25/05/2017

BD : Presque mieux que du Jules Verne


Prêts pour la grande aventure au fond des mers ? Embarquez à bord du Fulgur, ancêtre du sous-marin inventé par un savant français et financé par un riche Américain. Avec équipage et explorateurs, ils décident de plonger à plus de 4 000 mètres pour explorer des fosses marines mystérieuses. Mais ce n’est pas la science qui guide le promoteur de l’expédition mais l’appât de l’or. Il compte renflouer un bateau chargé de tonnes du métal précieux. Mais rien ne se passe comme prévu et le Fulgur, pris dans un tourbillon, est englouti dans des cavernes. Le reste du récit raconte sa dérive, dans des cavernes gigantesques, à chercher une sortie tout en affrontant des animaux monstrueux, du calamar géant au requin préhistorique. Une série prévue en quatre tomes, écrite par Christophe Bec en hommage à Jules Verne et dessinée par le serbe Nenadov.
➤ « Le Fulgur » (tome 1), Soleil, 15,50 €

09:03 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fulgur, verne, bec, nenadov, soleil

24/05/2017

BD : "Ter", la « Main d’or » du futur


Dans un futur que l’on imagine très éloigné, quand la civilisation se sera écroulée sur elle-même, une petite communauté survit sur un bout de terre. Pip, adolescent qui améliore l’ordinaire en pillant des tombes la nuit venue, découvre dans un caveau un homme nu. A son contact, il se réveille. Ne sait pas parler, n’a pas de mémoire. Seule indication : il a tatoué sur l’épaule droite le sigle « Main d’Or 1 ». Pip lui donne le nom de Mandor et le ramène à la maison. L’homme a la particularité de savoir réparer les objets cassés. Et même de connaître leur utilité, chose que Pip et sa sœur Yss ne savent souvent pas. Un récit de science-fiction signé Rodolphe, dessiné par Christophe Dubois, éclatant d’imagination dans les costumes ou les bestioles dangereuses qui vivent sur Ter. Un zeste de religion et nous voilà embarqués dans une saga prometteuse d’autant que la dernière image rebat toutes les cartes.
➤ « Ter » (tome 1), Daniel Maghen éditions, 16 €

09:54 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ter, maghen, rodolphe, dubois

23/05/2017

Roman : La fin des Ferrailleurs

 


Il existe des livres qui sont un peu plus qu’un assemblage de feuilles de papier remplies de mots. En les ouvrant, on a immédiatement l’impression non pas de pénétrer dans une histoire mais de plonger dans un monde. La saga des « Ferrailleurs » d’Edward Carey interpelle. Gros, il alterne chapitres courts, dialogues inventifs et dessins en noir et blanc. « La ville », troisième et dernier titre de la série, raconte comment les Ferrailleurs, lignée maudite, parviennent à étendre l’obscurité sur la ville de Londres. La capitale anglaise vit dans la peur. Des gens disparaissent, des objets se modifient : rien n’est plus comme avant.
Cela intrigue la jeune Eleanor, d’autant qu’elle voudrait savoir qui sont les nouveaux voisins. Elle va oser frapper chez les Ferrailleurs et croiser la route de Clod. Dernier de la lignée, il sera peut-être le sauveur de la ville. Du moins s’il parvient à échapper à la surveillance de son cousin Rippit. « Rippit le coasseur, le croasseur, l’éructeur, le brailleur qui s’égosillait sous mon nez, avec sa voix perçante, sa voix de porte qui grince, Rippit qui me crie dans les oreilles, s’infiltre dans mes pensées, dans mon esprit affligé, ses yeux jaunes fixés sur moi. Mon fidèle compagnon, mon cousin, mon crapaud de cousin. »
Un roman fantastique, dans tous les sens du terme.
➤ « La ville » (troisième et dernière partie de la saga des Ferrailleurs), d’Edward Carey, Grasset, 23 €

22/05/2017

Livres de poche : trois balades au cœur des villes américaines

 


Quatre fillettes mystérieusement disparues, quatre poupées en porcelaine, sosies des enfants, envoyées à leurs parents un mois plus tard. À Crystal Lake, petite ville paisible sous le coup d’un hiver glacial, non loin de Chicago, Joe Lasko est prêt à tout pour retrouver sa fille de quatre ans, Lieserl. Il engage son amour de jeunesse devenue détective privée pour mener leur propre enquête mais, aidés de la célèbre profileuse Hanah Baxter et son inséparable pendule, ils sont loin d’imaginer l’ampleur des secrets liés à ces disparitions. Ce thriller de Sonja Delzongle surfe entre frisson et fantastique. Le nouveau titre de cet auteur française, « Récidive », toujours avec Hannah Baxter en vedette, vient de paraître chez Denoël.
➤ « Quand la neige danse », Folio Policier, 8,20 €


