30/11/2010

Migrateur

 

Terres lointaines 3.jpg

Pas facile de se retrouver seul sur une planète inconnue. Quand Paul Clauden débarque sur Altaïr-3 en compagnie de sa mère et de sa jeune sœur, il ne se doute pas que son père ne serait pas au rendez-vous. Malgré l'adversité, il va tenter de le retrouver, se lançant dans un long périple sur ce monde étrange du à l'imagination de Léo. Ce troisième épisode permet à Paul de croiser de nouveaux personnages, d'un chercheur en biologie à une candidate à la députation en passant par le tenancier d'un tripot qui propose des shows holographiques érotiques. Sans oublier quelques monstres extraterrestres dessinés par Icar qui a la lourde charge d'animer graphiquement les inventions de Léo. Dans le genre, les porquereaux sont aussi originaux que hideux. Rien que pour eux, l'album vaut le détour.

« Terres lointaines » (tome 3), Dargaud, 10,95 €

 

09:43 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : léo, icar, dargaud

29/11/2010

Râleur et Américain de base

 

Tous des idiots.jpg

Les USA ne sont pas exactement comme nous Français les imaginons. La société américaine est beaucoup plus complexe et cet album regroupant quelques reportages dessinés de Peter Bagge en est l'illustration parfaite. Bagge a débuté jeune dessinateur révolté publiant dans des fanzines indépendants. Il a vieilli et depuis a fait son coming out de réactionnaire de base. Exactement il est « libertarien », une idéologie qui prône la liberté individuelle totale. Cela les place à droite quand ils réclament le port d'arme pour tous, à gauche quand ils revendiquent la libéralisation de toutes les drogues. De drôles de zozos, qui se présentent au élections, piquent des voix aux républicains et se lamentent ensuite quand Obama est élu. Peter Bagge, avec un recul étonnant, juge ses compatriotes, ses propres idées et la société dans laquelle il reconnaît qu'il fait bon vivre. Il n'est pas tendre et tape là où ça fait mal, un peu comme un Didier Goux (célèbre blogueur) ricain maniant mieux le pinceau que la paraphrase.

« Tous des idiots, sauf moi », Delcourt, 17,50 €


08:52 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peter bagge, delcourt, outsider

28/11/2010

L'invasion des chats de la mort qui tue

Vous aimez les chats ? Vous aimerez ces livres qui les transforment en héros, désopilants, ridicules ou tendres.

 

Bludzee

bludzee_couverture.jpgUn petit chat noir seul dans un appartement. Le début minimaliste de cette histoire imaginée par Lewis Trondheim se transforme en gros album de plus de 350 pages. A la base, Bludzee est un feuilleton quotidien diffusé sur les smartphones. Un gang par jour durant une année. C'était en septembre 2009 et l'expérience achevée, les arriérés n'ayant pas de bijoux technologiques dans leurs poches pourront savourer les aventures de ce minou espiègle au yeux bleus. Bludzee devra apprendre à se nourrir seul, à surmonter ses peurs, oser sortir de l'appartement, affronter les autres... Une longue et belle initiation au cours de laquelle il va croiser quelques monstres, d'autres chats, des oiseaux, un chien, des insectes et, heureusement, quelques pots de plantes vertes pour s'y cacher. Bludzee qui deviendra le compagnon de Markus, un chat tueur à gages que l'on pourrait retrouver prochainement sous forme de dessin animé. (Delcourt, 25 €)

Simon's cat

Simon's cat 2.jpgLe chat de Simon est de retour pour de nouvelles aventures. Mais cette fois, le gros matou imaginé par Simon Tofield quitte la quiétude du foyer familial pour affronter les rigueurs de la vie. Tout sauf courageux, il aura fort à faire face à cette multitude de dangers, parfois réels, souvent imaginaires. Ce phénomène d'édition international remporte un succès incroyable. Simon Tofield a d'abord posté des scénettes animées sur internet. Le succès aidant, il a décliné son personnage sous forme de petites bandes dessinées muettes ou de dessins gags. C'est hilarant et irrésistible. (Fleuve Noir, 14,90 €)

Chi, une vie de chat

Chi 1.jpgLes chats cela sert à faire rire, mais aussi à émouvoir. Chi, le chaton de la BD japonaise signée de Konami Kanata est une adorable boule de poil qui va faire fondre toute une famille. A la base, Chi se perd lors d'une balade en compagnie de sa maman. C'est un petit garçon qui le découvre, apeuré dans un parc. Chi va gagner une amitié et un foyer. Plusieurs histoires courtes racontent cette adoption avec ses bons et mauvais moments. Comment devenir propre, comment oublier sa maman, comprendre que le grand monsieur est son papa, arrêter de tout casser dans l'appartement : les scènes sont tirées du quotidien, chaque propriétaire d'un chaton se reconnait et se souviendra avec nostalgie de ces moments. En couverture, Chi pleure. Vous risquez vous aussi parfois écraser une petite larme... (Glénat Kids, 10,50 €)

