29/05/2009

Icône très c...

 

Linda Glamouze 1.jpgPour devenir une icône de la mode, mieux vaut ne pas trop réfléchir. Cela tombe bien pour Linda Glamouze, héroïne créée par Camille Burger, elle ne brille pas par son intelligence hors du commun. Ce serait même l'inverse. En fait, Linda est très conne, et c'est tout ce qui fait son charme, paradoxalement. Devenue le mannequin star de la marque « 8 Thons », elle sait lancer les modes en fonction des nécessités. Si elle entretient parfaitement son « ticket de métro », elle oublie parfois de s'épiler les aisselles. Qu'à cela ne tienne, deux élastiques et elle transforme ces touffes en chignons qui vont devenir « in » en très peu de temps. Pour réussir il faut parfois coucher. Mais pas systématiquement. Souvent il suffit d'être « anorexique et désinvolte ». Cette critique au vitriol du milieu du luxe et de l'inutile est salutaire en ces périodes de crise. Camille a trouvé sa voie en féminisant l'esprit de Reiser avec un soupçon de Vuillemin. C'est trash. Cela risque devenir tendance...

« Linda Glamouze », Fluide Glacial, 9,95 €

 

28/05/2009

Au coeur de la guerre

 

Correspondate de guerre.jpgAnne Nivat fait partie de ces journalistes qui vivent leur métier comme un sacerdoce, 24 heures sur 24. Correspondante à Moscou pour des quotidiens français et des radios, elle a découvert qu'une guerre, quasi secrète, se déroulait à quelques centaines de kilomètres de la capitale russe en pleine renaissance après la chute de la dictature communiste. Elle va régulièrement aller en Tchétchénie, se glisser dans la population locale pour raconter le quotidien de ces civils trop souvent au centre des tirs et des bombardements. Anne Nivat en a fait des livres. Daphné Collignon a souhaité aller un peu plus loin. La dessinatrice a rencontré la correspondante de guerre et transformé leurs longues conversations en un album très réaliste. Ce tête-à-tête entre les deux femmes permet au lecteur de mieux saisir la démarche de la journaliste. Elle se livre sans détour, n'hésitant pas à revenir sur sa vie privée quand elle a interféré directement avec son travail. Un témoignage essentiel pour comprendre ce métier risqué mais passionnant.

« Correspondante de guerre », Soleil, 15,95 €

 

07:49 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anne nivat, collignon, soleil

27/05/2009

Mettre les voiles

 

Transat.jpgQuand on vit dans un studio à Paris, il faut parfois savoir ouvrir les vannes pour décompresser. Rien de tel qu'un grand bol d'air frais à bord d'un voilier pour découvrir de nouveaux horizons. Cette expérience, Aude Picault, après l'avoir vécue, la raconte dans ce roman graphique de 170 pages. Au début, elle plante le décor de sa vie. Sans fard. Superficialité de ses « amies », travail peu intéressant dans l'illustration, solitude dans une ville de deux millions d'habitants. Tout pour déprimer. Mais ce n'est pas le genre de la maison. Elle s'évade en projetant une traversée de l'Atlantique sur le voilier d'Yvon Fauconnier. Elle prépare l'échéance en passant une semaine sur une île au large de la Bretagne. Seule, avec juste des moutons et des mouettes pour compagnons. La seconde partie du récit se déroule en mer. La dessinatrice abandonne le cadre étriqué des cases pour dessiner des doubles pages retraçant toutes les émotions de cette transatlantique de rêve. Une BD très personnelle mais qui touche à l'universel par son thème.

« Transat », Delcourt, 14,95 €


 

07:51 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : picault, delcourt

26/05/2009

Triple terreur

L'enfer vert mérite bien son surnom dans ce roman fantastico-scientifique signé d'un duo très efficace : Jérôme Camut et Nathalie Hug.

Trois fois plus loin.jpg

Il est des milieux naturels où l'homme n'est jamais le bienvenu. Il en va de sa survie. La forêt amazonienne fait encore partie de ces terres inexplorées car foncièrement inhospitalières. Pourtant ils sont quelques-uns à espérer en percer les derniers mystères. Des botanistes, des primatologues. Nina Scott, le personnage principal de « Trois fois plus loin », roman de Jérôme Camut et Nathalie Hug, a trouvé dans cette immensité verte un palliatif à son mal de vivre. Perchée au sommet d'un hévéa, elle cueille des plantes aux vertus médicinales. Une collecte pour un grand groupe pharmaceutique américain. Tout se passe bien, malgré les conditions climatiques extrêmes et le risque de croiser des braconniers, jusqu'au jour où un de ses collègues découvre des ruines au sommet d'un tepui isolé (immenses montagnes à sommet plat, aux contours très abrupts, se dressant au-dessus de la jungle). La jeune femme est persuadée d'avoir découvert les vestiges d'une civilisation perdue et beaucoup plus évoluée que les quelques tribus d'indiens de la région. Mais après une brève exploration elle découvre qu'il s'agit d'un cimetière, d'un charnier exactement. Et les restes humains ne sont pas si anciens que cela. La panique la guette, d'autant qu'elle note la présence inquiétante un groupe de singes, des saïmiris, habituellement bruyants, l'observant en silence. Il n'en faut pas plus pour faire fuir le groupe.