Eté 1915, New Jersey. Constance Kopp est devenue l’une des premières femmes shérifs adjoints du pays. La terreur des voyous et des scélérats, avec arme et menottes… mais toujours sans insigne. L’époque, la loi et l’opinion publique résistent encore à sa nomination. Au point que le shérif se voit contraint de la déchoir provisoirement de ses fonctions. La voilà reléguée gardienne de prison, trépignant dans l’ennui routinier de la cage à poules en attendant que les critiques se tassent. Jusqu’à ce qu’un étrange Allemand, confié à sa garde, ne prenne la poudre d’escampette. Et que Constance ne se lance dans une chasse à l’homme, bien décidée à retrouver son prisonnier enfui et son honneur perdu.
➤ « La femme à l’insigne », inédit, 10/18, 8,40 €


Pendergast est contacté par Percival Lake, un sculpteur à qui on a volé une collection de vins rares. En compagnie de Constance Greene, Pendergast se rend à Exmouth, petit village de pêcheurs situé au nord de Salem, dans le Massachusetts. En examinant la cave pillée, Pendergast découvre, derrière les rayonnages, une niche secrète ayant abrité un corps. Le vol des précieux flacons ne serait donc qu’un leurre destiné à masquer la disparition du squelette. Quelques meurtres plus tard, le héros imaginé par Preston et Child se trouve face à des sabbats d’adorateurs de Lucifer et du démon Morax… Les amateurs des enquêtes de Pendergast peuvent retrouver leur héros préféré dans « Noir Sanctuaire » qui vient de paraître à l’Archipel.
➤ « Mortel sabbat », J’ai Lu, 8 €

21/05/2017

BD : La petite Louve à la manœuvre



Quand Yann, scénariste des Innommables, de Bob Marone ou de Sambre, se lance dans la réinterprétation du monde de Thorgal, il truffe ses récits de références aux légendes et dieux nordiques. Avec Roman Surzhenko (un dessinateur Russe parfait continuateur de la période au trait de Rosinski) il a imaginé la jeunesse de Thorgal et des aventures spécifiques à sa fille, Louve. Cette dernière série est très riche. Déjà le 7e album et peut-être la fin. La petite fille, accompagnée du nain Tjahzi, se rend dans l’entre-deux-mondes pour persuader le serpent Nidhog de l’aider à chasser les Alfes noirs. Une mission impossible dont elle réchappe de justesse. Pour finalement tomber dans griffes du mage Azzalepston. L’intervention d’Aaricia sera-t-elle suffisante ? Comme souvent pour satisfaire les Dieux et obtenir des faveurs de leur part, il faut faire de grands sacrifices…
➤ « Louve » (tome 7), Le Lombard, 12 € 

20/05/2017

DVD et blu-ray : Insomnies cauchemardesques avec "Nocturnal animals" de Tom Ford


Les scènes d'ouverture ou les génériques de certains films sont déstabilisants, voire répulsifs. Ne tombez pas dans le panneau des premières minutes de « Nocturnal animals » de Tom Ford avec Amy Adams et Jake Gyllenhall. On découvre avec effroi un happening artistique que l’on peut considérer, au mieux de grotesque, au pire, comme le personnage joué par Amy Adams, de médiocre. Médiocre cet art contemporain exposé par une galeriste qui a réussi. Médiocre comme sa vie privée, entre villa de luxe, personnel pléthorique, mari gravure de mode dans la finance et fille prometteuse. Des symboles de réussite qu’elle rejetait du temps de son premier mariage avec un jeune écrivain. 20 ans plus tard, en plein doute existentiel, elle reçoit le nouveau manuscrit de cet homme qu’elle a toujours aimé. Une histoire violente, de viol et de vengeance, dans laquelle elle se reconnaît.


