30/11/2011

Les préservatifs Durex mis à l'index pour des tweets trop politiquement incorrects

Durex, tweets, publicité, afrique du sud

« Pourquoi Dieu a-t-il donné un pénis aux hommes ? Pour avoir au moins un moyen de faire taire leurs femmes » Cette plaisanterie d'un goût plus que douteux est en fait une publicité. Durex, la marque de préservatifs, a lancé une campagne sur Twitter en Afrique du Sud. Sous le mot-clé #durexjoke, les publicitaires ont tenté de faire rire les internautes avec des histoires salaces.

En pleine campagne contre les violences faites aux femmes, ce tweet (et d'autres du même acabit) a fait bondir les féministes. Et de dénoncer une incitation à la violence alors même qu'un récent sondage révéle qu'un Sud-africain sur quatre a violé une femme dans son existence. Conséquence, les #durexjoke se sont transformées en catastrophe pour la marque. Avec excuses officielles et retrait des tweets.

Les associations féministes sont également montées au créneau au Kansas récemment. Coupes budgétaires au niveau fédéral oblige, la ville de Topekadevait récupérer le financement du tribunal. Trop cher pour les élus. Et le conseil municipal, pour alléger la facture et avoir un moyen de pression sur l'Etat, décidait de dépénaliser le principal délit pourvoyeur de procès : les violences domestiques. Durant plus d'un mois, les maris violents étaient relâchés par la police, faute de loi... Le bras de fer financier est terminé, les maris violents sont à nouveau poursuivis, mais une dizaine de femmes en garderont la trace, dans leur chair, jusqu'au plus profond d'elles-mêmes.

Et pour se réconcilier avec la marque de préservatif, une publicité canadienne très réussie :

29/11/2011

Les amish ont la barbe susceptible

Amish, barbe

Couper une barbe peut vous conduire en prison. Et y rester à vie.

Aux USA, dans une communauté Amish, les divergences de vues se règlent avec une paire de ciseau. Sept hommes viennent d'être arrêtés car ils avaient coupés, sous la contrainte, barbe et cheveux à des coreligionnaires, nous apprend un reportage de CNN repris partout sur internet.

Les Amish, communauté protestante connue pour son rejet de la vie moderne (pas d'électricité ni de voitures, mêmes habits qu'au 17e siècle) sont également non violents. Beaucoup ont rejoint le Nouveau monde après la révolution française, à l'instauration du service militaire obligatoire. Cette non violence n'empêche pas les dissensions. Samuel Bullet, un patriarche régnant sur une communauté de 200 âmes à Bergholz dans l'Ohio, a été excommunié récemment pour des soupçons d'attouchements sexuels. Pour se venger, il a mis en place des expéditions punitives avec quelques-uns de ses fidèles. Ils coupaient les barbes des hommes et les cheveux des femmes. La tradition Amish veut qu'une fois mariés, les hommes se laissent pousser la barbe (tout en se rasant la moustache) et les femmes ne se coupent plus les cheveux (tout en les dissimulant sous une coiffe).

Mais en s'attaquant à ces symboles de leur appartenance à une communauté, Samuel Bullet se rend coupable de discrimination religieuse. Et aux États-Unis, on ne plaisante pas avec ça. Il risque, lui et ses six complices, une peine de prison à vie. Ce serait cher payé pour quelques coups de ciseau.

13:40 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : amish, barbe

28/11/2011

Tiré par les cheveux...

Cheveux, iroquois, coupes ratées, footballeurs, Georges Clooney

Khalel a 10 ans. Il est allé chez le coiffeur. Depuis, Khalel a envie de mourir...

Fan de Ronaldo, il a demandé la même coupe que son footballeur préféré. Il arbore une « petite crête sur le dessus et le long de la tête, ce qu’il décrit comme un dégradé à l’espagnol » explique un article sur le site du Parisien, édition du Val d'Oise.

