26/06/2013

BD : Vélo éternel selon Garréra et Julié

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Jean-Luc Garréra et Alain Julié sont installés depuis des années dans l'Aude, à Coursan exactement. C'est là que sont imaginés les gags des Vélomaniacs, une série vedette de chez Bamboo. Le 9e recueil rend hommage aux 100 ans du tour de France et du vélo sportif. Cela donne une histoire complète sur l'histoire du vélo, entre délires préhistoriques et affirmations approximatives. Ensuite les cyclistes vont reconnaître les routes de Corse, île où sera donné le départ du prochain Tour. Quelques gags « traditionnels » savoureux. Et puis les Vélomaniacs accueillent pour la première fois des cyclistes féminines. Julié a pris visiblement beaucoup de plaisir à dessiner leurs courbes sportives.

 

« Les Vélomaniacs » (tome 9), Bamboo, 10,60 euros


25/06/2013

BD : Secrets d'enfance dans "Cavale" de Giroud, Germaine et Magda

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Tout le monde ne fait pas de crise d'adolescence. Une mère aimante, une vie équilibrée (avec une passion, genre l'équitation), de bons résultats au lycée et la vie s'écoule calmement et sereinement pour Nadia, bientôt 18 ans. La jeune et jolie brune est pourtant tourmentée. Ses nuits sont peuplées de cauchemars abominables. C'est la séquence d'ouverture de cet album écrit par Giroud et Germaine et dessiné par Magda. Nadia regarde horrifiée un cheval crucifié sur un té d'architecte en compagnie de sa mère qui ne cesse de courir. Cela se termine par la mort du père, abattu par un voisin alors qu'il flotte dans les airs... Pour trouver des explications, Nadia demande conseil à sa meilleure amie, passionnée de psychologie. Mais tout s'éclairera quand la tante de Nadia oublie de retenir sa langue. Un secret de famille très prenant, notamment par le dessin clair et précis de Magda.

 

« Cavale » (tome 1), Dupuis, 14,50 euros


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24/06/2013

BD : le futur déjanté de François Descraques et Gosh

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A la base c'est une simple web série, faites avec un minimum de moyens et quelques potes. L'histoire d'un agent venu du futur pour empêcher certaines catastrophes. Du genre de ne pas jeter sa canette dans une poubelle... Et puis François Descraques, le concepteur-scénariste-réalisateur du « Visiteur du futur » a étoffé l'histoire, fait d'autres épisodes, une saison complète, une seconde et la troisième est finalement diffusée sur France Télévisions... Il aime aussi la bande dessinée et à force d'insistance a trouvé un graphiste assez déjanté, Gosh, pour signer un one-shot de son univers. L'album est édité chez Ankama et est encore plus délirant que la série.

Un max de vannes, des zombies à la pelle, du trash et du paradoxe temporel : la BD rêvée pour les geeks du passé, d'aujourd'hui ou du futur.

 

« Le visiteur du futur », Ankama, 12,90 euros


21/06/2013

Livre : Fantastique Japon moderne

 

 

Le Japon, écartelé entre modernisme et tradition, a toujours fasciné les auteurs occidentaux. Nouvelle preuve avec « Le chemin des Dieux » de Jean-Philippe Depotte.

 

japon, chemins des dieux, depotte, denoël, lunes d'encreDepuis le moment où il a décidé de devenir écrivain, Jean-Philippe Depotte ne cesse de publier. Un gros roman par an. Après trois récits entre fantastique et récit historique, il se lance dans un roman contemporain. Le personnage principal est le Japon, ce pays qu'il connait (et aime) bien pour y a voir vécu quatre ans. A travers ces 460 pages qui font parfois penser à du Brussolo, il fait partager sa fascination pour un peuple à la pointe de la modernité mais qui jamais n'a oublié ses traditions, les fondamentaux de son histoire réelle et imaginaire.

Le Japon actuel, le lecteur le découvre par l'intermédiaire des yeux d'Achille, un Français qui y a vécu il y a une dizaine d'années. Une parenthèse terminée sur une déception amoureuse. Il devait se marier avec Uzumé. Cela ne s'est pas fait. Il croit avoir tout oublié jusqu'à ce coup de téléphone de son ami Francis, resté lui au Pays du soleil levant. « Uzumé a été enlevée. Viens m'aider à la retrouver ! ». Achille abandonne tout et saute dans un avion pour débarquer dans une ville de Tokyo en totale mutation. Le Français reprend son nom japonais d'Ashiru-san et va au rendez-vous fixé par Francis. Mais son ami ne viendra pas. Il s'est suicidé entretemps. Pendu dans une forêt avec l'écharpe d'Uzumé. Le début d'une dérive spectaculaire pour Ashiru-san, comme envoûté par ce monde dont il maitrise la langue et les codes mais où il restera à jamais un gaïjin, un étranger dont il faut se méfier.

