31/03/2009

Le zoo de Bilal

Animal'z.jpg


Etrange futur que celui décrit par Bilal dans son nouvel album, "Animal'z", paru chez Casterman. Un grand coup de froid, dérèglement climatique à l'envers, a rendu les terres invivables. Seuls quelques privilégiés ou chanceux survivent sur des petits bateaux. Cet album raconte l'errance d'un groupe de ces survivants. Des hommes à l'agonie face à des animaux ayant en partie réussi leur adaptation. Bilal, dans ces 100 pages d'une virtuosité toujours inégalée, aborde le thème de la mutation génétique. Et si pour survivre, il suffisait de se réincarner, provisoirement, en dauphin ? Certains des personnages sont des cobayes, découvrant leurs mutation en cours. Notamment la belle Kim, attiré par les bêtes, les comprenant. On croise également, dans cet univers gelé, un sous-marin nucléaire échoué, une famille de cannibales et deux duellistes solitaires. L'auteur aime truffer ses dialogues de citations, toutes pertinentes. Reste le dessin. Couleurs directes, sur un fond gris bleu. Beauté des personnages, perfection des animaux. Chaque planche se laisse admirer longuement. Comme une plongée au cœur du futur. Tout simplement magistral.
« Animal'z », Casterman, 18 €


06:31 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bilal, casterman

30/03/2009

Cinquantenaire branchée

Comment retrouver l'amour quand on a plus de 50 ans ? Ariel Ricaud a la solution : les sites de rencontres sur le net. Mais gare aux désillusions.

Love paradise.jpg


Charlotte est amère. Charlotte est seule. Charlotte risque de déprimer. Pourtant l'héroïne de ce roman d'Ariel Ricaud a tout pour être heureuse. Grande bourgeoise totalement à l'abri du besoin, elle a longtemps conjugué réussite professionnelle et familiale. Patronne d'une agence de communication, elle gère une petite équipe de jeunes femmes modernes et efficaces. Elle est aussi toujours dans le coup. Malgré ses 58 ans elle « assure » : svelte et sportive, elle en fait 15 de moins. Pourtant Charlotte est seule depuis près d'un an. Après 25 ans de mariage, trois enfants et deux petits-enfants, son médecin de mari l'a quittée pour une plus jeune rencontrée au cours de ses interminables parties de golf. Si dans un premier temps elle a compensé en travaillant d'arrache-pied, force est de constater que cette solitude commence à lui peser. Ses soirée en tête à tête avec une tranche de jambon (régime oblige) deviennent de plus en plus pénibles.

Flashée par Bel Ami
Tout changera quand elle reviendra d'un déjeuner d'affaire et découvrira ses employées regroupées devant l'écran de l'ordinateur d'Isabelle. Cette trentenaire, cherchant toujours le grand amour, s'est inscrite sur un site de rencontres, « Love-paradise.com ». Ses discussions avec divers prétendants passionnent ses collègues. Dans un premier temps, Charlotte juge sévèrement cette pratique : « Vous êtes vraiment des gamines ! Quelle idée saugrenue, vous avez du temps à perdre, Isabelle, jeune et jolie comme vous êtes, vous n'avez sûrement pas besoin d'Internet pour vous trouver un mari. » Mais, solitude aidant, Charlotte va se laisser prendre au jeu et s'inscrire, en secret, sur le site. Rapidement elle sera « flashée », se lançant dans des discussions virtuelles qui remplaceront ses soirées solitaires. Et deux des prétendants vont faire le forcing pour la rencontrer. Deux grosses déceptions car même à 50 ans passés, la priorité des hommes reste de coucher, rapidement, avec leur conquête.