Dans un premier temps, Khalel est très fier de son nouveau look. C'est sans compter sur le jugement de sa maîtresse. « On dirait un Iroquois ! » s'est-elle exclamée. Et de convoquer Khalel et ses parents chez le directeur pour « coiffure extravagante ». Le gamin a ressenti ces remarques comme une humiliation, un véritable traumatisme. Depuis, « il me dit qu'il a envie de mourir » raconte sa mère très remontée contre l'enseignante. La coiffure ? elle la qualifie simplement « d'originale ». Plutôt que de chercher des noises à la maîtresse, la famille devrait s'en prendre aux footballeurs. De tous temps ils ont été épinglés pour leurs coupes étranges pour ne pas dire ratées, hideuses, ridicules...

Certes Khalel est malheureux aujourd'hui. Mais dans dix ans, quand il se reverra en photo, sa honte sera décuplée. C'est la loi de la mode capillaire : « Plus le temps passe, plus on trouve ses goûts d'antan à vomir. » De la raie sur le côté aux cheveux longs en passant par la coupe au bol, toutes les générations sont passées par là.

Et que Khalel se console : les cheveux ça repousse.

27/11/2011

Au coin de l'épicerie, il s'en passe de belles d'après Ducoudray et Singelin

 

Grocery, Ducoudray, Singelin, Ankama

Grocery, Ducoudray, Singelin, AnkamaLe père d'Elliot vient d'acheter l'épicerie de ce quartier de Baltimore. The Grocery est un lieu de passage, de rencontre, de convivialité. Elliot, surdoué un peu timoré, aura quelques difficultés à se faire des amis dans un premier temps. Mais sa rencontre avec Sixteen va débloquer la situation. Sixteen est le chef de la bande des Cornerboys. Ils vendent toute sorte de drogues dans le secteur. Cette BD écrite par Ducoudray (La faute aux Chinois) et dessinée par Singelin est une critique au vitriol de l'Amérique contemporaine. Autour de l'épicerie vous croiserez également Wash, un ancien marine complètement paumé depuis son séjour à Bagdad, des familles se retrouvant à la rue après la saisie de leur maison par les banques ou Ellis One, le caïd de retour sur ses terres après avoir survécu à la chaise électrique. Le monde très gentillet d'Elliot est en total décalage avec la loi de la rue imposée par Ellis One ou les banques. C'est hyper réaliste, même si les personnages ont des anatomies de lézards, d'ours ou de têtards.

 

« The Grocery » (tome 1), Ankama, 19,90 €


 

10:27 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grocery, ducoudray, singelin, ankama

26/11/2011

Malheur, deux sœurs ! Des sisters irrésistibles chez Bamboo

 

William, Cazenove, Sisters, Bamboo

William, Cazenove, Sisters, BambooWendy serait heureuse s'il n'y avait pas Marine, sa petite sœur, pour s'intéresser à tout ce qu'elle fait. Par contre, Marine serait très malheureuse s'il n'y avait pas Wendy, sa grande sœur, déjà adolescente et même assez âgée au point de faire "des kiss avec la langue à son namoureux" , Maxence. Wendy et Marine, le nouveau duo comique de la BD qui cartonne chez les plus jeunes. Cazenove (scénario) et William (dessin), en se lançant dans le récit des relations pour le moins heurtées de ces sœurs, ne se doutaient certainement pas du succès considérable de cette série inspirée de la vie de famille du dessinateur. La nouveauté bénéficie d'une mise en place de 100 000 exemplaires, un des plus gros tirages de cette rentrée. Wendy, l'aînée, flirte de plus en plus. Marine est particulièrement intéressée par cette pratique qui la fascine tout en la répugnant. Un regard amusé sur les premiers émois sentimentaux qui permet à toute lectrice entre 7 et 15 ans de se reconnaître sans peine. Car il faut préciser que ces gags s'adressent plus spécialement à la gent féminine.

 

« Les Sisters » (tome 6), Bamboo, 10,40 €



09:04 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : william, cazenove, sisters, bamboo

25/11/2011

Amour et flingues dans "Le temps de vivre" de Piatzszek et Séra chez Futuropolis

 

