31/08/2012

Et si vous changiez de réseau social ?

A l'heure où l'action Facebook joue au yo-yo, le leader mondial des réseaux sociaux doit faire face à l'arrivée de concurrents inspirés directement de son concept. Cet été est apparu, en version bêta, Thechangebook.org. Ça ressemble à Facebook, ça a le goût de Facebook, mais c'est différent. Les créateurs expliquent « Thechangebook fonctionne sans publicité. Il est financé par Actualutte qui est garant de la préservation de l'identité des membres du réseau. » Pour Actualutte, Facebook fait trop penser à un Big Brother puissance un milliard (le nombre d'abonnés), à l'affût des goûts de chacun pour ensuite revendre ces informations aux sociétés mercantiles.

La société de Mark Zuckerberg doit également faire face à une initiative élitiste. L'entrepreneur suédois Erik Wachtmeister va lancer un réseau social visant les « 1% au sommet », appelé Best of All Worlds. Selon M. Wachtmeister, « les 1% au sommet des internautes, des personnes qui sont en pointe dans leur domaine : banquiers d'affaires, gens de la communication et des médias, de la mode, de la politique... Il ne s'agit pas de la jet-set ou des riches, mais de gens sophistiqués qui ont bon goût ». Sympa pour les 99% restants.

Quant au meilleur, toujours pour la fin ! La semaine prochaine vous pourrez vous inscrire sur flèchebook, le réseau social du paléolithique. Un site dérivé de la série animée « Silex and the city » adaptée de la BD de Jul. Tous les soirs à 20 h 45 sur Arte à partir de lundi. A ne manquer sous aucun prétexte.

En bonus, très bonne interview de Jul sur France Info :



Jul : Silex and the City, un voyage au... par FranceInfo

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce vendredi en dernière page de l'Indépendant.

30/08/2012

Appétissante "Brioche" confectionnée par Caroline Vié pour Lattès

Caroline Vié, critique de cinéma, signe un premier roman plein de malice sur un milieu qu'elle connaît parfaitement

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Mais qui est cette brioche, personnage principal du roman ? Le lecteur, au fil des pages, tentera de mettre un nom sur cette star américaine, objet de tous les fantasmes de la narratrice. Tout le roman est bâti comme une longue lettre s'adressant directement à l'être adulé, jamais nommé, dont le nom est remplacé par trois points de suspension. Un jeu souvent amusant, parfois énervant tant il se complique et devient dramatique sur la fin.

La narratrice de « Brioche » est journaliste critique de cinéma. Un milieu que connaît très bien Caroline Vié, l'auteur, pour s'y être fait une signature depuis quelques années. On sent qu'une bonne partie du roman est directement inspiré de souvenirs réels. Interviews à la chaîne sous le dictat d'attachés de presse hystériques, invitation à des premières en province ou des festivals moins bling bling que Cannes : ces passages réjouiront les cinéphiles curieux des coulisses. C'est croqué avec humour et malice. Mais ce n'est que l'enrobage de l'histoire.

 

Coup de foudre

En fait, cette pigiste, toujours prête à dire oui à son rédacteur en chef, a un peu décroché de la réalité. Tout commence lors d'une séance de promotion d'un film où ce mystérieux acteur a le premier rôle. Il renverse son coca light sur le cachemire de la journaliste. S'excuse platement sans se rendre compte qu'il vient de déclencher une machine infernale nommée coup de foudre. En cours d'entretien, elle constate, mais sans oser lui dire de vive voix, « Ta beauté m'est apparue comme une évidence. J'ai compris ce que signifiait le mot perfection. Tu en étais le synonyme, mieux l'incarnation. Je ne voyais plus que la forme de tes lèvres charnues comme la guimauve des petits nounours en bombec. Je t'ai contemplé. Tu ressembles à une brioche. »

 

Cinéma et folie

Parmi les indices, la star a dix kilos de trop. Des rondeurs qui vont faire dérailler la critique. Elle ne vivra plus que dans l'attente d'une nouvelle rencontre. Passent quelques mois. Enfin le retour. Nouvelle rencontre. Joie, il la reconnaît. Mais cela ne va pas plus loin.

