28/02/2007

Efficace le vieux Wayne Shelton

medium_Wayne_Shelton_6.jpgBaroudeur dans l'âme, Wayne Shelton est quand même prudent, très prudent. Quand il se lance dans une opération, il en étudie tous les tenants et les aboutissants. Sauf quand c'est une jolie femme en pleurs qui lui demande. Conséquence, Wayne Shelton se retrouve, dans les premières planches de sa sixième aventure écrite par Cailleteau et dessinée par Denayer, en difficulté dans un pays africain en pleine révolution. Il a pour mission de délivrer un journaliste français pris en otage par les rebelles. Le personnage, imaginé par Jean Van Hamme, est donc animé par un nouveau scénariste. Ce dernier tente de l'humaniser un peu. Dans cet album, il est presque amoureux... Action, coup de théâtre, retournement de situation : la machine fonctionne parfaitement : une bonne BD de distraction, efficace et dépaysante.
« Wayne Shelton », Dargaud, 9,80 euros

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27/02/2007

Nombrils sans pitié

medium_Nombrils_2.jpgDepuis quelques temps elles font les beaux jours de Spirou chaque semaine. Les Nombrils ce sont trois jeunes filles fréquentant le même lycée. Elle sont amies, mais dans ce trio elles ne sont pas sur le même pied d'égalité. Jenny et Vicky, mignonnes et surtout garces, sont persuadées que tous les garçons sont à leurs pieds. Karine, la troisième de la bande, surnommée également l'asperge, est timide, introvertie, serviable et très naïve. Mais Karine a quelque chose de spécial qui a tapé dans l'oeil du beau Dan. Conséquences Jenny et Vicky vont passer tout cet album (le second de la série) à tenter de briser cette idylle naissante. C'est très actuel, pas du tout politiquement correct, et cela plaît beaucoup aux adolescents d'aujourd'hui. Imaginés par un duo québécois, Delaf et Dubuc, ces gags font toujours mouche.
« Les nombrils », Dupuis, 8,50 euros

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26/02/2007

Déroutant cet homme nylon

medium_Homme_nylon.jpgHermann, dessinateur réaliste d'excellence (Bernard Prince, Comanche, Jeremiah...) ne s'est que très rarement aventuré dans la BD comique. Cet « Homme nylon » n'est pas à proprement humoristique, mais il a donné l'occasion au dessinateur belge d'explorer un autre style, déjà mis en avant avec la série Nic. Sur un scénario très alambiqué de Kirstein, il a illustré la quête de cette jeune femme à la recherche de son père arborant « une chevelure de nylon dorée, drue, résistant à tout vent ». Aidée d'un détective privé, elle retrouve le professeur Rutherford sur fond de manipulation génétique et de conquête du pouvoir. Totalement déroutante, l'histoire permet à Hermann de dessiner quelques scènes à la limite du surréalisme, avec femme à moustache et esquimau égaré.
« La vie exagérée de l'homme nylon », Le Lombard, 13 euros

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25/02/2007

Amazone et musique

Un piano blanc dans l'enfer vert. La quête racontée par Maxence Fermine conduit le lecteur au bout de nulle part.

medium_Amazone.jpgSur les bords du Rio Negro, au coeur de l'Amazonie, les habitants du petit village d'Esmeralda croient rêver : un piano blanc vient de faire son apparition. Un piano sur un radeau. Avec un musicien noir au clavier qui joue des airs de jazz. Une arrivée qui fait sensation dans cette bourgade où le colonel Rodrigues règne en maître.
Amazone Steinway est le seul rescapé d'un naufrage. Son smoking blanc fait sensation auprès des petits planteurs qui vivotent de la culture du café. "On aurait dit qu'il sortait tout juste d'une soirée mondaine et qu'il n'avait pas eu le temps de se changer. En quelque sorte, cet homme venait d'un monde qui n'était plus le leur depuis bien des années. Un monde où les hommes possédaient encore le goût d'un certain art de vivre, se rasaient de frais, cultivaient l'élégance et le raffinement". Une fois passé le choc, reste à savoir ce que ce curieux équipage vient faire dans ce trou perdu, à la limite du Brésil et du Venezuela.

