30/12/2009

Montagne vertigineuse

Ce thriller de Karine Giebel se déroule exclusivement en montagne. C'est d'ailleurs le personnage principal de ce roman vertigineux.

 

Jusqua ce que la mort.jpgEnvie d'une grande bouffée d'air pur ? Prenez ce roman policier de Karine Giebel et plongez dans cet univers merveilleux mais aussi très dangereux qu'est la montagne. Rendez-vous sur les hauteurs des Alpes de Haute-Provence, vers les villages d'Allos et de Colmars-les-Alpes. Des lieux touristiques, zones habitées de cette vallée vivant essentiellement de l'afflux des visiteurs du parc naturel du Mercantour.

C'est là que vit Vincent, guide touristique l'été, vivotant de petits boulots le reste du temps. Juste de quoi entretenir sa maison, l'Ancolie, dominant la vallée, plantée en haut d'un chemin escarpé et défoncé. Vincent, le personnage principal de ce drame psychologique mené de main de maître par un auteur qui s'impose de titre en titre comme une des plus brillante du genre.

 

Séducteur sans coeur

Vincent n'est pas spécialement sympathique dans les premiers chapitres. Ce quadragénaire parfaitement conservé, très sportif, est un grand séducteur. Mais il a un principe : jamais plus d'une nuit. Il séduit ainsi une jeune stagiaire de l'office de tourisme qui ne résiste pas plus de deux jours à son charme. Le lecteur apprendra un peu plus tard que cette attitude, par bien des aspects abjecte, est conditionnée par l'échec de son couple. Sa femme, un jour, est partie. Avec un touriste. Depuis elle occupe ses rêves. Ses cauchemars plus exactement. Accumuler les conquêtes c'est un peu comme une vengeance. Cela n'empêche pas qu'il est surnommé le « cocu »par les villageois. Et détesté par toutes les femmes qu'il a jeté comme un mouchoir en papier après utilisation.

Il ne faudra pas longtemps à Servane pour percer les défenses de Vincent. Cette jeune gendarme, dont c'est la première affectation, lui demande de lui faire découvrir la région. Il la conduit en excursion à travers les sentiers pour arriver sur les berges du lac d'Allos. Elle va découvrir un spectacle grandiose : « Quelques larges plaques de glace étincelante dérivaient à la surface, vestiges de l'hiver si rude à cette altitude. Le ciel et les tours se reflétaient dans ce lac-miroir, y dessinant un relief inattendu. »

Le roman alterne les descriptions de cette nature qui semble tant inspirer Karine Giebel et les moments de tension ou d'action. Ainsi, quand un de ses collègues est retrouvé mort au fond d'un ravin, Vincent ne croit pas à la chute accidentelle. Il va retourner sur les lieux avec Servane et tenter de retrouver les preuves du meurtre qu'il suspecte. Le roman va alors basculer vers sa partie thriller. Vincent devra faire face à certains fantômes du passé. Une épreuve qu'il tentera de surmonter avec l'aide de la belle Servane, de moins en moins insensible au charme du guide.

Si les précédents romans de Karine Giebel étaient courts et incisifs, allant droit au but, celui-ci est plus long (près de 500 pages) et plus abouti. Elle s'est concentrée sur l'exploration de la personnalité de ses deux héros. Le roman y gagne en densité.

« Jusqu'à ce que la mort nous unisse », Karine Giebel, Fleuve Noir, 19 €

 

29/12/2009

Intégrales made in Delcourt

 

sillage_integrale_t_1_a_3_couverture.jpgLes éditions Delcourt se sont fait une spécialité d'éditer des intégrales essentielles en fin d'année. Cela donne de beaux cadeaux, des objets de collection et l'occasion de redécouvrir des séries. Ainsi ne manquez pas le premier tome de l'intégrale de Sillage de Morvan et Buchet. En 150 pages et pour 25 euros vous découvrirez les trois premiers tomes de la série SF de référence de ces 15 dernières années. Autre titre majeur du catalogue Delcourt, « Golden City ». Là aussi ce sont les trois premiers tomes de la BD de Pecqueur et Malfin que vous pourrez déguster d'un coup dans ce volume de la collection Long métrage. Golden City est une ville majestueuse bâtie sur l'océan, à l'abri de la surpopulation et de la violence qui règnent sur le continent. Un pays à part, qui a ses codes et ses secrets. Si vous accrochez, n'hésitez pas à acquérir la nouveauté de cette fin d'année, le tome 8, intitulé « Les naufragés des abysses ». Enfin pour les plus jeunes, ne manquez pas « Le vent dans les saules », la superbe adaptation du roman de Kenneth Grahame par Michel Plessix. Les quatre premiers tomes d'un coup, 126 pages de rêve, pour 25 euros.

