28.01.2012
Le sommet de l'auto dérision selon Marc Villard et Jean-Philippe Peyraud

Il y a deux types d'humoristes : ceux qui se moquent des autres et ceux, plus rares, qui savent se moquer d'eux mêmes. Dans cette dernière catégorie, Marc Villard remporte la palme. Romancier reconnu, il utilise à merveille tous ses défauts pour nous faire rire à gorge déployée. Le héros, écrivain de 60 ans sur le déclin, a un très gros problème d'égo. Bedonnant, hypocondriaque, un peu dépressif, il vit avec une jeune femme un peu blasée, son fils ado ayant déjà tout compris de la personnalité de son père et un chat, peut-être l'être le plus normal du foyer.
Différents thèmes sont exploités dans ce recueil de gags en quatre cases maximum (dessins de Jean-Philippe Peyraud). Celui de l'écrivain incompris marche à tous les coups et permet une féroce critique du milieu de l'édition. Les histoires de maladie imaginaire sont souvent efficaces, mais pas toujours nouvelles. Plus étonnantes les confidences sur la vie sexuelle de ce couple peu banal. Madame aime acheter des gadgets sur le site « missdominia.com », monsieur, souvent, le regrette dans le feu de l'action. « J'aimerais être un saint, mais bronzé » ce sont 100 pages et autant d'éclats de rire. C'est cool de savoir rire de soi, surtout si cela permet d'ajouter une brique à son œuvre...
« J'aimerais être un saint, mais bronzé » de Marc Villard et Jean-Philippe Peyraud aux éditions Treize Étrange, 15,50 €
08:23 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marc villard, jean-philippe peyraud, écrivain, hypocondriaque, treize étrange, glénat
27.01.2012
Raid des Anomymous sur divers sites : héros ou pirates ?

Cory Doctorow, l'auteur de "Little Brother", roman d'anticipation sur les dérives de l'internet sécuritaire. Le roman est paru le 5 janvier dernier chez Pocket Jeunesse.
On ne parle que d'eux depuis quelques jours. Eux, ce sont les Anonymous, ces activistes insaisissables, mystérieux, aux visées souvent obscures, voire inquiétantes.
Site de Vivendi, gouvernement brésilien, l'Express... loin d'être coordonnés, leurs raids tapent tous azimut. Certainement car le mouvement est tout sauf structuré. Anonymous est apparu en 2006 selon Wikipédia et s'est popularisé en 2008. « Ils se présentent comme des défenseurs du droit à la liberté d'expression » explique l'encyclopédie en ligne. Cette fameuse liberté d'expression qui ne s'use que si l'on ne s'en sert pas. Les hackers sont des héros dans les dictatures, des pirates dans les démocraties. Mais selon eux, le terme de démocratie est souvent dévoyé. Les projets de loi SOPA et PIPA aux USA sont les exemples mêmes de cette volonté de régenter la toile.
Pour mieux comprendre la mentalité des Anonymous, je vous conseille de lire « Little Brother » de Cory Doctorow récemment paru chez Pocket Jeunesse. Cet auteur de SF canadien y décrit une Amérique de plus en plus paranoïaque. Un attentat terroriste est l'alibi que cherchaient les autorités pour mettre tout le monde sous surveillance. Quelques jeunes vont se rebeller et démontrer au public que cet espionnage constant est pire que le terrorisme. Directement inspiré de « Big Brother » de George Orwell, ce roman n'est plus une anticipation. On est en plein dedans. Marcus, le héros, est un Anonymous. Héros et anonyme. Voilà tout le dilemme de ce mouvement.
09:31 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : little brother, anonymous, cory doctorow, pocket jeunesse
26.01.2012
Pour ou contre ? Les sites de débats ont le vent en poupe

Est-ce la période électorale qui veut ça ? La dernière mode sur internet est le site de débat. Vous avez un avis ? Partagez-le ! C'est en résumé le concept de ces sites s'adressant au plus grand nombre.
Newsring, Talkeo, Netoo-débats, ils sont de plus en plus nombreux et demandent votre participation à deux niveaux : donner votre opinion, mais également lancer de nouvelles controverses.