Film troublant et parfois glauque, cette réalisation de Tom Ford, entre thriller et expérience artistique fait partie de ces œuvres qui provoquent plus de questionnement au sein du public que de réponse. Une noria de pistes, de références et de croisement des situations qui en font une œuvre unique, forte et pleine de ces interrogations existentielles qui, malgré tout, nous font mieux comprendre la vie.
 ➤ « Nocturnal Animals », Universal, 19,99 €


19/05/2017

Série Télé : « The Code », l’Australie entre nature et technologie

Série australienne imaginée par Shelley Birse, « The Code » plonge le spectateur dans les deux facettes de l’Australie contemporaine. D’un côté Lindara, petite localité perdue au milieu du bush et de l’autre Canberra, la capitale de cette fé- dération d’états. Le contraste est d’autant plus grand qu’à Lindara, il y a essentiellement des paysans, souvent métissés avec des aborigènes alors que l’intrigue dans la capitale se déroule dans le bâtiment du gouvernement, avec rivalités entre ministres, presse d’investigation et secrets de conseillers très ambitieux.

Tout commence par la mort d’une adolescente. La voiture a eu un accident. Son fiancé ne se souvient de rien si ce n’est d’un camion croisé en pleine nuit. L’institutrice des deux adolescents veut que la vérité éclate et contacte un journaliste de Canberra. Ce dernier, véritable hé- ros de la série, a un frère autiste, passionné d’informatique qui a déjà été plusieurs fois inculpé de piratage.
On aime dans cette série les paysages gigantesques de Lindara et la beauté glacée de Canberra, stricte et moderne. Les acteurs sont inconnus mais excellents, notamment Ashley Zukerman qui interprète le hacker et la jeune et très belle Adele Perovic, petite amie de ce dernier mais au rôle plus trouble qu’il n’y paraît. Une première saison de six épisodes qui verra sa conclusion dans la saison 2, de six chapitres également et qui sera mise en vente mi juillet.
 ➤ « The Code », Universal, coffret de deux DVD, 15 €

18/05/2017

Cinéma : Monica Bellucci se met à nue

 


Elle illuminera ce soir de sa grâce et de sa beauté la cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes. Monica Bellucci est une icône du cinéma moderne. Une actrice internationale, une star dans toute sa splendeur. Mais derrière l’image parfaite, il y a une femme. Sensible. Intelligente.
Guillaume Sbalchiero, journaliste et écrivain, a voulu aller plus loin que les apparences. Un jour il a sollicité un entretien avec la comédienne. À son grand étonnement, elle a accepté. Elle s’est livrée un peu la première fois. Mais comme elle a accepté d’autres rendezvous (sept au total) elle a totalement cassé l’armure pour se livrer. « Rencontres clandestines » est le récit de ces entretiens, sur plusieurs années, avec quelques pages de liaison où l’interrogateur raconte les circonstances des rencontres et sa vision de ce travail de fond. Un texte magnifique, d’une grande profondeur parfois, qui nous apprend beaucoup sur cette femme libre, mère, épouse et muse de grands cinéastes.
Difficile de tirer des extraits tant tout est intéressant ; mais on peut mettre en lumière cette réponse sur une question portant sur son « raffermissement de caractère » : « Je souffre d’un sentimentalisme exacerbé. Je pardonne beaucoup. Trop... Certaines personnes en ont profité. J’essaie désormais d’être sentimentale sans tomber dans le piège du sentimentalisme ». Ou cette pirouette sur la vieillesse, sur l’âge qui fait que l’on est « moins désirée » : « Je ne sais pas... Il y a toujours de bons gérontophiles ! »
➤ « Rencontres clandestines » entre Monica Bellucci et Guillaume Sbalchiero, éditions l’Archipel, 15 €

17/05/2017

Ouverture de Cannes : le festival arrive presque chez vous avec la sortie du film d'Arnaud Desplechin

LES FANTÔMES D’ISMAËL. Le nouveau film d’Arnaud Desplechin en ouverture du festival et déjà à l'affiche dans les salles de la région.


