30/06/2007

Voleuses de temps

medium_Time_twins_1.jpgCybill et Cynthia, blondes, étudiantes, tout juste 18 ans, ont une double vie. Si elles passent leurs journées dans les amphithéâtre à tenter de maîtriser l'Histoire, la nuit elles se transforment en voleuses. Cybill met au point le plan, Cynthia l'exécute. La tête et les jambes. Mais elles ne le font pas dans le but de s'enrichir. Elles agissent sur les recommandations de leur père, sorte de hippie altermondialiste désirant prendre aux riches pour redonner aux pauvres. Un duo de choc et de charme, plein d'humour et de fantaisie imaginé par Derrien et Vignaux. Les deux héroïnes pourraient continuer leur petit commerce en paix si elles ne tombaient pas dans un piège. Une multinationale, la PAST, a besoin d'elles. Spécialisée dans le voyage dans le passé, cette agence de voyages pas comme les autres doit retrouver divers éléments d'une machine à voyager dans le temps intégrés dans des objets cultes. Première mission pour les jumelles, Chicago en 1929. Elle devront subtiliser la mitraillette d'Al Capone. Un ton très humoristique, un dessin souple et élégant : ces deux jolies héroïnes ont tout pour faire une belle carrière dans le 9e art. ("Time twins", Le Lombard, 9,80 €)

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29/06/2007

Mystère et secte

medium_Box_2.jpgErica, danseuse érotique dans une petite ville des USA, était au centre de la première partie de cette série politico-fantastique signée Alain Mounier. Erica qui aurait des pouvoirs surnaturels depuis qu'elle a été mise en contact avec Box, un objet découvert en Afghanistan et qui devient un enjeu entre Russes et Américains. Erica, devenue amnésique, est recueillie dans une communauté vivant en autarcie dans des bois enneigés. Communauté ressemblant énormément à une secte placée sous la coupe de Samuel, gourou rejetant toutes les religions et endoctrinant la trentaine de personnes demeurant dans ces baraques de fortune, coupées du monde. Erica l'intrigue. Cette amnésique, très belle et peu sûre d'elle, ne se doute pas que de très nombreuses personnes la recherchent. Dont Anton Dawson, un analyste de la NSA, le premier a avoir repéré des événements étranges liés au transport de Box. Anton parvient à se faire intégrer dans la secte, mais il n'aura que peu de temps pour sauver Erica et les autres membres de la folie meurtrière de Samuel. Autour de l'intrigue principale, les agissements des services secrets font de cette BD un chef-d'oeuvre de complexité. Et on ne sait toujours pas ce qu'est exactement Box... ("Box", Bamboo, 12,90 €)

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28/06/2007

Tout ce qui brille...

medium_Diamants_1.jpgNouvelle saga historico-financière pour les éditions Glénat qui avaient déjà touché le jackpot avec « Les maîtres de l'orge ». Cette fois ce sont Agnès et Jean-Claude Bartoll qui vont raconter la saga de la famille Van Berg, régnant sans partage sur le diamant mondial. Si le premier tome prend le nom de Charles Van Berg, le fondateur de la dynastie, le récit n'est pas du tout chronologique. Les premières scènes se passent de nos jours dans le Nord du Canada, sur de nouvelles mines prometteuses visitées par l'héritier, Charles junior. Il va se retrouver en mauvaise posture quand son avion devra se poser aux USA après une avarie. Son père ayant été condamné pour collaboration avec les nazis, il est emprisonné immédiatement. Cette relation du patriarche avec les industriels allemands durant la seconde guerre mondiale est au centre de ce premier tome. Le lecteur découvre ses motivations, son amour pour une espionne allemande, ses arrangements avec la légalité. Une immense fortune pas toujours très propre. Mais qui agit en coulisse pour mettre hors jeu l'héritier ? Entre intrigue du passé et manipulations du présent, le dessinateur, Bernard Kölle jongle avec les époques et les lieux. ("Diamants", Glénat, 9,40 €)

