31/08/2006

La molécule et les diables

medium_zone_mortelle_4.jpgTester de nouveaux médicaments avant leur mise sur le marché comporte une part de risque qui encore tout récemment s'est mal terminé pour quelques cobayes anglais. C'est un peu le thème de "Zone mortelle" cette série écrite par Thomas Mosdi et dessinée par David Vogel. Trois étudiants ont développé des facultés psychiques anormales en ingérant une nouvelle molécule. Problème, ils deviennent de dangereux tueurs psychopathes. Poursuivis par l'armée française et des mercenaires payés par le laboratoire fautif, ils explorent leur pouvoir, décuplé quand ils sont en colère. C'est au cours d'une querelle entre eux qu'ils additionnent leurs facultés et donnent naissance à un monstre de feu. Il s'appelle Hadès et semble indestructible. Cela donne une scène finale dans une carrière désaffectée du Lot des plus mouvementée. Ce quatrième tome, le dernier de la série, s'éloigne du polar pur et dur pour flirter avec le fantastique. Mais Hadès aura peut-être d'autres occasions pour déchaîner sa fureur contre les humains ? (Delcourt, 12,50 €)

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30/08/2006

Collision de fuites

Natalie Carter, dans « Valdingue », son premier roman, fait se rencontrer deux âmes en fuite.

Antonin, treize ans, n'a jamais connu ses parents. Recueilli très jeune par un couple de paysans basques, il a adopté la rudesse du pays. Courant dans la montagne, toujours à la recherche d'une liberté inaccessible, il a mûrement préparé sa fuite. Il met le feu à la ferme, sachant que le « vieux » est toujours à l'intérieur. Après un passage par un pic abritant un nid de vautour, il rejoint une autre vallée, bien décidé à retrouver sa mère qui serait aux USA. Une rencontre changera ses plans. Une femme, peintre célèbre, le recueille dans sa voiture. Elle le prend pour quelqu'un d'autre, son fils disparu. Antonin, dérouté, joue le jeu. Juste le temps de se rapprocher de la grande ville croit-il. La cavale de ce couple improbable, au vécu déchirant les conduit dans une maison au bord de l'océan. C'est là que la foie et la fureur trouvera un terreau favorable.
Premier roman de Natalie Carter, scénariste pour le cinéma et la télévision, explore les limites de la folie. La psychologie des personnages est dévoilée par petites touches. Elle a également soigné les lieux de l'intrigue. On sent là l'expérience du cinéma qui accorde beaucoup d'importance aux décors.
« Valdingue » de Natalie Carter. Éditions Robert Laffont. 17 €

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29/08/2006

Cinquantenaires en vadrouille

Jean-Marc Roberts de souvient de ses copains, de sa jeunesse, des premiers flirts. Aujourd'hui il a
« Cinquante ans passés ».


La mémoire nous joue toujours des tours. Elle s'accumule sans cesse. Chaque jour passé est un jour de souvenirs. Quand on atteint la cinquantaine, on sait que les souvenirs passés sont plus nombreux que ceux à venir. Jean-Marc Roberts dans « Cinquante ans passés » feuillette cette histoire révolue, son histoire. Ou plus exactement l'histoire de trois copains, jeunes chiens fous profitant de la vie au maximum. Des années plus tard, aujourd'hui donc, ils se retrouvent pour aller à l'anniversaire d'un quatrième larron. En chemin, alors qu'ils ressassent leur riante jeunesse, ils en retrouvent l'insouciance en changeant de direction, décidant qu'il serait plus marrant d'aller faire une virée à Londres.
Il est souvent question de musique et de jeunes filles dans leurs débats. Sur ce dernier sujet le narrateur se souvient de Maryse : « la première fiancée dont j'ai caressé les seins, au cinéma Marignan, un mercredi à 16 heures. Sans doute un De Funès, peut-être Le grand restaurant ». Au gré de la discussion, chacun ne peut s'empêcher de se remettre en cause. Avec des « si », les souvenirs se transforment en romans non écrits. Jean-Marc Roberts, lui, romance son passé, remettant au passage en lumière la mémoire de Teddy Gaillard, un des Frères ennemis, disparu du jour au lendemain. Qui se souvient de lui ? Pourquoi a-t-il tout arrêté d'un coup ? Pourquoi pas eux ? 100 pages de pure nostalgie.
« Cinquante ans passés » de Jean-Marc Roberts. Éditions Grasset. 11 €.