Le festival de Cannes, en plus d’être le rendez-vous mondial du cinéma de qualité, est une opportunité forte pour mettre en lumière certains longs-métrages. Une sélection au festival, si elle se combine à une sortie dans la foulée dans les salles françaises, assure une visibilité maximale car ce sont des centaines de journalistes français qui couvrent l’événement. Avec un bémol, l’impossibilité de voir les œuvres avant leur première diffusion au Palais.
C’est le cas des « Fantômes d’Ismaël », film d’Arnaud Desplechin hors compétition mais qui a le grand honneur d’être présenté en ouverture, avant le début des choses sé- rieuses. Présenté ce mercredi soir, il est aussi à l’affiche dans des centaines de salles. Dans la région il est programmé au Castillet à Perpignan, au Colisée à Carcassonne et au Cinéma (théâtre) de Narbonne. On retrouve en tête de distribution trois vedettes françaises habituées des grands rendez-vous. D’abord la star incontestée, Marion Cotillard, souvent décriée pour ses apparitions dans les grosses productions américaines après le succès de « La Môme », mais qui gère avec une grande classe et un réel talent ses films d’auteurs (Mal de Pierres, Juste la fin du monde). Elle interprète la femme disparue, et qui revient on ne sait d’où. C’est elle qui va hanter Ismaël, le cinéaste qui a refait sa vie avec une femme plus jeune. Mathieu Amalric endosse l’habit du veuf (mais pas trop) torturé. Charlotte Gainsbourg est l’espoir, le renouveau, l’avenir. Un trio classique ? Pas du tout, Arnaud Desplechin est à la manœuvre et le réalisateur de « Trois souvenirs de ma jeunesse » n’est pas un adepte du vaudeville.


■ Cinq films en un
Dans des notes de production, seules indications sur le film résumé par la phrase sibylline « À la veille du tournage de son nouveau film, la vie d’un cinéaste est chamboulée par la réapparition d’un amour disparu… », Arnaud Desplechin explique que « Les Fantômes d’Ismaël » est un film comprenant cinq films. « C’est le portrait d’Ivan, un diplomate qui traverse le monde sans n’y rien comprendre. C’est le portrait d’Ismaël, un réalisateur de film qui traverse sa vie sans n’y rien comprendre non plus. C’est le retour d’une femme, d’entre les morts. C’est aussi un film d’espionnage… Cinq films compressés en un seul, comme les nus féminins de Pollock. Ismaël est frénétique. Et le scénario est devenu frénétique avec lui ! Pourtant, Ismaël dans son grenier essaie de faire tenir ensemble les fils de la fiction… »
Les autres films de Cannes, notamment les étrangers, ne sont pas encore programmés. Par contre deux autres créations hexagonales seront diffusées en salles le jour même de leur présentation au jury présidé par Pedro Almodovar.
Mercredi 24 mai (au Castillet et au Cinéma (théâtre) de Narbonne), découvrez le « Rodin » de Jacques Doillon avec Vincent Lindon et Izia Igelin. Un biopic du célèbre sculpteur dans lequel on retrouvera avec curiosité Séverine Caneele, la jeune Nordiste, ouvrière en usine, qui a débuté sa carrière cinématographique dans « L’Humanité » de Bruno Dumont en remportant, à la surprise générale, le prix d’interprétation féminine.
Enfin à partir du 26 mai (programmé au Castillet) place à « L’amant double » de François Ozon. En compétition, il pourrait faire beaucoup parler de lui pour son côté sulfureux, écopant même d’une interdiction aux moins de 12 ans avec avertissement. Chloé (Marine Vacth), une jeune femme fragile et dé- pressive, entreprend une psychothérapie et tombe amoureuse de son psy, Paul (Jérémie Rénier). C’est peu de dire que nous sommes impatients de découvrir la nouvelle pépite du réalisateur toujours novateur de « Frantz » (en noir et blanc) ou « Une nouvelle amie » (avec Romain Duris en travesti).

14/05/2017

Livres de poche : Et si on essayait de rire maintenant ?

 


Ces 3 000 anecdotes, histoires drôles et mots d’esprit de l’humour juif ont été recueillis par Victor Malka, fervent partisan de l’autodérision mais aussi spécialiste d’histoire de la civilisation hébraïque. Aussi hilarant que cinglant, ce florilège n’épargne rien ni personne, des mères juives aux relations pères-fils, en passant par la vie de couple, l’argent ou encore les bar-mitsva.
➤ « Le dico de l’humour juif », Points, 7,40 €



Nouvelle fournée de ces livres signés Hazeley et Morris. Ils nous présentent les mondes merveilleux du bobo, de la femme au foyer et du premier rendez-vous. Second degré à tous les étages. Sur de gentilles gravures tirées de livres éducatifs des années 50, ils brossent une satire au vitriol de notre société moderne. A lire avec modé- ration, risque de fou-rires intempestifs.
➤ « Le monde merveilleux du bobo », 10/18, 6,50 € chaque volume (en vente le 18 mai)



Pour une comédie familiale irrésistible, il vous faut : un père, despotique et égocentrique, une mère, en rébellion après quarante ans de mariage, leurs fils, Matthieu, éternel adolescent ; Nicolas, chef cuisinier le jour et castrateur tout le temps ; Alexandre, rêveur mou du genou. Et… trois belles-filles insupportables ! Satire familiale savoureuse par Aurélie Valognes.
➤ « En voiture, Simone ! », Le Livre de Poche, 7,10 €

12/05/2017

"Alien", la terreur ultime

On ne soulignera jamais assez combien « Alien » de Ridley Scott a marqué l’histoire du cinéma et toute une génération.

