30/09/2009

Le Tibet de Jonathan

 

Jonathan int 1.jpg« Jonathan c'était mon autobiographie imaginaire. Une sorte de moi fantasmé, une version améliorée ! Il est assez idéalisé. Il a plus de qualités que de défauts alors que je maintiens, au mieux, un équilibre. » Cette citation de Cosey, extraite du dossier accompagnant le premier tome de la publication de l'intégrale des aventures de Jonathan illustre parfaitement la fusion permanente entre l'auteur et son personnage de BD. Jonathan, apparu en 1975, était le premier à dénoncer l'invasion militaire du Tibet par les Chinois. Une BD, autant politique que philosophique, à redécouvrir d'urgence. Elle n'a pas pris une ride tant le trait, réaliste et épuré, de l'auteur suisse était novateur pour l'époque.

« Jonathan » (intégrale 1), Le Lombard, 20 €

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29/09/2009

Arme télépathe

One 1.jpgManipulation génétique, paranormal et politique-fiction sont au sommaire de cette nouvelle série, un peu bavarde parfois, mais qui reste passionnante et très au-dessus de certaines productions manquant de souffle et d'originalité. Dans un futur très proche, un Démocrate vient d'accéder à la Maison Blanche. Il modifie immédiatement la politique de la première puissance du Monde. Il néglige l'aspect guerrier pour améliorer la diplomatie. Et rapidement les résultats sont là. Partout sur la planète la paix s'impose. Problème, ce monde de progrès partagé et équitable n'est pas du goût des élites militaro-industrielles, mises sur la touche après des décennies de pouvoir exclusif. Un lobby qui va utiliser une de ses armes secrètes pour connaître le secret de la réussite du nouveau président : les pensanguins. Ces soldats, au sang modifié génétiquement, ont le pouvoir de lire les pensées et les souvenirs des hommes ou femmes qu'ils approchent à moins de trois mètres. Julian Lethercore est un pensanguin. Il est sollicité par un sénateur républicain pour lire la mémoire d'un diplomate venant de faire aboutir un rapprochement indo-pakistanais. Ecrit par Sylvain Cordurié, cette série est dessinée par un auteur serbe, Zivorad Radivojevic, au style réaliste léché, entre Kas et Jigounov.

« One » (tome 1), Le Lombard, 10,40 €

06:46 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : radivojevic, cordurié, lombard

28/09/2009

1276 âmes

Jeunesse Blueberry 18.jpgGiraud semblant avoir définitivement rangé ses pinceaux, il ne reste plus que Michel Blanc-Dumont et François Corteggiani pour animer les aventures du plus célèbre cow-boy de la BD française. Un Blueberry jeune, quand il était encore dans l'armée nordiste et que le pays se déchirait entre Nord et Sud. Un nouveau cycle débute avec ce 18e tome intitulé « 1276 âmes ». Blueberry, déjà très rebelle aux ordres et à l'uniforme, se voit confier une mission extrêmement dangereuse que seul un casse-cou de son espèce peut accepter et réussir. Jim Thompson, prédicateur fou, vient d'enlever la fille du général Sheridan. Et sans ménagement puisqu'il a assassiné toutes les religieuses du couvent où la jeune fille suivait des études. Thompson et sa bande, ses ouailles exactement, se sont réfugiés dans un petit hameau perdu dans la montagne. Blueberry devra donc retrouver la trace de cette armée de Dieu dévoyée et libérer la fille du général. Une mission d'autant plus délicate qu'il n'est pas seul sur le coup. Le scénario sait alterner scène d'action, grand espaces et mise en place de l'intrigue. Pour un final palpitant mais qui n'est qu'une première étape, le dénouement n'ayant lieu que dans le prochain titre intitulé « Rédemption ».

« La jeunesse de Blueberry » (tome 18), Dargaud, 10,40 €

27/09/2009

La belle et les diams

Trois fois rien.jpgDans le genre intrigue à rebondissements il est difficile de faire mieux. Frédéric Féjard, le scénariste de ce récit complet de 150 pages dessiné par Benjamin Jurdic, n'a pas lésiné sur les coups de théâtre pour rendre encore plus captivante cette cavale aux trousses d'une mallette remplie de diamants. Dans un premier temps il présente les différents protagonistes. Deux petits voyous, Math et Seth et leur copine, Liza. Ils font dans la combine sans envergure : voler des bagages dans l'aéroport qui les emploie. Plus ambitieux, deux flics ripoux. Ils font chanter un avocat libidineux. Et quand ils apprennent que ce dernier doit convoyer une mallette pleine de diamants pour un de ses clients; ils flairent le bon gros coup. Math et Seth sont mis à contribution pour accéder à l'avion. Bien évidemment rien ne se déroule comme prévu. Math et Seth doublent les flics qui entrent dans une rage folle quand ils découvrent que leur mallette est remplie de verroterie. Et le véritable propriétaire des pierres précieuses, un caïd de la pègre, lui aussi est très énervé. Cela donne une course poursuite où trahisons, quipropos et gros flingues tombent comme à Gravelotte... Un polar trépidant, ne se prenant pas au sérieux, dans la lignée d'un film de Tarantino.

