31/07/2008

La chambre de Khéops

03caa01136b69b8ceb12e8e5106a4490.jpgPlongez au coeur de l'aventure et de la pyramide de Khéops en compagnie de Jean-Baptiste Poulain, héros de la série du « Marquis d'Anaon » de Fabien Vehlmann (scénario) et Matthieu Bonhomme (dessin). Après avoir affronté la mer ou les forêts enneigées du Gévaudan, il met cette fois le cap sur l'Egypte. Ce jeune savant, curieux de tout, apprend avec surprise qu'il est l'un des bénéficiaires de l'héritage d'un certain Umberto Leone, riche commerçant dévoré par trois crocodiles en Égypte. Beaucoup d'argent et autant de questions. Il n'écoute que son instinct et utilise une partie de cette fortune pour se rendre en Égypte afin de tenter d'en apprendre un peu plus sur cet homme. Arrivé dans la ville du Caire, il va rapidement comprendre que cette enquête est relativement mal perçue par le communauté française. Umberto Leone était un original, persuadé que la pyramide de Khéops n'était pas le tombeau d'un pharaon mais le formidable écrin d'un trésor. C'est en cherchant ce trésor qu'il a trouvé la mort. Jean-Baptiste va donc marcher sur ses traces. Mais il y a trésor et trésor. Les biens matériels ne semblaient pas la priorité de Leone. Un superbe album offrant à Matthieu Bonhomme l'occasion de dessiner se somptueuses planches remplies de monuments égyptiens ou de foule grouillant dans les souks.
« Le marquis d'Anaon » (tome 5), Dargaud, 13 €


06:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Vehlmann, Bonhomme, Dargaud

30/07/2008

Trollympiades

faf4f27260a257364185d7ed8fd76bea.jpgLes jeux olympiques débutent dans moins de 15 jours et ce grand barnum médiatico-sportif est bien évidemment prétexte à la publication de quelques BD se raccrochant à l'événement. Dans cette catégorie, il ne faut surtout pas manquer ces « Trollympiades », 11e histoire des Trolls de Troy imaginés par Arleston et dessinés par Mourier. Les esprits chagrins diront que ce n'est qu'une pâle copie du « Astérix aux jeux olympiques ». Que nenni ! Arleston ne renie pas l'influence mais ses situations comiques ont une exagération que jamais Goscinny n'aurait osé imaginer. Cette compétition, organisée par le méchant Rysta Fuquatou pour tenter de repérer les trolls les plus forts et les ensorceler, va très vite dégénérer. Face aux classiques épreuves de force et de lancer, les trolls, jamais pris en défaut dans l'outrance, vont se mesurer dans des compétitions peu banales comme le concours de celui qui fait pipi le plus loin, le lancer de pétaure, le dressage de mouches ou le slam-homme géant (descendre une pente neigeuse à califourchon sur un homme...). C'est truffé de gags et de jeux de mots, le tout illustré par un Mourier au dessin de plus en plus vif et enlevé, tout en force et caricature. Une série incontournable de ces dix dernières années.
« Trolls de Troy » (tome 11), Soleil, 12,90 €


06:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Arleston, Mourier, Soleil

29/07/2008

La fleur du bouffange

56b95516e6a4bb0c703fccd150f22314.jpgKarma, sorte de petit diablotin, est le dernier de son espèce. Il vivait à Outrelieu, un monde magique qui subit depuis quelques temps les assauts des anges. Loin de faire le bien, ils sont là pour exterminer tout ce qui est différent. Karma est donc contraint de trouver refuge dans notre monde. Il est un des phénomènes présenté dans le cirque de M. Zombini. Mais ce dernier est blessé par la flèche d'un ange et est sur le point de mourir. Karma retourne donc Outrelieu pour le soigner. Un seul remède : la fleur de bouffange. Mais il n'y en a plus en stock. Il va donc courageusement essayer d'en cueillir une malgré le danger. Il doit d'abord affronter des sables mouvants, refuge d'un sableux, redoutable créature très affamée. Et quand il arrive enfin au pied du bouffange, il n'a pas le temps de cueillir une fleur que l'arbre le dévore tout cru. Mais Karma a quelques dons qui lui permettront de s'en sortir. Par contre, trouver une fleur de bouffange s'avèrera beaucoup plus compliqué... Cette série est magique. Ecrite par Janssens, elle est dessinée par Borrini qui donne vie à ces mondes imaginaires foisonnants. On y retrouve un peu de l'ambiance de la défunte série « Isabelle » de Will, Delporte, Franquin et Macherot...
« Karma » (tome 3), Dupuis, 9,20 €


06:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Janssens, Borrini, Dupuis

28/07/2008

Un peu avant le Tour

293a900d11e1b5828744ee73109163f8.jpgLe tour de France, qui est passé par l'ouest de l'Aveyron et qui devrait revenir dans les environs de Rodez dans les prochaines années, en plus d'une épreuve sportive sans commune mesure, est une vaste opération commerciale. Quelques heures avant le peloton, sur la route, passe la caravane. Presque une institution, 250 véhicules sur un cortège de 20 kilomètres. Germain Boudier dans cette BD de 80 pages nous plonge dans une fantastique aventure humaine. Mais il n'a pas choisi de raconter les pro du marketing. Il raconte la caravane à travers les regards de trois bras cassés très attachants, chargés de faire déguster le vin de Surseines aux spectateurs. Il y a Henri, chargé de famille mais toujours prêt à draguer les spectatrices ou les autres animatrices de la caravane. Pierrot lui vit toujours chez ses parents. Il est encore vierge mais il lui sera difficile de le rester longtemps tant les sollicitations sont nombreuses le soir aux étapes. Jeannot enfin n'est jamais content, un râleur de première très à cheval sur les principes. Ils sont au volant d'un vieux fourgon Citroën et ont beaucoup de difficulté au début pour suivre le rythme. Dessiné presque sur le vif, cette aventure est essentiellement humaine et fait chaud au coeur.
« Le tour en caravane » (tome 1), Futuropolis, 16 €


08:51 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Boudier, Futuropolis

25/07/2008

Tragique conjonction de planètes

Ce thriller de Michael White raconte comment un groupe d'amateurs d'occultisme se lance dans une série de crimes à Oxford.

e68663aa245009aafee4346e5fd4a359.jpgMichael White, ancien journaliste scientifique, a profité de toutes ses connaissances pour imaginer ce thriller se déroulant à deux époques différentes. De nos jours, il suit l'enquête de Laura Niven, écrivain; et en 1690 il s'attache aux pas d'Isaac Newton en pleine expérience occulte d'alchimie. Laura, habitant désormais à New York, était à Oxford, là où elle a fait ses études pour des recherches sur son futur roman se passant en Angleterre au 17e siècle. Elle est sur le point de repartir outre atlantique quand sa fille, étudiante, est victime d'un accident de la circulation. Elle reste quelques jours de plus chez son ancien mari, Philip, photographe pour la police locale. Philip qui est appelé en urgence sur les lieux d'un crime. Il fait des clichés du corps d'une jeune fille retrouvée morte dans un fossé, à quelques mètres de sa voiture. Elle a été égorgée et surtout le meurtrier lui a enlevé le coeur. Une mutilation quasi chirurgicale. Le médecin légiste retrouvera dans la cage thoracique une ancienne pièce égyptienne.

Organes enlevés
Lauren, grâce à Philip, apprendra ce détail surprenant. Deux jours plus tard une autre jeune fille est retrouvée morte. Cette fois le meurtrier a enlevé le cerveau de la victime. Les policiers retrouvent à la place une pièce de monnaie en argent. Lauren, qui a longtemps été journaliste de faits divers à New York, se passionne pour ces crimes. Elle se lance dans des recherches savantes sur l'origine des pièces. Rapidement, elle est persuadée que ces meurtres ne sont pas l'oeuvre d'un dément mais les morceaux d'un puzzle ayant l'astrologie pour thème. Chaque pièce est associée à une planète. Planète qui, au moment des meurtres, entre en conjonction dans le ciel. Une suite très rare dans l'histoire des cieux. Et comme d'autres planètes vont rejoindre les deux premières, elle est persuadée que d'autres meurtres vont être commis. Elle prévient la police, mais le chef de l'enquête est très sceptique. Elle lui annonce le jour et l'heure du prochain crime. Il ne la prend pas au sérieux. Michael White donne alors un coup de fouet à son roman en décrivant la troisième exécution. Le tueur, qu'il appelle l'Acolyte, pénètre dans la chambre d'une étudiante, Samantha. « D'un geste adroit, il tira en arrière la tête de Samantha et lui trancha la gorge d'un seul coup de scalpel. Il coupa la jugulaire, ce qui projeta un flot de sang à travers la chambre, et enfonça la lame vers le bas pour sectionner les muscles du larynx. Cela étouffa le hurlement naissant de la jeune fille, qui tomba sur le sol en se tenant la gorge. » Un mystérieux Acolyte qui n'est que l'exécutant d'un ordre secret poursuivant, dans l'ombre, ses recherches de la pierre philosophale.

