31/07/2006

Noir sur noir

medium_acheve_d_imprimer.jpgLe roman noir a encore de beaux jours devant lui. Car le lecteur lambda sera toujours friand de l’horrible, de l’indicible. Olivier Mau, au scénario, n’a pas fait dans la dentelle avec ce long récit complet de plus de 80 pages, dessiné dans des noirs sombres et rageurs par Mabesoone. Julien Petit veut devenir un grand écrivain. Un de ceux qui vend par milliers ses romans, qui est reconnu dans la rue. Mais Julien ne rencontre que des refus auprès des éditeurs. Vivant avec son grand-père, il se morfond dans son échec jusqu’au jour où il pète les plombs. Montrer ses fesses dans la rue ce n’est pas si grave que cela, mais ça vous emmène droit à l’asile. Là il partage une chambre avec un vieille qui lui ouvre les yeux en lui affirmant « Vous êtres diabolique ! ». Julien Petit s’en persuade et se lance dans une carrière de serial killer, de la matière pour un futur roman-récit qui devrait déménager. Dans Paris puis sur la côte d’Azur, il va jouer du couteau, tuant autant d’innocents que son roman devrait compter de chapitres. Une BD sur la folie destructrice à la fin déconcertante. (Casterman, 14,95 €)


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30/07/2006

Kheti part à l'aventure sur le Nil

Isabelle Dethan et Mazan vivent ensemble depuis de longues années à Angoulême. Ce sont les piliers de l’Atelier Sanzot et paradoxalement ils n’avaient jamais collaboré, menant chacun de leur côté des séries totalement différentes. C’est pour la jeunesse qu’ils ont uni leurs talents. Isabelle Dethan, dans la droite ligne de sa série “Sur les terres d’Horus”, a écrit les aventures de Kheti, fils du Nil et apprenti scribe, mises en images par Mazan. Kheti est entraîné dans le monde des Dieux. Il est victime de la fougue de Mayt, une fillette à la recherche de son chat. Mais ce dernier n’est pas un simple matou. C’est avant tout un espion pour la déesse Sekhmet. Il doit retrouver de toute urgence sa maîtresse pour la calmer. Divinité colérique, elle impose une sécheresse dévastatrice à l’Egypte pour punir ses sujets alors qu’ils ne sont pour rien dans son courroux. Kheti et Mayt devront affronter dieux, monstres et autres animaux fantastiques. Une série idéale pour initier les plus jeunes aux mystères de l’égyptologie. (Delcourt, 9,80 €)

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29/07/2006

Célibataire en croisière

Dur, très dur, la vie de célibataire dans une petite ville de province. Pourtant Jean-Paul n’est pas à plaindre. Il travaille dans l’entreprise familiale de fabrique de jouets en bois, a une belle maison, fait même attention à son physique en courant chaque matin autour du lac. Mais le gros problème de Jean-Paul c’est sa mère, toujours aussi possessive malgré les 30 ans de son fils. En permanence sur son dos, elle ne lui laisse pas une minute de tranquillité. Aussi, dans le plus grand secret, il s’inscrit à une croisière sur la Méditerranée réservée à des cœurs solitaires. Jean-Paul, timide et réservé, aura beaucoup de mal à faire le premier pas. Mais plus il s’éloignera des côtes (et donc de sa mère), plus il parviendra à briser la glace et même à s’amuser. Sans pour autant découvrir l’âme sœur. Car tout moment de détente est bon à prendre quand on est stressé et malheureux comme lui. Cette croisière initiatique lui ouvrira les yeux et changera sa vie. "Les cœurs solitaires" est justement le premier album en solitaire pour Cyril Pedrosa. Sur un thème très rabattu, il parvient à nous étonner. Enfin, c’est surtout Jean-Paul qui réussit finalement à se surprendre… (Dupuis, 9,80 €)