« Trois fois rien », Casterman, 16 €

06:33 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : féjard, jurdic, casterman

26/09/2009

Vampires high-tech

New York aux mains des vampires. C'est ce qui risque d'arriver dans le premier tome de cette trilogie signée Guillermo del Toro et Chuck Hogan.

 

Lignée.jpgDans la littérature de genre, le roman de vampire a toujours obéi à des codes bien précis. « La lignée » n'échappe pas à la règle tout en réactualisant le thème. Le premier tome de cette trilogie est signée de deux grands noms de l'imaginaire : Guillermo del Toro, cinéaste surdoué à qui l'on doit, entre autres « Hellboy » et « Le labyrinthe de Pan » s'est associé au romancier Chuck Hogan, maître du thriller.

L'arrivée de la menace ne se fait pas en bateau mais en avion. Dracula avait débarqué à Londres dans un voilier, cette fois le vampire, le Maître rebelle, rejoint New York à bord d'un Boeing 777, le dernier fleuron de la flotte du constructeur américain. Débarquement manquant de discrétion. Après avoir traversé l'Atlantique sans encombre et s'être posé sur le tarmac de l'aéroport international JFK, le gros porteur s'immobilise en bout de piste, tous feux éteints. Les premiers techniciens et pompiers se rendant sur place découvrent un avion hermétiquement clos et sans signe de vie à l'intérieur. Craignant un attentat au gaz, c'est le chef du CDC (Center for Disease Control), Eph Goodweather qui est sollicité. Son unité surnommée Projet Canari, est une « brigade d'intervention rapide composée d'épidémiologistes de terrain et organisée de manière à détecter et identifier les risques biologiques potentiels. Son domaine de compétence comprenait aussi bien les risques naturels tels que les infections virales que les contaminations délibérées. Mais bien sûr, son financement était principalement justifié par la lutte contre le bioterrorisme. » Eph doit donc abandonner son fils, Zack, dont il n'a la garde que les week-ends pour se rendre à JFK. Ce qu'il découvre à l'intérieur de l'avion est saisissant. Tous les passagers et membres d'équipage sont morts, comme foudroyés en un instant. Il n'y a que quatre survivants : le troisième pilote, une juriste, un informaticien et une star du rock. Ils sont mis en quarantaine dans un hôpital alors que les cadavres, plus de 200, sont placés dans un hangar de l'aéroport.

 

Disparition de cadavres

Commence une enquête médicale complexe qui va interpeller les médecins et l'équipe du CDC. Première bizarrerie, les cadavres ne semblent pas se décomposer. Et les autopsies révèlent qu'ils ont été vidé de leur sang par des entailles, quasi chirurgicales, au cou. Les survivants ne se souviennent de rien mais n'ont qu'une envie : retourner chez eux. La juriste, spécialisée dans les actions contre les administrations, parvient rapidement à trouver une faille et fait rompre la quarantaine. Tout se complique pour Eph quand trois des survivants se retrouvent dans la nature et que les cadavres disparaissent du hangar. C'est la première nuit, le début de l'éveil, de l'invasion.

Ce roman de près de 500 pages est passionnant par sa démarche scientifique tout en faisant monter l'angoisse puisée dans les peurs ancestrales des civilisations. On apprécie le foisonnement de personnages, de la rock star gothique imbue de sa personne au petit truand new-yorkais dépassé en passant par le rescapé de la Shoah ayant déjà combattu les strigoï. Tous ont leur utilité dans la dramaturgie des événements. Sans oublier le Maître vampire. Les auteurs ne le font intervenir directement qu'à mi roman, mais son image et sa stature devraient longtemps rester dans vos mémoires, voire vos cauchemars...

« La lignée », Guillermo del Toro & Chuck Hogan, Presses de la Cité, 21,50 €

 

25/09/2009

L'avenir sur polaroïd

Dedales 2.jpgCombien donneriez-vous pour connaître votre avenir ? Savoir exactement le lieu et la date de votre mort. Certains sont prêts à mettre des millions d'euros. Et quelques vies de gêneurs au passage. C'est le thème central de cette série fantastico-réaliste écrite par Godard et dessinée par Plumail. Tout a commencé quand Sébastien, représentant dans le domaine de la BD, découvre dans l'ancienne maison de Maurice Leblanc un manuscrit inachevé et un appareil photo expérimental. Un polaroïd qui a le pouvoir de photographier l'avenir. On vous tire le portrait aujourd'hui, mais sur le papier c'est la photo de votre cadavre tout frais qui apparaît. Sébastien en a fait l'expérience et s'est vu, égorgé, dans deux mois exactement. Et de fait sa vie tranquille s'anime car ils sont nombreux a vouloir récupérer l'appareil. Des religieux, oeuvrant pour le Vatican, mais également le descendant de Lars Heine-Huppin, l'homme qui a inspiré le personnage d'Arsène Lupin à Maurice Leblanc. En compagnie d'Ariane, sa fiancée, une blonde pulpeuse du plus bel effet visuel, Sébastien va devoir déjouer bien des pièges pour conserver, vie, appareil et liberté.