 

De Kappa à Tanuki

Rapidement le versant fantastique du roman va s'immiscer insidieusement dans le récit. Le Japon décrit par Jean-Philippe Depotte est en train de s'éteindre. En fait c'est l'électricité qui fait défaut depuis un mystérieux incident dont on ne saura rien. L'État demande à ses administrés de faire des économies et la nuit rares sont les lumières allumées. Cela donne un côté crépusculaire à la ville où Ashiru-san erre, détroussé, sans but. Le cauchemar s'estompera avec la rencontre de la jeune taxidermiste Kumiko-chan qu'il surnomme Véra en raison de sa ressemblance avec le personnage du dessin animé Scoubidou. On entre alors de plain-pied dans le Japon des croyances.

Achille ne peut s'empêcher de sourire à la superstition de son amie qui tousse trois fois devant la porte des WC avant d'y aller. « Je préviens quiconque occupe ces toilettes que je compte bien y entrer. Précaution élémentaire. Pour ne pas déranger. » Et de se justifier en expliquant que « les esprits des toilettes ne sont pas les plus dangereux . Mais les tours qu'ils vous jouent sont les plus embarrassants. » Des craintes partagées par Ken, l'ami de Véra, un geek absolu, ne jurant que par les jeux vidéo et les chanteuses pré pubères de mièvreries sucrées.

Dans ce roman on croise aussi quelques yakusas mais surtout toute une ribambelle de divinités, comme attirées à l'extérieur maintenant que les ténèbres règnent sur le pays. Si Kappa dit le "noyeur", un être vivant dans les rivières et attirant les petits enfants dans la vase fait très peur, on est par contre séduit par Tanuki, hybride entre homme, ours et blaireau, lutteur, farceur et reconnaissable entre mille par son pelage dru, « ses testicules immenses et son scrotum distendu ». A la dérive, toujours à la recherche de la mystérieuse Uzumé, Achille est le guide d'exception d'un Japon fantasmé par un écrivain étonnamment imaginatif.

Michel LITOUT

 

« Le chemin des Dieux », Jean-Philippe Depotte, Denoël, 20,90 €


20/06/2013

BD : Nazis mystiques

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Il y a du Indiana Jones dans cette série. Le héros, Arno Ixks est archéologue. Il est obligé de travailler pour les SS à la recherche d'une preuve de la supériorité de la race Aryenne. Arno a déjà rencontré Hitler. Il y a très longtemps. Durant la première guerre mondiale, dans les tranchées. Il a sauvé le futur dictateur allemand. Aujourd'hui il regrette. Le savant est chargé de récupérer des objets et de les amener au Tibet. Un sabre de sarrasin, un astrolabe... Il est aidé (et surveillé) par Palden, une ravissante tueuse à la solde des nazis. Le second tome de l'histoire (scénario de Cothias et Ordas, dessins de Zanat) se consacre sur cette amazone des temps nouveaux. Elle a des dons exceptionnels. Petite fille abandonnée devant un temple au Tibet, elle a été enlevée par les nazis à l'âge de 8 ans et est formée au combat. Mais elle manie aussi l'hypnose et le fouet... Le dessin très réaliste et charbonneux de Zanat renforce le côté fantastique de la BD prévue en trois tomes.

 

« L'œil des dobermans » (tome 2), Bamboo Grand Angle, 13,90 €

19/06/2013

BD : Au plus profond avec "Deep" de Betbeder et Pietrobon

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Dans la suite de cette série de SF écrite par Betbeder, l'action se déroule sur et sous la mer. En surface, les animaux se révoltent. Comme poussés par un instinct irrépressible, ils se liguent contre l'Homme, ce poison mortel. Cela donne l'attaque d'un porte-avions américain par une nuée de sauterelles en plein Pacifique ou l'abordage d'un ferry de touristes sur un fleuve africain. Dans les abysses, on retrouve les personnages principaux de la BD dessinée par Pietrobon. Il y a Mad', la scientifique, paralysée après un accident de plongée et qui désormais vit dans une base sous-marine à des milliers de mètres de profondeur. Elle vient de repérer un objet vieux de millions d'années, prisonnier de la roche, mais manufacturé. Elle recevra l'aide de son ancien amant, Nathan, toujours amoureux de Mad' mais rejeté par elle car responsable de son accident. L'intrigue sentimentale permet de placer quelques respirations dans un récit faisant la part belle aux catastrophes. Du grand spectacle avec une épidémie de bactérie rongeuse de chairs très impressionnante.