Différence d'âge
Ariel Ricaud, dans cette première partie du roman, décrit avec justesse ces nouvelles pratiques de rencontres amoureuses. Son récit bascule quand Charlotte, malgré les premiers échecs, se laisse séduire par un « Bel Ami » érudit, énigmatique et patient. Derrière le pseudo de cache Alex, à peine 40 ans, presque trop beau. Ariel Ricaud bascule dans le roman psychologique, avec les interrogations d'une femme tentée de refaire sa vie avec un homme beaucoup plus jeune qu'elle. Mais est-ce le grand amour ou le piège d'un gigolo astucieux ?
Le lecteur se laisse porter par les états d'âme de l'héroïne partagée entre son bonheur fou de l'instant et ces apparences qui passent mal auprès de sa famille et de ses connaissances professionnelles. Si la première partie est tout à fait dans l'air du temps, la seconde est plus profonde et universelle, plongeant ses racines dans une question vieille comme la nuit des temps : une femme peut-elle aimer un homme qui pourrait être son fils ?

« Love-Paradise.com », Ariel Ricaud, Fleuve Noir 19 € (« Vivement demain », précédent roman d'Ariel Ricaud, vient de paraître en poche chez Pocket)


07:26 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ariel ricaud, fleuve noir

29/03/2009

Mes BD souvenirs (6)

echo biceps sein.jpgEncore adolescent de la campagne, sans conscience politique ni ouverture au monde, j'ai en grande partie découvert la vie dans les BD. Pour jeunes dans un premier temps. Du premier degré, très agréable, idéal pour mon envie d'évasion d'un quotidien qui me semblait forcément étroit. Interne, dans un lycée technique donc fréquenté par 98 % par des mâles acnéiques, rapidement les discussions ont porté essentiellement sur le sexe. Un sujet sur lequel j'avais tout à apprendre. Et ce n'est pas auprès des nombreux obsédés avec qui je partageais le dortoir que je me suis éveillé mais en lisant des revues dont je n'imaginais même pas l'existence trois mois plus tôt : L'Echo des Savanes, Pilote ou Fluide Glacial.
Le mercredi, je trainais dans les librairies et maisons de la presse. Pour acheter Spirou et découvrir quantité d'autres titres. Certains, au début, me brûlaient les doigts car les couvertures étaient particulièrement suggestives. Gros seins, verges en érection, les mœurs étaient libres et s'affichaient. Premier gros choc avec l'Echo des Savanes. Je me décidais d'acheter un exemplaire en cette fin d'année 76 en raison d'un dessin de Solé. Un body-builder, tous muscles dehors, gonflait un biceps en forme de sein. A l'intérieur, tout me semblait extraordinaire.
malice.jpgL'œil attiré par les dessins plus classiques, je dévorais une parodie d'Alice au pays des merveilles de Wallace Wood. « Malice au pays des merveilles » mettait en scène une héroïne aux formes de femme épanouie, entièrement nue. Quand elle se penchait pour cueillir une fleur, un lapin libidineux au sexe énorme la prenait par derrière. J'apprenais par la suite le parcours compliqué et la fin tragique de ce dessinateur talentueux de Mad. Marcelé aussi dessinait des femmes aux formes épanouies, moins fermes mais tout aussi suggestives. Au sommaire également une histoire complète de Jack Palmer, première époque. Dans les numéros suivants, je plongeais dans l'histoire la plus parano de toute la BD : « L'hôpital » de Ted Benoit. Il était loin de Blake et Mortimer à l'époque. Un malade, hospitalisé pour un petit bobo, en sortait, plusieurs mois plus tard, amputé de divers membres. J'avoue n'avoir rien compris aux BD de Mandryka, le rédacteur en chef de l'époque.
echo punk.jpgL'Echo des Savanes qui l'année suivante ouvrait ses pages aux punks de Bazooka. Là non plus ne je comprenais pas tout (voire rien du tout, car finalement il n'y avait peut-être rien à comprendre...) mais cela me plaisait. Je m'intéressais à autre chose qu'à la ligne claire... Au lycée, loin de la cellule familiale, je lisais ces BD underground, audacieuses, dures et osées. De retour à la maison, les week-ends, je reprenais mon habit de petit garçon, rêvant sur des histoires plus classiques, presque plus de mon âge. Je ne les rejetais cependant pas, ce n'était pas un style à la place d'un autre. En fait je cumulais, rallongeant sans cesse mes lectures (je continuais à lire un ou deux romans par semaine), découvrant alors que mon nom me collais de plus en plus à la peau : oui je serai celui qui « lit tout ».
En même temps que l'Echo des savanes, je découvrais les autres titres de Bd adultes. Chacune dans son genre, toutes aussi passionnantes les unes que les autres. Avec une petite préférence pour Métal Hurlant et sa SF très novatrice.
(A suivre dimanche prochain)