La vraie vie d'Isaac Newton
Ce thriller se déroule de nos jours, mais également en 1690. Isaac Newton, le célèbre savant, était aussi un maître de l'occultisme. Lui aussi, à cette époque, a profité de cette conjonction des planètes pour se lancer dans cette expérience majeure (et sanglante) pour fabriquer la pierre philosophale. On apprend beaucoup sur la vie du savant et des intellectuels de l'époque. Et en fin de volume, Michael White rajoute une trentaine de pages sur « les faits derrière la fiction ». Présentation des personnages gravitant autour de Newton, explications sur l'astrologie et l'alchimie où des lieux mythiques comme la bibliothèque Bodléienne d'Oxford. Divertissant, terrifiant, plein d'enseignements scientifiques, ce roman de Michael White joue sur plusieurs tableaux à la fois. On risque au début de se perdre dans cette somme d'informations, parfois pointues, mais rapidement l'intrigue prend le dessus et on se surprend à palpiter avec Lauren, affrontant une puissante société secrète dans cette lutte contre la montre pour éviter la mort programmée d'innocentes victimes.
« Equinoxe », Michael White, Presses de la Cité, 21 €


06:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : White, Presse de la Cité

24/07/2008

Folie et cinéma

1ff63ace685044915712e7588b0efc86.jpgUne bonne série, pour avoir un minimum de chance de s'imposer dans la jungle des sorties, doit avoir quelques atouts dans son jeu. Trop souvent, les personnages sont négligés au détriment de l'intrigue. Ce n'est pas le cas pour "Le testament du Docteur M" de Pécau et Damour. Le premier, scénariste, en plus d'un héros amnésique intrigant, a décidé que les personnages secondaires auraient de fortes personnalités. C'est le cas de Lotte S. Habou, l'inspectrice de police chargée de l'enquête (l'amnésique s'est enfui d'un hôpital psychiatrique en tuant un infirmier). Lotte, ancienne alcoolique, insomniaque, parlant comme un charretier, intransigeante avec le petit personnel, semble totalement désabusée. Il ne lui reste que son boulot. Courir après des meurtriers, c'est tout ce qu'elle a trouvé pour oublier sa déprime... Elle croise dans ce premier tome Fred, archiviste à la PJ. Cette femme corpulente, fumant le cigare, "n'aime que deux choses : les jeunes punkettes et les meurtres avec préméditation, et pas forcément dans cet ordre." Si vous ajoutez à cette distribution des libraires nébuleux et une bourgeoise nymphomane, ne vous étonnez pas si vous devenez accro à cette série qui est également un bel hommage aux débuts du cinéma.
"Le testament du docteur M" (tome 1), Delcourt, 12,90 €


06:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Damour, Pécau, Delcourt

23/07/2008

Le secret du géant Flure

80f946d107386695a2850e1600853968.jpgQui aurait imaginé que Kid Ordinn, l'adjoint un peu simplet du shérif Dog Bull, avait du sang royal ? Tibet n'a pas hésité une minute à élaborer une intrigue pleine de rebondissements et de secrets, comme il le fait depuis plus d'un demi-siècle et qu'il anime les personnages de cette série indémodable. Wood City, étrangement calme, (mais Dog Bull est absent, c'est donc normal) voit arriver un géant répondant au nom de Flure. Il cherche un enfant qui aurait été abandonné dans des ballots sur un quai de gare à Phoenix. Il a un secret à révéler à cet enfant, un secret sur ses origines. Le shérif quand il a vent de l'affaire, se précipite. Cet enfant ce ne peut être que Kid Ordinn. Le géant Flure va alors lui révéler ce secret qui se révélera être mortel car qui le connaît est immédiatement pris en chasse par des tueurs. Mais le plus important reste que ce secret est synonyme de trésor, caché au fond d'un canyon. Le géant, Kid et Dog Bull vont aller à sa recherche, avec un Chick Bill aux aguets surveillant leurs arrières. Cette histoire, à l'intrigue assez mince, est surtout l'occasion pour Tibet de ridiculiser une fois de plus Dog Bull, véritable héros comique inépuisable de cette série.
"Chick Bill" (tome 69), Le Lombard, 9,25 €


06:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Tibet, Lombard

22/07/2008

Histoires d'un billet

afce869adca37c6c7aa1edec4e3f6b3f.jpgUn billet de banque, une fois sorti de l'imprimerie, va passer de mains en mains. Toutes sortes de mains, propres, sales, honnêtes, de voleurs ou d'avares. Emilio Ruiz a donc imaginé le parcours d'un billet de 20 euros à Barcelone et c'est Ana Mirallès qui s'est chargée d'illustrer ce périple heurté. Le premier utilisateur c'est un gardien de banque. Paradoxalement, il surveille toute la journée des montagnes de billets, mais quand il veut acheter un médicament pour soigner un début de rhume, il doit, comme tout le monde, utiliser sa carte bancaire. Le billet, ensuite, atterrira dans le sac d'une vieille dame qui se le fera subtiliser par un pickpocket. Suite de l'aventure dans un bar. C'est là qu'il subira ses premières dégradations. Un amoureux éconduit y inscrira le nom de son ex et son numéro de téléphone en précisant bien tout le mal qu'il pense d'elle. Le billet sera ensuite imbibé de la transpiration d'un cycliste et même déchiré par deux enfants se le disputant. Il sera donné à un curé qui l'utilisera pour payer son sacristain qui s'empressera de le dépenser chez une prostituée... Un récit complet édifiant, sur l'importance toute relative de l'argent, dessiné et mis en couleurs par une illustratrice au sommet de son art.
"Mano en mano", Dargaud, 13 €


08:40 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ruiz, Mirallès, Dargaud

21/07/2008

Préparez vos dérailleurs

cb9b4a8b0177f0fdc0cc04c3b7082850.jpgAlors que le Tour de France vient de passer les Pyrénées et s'attaque à l'Alpe d'Huez, le quatrième recueil des gags des "Vélomaniacs" de Julié (dessin) et Garréra (scénario) nous rappelle que tous les cyclistes ne sont pas des professionnels surentraînés. Ce sont aussi des passionnés, se donnant à fond dans des courses locales tout en rechignant à s'entraîner. Surtout quand la télévision retransmet une de ces fameuses étapes de montagne. Des gags qui font souvent mouche et qui accueillent, en fin de volume, un invité prestigieux qui joue le jeu de l'autodérision : Richard Virenque. L'ancien détenteur du maillot à pois, actuellement consultant à Eurosport, décide de s'installer dans la petite ville de Pignon-sur-Rut. Pour la discrétion, c'est raté, les nombreux cyclistes amateurs vont rapidement lui rendre la vie assez compliquée. Sans oublier les sollicitations du club local, le Guidon's Club, qui fait des pieds et des mains pour obtenir la signature de cette ancienne gloire du cyclisme tricolore. Sans être transcendante, cette série de la collection des sports de chez Bamboo est très honnête. Julié, dessinateur de la région (il habite dans l'Aude) a fait évoluer son trait vers plus de spontanéité et de nervosité.
"Les Vélomaniacs" (tome 4), Bamboo, 9,45 €


06:05 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Julié, Garréra, Virenque, Bamboo

20/07/2008

Pauvres petits puceaux...

6fda95659fd22b66319856b81aa6aaa2.jpgL'édition des Puceaux en album fait partie de ces belles histoires de la Toile. A la base, ce sont deux personnages créés par Chammas et Nicolin pour un blog. Ils racontaient les pitoyables tentatives de deux ados, Jo et Kinchouka, pour « pécho» une « bombasse ». Des gags qui se terminaient presque toujours par un retentissant « Puceaux ! » lancé par la jeune femme. Le blog remportant un beau succès, ils ont décidé de proposer ces personnages à un éditeur. Les éditions Bamboo (qui avaient déjà publié « Le blog du petit Nicolin ») se lancent dans l'aventure et les Puceaux sont lâchés dans la nature pour une quarantaine de gags désopilants. Si les deux nabots sont repoussants (Jo a un appareil dentaire et le visage recouvert d'acné, Kinchouka des lunettes carrés triple foyer, un bonnet vert sur la tête), Chammas, le dessinateur, s'applique pour rendre très désirables les nombreuses filles, toujours court vêtue et souvent dotées d'une forte poitrine et d'un « string de guerre». Des gravures sexy qui font un peu penser aux créatures peuplant les histoires déjantées d'Edika. On remarquera, en explorant le blog, que la version papier de certains gags est plus prude que les originaux mis en ligne (l'épisode de la douche de la sœur de Kinchouka, par exemple). L'aventure des puceaux ne semble être qu'à son début. Un deuxième album est déjà programmé et les deux auteurs ont mis en ligne l'épisode pilote d'un dessin animé qui aurait parfaitement sa place sur une chaîne « djeuns » du câble ou de la TNT. A n'en pas douter, tant que Jo et Kinchouka resteront puceaux, ils nous feront nous écrouler de rire...
« Les Puceaux » (tome 1), Bamboo, 9,45 €


09:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Chammas, Nicolin, Bamboo