29/02/2008

Canardo à la filature

b08e39281b491cc5df6ee94f493adbd3.jpg17e enquête de l'inspecteur Canardo. Il est en service commandé pour le maire de la ville en pleine campagne électorale pour sa réélection. Il doit surveiller la femme du notable. Un travail nécessitant « discrétion, ennui et routine ». Quand le jeune et impétueux policier Garenni arrive, pour la discrétion, c'est râpé. Mais l'avantage c'est qu'il permet également de rompre un peu l'ennui puisqu'il emmène Canardo sur la scène d'un crime tout frais. Une prostituée vient d'être abattue, une balle dans l'arrière du cou. Le tueur, avant de quitter les lieux, a fouillé dans la vidéothèque de la victime. Une vielle cassette porno semble avoir été dérobée. Un meurtre qui est suivi d'un second puis d'un troisième. En attendant, Canardo s'ennuie à mort en surveillant une femme qui passe ses après-midi dans une chambre d'hôtel, mais seule. Sokal n'a pas perdu son mordant dans la description des moeurs parfois peu recommandables de la bourgeoisie. A la manière d'un Chabrol, il met avec plaisir un coup de pied dans la fourmilière. Le lecteur lui aussi prend son pied...
« Canardo, une bourgeoise fatale », Casterman, 9,80 €

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28/02/2008

Trois moines en mission

0860cd16bfd705563e9e89f2f112b52e.jpgDans la Chine du Xe siècle, le nouvel empereur désire imposer une paix négociée à l'ensemble des provinces composant son empire. Mais ce n'est pas chose aisée. Certains petits dictateurs n'en font qu'à leur tête. Plutôt que de faire parler la force brutale de ses armées, l'empereur décide de demander à des moines shaolin de porter la bonne parole. Reste à choisir ces moines. Le responsable du monastère décide de désigner trois jeunes moines, inséparables depuis l'enfance, différents mais aussi très complémentaires. Lei Li est le plus intellectuel, Peng le plus fort et Xiao le plus gros et beau parleur. Un trio qui n'a jamais quitté la quiétude du temple. Après avoir passé une dernière épreuve initiatique, ils se lancent sur les chemins pour obtenir leur feuille de route de l'empereur. Ils vont devoir affronter un seigneur ayant passé un accord avec des forces fantastiques. Masbou, au scénario, rend hommage à son enfance bercée par les films de Kung Fu, dans une BD dessinée par Duong.
« Empire céleste », Delcourt, 12,90 €

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27/02/2008

Double Prison break

6cbbba2dcad34cf2970b66f439c6879e.jpgJena et Jim, les deux héros de cette série, sont en fait la même et unique personne. Deux corps différents liés par un miroir magique. Quand l'un est dans la réalité, l'autre est coincé de l'a utre côté de la glace. Ils peuvent s'échanger les places mais jamais se trouver ensemble dans la réalité. Une contrainte qui peut devenir un atout. Dans ce sixième volume, « L'affaire du détenu 3491 », Jim est emprisonné. Ce policier d'élite est lâché par son service. Il va devenir ami avec un des plus gros parrains de la mafia locale. Une amitié qui va aller jusqu'à se faire la "belle" ensemble. Jim a-t-il définitivement changé de camp, préférant les malfrats aux forces chargées de faire respecter l'ordre ? Le lecteur plongera facilement dans cette aventure pleine de trahisons et de double-jeu. Jim est intrépide, Jena, séduisante et les personnages secondaires tous très réussis. Une plus grande maturité du dessin de Cyril Trichet parachève la très bonne impression laissée par cet album.
« Les arcanes du Midi-Minuit », Soleil, 12,90 €

09:20 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Trichet, Gaudin, Soleil

26/02/2008

Une famille (presque) parfaite

Toutes les difficultés de compréhension entre parents et ado se retrouvent dans les péripéties de la famille Stone dans ce roman de Jodi Picoult.

