31/01/2013

Chronique : Conseils téléphoniques hors forfait

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Les opérateurs de téléphonie mobile l'ont parfaitement compris, le smartphone est le nouveau bijou-doudou que l'on chouchoute comme la prunelle de ses yeux. Qu'importe le prix du forfait (et l'engagement qui va avec) si l'on a en plus le dernier-né de la gamme « Appl'sung ». Ils sont beaux, tactiles, remplis de gadgets, mais pas toujours faciles à maîtriser. « Tiens, voilà un créneau à exploiter » se réjouissent quelques comptables d'un grand groupe de télécommunications. Une amie, abonnée chez cet agrume mastodonte, reçoit ce message sur son vieux Nokia : « Profitez d'une assistance sur l'usage de votre smartphone ! Rendez-vous dans votre boutique (9 euros/prestation assistance smartphone de 45 minutes) ». Conséquence, elle pique une triple colère totalement justifiée. Primo, « ils baissent les tarifs, mais se rattrapent sur les services ! » Secundo, « ils me prennent pour une idiote, comme si je ne savais pas me servir de mon téléphone ». Tertio : « je n'ai pas de smartphone ! » J'ai senti beaucoup de détresse dans cette dernière constatation. Voilà comment, avec un simple SMS publicitaire, on se fâche irrémédiablement avec une bonne cliente.

Reste que l'intention est bonne. Pour beaucoup, les nouvelles technologies sont trop compliquées. Enfants, leur télévision était en noir et blanc et composer un numéro prenait une minute avec le cadran rotatif. 45 minutes de formation, ce n'est pas grand chose en comparaison d'une vie. Pour autant, elle pourrait être comprise dans le forfait !

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce jeudi en dernière page de l'Indépendant.

BD : Pinkerton, le vrai par Guérin et Damour

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L'agence Pinkerton est une légende de l'Ouest américain. Ces détectives privés ont à leur tableau de chasse de très nombreux outlaws. Mais pour arriver à leurs fins, les Pinkerton eux aussi se mettaient parfois hors la loi. Rémi Guérin, le scénariste, raconte la véritable histoire des Pinkerton. Il s'est associé à un dessinateur réaliste confirmé, Damour. Le fils Pinkerton en a assez d'être dans l'ombre de son père, le patriarche. Il a décidé de faire un coup d'éclat. Persuadé que les frères James sont réfugiés dans une maison isolée d'une petite ville du Missouri, il donne l'assaut avec une dizaine de ses agents. Une bavure retentissante : non seulement les James ne sont pas là mais en plus une mère et son enfant de 9ans meurent dans l'incendie de la maison. La BD raconte la haine du fils Pinkerton, la terreur qu'il fait régner et sa soif d'honneur. En parallèle on découvre le père, intrigant, jouant avec les puissants et prêt à tout pour arriver à ses fins, quitte à « fabriquer » des bandits pour amplifier sa gloire.


Pinkerton T1 - Bande annonce par GLENATBD


« Pinkerton » (tome 1), Glénat, 13,90 €


30/01/2013

Chronique : l'info trash et la photo qui tue

A la base, il y a un de ces faits divers croustillant qui fait les choux gras d'Internet. Une histoire égrillarde, reprise par tous les sites d'information pour faire causer à la machine à café.

Au Brésil, une femme tente d'empoisonner son mari en se badigeonnant le sexe d'un poison violent. Incommodé par l'odeur inhabituelle, l'homme renonce à y regarder de plus près. La dame, victime de son subterfuge, finit aux urgences. Les médecins découvrent le poison. Le mari porte plainte pour tentative d'assassinat. Mieux que le colonel Moutarde au Cluedo !

Le souci dans le cas présent, c'est que toute histoire sur Internet doit obligatoirement être illustrée. Mais quelle photo choisir pour un article titré « Elle tente d'empoisonner son mari... avec son vagin » ou « La tueuse au sexe empoisonné voulait supprimer son mari » ? Impossible de publier une image de vagin. Utiliser le mot dans le titre passe encore. Mais il y a des limites... Il faut donc faire dans le suggestif. Sur plusieurs sites on retrouve la photo d'un corps de femme avec une superbe pomme rouge en cache sexe. Cette composition, entre Blanche Neige et Adam et Eve, est une photo d'art presque trop belle pour un sujet trash. Plus « brésilien » ce cliché montrant des fesses rebondies débordant d'un string dans une ambiance de boîte de nuit. Mais la palme revient à cette photo de pieds recouverts d'une petite culotte. On voit le bas, on imagine le haut. J'ai de la chance. Cette chronique, sur le papier, ne doit pas être illustrée. Mon problème reste entier pour sa version internet...

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant.