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28/08/2006

La haine au ras du sol

"Corpus Christine", de Max Monnehay, explore les limites de la haine entre mari et femme.

medium_max_monnehay.jpgSi l'on a le malheur de vivre en couple, on ne ressort pas indemne de ce roman âpre et dérangeant. Et malgré des années de bonheur conjugal sans nuages, on ne peut s'empêcher de se demander : "Et si cela m'arrivait à moi aussi ?"
Le narrateur, dans un langage très mouvementé et haché, on comprend pourquoi au fil des pages, raconte au lecteur qu'il interpelle parfois, son calvaire et sa déchéance. Condamné en position verticale "depuis sa chute" sur laquelle il reste très discret, il ne se déplace plus dans son appartement qu'en rampant. Mais il n’est pas seul. Sa femme continue de vivre avec lui. Mais au lieu de l’aider, elle le brime, l’affame. Seul a ruminer des mauvaises pensées le nez au plancher, le mari va raconter le coup de foudre pour cette joggueuse croisée dans la rue. Leur rencontre, le bonheur des premiers mois de vie commune, les bons moments partagés… Jusqu’à ce fameux jour.

Dramatique et... loufoque
Devenu un pantin sans défense, elle va se venger de ces années de simulation. Notamment en l’affamant. Quand il parvient à voler un pot de moutarde oublié dans la cuisine, il va goulûment s’en repaître. Résultat il a mal au ventre s’en plaint et en profite au passage pour pousser une gueulante contre le lecteur interloqué imaginant même ce qu’il pense : "Mais pourquoi se sent-il obligé de nous décrire ses brûlures d’estomac ? Quand va-t-il cesser de se plaindre à la fin ? Va-t-il crever qu’on en finisse !"
Mais le calvaire n’en est qu’à ses débuts. De plus en plus faible et affamé, sa femme va s’attaquer à sa famille, lui donnant, telle une offrande, le petit orteil sanguinolent de sa mère… Impuissant, il jure de se venger mais au bout de quelques jours doit réagir, "La chair pourrit. Elle empeste quand elle se décompose. Elle engendre la vermine. Je vais devoir me débarrasser de l’orteil de ma mère. Un enterrement n’étant pas envisageable, ne me reste que la chasse d’eau en guise de sépulture."
Tout l’intérêt de ce premier roman réside dans cette opposition continuelle entre une situation tragique, révoltante, pathétique et un certain détachement, une désinvolture qui nous rappelle sans cesse qu’il ne s’agit que d’une pure fiction sortie de l’imagination de Max Monnehay qui n’a que 25 ans. "Corpus Christine" est son premier roman. Une signature à suivre.

"Corpus Christine" de Max Monnehay. Éditions Albin Michel. 15 euros.




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27/08/2006

Dangereux « Eden »

Les manipulations génétiques des hommes et des végétaux risquent de se transformer en un cauchemar sans nom…

Les éco-terroristes passent à l’attaque dans ce roman policier, assaisonné avec un gros zeste de fantastique, écrit par Bretin et Bonzon. Un petit groupe d’idéalistes, après des mois de rencontres et de palabres sur internet ou dans des bistrots, décident de frapper un grand coup. Ils prennent le nom d’Eden et décident de détruire les serres Naeliev en Suisse. Ils suspectent ce jardinier spécialisé dans les créations de roses, d’obtenir ses nouvelles variétés en faisant des manipulations génériques. L’opération se déroule comme prévu mais étrangement, il ne sera pas du tout fait état de cette action d’éclat dans la presse.

Mystérieuse éprouvette
Naeliev, ancien chercheur des pays de l’Est, cultive le secret. Et le lecteur commence à se demander si les expériences ne dépassaient pas le simple cadre des roses. D’autant que Thomas Hearing, le cerveau d’Eden, a dérobé avant l’embrasement total, une mystérieuse éprouvette. C’est aussi à ce moment que les ennuis débutent pour lui et ses complices. Lui car il a été contaminé par le produit et commence à sentir le changement à l’intérieur même de sa chair. Les autres car ils sont éliminés par deux tueurs aussi sadiques qu’implacables.
Quand c’est la femme et les deux fillettes de Hearing qui sont retrouvées égorgées dans son petit pavillon, l’inspecteur Renzo Sensini d’Interpol commence à se pencher sérieusement sur l’affaire. Sensini, tête brûlée assez incontrôlable, est « au placard dans un sous-service chargé des mouvances extrémistes écolos ». Hearing, disparu, constitue le principal suspect de ce massacre.

