08/02/2017

Livres de poche : sacrés détectives pour grandes séries

 

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Chicago, ses buildings, ses gangsters, ses dancings… Quand le vocabulaire vient à manquer, il suffit de faire parler la poudre. Quant aux dames, San-Antonio a développé un langage bien à lui. Tout à fait l’homme qu’il faut pour débrouiller cette affaire de taxi-girls zigouillées par un sadique français. Un San-Antonio des années 50, toujours aussi vert et incisif.

➤ « Bas les pattes », Pocket, 6,30 €

 

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Au XIIe siècle, les moines de Glastonbury ont découvert deux étranges squelettes enterrés dans leur cimetière. L’île d’Avalon se situant à Glastonbury, il pourrait s’agir des restes du roi Arthur et de la reine Guenièvre. Les moines l’espèrent. Le roi Henry II a également besoin de la preuve de la mort du légendaire Arthur. Il fait donc appel à l’anatomiste Adelia Aguilar, pour qu’elle examine les os. Un roman inédit d’Ariana Franklin, romancière anglaise morte en 2011

➤ « Le secret des tombes », 10/18, 8,40 €

 

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Été 1946. Ex-flic et sousoff tout juste démobilisé, Douglas Brodie a frôlé la mort plus d’une fois. Engagé à la Gazette de Glasgow, il doit vite faire ses preuves en tant que reporter. Quand une bande de fanatiques décide d’infliger d’horribles châtiments aux criminels passés entre les mailles de la justice, l’occasion est toute trouvée. « Les Justiciers de Glasgow » est la deuxième enquête de Douglas Brodie imaginé par Gordon Ferris.

➤ « Les justiciers de Glasgow », Points, 8,10 €

 

07/02/2017

Littérature : Lire, écrire, vivre...

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Si vous êtes un lecteur compulsif, ce petit livre de Julia Kerninon est pour vous. Il ne vous occupera qu’une petite demi-journée (ou une demi-nuit d’insomnie dans mon cas) mais vous fera beaucoup de bien.

La romancière y raconte son enfance baignée de lecture, puis d’écriture. Très jeune, sa mère lui confie son plus grand secret : rien n’est mieux que de lire. Depuis, Julia dévore les livres, et a décidé de devenir écrivain. Soutenue par sa mère qui la gronde parfois « Tu prétends que tu veux être écrivain, mais il y a longtemps que je n’ai pas entendu le bruit de ta machine à écrire. Il va falloir te mettre au travail, parce ce que c’est ça que font les écrivains, ils travaillent ». Depuis, tous les soirs, Julia noirci les pages et cette « Activité respectable » lui permet d’en vivre et de la partager avec ses lecteurs.  

➤ « Une activité respectable » de Julia Kerninon, Les éditions du Rouergue, 9,80 €

 

De choses et d'autres : l'art du laid

 

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Chaque week-end sur la radio France Info, Michel Serres, philosophe, converse avec Michel Polacco dans sa chronique « Le sens de l’info » et nous ouvre l’esprit. Ce dimanche il a abordé le thème de la beauté. « À mesure que le temps passe, le temps filtre de façon implacable, rejette les mauvaises productions et garde les meilleures. »

Entièrement d’accord. Voilà bien pourquoi il faut se précipiter sur le site du MOBA, le Museum of bad art que l’on peut aisément traduire par musée du mauvais goût. Créé par un antiquaire, il est exclusivement composé de peintures abandonnées par leurs créateurs. Le genre de toiles que l’on tente désespérément de vendre sur un vide-greniers et qui finit à la poubelle au terme de la journée, la croûte ne valant même pas que l’on récupère le support. Dans le genre laideur absolue, le MOBA reste le mètre étalon. Entre les anatomies ratées, les couleurs criardes et les compositions aléatoires pour ne pas dire délirantes, tout absolument tout est remarquable de mocheté.

J’ai une petite préférence pour la création intitulée « Giraffe at the beach » représentant, comme son nom l’indique une girafe les quatre pattes dans la mer. Mais cela ne vaut pas « A mariachi in Tienanmen Square ». L’artiste a repris la célèbre photo de l’homme seul face aux chars de l’armée chinoise sur la place Tien Anmen. Mais en le grimant en mariachi mexicain. Faut-il y trouver un sens caché ? S’il vous plaît M. Serres, éclairez-moi. 

