les hommes qui en ont assez de ces gravures de mode qui de plus semblent avoir un QI d'universitaire.

08:45 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sos fantômes, suite, cinéma

DE CHOSES ET D'AUTRES : Sportez-vous mieux (2/3)

sport, vélo d'appartement, caloriesFaire du sport... L'envie démange des milliers de Français. Mais avant de passer à la réalisation de cette excellente résolution, il faut souvent franchir quelques obstacles de taille. Marcher en plein soleil ne peut pas être une solution pour moi. Même avec une casquette. "Et le vélo d'appartement ? Tu te souviens du vélo d'appartement ?", me glisse perfidement mon épouse.

Preuve que cette envie de dépenser des calories n'est pas une lubie récente, j'ai acquis cet engin il y a plus de dix ans. Remisé au fond du garage, derrière quelques caisses de livres, il n'a pas beaucoup servi. Après avoir déplacé 150 kilos de BD et de livres divers et variés, j'exhume l'instrument de torture et l'installe au milieu du garage. Un peu de nettoyage et je me hisse dessus. Le pédalier tourne. Bonne nouvelle. L'écran reste éteint. Est-il cassé ? Non, ce n'est que la pile qui est plate. Et plate de chez plate car elle est d'origine...

Un vélo d'appartement a tout d'une bicyclette, les roues en moins. Gros avantage, on ne risque pas de tomber dans une descente puisque par définition, elles n'existent pas. On peut aussi mettre pied à terre quand on en a assez et ne pas être obligé de se taper la route en sens inverse pour retrouver ses pénates. L'inconvénient, c'est le manque de diversité dans les paysages. La solution c'est regarder la télé ou lire en même temps. Mais faire deux choses à la fois est une spécialité féminine, vraiment pas dans mes gènes. Bref, entre me cultiver et avoir le corps d'un culturiste, mon choix est vite fait.