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27/06/2007

Retour de pirates

medium_Long_John_Silver_1.jpgSi comme des millions d'adolescents vous avez été captivé par « L'île au trésor » de Stevenson, vous lirez avec un grand plaisir, mêlé de curiosité, le premier tome de cette série tentant de donner une suite aux aventures de l'un des personnages principaux : Long John Silver. Une tâche ambitieuse qui semble tenir à coeur à Xavier Dorison, le scénariste. Il s'est associé à Mathieu Lauffray qui a déjà illustré Prophet. En 1785, au coeur de l'Amazonie, lord Byron Hastings pense avoir enfin découvert la cité d'Eldorado. Mais pour ramener ce trésor, il a besoin d'un bateau. Il demande à son frère, resté en Angleterre de vendre son manoir et ses terres pour financer l'expédition. Ce n'est pas du goût de la belle Vivian Hastings qui était sur le point de refaire sa vie. Elle se retrouve enceinte et sans le sou. Seule solution, rejoindre son mari en Amérique pour avoir sa part du butin. Et pour assurer ses arrières, elle va faire embaucher dans l'équipage un certain Long John Silver qui lui aussi sent la fortune à portée de main. Un album riche en rebondissements et aux personnages très typés. ("Long John Silver", Dargaud, 13 €)

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26/06/2007

Tueur de mères

Face à face sanglant dans "L'ange de la vérité" entre un psychopathe et une femme. ce thriller extrême de Mark Nykanen explore les rapports conflictuels mère-fils.

medium_Ange_de_la_vérité.jpgSuzanne Trayle est devenue célèbre du jour au lendemain en devenant l'ange de la vérité. Dans une émission télévisée de très grande écoute, elle a expliqué son combat : permettre aux mères ayant accouché sous X de retrouver leur enfant des décennies plus tard. Une cause qui lui tient à coeur puisqu'elle même a vécu ce déchirement. Encore adolescente, elle a cédé aux avances d'un garçon un peu trop entreprenant à l'arrière d'une voiture.
C'était il y a 30 ans. Sa famille, pour éviter le scandale, lui conseille de se retirer, le temps de la grossesse dans une institution religieuse spécialisée. Elle va accoucher sous X, ne verra jamais son enfant qui sera immédiatement adopté par un couple stérile. Mais Suzanne aura l'occasion durant quelques minutes de tenir son bébé dans ses bras : « La jeune mère l'avait serré contre elle, elle avait senti son petit coeur palpiter et s'était demandé comment elle réussirait à vivre sans lui ». La machine est cependant implacable, les papiers déjà signés, Suzanne ne reverra jamais plus son fils. Mais elle ne perdra pas espoir et c'est en le cherchant qu'elle en a découvert d'autres, faisant le bonheur de mères vivant dans le remord.

Face à « L'enquêteur »
Elle est devenue une spécialiste, combattante politique, enquêtrice hors pair, elle en vit aujourd'hui. Une notoriété qui intéresse énormément le second personnage principal de ce roman de Mark Nykanen. Un psychologue, semblant bien sous tous rapports. Il a pourtant une obsession qu'il cache soigneusement. Lui aussi recherche ces mères « indignes » ayant abandonné leur enfant à la naissance. Pour les violer et les assassiner. Une vengeance sans fin d'une enfance malheureuse. Quand il apprend que Suzanne va aller faire une conférence sur le sujet, il la suit et pénètre dans sa chambres en pleine nuit. Normalement il n'est venu que pour faire une copie des archives de l'ordinateur portable de Suzanne. Il compte y trouver adresses et renseignements sur les mères ayant demandé de l'aide à l'Ange de la vérité. Mais la tentation est trop forte, il profite de l'occasion pour violer Suzanne.
Choquée, cette dernière va rapidement comprendre que cette intrusion et cet acte de barbarie a créé un lien entre les deux personnages. Se faisant surnommer « L'enquêteur », le tueur va jouer au chat et à la souris avec Suzanne. Lui faisant comprendre que c'est grâce à elle qu'il peut rapidement agrandir son tableau de chasse. Suzanne va donc prendre le taureau par les cornes et se transformer, elle aussi, en chasseur.
Le roman alterne les deux points de vue. D'un côté la femme blessée et révoltée, de l'autre le fou violent. Rédigées à la première personne, ces passages sont d'une rare violence. Mark Nykanen, ancien journaliste, a sillonné les quartiers de haute sécurité des prisons américaines pour y trouver matière à façonner un personnage de méchant qui frappe les esprits.