Créatures authentiques
Première partie d’une trilogie intitulée « Complex », ce gros pavé de 400 pages ne laisse pas une seconde d’accalmie au lecteur. Les auteurs ont choisi de ne pas se contenter de l’enquête de Sensini. Ils alternent les points de vue au gré des chapitres. On suit donc à la trace Hearing, idéaliste désabusé, victime de son appât du gain, monstre en devenir, véritable enjeu de la course-poursuite lancée par plusieurs organisations que l’on devine tentaculaires. Sensini occupe bien sûr une place importante de l’intrigue, mais ce polar vaut également par les personnages secondaires. Ils sont nombreux et tous parfaitement brossés, du couple de tueurs fêtant leurs exécutions dans des raves party, en passant par le flic ripou, faisant consciencieusement son rapport aux services secrets ou la fille de Naeliev, beauté sulfureuse n’ayant jamais pardonné à son père d’avoir tué sa mère. Sans oublier le dernier membre en vie du commando Eden, Iva Neves, jeune chercheuse désemparée tombant dans les bras d’un Sensini qui n’en demandait pas tant. Bref cet « Eden » regorge de créatures authentiques, preuve que l’imagination des deux auteurs semble sans limites.

« Eden, Complex 1 », Denis Bretin et Laurent Bonzon, Editions du Masque, 20 euros


26/08/2006

Belle mais dangereuse

medium_lipstick_4.jpgRangée et assagie. La belle Lipstick a abandonné sa vie aventureuse en Amérique du Sud pour s’installer à San Diego. Elle a voiture, boulot dans une librairie et même villa en location. Avec piscine. Ce lundi après-midi, alors que la chaleur écrase tout, elle décide de fermer la boutique de comics qu’elle a en gérance pour justement aller se rafraîchir dans la fameuse piscine. Mais elle a la désagréable surprise d’y trouver un homme. Mort. Par balles. Le passé referait-il surface ?
Quatrième titre de cette série écrite et dessinée par Dominique David. La belle héroïne semble avoir le chic pour se mettre dans des histoires compliquées. Cette fois c’est la propriétaire de sa villa, une artiste excentrique, qui est à l’origine de ce déferlement de violence. L’homme de la piscine est son notaire, l’artiste est retrouvée morte en Italie et le suivant sur la liste semble être le fils adoptif. A noter dans cette aventure californienne l’apparition d’un dessinateur belge, Jean-Luc Cornette, en repérages pour un prochain album et en séance de dédicace en pleine Gay Pride. (Glénat, 8,99 €)

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25/08/2006

Espionnage d'antan

medium_liste_66_1.jpgEric Stalner dessine vite. Et bien. En parallèle à La croix de Cazenac et après Blues 46, polar en deux épisodes se passant dans le Lot, il se lance sur la mythique route 66 qui traverse les USA d’Est en Ouest. Une série dont il assure le scénario et qui aborde le thème de l’espionnage dans l’Amérique de Kennedy. En ce mois d’avril 1961 Alex Poliac enterre sa femme. Elle vient de trouver la mort dans un accident de la route. En compagnie de son fils Rob, il va s’enfuir, en pleine nuit, tentant de récupérer une liste qui est également convoitée par le FBI. Vient se greffer sur cette course poursuite des crimes commis par un serial killer qui signe ses forfaits en grimant ses victimes en clowns. On appréciera particulièrement dans cette nouvelle série qui s'annonce haletante, la reconstitution de l’Amérique profonde des années 60, avec grosses voitures et stations services typiques. Le premier tome se passe en Illinois. Le second traversera le Missouri. Il reste donc du chemin avant d’atteindre la Californie… (Dargaud, 13 €)

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24/08/2006

L'hôtel des enfants perdus

medium_koma_4.jpgDans une ville noire de pollution, un ramoneur passe ses journées à nettoyer d'immenses cheminées. Mais pour aller dans les petits conduits, il utilise les services de sa fillette, Addidas. Cette dernière est régulièrement sujette à des pertes de connaissance. Elle rêve alors à de noires créatures s'activant sur des machines sales et bruyantes. Un univers poétique et merveilleux, avec une petite héroïne très craquante. Le quatrième tome de Koma, toujours signé Wazem (scénario) et Peeters (dessin) voit Addidas et son père fuir les forces de l’ordre. Ils trouvent refuge dans un étrange hôtel habité par d’autres enfants qui eux aussi perdent parfois connaissance. Pendant ce temps, dans la ville, la police est parvenue à capturer la créature monstrueuse amis d'Addidas. Sorte de gorille aux bras démesurés, il ne dit pas un mot. Ce n’est pas du goût du commissaire qui n’hésite pas de menacer de le torturer pour lui faire dire où se cache Addidas. Un épisode transition, ouvrant de nouvelles perspectives fantastiques à cette série hors du commun. (Les Humanoïdes Associés, 9,45 €)