Le plus sérieux est sans conteste Newsring. Parrainé par Frédéric Taddéi, il a une rédaction attitrée. Chaque journaliste arbitre le débat et le replace dans son contexte. C'est donc un véritable site d'information, même si au premier abord, on a l'impression d'une simple machine à pondre des OUI (en bleu) et des NON (en rouge) omniprésents sous chaque question. Les rubriques permettent de mieux s'y retrouver, avec beaucoup de politique et d'économie. Mais aussi quelques questions philosophiques comme « Peut-on revendiquer le droit à la paresse ? » (oui à 83 %) ou « La richesse est-elle immorale ? » (non à 64 %). Newsring a su, dès le début, attirer parmi ses contributeurs quelques pointures d'internet. C'est du reste la principale critique : trop d'influenceurs, pas assez de M. Toutlemonde.
Talkeo et et Netoo-débats semblent beaucoup plus simples. Des sujets très futiles sont abordés comme cet improbable «Chimène Badi : aimez-vous son nouveau style ? » et ce commentaire très limite « 30 kilos de moins c'est très bien. Par contre sa coiffure ne lui va pas du tout. » Rappel : Chimène Badi est une chanteuse...
12:27 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : débat, talkéo, newsring, présidentielle 2012
25.01.2012
Maki, le lémurien de Fabrice Tarrin, se dévergonde chez Vents d'Ouest

Maki, le lémurien imaginé par Fabrice Tarrin, se démultiplie. Cet avatar servant à représenter l'auteur sur son blog (le Tarrin Blog) a débuté dans la collection Shampoing de chez Delcourt. C'était essentiellement les notes du blog reprises sur papier. Ensuite Maki, plus jeune, a partagé son enfance dans les pages de Spirou et chez Dupuis dans deux albums. Voici aujourd'hui une troisième version du personnage (constituée à 80 % d'inédits) racontant « Le parcours d'un puceau » chez Vents d'Ouest. Dans son style très dépouillé et si caractéristique, Fabrice Tarrin explique comment cet adolescent de 14 ans, par un incroyable concours de circonstance, va se retrouver ami avec la star Vanessa Colibri. Une actrice femme-enfant, aimant se moquer de ses fans. Maki, souvent plus victime passive qu'acteur des événements, est entraîné dans un tourbillon de coups de théâtre. Pour séduire une camarade de classe, il va l'inviter à une soirée organisée par Vanessa. Mais cela se passera très mal. De plus son meilleur ami disparaît après avoir fait des ménages, nu, chez une ancienne actrice suspectée d'avoir assassiné son enfant trisomique. Aidé d'un opportuniste ressemblant à Fred Neidhardt (l'âme damnée de Fabrice Tarrin), il va se lancer à sa recherche. Parfois émouvante, souvent loufoque, toujours juste, cette BD va asseoir encore plus la réputation de Fabrice Tarrin, star de la blogosphère adorant se mettre en scène, même dans les pires situations.
« Le parcours d'un puceau », Vents d'Ouest,13,90 €
09:51 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fabrice tarrin, maki, lémurien, vents d'ouest, le parcours d'un puceau
24.01.2012
"La Rafale" sur les rails rouges de l'Indochine (Bamboo)

« La Rafale », qui donne son nom à cette nouvelle série dessinée par Winoc et écrite par Cothias et Ordas, est un train blindé de l'armée française. C'est lui qui va ravitailler les différents postes avancés au Vietnam. On est en 1948 et la France a les pires difficultés pour maintenir la paix dans cette vaste et riche Indochine. Si les troupes d'élite de la Légion étrangère assurent la sécurité de la Rafale, pour ce qui est de son fonctionnement, c'est un jeune ingénieur qui est réquisitionné. Frédéric Daguet fait partie de ces idéalistes trop souvent déçus par la vie. Résistant de la première heure, il a combattu l'envahisseur mais a abandonné les armes quand l'épuration a multiplié les procès et exécutions arbitraires. Échoué au Vietnam, il tente d'oublier les vicissitudes de la vie dans les nuages d'opium. Sa réquisition par l'armée va le remettre dans l'action, même s'il n'apprécie pas ses compagnons d'armes (ce sont souvent ses anciens ennemis, SS ou miliciens) et la cause qu'ils servent. L'autre personnage principal de la série est une adolescente vietminh, My Linh. Endoctrinée par les communistes, elle infiltre les forces françaises et se prépare à frapper au cœur des troupes.
Une vision forte de cette période un peu oubliée de l'Histoire coloniale française. Au début on craint que le train soit omniprésent, mais la pâte de Cothias fait que les hommes et femmes prennent le dessus.