28/03/2009

Bocal story

fond du bocal 1.jpg


Mieux que Prison break ! La série de gags de Nicolas Poupon, « Le fond du bocal » propose l'existence au quotidien dans un univers carcéral pire que le plus malfamé des bagnes américains. Les héros, en plus d'être enfermés dans un espace minuscule, sont exposés à la vue de tous. Des héros rouges, une prison de verre : bienvenue dans la vie trépidante des poissons rouges ! Pas évident de se renouveler vu la petitesse du décor. Et pourtant, l'auteur multiplie les idées et les trouvailles. Sans se répéter, il fait vivre ce petit univers de l'absurde. Comment ne pas rire quand un des personnages téléphone pour proposer un don d'eau et d'expliquer son plan d'évasion : « Une fois dans le Canadair, on le détourne vers la mer... » Quitter le bocal, c'est une obsession pour ces pauvres poissons. Des gags thématiques regroupés sous la rubrique « Dans l'enfer de Bocalcatraz ».
Publiés il y a quelques années (de 2001 à 2007) aux éditions du Cycliste, la série bénéficie d'une seconde chance chez Drugstore. Les deux premiers tomes parus à un mois d'intervalle sont une parfaite mise en bouche.
« Le fond du bocal » (tomes 1 et 2), Drugstore, 10 €




11:42 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nicolas poupon, drugstore

27/03/2009

LES 7 DERNIERS

7_PRISIONNIERS.jpg


« Sept prisonniers » clôt la série ayant pour point commun ce chiffre. Ces prisonniers s'embarquent pour le centre pénitentiaire ultime : la Lune. Sept hommes et femmes condamnés à perpétuité dans ce qui va se révéler un véritable enfer. Depuis quelques années, les détenus ont pris le pouvoir dans la prison. Trois clans se sont formés et ils se livrent une guerre acharnée. Les sept nouveaux, menés par un milliardaire, ont pour objectif de découvrir un secret vieux de plusieurs millions d'années, caché dans une grotte préhistorique. Les coups de théâtre vont se multiplier au cours de ces 56 pages écrites par Mathieu Gabella et dessinées par Patrick Tandiang. Pour un final particulièrement sombre. Oui, cette Lune est bien l'Enfer tant redouté.
« Sept prisonniers », Delcourt, 14,95 €


06:14 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gabella, tandiang, delcourt

26/03/2009

FILS DU DÉSERT

Tykko1-couv.jpg


Tykko est ramasseur de brouzes (excréments de kamles, sorte de chameau) dans l'oasis de Mubarre sur Troy. Un métier ingrat et qui ne suffit pas à soigner sa mère, malade. Juste avant de mourir, elle lui apprend que son père était un pirate des sables. Tykko, seul, va s'engager dans une caravane pour tenter de retrouver une jeune fille qui lui est apparue en rêve. Mais au détour d'une dune, c'est son père qui va réapparaître. Le premier tome de ces "Légendes de Troy" permet à Kéramidas de donner sa vision graphique du monde imaginé par Arleston. Le scénariste qui a reçu l'aide, pour ces séries dérivées, de Mélanyn. Une légende moins humoristique que la série principale, plus dramatique et grave.
« Tykko des sables » (tome 1), Soleil, 12,90 euros


06:10 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mélanyn, arleston, kéramidas, soleil