Le chat en cent poèmes

Chat en 100 poèmes.jpgEnfin les chats, compagnons du quotidien, sont souvent source d'inspiration. Les poètes ont régulièrement chanté leurs charmes. En cette période de fêtes de fin d'année, ce joli recueil de plus de 200 pages richement illustrées sera parfait pour tout amateur de félin. « Le chat en cent poèmes » ce sont des textes réunis par Albine Novarino-Pothier, de la nuit des temps aux poètes les plus contemporains. Tous ne sont pas connus, certains sont très célèbres comme Eluard, Colette ou Boris Vian. La magie des mots agit de la même façon qu'un chat, combinaison de cruauté et de tendresse. Avec ou sans griffes, craquez pour les chats ! (Omnibus, 26 €)

27/11/2010

Les aventures de Fred chez les « cocos de l'Est »

 

la_peur_du_rouge_couverture.jpg

Fred Neidhardt est un auteur insaisissable. On sent qu'il rêve d'une carrière classique de dessinateur de BD franco-belge, mais son mauvais fond l'en empêche. Car Fred aime choquer. Il a signé quelques impostures mémorables, dépassant parfois les limites de la bienséance des années 2000. Pourtant, sous ces airs de mauvais garçon, on devine un sentimental. La faute à son enfance, où amour fou le disputait à masturbation frénétique. Après « Pattes d'eph & col roulé », il prolonge ses mémoires de petit garçon avec cette « Peur du rouge » se déroulant au début des années 80. Élevé dans une famille bourgeoise redoutant comme la peste l'arrivée des communistes (les Rouges) au pouvoir dans le sillage de Mitterrand, il relate dans ce long roman graphique une visite en Allemagne, à Berlin exactement. A l'époque, la capitale allemande est toujours partagée par le fameux mur. Privilège du touriste, Fred et ses camarades peuvent le franchir, comparer l'Est et l'Ouest. Le récit oscille entre plaisanteries potaches entre gamins en pleine adolescence rebelle et scènes chocs, notamment quand ils visitent le mémorial à la barbarie nazie. Mais le véritable but du voyage de Fred, c'est la rencontre avec la fille qui hante ses nuits. Il a lu « Moi, Christiane F. 13 ans, droguée, prostituée », est tombé amoureux de ce visage grave en couverture. Il tente de retrouver les lieux décrits par la jeune fille. Les sens aux aguets, il espère sans cesse la voir. Et rêve qu'il la sauve, tel un chevalier blanc... Dans la réalité, cela se passe différemment. Drogués et punks prennent un malin plaisir à faire peur à ce jeune touriste égaré. Fred sera finalement secouru par Günter, un Allemand moderne. Un peu trop au niveau des pratiques sexuelles...

Après ce récit âpre et sans concession, Fred Neidhardt a logiquement voulu passer à quelque chose de plus léger. Il a signé une parodie de Spirou et Fantasio publiée cet été dans l'hebdomadaire du même nom. Son « Spouri et Fantaziz » mode racaille était hilarant. On en retrouve l'essentiel sur le blog de Fred, le Fleurblog.

 

« La peur du rouge », Fred Neidhardt, Delcourt, 13,95 €


26/11/2010

La police est partout

 

Interpol 1.JPG

Cette nouvelle série écrite par Alcante et dessinée par Dupré, pourrait donner l'impression que ces 56 pages ne sont que le prétexte à vanter les mérites d'Interpol, la collaboration de polices du monde entier pour traquer les gangsters. En surface, c'est cela. Mais en grattant un peu la couche de peinture enjolivante recouvrant l'ensemble, on découvre d'autres messages. Le « méchant », Patrice Hellers, n'est pas le tueur que l'on croit. Accusé injustement de viol dans sa jeunesse, il a plaqué son milieu bourgeois pour prendre sa revanche sur la police, les juges et les politiques. Au final, il n'aspire qu'à une vie tranquille en compagnie de sa femme et de son fils. A l'opposé, la « victime », un politicien belge Wallon, a mené sa carrière en attisant les haines entre communautés, s'enrichissant personnellement au passage en magouillant sans vergogne. Les policiers, eux, sont loin de ces considérations. Certes le commissaire Dambre, dans les premières pages se plaint des budgets en baisse votés par le gouvernement, mais il mènera quand même son enquête au bout. Efficace, bien dessinée, pas trop manichéenne : cette série est prometteuse.