« La Rafale » (tome 1), Bamboo Grand Angle, 13,90 €
08:13 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la rafale, cothias, ordas, winoc, bamboo, grand angle, indochine
23.01.2012
Des anomalies parisiennes au centre de "Masqué", nouvelle série de Serge Lehman et Créty

Paris, dans un futur très proche, est en pleine mutation. Le Préfet de police a les pleins pouvoirs et est devenu une vedette. Il a même des fans. Un homme mystérieux qui entend profiter des nombreuses « anomalies » apparues depuis quelques années. Ces anomalies vont de l'hologramme géant d'un homme masqué au-dessus de Montmartre à un glisseur mirage, homme lumière volant sur une planche de surf. Et puis il y a ces machines, venues de nulle part, sans but mais de plus en plus complexes. La dernière est humanoïde et a tenté d'assassiner le préfet de police. Heureusement il a été sauvé par Braffort, un ancien militaire à la dérive après avoir été blessé dans le Caucase. Braffort qui pourrait être une pièce maîtresse dans cette partie souterraine se jouant sur l'échiquier géant qu'est la capitale.
Le premier tome de cette série écrite par Serge Lehman (un des meilleurs auteurs SF français) est époustouflante. D'inventivité d'abord. Ces anomalies imposent une ambiance entre progrès technologique et revival du passé. De psychologie ensuite. Les différents protagonistes, loin d'être d'un bloc, sont complexes. Créty, au dessin, renforce cette image d'un Paris futuriste où tout est possible. Certaines doubles planches méritent d'être exposées tant elles foisonnent de détails. Une série prévue en quatre tomes à paraître en moins d'une année.
« Masqué » (tome 1), Delcourt, 13,95 €
07:09 Publié dans BD, SF | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : masqué, delcourt, créty, serge lehman, paris
22.01.2012
Charlotte Blum : « Un fan de série télé doit être patient »
Les amateurs de séries télé vont adorer ce beau livre de Charlotte Blum. La spécialiste explique le phénomène, en fait l'historique et imagine les tendances des prochaines années.
Paru aux éditions de la Martinière en octobre dernier, « Séries, une addiction planétaire » de Charlotte Blum, est un beau livre idéal pour mieux connaître cet univers impitoyable. Cette jeune spécialiste, qui a toujours aimé et baigné dans les séries télé, dresse un rapide historique et tente de dégager des tendances en mettant des focus sur certaines productions sortant des sentiers battus.
Premier virage avec Twin Peaks. « C'est David Lynch qui l'a écrit et du coup une frontière a été brisée entre la télévision et le cinéma, explique Charlotte Blum. C'est devenu l'endroit où les gens du cinéma voulaient travailler. Une des raisons c'est qu'il y a une liberté extraordinaire que l'on n'a pas sur un long métrage. En plus avec la télé on est chez les gens et on des chances beaucoup plus élevées d'être regardé. »
Mais dans le vaste monde des séries télé, toutes ne sont pas sur un même pied d'égalité. Le projet développé pour un grand Network est « fabriqué à la chaîne » alors que les chaînes câblées « prennent des risques et osent des thématiques complètement nouvelles. » C'est toute la différence entre « Mentalist » et « Dexter », pourtant diffusées en France sur la même chaîne, mais pas au même horaire.
Transgénérationnel
Les séries télé, tout en segmentant le public, permettent aussi à toute la famille de se retrouver autour d'un programme divertissant. « Vampire Diaries », par exemple, tout en surfant sur la mode des vampires chez les adolescents, peut passionner la mère de famille par ses intrigues amoureuses. Et Charlotte Blum de se souvenir de sa découverte d'Urgences avec sa mère qui était accro.
Maintenant, les fans de séries ce sont des « gens qui ont grandi avec et qu'on peut étonner. Ils sont habitués à cette gymnastique d'attendre une semaine, de se concentrer parce-qu'il ne faut pas louper un bout. Un vrai fan de série est avant tout patient », souligne Charlotte Blum.
