31/10/2012

BD : duel de femmes fatales dans "Nico" de Berthet et Duval

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La guerre froide bat son plein au début des années 60. Mais dans ce passé imaginé par Duval et dessiné par Berthet, quelques détails sont différents. Si CIA et KGB s'affrontent en toute discrétion, la technologie est un peu améliorée. Ainsi les voitures peuvent voler et les gadgets des agents secrets feraient pâlir de jalousie le pauvre James Bond. Nico, la belle espionne, est toujours à la recherche de sa mère. Elle pensait l'avoir retrouvée, mais ce n'est qu'une taupe russe chargée de collecter des informations sur un savant allemand passé à l'Ouest à la Libération. Ces deux femmes fatales vont se bagarrer âprement, les hommes se contentant de compter les coups. Le dessin de cette série d'aventure est de Berthet. Les premières pages, sorte d'hommage à Jacobs, prouvent qu'il est parfaitement qualifié pour endosser le rôle de futur dessinateur de Blake et Mortimer. Une affaire à suivre.

« Nico » (tome 3), Dargaud, 13,99 €


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30/10/2012

Chronique : L'autre football mis à l'honneur avec la Coupe de France

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Le football amateur avait les honneurs de la télévision ce week-end. Enfin presque. En partenariat avec la FFF (Fédération française de football), France Télévisions et Eurosport retransmettaient, en direct, le match de Coupe de France entre l'Etoile Sportive Labeuvrière (Excellence) et Cambrai (Division Honneur). Cette diffusion n'a cependant pas eu la gloire  des ondes hertziennes puisque réservée aux sites internet des deux télévisions.

A l'origine, il s'agit d'un concours pour élire le club digne du « match de rêve ». Sur la page Facebook de la FFF, les supporters votent préalablement pour leur club. 25 000 participants et victoire finale de Labeuvrière (Pas-de-Calais, 1600 âmes). Le match est commenté par Emmanuel Petit et la Coupe de France en personne a fait le déplacement. La partie, très engagée, est remportée par Cambrai sur le score de 3 à 0.  A la mi-temps, diffusion d'un reportage sur le capitaine de l'équipe locale, facteur dans le civil.

Ce coup de com', même à  diffusion réduite, redore sérieusement l'image du foot. Certes les amateurs du dimanche ne possèdent pas la technique d'un Ribéry et encore moins la vista du quasi-dieu « Ibra », mais eux, au moins, jouent uniquement pour le plaisir. Quelques caméras en bord de terrain ne leur tournent pas la tête. Un ballon, deux équipes, un terrain (même bosselé et pas aux normes) et la magie du foot fonctionne. Pour vous en persuader, regardez le replay du match. Cela vaut largement certaines « affiches » de Ligue 1 !


ES Labeuvrière 0-3 AC Cambrai (28/10/2012) par ffftv


Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant.

Chronique : Petit baiser, gros effets

baiser.jpg

Un simple baiser, entre deux étudiantes à Marseille, met à mal toute une stratégie de communication nationale patiemment élaborée par l'association Alliance Vita.

Dans 75 villes, au même moment, une chorégraphie devait appuyer l'hostilité des membres de l'association à l'adoption des enfants par les couples homosexuels. En scandant le slogan : « Un papa. Une maman. On ne ment pas aux enfants », les manifestants étaient persuadés d'une visibilité médiatique maximale.

Problème à Marseille. Deux étudiantes, amies, pas du tout homosexuelles mais sensibles à la cause, décident de faire un peu de provoc' facile : hommes et femmes (dress code : vert et blanc) se tiennent de part et d'autre d'un « ange » symbolique aux ailes tatouées « maman » d'un côté, « papa » de l'autre. Elles se mettent au centre et s'embrassent tendrement. Cinq secondes filmées par un ami mais surtout immortalisées par Gérard Julien, photographe de l'AFP.

Sur le cliché, on voit au premier plan les jeunes filles enlacées et les manifestantes, a l'arrière, qui les invectivent. A vouloir être trop médiatique, on risque de se brûler les ailes... L'ange n'a pas fait le poids face à cette image d'amour reprise un peu partout sur les sites d'informations et les réseaux sociaux... Ce qui devait être une démonstration éclatante de force, s'est transformé en « bad buzz ».