06/02/2017

BD : "Le projet Bleiberg" ou le surhomme à travers les âges

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A la base, « Le projet Bleiberg » est un thriller en trois parties écrit par David Khara. Adapté par Serge Le Tendre, il devient une BD dans l’air du temps avec complot nazi et guerre des services secrets. Le personnage principal a tout pour être haï. Jeremy Corbin est un trader américain. Jeune, millionnaire, il tue un bébé avec sa décapotable. Il évite les poursuites mais déprime. La mort de son père va bouleverser sa vie. Ce militaire US était au centre d’un secret datant des années 40, quand les Nazis tentaient de créer un surhomme pour purifier la race aryenne. Jeremy, après de multiples tentatives d’assassinat, reçoit la protection d’une belle espionne américaine et d’un géant du Mossad. Album palpitant et remuant, dessiné par un Frédéric Peynet au sommet de son art.

➤ « Le projet Bleiberg » (tome 1), Dargaud, 13,99 € 

 

De choses et d'autres : Marcel le tempétueux

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Quelle drôle d’idée de donner des pré- noms aux tempêtes. J’ai connu ça pour les cyclones quand je vivais outre-mer. J’ai passé une nuit assez éprouvante quand Hugo a frappé les Antilles en septembre 1989. Par chance il a en partie épargné la Martinique où je travaillais à l’époque pour se déchaîner sur la Guadeloupe. Peu de chose à côté de Firinga, autre cyclone passé juste au-dessus de la Réunion en janvier de la même année. Deux ouragans dans la même année, sensations fortes garanties.

Hugo et Firinga resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Il en sera certainement de même pour Marcel qui a traversé le sud-ouest de la France hier soir. Mais pas pour la même raison. Car Marcel le tempétueux est aussi le nom d’un de nos trois chats. Or Marcel n’a rien d’un foudre de guerre capable de gros dégâts.

Ce gentil et pacifique bâtard noir et blanc, recueilli il y a plus de cinq ans, a officiellement été nommé « Petit Marcel » après être passé entre les mains des vétérinaires de l’association de « L’école des chats » de mon village. De petit il est vite devenu gros. Il a doublé de volume, dédaignant les croquettes light pour se goinfrer de granulés plus goûteux. Notre cher gros Marcel, si peureux. Pour le passage de son homonyme météorologique, il est resté prudemment lové sur le canapé, ne se levant que pour vider la gamelle ou gratter dans la litière. Franchement, Marcel est inoffensif à un point tel que donner son nom à une tempête est au mieux incongru, au pire ridicule. 

05/02/2017

BD : Compostelle, son chemin et ses ampoules

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A 50 ans, Jason, dessinateur norvégien installé à Montpellier, décide de faire le chemin de Compostelle. Pourquoi ? Les autres marcheurs lui posent souvent la question. Il la transforme en gag récurrent quand il répond : « C’était ça ou acheter une Porsche ». S’il veut faire ces 300 km de Bayonne à l’Océan, c’est aussi pour améliorer sa relation avec les autres. Mais il n’y parvient pas toujours, passant souvent ses soirées seul dans des gîtes pourtant remplis de pèlerins. Ce récit, en noir et blanc de 190 pages, donne parfois envie de faire son sac et de partir dans la foulée à la recherche d’une spiritualité qui nous fait défaut dans notre vie quotidienne si stressante. Sauf si on est allergique aux ampoules aux pieds, aux punaises de lit et aux tortillas au petit-déjeuner...

➤ « Un Norvégien vers Compostelle », Delcourt Shampooing, 15,50 €

 

 

04/02/2017

BD : L’art grandeur nature dans "Le Retour" de Bruno Duhamel

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Librement inspiré de la vie et l’œuvre de Cesar Manrique sur l’île de Lanzarote aux Canaries, « Le retour » de Bruno Duhamel est sa première BD en solo. Il a déjà illustré des scénarios de Brrémaud ou Kris et vole désormais de ses propres ailes dans ce roman graphique épuré. Dans les années 60, Cristobal, un artiste espagnol, après être devenu célèbre aux USA, revient sur sa terre natale, petite île volcanique perdue dans l’océan. Il décide de modeler le paysage de son enfance, transformant la nature en œuvre d’art. Réflexion sur la création, la solitude et le progrès, cette histoire qui finit mal aborde aussi la problématique du tourisme de masse. Car Cristobal milite pour un développement écologique et minimaliste, sans béton ni épuisement des réserves en eau. Un visionnaire pour l’époque qui rapidement déclenche l’hostilité des « décideurs », bien décidés à faire fructifier leur caillou en offrant ce que veulent les touristes : confort, soleil et piscine.

➤ « Le retour », Bamboo Grand Angle, 18,90 €.

 

 

De choses et d'autres : Python d’oreille

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On ne se félicitera jamais assez des effets bénéfiques des réseaux sociaux sur notre moral quotidien. Le moral plombé par le PenelopeGate, l’attaque au Louvre ou tout simplement la météo, on ne peut que relativiser ces « broutilles » face à certaines informations.