Aujourd'hui de nouvelles pratiques de consommation apparaissent. Le coffret contenant l'intégrale ou le site internet en streaming permet de tout voir en une journée. Mais cela vient souvent en complément. « Une série comme Lost, peut être vue deux ou trois fois. A chaque visionnage vous découvrirez de nouvelles choses en raison de la richesse de l'intrigue et de l'écriture. » Les séries télé, reines de l'audience, sont une véritable drogue pour certains. Et c'est logique pour Charlotte Blum « dans le sens où on a des doses distribuées à un rythme très réglé. C'est quelques chose qu'on attend, dont a besoin. On ne peut pas commencer et ne pas finir. »
« Séries, une addiction planétaire » de Charlotte Blum est paru aux éditions de la Martinière (35 euros)
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A chaque décennie ses séries
Années 50
Au nom de la loi
Steeve McQueen interprète Josh Randall, un chasseur de primes. Le western règne encore en maître sur le cinéma hollywoodien et logiquement c'est ce genre qui remporte un immense succès sur les petits écrans. En noir et blanc, la série est encore régulièrement rediffusée en France, sur Arte dernièrement.
Années 60
Les mystères de l'Ouest
Dans les années 60, le duo de héros fait son apparition dans les séries américaines. Les Mystères de l'Ouest amènent un peu d'humour et de fantastique dans un décor de western d'opérette. Robert Conrad, acteur typique de série, rencontre son premier grand succès populaire. Toujours à l'affiche sur Paris Première.
Mission impossible
En pleine guerre froide, les séries américaines mettent en scène des espions d'un nouveau genre. Déguisements, gadgets, machination : l'équipe de Jim Phelps agit sans filet. Récemment rediffusé sur Direct 8
Années 70
Drôles de dames
Place au glamour avec cette série où trois jolies femmes issues de l'école de police enquêtent pour Charlie, un mystérieux patron. Succès planétaire pour Farrah Fawcett qui a longtemps représenté l'idéal féminin.
MASH
Dérivée du film de Robert Altman, cette série explore deux mondes très prisés par les scénaristes : l'armée et le milieu médical. Avec 250 épisodes, elle fait partie des plus longues.
Années 80
Dynastie
Après le phénomène Dallas, Dynastie s'impose comme l'exemple type de ces séries centrées sur le pouvoir et la richesse. Les personnages sont souvent cupides et prétentieux. Pourtant ils sont des millions sur terre à suivre les aventures de la famille Carrington.
Seinfeld
Les sitcoms comiques, souvent bon enfant, deviennent plus mordantes avec l'arrivée de Seinfeld. Le comique new-yorkais réécrit sa vie et permet l'éclosion de personnages atypiques. C'est parfois sans limite, toujours hilarant.
Années 90
X-Files
La théorie du complot vient peut-être de Chris Carter, le créateur de X-Files. Deux agents du FBI sont confrontés à des phénomènes étranges et découvrent que « nous ne sommes pas seuls ». Une série qui a beaucoup fait pour le démarrage de M6 en France.
Twin Peaks
Quand David Lynch, cinéaste reconnu, accepte de faire une série, cela donne Twin Peaks, souvent considéré comme la meilleure de tous les temps. Sur un grand network (ABC), les Américains de base découvraient leurs propres névroses à travers cette histoire de meurtre mystérieux dans une petite ville paumée.
Années 2000
Lost
Série au budget considérable, Lost s'est un peu perdue dans les dédales du temps au fil des saisons. Mais la série reste un must dans le genre des histoires à tiroir et à personnages multiples. C'est aussi la série qui a rendue célèbre outre-atlantique « La mer » de Charles Trénet...
Dr House
Les héros antipathiques sont de nouveau à la mode. Si Dexter est un serial Killer, le Dr House règne en tyran sur son service. Le toubib à la canne fait partie de ces séries s'appuyant sur un seul personnage, idéalement campé par l'acteur ad-hoc.
07:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : séries télé, charlotte blum, la martinière
21.01.2012
Des travaux d'avenir grâce à l'inventivité d'internet
Internet, loin de tuer le marché du travail, semble être un formidable outil pour la croissance. Ce nouveau modèle économique invente chaque jour. Des contenus, des habitudes et également des emplois. Ce n'est pas une simple vue de l'esprit car récemment, aux USA, le président de la Commission fédérale des communications, Julius Genachowski, a affirmé que « Internet crée actuellement 2,6 emplois pour chacun de ceux qu’il détruit. » Ce qui semblait abstrait, voire inexistant, il y a une dizaine d'années, est devenu un secteur industriel florissant.