25/03/2009

MEXIQUE LIBRE

Impertinence d'un été.JPG


Le Mexique, durant les années 20, a été un formidable pays d'espoir et de liberté. Un Eden pour des artistes voulant casser des carcans trop rigides en Europe ou aux Etats-Unis. Denis Lapière, le scénariste a proposé à Pellejero, dessinateur du très remarqué "Un peu de fumée bleue", d'illustrer l'histoire d'amour entre le photographe américain Edward Weston et Tina Modotti, fille d'émigrés italiens. Edward a laissé femme et enfants aux USA pour vivre pleinement avec sa maîtresse. Il photographie ce pays toujours au bord de la révolution, découvrant des artistes géniaux et torturés. Passion et politique font bon ménage dans ces 56 pages qui sont également un hommage aux peintres "muralistes" de cette époque.
« L'impertinence d'un été » (tome 1), Dupuis, 14,50 euros


06:06 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pellejero, lapière, dupuis

24/03/2009

Cédric presque marié...

Cedric 23.JPG


Dans « Je veux l'épouser ! », 23e titre de la série, Cédric est de nouveau aux prises avec sa jeune voisine Lily. Cette petite rouquine espiègle est tombée amoureuse de Cédric. Mais pour ce dernier, la différence d'âge est beaucoup trop importante : elle a deux ans de moins que lui, bref c'est une « petite ». Mais Lily ne va pas abdique, au contraire. Elle va envahir la vie de Cédric, occultant sa relation contrariée avec Chen, sa copine de coeur. Un nouveau personnage imaginé par Cauvin et Laudec pour donner un côté un peu plus humain à la série. Car Lily vit seule avec sa mère. Dans une histoire, Cédric tente de savoir pourquoi le papa de Lily est absent. Il ne l'apprendra pas et cette absence devrait être un des thèmes du prochain album.
Lily qui exaspère Cédric mais qui au final l'émouvra profondément au cours d'une histoire de Noël très symbolique. Un album au ton un peu plus sérieux, mais avec quand même une bonne dose d'humour comme ce gag faisait un parallèle hilarant entre les mauvaises notes de Cédric et le trou dans la couche d'ozone. On y retrouve tout le génie de Cauvin, toujours prompt à s'inspirer de l'actualité du moment.
« Cédric » (tome 23), éditions Dupuis, 9,45 €


06:10 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cauvin, laudec, dupuis

23/03/2009

Les aventures de Pitikok

Pitikok.jpg


Christian Heinrich et Christian Jolibois, déjà comblés avec les aventures des P'tites Poules lancent un nouveau héros toujours destiné aux plus jeunes, à partir de 4 ans. Pitikok est un peu l'ancêtre des P'tites Poules.
Au coeur d'une Amérique encore inexplorée, il est une sorte d'Indien intrépide rencontrant de nombreux animaux. Deux albums au format carré, mettant en valeur les superbes illustrations de Christian Heinrich, paraissent simultanément.
Dans « Pitikok et la plume magique », le jeune volatile participe à une course folle pour récupérer une plume magique prisonnière d'un arbre biscornu. La plume permettra à celui qui la délivrera d'exaucer tous ses voeux. Repoussé par le vent du désert, Pitikok s'accroche à ce qu'il croit être une racine. C'est en fait la queue d'un serpent qui accepte de l'aider dans sa quête. Il devront franchir de nombreuses épreuves avant de finalement réussir à découvrir cet arbre sec et désagréable. Chaque épreuve permet à l'enfant de découvrir un chiffre tout en comprenant l'intérêt de l'entraide. Une complicité qui sera récompensée en fin d'histoire.
L'autre volume, « Pitikok et la forêt enrhumée », se passe au printemps. Alors que les premiers bourgeons apparaissent dans la forêt, Pitikok rencontre un jeune raton-laveur affamé. Les deux amis vont être confronté à un géant de glace qui ne veut pas abdiquer malgré la fin de l'hiver.
Ces deux petits albums de 32 pages, aux histoires universelles, enchanteront les plus jeunes. Le personnages principal, un petit coq rouge très sympathique, est particulièrement réussi. A noter les dessins de Christian Heinrich, particulièrement mis en valeur sur des pleines pages et dans un format un peu plus grand que les P'tites Poules.