 

« Deep » (tome 2), Soleil, 13,95 €


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18/06/2013

Livre : Mariage écœurant

 

Beau mariage, beau milieu, belles manières. Pourtant le roman de Saphia Azzeddine décrit la puanteur de ces riches ne sentant plus leur odeur de putréfaction...

 

saphia, azzeddine, grasset, millionnaire, bourgeoisEnvie d'être riche ? Lisez ce roman avant de jouer au Loto ou de braquer une banque. Vous y verrez comment l'argent, s'il n'a pas d'odeur, corrompt les esprits. Tous les personnages imaginés par Saphia Azzeddine, sans exception, baignent dans ce milieu de la grande bourgeoisie où dépenser sans compter est aussi simple que respirer. Vous aurez la nausée en refermant le livre. La faute à leur haleine fétide de parvenus puant la suffisance.

Tout semble commencer comme un conte de fée pour gentille princesse. La belle et riche Tatiana raconte comment elle a rencontré son fiancé, Philip. Sur une plage privée aux Seychelles, alors qu'elle barbotait dans le lagon, le jeune agent immobilier en villégiature entre deux gros contrats « a pris mon bikini arc-en-ciel pour un poisson-perroquet si bien qu'il m'a littéralement foncé dessus. ». Diner aux chandelles sur la plage, chaste baiser : ils n'iront pas plus loin lors de cette première rencontre. Par contre lors de leur second rendez-vous, au Ritz à Paris, ce sera un déchaînement de plaisirs fougueux. Bref, Tatiana est heureuse, persuadée d'avoir enfin trouvé l'oiseau rare, l'homme qui lui permettra de fonder une famille dont son père, riche industriel, sera fier.

Ce mariage est au centre de tout le roman composé des avis subjectifs des différents protagonistes. Cela commence par Tatiana, très fleur bleue et romantique. Jeune écervelée parfaitement adaptée au moule, elle profite des largesses de son père pour se payer une cérémonie qui devrait rendre jalouses toutes ses copines.

 

Fils de concierge

Du côté du marié aussi c'est un rendez-vous important. Mais c'est déjà moins reluisant. Philip est beau. Sa seule richesse en fait. Fils de concierge, il a longtemps singé les grandes manières des riches propriétaires. Il a eu la chance de rencontrer les bonnes personnes au bon moment. Des femmes. Riches. Fascinées par sa beauté. De vulgaire gigolo, il est devenu agent immobilier. Pas excessivement riche, mais suffisamment pour payer une maison à ses parents au Liban et surtout de paraître être un un bon parti pour le papa millionnaire de Tatiana.

Le père raconte lui aussi ce mariage. Il n'est pas dupe des origines de Philip, mais admet que sa futile Tatiana ne peut guère espérer mieux. Il devra simplement surveiller le gendre pour ne pas mettre en péril l'empire industriel qu'il a lui même hérité de son père. On pense un moment que ce milieu si détestable va être enfin taillé en morceaux par Anastasia. C'est l'aînée de Tatiana. Elle est triste, méchante, caustique. Ecrivain ratée, elle voudrait être différente. Mais au final elle aussi succombera aux habitus de classes.

Et pour rendre tout ce petit monde encore plus abject, Saphia Azzeddine a entrecoupé les soliloques des bourgeois des considérations des domestiques. Notamment Sidonie, la gouvernante. Une femme aigrie, qui misait beaucoup sur un entretien d'embauche dans sa jeunesse. Elle a pris un quart d'heure de retard? Quinze minutes qui lui gâchent encore la vie aujourd'hui. On tient enfin « LE » personnage positif du roman ? Perdu, le mariage de Tatiana et de Philip sonnera l'heure de la revanche de la gouvernante pas si insignifiante que cela.