Plus le temps passe, plus le réseau prend de l'importance dans notre vie de tous les jours. La semaine dernière se tenait à Las Vegas le CES (Consumer Electronic Show) 2012, véritable vitrine des innovations dans ce domaine. Et la tendance cette année est l'arrivée d'appareils de plus en plus « connectés », du frigo à la voiture. Les tablettes ont fait des petits, se scotchant un peu partout dans la maison. Sur votre frigo, un écran vous indiquera ce qu'il y a dedans, la date de péremption de certains produits frais, voire proposera des recettes en fonction des restes. La voiture, connectée à Facebook, offrira la possibilité, entre autres, de savoir où se trouvent ses amis. Samsung a fait sensation en exposant un écran-fenêtre. Ce grand écran donne l'impression d'être une fenêtre ouverte sur le paysage que l'on veut. Les informations s'affichent en surimpression. Et on peut même fermer des stores virtuels. Dernier avantage : on n'a qu'un côté à laver....
08:20 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ces 2012, écran fenêtre, frigo connecté, voiture facebook
20.01.2012
Bézian dessine ses souvenirs de Bram, de l'Aude et du Canal du Midi dans "Aller-retour"

Bézian, sous couvert d'une enquête se son héros, détective, se souvient de son enfance. Le périple débute dans un TER et se poursuit dans les petites rues d'une bourgade de l'Aude. Il ne la nomme pas, mais grâce à quelques indices (Canal du Midi, gare SNCF, panneaux indicateurs...) on reconnaît la ville de Bram, entre Castelnaudary et Carcassonne. L'histoire débute de nos jours, en couleur, mais dès que le personnage principal met les pieds sur le quai, il bascule dans le passé en noir et blanc, quand il n'était qu'un enfant s'amusant dans les rues de cette circulade typique du Languedoc. Et Bézian d'expliquer l'importance du décor : « Été comme hiver, tous les villages de cette région paraissent gris. Il y a une qualité de mélancolie qui me touche particulièrement ». On retrouve cette mélancolie dans un album atypique, brillant par son côté graphique et novateur.
« Aller-retour », Delcourt, 16,95 €
09:15 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bézian, aller-retour, delcourt, aude, bram, canal du midi
19.01.2012
Comment décrocher des drogues dures ? Passez par "Le château des Ruisseaux"
La bande dessinée, par son fort pouvoir d'évocation, permet au lecteur à l'esprit ouvert de s'immerger dans des mondes différents. Imaginaires parfois. Très réalistes dans le cas du « château des ruisseaux ». Ce centre accueille des toxicomanes désirant décrocher. La BD de Poincelet et Bernière suit le parcours de deux d'entre eux, arrivant le même jour. Jean et Marie ont une réelle volonté de s'en sortir. Pourtant ils sont très critiques face aux méthodes proposées. D'abord, pas de phase dégressive. « Personne ne meurt d'une crise de manque » affirme un psy à Jean. Certes, mais c'est très dur pour lui. Au bout d'une semaine, il commence à y voir plus clair. Plongée dans le monde des drogués, cette BD est inspirée de récits véritables. Presque un reportage même si les auteurs ont « mélangé » les expériences, cela reste très fort et dérangeant.
« Le Château des ruisseaux », Dupuis, 14,95 €
09:19 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chateau des ruisseaux, poincelet, bernière, aire libre, dupuis
18.01.2012
"Les petits Mythos" des Dieux en devenir par Cazenove et Larbier

La mythologie grecque est décidément une source inépuisable pour les scénaristes de BD. La richesse des personnages, les péripéties des uns et des autres, la petite histoire dans la grande : c'est une mine inépuisable. Nouvelle preuve avec « Les Petits Mythos », une série humoristique écrite par Cazenove (gagman redoutable de l'écurie Bamboo) et Larbier, dessinateur au trait dynamique faisant parfois penser à celui du regretté Claude Marin (Les bébés Disney). En Grèce, quelques enfants espèrent devenir des dieux. Si pour certains, un talent exceptionnel leur permet de rêver (Aphrodite, Midas, Hercule...), pour d'autres ce sera plus compliqué. Notamment pour Totor le Minotaure, personnage le plus utilisé dans ce premier recueil. Le plus comique aussi. Il pourrait vite devenir le dieu de l'humour. Mais pas des gaffes, Gaston occupe déjà le poste depuis des décennies...