Piatzszek, Séra, Le temps de vivre, Futuropolis

Piatzszek, Séra, Le temps de vivre, FuturopolisImpossible de faire plus sombre que la nouvelle BD écrite par Stéphane Piatzszek. Après « Fête des morts », déjà assez gratinée côté pessimisme, voici « Le temps de vivre ». On pourrait d'ailleurs prolonger le titre pour qu'il soit plus explicite : « Le temps de vivre... est court avant de mourir. » Séva vit de petits boulots pas toujours très honnêtes, jamais bien payés. La discipline dans laquelle il excelle ne lui sert plus : tireur d'élite. Séva aime Mona, la patronne d'un café de cette banlieue sans âme. Mais Mona est toujours sous la coupe de Mario, le père de sa fille, Agathe. Mario est un voyou de la vieille époque. Il est sur le point de passer la main. Les bandes de jeunes des cités se sentent de plus en plus à l'étroit. Ils veulent « acheter » le secteur de Mario. Un marché de dupes. Mario sait qu'il a toutes les chances d'être abattu une fois la transaction effectuée. Il demande donc à Séva de le protéger, lui promettant à la clé un pactole pour qu'il puisse aller s'installer au Sud avec Mona et Agathe. Cette intrigue, complexe, aux nombreux rebondissements, est illustrée par Séra. Fonds noirs, grandes cases, dessins pleine page, il rend l'ambiance encore plus trouble. Plus qu'une simple BD, un roman graphique, mais noir, très noir.

 

« Le temps de vivre », Futuropolis, 20 €


24/11/2011

Deux voyous et la nature

Ce roman policier signé Bruno Gallet se déroule en grande partie sur le Causse. Deux jeunes voyous vont y rencontrer une nature rédemptrice.

 

Bruno Gallet, Anne Carrière, Causse, polarBien plus qu'un simple roman policier, « Des voyous magnifiques » de Bruno Gallet est aussi un formidable voyage dans la nature rude du Causse en hiver. Elle va s'imposer comme le véritable personnage central d'un roman virant au final à la quête rédemptrice.

 

Tout débute dans une petite ville du Sud des Alpes. Tuscan et Abel ont décidé de braquer une banque. Les deux amis, un peu voyous, surtout marginaux, n'ont pas préparé grand chose. Abel attend dans la voiture, Tuscan se dirige vers les guichets. Il croise le directeur, lui explique qu'il doit ouvrir le coffre, tout en le menaçant d'un fusil de chasse. Manque de chance, le rond-de-cuir veut jouer aux héros. « La déflagration retentit alors, faisant exploser sa tête comme les melons pourris qu'Abel jetait autrefois du pont de Plan-d'Orgon sur le pare-brise des voitures qui, en dessous, filaient sur l'autoroute. »

Sous la neige

 

Un braquage calamiteux qui continue à tourner vinaigre quand Abel ne parvient plus à démarrer la voiture volée quelques heures plus tôt. C'est à pied que les deux apprentis gangsters prennent la fuite, sous les regards de plusieurs témoins. A un feu rouge, ils montent d'autorité dans une camionnette frigorifique et poursuivent leur cavale vers les montagnes. C'est une idée de Tuscan, le leader, le cerveau du binôme.

 

La neige commence à tomber et partir vers les hauteurs est très risqué. Un plan qui paye, ils ne croisent pas une seule voiture de gendarmerie. Après un grand détour, ils reprennent la direction de leur planque, la maison de la sœur de Tuscan, sur le Causse.

 

Tout se passe bien au début et à nouveau la malchance. Pris en chasse par des gendarmes, sur une route de montagne rendue glissante par la neige, ils chutent dans un ravin. Cela leur permet d'échapper aux forces de l'ordre, mais les oblige à poursuivre leur route à pied. Et accompagné car ils font une étonnante découverte à l'arrière du véhicule volé.

 

Nature grandiose... et hostile

 

Le roman prend alors son envol humaniste et naturaliste. Humaniste car Abel et Tuscan, dont on apprend l'enfance par brides distillées par l'auteur, se révèlent plus gamins perdus que grands bandits. Certes ils sont malhonnêtes, mais c'est pour survivre. Et ils ont plus de compassion pour leur prochain que des notables bien sous tous rapports. C'est en débutant leur cavale à pied que la nature entre en force dans le roman. Cela donne des passages d'une grande beauté comme cette découverte, par Abel, du Causse : « Bientôt le sol se couche sous leurs pas et aux effluves gras des terres d'en bas succède progressivement le parfum âpre et poivré du Causse. Le talus qui leur masquait la vue bascule alors devant eux pour dévoiler d'un coup un plateau fluorescent raboté par les vents et filant sous une lune platine jusqu'à un horizon impeccablement rectiligne. Au-dessus, le ciel a des airs de planétarium tant la lumière des étoiles qui le tapissent paraît artificielle. » La nature ne se montrera pas très généreuse pour les fuyards. Ils parviendront cependant à se cacher des forces de l'ordre, découvrant les entrailles de la région avec leur petit fardeau mais si encombrant.