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28/07/2006

"Sur ses traces", thriller on the rocks

Un tueur en série, une medécin légiste, un policier en plein doute, un maire prêt à tout pour garder le pouvoir : ce thriller d'Elizabeth Becka se distingue par la colmplexité de la psychologie des personnages.

medium_sur_ses_traces_bis.jpgElle même médecin légiste dans la police de Floride, Elizabeth Becka sait de quoi elle parle dans ce roman policier. Seule différence, son héroïne, Evelyn James, officie à Cleveland, ville froide et sinistre du nord des USA. L'action se déroulant en hiver, en plus des forces du mal, elle devra en permanence lutter contre le froid, la neige et le verglas. Evelyn est appelée un matin de novembre sur la scène d'un crime. Au bord de la rivière charriant ses eaux glacées, des promeneurs ont découvert le corps d'une jeune femme. Les deux pieds pris dans un seau rempli de ciment, elle est en plus enchaînée. Sur place, Evelyn va rencontrer un nouveau policier, David, et rapidement comprendre que la victime n'était pas morte quand elle a été précipitée dans l'eau. Commence alors le travail long et fastidieux des enquêteurs scientifiques. En plus de l'autopsie, Evelyn va relever les différentes fibres encore collées aux vêtements de la morte, tenter de découvrir la provenance du ciment et des chaînes. Mais tout va s'accélérer quand un second corps est découvert trois jours plus tard à proximité du premier. Et si la première victime est encore une inconnue, la seconde est beaucoup plus connue : Destiny Pierson est la fille du maire. Ce maire noir très ambitieux qui a été également le premier amour d'Evelyn il y a une vingtaine d'années. Les personnages principaux sont en place, le grand bal des apparences peut débuter.

Une lente agonie
Si Elizabeth Becka concentre son roman autour de l'enquête d'Evelyn, elle décroche parfois pour raconter avec un luxe de détails les affres des victimes. Un long chapitre est ainsi consacré à la captivité de Destiny et son agonie. Car la jeune fille, consciente alors que le ciment est en train de prendre autour de ses pieds, parviendra à se défaire de ses liens alors quelle est plongée dans l'eau glacée. Parvenue sur la berge au prix d'un effort surhumain, elle se croira sauvée avant de croiser une nouvelle fois le tueur. Un tueur mystérieux et aux pratiques d'un rare sadisme. Evelyn, qui a elle aussi une fille, Angel, âgée de 16 ans, ne peut que trembler pour sa progéniture. Et en pratiquant ses examens sur les cadavres en compagnie de David, elle s'interroge : « Je ne cesse de me demander ce que l'on peut ressentir, à voir ce ciment sur ses pieds, à entendre le bruit de l'eau et savoir qu'on n'a plus que quelques minutes à vivre. Ce n'est pas seulement la noyade, mais le fait de geler et de se noyer. L'eau doit donner l'impression d'être poignardée par des glaçons, et en même temps pas assez froide pour vous faire mourir instantanément, ni vous engourdir suffisamment pour ne pas ressentir la douleur lorsqu'on ne peut plus retenir sa respiration. »

Personnages complexes
Ce premier roman d'Elizabeth Becka, sans sombrer dans la complexité des enquêtes scientifiques, se distingue surtout par les interrogations des protagonistes, jamais manichéens, chose assez rare dans la littérature américaine. Evelyn, divorcée, tentant d'éduquer au mieux sa fille adolescente, aime son travail mais risque à tout moment de le perdre. Son chef, fonctionnaire installé, menace sans cesse de la remplacer par un jeune étudiant plus ambitieux. David, le policier, célibataire lui aussi, oublie son mal de vivre dans son travail, préférant aller interroger des proches des victimes tard le soir que de rentrer dans son appartement vide. Des personnages torturés, perfectibles et humains, confrontés à l'abomination au quotidien. Le lecteur se surprend à penser comme eux, à comprendre leurs doutes et à espérer un jour meilleur. Mais ne rêvons pas, nous sommes aux USA...
« Sur ses traces », Elizabeth Becka, Calmann-Lévy, 20,50 €