« Les Petits Mythos », Bamboo, 10,40 €
08:55 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : petits mythos, cazenove, larbier, claude marin, bamboo
17.01.2012
"Les faux visages" ou quand les Postiches passaient à l'attaque, BD de David B et Tanquerelle

Le gang des Postiches, en signant des dizaines de hold-up dans les années 80, s'était taillé une belle réputation dans le milieu du grand banditisme. Les aventures de ces amis ont particulièrement intéressé David B. qui en a tiré un scénario mêlant faits avérés et situations fictives. Hervé Tanquerelle a illustré ces 150 pages entre braquages, préparations des coups et magouilles des policiers pour tenter de coffrer ces bandits d'exception. Mais l'essentiel de ce roman graphique porte sur la description des personnalités des protagonistes. Loin de les idéaliser, les auteurs les présentent comme des hommes aimant souvent la violence (et les armes à feu), faisant des braquages pour s'enrichir, mais aussi pour le plaisir de l'action. Ils ont longtemps été introuvables car totalement coupés du milieu traditionnel, loin des indics de la brigade de répression du banditisme. Pourtant un jour tout s'est terminé. Une partie de la bande est tombé sous les balles, une autre a fini en prison, les rescapés sombrant dans la folie.
C'est aussi passionnant qu'un polar tant les « tronches » de ces postiches sont fortes et originales.
« Les faux visages », Futuropolis, 21 €
07:19 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gang des postiches, faux visages, david b, tanquerelle, futuropolis
16.01.2012
"Sept naufragés" : enfants perdus sur une île onirique

Sur une île, ressemblant un peu trop à un paradis, des enfants apparaissent régulièrement, comme s'ils étaient des naufragés. Ils étaient six et ce matin-là, un septième vient d'arriver. Aran sera confié à Maria, une des adultes de ce petit village vivant en autarcie. Aran, mystérieux, veut, dès le premier matin, un cahier. Il explique aux six autres enfants de l'île, tous naufragés comme lui, qu'il veut y noter ses faits et gestes. Une habitude qui lui permettra d'entretenir sa mémoire. Une mémoire qui semble se volatiliser du jour au lendemain chez les six autres enfants. Chez les villageois, c'est l'inquiétude. La démarche d'Aran les inquiète. D'autant que le jeune naufragé désire aller au phare, persuadé que c'est ce dernier qui l'empêche d'avoir des souvenirs.
Ecrite par Andoryss (une jeune auteur de 30 ans), cette histoire intègre la collection « Sept » de chez Delcourt. Dessinée par Tony Semedo, elle est plus onirique que fantastique. Ces enfants perdus, dans tous les sens du terme, sont parfois attendrissants mais aussi un peu inquiétants.
« Sept naufragés », Delcourt, 14,95 €
09:04 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sept, sept naufragés, andoryss, tony semedon delcourt
15.01.2012
"L'ombre de l'aigle" 2e partie de Kraa de Sokal chez Casterman

Benoît Sokal, tout en continuant à animer les enquêtes de Canardo, s'est lancé dans une grande saga nature. Kraa est un aigle, gardien d'une vallée isolée. Il règne en maître sur une nature qui le craint. Seuls les hommes pourraient se mettre en travers de son chemin. Pas les Indiens qui le respectent, mais les Blancs porteurs de la modernité. Car cette région regorge de richesses minières. Pour les exploiter, une ville est rapidement bâtie et un barrage est en construction pour réguler le fleuve passant à proximité. La vallée sera alors inondée. Les Indiens n'auront pas la possibilité de protester, ils sont tous massacrés. Tous sauf Yuma, un adolescent. Yuma qui développe un lien chamanique avec Kraa. Ensemble ils vont se venger. Après une première partie très sauvage, le second tome donne une orientation différente à la série. Kraa s'efface un peu au profit de Yuma. Il retrouve un semblant d'humanité en tombant amoureux de la belle Emily.
Une histoire poignante et des couleurs lumineuses font de cet album une des BD incontournables de la rentrée de janvier.
« Kraa » (tome 2), Casterman, 16 €
10:54 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kraa, sokal, casterman, aigle
14.01.2012
Présidentielle : à la santé des candidats
Le site internet « Le vin des présidents » vient de lancer un sondage original demandant aux amateurs de vin d'associer un cru à chaque candidat à l'élection présidentielle afin de définir leur « oeno-profil ». 11 régions sont proposées aux internautes, dont le cru minervois pour le Languedoc. Hier, plus de 3700 votes étaient enregistrés, donnant une bonne indication sur l'image de chacun.