Comme la mésaventure arrivée à cette adolescente américaine. Pas banale l’ado. Une gothique avec tempes rasées et gros trou dans l’oreille destiné à y encastrer ces anneaux de plusieurs centimètres de diamètres. Comme beaucoup de ses congénères, elle décide de prendre des selfies avec son animal de compagnie favori, Bart de son petit nom. Elle aurait pu avoir un rat. Mais Bart est un python, encore bébé heureusement. Le serpent, sans doute pour protester contre l’usage abusif de son image, décide de visiter le lobe si accueillant de sa propriétaire. Et y reste bloqué…

Panique de la jeune fille qui publie un SOS sur Instagram, nouvelles mœurs nouvelles pratiques. Résultat, elle et Bart deviennent les vedettes de la toile durant 24 heures. Il faudra l’intervention des secours et de beaucoup de lubrifiant pour la tirer de ce mauvais pas. Et parvenir à nous faire sourire malgré tout. 

19:18 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : python, oreille, trou

03/02/2017

DVD et Blu-ray : Dany Boon en "Radin"

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Dany Boon a un immense talent. Il sait faire rire avec peu de choses. Mais il a aussi la mauvaise habitude de se répéter dans ses rôles et surtout de se prendre pour un jeune premier ou un acteur au fort potentiel dramatique. « Radin ! », film signé Fred Cavayé, avait tout pour devenir une comédie culte. Il suffisait d’en faire des tonnes dans le portrait de ce radin congénital. Mais comme le héros doit s’amender, la seconde partie de l’histoire tente de nous tirer des larmes de ce personnage pathétique. Dommage.

➤ « Radin ! », TF1 Vidéo, 12,99 € le DVD, 16,99 € le blu-ray

 

 

19:14 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dany boon, cavayé, radin, tf1

De choses et d'autres : Pour une poignée de milliards

facebook,capital,milliards,bénéfices10,2 milliards de dollars de bénéfices en 2016. Les rares voyants qui ont pré- dit l’effondrement de Facebook en sont pour leurs frais (et peuvent changer de métier). Le géant des réseaux sociaux, loin de perdre des parts de marché face aux Twitter, Snapchat et autres gadgets destinés aux plus jeunes, a vu son chiffre d’affaires progresser de 57 % en un an. Bientôt 2 milliards d’utilisateurs « likeront » à tour de bras.

Un rouleau compresseur impossible à arrêter, devenu phénomène de société mondial aussi important que la télévision ou les smartphones à une époque. A la diffé- rence que Facebook ne partage pas le gâteau. L’essentiel des revenus de la publicité présente sur vos pages file directement dans les poches de Marck Zuckerberg et de ses quelques associés. Ne cherchez plus les maîtres du monde, ce sont eux. Cela ne durera pas. Forcément. Ainsi va la vie, une succession de grands bouleversements. Un auteur de science-fiction pourrait en tirer un bon roman.

Dans quelques siècles, après un big bang, des chercheurs extraterrestres découvrent un serveur miraculeusement préservé. Ils extraient les données et reconstituent la vie au début du XXIe siècle. Ils ne voient que chats mignons, chutes de skate, accidents de voitures, photos de vacances et assiettes de nourriture. Travail ? Presque rien. École. Très peu ! Comme si les « faits alternatifs » chers à l’administration Trump constituent déjà la réalité de nos vies virtuelles, seules traces de notre passage sur terre.

02/02/2017

DVD et Blu-ray : Soko redonne vie et grâce à Loïe Fuller, « La danseuse »

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Un corps massif, un visage rarement rieur, une démarche lourde et une propension à cacher ses formes sous des couches de tissus : Loïe Fuller n’avait rien pour faire carrière dans le spectacle, aux Folies Bergères notamment. Pourtant cette jeune franco-américaine, en débarquant de son Far-west natal à la fin du XIXe siècle, va devenir en quelques spectacles la coqueluche du tout-Paris. Son secret, animer des mètres de soie grâce à d’immenses bâtons dans des lumières fortes avec des variations de couleur.

 

 

Cette danse du serpentin qu’elle a inventé à New York, presque par hasard, va le rendre très célèbre à Paris. La presse est enthousiaste, le public conquis. Elle décroche même un engagement à l’opéra de Paris. Le film de Stéphanie Di Giusto, présenté à Cannes, a fait forte impression. Il offre un beau premier rôle à Soko, actrice française atypique. Un rôle physique qu’elle affectionne, où les entraînements ne sont pas simulés. Car le drame de Loïe Fuller est tout entier dans sa technique. Trop éprouvante, usante, fatigante, elle lui détruit le corps. Sans compter les dégâts occasionnés à ses yeux par les projecteurs électriques. Sa carrière comme sa gloire, sont très éphémères. Mais des années plus tard sa trace est toujours là car beaucoup la considèrent comme la première étoile de la danse contemporaine.