« L'ange de la vérité », Mark Nykanen, Fleuve Noir, 18,50 €

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25/06/2007

Burma, héros de toujours

medium_Soleil_nait_derrière_le_louvre.jpgNestor Burma a changé de dessinateur, mais a toujours un caractère de cochon. Léo Malet a écrit les romans, Tardi, le premier, les a adaptés en BD. Aujourd'hui c'est Moynot qui a repris le personnage de détective privé emblématique des nouveaux mystères de Paris. Dans « Le soleil naît derrière le Louvre » il est question de tableau. Une toile de maître, un Raphaël volé au musée du Louvre. Coïncidence, les policiers découvrent dans une impasse un homme assassiné porteur d'une copie de la toile. Et Burma connaît le bonhomme. Tant et si bien que les policiers sollicitent son aide pour surveiller l'ancienne maîtresse du cadavre, Geneviève Levaseur, mannequin. Et comme par hasard, la belle brune embauche Burma pour assurer sa protection... Il y aura d'autres macchabées au fil des pages, pas mal de « coups sur la calebasse » pour un Burma parfois teigneux, parfois charmeur. Jusqu'au dénouement final, fidèle au roman de Léo Malet. Il fallait oser prendre la suite de Tardi. Moynot a pris le risque. Le résultat est plus que probant. ("Le soleil naît derrière le Louvre", Casterman, 14,95 €)

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24/06/2007

Le job de Miaki

medium_Vénus_H_2.jpgVénus H est un petite entreprise florissante. Ses « employées » sont louées par de grands noms de la finance. Pour paraître. Se montrer. Plus si le contrat le demande. C'est plus cher. Vraiment très cher. Après un premier tome tragique racontant le destin d'Anja, Dufaux s'attache à une seconde pensionnaire, Miaki. La jeune Asiatique est au service de Monsieur Zatoga. Louée pour six mois. Une mission au long cours. Avec cette exclusivité, elle ne doit satisfaire que les amis de son commanditaire. Ce dernier a une idée derrière la tête. Il est en froid avec un scénariste américain. Après avoir signé un contrat pour un prochain film et empoché une belle avance, l'écrivain a disparu. Miaki devrait faire un superbe appât pour ce créateur, alcoolique et névrosé mais fasciné par l'Orient. Problème, il n'y a pas que Zatoga qui recherche le créateur. De plus la belle tombe dans les bras de Serge, petite frappe au service de Zatoga. Une intrigue riche, avec éllipse, manipulation et coup de théâtre final. Le tout illustré par Renaud, dessinateur ayant véritablement franchi un cap depuis qu'il a adopté la technique de la couleur directe. ("Vénus H", Dargaud, 13 €)

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23/06/2007

Tigresses volantes

medium_Poison_Ivy_2.jpgDélicieuse Poison Ivy. La jeune délurée du bayou au pouvoir redoutable (quiconque l'embrasse sur les lèvres meurt instantanément) arrive en Chine pour sa première mission secrète au sein du WOW, Women on war. Elle est chargée de remettre un microfilm essentiel pour l'avenir de la guerre en Asie à un agent caché dans la ville assiégée de Loïwing. Mais que d'embûches avant de parvenir à ses fins. En premier lieu l'avion chargé de transporter l'unité d'élite est abattu par les Japonais. La suite du trajet se fera à dos d'éléphants. Il faudra ensuite aux jeunes femmes, déguisées en religieuses, persuader le patron de la base des Tigres volants de les conduire de l'autre côté des lignes ennemies. Elles auront besoin de trésors d'imagination, de pas mal de chance, du charme et des super pouvoirs pour arriver à leurs fins. Ce second tome d'une série résolument humoristique et sarcastique, dessinée par Berthet, permet à Yann, le scénariste, de placer quelques métaphores aux 15e degré du style : « Tel un Damoclès ailé, l'appareil de Tinkly fondit sur le misérable Zéro plus brutalement encore qu'un esquimau glacé posé sur un radiateur brûlant ». ("Poison Ivy", Dargaud, 9,80 €)