Nicolas Sarkozy, reste très « bling bling » puisque 50 % des votants lui associent le champagne. Breuvage lié au luxe et à la fête, le champagne est également le vin reflétant le mieux la personnalité de Dominique de Villepin. Ces deux candidats semblent à l'opposé complet du minervois, présenté sur le site comme un vin dont les qualités sont d'être « chaleureux, envoûtant, souple et épicé », puisqu'ils ne sont que 3 % des internautes à leur trouver une ressemblance avec ce vin rouge produit dans l'Aude et l'Hérault.
Le champion du minervois est Nicolas Dupont-Aignan, avec un 26 % à prendre avec prudence car les votes sont peu nombreux sur son nom.
François Hollande (et le parti socialiste en général) a toujours obtenu des scores élevés en Languedoc. Mais son nom n'est associé qu'à 11 % au minervois. Pourtant, si l'on a mauvais esprit, les défauts du minervois collent parfaitement avec la caricature du candidat socialiste aux Guignols : « lourd, mou, simple »...
Enfin, Marine Le Pen n'est minervois qu'à 4 %. Les votants préfèrent l'associer à 25 % à un vin d'Alsace. Un vin très féminin, puisqu'il est également celui qui symbolise le mieux... Eva Joly.
07:52 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielle, sarkozy, vin, alcool, françois hollande, marine le pen, villepin, minervois
13.01.2012
Circulez mon côlon !
On connaissait le régime Mayo qui, comme son nom ne l'indique pas, nous faisait gober des œufs durs ad nauseam. Voilà aujourd'hui le régime « nettoyage du côlon ». Impossible de passer à côté de ces nouvelles pilules tant les publicités sont omniprésentes sur tous les sites s'adressant un tant soit peu aux femmes. Et l'argument publicitaire de préciser que « chaque être vivant a au moins un parasite qui vit sur ou en lui et les humains en ont bien plus. La nourriture et l'eau sont les plus fréquentes sources d'organismes envahisseurs. » Donc pour maigrir il suffit « d'éliminer les parasites vocraces qui vivent en vous. »
Enfin, d'abord il faut identifier ce que sont des parasites « vocraces ». Je n'ai pas trouvé le mot dans le dictionnaire. Un anglicisme ? Une faute de frappe ? J'aurais bien tenté de le demander à mes parasites, mais ils boudent depuis que je leur ai annoncé mon intention de « décoller les plaques mucoïdes de la paroi du côlon », toujours grâce à ces pilules miracles...
Ces publicités pourraient faire rire si elles ne profitaient pas de la crédulité de certaines personnes en situation de détresse. A ces dernières je n'aurai qu'un conseil : lisez, tout en bas du site web, les recommandations écrites en tout petit. Elles précisent que pour obtenir des résultats optimums, vous devez « augmenter votre activité physique et réduire votre consommation calorique. » Voilà bien les seules paroles sensées à retenir à propos de ce « nettoyeur de côlon ».
21:12 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nettoyer le colon, publicités idiotes, régime
Wayne Shelton est un retraité actif, comme ses deux auteurs Van Hamme et Denayer

Plus de 70 ans pour le scénariste, Jean Van Hamme, plus de 65 pour le dessinateur, Christian Denayer : les auteurs de Wayne Shelton, comme le héros, ne sont plus de la première jeunesse. Mais cela ne les empêche pas d'être talentueux et très verts. Wayne, la cinquantaine passée, dans les premières pages de ce 10e album intitulé « La rançon », ne crache pas sur un cadeau d'anniversaire aux courbes parfaites. Mais la bagatelle ne nourrit pas son homme (et n'entretient pas le voilier qu'il vient de s'offrir). Il accepte d'aider un ami milliardaire dans une affaire d'enlèvement. Il va se charger de l'échange d'une jeune femme contre une rançon de 20 millions de dollars en diamants bruts. Problème, la transaction va se dérouler en plein désert irakien.
Jean Van Hamme s'en donne à cœur joie dans cette histoire entre rebondissement convenu et véritable surprise. De la BD d'aventure sans prétention. Ni morale, ce qui est plus rare de nos jours...
