31/10/2008

Quand vous lirez ce livre...



Ce premier roman de Sally Nicholls ne laissera aucun de ses lecteurs indifférents. Jeune Anglaise de 23 ans, elle a imaginé le journal de Sam, un petit garçon de 11 ans. Il débute le 7 janvier et s'achève le 12 avril. Sam souffre d'une leucémie. La phrase entière qui a donné son titre au livre est « Quand vous lirez ce livre, je serai sans doute mort ». C'est l'institutrice de Sam qui le pousse à mettre par écrit son quotidien. Mais Sam ne se contente pas de raconter les cours, les soins ou les jeux qu'il partage avec Félix, un autre enfant malade. Il fait également des listes et raconte des histoires qu'il considère comme importantes ou des faits réels et vérifiés. Des listes de ce qu'il voudrait faire comme « battre un record du monde. Pas un record sportif, bien sûr, un record inutile et un peu idiot. Monter et descendre les escalators à l'envers. Voir un fantôme. Conduire un dirigeable. » Des idées farfelues, assez iconoclastes, mais Sam va se persuader que tout souhait peut être réalisable si on le désire très fort.
Mais parfois la réalité est méchante. Au milieu du livre, Félix meurt. C'était prévu. Mais on a toujours un espoir que les médecins se trompent. Et quand Sam va le voir sur son lit de mort, il ne peut s'empêcher de lui toucher la joue. Elle est bien froide. Finalement, les docteurs ne se sont pas trompés... Sam, de plus en plus faible, fait la navette entre l'hôpital et sa maison où sa famille tente de faire bonne figure. La force de ce roman est de décrire une agonie (il n'y a pas d'autre mot, malheureusement), tout en montrant un gamin donnant une formidable leçon de vie. Sam, grâce à Sally Nicholls, personne ne t'oubliera.
« Quand vous lirez ce livre... » de Sally Nicholls, Pocket Jeunesse et Fleuve Noir, 15 €


30/10/2008

Secrets de famille



Fredman n'est pas un inconnu dans le monde de la bande dessinée. Associé à Jim il a signé quantité de titres humoristiques modernes comme « Tous les défauts des mecs » ou « Rester jeune à tout prix ». Des albums très commerciaux qui n'empêchent pas ce dessinateur doué de tenter autre chose. Il a fait une première étape dans la BD sérieuse (intellectuelle pourrait-on dire si on ne craignait que cela ne soit jugé comme trop péjoratif par une majorité de lecteurs...) avec « Petites éclipses » toujours ne compagnie de Jim. Cette fois il se lance seul dans un récit en deux parties traitant de la mémoire et de la filiation. Armand, vieil homme usé, est dans le coma dans un lit d'hôpital, à l'agonie. Son fils, Grégoire, qui a coupé les ponts depuis 24 ans, n'ose pas entrer dans cette chambre sentant la mort. Simon, le petit-fils, va regretter son papi. Un grand-père gâteau, comme pour se faire pardonner ce qu'il a fait subir à son fils. Mais la vérité est encore plus redoutable. Armand faisait partie de ces Français engagés dans les Waffen SS durant la seconde guerre mondiale. Il a participé à quantité d'opération d'extermination dans des villages ukrainiens et russes. C'est ce passé qui va venir s'interposer entre le père et son fils. Ce long récit en noir et blanc alterne longues scènes de dialogues et séquences, magnifiques, muettes, entre souvenirs et allégorie. Toute la vivacité du trait de Fredman explose dans ces passages, souvent ponctués par un dessin pleine page. Une première partie très chargée émotionnellement annonçant une seconde encore plus déchirante.
« La vie secrète », Fredman, Casterman (collection Écritures), 13,50 €


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29/10/2008

Monstres à gogo



Si vous aimez les bestioles biscornues à trois yeux, quatre jambes et six doigts, cette « Croisière cosmos » d'Olivier Texier est pour vous. Dans un immense vaisseau spatial dérivant dans l'espace infini (le début oscille entre Alien et Objectif Nul), un robot ménager se dépêche de nettoyer toutes les coursives avant le retour des humains. L'équipage est introuvable, disparu. Il cherche en vain et ne tombe que sur un petit extraterrestre qui tente de prendre la fuite. Le robot le capture et décide de le ramener dans les cages. Car ce vaisseau spatial terrien est un immense zoo. Les hommes, allant de planète en planète, y prélèvent des échantillons d'espèces. Le robot, en voulant remettre le petit être en prison, ouvre les portes et des centaines de bestioles s'échappent. Elles colonisent le vaisseau et tentent d'en prendre les commandes pour retourner chez elles. Découpé en une trentaine de chapitres, sur un total de 160 pages, cette étonnante histoire de science fiction n'a rien à voir avec des dessins de Druillet. Au contraire, Olivier Texier est un expert des corps ronds, rebondis à l'aspect doux et spongieux. Mais attention, parfois ils ont l'air mignons mais cachent derrière ce gentil sourire une méchanceté à toute épreuve. Un OVNI (logique v le thème) publié dans la collection Shampoing de plus en plus éclectique.
« Croisière cosmos », Olivier Texier, Delcourt, 12,90 €