On lit ce roman comme on va au zoo. On observe des animaux sauvages en cage, tournant sans cesse, incapables de prendre conscience de leur captivité. Tristes riches, prisonniers de leur cage dorée... Et ils ne méritent même pas qu'on les plaigne.

Michel LITOUT

 

« Combien veux-tu m'épouser ? », Saphia Azzedine, Grasset, 17,90 €


17/06/2013

ÇA BRUISSE SUR LE NET : La guerre des consoles

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Xbox, Wii ou PlayStation ? Les consoles de jeux vidéos cherchent un nouveau souffle. Pour y arriver, elles passent par de nouvelles fonctionnalités sur des machines plus puissantes. Cette semaine à Los Angeles, au plus important salon du monde, l'E3, Sony et Microsoft présentaient leurs produits phares. Rapidement la PS4 a pris le dessus sur la Xbox One, selon les spécialistes.  Côté prix d'abord. La PS4 coûte 100 dollars de moins. Un argument imparable. Sony libère aussi la revente des jeux, que Microsoft ne permet pas. Enfin, la connexion à internet n'est pas nécessaire pour jouer sur la PlayStation alors que la Xbox One ne répond plus en cas de coupure supérieure à 24 heures. C'est sur l'offre globale que Microsoft voulait faire la différence en transformant sa console en véritable plateforme multimédia. Regarder la télévision, surfer sur internet, téléphoner avec Skype... Petit souci : les « gamers » veulent avant tout jouer, juste jouer... La véritable nouveauté de la Xbox One est l'évolution du Kinect (commande par détection des mouvements) et la reconnaissance vocale. Comme sur les smartphones récents, la console exécute les ordres vocaux. Très pratique pour les parents. Hurlez « Xbox off ! », la machine s'arrête immédiatement. Car elle, contrairement à votre ado en période rebelle, obéit sans rechigner. 

Michel Litout

 

PS : « Chronique off ! » durant deux semaines. Rendez-vous le 1er juillet pour une version estivale de « Ça bruisse... »

11:11 Publié dans Chronique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : xbox, one, wii, ps4, vacances

16/06/2013

BD : Danseuse préhistorique

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Jeune, blonde et audacieuse, Albatra est la vedette du ranch Bellafond. Danseuse de pole, elle envoûte les clients pourtant peu portés sur la grâce et la beauté. L'action de cette BD, écrite par Mady et Danjou et dessinée par Kmixe, se déroule sur une planète reculée, aux limites du désert et de la civilisation. Le ranch propose diverses distractions. De la danse donc, mais aussi des boissons fortement alcoolisées servies par d'accortes serveuses peu farouches et des séances de dressage. Pas de mustang comme au temps de la conquête de l'Ouest sur Terre. Non, des dinosaures, des tyrannosaures souvent. Albatra va devoir former Terra, une gamine encore plus farouche qu'elle. Par un concours de circonstances comme seules les BD de série B osent les imaginer, Albatra va se retrouver dans l'enclos pour calmer un redoutable T-rex albinos affamé. La danseuse s'en tire brillamment et devient Lady Rex, l'attraction de la future course où tous les coups sont permis. Superbement dessiné par Kmixe autant inspiré par les grosses bêtes aux dents acérées que par les corps nubiles des danseuses, ce one-shot aborde plus sérieusement la problématique de la domination des femmes par les mâles arrogants.

« Lady Rex », Vents d'Ouest, 13,90 €

 

 

15/06/2013

BD : Le réveil des aliens

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Une bonne petite série B, au ciné comme en bande dessinée cela ne peut pas faire de mal. Juste l'occasion de décrocher complètement de notre triste réalité, dépressogène et sans retour. Au moins, dans ce genre de production, même si cela va encore plus mal que dans la vraie vie, il y a toujours un petit espoir. La Terre, avant d'être peuplée et dominée par les humains, a servi de tombe-prison pour 9 entités extra-terrestres belliqueuses. Enfermées dans des sarcophages disséminés sur les différents continents, elles parviennent régulièrement à s'échapper. Heureusement Hélius, gardien robot les remet en prison. Jusqu'à ce jour où toutes les entités s'échappent en même temps et combinent leurs forces. Le combat contre les humains est trop facile. D'autant que d'autres aliens semblent manipuler les monstres. Un second tome spectaculaire, plein de rebondissements, de massacres et de baston de légende. « World War X » de Frissen et Snejbjerg connaîtra sa conclusion en septembre.

 

« World War X » (tome 2), Le Lombard, 12 €