 

28/12/2009

Hélène Bruller n'a plus d'amis

 

Love.jpgDans le genre « je dis ce que je pense, même si cela fait mal » Hélène Bruller est championne olympique. Elle s'attaque cette fois à ses amis. Elle l'explique dans une préface destructrice : « Je vais dire plein de gentilles choses sur mes amis... Mais surtout des tas de saloperies au cas où ils m'auraient trahis sans que je le sache ». Et c'est parti pour une revue d'effectif où le cynisme est magnifié par un esprit d'observation exacerbé. Hélène présente sa tribu qu'elle réunit pour un grand repas. De Fabrizio, le hype gay à Loula la bombe, ils en prennent tous pour leur grade. On découvre au passage des personnages que l'on connaît par ailleurs, Humour man par exemple, alias Philippe, le mari de la dessinatrice, également connu sous le sobriquet de Zep. Cela donne une autre vision du créateur de Titeuf. Le portrait de l'éditeur d'Hélène Bruller, Benoît, est lui aussi gratiné. Le mix d'un premier de la classe avec un teenager trash... Un album décapant, qui nous venge d'amis qui nous énervent. Le problème c'est pour Hélène Bruller. Il y a de fortes chances pour qu'aujourd'hui elle n'ai plus beaucoup d'amis...

« Love », Drugstore, 13,90 €

 

08:08 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hélène bruller, drugstore, zep

27/12/2009

Jessica Blandy épicée

Route Jessica 2.JPGAlors que le premier tome d'une intégrale Jessica Blandy est annoncé pour fin février, Renaud et Dufaux poursuivent la publication de ce spin off de la série originale. « La route Jessica » est un road movie mouvementé et sanglant. On suit le parcours de deux mercenaires, des tueurs, Soldier et sa fille. Ils ont une liste de noms. Ils ont pour mission d'éliminer ces personnes. Des hommes et femmes qui gravitent dans l'entourage de Jessica Blandy. Ils pistent donc la belle blonde. Cette dernière est au Mexique. Elle va tenter de sauver son fils adoptif, Rafaelle. Adolescent rebelle, il est sur le point d'intégrer le gang d'Atapulta. Un des plus sanguinaires de la région, dirigé par Anita Royola surnommée Piment rouge. Ce n'est pas parce qu'elle aime cette spécialité locale : « Anita est le piment rouge. Si tu la caresse, tes mains brûlent. Si tu l'embrasses, ta bouche est en feu. Si tu l'aimes, tu ne seras plus que cendres. » Cet album, en couleurs directes, est peuplé de belles femmes, toutes plus cruelles les unes que les autres. D'Anita à Salina en passant par la fille de Soldier ou la mystérieuse infirmière, elles sont toutes élégantes et... sans pitié. Elles font quand même rêver. Comme si la beauté pardonnait tous les excès...

« La route Jessica » (tome 2), Dupuis, 13,50 €

06:42 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : renaud, dufaux, jessica blandy, dupuis

26/12/2009

Sackville sur la frontière

 

Victor Sackville 22.jpgEn bande dessinée, il y a les héros immuables, où chaque aventure n'est qu'une péripétie sans conséquence sur son caractère (Ric Hochet en est l'archétype...) et puis ceux qui évoluent en fonction des événements qui traversent leur existence. Victor Sackville est un bel exemple de cette seconde catégorie, le 22e titre de la série marquant un tournant dans les aventures de ce héros imaginé par Borile et Rivière et illustré par Carin. L'agent secret anglais est envoyé à Anvers en Belgique. Le pays est occupé par les Allemands. Il s'agit pour Victor Sackville et son ami Pavel de trouver le successeur au chef du réseau de résistance de la ville de Vlissuigen, ville frontière essentielle dans la communication des informations collectées par les nombreux espions officiant durant la guerre 14/18. Dans une ville sous la coupe d'un occupant sans pitié, les deux héros vont découvrir que les apparences sont parfois trompeuses. Ils rencontrent Jeanne Laroche, résistante de la première heure, une des plus efficace, mais qui passe aux yeux de la population pour une traître vendue aux Allemands. Une belle parabole sur ces gens ordinaires, agents de l'ombre, mettant l'amour de leur patrie plus haut que leur réputation.

« Victor Sackville » (tome 22), Le Lombard, 10,40 €

25/12/2009

Lanfeust, le retour

Lanfeust Odyssey 1.jpgIl était parti, bien malgré lui, dans les étoiles. Il est de retour dans son monde d'origine. Lanfeust n'a vieilli que d'une année alors que presque 20 ans se sont écoulés en réalité. Se basant sur ce principe qui chamboule tout, Arleston, le scénariste, toujours secondé par Tarquin au dessin, se propose de raconter l'odyssée de Lanfeust, « Lanfeust Odyssey » après consultation des têtes pensantes du marketing des éditions Soleil. Alors que la belle C'Ian, mariée et retirée dans un castel protégé de la magie, élève ses enfants, Lanfeust est obligé de s'inscrire à la faculté pour achever ses études. Dans le même temps, Hébus, le troll, est envoûté et vendu à un vulgaire marchand qui l'utilise à de basses besognes. Ce premier tome est avant tout une mise en place. Il faut redécouvrir les personnages vieillis, Cixi, Nicolède et le fils de C'Ian, le très prétentieux chevalier Alcybiade Or-Azur. Il y a un peu moins de gags, plus d'action et le rythme est plus percutant. Tarquin sur ces 64 pages très dynamiques, a moins chargé son dessin. Il est plus épuré, encore plus en mouvement. Il semble avoir pris beaucoup de plaisir. Un plaisir qui est partagé par le lecteur, fan ou pas de la première série, tant l'ensemble est efficace.