Sorti en 1979, ce film a révolutionné les films de science-fiction et d’horreur à la fois. Il a également permis à nombre de cinéastes de trouver une légitimité à soigner l’aspect artistique de leurs réalisations. Car contrairement aux séries B de l’époque ou les space-opéra de plus en plus en vogue, Alien est avant tout une œuvre picturale originale et unique. Avec beaucoup de suspense et d’angoisse, mais ce qui reste, c’est l’univers graphique d’ensemble. La créature et les décors du vaisseau à l’abandon, sont issus du cerveau torturé du peintre suisse Giger. Un mélange de vivant et de ferraille, avec bave et lames de rasoir. Un cauchemar vivant.
Mais il ne faut pas oublier que d’autres graphistes ont participé à la création des décors. Dont Moëbius, alias Jean Giraud responsable du design des scaphandres. Un premier film au succès mondial (près de 3 millions d’entrées en France) suivi de trois suites confiées à de grands réalisateurs (Cameron, Fincher et Jeunet). Ridley Scott, après nombre de tergiversations, a accepté de lancer la production d’un préquel (une histoire se déroulant avant le récit original).


Pas véritablement présenté comme un film de la saga Alien, « Prometheus » sorti il y a cinq ans, est aussi une histoire de huis clos. Sur une planète, un vaisseau d’exploration est à la recherche des traces d’une civilisation extraterrestres. Ils réveillent quelque chose de véritablement inquiétant. Un film tourné en numérique et en 3D, visuellement parfait, éblouissant par bien des aspects mais avec pas mal d’interrogations au final. Normal car Prometheus n’est en réalité que la première partie des explications.
Il faut se projeter quelques années plus tard pour retrouver de nouvelles ruines et faire le lien avec Alien. « Covenant » est le chaînon manquant que tous les fans se délecteront de décrypter après avoir vu et revu, en DVD ou en VOD, les différents chapitres de la franchise. 

26/04/2017

Cinéma : Musique contre horreurs nazies dans le film "Django"

DJANGO. Musique tzigane et jazz manouche face à la persécution par les nazis. 


L a salle est guindée. Sérieuse. Dans le parterre, des civils français. Aux balcons les officiers allemands. Tous attendent la prestation de Django Reinhardt et sa formation le Hot Club de France. Nous sommes à Paris en 1943. La France est occupée par l’armée allemande. Elle règne en maître sur la capitale. Les rafles ont débuté. Juifs, homosexuels, militants politiques et gitans sont les premiers visés. Django, manouche d’origine belge, est un musicien reconnu. Il déplace les foules. Encore plus depuis que les interprètes américains ont quitté l’Europe en guerre.


Dans ce monde de violence, sa musique est une formidable échappatoire pour ceux qui le peuvent. Lui est en dehors de tout. Seules comptent sa guitare, sa musique, sa femme Naguine (Beata Palya) et sa mère Negros (Bimbam Merstein). Sur scène, il se transforme, fait swinguer sa guitare, entraîne le public dans des rythmes inconnus. Et malgré la tristesse d’un pays à terre, un petit espoir renaît, quelques notes de musiques envoûtantes pour faire oublier le quotidien composé de bombardement, de rafles et de rationnement. Résultat le public se lève, se trémousse, danse...
Le film d’Etienne Comar, jusqu’à présent scénariste, montre comment on peut accepter quelques minutes d’insouciance dans un long cauchemar grâce à la beauté de la musique. Mais la réalité rattrape tout le monde. Même Django, persuadé pourtant de pouvoir échapper à tout en raison de son talent. Quand les autorités allemandes dé- cident qu’il doit se produire à Berlin, devant les troupes pour remonter le moral des soldats du front de l’est, des amis lui conseillent de ne pas s’y rendre. Au motif qu’il risque ne plus jamais revenir.
■ Fuite vers la Suisse
Ce refus est le début de ses ennuis. La gestapo découvre tout à coup qu’il est gitan. Une « sous-race » selon la terminologie aryenne. Ne se sentant plus en sécurité, il profite des réseaux de sa maîtresse Louise de Clerk (Cécile de France) pour tenter de rejoindre la Suisse. Avec femme et mère, il se rend incognito à Thonon-les-Bains et attend dans une grande villa puis dans la roulotte de « frères » manouches, le signal de la résistance.
Ce biopic, fortement romancé, n’est pas un résumé savant de la vie de ce musicien d’exception. Seulement une petite partie de sa vie, au moment où il comprend que même avec des doigts de fée courant sur le manche d’une guitare et une parfaite maîtrise du rythme, un gitan reste un gitan pour les Allemands racistes. Aveugle face à cette réalité, il va la deviner petit à petit durant sa cavale pour finalement la subir de plein fouet, obligé de fuir en plein hiver à travers les montages pour sauver la vie de sa famille.
Porté par Reda Kateb, le film, en plus d’une impression de vérité absolue, est parsemé de morceaux de musique qui le transforment parfois en superbe concert filmé. Et comme à l’époque, les rythmes jazz et manouche mélangés donnent une furieuse envie de taper du pied en mesure pour les discrets, de se lever de son siège et de danser pour les plus audacieux.