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28/10/2008

Blogueur



Depuis quelques années, les jeunes auteurs ont investi internet pour animer des Bdblogs fréquentés par des dizaines de milliers de visiteurs. Boulet, dessinateur de Raghnarok chez Glénat, repreneur de Donjon, a été un des pionniers en la matière. Il pouvait ainsi laisser libre cours à son formidable talent, brimé dans des séries formatées. De petits crobards en histoires aux superbes aquarelles, ils explore, tente, innove. Des notes de 2004 et 2005 reprises dans cet indispensable recueil de 190 pages
« Notes » (tome 1), Delcourt, 12,90 €

PS : Et pour découvrir les dernières notes de Boulet, n'hésitez pas à rendre visite à son site : http://www.bouletcorp.com/blog/


06:18 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : boulet, delcourt

27/10/2008

Tueuse



Naja n'aime personne. Cela tombe bien, Naja est une tueuse. Le n° 3 de son organisation. Mais Naja a un problème, son patron à demandé au n° 1 de l'éliminer. La confrontation entre ces deux assassins méticuleux occupe la première partie du second tome de cette série scénarisée par Morvan et dessinée par Bengal aux influences très japonaises. La suite de l'album se déroule en Colombie, en Haïti et au Japon, un pays que connaît parfaitement le scénariste qui signe la plus originale de ses dernières créations.
« Naja » (tome 2), Dargaud, 13 €


06:16 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : morvan, bengal, dargaud

26/10/2008

Mouches




Les mouches accompagnent les différents protagonistes de ce récit plein de paraboles de Sampayo illustré par Zarate. C'est l'été. Elles prolifèrent. Un musicien de jazz américain prend le bus à Barcelone. Il va à Paris enregistrer un album. En route, il se fait mortellement poignarder par des jeunes voyous qui filment leurs crimes pour les vendre à des voyeurs sanguinaires. Une femme assiste au meurtre. Elle est poursuivie par les jeunes. La cavale se terminera à Paris, sur fond de jazz et de règlements de compte.
« Fly Blues », Futuropolis, 18 €


06:13 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sampayo, zarate, futuropolis

25/10/2008

Polar brûlant

Dans une ville de Londres impersonnelle, les vies de plusieurs personnages vont se croiser avec le feu destructeur en toile de fond



Un incendiaire monnayant son vice, une ancienne avocate vivant de la vente de ses charmes, une voisine acariâtre, un vieux garçon maniaque, une veuve au grand coeur, un bâtard floué... La galerie de personnages de ce roman policier de Frances Fyfield montre toute l'étendue de son talent quand elle décrit l'étrange humanité qui survit dans Londres, capitale moderne truffée de vieux quartiers qui ont encore gardé toutes leurs spécificités du siècle dernier.
L'action se déroule en grande partie à Golden Street. C'est dans cette rue qu'habitent Henry Brett et Celia Hornby. Lui au rez-de-chaussée, elle à l'étage. Une vieille maison. Où tout s'entend. Surtout quand on fait exprès de faire beaucoup de bruit. Celia harcèle Henry qui n'a plus une minute de calme. Il est sur le point de craquer. Heureusement pour lui, une connaissance commune le met en relation avec Sarah Fortune. Ancienne avocate, cette élégante femme de 40 ans vit de ses charmes. Elle vend de l'affection. Ses prix sont très fluctuants.

Echange d'appartements
Pour Henry, ce sera en échange de son appartement. Sarah a envie de s'éloigner de son domicile quelques temps. Henry va se refaire une santé chez elle et Sarah va tenter d'amadouer la voisine. Mais ce sera compliqué. Elle le constate dès qu'elle la croise dans l'escalier. : « Une petite bonne femme en robe de chambre, tenant la rampe d'une main et se griffant le cou de l'autre. Dans la clarté du lustre, la peau grumeleuse de son visage évoquait un aliment mal cuit et elle toussa avec un vilain bruit de glaires, ce qui parut la calmer. » Quand Sarah explique qu'elle va habiter quelques jours chez son ami Henry, Celia Hornby réplique avec acrimonie « Vous ne pouvez pas être son amie. Il n'en a pas. »
Sarah fait payer tous ses amants. Même Alan qui pourtant lui plaît énormément. Alan aussi est en train de tomber amoureux de la belle et distinguée Sarah. Amants passionnés mais très cachottiers l'un envers l'autre. Sarah en dit le moins possible sur ses autres clients, Alan sur son véritable boulot. Pour la galerie, il s'occupe de la sécurité dans un hôtel de luxe. Cela permet de se loger à l'oeil, sans avoir de chambre attitrée ni d'adresse. En réalité, Alan est le meilleur incendiaire de Londres. Il est régulièrement sollicité par des propriétaires cherchant à escroquer leur assurance.