27/07/2006

Protecto, combat inégal

medium_protecto_1.jpgSi vous avez aimé « Mèche rebelle », vous apprécierez « Protecto », série écrite par Zidrou et dessinée par un Italien talentueux, Mattéo. Dans ce tome 1, on retrouve Kim, Alicia et Madame, les protagonistes de la première histoire reprise dans un gros album de 96 pages récupérant le numéro 0. Madame, c'est la Mort. Elle est vicieuse, persévérante et très sûre d'elle. Kim et Alicia ont déjà échappé à ses griffes grâce à l'aide des agents de Protecto, des anges gardiens chargés de déjouer les plans machiavéliques de Madame. Mais cette dernière est également rancunière et dans « La fabrique des mères éplorées », elle va s'attaquer à la petite fille de Kim. Une course contre la montre qui va s'achever dans une maison en flamme au bord du lac de Garde en Italie. Zidrou, si comique avec son élève Ducobu,ou tendre avec « Sac à puces », change totalement de registre avec cette histoire trouvant parfaitement sa place dans la collection Empreintes. Les mères sont prêtes à tout pour sauver leur progéniture, mais au final c'est Madame qui marque le plus le lecteur. Une parfaire représentation du mal, du malheur... (Dupuis, 13 €)


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26/07/2006

Bad news in azerbaidjan

medium_nouveaux_tsars_3.jpgJuste avant de dédicacer le troisième épisode des « Nouveaux tsars », Jean-Yves Delitte explique que « la vie est si courte et beaucoup trop hasardeuse pour se cacher derrière une imbécile pudeur en se refusant de crier haut et fort son amour aux êtres qui nous sont chers ». Comme si l'auteur, en enquêtant sur les pratiques de la mafia et des groupes terroristes dans les pays de l'ancien bloc soviétique, avait pris conscience que tout cela ne pouvait que conduire à une catastrophe mondiale inéluctable. Son héros, Youri Vladimir, croit encore en la justice. Il est employé par un organisme international pour contrôler le démantèlement de l'arsenal nucléaire russe. Quand il arrive en Azerbaidjan, il ne se doute pas qu'une révolution est en marche. Les groupes islamistes sont soutenus par des puissances étrangères voulant récupérer le pétrole de la région qui pour l'instant est exploité par des Canadiens. Vladimir enquête de son côté sur des fûts toxiques ayant coulé dans le lac Baïkal. Méticuleusement, Delitte démontre comment tout peut basculer dans l'horreur. Et que les vies humaines ne représentent rien quand le pouvoir et l'argent sont en jeu. (Glénat, 12,50 €)


07:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : delitte, glénat

25/07/2006

Double gauche, monstre magicien

medium_double_gauche_1.jpgDustin Goldfnger est devenu l'homme le plus puissant de Sinostropolis. Dans sa villa-palais, il reçoit le gratin de la ville. Une soirée prestigieuse au cours de laquelle une femme provoque un scandale. Elle prétend s'appeler Mimsy, connaître Dustin de puis son enfance et critique vertement son mode de vie. Car Dustin a amassé sa fortune en profitant malhonnêtement de son don. Dustin a deux mains gauches aux pouvoirs extraordinaires. Cette nouvelle série (prévue en trois tomes) est écrite par Corbeyran et dessinée par Formosa. Ce dernier, après des essais dans l'héroïc fantasy et le cyberpunk semble avoir trouvé sa voie. Un univers réaliste classique avec l'intervention de monstres cauchemardesque. Ce premier tome, après avoir planté le décor actuel, revient sur l'enfance malheureuse de Dustin et la découverte de son don. Mais il reste un monstre pour beaucoup, notamment Ordog Polok, propriétaire d'un cirque, prêt à tout pour capturer Dustin et l'exhiber aux spectateurs voyeurs. (Dargaud, 13 €)


07:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : corbeyran, formosa, dargaud

24/07/2006

Dieu est un buveur de coca

medium_james_dieu_1.jpgEntre délire loufoque et violente critique sociale, cette série de la collection 32 sort des sentiers battus. Premier épisode des aventures de James Dieu. Enfin Dieu tout court. Il a l'apparence d'Elvis Presley (à la fin de sa vie), vit dans une canette de coca-cola et avoue que sa seule erreur, la création de notre monde, est la conséquence d'une soirée trop arrosée. L'Humanité, ce n'est que la résultante d'un vomi d'ivrogne. Un préambule déconcertant dans un contexte beaucoup plus terre à terre. Un chicano immigré à New York est au chômage depuis six mois. Depuis que l'usine de Coca qui l'employait a été délocalisée... au Mexique. C'est lui qui a découvert la canette contenant Dieu. Il est un peu chamboulé par cette révélation, tant est si bien qu'il ne voit pas que sa femme, harcelée sexuellement par son employeur est en train de craquer. Fred Pontarolo lâche les brides de son imagination. L'opposition entre le réalisme social et la folie de Dieu confère à cette BD une ambiance unique. Et comme le premier épisode s'achève sur un coup de théâtre, on attend avec impatience la suite... (Futuropolis, 4,90 €)

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23/07/2006

Lucille, la fuite et la faim

Le livre est presque aussi lourd que son héroïne. 544 pages écrites et dessinées par Ludovic Debeurme, racontant le passage à l’âge adulte de Lucille, une adolescente anorexique. Lucille va rencontrer Arthur, autre adolescent mal dans sa peau. Au début, ces deux écorchés vifs vivent leurs malheurs chacun de leur côté. Lucille est devenue un squelette ambulant pour ressembler à sa poupée longiligne alors qu’elle était une fillette plutôt grassouillette. Arthur rejetant son père, son métier de marin et surtout son alcoolisme chronique. Ils vont se croiser une première fois à l’hôpital. Et puis ce sera le coup de foudre et l’envie de partir ensemble, le plus loin possible. Ce sera l’Italie et sa douceur de vivre. Mais ce n’est pas parce que l’on change d’horizon que l’on n’emmène pas avec soi ses problèmes. Certes ils sont maintenant deux et peuvent s’épauler, reste que les blessures sont trop profondes pour guérir en si peu de temps. Roman graphique dépouillé, Lucille permet à Ludovic Debeurme de démontrer tout son talent de montreur d’âmes. (Futuropolis, 27,90 €)

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22/07/2006

Inquiétante pin-up

Une nouvelle fois, Dottie Partington, alias Poison Ivy, a changé d'aspect et d'identité. Elle chasse le serpent venimeux dans les eaux chaudes d'Hawaï. Un serpent aquatique très dangereux. Pas spécialement agressif, sauf quand il se trouve en présence de sang. Après avoir collecté le venin, elle le vend à un laboratoire qui en fait du sérum. Soleil et mer à gogo : la vie de Dottie semble idéale, mais elle sait que ce répit est de courte durée. Son ancien employeur est toujours à sa recherche. Et pas pour lui souhaiter un bon anniversaire. Il envoie une tueuse sur place pour définitivement éliminer Dottie de ce monde. La belle a cependant d'autres soucis. En priorité effacer les trois lettres tatouées sur son épaule. A la place elle fera dessiner un serpent. Un tatouage très discret à côté des multiples motifs ornant le corps du sculputral Marlon. Un Kanak, fier de ses origines, recherché par la police pour le meurtre d'une touriste australienne. Yann, au scénario, a multiplié les intrigues autour du fil rouge de la fuite de Dottie. Berthet dessine avec toujours autant de grâce et de de brio les courbes parfaites de son héroïne préférée. (Dargaud, 13 €)

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