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22/06/2007

Passage risqué

medium_Hellheim_1.jpgTout adolescent qui se respecte, se sent différent des autres. Mais il y a différence et différence. Carol Ann, jeune fille taciturne en froid avec sa mère, a le chic pour se faire des ennemies. Et les garçons la fuient. Il est vrai qu'elle ne supporte aucun contact physique (problème quand on veut flirter) et que des phénomènes étranges arrivent quand elle se met en colère. Un début d'album assez classique, campus américain, famille en crise, un soupçon de fantastique. Mais quand la mère de Carol Ann meurt, l'ado est recueillie par son père qu'elle n'a jamais rencontré auparavant. Un antiquaire londonien, mystérieux et énigmatique. Comme sa boutique, regorgeant d'objets inconnus et statues plus vraies que nature. C'est dans la cave de cette boutique que la jeune fille va découvrir le passage vers l'autre monde, celui dont son père est originaire. Le cauchemar peut commencer. Paul Oliveira au scénario et Jean-Philippe Baradat au dessin frappent fort avec ce premier tome aux images chocs. Violences, tortures, esclavage, meurtres gratuits : on n'emprunte pas le passage sans risque... ("Hellheim", Bamboo, 12,90 €)

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21/06/2007

Crimes campagnards en Angleterre

Un médecin de campagne anglais participe à l'arrestation d'un serial killer diabolique. Un roman policier très british de Simon Beckett

medium_Mort_à_nu.jpgSi vous avez la phobie des mouches, asticots et autres insectes participant à l'ultime étape de la chaîne de la vie, évitez ce roman où la description des cadavres en décomposition avancée sont légion. Dès la première scène, dans le cadre bucolique d'une campagne anglaise sous le soleil estival, deux gamins, des frères, tombent nez à nez avec une procession de vers, des larves exactement. C'est en cherchant d'où elles viennent qu'ils découvrent le cadavre. « Nue, méconnaissable sous le soleil, Sally Palmer n'était que mouvements, vagues de vermine ondoyant sous la peau s'échappant de son nez, de sa bouche, ainsi que les autres ouvertures moins naturelles sur son corps. » Les enfants prennent la fuite et vont racontent tout à leur mère. Qui le dira au docteur David Hunter, le médecin de famille qui se chargera de prévenir la police.

Suspect puis auxiliaire de la police
David Hunter, le narrateur de ce polar de Simon Beckett, fait la description de la ville de Manham, petite bourgade perdue du Norfolk. Depuis quelques années il s'y est installé. Pour oublier un drame. La mort de sa femme et de sa petite fille dans un accident de la circulation. Il tente de se reconstruire, en vain, en soignant les bobos de cette communauté repliée sur elle même et très méfiante.
La découverte du cadavre de Sally Palmer va bousculer la quiétude des villageois. Et David Hunter va se retrouver, malgré lui, impliqué dans l'enquête. Le policier chargé des premières constatations découvre par hasard que le docteur du village était il y a encore quelques années un médecin légiste réputé, spécialiste en anthropologie. Le meilleur du Royaume. Pour tenter de dénouer les fils de l'enquête, il demande à Hunter de lui donner un coup de main. Ce dernier accepte à la condition que cela soit dans le secret le plus total. Une volonté de discrétion qui va se retourner contre lui car les commères vont rapidement jaser. Prétendre que le docteur est soupçonné puisqu'il n'assure pratiquement plus ses consultations et qu'on le voit souvent au commissariat...

La belle institutrice
La première partie de ce roman de Simon Beckett, journaliste spécialisé dans les faits-divers, s'attarde sur la description des moeurs, parfois rétrogrades et légèrement arriérés, de Manham. Ainsi que sur la personnalité du docteur, coeur blessé, rejetant son ancienne spécialisation, comme s'il ne voulait jamais plus avoir affaire avec la mort et le langage des cadavres. Rebondissement quand une seconde femme est enlevée, torturée et retrouvée assassinée dans des marécages, la paranoïa gagne le village. C'est le moment que choisit le docteur Hunter pour remarquer une jeune institutrice. Elle aussi s'est réfugiée à Manham pour oublier un traumatisme subit à Londres. Les deux solitaires vont se trouver.... Et le tueur va lui aussi jeter son dévolu sur la belle et fragile enseignante. Palpitant, très bien renseigné, dans un décor original, de thriller se révèle être mené de main de maître, avec comme il se doit de nombreuses fausses pistes sont données en pâture au lecteur avant de découvrir qui est le tortionnaire, véritable malade mental vivant caché au sein de la population du village anglais.
« La mort à nu », Simon Beckett, Calmann-Lévy, 19,90 €

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