Le feu pour intimider
Il a poussé très loin son exigence dans cette pratique. « Allumer un incendie était un art – un processus délicat. Du temps où il n'était qu'un garnement, Alan adorait déjà contempler les flammes. Et depuis qu'il avait compris que mettre le feu était non seulement un art, mais aussi une pratique monnayable, il faisait ce qu'il fallait pour être loin avant la première langue de flamme, voire même avant la fumée. » Alan est contacté par un homme désireux de faire une grosse peur à une femme qu'il a en abomination. Cette femme c'est Sarah. Alan ne le sait pas.
Vengeance, passion, feu : Frances Fyfield agence parfaitement ces trois ingrédients pour donner un tempo crescendo à son roman où les différents protagonistes ont finalement beaucoup plus qu'il n'y paraît à cacher aux uns et aux autres.

« Petits jeux avec le feu », Frances Fyfield, Presses de la Cité, 18,50 €


24/10/2008

HÉROS AU RABAIS



Superman n'a qu'à bien se tenir, voilà Gigaman ! Un super héros en costume vert et jaune, à la mâchoire carrée, aux muscles saillants. Il a tout pour aligner les exploits. Tout sauf l'intelligence et le courage. Gigaman est souvent tenté d'utiliser sa supervision qui lui permet de voir à travers les murs. Pas pour démasquer les méchants mais plutôt pour mater les jeunes femmes se déshabillant dans leur chambre... Gigaman est un des héros de cette série de gags signée Lapuss (scénario) et Baba (dessin). Il est en compagnie de Modula, Luxxor ou Verglas. Tous plus calamiteux les uns que les autres, ils alignent bévue sur bévue. Et au rayon des méchants, ce n'est pas mieux. Le poulpe pourpre n'ose pas sortir de chez lui et le Commander (au look très réussi, avec un petit air de M. Choc en plus moderne) préfère tyranniser son second, Flanaghan, plutôt que de mettre la terre à feu et à sang.
« Super blagues » (tome 1), Delcourt, 9,95 €


06:07 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lapuss, baba, delcourt

23/10/2008

DIEUX EN CONCURRENCE



Avant l'arrivée des religions monothéistes, les peuplades barbares adoraient des dieux multiples mais venant tous d'une seule et même famille. Plusieurs dieux mais quand même un certain monopole. C'était le cas dans les terres du Nord. Odin règne en maître dans le royaume d'Aasgard. Il constate quand même une petite chute dans la part de marché. Il envoie donc son fils Thor pour comprendre. Et le dieu au marteau (qu'il utilise à tord et à travers) constate que des concurrents tentent de prendre pied sur le marché : Olympie.gr. Un certain Hermès casse les prix. Et pour convaincre les mécréants il leur offre un foulard du plus bel effet. La guerre des Dieux peut commencer. Cette parabole entre religion, commerce, concurrence et publicité est une idée du scénariste Laurent Panetier qui va au bout de sa logique, truffant les planches (dessinées par Madaule) de gags et jeux de mots irrésistibles.
« Les dieux en folie » (tome 1), Soleil, 9,45 €


06:58 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : panetier, madaule, soleil

22/10/2008

PORTABLES, JE VOUS HAIS



Il fût un temps, pas si éloigné que cela, où être contre les téléphones portables n'était pas complètement incongru. Aujourd'hui, alors qu'il y a plus de portables que de lignes fixes, c'est la posture inverse qui est complètement iconoclaste. Comment, vous n'avez pas de portable ? Comme si c'était une tare. Il n'y a pas de ce genre de question dans le tome 2 de « La tribu des insu portables » écrite et dessinée par Aré. Au contraire, dans cette famille classique, tout le monde a son mobile, le père, pas très à l'aise avec les technologies modernes, la mère, qui apprécie le côté bijou, le grand fils, fondu de technologie, la cadette, qui le recycle en carnet intime. L'attitude du petit dernier est plus réservée. Il est persuadé que ces engins sont une invention des extraterrestres pour contrôler et envahir la Terre. Des gags souvent très réalistes tant cet objet du siècle offre de possibilités.
« La tribu des insu portables » (tome 2), Vents d'Ouest, 9,40 €


06:52 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : aré, vents d'ouest