 

Capturée et mise en cage

Une fois revenue à la civilisation, elle n'aura de cesse de retrouver ces ruines. Cela lui permettrait de faire la nique à son père, richissime romancier qui la surprotège. Mais de retour sur place, c'est un cauchemar qui débute. En pleine nuit, dans le noir complet, ses compagnons sont massacrés et elle est capturée par des inconnus puis enfermée dans une cage suspendue aux branches des arbres immenses. Quand elle est descendue, elle croit sa dernière heure arrivée : « Nina sent d'abord un souffle d'air sur sa nuque, puis elle éprouve avec dégoût le contact d'un visage glacé par une sueur âcre. Quelqu'un la renifle et la jauge comme un morceau de viande exposé que l'étal du boucher. Une main moite soulève ses vêtement pour caresser la peau de son dos. Des doigts inquisiteurs aux ongles cassés effleurent le tissu trempé de sa culotte. » Cette mise en bouche montre toute la virtuosité des auteurs à faire frémir le lecteur au côté de l'héroïne. Heureusement, cette dernière en réchappera et retrouvera la civilisation.

 

Eden ou enfer ?

Mais quand elle racontera ses déboires à son père accouru la secourir, ce dernier sera sceptique. Randolph Scott a beaucoup d'imagination pour ses romans, mais reste cartésien dans sa vie quotidienne. Au fil des 400 pages écrites par le duo, le lecteur découvrira l'origine du charnier. Il faut remonter dans les années 50. Des chercheurs français, venus étudier les saïmiris muets, ont découvert dans cet enfer vert, ce qui pourrait bien être l'Eden. Mais même au paradis, des idées démoniaques peuvent germer dans les esprits malades. Passionnant, argumenté scientifiquement, dépaysant, ce roman peut effectivement ouvrir votre conscience au monde pour voir « Trois fois plus loin ».

« Trois fois plus loin », Jérôme Camut et Nathalie Hug, Calmann-Lévy, 17 € (Des mêmes auteurs vient de paraître au Livre de Poche « Instinct », dernière partie de la trilogie « Les voies de l'ombre », 8 €)


 

09:33 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : camut, hug, calmann-lévy

25/05/2009

Temps compressé

aventuriers du temps 2.jpg

Voilà une série qui ne s'embarrasse pas de considérations intellectuelles foireuses. C'est du premier degré, avec personnages brut de décoffrage et intrigue ne fonctionnant que grâce aux coups de théâtre, les plus invraisemblables si possible. Chanoinat, le scénariste, fait dans le classique, hommage aux films de genre et autres feuilletons d'un temps malheureusement révolu. Castaza, au dessin, est rapide et efficace. Ce n'est pas du grand art, mais cela suffit largement pour faire voyager le lecteur complice. Dans ce second opus, on retrouve notre trio de malfaisants solitaires, remis dans le droit chemin par un adolescent paralysé, concepteur d'une machine à voyager dans le temps. Il les charge de retrouver Jade Monroe, la « méchante » de la série, blonde sanguinaire, profitant de l'invention du petit génie pour dégommer les plus grands serial-killers de l'Histoire, de Néron à Attila. Certes, cela reste de la série B, mais quand c'est clairement revendiqué, pourquoi bouder son plaisir ?

« Les aventuriers du temps » (tome 2), Le Lombard, 10,40 €

06:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chanoinat, castaza, lombard

24/05/2009

Animaux rieurs

TOUTOU_1.jpgLe marché des animaux de compagnie est en plein développement. Les classiques chiens et chats ont laissé un peu de leur suprématie pour les NAC, les nouveaux animaux de compagnie. Une large palette d'espèces, pas toujours agréables au premier abord, qui permet aux auteurs de cette nouvelle série comique de multiplier les situations cocasses. Les vendeurs se donnent un malin plaisir à proposer des bêtes adaptées aux futurs acheteurs. La formation de ces duos est souvent source de gags. Et pour donner un peu plus de liant à cette série, l'apparition d'une jeune acheteuse particulière donne une dimension humoristique supplémentaire. La fillette, en compagnie de parents qui lui passent tout et qui sont persuadés que chaque caprice a un prix, jette son dévolu sur une étrange bestiole en train de récurer une cage. Voilà comment de vendeur dans une animalerie, on se retrouve animal de compagnie... Une situation qui n'a pas que des inconvénients (nourri, logé, plus besoin de travailler) jusqu'au jour où vos maîtres décident de vous castrer. Une fillette autoritaire et irrésistible qui reviendra dans l'animalerie pour un stage de découverte. Cela se résume par un "Tous au abris" tonitruant, tant du côté des vendeurs que des animaux. Ces gags écrits par Brrémaud et Reynès, sont dessinés par Emanuele Soffritti, un Italien qui a la caricature facile, tendance cartoon. Ses animaux sont très expressifs, ses humains tout aussi réussis.