30e876d0325cd0feb5828d3e6939e493.jpgL’image même d’une famille dans l’air du temps, au-delà des conventions habituelles. C’est Daniel Stone, auteur de bandes dessinées, le père de Trixie, qui tient les rênes du foyer tandis que sa femme Laura est une brillante universitaire spécialiste de Dante, professant avec succès. Une famille heureuse, épanouie, avec des parents satisfaits dans l’ensemble de leur mode de vie et très fiers de leur fille, quatorze ans, lycéenne bien dans ses baskets. Mais justement, Trixie, jolie rousse au teint de pêche, a quatorze ans. Et quand elle ramène un petit ami, Jason, à la maison, Daniel a la désagréable impression de ne plus connaître sa fille et surtout, est lui-même étonné de la jalousie viscérale qui l’envahit. « En septembre de cette année, Trixie s’était trouvé un petit ami. Daniel, naturellement, avait eu sa part de fantasmes. Il se voyait en train de nettoyer, par le plus grands des hasards, une arme lorsque le petit ami passait prendre sa fille à la maison pour leur premier rendez-vous. Ou acheter une ceinture de chasteté sur Internet. » Et de fait, Trixie change, entraînée aussi il est vrai par sa meilleure amie depuis des années, Zéphyr Santorelli-Weinstein. Très dégourdie, celle-ci n’hésite pas à entraîner sa copine à sécher quelques cours, pour traîner et fumer en cachette.

Les affres de la jalousie
Trixie est heureuse, jusqu’au jour où, au détour d’un couloir du lycée, elle voit une super belle fille embrasser « son » Jason à pleine bouche, un Jason qui décide de rompre au bout de trois mois seulement d’avec la pauvre Trixie. Qui se donne un mal fou pour ne pas montrer le cataclysme qui la bouleverse, ce qui ne l’empêche pas de s’auto-mutiler pour, en quelque sorte, exorciser son mal-être. Lors d’une soirée trop arrosée entre copains, elle fait tout pour essayer de récupérer Jason, allant même jusqu’au strip-tease.
Mais les choses dégénèrent et Trixie, une fois rentrée chez elle après cette folle nuit, se terre dans une petit coin de la salle de bain, avant que son père la découvre toute tremblante et bouleversée. « Oh papa, balbutia-t-elle avant de fondre en larmes, (…) on m’a violée. » Hôpital, examens, l’absence de sperme fait douter médecins et policiers. Trixie, accuse son ex petit-ami Jason d’avoir fait le coup. Daniel voit rouge mais tout bascule quand on retrouve le corps de Jason assassiné. Trixie se retrouve dans le collimateur des policiers, persuadés d’avoir à faire à une vengeance. Interrogatoires sans fin, la jeune fille passe sur le gril encore et encore. Tant et si bien qu’elle décide de s’enfuir le plus loin possible, à savoir en Alaska, dans le petit village loin de tout où son père a grandi.

Ecriture enrichie de bande dessinée
Originalité de cet ouvrage, chaque chapitre est ponctué d’une sorte de mini-résumé sous forme de bande dessinée - n’oublions pas que Daniel est artiste. Des planches très noires, beaucoup plus violentes que les mots, interpellent le lecteur. Daniel, par recoupements, retrouve la trace de sa fille et file la rejoindre pour lui venir en aide, une fois découvert l’endroit où elle se terre.
Jodi Picoult dans « La couleur de la neige », nous fait profiter non seulement de son incontestable talent d’écrivain, mais aussi de l’histoire d’une relation père-fille dont la complexité s’explique en partie par l’âge de Trixie et par tous les rebondissements d’une enquête de meurtre qui finit par les poursuivre jusqu’en Alaska. Si Laura, la mère, est mise un peu à l’écart dans la première partie du roman, confrontée qu’elle est à ses propres problèmes (elle trompait Daniel avec l’un de ses étudiants), le mal-être de Trixie oblitère ceux-ci et la famille s’en trouve ressoudée.
Une très bonne étude de caractères, des personnages attachants et une intrigue intelligemment menée font de ce roman une œuvre très complète. Jodi Picoult prouve une fois encore son impeccable maîtrise de l’écriture et nous offre l’occasion de passer de très bons moments.

La couleur de la neige, Jodi Picoult, Presses de la Cité, 20,50 euros.