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23/08/2006

Chasseurs de tableaux

medium_agence_1.jpgPour des toiles de maître, certains seraient prêts à tout, dont tuer. En 1945, à la fin de la guerre, dans une Allemagne en pleine débâcle, c’est la course entre Américains et Russes pour mettre la main sur les trésors amassés par les nazis. Des œuvres d’art qui parfois disparaissent dans la nature comme c’est le cas pour une représentation de la reine Léda par Le Tintoret. Une toile qui réapparaît sur le marché 60 ans plus tard. Un groupe de communication anglais, malmené à la bourse, met le tableau aux enchères pour se renflouer. Pour découvrir d’où il provient exactement, une agence de détective luttant contre le trafic d’œuvres d’art va mettre une équipe sur l’affaire. Rafaello, le chef a sous ses ordres Kim, prodige de l’informatique, Souad, top-model et Saint-Alban, ancien agent secret. Ils trouveront sur leur route un collectionneur aux méthodes peu conventionnelles. Une nouvelle série d’action réaliste très actuelle écrite par Bartoll et dessinée par Thomas Legrain. (Casterman, 9,95 €)

22/08/2006

Ecrits croisés

La mort est perpétuellement présente en filigrane des ces lettres composant le troisième roman de Cécile Ladjali.

medium_louis_et_la_jeune_fille.jpgLouis est un soldat français vivant l'enfer des tranchées en 1916. Lorette, en 1951, est une jeune apprentie dactylo découvrant la vie et l'amour dans le bouillonnement de Saint-Germain-des-Près. Louis et Lorette écrivent beaucoup. Presque chaque jour. Louis à sa mère, son frère, ses amis. Lorette à son père, ses amies, son amant ou dans son journal intime. Au total ce sont 66 lettres qui composent ce roman de Cécile Ladjali. 66 occasions pour le lecteur de mieux comprendre le quotidien des deux personnages principaux de ces histoires parallèles n'ayant rien en commun si ce n'est, durant un bref laps de temps, la mère de Lorette qui fut confidente de Louis.

Les mensonges de Louis
D'un côté les tranchées, la mort, la folie. De l'autre la fraîcheur d'une jeune femme mordant dans la vie à pleines dents. Si Louis raconte la vérité à ses amis, il ment à sa mère, pour ne pas l'inquiéter. A Ferdinand, un camarade, Louis explique le 16 janvier 1916, « Hier on a joué au rugby, et pas pour rire. Le sergent lançait le ballon en cuir sous la mitraille et il fallait courir après. Marquer un essai ou se faire déchiqueter par un obus. La guerre avait des faux airs de jeu. Une espèce de cirque antique dans les résurgences du carnage. »Lorette, en plus de ses cours, tape des lettres pour quelques amies rencontrées dans le quartier. Elle tient régulièrement au courant son père, rédacteur en chef d’un journal en province, de ses améliorations. Et puis un soir, dans une boite de jazz, elle tombe sur Jack, un musicien anglais. Coup de foudre. Quelques jours plus tard elle confie à son journal intime : « Jack était joli comme le Baron noir. On a fait l’amour toute la nuit avant son départ pour l’Angleterre et papa ne le saura pas ». Plus loin elle remarque qu’elle « tousse beaucoup ». Quelques analyses après, le verdict est redoutable : tuberculose.

La lassitude de Lorette
Louis a de plus en plus de difficulté pour cacher à sa mère la réalité de sa condition. « Petite maman, écrit-il fin mars, il faut que je cesse de te mentir car cela va me porter la poisse. Je te fais croire depuis des mois que les choses vont bien, or elles sont atroces. (…) Le présent, l’atroce présent, nous fait regretter tout acte passé et nous conduit à détester l’avenir. On maudit toujours ce que l’on ne connaîtra pas. L’envie rétrécie l’âme. J’ai l’âme rétrécie, maman. » Louis a perdu beaucoup de camarades au front. Il a eu beaucoup de chance, mais un jour, un jour comme les autres, il est lui aussi blessé et fait prisonnier par les Allemands. Cela ne l’empêche pas de continuer à écrire à ses proches. Des missives poignantes et pathétiques.
Lorette va se soigner sur la côte d’Azur. Elle se sent de plus en plus faible, assiste impuissante à l’agonie de ses nouvelles amies, n’a plus de nouvelles de Jack. Ses lettres ont perdu la fraîcheur du début, la lassitude gagne, le découragement s'installe.
Les destins de Louis et Lorette s’accomplissent inexorablement sous les yeux du lecteur qui, au fil des lettres, pénètre de plus en plus dans l’intimité, voire l’inconscient des deux personnages. Cécile Ladjali semble avoir totalement habité ses deux créatures de papier, tant et si bien que l’on se surprend à douter de leur non-existence…

« Louis et la jeune fille », Cécile Ladjali, Actes Sud, 17,50 €

07:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ladjali, actes sud