Le film sort en DVD et blu-ray alors qu’il fait un carton presque plein pour les nominations aux César. Soko pour la meilleure actrice mais également Mélanie Thierry pour le second rôle féminin, Gaspard Ulliel pour le second rôle masculin et la très jeune mais très talentueuse Lily-Rose Deep dans la catégorie révélation féminine pour son interprétation d’Isadora Duncan, autre danseuse américaine qui a littéralement volé la vedette à Loïe Fuller dans le Paris des années folles. On rajoute une sélection parmi les meilleurs premiers films et deux nominations techniques (décors et costumes) et on comprend que cette « Danseuse » a tout pour plaire au plus grand public.

 ➤ « La danseuse », Wild Side Vidéo, 19,99 €.

 

De choses et d'autres : Marketing fumeux

tabac, santé, touraine, cancer, cigarettesOn ne plaisante plus dans la lutte contre le tabagisme en France. Après les paquets neutres et les fortes augmentations de prix, le ministère de la Santé s’attaque au marketing. Marisol Touraine a annoncé l’interdiction pure et simple de certaines « marques qui sont attractives, qui donnent le sentiment que fumer ces cigarettes c’est chic. » Sont visées les Fine, Corset, Allure et autres Vogue. Beaucoup plus longues et étroites que les classiques elles ne sont pas moins nocives, au contraire, mais plus classes, plus élégantes au bout des doigts des femmes modernes. Les cigarettiers avaient trouvé cette astuce pour dédiaboliser un produit accusé de causer des milliers de morts chaque année. Une trouvaille marketing décriée par le gouvernement qui sort l’arme fatale de l’interdiction. De la marque seulement, pas du produit. Mesdames vous pourrez toujours griller avec élégance votre clope « slim » mais elle portera un autre nom. Les équipes sont à la recherche d’autres appellations.

Je ne suis pas un très bon publicitaire mais pourquoi ne pas proposer des termes explicites, tout en rappelant avec délicatesse le bon goût et le luxe à la française. Craquez pour la « Goudron N° 5 », un maximum de saleté dans vos poumons, mais avec la délicieuse fragrance d’un grand parfum. Ou l’« Insane-Laurent », pour l’achat de dix cartouches vous aurez droit à une petite robe noire, celle que vous porterez dans votre cercueil, une fois morte d’un cancer. 

01/02/2017

Cinéma : « Jackie », la veuve ensanglantée

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Jackie Kennedy était à côté de son mari quand une balle lui a explosé la tête. Le film de Pablo Larrain raconte ce drame du point de vue de la First Lady, interprétée par Natalie Portman.

 

 

Trois jours. Le film de Pablo Larrain présenté comme un biopic ne couvre en réalité que trois jours de la vie de Jackie Kennedy, celle qui reste la plus célèbre des First Lady. Du 22 novembre 1963, date de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy au 25, date de ses obsèques.

Les amateurs de grandes histoires romantiques avec sanglots et bonheur pour ponctuer les grandes dates d’une vie en auront pour leurs frais même si quelques flash-backs permettent un peu de contextualiser la vie du couple Kennedy à la Maison Blanche, notamment lors d’un concert prestigieux de Pablo Casals. Le cinéaste chilien, pour son premier film en anglais, tourné en grande partie à Paris, a pris le parti de se concentrer sur la vision de cette femme, à qui tout réussit, adulée des foules, qui voit sa vie s’écrouler en trois jours. Non seulement elle perd son mari dans des conditions abominables (elle a tenté de remettre le cerveau en miettes de son époux dans le crâne ouvert alors que la décapotable filait à vive allure vers un hôpital), mais elle devra quitter dans l’urgence cette Maison Blanche qu’elle aimait tant, se retrouvant quasiment à la rue si la famille Kennedy ne lui était pas venue en aide.