25/02/2008

Esseulées

895a2050a0edb687900c87665b20899e.jpgLeila, Chloé et Agnès sont trois petites filles nées presque au même moment. Issues de trois classes sociales très différentes, elles vont se rencontrer et devenir amies. Emmanuel Lepage, après les grands espaces de l'Amazonie (La Terre sans mal et Muchacho), met son dessin racé et élégant au service de ce récit de Sophie Michel. Leila, fille de travailleur immigré, en butte au racisme, Chloé, insouciante, heureuse malgré les difficultés financières de sa mère qui l'élève seule, Agnès, délaissée par sa mère, grande bourgeoise déléguant son éducation à une nounou. D'une rare justesse, ces trois histoires croisées résument toute la diversité française de ces 20 dernières années.
« Oh les filles ! », Futuropolis, 15 euros

24/02/2008

Enlevée

3ceceba95e30aaa244fc5e55cfa2e9fd.jpgHalloween Blues de Mythic et Kas raconte comment Forester, un simple policier d'une petite bourgade américaine, voit sa vie bouleversée quand son épouse, une star du cinéma, est assassinée. Il cherche le coupable et surtout est hantée par son épouse qui lui apparaît régulièrement. Dans ce 5e tome, l'histoire tourne autour de l'enlèvement d'une jeune fille. Forester est le premier sur l'enquête car il réceptionne, par erreur, la lettre de demande de rançon. Une intrigue classique, où le lecteur tente de découvrir qui est le kidnappeur et surtout quels sont ses véritables motifs. Kas, le dessinateur, semble prendre beaucoup de plaisir à reconstituer l'Amérique des années 50.
« Halloween Blues », Le Lombard, 13 euros

06:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Kas, Mythic, Lombard

23/02/2008

Mortelle

8fc91402d98f156ec76bf4e2d36f4d46.jpgDans un futur proche, les chercheurs ont trouvé le remède miracle rendant les humains immortels. Un progrès ou la fin de la civilisation humaine ? Morvan, le scénariste, dans cette série très intellectuelle, pose le problème en se penchant sur le destin d'Aster, la dernière mortelle. Aster en révolte complète. Elle a trouvé trois autres mortels et ils jouent à celui qui sera le dernier. Le dernier mortel. Mais les dés sont pipés, les immortels savent parfaitement qu'Aster est essentielle pour l'avenir. Nemiri, au dessin, effleure plus qu'il ne dessine. Comme des croquis donnant une impression de fragilité supplémentaire. Fragilité amplifiée par des couleurs à forte dominante rouge.
« Je suis morte », Glénat, 12,50 euros

06:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Morvan, Nemiri, Glénat

22/02/2008

Le poids d'un amour contrarié

Gaby, héros de ce roman de François d'Epenoux, est devenu obèse en fréquentant une belle boulangère indifférente à son charme.

da75e19962fe9f9f868be043468fe6b4.jpgDrôle de personnage que ce Gaby Bobobska, héros d'un roman tournant entièrement autour de sa personne. Tournant, le mot se justifie car Gaby est obèse, plus de 170 kg pour ce célibataire vivant de ses rentes. Au début du roman, il visite sa mère placée dans une maison de retraite. Sa mère qui lui demande encore et encore s'il a bien mangé... Il vit tranquillement, sans trop se poser de questions, épargné par les soucis matériels. Il s'est découvert un don : celui du jeu. Il a gagné une fois un gros lot. Depuis il participe à tous les concours possibles et imaginables. Avec un minimum d'application, il gagne très souvent. Cela lui suffit largement pour vivre.
Mais en ce jour particulier, Gaby découvre qu'il va bientôt avoir 39 ans, soit la moitié exactement de l'espérance de vie des hommes en France. Bref, il va entrer dans la seconde partie de son existence, celle qui va vers le déclin. Avec à la clé l'impression de ne pas avoir fait grand chose d'intéressant. Mais cela va changer. Gaby décide de vider son compte en banque et de mener grand train pour ces quelques jours avant la bascule.

La petite Marie
Un gros qui s'éclate, mais un gros sentimental. François d'Epenoux avant de lancer l'action, revient sur l'enfance de Gaby, dressant son portrait psychologique et physique. Gaby n'a pas toujours été énorme. Au contraire, enfant, il était un redoutable sprinter. Dans les rues de Paris, il cavalait en permanence et il avait accroché sur les murs de sa chambre les photos des plus grands athlètes américains.
Et puis un jour, en allant chercher du pain pour sa mère, il croise le regard de Marie Moreau, la fille de la boulangère qu'elle aide derrière la caisse. « Marie devait avoir 13 ans – comme lui – quand Gaby l'avait vue pour la première fois, le lendemain de l'installation des Moreau dans l'appartement contigu à la boulangerie. » Elle est coiffée comme Sheila. Gaby a le coup de foudre. Il s'ingéniera désormais à venir tous les jours à la boulangerie. Et même plusieurs fois pour acheter des viennoiseries qu'il engouffre dans la foulée en pensant à sa belle. Mais sa timidité l'empêche de faire le premier pas.