« Pitikok et la forêt enrhumée », « Pitikok et la plume magique », Pocket Jeunesse, 6,50 € chaque volume.

22/03/2009

Mes BD souvenirs (5)

En quittant le collège, j'abandonnais également la campagne. Terminé le collège de Langon, gros bourg du bordelais à 10 km de Sauternes, le village que nous habitions à l'époque, pour Talence, banlieue sud de Bordeaux. Surtout, je devenais interne, ne revenant chez mes parents que le week-end, après les cours du samedi matin. Ce fut un choc. A tous les points de vue. Inscrit dans une filière technique, le niveau ne volait pas très haut. Mais je ne boudais pas mon plaisir d'une certaine indépendance. Je découvrais une grande ville en ce mois de septembre 1976. Bus de ville, train, bibliothèque... et librairies. A la bibliothèque, le mercredi après-midi, j'empruntais des classiques à tour de bras que je dévorais le soir au cours des interminables heures d'études. Et en chemin, je m'arrêtais dans les diverses maisons de la presse. Et je découvrais qu'il n'y avait pas que Tintin, loin de là.
dr poche spirou 201.jpgSpirou était systématiquement présenté à côté de mon hebdomadaire favori. Je n'ai pas résisté à le feuilleter. En deux ou trois librairies, je lisais l'exemplaire en entier. C'était devenu mon rituel du mercredi après-midi. Et dès que j'ai pu, je l'ai acheté. Mon maigre argent de poche allait prioritairement dans l'hebdo de Marcinelle qui venait de franchir le cap du numéro 2000. Et le sommaire était particulièrement riche et prestigieux. Un Spirou, bien évidemment (l'Ankou de Fournier) et d'autres séries comme Isabelle, Tif et Tondu, Natacha, Archie Cash ou les Tuniques Bleues qui m'ont également marqué. Mais le gros choc, le déclencheur, ce fut le Docteur Poche de Wasterlain. C'était sa première histoire. Le dessin de Wasterlain était à l'opposé des autres BD, très rondes et soignées. On avait parfois l'impression que sa plume avait accroché le papier, le trouant presque. Et l'histoire, fantastique, mystérieuse, poétique, me fascinait, notamment les mannequins prenant vie. J'ai pris l'histoire en cours (débutée en août) mais j'ai adoré.
Côté gags, j'avais l'occasion de redécouvrir les vieux Gaston (Le coin des classiques), les premiers Agent 212 et Boule et Bill. Les récits complets étaient déjà trustés par Cauvin qui signait les Mousquetaires (Sandron) et Boulouloum et Guiliguili (Mazel). Mais tout n'était pas exceptionnel. Je n'arrivais pas à accrocher au dessin laborieux de Devos et de son Génial Olivier. Je passais sans les lire les Paul Foran et autres séries espagnoles...
bidouille et violette.jpgJe devenais cependant fidèle et au fil des mois j'ai eu d'autres coups de cœur. En priorité pour Bidouille et Violette. Cette petite histoire d'amour contrariée, un peu en décalage avec les autres séries, me parlait car j'avais pile poil l'âge et le physique du héros. Je n'ai pas pleuré (on ne peut pas pleurer quand on vit en internat), mais l'émotion était bien réelle. J'ai une admiration sans borne pour Bernard Hislaire. Par la suite, j'ai acheté les albums, mais il m'en manque un (le tome 2, Les jours sombres) et je n'ai jamais trouvé l'intégrale parue chez Glénat (quand elle est sortie, j'étais en Polynésie, loin de tout...)
J'ai découvert Spirou dans les librairies, mais il y avait quantité d'autres revues BD à l'époque. Dites adultes, ce que je n'étais pas. Mais les couvertures de Solé (pour Pilote, Métal, Fluide Glacial ou l'Echo des Savanes) attirèrent mon œil. J'allais me déniaiser avec des récits de Franc, Wallace Wood, Pétillon ou Lauzier.
(A suivre dimanche prochain)