« Interpol » (tome 1), Dupuis, 11,50 €


08:34 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alcante, dupré, interpol, dupuis

25/11/2010

Australie profonde

 

Back to perdition 1.jpg

Un bon polar social et dépaysant. C'est l'impression que laisse au premier abord le tome 1 de ce diptyque signé Marie (scénario) et Vanders (dessins). Mais les auteurs vont un peu plus loin dans leur description d'une Australie profonde, marquée par le racisme et la dévalorisation des Aborigènes. C'est aussi une belle histoire d'amour, de celles qui emportent tout sur leur passage. Une ferme de crocodiles dans l'Etat du Nord, près de Darwin. Le propriétaire, raciste et cruel, a une fille, Angie. Angie qui n'a d'yeux que pour Mayaw, le jeune aborigène chargé de nourrir les féroces sauriens. Ils mangent des kangourous, abattus par Bruce, un chasseur blanc, amoureux éconduit d'Angie. Un soir d'orage, Angie et Mayaw se retrouvent, s'aiment et se font surprendre. Ils n'ont plus qu'une solution : fuir le plus loin de Perdition, le nom prémonitoire de la ferme. Ils sillonneront l'Australie, avec un Bruce enragé aux trousses. La couverture, sombre et sanglante de l'album donne le ton de l'histoire. Avec cependant un acteur qui fournit un peu d'air au récit oppressant : les grands espaces australiens.

« Back to Perdition » (tome 1), Vents d'Ouest, 13,50 €


08:43 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marie, vanders, vents d'ouest

24/11/2010

Last Tibet

 

Ric Hochet 78.jpg

Le 78e album de Ric Hochet, sous une couverture classique, n'est pas du tout comme les autres. Cette aventure intitulée « A la poursuite du Griffon d'or » est inachevée. Tibet, le dessinateur, est mort en janvier dernier, alors que moins de la moitié de l'album était finalisé. Les éditions du Lombard ont préféré publier cette œuvre inachevée en l'état. Cela donne un superbe hommage au travail de Tibet, trop souvent considéré comme un dessinateur manquant d'envergure et de talent. Cela permet également au lecteur de découvrir sa technique de travail, car il s'était adjoint l'aide d'un décoriste. En regard de chaque planche terminée (de la 1 à la 17), on découvre l'esquisse du découpage. Le trait de Tibet y est plus relâché, moins rigide. Les planches 18 à 26 ne comportent que les personnages encrés par Tibet, les décors n'étant qu'esquissés. Enfin, les deux dernières planches présentée, les 27 et 28, ne sont que crayonnées. André-Paul Duchâteau, le scénariste, dévoile en quelques paragraphes la fin de l'intrigue. Mais prévient également dans la préface : « Les enquêtes de Ric Hochet, selon la volonté de Tibet, se poursuivront ! ». Il y aura donc un album n° 79.

« Ric Hochet » (tome 78), Le Lombard, 9,95 €

 

08:40 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tibet, duchâteau, ric hochet, lombard

23/11/2010

Prix littéraires : Houellebecq et les autres

Le Goncourt de Michel Houellebecq a fait de l'ombre aux autres lauréats des prix littéraires 2010. Revue de détail.

 

Goncourt.jpgEnfin ! Michel Houellebecq reçoit enfin le Prix Goncourt. Annoncé comme grand favori depuis la rentrée, Michel Houellebecq est couronné ce lundi 8 novembre après un seul premier tour du jury par le plus prestigieux des prix littéraires français. Pourtant, « La carte et le territoire » publié par Flammarion n'est que le cinquième et dernier roman de cet auteur qui sait cultiver le scandale et le mystère. Véritable « showman » sur les plateaux télé, il s'amuse à provoquer, embrouiller ses interlocuteurs, jouer avec eux comme un chat avec une souris. Le roman primé est beaucoup moins sombre que ses précédents écrits. Il se met en scène, se permettant même de se « tuer » sans vergogne...

Déjà en tête des ventes, ce prix (pas forcément mérité cette année mais cela corrige les injustices flagrantes des précédentes sélections) va encore booster un titre déjà traduit dans une trentaine de langues. Un bon début pour aborder l'œuvre « houellebecquienne » dans son ensemble.