La journaliste, qui habituellement évite ces voyages organisés, accepte une invitation dans un festival exotique. Ce n'est pas la qualité de la sélection qui l'a décidée, simplement le fait que sa brioche préférée serait présente.

Après, sans trop en dévoiler, leurs relations se compliquent. Elle a enfin sa star pour elle toute seule. Mais pas sans quelques larmes. De lui : « Que tu as de la chance, mon amour, tu fais partie de cette rare catégorie que les larmes embellissent. Elles ne te défigurent pas. Elles coulent le long de tes cils recourbés laissant de longues traces salées sur tes joues. »

Ce premier roman de Caroline Vié parle de cinéma et de folie, deux sujets très semblables finalement.

Michel LITOUT

« Brioche » de Caroline Vié, Lattès, 17 €


29/08/2012

Baldassare en Europe

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Suite de la superbe adaptation en BD du roman d'Amin Maalouf par Joël Alessandra. Baldassare, bouquiniste au Liban, acquiert par hasard le livre maudit, celui qui révèle le centième nom de Dieu. Il le vend à un noble Français et pris de remord décide de le récupérer. Après Constantinople, le héros se rend à Smyrne avant de prendre la direction de l'Europe, l'Italie, Amsterdam puis l'Angleterre. Le livre occupe toujours une place prépondérante, mais on suit aussi avec beaucoup d'intérêt l'histoire d'amour compliquée entre le bouquiniste et une veuve qui, finalement, ne l'est pas tant que cela... Un jeune héros qui a définitivement beaucoup de succès avec la gent féminine, partageant rapidement la couche d'une rousse irlandaise, propriétaire d'une taverne londonienne. Et pour les amateurs de bonne littérature, le nouveau roman d'Amin Maalouf, « Les désorientés », sort chez Grasset le 5 septembre.

« Le périple de Baldassare » (tome 2), Casterman, 14 €


28/08/2012

Comme un décalage entre vacances et rentrée

 

 

Il y a comme un décalage dans l'air. Nous sommes en août. Les températures sont plus qu'estivales. Les touristes sont toujours là en masse. Et pourtant flotte dans l'air comme un air de rentrée. Sur les réseaux sociaux, les blogs ou les sites, le mot « reprise » revient en boucle.

Pourquoi cette frénésie de se coltiner à nouveau les soucis d'un quotidien plombé par la crise ? Profitons de ces derniers jours. Enfin, si l'on peut. La famille qui va au ravitaillement (chips, grillades, soda, crème solaire) se trouve happée, dès son entrée au magasin, par des monceaux de fournitures scolaires diverses et variées à l'effigie de Dora ou Batman. Difficile de détourner l'attention des enfants. D'autant que les rayons jeux de plage ont quasiment disparu.

Les mères de famille les plus consciencieuses pourront allier plaisir et efficacité grâce à internet. Plutôt que de bronzer idiot, pourquoi ne pas faire vos courses sur la plage grâce à votre smartphone ? Il suffit de se connecter sur un site de vente par correspondance. Si vous planifiez bien vos achats, les paquets arriveront à domicile en même temps que vous. Et puis à choisir, utilisez la plateforme www.rentreediscount.com vous ferez travailler l'industrie locale. Élu meilleur site de fournitures scolaires en 2011 par Famille de France, la société est basée dans l'Aude et fait travailler des dizaines de personnes dans son centre logistique de Pomas près de Limoux. Voilà vraiment ce qui s'appelle joindre l'utile à l'agréable.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET (MÊME L'ÉTÉ)" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant.