22:27 Publié dans Humeur, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : trash, vagin, poison, brésil, photo

Chronique : Triste poupée Barbie, de chair et de plastique

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Dans un monde parfait, tout le monde serait jeune, mince et beau. Ce monde existe : c'est celui de la poupée Barbie. Mais ce qui ne devrait être qu'un jeu peut avoir des conséquences néfastes sur les petites filles.

La blonde plastifiée est à mille lieues de la réalité. Régulièrement, des activistes dénoncent le formatage d'une fausse image de la femme et interviennent sur le net. Vous pouvez ainsi découvrir sur le site d'une revue espagnole la photo d'une Barbie sans maquillage. Cernes sous les yeux, taches sur le visage, dents jaunies et cils quasi inexistants... En fait, une femme (surprise au réveil) comme toutes les autres...

Restent les proportions du corps. Complètement erronées si on y regarde de près. Katie Halchischick, mannequin militant pour des rondeurs assumées, a dessiné sur son corps nu les courbes de la poupée. Là aussi la photo est explicite. Aucun chirurgien ne pourrait obtenir une taille aussi fine. Les seins devraient être remontés, le menton limé, les yeux relevés de plusieurs centimètres. Le cou, très fin, ne pourrait pas supporter le poids de la tête. A moins qu'elle ne soit complètement vide...

Loin de l'idéal féminin, la poupée Barbie tient plus de l'extra-terrestre que du canon de beauté. Pour preuve cette Ukrainienne de 21 ans, Valeria Lukyanova, copie conforme du jouet mythique. Sur son blog elle ne cesse de prendre la pose, décolleté généreux, visage figé, yeux écarquillés.

Pauvre joujou. Plutôt réservé aux grands garçons !

 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue en dernière page de l'Indépendant ce mardi.

29/01/2013

BD : "Hell School", un pensionnat mortel

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Les écoles de l'élite ont le vent en poupe. On ne cesse d'encenser ces structures permettant aux meilleurs de nos jeunes pousses d'atteindre l'excellence. Mais souvent il y a une monnaie à la pièce. L'esprit de corps fait prospérer le bizutage sous prétexte d'intégration. C'est un peu le fond de la série « Hell School » dont le premier tome vient de paraître au Lombard. On retrouve aux commandes deux auteurs confirmés et complices, Dugomier et Ers. Le premier écrit cette histoire de trois jeunes refusant de se plier aux dictats des anciens. Pour Hina, la fille aux cheveux bleus et au percing dans la lèvre, pas question d'endosser l'uniforme de cette école privée. Bastien a des dreadlocks. Il refuse de les couper. Il se les fera raser dans une agression sordide. Enfin Boris au début joue le jeu. Mais face à la bêtise de certains il préfère rejoindre le clan des frondeurs. Le tout ne peut fonctionner qu'avec des « méchants » dignes de ce nom. Et dans la catégorie, vous ne serez pas déçu par Hell School.

« Hell school » (tome 1), Le Lombard, 10,60 €


08:09 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hell school, dugomier, ers, lombard

28/01/2013

Chronique : Frère Jacques by 1D

 

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Chaque dimanche en fin d'après-midi, des milliers de Français se connectent sur internet et tentent de rattraper un week-end d'informations. Sur Twitter, les tendances sont affichées en fonction des hashtags les plus célèbres. Très pratique, on pourrait le définir comme un résumé des centres d'intérêts de nos compatriotes. Hier on gazouillait beaucoup autour de François Gabart, du Vendée Globe ou de la manifestation en faveur du mariage pour tous. Mais il étaient loin derrière « Frère Jacques » qui a pris la tête de la course dès samedi soir. Mais qui se cache donc derrière le fameux frère Jacques ? Un religieux favorable au mariage pour tous ? Le futur pape ? Ce n'est quand même pas la comptine chantée aux enfants depuis des siècles ? Eh bien si ! Frères Jacques a fait le buzz. Ou plus exactement,  ses interprètes ont réveillé le refrain dans la mémoire collective. Samedi soir, lors de la remise des NRJ Music Awards, émission diffusée sur TF1 et présentée par Nikos Aliagas, le boys band « One Direction » (OneD ou 1D pour les fans, photo AFP), a chanté en français durant 10 secondes les quatre vers de Frère Jacques. Ce clin d'œil spontané a suffi pour déclencher l'hystérie de leurs admirateurs francophones... 


Avec un bémol cependant : les fans de Justin Bieber (autre phénomène marketing de la variété internationale) ont signalé que leur idole a déjà chanté Frère Jacques. Et comme par hasard c'était déjà sur NRJ, dans une émission du même Nikos Aliagas, un professionnel de la spontanéité...


Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant.