 

Despentes et Barcelone

renaudot.jpgLe Renaudot, second prix le plus prestigieux (ou le plus vendeur, c'est selon...) est allé à Virginie Despentes pour son roman « Apocalypse Bébé », locomotive de la rentrée littéraire chez Grasset. Cette fois, c'est une reconnaissance qui arrive à point nommé. L'ancienne égérie trash qui a connu la célébrité avec « Baise-moi » garde les fondamentaux de son univers, avec cependant un peu plus de recul. « Apocalypse bébé » se déroule en grande partie à Barcelone. Page 169, un des personnages y donne ses impressions sur la capitale catalane et ses habitants : « Elle n'est pas faite pour la Catalogne. (...) Elle pensait s'installer dans la ville la plus californienne d'Europe, et elle se retrouve entourée de paysannes mal refaites, inaptes à l'élégance qui parlent fort dans leurs portables et ne savent pas se maquiller. » Et quelques lignes plus loin, ce sont les hommes qui en prennent pour leur grade : ils sont « courtauds, après vingt ans ils perdent leurs cheveux. Ils ne sont ni séducteurs, ni beaux parleurs ni dragueurs et ils sont ventrus avant quarante ans.. l'addition est lourde au final. » Cet extrait, sorti de son contexte, ne donne pas du tout une réelle idée du roman (beaucoup plus profond et sérieux que ces considérations superflues), mais contribue à l'idée de plus en plus répandue que Barcelone n'est plus la ville à la mode.

 

Deuxième prix pour Flammarion

Femina.jpgLa bataille a été très rude pour le Fémina. « La vie est brève et le désir sans fin » (chez P.O.L.) a finalement obtenu sept voix au sixième tour de scrutin contre six à Claude Arnaud pour « Qu'as-tu fait de tes frères ? » (chez Grasset). Le même Claude Arnaud a également raté, toujours d'une voix, le Prix Interallié finalement décerné à Jean-Michel Olivier pour « L'amour nègre » aux éditions de Fallois. L’auteur retrace sur un ton à la fois acide et drôle le parcours d’un petit Africain adopté par un couple de stars hollywoodiennes.

Unanimité par contre, et dès le premier tour, pour « Naissance d'un pont » de Maylis de Kerangal (aux éditions Verticales) qui s'octroie le Médicis. Ce livre part d'une ambition à la fois simple et folle : raconter la construction d'un pont suspendu quelque part dans une Californie imaginaire à partir des destins croisés d'une dizaine d'hommes et femmes, tous employés du gigantesque chantier.

Enfin « l'anti-Goncourt », le prix Décembre, est revenu à Frédéric Schiffter, l’auteur de « Philosophie sentimentale ». Une seconde récompense pour Flammarion qui a fait son grand retour dans la cour des grands. Par contre c'est une rentrée blanche pour Gallimard et le Seuil, désespérément absents de ce palmarès.

22/11/2010

La véritable histoire de Julius

 

Troisième testament julius 1.jpg

Série mythique des années 2000, « Le troisième testament » s'offre une cure de jouvence en suivant les premiers pas de Julius, le prophète oublié de Samarie. Si Dorison est toujours au scénario, Alex Alice s'est contenté du storyboard, laissant le dessin final à Robin Recht. Trente années après la mort du Christ, la Palestine est toujours sous la coupe des Romains. A leur tête le général Julius Publius Vindex. Il est cruel, massacrant Juifs et Chrétiens comme on sort soin chien. C'est au sein de cette dernière « secte » qu'il va recruter un homme, calme et non-violent, factotum qui lui permettra de conquérir le pouvoir. Mais son plan échoue par la faute de sa fille et il se retrouve prisonnier, avec le Chrétien, dans des mines de souffre. C'est là que le général sans cœur va se transformer en prophète. Passionnant, même si l'histoire des religions ne vous intéresse que très moyennement.

« Le troisième testament » (tome 1), Glénat, 14,99 €


21/11/2010

Chosp : petit et vilain dans un monde "parfait"

 

Chosp 1.jpg

Alessandro Barbucci, en quelques années, est devenu un des dessinateurs les plus lus du monde entier. Pourtant il a débuté au bas de l'échelle. Pour les éditions Disney, durant 10 ans en Italie, il a peaufiné son trait rond et souple en produisant des centaines de planches. Il a décollé en créant, avec Barbara Canepa, WITCH, des histoires de sorcières plus spécialement destinées aux adolescentes. Ensuite il a conquis les adultes avec Skydoll tout en creusant la filière fantastique avec Monster Allergy. Aujourd'hui Barbucci lance une nouvelle série et ses nombreux fans ne devraient pas être déçus en découvrant les 128 pages constituant les premières aventures de Chosp. Dans Tee-Ville, tout est luxe, glamour et beauté. La femme du gouverneur, la très belle Stella Star, a pourtant un secret, un enfant caché peu présentable, Chosp, car il a des cornes, une queue et des dents acérées. Chosp a l'insouciance de sa jeunesse et, en compagnie de son amie Melany, il va tenter de découvrir qui sont ses véritables parents.

"Chosp" (tome 1), Soleil, 12,90 €


09:21 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : barbucci, chosp, soleil