30/09/2008

Les visions de Napoléon Tran



Napoléon Tran est un petit garçon comme tous les autres. Ses parents sont en pleine séparation. Et cela barde entre eux. Sa mère est d'origine corse, son papa vietnamien. Il vit chez sa mère et ne retrouve son père que les week-ends. La querelle sera mise entre parenthèse durant quelques temps car le père du papa de Napoléon vient de mourir. Mais le jour des obsèques, le petit garçon a une vision. Son pépé lui apparaît et lui explique qu'il doit rester sur terre, sous forme de fantôme, tant qu'il n'aura pas réussit à réconcilier les parents de Napoléon. Imaginés par Barral (premier scénario du dessinateur de Baker Street et Dieu n'a pas réponse à tout), ces histoires complètes sont dessinées par TaDuc qui s'essaie (avec brio) pour la première fois au dessin comique. L'ensemble est d'une grande fraîcheur. Si l'on retrouve l'univers enfantin d'un gamin d'à peine dix ans, les auteurs ont osé aborder des thèmes plus sérieux comme la séparation, la crémation ou l'adultère. Pour ce dernier cas, c'est la mémé de Napoléon qui lui raconte comment elle a succombé, il y plus de 30 ans, à un dentiste. Ce qu'elle ne pouvait pas savoir c'est que le fantôme de pépé était présent. Sa vengeance sera très étonnante...
« Mon pépé est un fantôme » (tome 1), Dupuis, 6 € (jusqu'au 31 décembre, puis 9,20 €)


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29/09/2008

De l'utilité du net



Un ordinateur, un fournisseur d'accès à internet et ça y est, les Bidochon viennent « d'entrer de plain-pied dans le modernisme », dixit Robert. Raymonde en est moins persuadée, se demandant à quoi cette nouveauté va réellement servir. Binet lui ne doute pas que cette invention du XXe siècle va surtout lui permettre de fourmiller d'idées de gags tant l'univers des Bidochon et celui du net est opposé. En neuf chapitres d'une progression et l'une logique implacables, il va revisiter tous les classiques des premiers pas sur la toile mondiale, avec la touche Bidochon. Traduction des termes anglais à l'emporte-pièce (quand cela ne marche pas, Robert téléphone à « Line, la chaude », alias hot line, qui rend Raymonde très suspicieuse), ensuite vont arriver les premiers emails, essentiellement des spam qui donnent l'impression à Robert de discuter avec des pharmaciens américains, des ministres africains et un haut responsable de Vuiton. Ce dernier d'ailleurs trahira sa confiance en faisant une descente sur son compte en banque. Sans oublier le virus qui s'invite dans le salon : très encombrant pour les Bidochon, hilarant pour les lecteurs.
« Les Bidochon » (tome 19), Fluide Glacial, 9,95 €


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28/09/2008

La fuite américaine

Lisa déteste sa mère, Véra. Après des années d'absence, elle part aux USA participer à son repas d'anniversaire. En cachette.



Dans le genre « mère fille, l'amour impossible », Aude Walker signe un premier roman ne faisant pas dans la dentelle. Des rapports d'autant plus conflictuels que les deux protagonistes aiment l'excès, tous les excès. Une sorte de compétition à celle qui semblera la plus folle. Ou la plus destructrice pour son entourage.
Lisa est la fille de Véra. Cette riche héritière américaine a épousé, sur un coup de tête, un petit journaliste français. Lisa est le fruit de cette union. Le couple bat rapidement de l'aile et le mari préfèrera prendre la fuite, avec la fillette, trouvant refuge en France. Un peu avant, Lisa avait hérité d'un petit frère, Assan, d'un père Libanais. Mais Véra n'en est pas sûre. Elle le dira crument à Assan lors d'une soirée arrosée : « Mais mon pauvre amour, je n'ai jamais su de quelle nationalité il était, ton père. Qu'est-ce qu'on en a foutre qu'il soit serbe, turc ou béninois ? J'étais raide défoncée. Je ne connais même pas son prénom, à ton père ». Une citation qui donne un aperçu du personnage, outrancier à l'extrême.