■ Confessions

Le film débute par l’arrivée d’un journaliste américain chargé de recueillir la première interview de Jackie Kennedy (Natalie Portman) une semaine après les obsèques de son mari. Une femme qui fume cigarettes sur cigarettes, qui se confie sans peine mais ponctue chacune de ses déclarations par un intransigeant « Vous ne publierez pas cela ». Elle entend conserver jusqu’au bout l’imprimatur de sa vie, comme pour mieux préserver la mémoire de son mari, éphémère président qui n’a pas eu le temps de réaliser ses projets, obligé, dans l’urgence, de gérer la crise des missiles à Cuba. Natalie Portman incarne la partie la moins connue de la vie de Jackie, l’épouse et mère, soumise et dépendante d’un homme devenu trop puissant et éloigné d’elle. Elle reste longtemps dans le tailleur rose Chanel, taché du sang de son mari, à tenter de comprendre, de réaliser ce qui s’est passé. C’est dans cette tenue souillée qu’elle assiste à la prestation de serment du vice-président Johnson dans l’avion présidentiel. Elle ne se changera qu’une fois revenue, seule, dans la Maison Blanche qu’elle a considérablement embellie durant ses deux années de présence.

Dès le lendemain, il faut qu’elle organise les obsèques avec le frère Bobby (Peter Sarsgaard) mais aussi qu’elle fasse ses cartons : la femme de Johnson est déjà dans les couloirs en train de donner des ordres pour changer la décoration et les tapisseries. Grâce à des images d’archives, l’intérieur de la bâtisse a été reconstitué, permettant à Natalie Portman de déambuler, en veuve nostalgique, dans ces pièces chargées d’histoire. Un dernier tour dans son royaume de Camelot comme elle l’explique au journaliste.

Solide au niveau reconstitution historique, le film de Pablo Larrain évite les trémolos, gommant toute émotion, comme si face à ce bouleversement mondial d’ampleur, les sentiments s’effaçaient au profit de la raison d’État. 

31/01/2017

Roman : Légumes et adultères prospèrent "Sous le compost"

SOUS LE COMPOST. Être un homme au foyer réserve bien des surprises au héros imaginé par Nicolas Maleski.

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Franck s’est longtemps rêvé écrivain. Finalement il a suivi sa femme Gisèle, vétérinaire, quand elle s’est installée dans une petite ville de province, à flanc de montagne. La belle et féline Gisèle, travaille 10 heures par jour pour faire bonne impression auprès de ses deux associés, hommes et plus âgés.

Alors un peu par la force des choses, Franck est devenu homme au foyer, s’occupant du ménage, des courses, des repas et de l’éducation de leurs trois petites filles. Et sur son temps libre, il a entrepris de cultiver un jardin potager avec les conseils éclairés de son voisin, Francis, agriculteur. Ce premier roman de Nicolas Maleski a des airs des précis horticole dans les premières pages. Franck s’esbaudit devant la beauté de la nature et la pousse des courgettes, tomates et autres radis. Il sème, éclaircit, bute et même entretient son compost naturel. Car Franck, en bon ancien urbain qui se respecte, veut éviter les désherbants, pesticides et autres saletés toujours en vente libre. Une vie pépère, sans grande ambition. Heureuse quand même, avec de nouvelles amitiés et des sorties en VTT dans les forêts environnantes. Rapidement, l’auteur abandonne les plantes pour s’intéresser en profondeur aux personnalités de ses créations. Notamment quand Franck reçoit une lettre anonyme lui annonçant que Gisèle le trompe avec un des associés.

■ Une, voire deux maîtresses

Il bouillonne. « Je sentais monter à mon cerveau une énergie noire et pleine d’humeurs. Je me coltinais nos gamines, je faisais la boniche. Pendant ce temps, elle pavanait dans son 4 x 4 et elle offrait les prérogatives de ses cuisses à son connard d’associé. » Il n’y croit pas trop cependant. Jusqu’à ce jour où Valérie, la femme de l’associé en question, débarque chez lui pour lui annoncer que son mari la trompe avec Gisèle. Le croustillant du roman monte d’un cran car Franck, au lieu de tout déballer, décide de se venger de la plus simple des façons : prendre Valérie pour maîtresse. Et tant qu’à faire, séduire aussi la femme de l’autre associé. Homme au foyer laisse pas mal de temps libre, mais entre le jardin, les trois enfants, une épouse et deux maîtresses il faut jongler. Et parfois cela se retourne contre vous quand une jeune femme disparaît.

D’autant que Franck, calculateur et un peu trop dé-taché de ses actions, cache des montagnes de violences. Notamment quand il se dit, à propos d’un ami d’enfance un peu trop envahissant à son goût : « Je l’aurais volontiers mis dans mon compost, celui-là ; mes légumes se seraient régalés avec un fumier pareil. » Un premier roman assez réjouissant dans sa façon de présenter le franchissement de certains interdits moraux.