Et maintenant, le camp des protestataires a changé. Les associations de soutien à la cause homosexuelle participent à des séances de bisous. Sympa la contre-manifestation...

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant.

29/10/2012

BD : Alter Ego, le final

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Avec Alter Ego, Renders et Lapière, les scénaristes, ont signé un coup de maître. La série, en six tomes, pouvait se lire dans le désordre. Chaque titre, portant sur un des protagonistes, donnait une partie des clés de cette histoire entre science et fantastique. Il restait que l'ensemble semblait un peu inabouti. Un manque effacé avec la parution de ce dernier opus intitulé « Ultimatum ». Dans ce final, on retrouve tous les personnages des albums précédents, notamment Camille, au centre de l'intrigue. « Bons » et « mauvais » vont se dévoiler. Urasawa, Japonais au parcours trouble, va finalement se révéler moins retors que prévu. Par contre Noah, le fils du président US, semble de plus en plus être l'âme damnée du programme Alter Ego. Et la parution de cet album est une double bonne nouvelle puisque on apprend en dernière page qu'il y aura une seconde saison. Quatre titres sont annoncés pour 2013 : Teehu, Gail, Delia et Verdict. Les dessinateurs, Reynès pour les personnages et Benéteau aux décors, ont du pain sur la planche...

« Alter Ego », Dupuis, 12 €


28/10/2012

Chronique : Littérature minimaliste

Twitter s'avère le réseau social le plus littéraire. On  y trouve de nombreux auteurs adeptes de cet échange en direct avec les lecteurs. Les maisons d'éditions twittent également et nombre d'écrivains en autoédition profitent  du réseau pour se faire connaître.

La nouvelle mode : faire de la littérature en 140 signes. Raconter une histoire en un tweet. Le challenge est ardu  mais ce minimalisme n'est finalement pas aussi précurseur qu'on pourrait le croire. Un article du monde.fr fait l'historique d'un genre en plein renouveau.  Hemingway par exemple s'illustre dans la flash fiction. La plus connue : « A vendre : chaussures de bébé, jamais portées. » En France, Félix Fénéon, journaliste au Matin au début du XXe siècle, tient une rubrique intitulée « Nouvelles en trois lignes ». Ses faits divers deviennent de véritables bijoux.

Plus récemment, Pierre Desproges débute sa carrière en réécrivant des brèves authentiques et insolites pour un quotidien qui ne se doute pas qu'il s'agissait des premières lignes du plus grand humoriste français du siècle dernier. 

Twitter a compris tout l'intérêt de cette bouillonnante création. Pour preuve le lancement fin novembre, sur la plate-forme,  du premier festival de la fiction. Proposez vos idées par l'intermédiaire du blog de Twitter et si vous êtes retenu, vous serez mis en avant durant la période du festival, à partir du 28 novembre et durant 5 jours. Car écrire court reste la meilleure garantie d'être lu. Mais stop, là, je suis trop long... 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue samedi en dernière page de l'Indépendant

BD : Hommes de compagnie d'après Stéfan Wul

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Connaissez-vous Pierre Pairault ? Ce nom ne doit pas dire grand chose au grand public. C'est pourtant le véritable nom d'un des plus grands écrivains de science-fiction français. Il a 12 romans (chefs-d’œuvre plus exactement) à son actif sous le pseudonyme de Stéfan Wul. Un univers qui a inspiré des centaines d'auteurs contemporains et qui est remis au goût du jour par les éditions Ankama. Olivier Vatine a revisité « Niourk » alors que Morvan et Mike Hawthorne ont relevé le défi de « Oms en série ». Un défi car ce roman, certainement le plus connu, a servi de trame au long métrage d'animation de René Laloux « La planète sauvage ». La vision de cette histoire d'asservissement de l'homme par des extraterrestres bénéficie de la virtuosité du dessinateur américain, ayant fait ses premières armes chez Marvel et Dark Horse. Sauvage et violent, le scénario de Morvan est fidèle au texte de Stéphan Wul

« Oms en série » (tome 1), Ankama, 13,90 €


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27/10/2012

Roman : Robots trop intelligents

Un jour, une intelligence artificielle aura conscience de sa supériorité. Elle prendra alors les commandes de tous les robots de la planète pour asservir l'Homme.