« Wayne Shelton » (tome 10), Dargaud, 11,55 €
09:03 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : wayne shelton, jean van hamme, christian denayer, dargaud
12.01.2012
De la Free(ture) sur la ligne
Vous vous demandez ce qu'est la pensée unique ? Facile, il suffisait de se balader mardi matin sur internet (sites d'infos, twitter, facebook, forums...). Une seule information dominait tout : le lancement des forfaits Free Mobile par Xavier Niel au cours d'une conférence de presse diffusée en direct sur Dailymotion. Éclipsés les petite phrases de la présidentielle ou Messi et son 3e ballon d'or.
Tout le monde était pris d'une frénésie numérique à l'annonce de la commercialisation de forfaits à 19,99 euros, voire moins si on passe déjà par la FreeBox pour accéder à internet. Comme si c'était le début d'une nouvelle ère, d'une révolution complète et absolue.
En réalité, ce n'est que l'application d'une recette low-cost ayant fait ses preuves dans le secteur très concurrentiel des fournisseurs d'accès à Internet. Arnaud Montebourg a même osé ce tweet : « Xavier Niel vient de faire avec son nouveau forfait illimité plus pour le pouvoir d'achat des Français que Nicolas Sarkozy en 5 ans. » Certes les dépenses des Français pour les nouvelles technologies de l'information ont fortement augmenté ces dernières années, mais pas au point de dépasser le montant de leur loyer.
Reste que cet emballement, s'il est un peu surfait, est malgré tout justifié. Pour preuve, sur lindependant.fr, l'USAP reste le maître étalon des attentes des lecteurs. Or hier, l'annonce de la signature de Marc Delpoux au poste de manager n'a vraiment pas fait le poids face au décollage de la fusée Free Mobile.
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11.01.2012
Hydromel, valeureux chien de garde de la petite Zarla
Zarla, petite fille intrépide et inconsciente, est persuadée d'être une redoutable guerrière. Ses parents étaient chasseurs de dragons, mais ce n'est pas pour cela qu'elle a hérité de leur puissance. Elle se croit invincible mais en fait, elle se tire de tous les mauvais pas grâce à son chien, Hydromel. Ce brave toutou est en réalité un redoutable bull-guerrier. En cas de danger, il se transforme. Un être hybride conçu à l'époque par les chasseurs de dragons pour les aider dans leur combat contre les créatures volantes. Hydromel est resté fidèle à sa jeune maîtresse. Mais ce n'est pas le cas de tous les bull-guerriers. Plusieurs d'entre eux se sont révoltés. Une meute écume le pays, semant la terreur, se nourrissant des rares humains osant l'affronter. Zarla va croiser son chemin. Et Hydromel ne pourra rien pour elle. C'est le grand-père de l'héroïne, Lotfrig, qui devra intervenir. Dans ce 4e album de la série imaginée par Janssens et dessiné par Guilhem (originaire de l'Aveyron comme son frère, Christophe Bec), Zarla s'efface un peu. Ce sont les bull-guerriers qui ont la vedette, notamment Hydromel.
« Zarla » (tome 4), Dupuis, 10,45 €
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10.01.2012
Gamineries à la sauce Roux

C'est le genre de bande dessinée qui vous fait regretter vos 10 ans, quand vous étiez plein d'imagination, qu'un rien vous permettait de vous amuser des heures. Les gamins de Mickaël Roux sont trois. Max, Théo et Léon sont en vacances, se retrouvent tous les jours au bord de la mer, prêts à affronter les monstres marins et le grand large. Le trio s'imagine en pirates. Un chapeau bricolé, des bandanas, un carton pour le navire, un foulard faisant office de grand voile : les voilà voguant à l'aventure. Un voyage immobile mais très rafraîchissant. Le chaton se transforme en grand requin blanc, une poule (et des tubes de gouache) fera office de perroquet et le trésor sera caché dans le bac à sable. Chacun joue son rôle avec sérieux, du capitaine au simple matelot, sauf quand vient l'heure du goûter... Les gags sont inventifs et poétiques. Oui, en refermant cet album on a envie nous aussi de transformer nos objets du quotidien. Plus qu'un bol d'air, cette BD est une inépuisable réserve d'oxygène pur.
« Jeu de gamins » (tome 1), Bamboo, 10,40 €
16:51 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mickaël roux, gamins, bamboo