Le piano contre un bateau. Amazone ne sera pas disert. Il parle simplement d'une promesse faite à une femme. Que son arrivée à Esmeralda n'est qu'une étape. Il compte aller plus loin. Il lui faut un moyen de transport. Amazone décide de jouer son piano aux dés avec le colonel. Le piano contre un bateau. Mais l'ancien militaire a plus d'un tour dans son sac. Il gagne le piano blanc. Amazone n'a plus qu'une solution : prendre son mal en patience et jouer des mélodies jazz chaque soir dans la taverne de Rodrigues. Ce dernier se retrouve alors au premier plan.
L'auteur, Maxence Fermine, alterne avec bonheur les flash-backs sur les différents protagonistes de cette étrange aventure. Rodrigues, après un coup d'Etat manqué, a trouvé refuge dans ce petit village non répertorié sur les cartes. Il a décidé de devenir riche. Une première tentative dans le caoutchouc se solde par une faillite.

L'envol des papillons. Il lui faudra trouver une idée de génie pour enfin s'enrichir : élever des papillons. Mais rien de plus aléatoire. Surtout quand on a un employé distrait qui oublie de fermer la porte de la serre... "Devant leurs yeux ébahis, les papillons, sortis de leur léthargie, s'envolèrent un à un dans le ciel en un ballet majestueux. L'un après l'autre, jusqu'au dernier. Comme des billets de banque leur glissant entre les doigts emportés par le vent. Le colonel comprit que jamais, plus jamais de sa vie, il ne serait ruiné d'une façon aussi merveilleuse."
Un musicien noir illuminé, un colonel cupide, un barman suisse et un Indien yanomani, c'est finalement le quatuor qui se forme à Esmeralda pour prolonger ce voyage improbable du piano blanc en Amazonie. Un périple aventureux, limite mystique, dont l'auteur ne distillera que lentement les motifs. Comme pour préserver au maximum la magie de cette quête improbable. Une merveilleuse initiation au voyage, la démonstration de la force colossale de l'amour.

« Amazone », Maxence Fermine, Albin Michel, 16 €, Le Livre de Poche, 5,50 €

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24/02/2007

Les immeubles Walter

medium_Immeubles_walter.jpgEtrange petit roman que ces « immeubles Walter » de Stéphane Denis. Entre fait divers crapuleux, initiation amoureuse, mémoires du siècle et révélations sur un grand écrivain de droite mort tragiquement : Pierre Drieu La Rochelle. Le narrateur, jeune homme plein d’avenir et d’ambition, est à la recherche d’un appartement dans Paris pour y débuter une existence oisive et dorée d’écrivain en devenir. Dans sa quête d’un nid douillet et accueillant, il bénéficie de l’aide d’une grande dame propriétaire d’une bonne partie des Immeubles Walter, résidence de prestige dans un quartier huppé de Paris. Il deviendra un confident de cette héritière d’un richissime industriel. Elle lui demandera d’écrire sa vie. C’est là qu’il découvrira cette liaison longtemps cachée entre l’écrivain brillant, mais beaucoup trop engagé (du mauvais côté) durant l’occupation allemande. Quelques scènes pittoresques mettent en scène Drieu La Rochelle, avant sa déchéance et son suicide. Mais par ailleurs, le jeune écrivain qui n’a pas ses yeux dans les poches, découvre que la veuve est également l’objet de toutes les attentions d’un groupe d’amis qui se révèlent en réalité des escrocs en puissance. Ecrit avec beaucoup de distance, ce roman de Stéphane Denis a un petit air de « hussard » de la grande époque. Quant à la morale… chacun pourra se la fabriquer en toute conscience.
« Les immeubles Walter », Stéphane Denis, Fayard, 11 € ou Le Livre de Poche, 4,50 €

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23/02/2007

Maladie foudroyante

medium_Feul_2.jpgLe Feul, série écrite par Jean-Charles Gaudin et dessinée par Frédéric Peynet, a un petit air de ressemblance avec Aldebaran de Léo. L'histoire raconte la progression d'un petit groupe, confronté à un monde hostile, avec des créatures fantastiques et des rapports humains compliqués. Il y a quand même, fantasy oblige, un peu plus d'action, notamment de combats, et le dessin de Peynet, très réaliste et détaillé, laisse peu de place à la rêverie ou l'imagination du lecteur. Il est cependant d'une grande efficacité. Les explorateurs, chargés de trouver l'origine de la maladie dite du Feul en train de décimer la population, traversent donc les terres grises et croisent le chemin des Brohms. Ces êtres, guerriers et violents, tuent de paisibles paysans ou les transforment en esclaves. Durant ce périple, face au danger, chacun réagit selon ses habitudes ou convictions religieuses. Cela provoque des tensions mais au final tout le monde fait l'effort de comprendre l'autre. Un apprentissage de la différence qui a valeur d'exemple. (Soleil, 12,90 €)