De choses et d'autres : Jupe alors


« Les femmes se sont battues à une époque pour obtenir la liberté vestimentaire et c’est ce que je revendique. Ni plus ni moins. » La déclaration, relevée ce mardi dans le journal Aujourd’hui, est de Jérôme Salomé, fondateur de l’association des hommes en jupe. Il aurait pu se consacrer aux anciens combattants, aux amateurs de porte-clés publicitaires ou plus simplement au club de basket de sa ville, Limoges, mais Jérôme Salomé a choisi la difficulté. Car autant une femme en pantalon est devenue la norme, autant un homme en jupe reste l’exception.
Aucune volonté de se travestir pour ce fonctionnaire. Juste la constatation qu’en cas de fortes chaleurs, la jupe est beaucoup plus agréable à porter, peu importe le chromosome. Pourtant la lubie de l’amateur de jupons lui a causé bien des soucis. Pas au niveau professionnel puisque sa hiérarchie l’a autorisé à venir travailler ainsi. Non, ce sont ses petites amies qui lui posent problème. Quand il a eu sa révélation et a risqué pour la première fois de se montrer ainsi vêtu, « elle n’a plus jamais osé me toucher ».
Désormais, quand il s’inscrit sur un site de rencontre, il tait cette particularité. Visiblement la jupe fait fuir la gent féminine. Dans la ré- gion, elle présente l’inconvénient d’être trop sensible aux vents. Parfois agréable quand on découvre ce qu’elle cache chez une dame (remember Marylin) la vision peut se transformer en traumatisme si le vêtement est porté à l’écossaise. 

09:04 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jupe, hommes, mode, original

25/04/2017

De choses et d'autres : Humour d’isoloir

 
Après le premier tour de la présidentielle l’heure est grave. Mais le bis repetita du cauchemar de 2002 avec la présence du FN au second tour ne doit pas nous empêcher de rire un peu. Quelques électeurs ont profité de leur droit de vote pour faire passer des messages subliminaux destinés à nos zygomatiques. Comme cette enveloppe contenant non pas un bulletin mais un joli billet de 50 euros. Un pactole découvert dans une urne du XVe arrondissement parisien. Avec cette inscription manuscrite, lourde de sens : « Pour Penelope ». Une façon plus imagée et moins agressive de dénoncer les « affaires ». Moins trivial et direct que les nombreux bulletins du candidat de la droite ornés du fameux slogan très partagé sur les ré- seaux sociaux : « Rends l’argent ».
Un peu avant le vote, toujours sur Twitter ou Facebook, certains petits malintentionnés, pour diminuer l’impact du Front national, ont demandé aux électeurs de Marine Le Pen d’entourer son nom afin de bien préciser qu’il la soutenait. Une inscription qui automatiquement rendait le bulletin nul. Il semble que l’astuce n’ait pas pris.
Mais que penser de ce vote pour Jean-Luc Mélenchon déclaré nul après hésitation ? Dans le coin en haut à droite, des traces de rouge à lèvres laissées par la bouche d’une électrice après un baiser appuyé. Déclaration d’amour ? Bisou pour lui porter chance ? Raté, car au final, le candidat de la France Insoumise a perdu un suffrage. 