"Toutou et compagnie", Bamboo, 9,45 €

06:23 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brrémaud, reynès, soffritti, bamboo

23/05/2009

Stryges exotiques

 

 

le_siecle_des_ombres_1.jpg

Corbeyran lance une nouvelle série dérivée du « Chant des Stryges ». Il retrouve Michel Suro, le dessinateur du « Clan des chimères ». Cette fois, les Stryges semblent être très présents dans les croyances de tribus d'Indiens d'Amazonie. Le premier tome se déroule donc en grande partie dans « l'enfer vert », mais la présentation des personnages principaux se déroule en Europe. Nous sommes en 1751. L'encyclopédie de d'Alembert a de plus en plus d'adeptes. Face à l'obscurantisme des religieux, les « Lumières » veulent mettre l'Homme au centre du savoir. Parmi ces libres penseurs, on retrouve Weltman se cachant sous l'identité d'un philanthrope, le baron d'Holbach. Mais comme au moyen âge, Weltman doit affronter Abeau et Cylinia qui sont passés au service du pape. Les fans de cet univers retrouvent des personnages bien connus. Les Stryges n'apparaîtront qu'en toute fin d'album, sous une forme inhabituelle mais qui sera un véritable cauchemar pour Cylinia. Le dessin de Suro a évolué, se rapprochant de plus en plus du trait de Guérineau, le créateur graphique de la série mère.

« Le siècle des ombres » (tome 1), Delcourt, 12,90 €

06:18 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : corbeyran, suro, stryges, delcourt

22/05/2009

Femmes manipulatrices

 


 

 

succubes-1.jpg

Thomas Mosdi au scénario et Laurent Paturaud au dessin aiment les femmes. Cette série en est la preuve éclatante. L'idée de « Succubes » est née de la constatation de cette volonté constante qu'ont eu les hommes au pouvoir, à travers l'Histoire, de tenir les femmes dans une position subalterne. Les deux auteurs ont eu l'envie de raconter des histoires qui mettraient en valeur cette immémoriale injustice. Chaque récit plonge le lecteur en un lieu et à une époque clé de l'histoire de l'humanité. Ce premier tome se déroule à Paris en 1794. La révolution est en train de basculer dans la terreur. Olympe de Gouges vient d'être guillotinée. Dans l'ombre, les filles de Lilith mettent en place leur vengeance. Elles vont notamment demander des comptes à Robespierre qui est l'amant de Camilla, une de ces femmes d'action. Une interprétation très personnelle de l'Histoire de France rehaussée par les dessins de Paturaud. Ses héroïnes, sensuelles, aux courbes voluptueuses, sont d'une beauté lumineuse. Mais gare à ne pas tomber dans leurs griffes...

« Succubes » (tome 1), Soleil, 12,90 €

06:14 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mosdi, paturaud, succubes, soleil

21/05/2009

Féerie urbaine

 

 

wisher-3.jpg

La magie des fées n'est pas complètement morte. Malgré le progrès et les grands centres urbains, le peuple féerique existe toujours. Mais il est obligé de se cacher dans les entrailles de la terre, en compagnie de Merlin. Pourtant un espoir existe encore pour qu'il retrouve la lumière du jour, afin de vivre en bonne intelligence avec les humains. Il suffirait que Nigel maîtrise le djinn qui vit en lui et exauce ce simple vœu. Sur cette idée de base, Latour le scénariste, a bâti une série passionnante et donnant de nombreuses possibilités à De Vita, le dessinateur, d'exposer son trait virtuose. Dans ce troisième tome, Nigel doit rencontrer le roi Beholder pour trouver l'équilibre entre ses deux composantes, l'humain et le djinn. Mais le MI10, le service anglais chargé de neutraliser le peuple féerique veille. Cela donne une course poursuite dans une gare puis dans un train où la magie se mesure à l'arsenal militaire humain. De l'action, donc, mais le volet psychologique n'est pas oublié, le gobelin Glee jouant un rôle crucial en fin de volume.

« Wisher » (tome 3), Le Lombard, 13,50 €

06:08 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : de vita, latour, wisher, lombard

20/05/2009

Nomades indésirables

 

 

Quand souffle le vent.jpg

Les tziganes, romanichels ou gitans (quel que soit le nom qu'on leur donne) ont toujours été accueillis avec crainte par les populations sédentarisées. Au début du XXe siècle, dans le Nord de la France, les roulottes, encore tractées par des chevaux, ne passent pas inaperçues. Une arrivée qui va bousculer l'ordre établi. Les gens du voyage vont devenir, involontairement, les briseurs de grève de mineurs n'en pouvant plus de travailler pour un salaire de misère. Un affrontement avec au centre l'embryon d'une histoire d'amour entre Antoine, qui rêve de devenir marin, et Kheshalya, adolescente qui ne doit pas lire l'avenir dans les mains des passants. Le scénario, entre lutte des classes et fantastique, de Galandon est illustré par le trait précis et sombre de Bonin.

« Quand souffle le vent », Dargaud, 14,50 €

 

06:49 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : galandon, bonin, dargaud