Disparition de la boulangère

Des années plus tard, et quelques kilos en plus, il fréquente toujours la boulangerie, mais Marie a changé, « car de l'état de petite pousse mignonne, Marie était passée à celui de belle plante. Du haut de ses seize ans, elle dominait le comptoir où, avant et après ses cours, elle continuait d'aider sa mère. Elle portait des jeans, une mèche dégradée à la Karen Chéryl et une blouse rose sur laquelle le sigle « Boulangerie Moreau », cousu à l'anglaise sur ses seins, se lisait presque à l'horizontale tant ceux-ci s'étaient vite arrondis. »
Des années de croissants, de pains au chocolat et autres gâteaux riches en calories l'ont transformé en monstre adipeux. Et un jour Marie disparaît. Mystérieusement, définitivement. Aussi, quand Gaby décide de vivre pleinement les derniers instants de la première partie de sa vie, il se met en tête de retrouver Marie et de tenter de la séduire.
Le roman oscille entre le romantisme de cet amour impossible d'un enfant timide et d'une belle indifférente et les scènes de plus en plus trash et osée d'un Gaby bien décidé d'explorer toutes les limites de la vie. Une opposition savamment orchestrée par l'auteur pour assurer encore plus de fraîcheur au final étonnant.

« Gaby », François d'Epenoux, Anne Carrière, 17 €

21/02/2008

L'attaque des rêves

4e5484cd13d113d7c3051973a4b6df3f.jpgRêves et cauchemars à New York. Un rêve fait partie du virtuel. Mais il existe certaines configurations permettant de lui donner corps. Lieu particulier ou rêveur plus puissant. Une conjonction réunie en permanence à New York. C'est donc dans cette ville que s'est formé Ellis Group, sorte de police parallèle chargée de régenter ou neutraliser ces phénomènes paranormaux. Car cela va du rêve de richesse au cauchemar sanglant. Latour, le scénariste, sur cette base ingénieuse, rajoute une touche de complexité car le héros, Deep O'Neil, n'est que la conséquence des rêves de son père, agent d'Ellis Group, plongé dans le coma. Le véritable Deep, flic de base, est mort quelques jours auparavant. Le premier tome (réédité pour l'occasion) plantait le décor, le second, toujours dessiné par Griffo au sommet de son art, se focalise sur un autre agent d'Ellis Group, Sax, géant noir aux pratiques peu orthodoxes. Il aura fort à faire face à une attaque massive et concertée de cauchemars. Un monde complexe et foisonnant à découvrir.
« Ellis group », Le Lombard, 10,40 € (le pack des tomes 1 et 2 est à 14,90 €)

06:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Griffo, Latour, Lombard

20/02/2008

L'élu de la guerre

f3e0895c93205d3243ee4fd1bdcdf70b.jpgChristophe Bec a tendance à multiplier les projets depuis quelques années. Avec succès. Exemple avec ce Bunker devenu une de séries phares de la nouvelle collection Empreintes de chez Dupuis. Il a coscénarisé avec Betbeder le premier tome, le dessinant en solo. Mais dès le second tome, il passe le relais graphique à un dessinateur italien, Genzianella, qui s'est parfaitement coulé dans le moule du style réaliste de Bec. Ce dernier se concentre sur le scénario de cette histoire prévue en cinq tomes. Après la montagne glaciale de la première partie, le héros, Aleksi Stassik, soldat de l'Imperator, dictateur du Velikistok, se retrouve dans les immensités d'un désert torride et étouffant. Aleksi qui, sans le savoir, est exceptionnel. Il serait l'élu, celui sur qui l'équilibre du monde repose. Pour l'instant, il fait partie de la délégation qui va négocier avec le prince des Territoires du Sud. L'armée a besoin des énergies fossiles du Sud. Mais c'est un piège, le prince décime la délégation, première bataille de la guerre sainte. Seul Stassik est épargné, mais abandonné sans eau ni nourriture dans le désert brûlant.
« Bunker », Dupuis, 13 €

06:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Bec, Genzianella, Betbeder, Dupuis