« Elle ne m'a pas reconnue »
Pourtant, elle est encore très belle, Véra. Lisa est obligée de le constater alors qu'elle la revoit pour la première fois après des années d'absence. C'est à Paris. Lisa est employée dans un palace. « Ce soir, j'ai croisé ma mère et elle ne m'a pas reconnue. Je suis une simple serveuse », explique la jeune narratrice qui la décrit ainsi : « Un tailleur-pantalon écru. Une ligne parfaite. Ses chevilles bercées par des talons d'une dizaine de centimètres. Sa bouche prune, sacrée baiser originel. Elle venait de New York pour vendre ses voitures aux enchères, chez Christie's. Ou pour se faire baiser à la française. »
Cette reprise de contact entre la fille et la mère va déclencher une succession d'événements qui ne seront pas sans conséquence pour l'équilibre déjà très fragile de cette famille éclatée et hors norme. Lisa va tout plaquer, travail, mari et vie tranquille pour traverser l'Atlantique et être dans la grande maison familiale pour l'anniversaire de cette mère qui ne la reconnaît plus. Invitée surprise, pas véritablement appréciée, d'une petite fête tragique, sur fond d'ouragan.
Avant le grand jour, Lisa va reprendre contact avec le seul membre de la famille avec qui elle avait une grande complicité, Assan : « Sur la plage, tout près des vagues, je reconnais immédiatement mon frère. Ses pieds de bison plantés dans le sable mouillé, Assan, à moitié nu, s'époumone comme un damné, dans le froid, les bras ouverts. Des cris droits, sans bavure. A chaque exclamation, sa tête semble être sur le point de se détacher pour aller rouler, loin, se perdre dans l'écume et voguer à jamais dans la sphère abyssale, en paix, enfin. »

Joyeux... anniversaire
Assan, jeune homosexuel dépressif, véritable électron libre de la famille. Il protège Lisa quand arrivé la confrontation avec Véra. Ce sera au cours d'un repas d'anniversaire d'anthologie. Il représente près du tiers du roman et offre quelques scènes fortes à Lisa, entre la méchanceté de la grand-mère, la fatuité du beau-père, la lâcheté du beau-frère et l'innocence du neveu. Un roman à vif, comme un coup de scalpel qui n'en finirait pas. Un règlement de compte en famille, mais pas dans la joie.
« Saloon », Aude Walker, Denoël, 17 €


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27/09/2008

Fiction et réalité



En découvrant cet album signé de deux auteurs italiens, Marco d'Amico, le scénariste, et Roberto Ricci, le dessinateur, attendez vous à un double choc graphique. La partie se passant dans le New York des année 20, en pleine guerre des gangs de la mafia, est particulièrement sombre, avec des cases peintes sur un fond noir. Mais ce récit, plein de bruit et de fureur, est entrecoupé par des passages illustrant le roman « Moksha » de Mary Clark. Dans des planches en aquarelle très délavée, d'une luminosité et clarté absolues, on découvre la lutte entre deux frères, fils immortels du dieu Bishma. L'un était la force créatrice, l'autre l'incarnation de la violence. Draupadi, la belle soupirante, n'arrive pas à choisir entre les deux. Cette légende indienne, racontée en feuilleton, passionne un peintre qui décide de contacter la romancière. Cette dernière est dans une situation délicate. Sous son vrai nom de journaliste, elle a dénoncé les pratiques de certains mafieux et pourrait le payer très cher. Une excellente surprise dans le catalogue Robert Laffont qui se bonifie de titre en titre.
« Moksha » (tome 1), Robert Laffont, 12,95 €


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26/09/2008

Pirates à la dérive



Les histoires de pirates sont de nouveau à la mode. Mais ce n'est pas pour surfer sur le phénomène que Hermann et son fils, Yves H, se sont lancés dans la relation des aventures du « diable des sept mers ». Le scénariste avait la volonté de pousser le dessinateur de Jeremiah et de Bernard Prince sur les flots de la mer des Caraïbes depuis qu'il a vu le début du story-board du film « Pirates » de Roman Polanski. Il est vrai que les excès de la piraterie ne pouvaient qu'être magnifiés par le trait d'Hermann. Le premier tome, toujours en couleurs directes, est d'une grande beauté. La couverture suffira pour vous donner envie d'acheter l'album. Et à choisir, ne ratez pas l'édition spéciale (elle vaut 18 euros), avec un cahier graphique d'illustrations inédites. L'histoire débute en Caroline du Sud. Harriett, la fille d'un riche planteur, se marie en cachette avec un petit malfrat, Conrad. Un mariage qui ne durera pas. La colère du patriarche sera tonitruante. En parallèle à ces événements, le fameux pirate surnommé le diable des sept mers terrorise la région. Un album foisonnant, qui se permet même de mélanger les genres avec un soupçon de fantastique.
« Le diable des sept mers » (tome 1), Dupuis, 14 €