27/01/2013

Chronique : petite amie au kilo en vente sur Facebook

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Un sentiment de solitude vous étreint ? Sur Facebook, votre statut de « célibataire » vous mine ? Pas de problème, achetez-vous une fausse petite amie. Oui, ça aussi c'est possible sur internet. Il n'y a que les idiots pour croire que ce qui est sur les réseaux sociaux est la stricte vérité. La grande majorité des utilisateurs enjolivent leur vie. Plusieurs sociétés ont découvert ce nouveau marché et s'engouffrent dans la brèche. Pour quelques dollars payés à une société brésilienne vous serez « en couple » avec une jolie fille tout ce qu'il y a de plus virtuel. Elle vous fera passer des petits mots doux sur votre mur, likera vos statuts. Il y a même l'option photo à deux (truquée, il va de soi), mais c'est un peu plus cher. Les sociétés vous proposent même des scénarios de rencontre. Vous partez en voyage (totalement virtuel lui aussi), rencontrez la belle autochtone qui succombe à votre charme. Avantage : la distance vous dispense de la présenter physiquement à vos amis. Enfin si vous en avez...

Parfois on peut douter de la santé mentale des hommes (le service ne propose que des girlfriends) prêts à payer pour s'afficher avec une femme. Qui cherchent-ils à tromper ? Leur entourage ou eux ? Après il y a aussi les tordus, les amateurs de billards à double bande. Vous n'osez pas rompre directement avec votre petite amie. En prenant une maîtresse virtuelle sur Facebook, vous lui donnez une occasion de prendre l'initiative. Rassurez votre maman, désespérée de ne pas avoir de petits-enfants à choyer.

Achetez de la copine au kilo sur Facebook, c'est pas cher, c'est du vent !

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce samedi en dernière page de l'Indépendant

09:34 Publié dans Humeur, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : facebook, copine, fake

BD : Quelle est la valeur du Groom ?

 

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Le personnage de Spirou fête cette année ses 75 ans. Mais il n'en est qu'à sa 53e aventure. Désormais animé par Vehlmann (scénario) et Yoann (dessin), le groom rouge, mascotte des éditions Dupuis, va se frotter au grand capitalisme. Le journal qui emploie Spirou perd un procès intenté par des parents scandalisés par l'immoralité de sa dernière aventure. L'amende est salée. C'est la faillite. Heureusement un riche mécène investit dans l'entreprise. Spirou, en acceptant ces fonds de la Vipère, se vend, littéralement, à ce milliardaire sans scrupule. Le héros est transformé en animal de compagnie.

Une aventure dans l'air du temps, sur les méfaits de l'argent roi. La première édition bénéficie d'une rutilante couverture argentée.

« Spirou et Fantasio » (tome 53), Dupuis, 10,60 €


26/01/2013

Chronique : Mot-dièse et gazouillis

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Dans cette chronique sur les aléas du monde virtuel, j'utilise parfois des mots incompréhensibles pour les non-avertis. Dès qu'il est question de Twitter, le problème du hashtag se pose. Hashtag qu'es aquo ? A plusieurs reprises, dans un souci de clarification, je me suis rabattu sur le terme de mot-clé. Mais les initiés sont accro au hashtag (d'ailleurs il y a hash dans hashtag...)

Le gouvernement français, face à l'urgence de la situation et l'importance du sujet, décide de légiférer sans même passer par la case parlement ou référendum. Dans le Journal officiel de mercredi, page 1515, à la rubrique « Vocabulaire des télécommunications et de l'informatique », il est recommandé d'utiliser « mot-dièse » à la place de « hashtag ». Dans sa grande bonté, le législateur en précise même le pluriel (mots-dièse) et en donne la définition exacte : « Suite signifiante de caractères sans espace commençant par le signe # (dièse), qui signale un sujet d'intérêt et est insérée dans un message par son rédacteur afin d'en faciliter le repérage. » Exit le hashtag, bienvenue au mot-dièse. Enfin, ça c'est dans le monde parfait des bureaucrates qui ressemble parfois à celui des Bisounours.

Les utilisateurs de Twitter ont  vite rangé l'idée aux oubliettes. Mot-dièse est un néologisme mort-né. Même certaines des plus belles trouvailles n'arrivent pas à s'imposer en français. Pour preuve, pourquoi toujours utiliser le mot  « tweet » alors que « gazouillis », en référence à l'oiseau bleu symbolisant ce réseau social, est tellement plus joli ? 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue jeudi en dernière page de l'Indépendant.

BD : triste voyage en famille

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Léa est belle. Léa est jeune. Léa a du succès. Auprès des hommes, du public de son émission à la télé. Léa a tout pour être heureuse. Jusqu'à ce jour osa tante lui annonce la mort de son père. Durant quelques jours, Léa va mettre sa vie entre parenthèses et tenter de comprendre pourquoi rien n'a jamais marché entre elle et ce père, médecin généraliste, toujours absent. Elle va fouiller dans la grande maison de famille, y retrouver des traces de son enfance et cette piscine, a jamais abandonnée aux grenouilles. Une histoire émouvante de Zidrou, mis en images, avec simplicité et rigueur, par Benoît Springer.

« Le beau voyage », Dargaud, 14,99 €