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22/02/2007

Cathare Cut

medium_Memoire_de_cendres_10.jpg« Le bûcher » est le dixième et dernier épisode de la série Mémoire de cendres racontant l'existence tumultueuse et passionnée de la blonde baronne Héléna de Lorac. Cette femme entière a pris fait et cause pour les Cathares. Au cours de cet hiver 1243, elle est réfugiée au sommet de Montségur, château cathare dans l'Aude, assiégé par les armées françaises, bien décidées à en finir avec ces « hérétiques ». Elle sera rejointe par son frère, désirant mourir au pays, et la compagne de son fils. Ce dernier découvre qu'il est père. La fillette, capturée par l'armée adverse, sera libérée avant la reddition des assiégés. Dans une précision de détails historiques, Philippe Jarbinet raconte par le menu les dernières heures de ces « Parfaits », conduits sur le bûcher par les inquisiteurs. Héléna en réchappera. La suite de son existence sera calme. Terminée l'aventure. A moins que... Le personnage a beaucoup d'admirateurs. Ils ne diraient pas non à un prolongement des aventures. (Glénat, 9,40 €)

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21/02/2007

Makabi apprend à être flic

medium_Makabi_4.jpgAu point de vue scénario, cet album, le 4e de la série Makabi, est certainement ce qui s'est fait de mieux ces 5 dernières années. Originalité des personnages et construction de l'intrigue : Luc Brunschwig a trouvé le bon tempo pour une BD policière faisant la part belle à la psychologie. Lloyd Singer, petit comptable du FBI, se décide à franchir le pas. Il intègre le centre de formation pour devenir un véritable agent de terrain. Ses collègues de promotion, comme quand il était au lycée, le prennent en grippe. Il devient souffre-douleur. Sauf que Lloyd peut se transformer en Makabi, justicier masqué, as de la lutte à main nue. L'apprentissage de Lloyd est expliqué en parallèle avec sa contribution au témoignage d'une ancienne reine de beauté, victime d'un serial killer qui l'a défigurée. Traumatisée, elle se coupe du réel. Seul un singe lui fera rompre son mutisme. Ce double fil rouge, qui trouvera sa conclusion dans le prochain épisode, est dessiné par Olivier Neuray de plus en plus à l'aise dans ce genre. (Dupuis, 9,80 €)

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20/02/2007

Frissons urbains

medium_Legendes_urbaines_1.jpgElles vont vous glacer le sang ces légendes urbaines. Corbeyran et Rémi Guérin ont concocté quatre histoires courtes, contemporaines et horribles, confiées aux dessinateurs Guérineau, Henriet, Formosa et Damour. Chaque histoire bénéficie d'une petite présentation par un mystérieux homme, caché derrière des petites lunettes rondes et un grand imper. Il explique le contexte, comme pour préparer l'esprit du lecteur à ce cauchemar du réel. En ouverture, l'histoire de la baby-sitter donne le ton. Un cran dans l'horreur est franchi avec l'histoire de cette étudiante, terrorisées par un monstre sanguinolent grattant derrière sa porte. La plus décoiffante reste celle de cette adolescente, souffrant de cauchemars, retrouvant le calme et la sérénité grâce à son chien, présence nocturne rassurante, notamment quand il lui lèche la main. Sauf que cette nuit-là, le chien ne pouvait plus lécher personne... Un genre qui a connu ses heures de gloire et que ces auteurs remettent au goût du jour. ("Légendes urbaines" Dargaud, 13 €)

19/02/2007

Quand la religion se fait guerrière

medium_Le_reve_de_Jerusalem_1.jpgMystique, violent, visionnaire, le premier tome de cette nouvelle série est d'une noirceur absolue. Au Moyen âge, dans le centre de la France, Hermance Languedolce est un enfant aux dons de plus en plus renommés. Il guérit toutes les maladies. Mais uniquement quand il est en compagnie de sa mère. A la mort de cette dernière, il est banni, rejeté. Il sera finalement recueilli par des gitans. Au même moment, venu du nord de l'Europe, Karlis, dit Live Noir, terrorise les populations. C'est en pillant une église qu'il va être touché par la grâce de Dieu. Le barbare sanguinaire met son épée au service de l'Eglise. Avec un seigneur normand, ils forment une armée, la milice sacrée, pour aller sur le tombeau du Christ. En cours de route, il enrôlera Hermance. Ce dernier retrouvera son don au contact de Live Noir. Philippe Thirault, le scénariste, ne lésine pas sur les massacres, dessinés par un Lionel Marty qui utilise des litres d'encre rouge. ("Le rêve de Jérusalem", Dupuis, 13 €)

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