➤ « Sous le compost » de Nicolas Maleski, Fleuve éditions, 18,90 €

 

De choses et d'autres : Rondeurs flatteuses

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Le petit monde de la chirurgie esthétique tenait salon la semaine dernière au Palais des Congrès de Paris. De grands spécialistes ont échangé sur les dernières nouveautés dans une activité qui ne connaît pas la crise. Je vous épargnerai les techniques sur le remodelage du sexe féminin, paraît-il en plein boum, pour me concentrer sur la graisse, ces bourrelets devenus la hantise de quantité de femmes (et d’hommes). La cryolipolyse ou « coolsculpting » en anglais est en plein boum. Elle consiste à refroidir la graisse durant une heure. Celle-ci va alors se désintégrer au bout de deux à trois semaines. Pas invasif et sans douleur. 120 000 Américains l’ont testée en 2015.

Cet été, je tenterai l’expérience. De façon artisanale avec un simple bac à glaçons sur mes abdos. Enfin, sur le gras qui cache mes abdos. Si tant est qu’ils existent...

L’autre nouveauté est encore plus incroyable. Avant quand on pratiquait une liposuccion, toute la graisse aspirée partait à la poubelle. Désormais on peut la « nettoyer » (enlever le sang et l’eau) et la réinjecter là où il en manque. Voilà comment ses poignées d’amour ou petit bidon (terme politiquement correct pour désigner un gros ventre) se transforment en poitrine opulente ou fesses rebondies. Et avec des seringues de précision, la mauvaise graisse peut même servir à combler des rides trop marquées, encore mieux que le botox. Bref, de l’auto-chirurgie esthétique à destination de rondeurs flatteuses.

08:26 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gros, chirurgie, graisse

30/01/2017

Roman : Maurice Sachs, escroc cultivé

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Écrivain maudit, mort en Allemagne à la fin de la guerre d’une balle dans la nuque tirée par un SS, Maurice Sachs est présenté dans ce livre de correspondances imaginaires comme un « Saint Salopard ».

Barbara Israël ne trouve pas d’excuses à cet escroc de génie, Juif devenu serviteur zélé des nazis, il est capable d’aimer mais aussi de trahir. Il écrit à sa mère, ou à de grands écrivains qu’il a croisés comme Marcel Proust ou Julien Green. A son père, qu’il a très peu connu, il tente de se justifier sur ses errances : « Avec le recul, je sais que nous avions raison d’être dissolus. C’était le lieu même où s’exprimait notre génie. » L’autre facette de Maurice Sachs est son homosexualité. Certains passages sont très crus et mettent en scène des célébrités comme Cocteau ou Marc Allégret. Quant à Gide, il lui explique simplement : « Ma plus grande douleur aurait été de me contraindre, j’avais horreur de souffrir. »

➤ « Saint Salopard » de Barbara Israël, Flammarion, 18 €

 

De choses et d'autres : Jurisprudence Penelope

 

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Ce «Penelope Gate» me plonge dans l’embarras. Jeudi soir sur TF1, l’ancien député, sénateur, Premier ministre et actuel candidat de la droite a détaillé en quoi consistait le travail d’attachée parlementaire de son épouse. Elle «corrigeait mes discours, me faisait une synthèse de la presse» a-t-il expliqué en direct pour justifier les milliers d’euros qu’elle touchait chaque mois.

Je suis dans l’embarras car moi aussi je demande à mon épouse de lire et corriger ces chroniques. Et chaque jour, elle commente les titres des journaux, me glissant au passage quelques idées pour le futur. Là, en écrivant ces lignes, je comprends tout le problème. Car en les découvrant elle ne manquera pas de me faire remarquer: «Pourquoi moi je ne touche pas un centime alors que Penelope a empoché entre 3000 et 8000 euros mensuels ?» Que puis je lui répondre? Désolé, mais je suis pauvre. Pauvre et honnête de surcroît.

J’entrevois bien une solution mais elle risque de ne pas plaire à mon directeur. Selon cette fameuse «jurisprudence Penelope», je vais demander l’alignement de mes piges sur son barème de critique littéraire à la Revue des Deux mondes. Elle a été payée 100.000 euros (sur 20 mois de travail) en écrivant deux textes de 3500 signes au total. Conséquence, à raison de 24 chroniques de 1.500 signes chacune, je devrais gagner un peu plus d’un million d’euros par mois. Facile dans ces conditions d’en céder une infime partie à ma première lectrice. Dans mes rêves...

(Chronique parue le 30 janvier en dernière page de l'Indépendant)

29/01/2017

Livres de poche : histoires de menaces

 

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Quinze ans après avoir contribué à stopper l’invasion qui menaçait la France, Tom Costa est porté disparu. Miki, son jeune frère désormais responsable de la petite communauté installée à Port Leucate se lance à sa recherche et va devoir affronter les périlleuses routes d’Espagne pour retrouver sa trace. Ce roman d’aventures post-apocalyptiques de Laurent Whale offre un divertissement intelligent sur la poursuite de la vérité et la fidélité.

