05/12/2012

Livre : Vampire historique dans "La Maison de la nuit"

« La maison de la nuit », saga vampirique de Kristin Cast, s'enrichit d'un épisode historique, entre France et Nouvelle Orléans, au XVIIIe siècle.

 

maison de la nuit, cast, vampire, bit-lit, pocket jeunesse, PKJ, delcourtLes vampires sont devenus les symboles absolus du romantisme. Étonnant comme ces suceurs de sang ont changé leur image de marque en quelques années. La faute à la saga « Twilight » et d'autres romans du genre bit-lit (anglicisme pour parler de littérature mordante) réservés aux jeunes filles gothiques. P. C. et Kristin Cast (mère et fille) ont surfé sur la vague avec « La Maison de la nuit ». Sept titres des aventures de Zoey sont parus chez Pocket Jeunesse et un petit hors-série historique permet aux milliers de passionnées d'attendre le 8e tome annoncé en février 2013.

« Le serment de Lenobia » débute comme un roman sentimental classique sur fond historique. Il faut attendre les deux derniers chapitres pour que magie et fantastique reprennent le dessus. Ce court récit, paru initialement aux USA, intéressera d'autant le public français qu'il débute dans le royaume de Louis XVI en 1788. Lenobia est une adolescente, une bâtarde exactement. Son père est un noble, mais il ne l'a jamais considérée à l'égal de sa demi-sœur. Désargenté, il a accepté de vendre sa fille Cécile à un riche planteur de la Nouvelle-Orléans. La vie de Lenobia bascule quand Cécile meurt dans un accident, la veille de son départ vers le Nouveau Monde. La mère de Lenobia y voit une opportunité unique pour offrir un avenir différent à sa fille. Elle va lui ordonner de prendre la place de Cécile. En moins de 24 heures, la bâtarde, plus habituée aux cuisines et aux écuries, doit se grimer en jeune femme distinguée.

 

Huis-clos maritime

Le reste du roman se déroule sur le bateau voguant vers l'Amérique. Lenobia constate avec effroi qu'un évêque fait partie du voyage. Un religieux aux mœurs dissolues, muté d'autorité le plus loin possible de Rome. Lui seul pourrait dévoiler la supercherie car il a déjà tenté d'abuser de Lenobia. La jeune fille va prétendre souffrir du mal de mer pour rester cloîtrée dans sa cabine, sous la surveillance bienveillante de sœurs ursulines. Lenobia ne s'autorise que des escapades matinales dans la cale, pour admirer deux percherons. Elle croise aussi Martin, un métis chargé de soigner les chevaux. Dans cet environnement improbable, l'amour va frapper avec toute sa puissance.

Un volet fleur bleue un peu déconcertant au début. Mais les auteurs, sûres de leur métier, vont rapidement transformer la gentille idylle naissante en choix de vie. L'évêque se révèle beaucoup plus malfaisant. Mais Martin, aux ancêtres haïtiens, saura utiliser les formules magiques de sa grand-mère pour protéger Lenobia, vouée elle aussi à être marquée par la déesse Nyx et à rejoindre une Maison de la Nuit où elle apprendra sa nouvelle existence de vampire.

Variation historique des romans originaux, « Le serment de Lenobia » est une parfaite respiration pour les fans, mais aussi une première expérience pour ceux et celles qui ne connaissent pas encore la saga.

Autre façon de découvrir l'univers mis en place par P. C. et Kristin Cast, l'adaptation en BD sous forme de comics. Le premier album vient de paraître chez Delcourt.

M. Li.

« Le serment de Lenobia », P. C. et Kristin Cast, Pocket Jeunesse PKJ, 9,90 €

« La maison de la nuit » (La Marque, tome 1), Delcourt, 14,95 €


 

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