27/08/2012

Lady Spitfire : la fille de l'air

 

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La guerre est une affaire d'hommes. Pas sûr en lisant cette BD écrite par Latour et dessinée par Maza. L'héroïne, Laure Chevalier, est une passionnée d'aviation. En 1940, avec son père un ancien as de la 1ere guerre mondiale, elle rejoint l'Angleterre pour échapper aux hordes nazies en train de déferler sur la France. Elle se retrouvera orpheline, avec une farouche volonté de se venger et de voler. Cantonnée au début dans les transports de troupes en dehors des zones de combat, Laure devra se faire passer pour un garçon afin d'intégrer une escadre de chasseurs. Avec la complicité d'un chef excentrique, elle prendra enfin les commandes d'un Spitfire et pourra démontrer sa virtuosité dans le combat aérien. Cette reconstitution romancée de la guerre côté anglais bénéficie de dessins réalistes dignes des plus grandes séries du genre, de Buck Danny aux Chevaliers du Ciel.

 

« Lady Spitfire » (tome 1), Delcourt, 14,30 €


 

26/08/2012

Rire en marchant en compagnie des randonneurs de Cazenove et Jytery

 

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Dix ans que Cazenove écrit des scénarios humoristiques. Dix années, des milliers de gags, des séries à succès et toujours le même enthousiasme, la même simplicité qui fait mouche à chaque coup. Les éditions Bamboo ont tenu à lui rendre hommage cette année en éditant quelques albums en grand format. Mais cela n'a pas empêché ce stakhanoviste de la rigolade de signer des albums « normaux ». Les Fondus, sous le pinceau de Jytery, partent faire de la rando. Une source de situations cocasses pour cette bande qui a déjà fait rire des milliers de lecteurs en bricolant, jardinant ou à moto... Dans un style franco-belge du plus bel effet, vous suivrez des adeptes du trekking, capables de rejoindre le Népal à pied, ou s'émerveiller pour quelques particularités géologiques rares. Beaucoup présentent Cazenove comme le successeur de Cauvin. Il est vrai que comme le créateur des Femmes en Blanc ou de Cédric, il « dessine » ses scénarios.

 

« Les fondus de la rando », Bamboo, 10,60 €


 

25/08/2012

Restaurer, tout un art mis à mal dans une église espagnole

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Magie du net, le barbouillage d'une mamie espagnole octogénaire vient peut-être de donner naissance à une nouvelle école de peinture !

Tout commence dans l'église de Borja en Espagne. Une paroissienne, désolée de voir une peinture murale du Christ se détériorer, décide de la restaurer. Le résultat est catastrophique. Le visage de Jésus semble peint par un enfant de 5 ans. « La pire restauration de tous les temps » titrent les journaux espagnols, repris dans le monde entier.

Dans un premier temps, tous se gaussent. Puis cette restauration donne des idées. Et chacun de transformer son œuvre préférée. Le visage « made in Borja » inonde le net. C'est laid, mais tellement présent que l'œil s'habitue. En quelques jours, l'initiative de cette grand-mère, totalement dénuée de talent mais pleine de bonne volonté, fait boule de neige. Une page Facebookvient de voir le jour.

Deux écoles s'affrontent. La première prend le tableau original et y met un autre visage, de célébrité généralement. En opposition, l'autre ne garde que le visage du Christ (celui dessiné par l'octogénaire) et le colle sur d'autres œuvres mythiques. L'effet est saisissant. La Joconde perd son sourire, les participants de la Cène se ressemblent tous, le Cri de Munch devient un dessin d'humour... Une vague de fond énorme, la mode pourrait devenir une école.

Et dans la vraie vie ? Jamais le village de Borja n'a accueilli autant de touristes !

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET (MÊME L'ÉTÉ)" parue en dernière page de l'Indépendant ce samedi.

Chronique : Aimons-nous vivants

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Le Festival Trenet se déroule actuellement à Narbonne. Manifestation qui rend hommage à la chanson française. Le « fou chantant », décédé en 2001, reste très présent dans l'esprit des gens. Jeudi soir, Juliette Gréco était sur scène. Étonnement de Kevin (mon double virtuel, âgé de seulement 22 ans pour comprendre les djeuns et un peu limité question culture générale) : « j'croyais qu'elle était morte Juliette Gréco » Argl ! Je m'étrangle ! Non, cette grande dame de la chanson française continue les galas.