➤ « Les damnés de l’asphalte », Folio SF, 8,80 €

 

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Paris, 11 mars 1944. Appelés pour un incendie rue Le Sueur, les pompiers et la police découvrent dans les caves d’un hôtel particulier un charnier de vingt-sept cadavres dissous dans la chaux vive. Lancé à la poursuite de celui que la presse surnomme « Docteur Satan », le détective privé Jérôme Dracéna imaginé par Jean-Pierre de Lucovich va devoir affronter un génie du crime, maître de l’illusion, à l’image de Fantômas ou du diabolique Dr Mabuse.

➤ « Satan habite au 21 », 10/18, 8,80 €

 

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Il a suffi de quelques jours au charismatique révérend Charles Jacobs pour ensorceler les habitants de Harlow, dans le Maine. Et plus que tout autre, le petit Jamie. Car l’homme et l’enfant ont une passion commune : l’électricité. Trente ans plus tard, Jamie est un guitariste de rock rongé par l’alcool et la drogue. Il va croiser à nouveau le chemin de Jacobs. Un roman électrique de Stephen King sur ce qui se cache de l’autre côté du miroir.

➤ « Revival », Le Livre de Poche, 8,30 €

 

28/01/2017

Angoulême, un festival de nouvelles bandes dessinées

BANDE DESSINÉE. Dans moins d’une semaine Angoulême va se transformer en capitale mondiale de la BD. Petit tour d’horizon des nouveautés d’un secteur en pleine expansion.

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Les grands anciens sont toujours à la mode. Après Blake et Mortimer, Tintin ou Lucky Luke, Spirou est en vedette en ce mois de janvier. Pas le héros « officiel » de Vehlmann et Yoann mais celui de la collection parallèle donnant carte blanche à des auteurs confirmés pour proposer leur vision du héros rendu si populaire par Franquin. « Le maître des hosties noires » est la suite de « La femme léopard » de Yann et Schwartz. Les deux auteurs ont décidé de replonger le jeune groom vêtu de rouge dans le Bruxelles d’après-guerre, dans un style rappelant celui de Jijé. Spirou et Fantasio sont au Congo. Accompagnés de la jeune et très jolie Aniota, Africaine qui ne laisse pas Fantasio indifférent, ils veulent rejoindre la province de l’Urungondolo, là où vit la tribu des femmes-léopards. Mais en 1947, peu de temps après la fin de la guerre en Europe, un dictateur local entre en rébellion contre l’ordre colonial belge. Il enrôle un sorcier capable d’animer des fétiches, les transformant en robots-gorilles indestructibles.

Il a également un grand projet : rayer la Belgique de la carte de l’Europe. Pour cela il demande à des savants allemands en fuite de lui construire une bombe avec l’Uranium extrait des mines de sa province.

Autour de cette intrigue dramatique, Yann laisse libre cours à son humour décapant. Il dynamite avec un plaisir évident l’esprit colonial et la folie des nazis. Sans compter les dizaines de clins d’œil à la fameuse BD franco-belge. Un style dans lequel Olivier Schwartz excelle. Il actualise le trait de Jijé, avec un soupçon de Chaland et des compositions de planches d’une clarté exceptionnelle.

■ Un trio pour le Grand Prix

Olivier Schwartz présent à Angoulême le week-end prochain sera sans doute très sollicité par les fans. Son album devrait rapidement gravir les échelons dans les classements des meilleures ventes. Il n’est cependant pas dans la sélection finale dans la compétition du meilleur album de l’année. Une compétition très ouverte, même si deux titres se détachent du lot, « Shangri-La » de Mathieu Bablet chez Ankama et « La légèreté » de Catherine Meurisse aux éditions Dargaud.

Pour le Grand Prix, décerné par l’ensemble de la profession, après un premier vote pour ne garder que les « meilleurs », il ne reste plus que trois noms pour succéder à Hermann (lire ci-dessous). Trois immenses auteurs à la tête d’œuvres ambitieuses et reconnues de tous. Le choix sera particulièrement difficile entre Chris Ware, Cosey et Manu Larcenet.

Ware est le génial américain qui ne se prive d’aucune expérience comme dans « Building Stories » récompensé du prix du Jury en 2012. Cosey, déjà sélectionné l’an dernier dans le trio final, est de nouveau de la partie. Il a signé un étonnant album avec Mickey en vedette l’an dernier. Reste Larcenet, le petit prodige qui a débuté avec des histoires absurdes dans Fluide Glacial puis est devenu un des maîtres du noir et blanc. Sa trilogie, « Blast », est devenue un classique du roman graphique.