« Lanfeust Odyssey » (tome 1), Soleil, 13,50 €

06:09 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tarquin, arleston, soleil

24/12/2009

La malédiction des trente deniers

 

Blake & Mortimer 19.jpgRepris par Jean Van Hamme au scénario et divers dessinateurs, la série Blake et Mortimer est devenue un des best-sellers de fin d'année. Cette fois, l'illustration de cet album avait été confiée à René Sterne, le créateur d'Adler. Il n'a pu mener à bien son projet, fauché par une maladie foudroyante dans la force de l'âge. Après quelques années de mise en sommeil, « La malédiction des trente deniers » est enfin achevée. C'est Chantal de Spiegeleer, la femme de Sterne, qui a relevé le défi. Le résultat est très concluant, nombre de lecteurs ne voyant aucune différence dans cette passation de témoin en cours d'aventure. Ce 19e titre débute par l'évasion d'Olrik d'une prison américaine. Il va devenir le bras armé d'un nouveau méchant, Belos Beloukian, riche armateur arménien derrière lequel se cache un criminel nazi, cruel et ambitionnant de devenir le maître du monde. Pour cela, il doit mettre la main sur les trente deniers qui représentent le salaire de la trahison de Judas. Ce mélange de croyance religieuse et de mégalomanie fasciste donne le ton incomparable de ces albums. Cette fois c'est Mortimer qui intervient le plus, en Grèce, aux paysages méditerranéens et lumineux.

« Blake et Mortimer » (tome 19), Blake et Mortimer éditions, 14,50 €

23/12/2009

Les voyages de Jonathan

Jonathan intégrale 2.jpgJonathan, série portant sur l'histoire d'un jeune Européen amnésique, découvrant la vie et le Tibet, a lancé la carrière de Cosey. Cet auteur suisse a beaucoup mis de sa propre vie dans cette BD d'aventure penchant de plus en plus vers une certaine quête spirituelle. Dans cette réédition en intégrale (le tome 2 vient de paraître), vous bénéficierez d'un format un peu plus grand permettant de mieux apprécier la finesse du trait du dessinateur, ainsi que d'un dossier de présentation, richement illustré, replaçant ces histoires dans leur contexte historique. Une redécouverte à ne pas manquer. (Le Lombard, 20 €)

06:55 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jonathan, cosey, le lombard

22/12/2009

Romans-photos extrêmes

romans photos choron.jpgHara-Kiri, journal bête et méchant, a marqué plusieurs générations. Les dessins de Reiser, Cabu, Wolinski, les fausses pubs et les romans-photos du Professeur Choron. Le meilleur de ces histoires courtes parodiant les productions style « Nous deux » est repris dans un best-of de 240 pages. Une sélection des récits les plus emblématiques de ces années où tout était permis, où on pouvait rire de tout. Des premières séances en noir et blanc avec les auteurs du journal pour acteurs aux grandes productions avec stars (Renaud, Gainsbourg, Thierry Le Luron, Coluche) et jolies filles dénudées, c'est toute une époque de grande liberté qui revit. (Éditions Drugstore, 30 €)

06:49 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wolinski, choron, hara-kiri

21/12/2009

Franquin, le meilleur

Spirou fantasio intégrale 8.JPGLes éditions Dupuis poursuivent la publication des aventures de Spirou et Fantasio par Franquin en intégrale. Le tome 8 reprend les « Aventures humoristiques » soit les derniers récits signés Franquin pour cette série, sur la période 1961-1968. Avec ces albums, les derniers qu'il réalise pour la série, Franquin accomplit un exploit paradoxal ; nerveusement épuisé, de surcroît lassé par le personnage de Spirou, il livre néanmoins trois ultimes histoires qui feront date dans la série, tant par leur tension graphique que par leur virtuosité narrative. (Dupuis 18 €)

Par ailleurs, Dupuis propose également pour ces fêtes de fin d'année le fac-simile de l'album "Spirou et Fantasio", paru en 1948, regroupant les quatre premières aventures dessinées par Franquin, aventures au cours desquelles il prend ses marques par rapport au style de son maître, Jijé, et affirme progressivement le sien. (Dupuis 32 €)

Trombone illustré.JPGVous pouvez également découvrir une autre facette de Franquin avec la réédition du recueil des 30 exemplaires du Trombone Illustré, le supplément clandestin et adulte publié dans l'Hebdo Spirou à la fin des années 70 et dont il a été le chef d'orchestre. On retrouve au sommaire Delporte, Roba, Jannin et quantité d'auteurs moins marqués jeunesse, de Moebius à Mézières en passant par Tardi ou Brétécher. (Dupuis 70 €)

 

06:17 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : franquin