 

Un road movie sans route ni voiture, mais au cœur d'une région merveilleusement décrite par Bruno Gallet.

 

 

« Des voyous magnifiques », Bruno Gallet, Anne Carrière, 18,50 €

23/11/2011

Poésie champêtre avec l'intégrale de Sibylline de Macherot (Casterman)

 

Macherot, Sibylline, Casterman, BD animalière

Macherot, Sibylline, Casterman, BD animalièreChlorophylle, Chaminou, Sibylline... la bande dessinée animalière était très à la mode à une certaine époque. Et le pape du genre était Raymond Macherot. Ses petits personnages étaient des vedettes des hebdos pour jeunes durant les années 50 à 70. Ce dessinateur poète, récemment disparu (en 2008), sort de l'oubli avec le premier tome d'une superbe intégrale des histoires de Sibylline. Une petite souris vivant dans un monde champêtre dont le calme est sans cesse remis en cause par les manigances du méchant de service, le rat Anathème. Dans ces 200 pages vous relirez les récits complets publiés entre 1965 et 1969, avec de très nombreux inédits en albums. Une bouffée de poésie champêtre.

 

« Sibylline, l'intégrale » (tome 1), Casterman, 25 euros

22/11/2011

Humour familial avec la réédition de César de Tillieux chez Dupuis

 

César, Tillieux, Dupuis

César, Tillieux, DupuisMaurice Tillieux, auteur complet des éditions Dupuis, a marqué deux décennies de lecteurs. Par ses séries d'action (Gil Jourdan, Félix, Tif et Tondu) mais également ses productions humoristiques. César, personnage principal de 299 gags, a débuté sa carrière en 1959. Cette ultime édition intégrale reprend toutes les planches et les couvertures de Spirou. C'était de l'autofiction avant la lettre puisque le créateur belge s'inspirait de sa vie pour se moquer de ce dessinateur de cartoon. César avait toutes les difficultés à se concentrer sur son travail quand sa petite fille, l'espiègle Ernestine, était dans les parages. On redécouvrira avec ravissement le ton moderne et novateur typique des BD de Tillieux.

 

« César, l'intégrale », Dupuis, 39 euros

 

 

 

21:43 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : césar, tillieux, dupuis

21/11/2011

RIP Agnès

 

 

Rip Agnès, Agnès, Meurtre

Ceux qui doutent qu'Internet fasse partie de la vraie vie pourraient réviser leur jugement après ce qui vient de se passer, notamment sur les réseaux sociaux, ce week-end. Le viol et le meurtre de la jeune Agnès par un récidiviste de 17 ans s'est transformé en tsunami de compassion et de rage. Sur Facebook, les pages « Soutien à Agnès et sa famille » et « Hommage à Agnès » ont été partagées plusieurs milliers de fois, les messages fleurissant, tels des couronnes mortuaires, sur le mur à un rythme continu. Les textes d'espoirs du début se sont transformés en condoléances dès vendredi soir. Puis en diatribe contre le jeune Gardois quand les enquêteurs ont détaillé l'horreur des faits.

 

Internet n'est qu'un outil. Il n'est rien sans les hommes et femmes qui sont derrière leurs claviers. Dans le cas de ce fait divers, les réactions sur Facebook ou Twitter (le mot clé #RIP Agnès a été le plus utilisé de ces trois derniers jours) ne sont que le reflet du sentiment général de la population. Plus qu'un sondage grandeur nature, c'est le pouls de l'opinion. « Agnès : les ados pleurent ou crient leur colère cet après-midi sur les réseaux sociaux » constatait Laurent Guimier, d'Europe 1. Mais cela va plus loin. Toutes les tranches de la population sont représentées, sans distinction d'âge, de milieu, de religion ou de sexe. Et avec une constante alarmante : il faut rétablir la peine de mort.