31/08/2007

Napoléon et ses soldats

medium_Souvenirs_grande_armée_1.jpgSérie historique ambitieuse, « Souvenirs de la Grande Armée » retracera l'épopée napoléonienne sur une dizaine d'années avec autant d'albums. C'est Michel Dufranne, spécialiste de la période, qui en écrit les scénarios. Il entend avec ces albums « mettre en avant la composition cosmopolite de l'armée napoléonienne toujours perçue, à tort, comme exclusivement française ». Personnage récurrent, Marcel Godart, dit « le Belge » parlant flamand, un atout pour son régiment de cavalerie en train de conquérir la Pologne en 1807, deux nées après la victoire d'Austerlitz. Il a pour compagnon « J'y étais », un fier soldat dont le surnom est directement lié à la grande victoire napoléonienne. Les soldats français doivent lutter contre les escarmouches des cosaques et le manque de collaboration des paysans polonais. Au gré des avancées, victoires et défaites, une intrique se met en place. Il semble qu'à l'intérieur même des troupes napoléoniennes des traîtres tentent de saper le moral des troupes. Notamment quand « J'y étais » découvre son fidèle destrier la gorge tranchée. Dessinée par Alexander, un auteur d'origine serbe, cette série d'un réalisme absolu permet au lecteur de mieux connaître cette période. La première édition bénéficie en plus d'un cahier historique de huit pages richement illustré de crayonnés. ("Souvenirs de la Grande Armée", Delcourt, 12,90 €)

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30/08/2007

Gamins infernaux

medium_Petits_diables_6.jpgTom et Nina sont frères et soeur et ils se détestent. D'ailleurs le sixième recueil de leurs gags imaginés et dessinés par Dutto s'intitule « Soeur à vendre ! ». Il est vrai que dans le genre chipie, Nina vaut son pesant de cacahouètes. Elle a une imagination sans limite dès qu'il faut trouver des astuces pour faire punir son frère. Et ce dernier, naïf, se laisse toujours prendre aux manigances de la petite peste. Mais il sait aussi se défendre, même s'il a rarement le dessus. Quand Nina propose à Tom de jouer à un jeu de rapidité il est entousisate. Nina lance une balle, il doit la ramener en moins de 30 secondes. Tom part comme une fusée et quand il revient, Nina, sourire sardonique au coin des lèvres lui caresse la tête en disant : « Bravo mon chienchien, c'est bien ! » Parfois les victimes sont les parents, trop souvent le chat de la maison qui vit cependant quelques instant de tranquillité quand toute la famille part faire du camping en bord de mer. L'occasion pour Nina de faire quelques expériences sur Tom à base de méduse... Une série publiée dans le Journal de Mickey et qui est cette année partenaire avec Handicap international. Nos deux héros illustreront des protège-livres regroupés dans un kit de dix exemplaires vendus 5 euros dont un euro en faveur de l'association humanitaire. ("Les petits diables", Soleil, 9,45 €)

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29/08/2007

Le rire, c'est pas sorcier

medium_Démons_de_Dunwich_1.jpgParu il y a déjà quelques mois, cet album et cette série méritent d'être mis en avant. La couverture, sombre et inquiétante, n'est pas représentative d'un histoire avant tout humoristique. Et il y a autant de gags, bons mots et situations hilarantes dans cet album de 44 pages que dans certaines séries en dix tomes. Steve Baker est au scénario et c'est Joël Jurion, dessinateur d'Anachron, qui a illustré cette histoire de paysanne possédée par un démon. L'action se situe il y a bien longtemps dans un royaume imaginaire. Un prêtre exorciste et son disciple se rendent à l'abbaye de Dunwich pour un cas de sorcellerie. Une petite paysanne, tout ce qu'il y a de plus inoffensif, est possédée par un démon sanguinaire. Dans le combat, le prêtre perd la vie. Le démon est bloqué dans le corps de la fillette. Le disciple devrait la tuer, mais il s'en sent incapable. Il devra donc s'occuper de la jeune fille et surtout lui éviter tout miroir. C'est en se regardant dans un glace que le démon prend possession du corps et de l'esprit de la paysanne. Un démon qui n'aime pas qu'on le contredise... A ces personnages se greffent une histoire de prince masqué, de roi trop faible et de complot. Un festival de coups de théâtre avec une impressionnante galerie de personnages déjantés dont une sorcière hilarante. ("Les démons de Dunwich", Vents d'Ouest, 9,40 €)

07:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jurion, Baker, Vents d'Ouest

28/08/2007

Le chargeur dérangé

medium_Tuniques_bleues_51.jpgLa longévité d'une série BD est souvent dépendante de la richesse de ses personnages secondaires. Les Tuniques Bleues, qui vivent dans « Stark sous toutes les coutures » leurs 51e aventure, n'ont pas de souci à se faire à ce niveau. L'imagination débordante de Cauvin, le scénariste (Lambil assurant le dessin depuis près de 40 ans), a posé de nombreux jalons qui représentent autant de développements potentiels. Le capitaine Stark, jusqu'à présent, était un gag récurrent. Un personnage représentant la bêtise de la guerre, toujours sur son cheval, n'ayant qu'un seul mot à son vocabulaire : « Chargez ! ». Étonnement donc de Blutch et Chesterfield quand le facteur remet un colis au cavalier. Curieux, ils découvrent que c'est le père qui envoie à son fils fil et tissu pour qu'il ne perde pas la main. Stark, dans le civil, était tailleur. Il est devenu un forcené de la charge après avoir été blessé à la tête. Les Tuniques bleues décident donc de lui redonner toute sa raison, inventant une foule de stratagèmes pour lui rappeler son passé. A n'en pas douter, cet album, d'une série toujours très attendue, sera un de succès de cette rentrée. ("Les Tuniques bleues", Dupuis, 8,50 €)

07:20 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Dupuis, Lambil, Cauvin

27/08/2007

Vacances angoissantes

Père divorcé, Stéphane ne voit son fils qu'en été, durant des vacances dans un club de loisirs au Vénézuela. Des vacances chaotiques et stressantes.

medium_Roman_de_plage.jpgCe roman de la rentrée littéraire française a l'avantage de prolonger un peu le temps des vacances. Toute l'action se passe au Vénézuela, durant les vacances de Stéphane, un jeune graphiste français. Il n'est pas en Amérique latine par hasard. Il y a quelques années, il était marié avec Anna et de cette union est né Pablo. Cela fait quatre ans qu'ils sont séparés, quatre ans que Stéphane ne voit son fils que durant ses vacances, dans un club en bord de mer.
Mais le pays, depuis l'accession de Chavez au pouvoir, est en train de changer. Le tourisme n'est plus une priorité et Stéphane doit cet été passer les deux semaines de détente en compagnie de son fils dans une résidence fermée en copropriété. Une partie de la bonne bourgeoisie du pays a investit dans ce lieu un peu hors du temps. Village temporaire, il vit au gré des humeurs des uns et des autres, laissant une grande liberté aux nombreux enfants profitant des installations, notamment de la piscine.
Un petit paradis, mais sous très bonne garde. Vigiles armés à l'entrée, fils de fer barbelés autour de la plage, murs de plusieurs mètres tout autour de la propriété, Stéphane a rapidement la désagréable impression d'être enfermé, prisonnier, se demandant pourquoi il faut un tel déploiement de force en ce lieu voué à la détente. « Il fallait bien que cela soit le paradis terrestre pour déployer un pareil arsenal de protection. Pourtant rien de bien extraordinaire ici, pensait-il, on aurait dit un Club Méditerranée à l'abandon, avec ses installations défraîchies, son terrain de fitness où s'agitaient de bon matin quelques grand-mères en flottant de sport couleur pistache, son restaurant self-service et sa paillote qui faisait office de restaurant de poissons ».