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25/09/2008

La ruée vers l'eau



Il se passe toujours quelques chose près de la chaumière de Sylvain et Sylvette. Les deux jeunes enfants, créés par Maurice Cuvillier en 1941, repris par Jean-Louis Pesch en 1956, vivent désormais des aventures sous le pinceau de Bérik. Mais Jean-Louis Pesch, Aveyronnais d'adoption, n'a pas abandonné ses héros, leurs animaux et les fameux compères. Il se contente de signer des gags en une planche. Cela permet aux personnages d'être toujours aussi présents dans les rayons des librairies, après plus d'un demi siècle d'existence. « La ruée vers l'eau » est donc un album signé Bérik. Une longue histoire se déroulant en plein été, alors que la canicule sévit. La source permettant à Sylvain et Sylvette d'abreuver les animaux et d'arroser le potager est tarie. Il faut rapidement trouver une solution. Avec une pompe, Sylvain parvient à puiser de l'eau dans la nappe phréatique, mais cela ne dure pas. De leur côté, les compères découvrent, près d'une ferme abandonnée, un puits qui pourrait fournir de l'eau pour tout le monde, village compris. Mais Renard, toujours à l'affut d'idée lucrative, va tenter de vendre cet « or bleu ».
« Sylvain et Sylvette » (tome 53), Dargaud, 9,25 €


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24/09/2008

Vertigineux



Pourchassé par sa future femme et ses belles-sœurs potentielles, Brice, pour trouver le salut, n'hésite pas à sauter du haut d'un viaduc routier. Il atterrit dans un arbre et peut ainsi, temporairement, échapper aux furies. Dans un quartier qu'il ne connait pas, il trouve refuge dans un pavillon abandonné, un squat déjà occupé par Rufus. Ce dernier, malgré des airs bourrus, prend Brice sous son aile et lui permet de faire des petits boulots dans les entrepôts voisins, notamment ceux de Boris, petit caïd du coin, ne faisant pas que dans le transport honnête. Boris qui est également le père de Henri, un adolescent handicapé mental. Persuadé que marcher sur le sol va le contaminer par des ondes maléfiques, il passe son temps sur les toits, poteaux, ponts et viaducs. Henri a vu Brice sauter et est persuadé qu'il est comme lui. Brice, très intrigué par Henri, va tenter de l'apprivoiser. Mais en tentant cela, il va se plonger dans des ennuis encore plus dangereux que son hypothétique mariage. Ce long récit de Marc Viegler, aux personnages complexes et fouillés, donne une vision très réaliste d'une certaine France d'en bas.
« Les fils de la racaille », Delcourt, 14,95 €


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23/09/2008

Croyance



Son nom est Léonard. Tout le monde l'appelle Léo. Il est employé dans un théâtre. Il passe le balai, range le matériel. Léo est un simple d'esprit. Pas fou, simplement ailleurs. Il a une obsession. Dès qu'il croise quelqu'un, connu ou inconnu, il lui demande : « T'as pas vu celle que j'cherche ? » Frank est un scénariste en panne d'idée. Il va s'inspirer de Léo pour écrire une histoire originale et fantastique. Mais en enquêtant sur cet homme discret, il va mettre à jour un traumatisme puisant son origine au plus profond des croyances du pays. Un récit de Makyo, très inspiré, mis en images par Frédéric Bihel, maniant parfaitement la couleur.
« Exauce-nous », Futuropolis, 19 euros


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22/09/2008

Manigance



L'une est blonde, l'autre brune. L'une a de grandes jambes, l'autre une poitrine de rêve. L'une est étudiante, l'autre stripteaseuse. Ces deux jeunes Américaines ambitieuses ont un plan. Shannon et Girl vont de servir de leur beauté pour aborder Aaron, un étudiant influençable. Mais ce n'est peut-être pas leur véritable cible. Ce nouveau récit de Warnauts et Raives, semble un peu moins virtuose que les précédents. Il n'en demeure pas moins exemplaire dans son intrigue et ses personnages. Avec en toile de fond l'horreur de la guerre en Irak et les luttes indiennes actuelles pour faire reconnaître ce qui fut un génocide..
« A cœurs perdus », Casterman, 14 euros


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21/09/2008

Renaissance d'un mythe de la SF



Formatée pour France Soir au début des années 70, cette bande dessinée de science-fiction française est rapidement devenue le must du genre. Une idée de Paul Gillon, scénarisée par Jean-Claude Forest. Devenue introuvable depuis de nombreuses années, elle est rééditée par les éditions Glénat dans un format plus grand et des couleurs nouvelles. Une série qui n'a rien perdu de sa modernité tant le dessin de Gillon était largement au-dessus de ce qui se faisait à l'époque. Les trois premiers tomes sortent d'un coup. Les 7 autres en 2009. Plongez dans la quête de Chris, homme du XXe siècle cherchant sa compagne, Valérie, 1000 ans plus tard.
« Les naufragés du temps », Glénat, 12,90 euros


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