Qui sera président ? Réponse le mercredi 25 janvier, à la veille de l’ouverture du 44e festival d’Angoulême.

➤ « Le maître des hosties noires », Dupuis, 14,50 €

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■ LES ALBUMS PHARES DU FESTIVAL

Bouzard dépoussière Lucky Luke

Après Mathieu Bonhomme, c’est Guillaume Bouzard qui a eu carte blanche pour imaginer une aventure décalée de Lucky Luke le cowboy créé par Morris. On retrouve tout ce qui fait le charme de la série, avec l’absurde en plus. Le cow-boy solitaire se brouille avec son cheval, les Dalton lui demandent son aide et Averell... veut se faire poser un anneau gastrique. Du grand n’importe quoi, finement dessiné dans ce style inimitable de jeté-lâché propre au dessinateur de Plageman et Mégabras.

➤ « Jolly Jumper ne répond plus », Lucky Comics, 13,99 €

Puppy, le petit chien zombi

Après avoir illustré Albert Cohen, Luz continue ses recherches tous azimuts. Il signe un très étrange album de plus de 250 pages grand format, entièrement muet. Dans un cimetière pour animaux, une patte sort de terre. C’est Puppy, chien récemment enterré dans ce lieu si tranquille. Puppy ne comprend pas, il perd la tête (au propre) et court après sa truffe. Le chien zombi explore les différentes tombes, redoute les chats errants et va tenter la grande aventure chez les humains. D’une grande beauté, cet album est une nouvelle pierre à la carrière en mouvement de Luz, ancien de Charlie qui a définitivement tourné la page du dessin d’humour.

➤ « Puppy », Glénat, 19,50 €

Série noire à la suédoise

EXPRESSION@

Tout dessinateur en rêve : une collection à son nom. Philippe Berthet a obtenu cette faveur et puise parmi les meilleurs scénaristes du moment pour signer des histoires complètes très noires. Sylvain Runberg lui a écrit un polar suédois aux airs très américains. Une partie de l’intrigue se déroule au cours du Motorcity, festival mêlant vieux groupes de rock et voitures américaines des années 60. Un milieu que connaît bien l’héroïne, une policière fraîchement sortie de l’école.

➤ « Motorcity », Dargaud, 14,99 €

Amours multiples à Montréal

Julie Maroh a frappé un grand coup dans le monde de la BD souvent très masculine avec son « Le bleu est une couleur chaude ». Succès de librairie devenu film culte sous le titre de « La vie d’Adèle ». Militante de la cause LGBT, elle revient avec un gros recueil d’histoires courtes ayant pour point commun l’amour. L’amour sous toutes ses formes. Dans une préface explicative elle s’insurge contre le cliché « un homme une femme » et va beaucoup effectivement plus loin dans les combinaisons. Beaucoup de tendresse dans ces récits se déroulant à Montréal, ville libre et joyeuse, quelle que soit la période de l’année.

➤ « Corps sonores », Glénat, 25,50 €

L’Afrique de Jean-Denis Pendanx

Pour son premier album en solo, Jean-Denis Pendanx plante ses pinceaux dans cette Afrique qu’il aime tant. Sur plus de 110 pages on suit l’initiation de Kémi, très loin, vers le delta du Niger, un périple étourdi de croyances et de fétichisme, une quête magnifique et tourmentée.

➤ « Au bout du fleuve », Futuropolis, 20 €

 

De choses et d'autres : Tweets d'outre tombe

Le réseau Twitter est devenu le grand défouloir de la planète. En 140 signes il faut être percutant et pertinent. Une nouvelle façon de s’exprimer, de faire rire ou dire ses quatre vérités à ceux qui nous énervent. Mais Twitter est récent. Jeff Domenech, auteur de « Tweets post mortem » imagine ce que pourraient twitter les célébrités aujourd’hui disparues. Une sorte d’hommage à leur personnalité, tout en conservant le côté persifleur du réseau. Un florilège classé par catégories, de musique à politique en passant par littérature ou sport. Wolinski prend sa revanche : « Dites aux kamikazes de Daech que depuis mon arrivée au paradis, leurs 72 vierges ne le sont plus ». Coco Chanel donne son avis sur la mode actuelle : « L’élégance se perd de nos jours. Se promener dans la rue avec un maillot du PSG ou de l’OM devrait être passible de la peine de mort ». Au total plus de 300 tweets imaginaires, à picorer avec gourmandise et sans modération.

➤ « Tweets post mortem », Jungle, 9,90 €