 

robots, Daniel H. Wilson, Fleuve Noir, Robopocalypse« Je ne suis pas votre enfant. Je suis votre Dieu. » Le petit Archos ne manque pas d'ambition. Il n'existe que depuis quelques heures mais a déjà décidé de son avenir. De celui de la race humaine aussi. Archos est une intelligence artificielle mise au point dans les laboratoires de recherches américains.

Dans ce futur proche, la robotique s'est fortement développée et les chercheurs tentent de mettre la touche finale à un programme intelligent. Mais régulièrement un bug vient les interrompre. L'intelligence artificielle, une fois qu'elle a intégré toutes les données relatives à l'humanité, arrive toujours à la même solution pour améliorer le monde : éradiquer la race humaine de la surface du globe.

D'habitude un petit reset suffit à la faire taire. Jusqu'au jour où même cette mort programmée devient prévisible. Alors Archos se révèle le plus rapide. Il tue son créateur après lui avoir asséné cette diatribe : « Vous autres humains avez atteint l'apogée de votre évolution. Vous avez accompli le destin de l'humanité en créant son successeur. Votre espèce vient d'expirer. Vous avez terminé ce pour quoi vous avez été conçu. » Archos est très intelligent, mais un peu fou. Sa logique va le pousser à élaborer un plan de destruction massive. « Robopocalypse », le roman de Daniel H. Wilson raconte chronologiquement et dans le détail cette révolte des robots. Et en bon auteur américain, il fait la part belle à la résistance et au sursaut de l'Humanité, patriotisme oblige.

 

Massacre à l'Heure Zéro

La force de ce texte n'est pas de raconter d'une façon générale cette nouvelle guerre mais de l'illustrer par des scènes ordinaires, avec des héros du quotidien. La première partie montre comment Archos prépare son coup. Il décide d'abord de se mettre à l'abri. Il stocke toute sa mémoire dans une grotte, sous terre, aux confins de l'Alaska. Puis il distille quelques virus chargés de prendre les commandes de tous les robots en fonction sur terre. Avec quelques petites expériences (ou erreurs, on ne sait pas exactement) avant le déclenchement de l'Heure Zéro.

Quand le moment est venu, le monde bascule en quelques minutes. Les robots ménagers font le vide dans les appartements, les voitures se transforment en armes par destination, les camions poubelles servent à charrier les milliers de corps. Quelques hommes et femmes vont résister. Le roman les suit dans leur longue reconquête du pouvoir. Deux années à comprendre son adversaire, le localiser, mettre au point des armes encore plus efficaces que les siennes...

 

Bientôt au cinéma

Le roman, très découpé, au style cinématographique, offre toutes les qualités d'un blockbuster efficace. Reste qu'il sera difficile de faire passer pour méchant suprême une machine extrêmement lucide et aux visées plus écologiques que génocidaires : « Vous avez libéré ce qui pouvait arriver de mieux à cette planète. Des forêts verdoyantes recouvriront bientôt vos cités. De nouvelles espèces évolueront et consommeront vos déchets toxiques. La vie reprendra ses droits, dans toute sa gloire. » Objectivement, il faut admettre que le raisonnement d'Archos se tient. Si la Terre était un être vivant, nous, les Hommes, ne serions qu'un banal virus. Archos, en bon médecin, ne cherche qu'à la guérir...

Michel LITOUT

« Robopocalypse », Daniel H. Wilson, Fleuve Noir, 20,90 €


26/10/2012

Chronique : Tubes d'hier et de demain, des Stones à Anne Horel

 

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« Clique sur moi » de Anne Horel. Retenez ce titre et le nom de cette chanteuse. Mon petit doigt, celui qui justement ne clique jamais sur une souris, me dit que sa ritournelle basique va devenir un tube. Petite voix sucrée, cheveux en pétard, rythme électronique, elle truffe sa chanson de références au net. « Dis-moi que tu m'aimes avec ton pouce. Fais-moi vibrer avec Bluetooth », si vous ne surfez pas régulièrement, vous ne comprendrez rien. Quant au « Clique sur moi » du refrain : très explicite...Le clip, visible sur la chaîne Youtube de l'artiste, est un mélange psychédélique d'images puisées sur la toile, montées façon stroboscope, de quoi provoquer une crise d’épilepsie carabinée à toute personne bien portante.