24/04/2017

De choses et d'autres : Le début d’une nouvelle vie


Terminés les enfantillages et les « petits candidats ». La constitution française est ainsi faite. Après un premier choix, sorte de tri sélectif avant valorisation, il n’en reste que deux.
François Asselineau, si calé sur tous les traités et autres textes officiels, doit certainement connaître sur le bout des doigts l’article 7 de la Constitution française. Et le redouter car selon toute logique il marque la fin de son rêve de pouvoir : « Le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n’est pas obtenue au premier tour de scrutin, il est procédé, le quatorzième jour suivant, à un second tour. Seuls peuvent s’y présenter les deux candidats qui, le cas échéant après retrait de candidats plus favorisés, se trouvent avoir recueilli le plus grand nombre de suffrages au premier tour. » Ils étaient 11 au départ. Il n’en reste que deux. Neuf viennent de passer à la trappe, brutalement, sèchement, comme dans un jeu télévisé récent. De la lumière de l’égalité de parole aux oubliettes de la logique politicienne. Cela semble trivial, mais c’est le mode démocratique choisi par les institutions françaises après l’instabilité gouvernementale qui a plombé la IVe république.
On peut imaginer quantité d’analogies avec des situations du quotidien. Je me risque à établir le parallèle avec celle du début de la vie. Lors de l’acte de reproduction, il y a un ovule (la France) et quantité de spermatozoïdes (les candidats). Mais au final, il n’y en qu’un et un seul qui a le droit de féconder. Espérons que le bébé soit en bonne santé. 
(Chronique parue le 24 avril en dernière page de l'Indépendant)

23/04/2017

Livres de poche : les belles histoires de Moura, Alice, Minöa et Silnëi


Dans les tourmentes de la Révolution bolchevique, d’une guerre à l’autre, Moura a traversé mille mondes. Aristocrate d’origine russe, elle s’est appelée Maria Zakrevskaïa, Madame Benckendorff, la baronne Budberg… et elle a bien existé. Elle a été la passion d’un agent secret britannique, la muse de Gorki, la compagne de H.G. Wells, l’égérie de l’intelligentsia londonienne. Elle a côtoyé tous les grands du XXe siècle, le Tsar, Staline, Churchill, De Gaulle. Les uns chantèrent son courage, sa chaleur et sa fidélité. Les autres dénoncèrent ses mensonges. Tous s’entendirent néanmoins sur un point : Moura incarna la vie, à tout prix.
➤ « Moura la mémoire incendiée » d’Alexandra Lapierre, Pocket, 10 €


Alice a tenté de se suicider après l’accident qui a coûté la vie à Franck son fils de 11 ans dans une catastrophe fluviale. A l’hôpital, après 53 jours de coma elle rencontre un flic en convalescence un certain Van Dern. Comme les souvenirs d’Alice reviennent avec la douleur, elle se confie à cet homme blessé. Celui-ci l’écoute mais se pose aussi des questions. Car tout ne s’est peut-être pas passé comme Alice le croit : qu’est-il vraiment arrivé ce jour-là près de l’écluse n°9 dans la Nièvre ? Le troisième opus de Michel Moatti qui se pose ici en réel instillateur d’angoisse et de mystère.
➤ « Alice change d’adresse » de Michel Moatti, 10/18, 7,80 €


En cette fin de XXIe siècle, la loi des Dates de naissance régit l’accès aux métiers. Né en janvier, vous avez accès au métier de vos rêves : acteur, chanteur, tout est possible. Né en décembre, préparez-vous à racler le fond de l’océan et à plonger les mains dans des algues gluantes ! Minöa et Silnëi sont sœurs jumelles, nées à quelques minutes d’intervalle la nuit du 31 décembre. La première à 23 h 58 et la seconde à 0 h 17 ! La tyrannie des Dates de naissance leur promet des destins radicalement différents, mais cela ne les empêchera pas d’unir leurs forces pour combattre l’injustice.
➤ « Aussi libres qu’un rêve » de Manon Fargetton, Castelmore, 5,90 €

22/04/2017

BD : Le bœuf du drôle de zoo

 


S’il est une BD que tous les lecteurs de L’Indépendant du Midi connaissent sans jamais en avoir ouvert une, c’est bien « Drôle de zoo », dont un strip est publié chaque jour dans notre page jeux. Ces gags en trois cases muettes sont l’œuvre de deux auteurs néerlandais : Raymakers au scénario et Wilms au dessin. L’histoire se déroule dans un parc animalier dont le propriétaire, un bœuf en salopette, a maille à partir avec les autres pensionnaires, du serpent au gorille en passant par la girafe ou le cochon. C’est souvent irrésistible de drôlerie, simple et évident.
➤ « Môeuh ! » (tomes 1 et 2), Bamboo, 3 € 