Kevin est victime d'un dommage collatéral des rumeurs infondées du net. L'interprète de « Déshabillez-moi » n'en a pas été la cible directe contrairement à certains. Rien que cet été Elie Seimoun est passé de vie à trépas en quelques tweets malveillants. Internet, friand de quizz, n'a pas encore osé lancer un questionnaire sur les chanteurs où les réponses seraient 1 : mort, 2 : vivant, 3 : prétendu mort, 4 : oublié. Exemples. Jacques Brel : mort (mais comme Trenet, on l'adule toujours). Johnny Hallyday : vivant (après une quasi résurrection). Pascal Sevran : prétendu mort... puis mort pour de bon. Charlotte Julian : vivante (et en tournée avec Age tendre). Stone et Charden : attention, il y a un piège, à moitié mort seulement.

En conclusion, comme le chante le grand poète François Valéry (vivant, mais un peu oublié quand même) « Aimons-nous vivants, n'attendons pas que la mort nous trouve du talent. » Bon, dans son cas, ça risque prendre du temps...

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET (MÊME L'ÉTÉ)" parue ce vendredi en dernière page de l'Indépendant.

PS : Dans la version publiée ce vendredi matin j'évoquais brièvement les rumeurs sur l'état de santé de Jean-Luc Delarue. Tragique coïncidence, l'animateur de télévision est décédé cette nuit d'un cancer de l'estomac.

24/08/2012

Vierge vengeresse, nouvel épisode du Zodiaque signé Corbeyran et Lannoy

 

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La série « Zodiaque » écrite par Corbeyran et illustrée par douze dessinateurs différents, est arrivée à mi-course. Après le Lion, c'est la Vierge qui est sous les projecteurs. Celle qui porte le talisman magique (le lien entre tous les albums) a l'apparence d'une petite employée de bureau russe. Quasi invisible, sans personnalité. Selena Takian a pourtant un un vice, un seul et unique vice : la littérature. La nuit, elle devient Elena Satanik et écrit des romans à succès « gorgés d'orgies décadentes et de meurtres épouvantables. » Sa vie va basculer à la fin d'une dédicace. Dans une rue déserte elle est enlevée par quelques moralisateurs. Ils improvisent un procès et condamnent Elena Satanik à la peine de mort. Ils risquent de le regretter un peu plus tard, le talisman de Selena lui permettant de fomenter une vengeance redoutable. Un peu faible au niveau du dessin de Nicolas Lannoy, cet album ravira cependant tous les amateurs de fantômes et de revenants.

 

« Zodiaque, le supplice de la vierge », Delcourt, 13,95 €


 

Cassoulet for ever

Si vous êtes en vacances dans la région et que vous avez envie de souvenirs typiques, voire exotiques pour tous ceux qui sont du nord de la Loire, ne manquez pas la fête du Cassoulet à Castelnaudary. Une semaine de réjouissances autour de ce plat local, sujet propice à toutes les blagues à base de « pets », « prouts » et autres « flatulences ». Le cassoulet a inspiré nombre de chansons. Le groupe Bistek s'y est essayé. « Ça pète » a souffert d'un titre réducteur malgré un air entraînant. Récemment, Régis Delapiège a enregistré « Cassoulet song ». Cette ritournelle très terroir joue sur tous les clichés véhiculés par ce plat roboratif à l'image très franchouillarde.

 

Pourtant le cassoulet a été une star du web mondial ces dernières années. La faute à des plaisantins qui ont déployé une immense banderole « Cassoulet for ever » dans la foule de supporters de Barack Obama en train de fêter la victoire du candidat démocrate. « Cassoulet, what is it ? » se sont demandés des internautes et toutes les télévisions US. Voilà comment le plat du Lauragais se retrouve associé au premier afro-américain élu à la tête du pays le plus puissant du monde. Le challenge, maintenant, c'est de réussir à convaincre Obama de participer à une cérémonie d'intronisation de la Grande confrérie du cassoulet. Avouons que cela aurait un impact médiatique énorme de voir Barack dire, la main tendue au-dessus de la cassole sacrée : « Yes, we can... soulet ! »

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET (MÊME L'ÉTÉ)" parue en dernière page de l'Indépendant mercredi 22 aout.

 

09:07 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cassoulet, obama