« Dédales » (tome 2), Glénat, 13 €

06:10 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : godard, plumail, glénat

24/09/2009

Pirate au grand coeur

Hannibal Meriadec 1.jpgMériadec, pirate et sorcier, est un des personnages de la série « Le sang du dragon » dont le 4e titre vient de sortir. Désormais, il bénéficie également d'une série à son seul nom. On retrouve le terrible marin une dizaine d'années avant son périple dans la forêt de Scissy. Jean-Luc Istin y conte sa quête des larmes d'Odin. Ce sont sept énormes diamants d'une pureté jamais égalée. Mais Hannibal n'est pas seul à les convoiter. Il trouvera sur sa route un Ordre ancien et secret, l'Ordre des cendres, composé de religieuses plus sorcières sataniques que saintes nitouche... Dans cet album, dessiné par Créty, Istin développe également la folle passion de Mériadec pour la belle Sélina. Il a acheté cette superbe esclave en Afrique, l'a affranchie et elle est devenue sa compagne. Mais ce bonheur n'a pas duré longtemps. Enlevée alors que lui est laissé pour mort, elle sera conduite de l'autre côté de l'Atlantique, aux Caraïbes. L'occasion pour les auteurs de montrer une autre facette de Mériadec, impitoyable avec ses adversaires mais très romantique avec sa belle adorée.

« Hannibal Mériadec » (tome 1), Soleil, 12,90 €

06:05 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : istin, créty, soleil

23/09/2009

Nomades de l'espace

Orbital 3.JPGDébut d'un nouveau cycle pour la série de science-fiction « Orbital ». Ce monde imaginé par Runberg et dessiné par Pellé se déroule dans un futur très éloigné. Les humains sortent d'une guerre particulièrement rude avec un peuple extraterrestre, les sandjarrs. Une fois la paix signée, il faut montrer que les deux races se sont réconciliées. Des équipes mixtes de policiers sont donc formées. La série propose de suivre le quotidien de l'une d'elle composée de Caleb, un homme et de Mézoké, sandjarr femelle. Dans les premières pages de ce 3e titre, ils sont chargés d'assurer la sécurité d'un sommet entre les gouvernements de deux planètes. Mais la ville de Kuala-Lumpur s'agite. Des marins locaux prétendent avoir été attaqués par des extraterrestres nomades et cannibales, des rapakhuns. Les représailles sont sur le point d'être déclenchées. Caleb et Mézoké interviennent avant que ces combats ne viennent ternir l'image pacifique de la Terre. Cette BD, dans la lignée de Sillage ou de Valérian, permet au dessinateur de débrider son imagination, tant au niveau de la technologie (vaisseaux, architecture) que des créatures. Et comme Pellé est un virtuose, cela donne un album passionnant, tant au point de vue scénaristique que graphique.

« Orbital » (tome 3), Dupuis, 13,50 €

06:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pellé, runberg, dupuis

22/09/2009

Faim de rire

Kid Paddle compil gore.JPGKid Paddle, imaginé par Midam, est devenu en quelques années une des vedettes du catalogue Dupuis. Un gamin peu recommandable, baignant dans les jeux vidéo et prêt à toutes les expériences pour donner un peu de sel à sa vie. Pour lui, du ketchup c'est du sang, de la mayonnaise, du pus d'abcès. Effet assuré.... Pour cette rentrée, pas de nouveauté mais un gros album de 64 pages reprenant les gags les plus gores de 10 premiers titres. On apprécie de découvrir en un volume l'évolution du dessin de Midam (de classique, il devient de plus en plus caricatural) ainsi que la progression du scénario, repoussant de page en page les limites du bon goût. Fous rires assurés.

« Kid Paddle, compil gore », Dupuis, 11,50 €

06:02 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : midam, dupuis

21/09/2009

Fin de vie

appelle-moi Ferdinand.jpgCadre moyen menant une vie anodine, Oscar est en train de changer. Il semble ne plus supporter sa femme (qui le trompe), ses deux filles (qui l'ignorent) et son père (artiste qui se moque de sa médiocrité). Oscar change car il vient d'apprendre qu'il a un cancer. Il n'a plus que quelques mois à vivre. Il va tenter de rattraper le temps perdu. Il va méthodiquement faire ce qu'il n'a jamais osé réaliser dans sa vie raisonnable. Voiture de sport, escort girl, opéra, vol à l'étalage. Il transgresse au maximum et décide même de régler ses comptes avec son père. Ce récit de Bourhis et Conty est dessiné par Durieux. Un trait réaliste épuré amplifiant l'impression de sentiments bruts, sans fioritures ni concession.

« Appelle-moi Ferdinand », Futuropolis, 16 €

06:57 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : durieux, bourhis, conty, futuropolis