Fausses et vraies disparitions
Stéphane, loin de se reposer, va sombrer dans une désespérance paranoïaque motivée par ce lieu fermé semblant cacher des secrets depuis des décennies. Philippe Garnier passe rapidement dans le « dur » du roman. Exit le soleil, la plage et l'insouciance. Il suit pas à pas son héros s'enfonçant dans une déprime carabinée. Ses rapports avec son fils se font de plus en plus distants. Pablo vit comme un électron libre avec ses amis. Stéphane, père divorcé réduit à la portion congrue dans l'existence de sa progéniture, prend conscience pour la première fois de son inutilité. Il se heurte de plus à l'hostilité de plusieurs résidents, parents de son ex-femme. Une solution : alcool et tranquillisants. Un cocktail qui le plonge dans un monde de plus en plus fantasmé. Il tente de se raccrocher au sexe, entreprenant de séduire la mère d'une des amies de Pablo.
Autre dérivatif : ses fausses tentatives d'évasion du club. Le danger serait présent partout à l'extérieur. Il refuse d'y croire. Mais n'ose pas s'éloigner de plus de 500 mètres de hauts murs. Et puis le club bruisse de rumeurs. Des disparitions d'enfants. Il y a très longtemps. Une légende qui se transforme en réalité quand une fillette disparaît après avoir franchit une brèche dans le mur. Toutes les peurs et inquiétudes vont se concrétiser et Stéphane se retrouver au milieu de cette spirale de la suspicion.
Roman aux multiples facettes, cette première fiction de Philippe Garnier (il a écrit deux essais), explore les côtés les plus sombres de l'âme humaine. Solitude, mensonges, manipulation : un cocktail d'une rare efficacité pour vous gâcher des vacances sous les tropiques.
« Roman de plage », Philippe Garnier, Denoël, 15 €


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26/08/2007

Le miracle de la vie : enfants, je vous hais !

medium_Miracle_de_la_vie.jpgClarke, gentil illustrateur des aventures magiques de Mélusine, fée politiquement correcte voletant dans les pages de Spirou depuis quelques années, a parfois besoin de se défouler dans des séries plus adultes, plus caustiques et incisives. Après avoir « pollué » les pages de Fluide Glacial avec ses idées noires, il s’incruste dans la nouvelle collection pour adultes de chez Dupuis, « Expresso », avec une série de gags descendant en flèche les jeunes, de 0 à 18 ans. Personne n’est épargné, du nouveau né en passant par l’ado boutonneux ou le gamin candide et jovial. Comme une sorte de défouloir sur le public de Mélusine. Il se permet même de se mettre en scène en pleine dédicace, faisant sur la planche ce qu’il n’a certainement pas osé faire en vrai (planter son stylo dans le crâne de l’idiot congénital qui lui demande le dessin d’un Marsupilami). Idéal également pour dissuader les jeunes couples de procréer. Selon Clarke il n’y a pas de « Miracle de la vie », juste un long cauchemar de 18 années éprouvantes et éreintantes… (Dupuis, 9,50 €)

07:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Clarke, Dupuis

25/08/2007

Obscurantisme maladif

medium_Mal_2.jpgLe Mal étend son emprise sur le pays. Le Mal c'est une maladie venue du fond des temps et qui provoque dans cette France rurale contemporaine, un regain de croyance et de fanatisme. Le Mal provoque la perte des mains, des pieds ou du nez. Des lépreux de plus en nombreux, comme les scouts militarisés, imposant un ordre totalitaire dans certains villages. Dans cette atmosphère délétère, le héros tente de restaurer une vieille bâtisse dans le village de Pont-Saint-Esprit. Il assiste impuissant et prudent au déchaînement de violence découlant de ces événements troubles. Il entretient une relation très physique avec une belle et mystérieuse rousse. Il croise également une vieille femme qui vit dans les bois en compagnie d'une vingtaine de chats. Considérée par les villageois comme étant une sorcière, ils vont brûler sa masure avec tous les animaux enfermés à l'intérieur. Devenue véritablement folle, elle racontera son drame et choisira la mort en maudissant tout le monde. Scénario très intrigant de Py, illustré par Houot. Cet ancien professeur a débuté sa carrière sur le tard. Dans un style ressemblant parfois à Dethorey, il restitue à merveille le climat de haine et de suspicion sévissant dans le village. ("Le Mal", Glénat, 12,50 €)

07:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Py, Houot, Glénat

24/08/2007

Chercheur de miracle

medium_Missionnaire_1.jpgDans l'Italie des années 30, en pleine montée du fascisme, Jonah Bellato a perdu la foi. Ce prêtre était missionnaire en Afrique. Mais comment apporter la parole du Christ quand on est accompagné d'une armée multipliant les exactions ? De retour à Rome, il intègre la Sagra Congragatio, une institution chargée de vérifier l'authenticité des miracles. Un emploi sur mesure pour Jonah qui est devenu sceptique, très sceptique. Première mission dans un petit village reculé dans la montagne. En pleine épidémie de choléra, les malades, regroupés dans un monastère isolé sur une petite île au milieu d'un lac, ont tous guéri après qu'une fillette ait vu un ange. Pour preuve de cette apparition, deux plumes qu'elle a confié au curé du village et qui les garde précieusement comme des reliques inestimables. Sur place, Jonah devra dans un premier temps se méfier du maire, richissime propriétaire terrien. Il comprendra rapidement que l'ambiance est tendue. Et puis de quoi avait peur cette religieuse qui s'est suicidée en sautant du toit du couvent ? Finement dessiné par Buscaglia, cet album, dont la conclusion ne sera connue que dans le second tome, est écrit par Crippa à qui l'on doit également Nero et 100 âmes. ("Le missionnaire", Bamboo Grand Angle, 12,90 €)

07:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Crippa, Buscaglia, Bamboo

23/08/2007

A gauche toute !

medium_Double_gauche_2.JPGFormosa adore dessiner les vamps. Cela tombe bien, elles sont nombreuses dans les aventures de Double Gauche, héros imaginé par Corbeyran ayant la particularité d'avoir deux mains gauches. Ce que Dustin Godfinger prenait au début comme un handicap, s'est révélé être un don aux multiples pouvoirs. Il peut ainsi transformer tout ce qu'il touche en bois. Dans le second tome de ses aventures, on le retrouve, gamin d'une dizaine d'année, prisonnier du propriétaire d'un cirque de monstres. Il est exhibé chaque soir devant un public avide de sensations fortes. Il est libéré par la troublante Ivanna. Mais cette bonne action n'est pas désintéressée. Elle demande à Dustin de se concentrer pour transformer les objets qu'il touche, non pas en bois, mais en or. Il lui faudra attendre la majorité pour enfin arriver à ses fins. Mais il en profite également pour fuir Ivanna et se lancer dans une carrière de boxeur. Ambiance très bizarre pour cette BD entre fantastique et polar. Dustin, victime de son pouvoir, a toutes les difficultés pour trouver sa voie. Les femmes qu'il rencontre sont toutes racées, félines et dotées de courbes affolantes. ("Double Gauche", Dargaud, 13 €)

22/08/2007

D'Excalibur à Ys

medium_Chant_d_excalibur_5.jpgParmi toutes les séries créées par Arleston (le scénariste de Lanfeust et de tous les titres dérivés du monde de Troy), Le chant d'Excalibur est la plus magique et humoristique. Confiée au dessinateur Hübsch, elle est restée en sommeil durant quatre années. Le temps de trouver une co-scénariste, Melanÿn, et à Hübsch de peaufiner son trait. Ce cinquième tome, « Ys la magicienne » permet au lecteur de retrouver le couple infernal formé par Gwynned et Merlin. La première, fille du chevalier Cadwall, porte l'épée Excalibur. Intrépide, impétueuse, experte en combat, elle a hérité de sa mère la possibilité de parler aux arbres. Le second n'est autre que Merlin. Le vieux druide, alcoolique et libidineux, est une mine de gags, mais pas toujours du meilleur goût. Ils n'en oublient cependant pas leur quête : tenter de sauver la magie face à l'avancée de la chrétienté et l'avènement d'un dieu unique. De retour de Rome, ils vont faire étape à Ys, la cité légendaire de la Bretagne éternelle. Sans le vouloir, ils déjoueront un complot et sauveront une belle princesse. Un must du genre pour passer un excellent moment de détente. ("Le chant d'Excalibur", Soleil, 12,90 €)