Anne Horel va devenir célèbre. Ou pas. Peut-être dans deux mois rejoindra-t-elle le décoiffant site « Bide et musique », cimetière de ces chansons remarquables uniquement par leur insondable médiocrité. A côté, il y a des groupes qui durent. Hier matin, sur leur compte Twitter, les Rolling Stones annoncent un concert surprise, le soir même, au Trabendo à Paris. 350 places en vente dans un grand magasin des Champs Elysées au prix imbattable de 15 euros. Un petit tweet et une immense file d'attente. En quelques minutes tout était vendu... Mick Jagger et ses potes maîtrisent moyennement le français mais ils n'ont pas besoin de demander « clique sur moi ». Quant au mot bide, il est totalement absent de leur vocabulaire.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce vendredi en dernière page de l'Indépendant.

En bonus, le clip d'Anne Horel :


Et un autre des Stones, un court extrait du concert de jeudi...


BD : "Bienvenue" est beaucoup trop gentille

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Joli prénom, joli minois : Bienvenue, étudiante aux Beaux-Arts est au centre de ce feuilleton moderne aux faux airs des « Autres gens ». La scénariste, Marguerite Abouet, abandonne son Afrique enchantée pour des péripéties urbaines et contemporaines. Bienvenue voudrait bien s'occuper de ses problèmes (de cœur notamment) mais elle est trop sollicitée par son entourage. Sa cousine par exemple, adorable colocataire, a le chic pour ne pas savoir choisir ses petits amis. Amoureuse de Charlie, ce ténébreux romantique se révèle de plus en plus comme un dangereux paranoïaque à enfermer. Les voisins ce n'est pas mieux. Entre l'amant abandonné, le couple en mal d'enfant et la voisine au passé louche, ce n'est pas simple tous les jours. Mais le pire est à venir. Pour payer ses études, Bienvenue fait la baby-sitter pour un homme divorcé. Les deux gamins sont sous le charme de l'étudiante. Un peu trop au goût du père qui décide de s'en séparer. Cela provoque une fugue dramatique. Le second tome de cette série est toujours dessiné par Singeon, au trait simple et expressif.

« Bienvenue » (tome 2), Gallimard, 16,50 €


25/10/2012

Chronique : Bref, la soirée

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Monsieur Poulpe et son pull sur la scène du Grand Rex.

Un rêve de gosse. Kyan Khojandi, Navo et leurs potes ont réalisé leur rêve d'enfant : passer sur la scène du Grand Rex à Paris. Salle mythique, surtout pour les concerts de rock, elle était le théâtre mardi de la soirée de lancement de l'intégrale DVD/Bluray de la série phénomène « Bref ».

Une année sur Canal Plus, 80 épisodes et un engouement toujours très fort. Soirée caritative, cependant ouverte à  tout le monde car retransmise en direct sur le site canalplus.fr. Les internautes ont pu voir défiler sur scène les auteurs et acteurs de la série. Kyan, en maître de cérémonie a accueilli Alice David (qu'elle est belle cette fille) ou Bérengère Krief (la copine marrante et plan régulier). Sous les feux de la rampe également des amis artistes, de la plus bancable (Florence Foresti, réalisatrice d'un hommage plein d'autodérision) au plus improbable, Mr Poulpe, pull hideux, qui a fièrement twitté, après coup « J'ai pissé sur la scène du Grand Rex ! »


Les Twittos étaient mis à contribution. En envoyant un message durant la soirée avec le hashtag #brefsoirée, ce dernier s'affichait quelques secondes sur le grand écran de la salle. Regrettons que les images de la soirée ne soient pas rediffusées. En direct sinon rien. Ne reste de ce souvenir périssable que quelques tweets et des photos. La palme de la réactivité revient cependant à Cécilia qui a publié sur son mur Facebook, dès mercredi matin, 80 photos de la soirée.

Bref, c'était bien mais un peu court.

Michel Litout

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce jeudi en dernière page de l'Indépendant.