11:05 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : drôle de zoo, moeuh, bamboo

De choses et d'autres : beauté durable

 


Contrairement à une rumeur tenace dans le milieu macho, les femmes ont beaucoup d’humour. Non seulement elles sont sensibles aux bonnes blagues (ne dit-on pas d’ailleurs, toujours parmi les mecs « Femme qui rit à moitié dans ton lit ») mais elles peuvent se montrer elles aussi irrésistiblement marrantes. Florence Roman et Françoise Baroni ont disséqué nombre de magazines féminins avant d’imaginer ce faux journal « Belle sans conservateur », bourré de conseils pour être irrésistible sans laisser d’empreinte carbone. Les auteures sont respectivement « spécialiste de la connerie renouvelable » et « intolérante à l’huile de coude ». 100 pages de papier glacé où tout est faux. Le dossier sur le gluten vaut son pesant de cacahuètes (à moins que vous n’y soyez intolérant). Les autres rubriques sont à l’avenant, du conseil beauté à l’indiscrétion people, l’horoscope ou la recette équitable. Sans oublier les fausses pubs pour les « Loulou Boutin » (chaussures à fond vert) ou le shampooing « Deg », approuvé par Johnny Depp, « à effet cheveux sales pour un rendu vintage et branché ». 
➤ « Belle sans conservateur », Jungle, 12,95 €

21/04/2017

BD : Les motards de l’extrême

 


Plongée dans le monde des Hells Angels avec l’épisode 2 de la saison 1 de « No Body » de Christina De Metter. L’histoire d’un homme, incarcéré pour meurtre mais qui a décidé de dévoiler la vérité de sa vie d’infiltré. Celui qui se fait appeler Nobody a longtemps travaillé pour le FBI dans un groupe secret chargé d’infiltrer les milieux hors la loi. Il va devenir Hells Angels pour faire tomber un gang de néo-nazis. Au guidon de sa moto, accompagné de deux autres repentis dont un junkie, il va devoir intégrer un groupe qui prépare le braquage d’une banque. Mais comme souvent dans ces opérations complexes rien ne se déroule comme prévu. Et pour ne pas être démasqué, il devra franchir des limites qui pèseront longtemps sur sa conscience. C’est dur, froid et implacable. Mieux qu’une série télé, tout aussi efficace, avec une dose de réalisme et de violence que les chaînes ne peuvent se permettre. Pas pour les « fillettes »…
➤ « No Body » (tome 2), Soleil Noctambule, 15,95 €

09:15 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : no body, de metter, soleil, quadrants

De choses et d'autres : Dimanche, pas de blague

Dimanche, c’est nous, électeurs français qui aurons la parole. Alors pas de blague ! Car pour ce premier tour d’une élection cruciale, le temps n’est plus à la rigolade. Voilà des semaines qu’au quotidien j’essaie de trouver des anecdotes marrantes sur les mœurs de l’« animalus politicus ». J’ai parfois eu bien du mal à tourner en dérision des postures ou positions cachant de réelles inquiétudes. A la limite de la schizophrénie quand il s’agit du Front national et de sa candidate. Marine Le Pen a longtemps tenu un discours apaisé. Moins radical. Mais le fond reste le même. Extrémiste et dangereux. La semaine dernière, coiffé de ma casquette de journaliste local, pas de chroniqueur de la vie quotidienne composée « de choses et d’autres », j’ai pu m’en rendre compte pendant son meeting à Perpignan. Des technocrates européens aux islamistes en passant par les migrants, elle a énuméré tout ce quelle voudrait éradiquer elle, présidente. 
Plus qu’une aventure risquée, une victoire de Le Pen serait une véritable catastrophe pour ce beau pays que moi aussi j’aime de tout mon cœur, mais sûrement pas de la même façon que la fille de Jean-Marie. Comme un retour vers un passé sombre que malheureusement beaucoup semblent vouloir occulter. Souvenez-vous des photos des plages d’Argelès en 1939. Si la France n’avait pas ouvert ses frontières du temps de la Retirada, l’Aude et les P.-O. n’auraient pu accueillir les réfugiés espagnols dont les descendants sont à présent nos amis, nos voisins, nos cousins
(Chronique parue le 21 avril en dernière page de l'Indépendant)