05/06/2014

Cinéma : "Edge of Tomorrow" ou la guerre infinie dans une boucle temporelle

Tom Cruise, pris dans une boucle temporelle, met des mois pour gagner une guerre contre des envahisseurs extraterrestres. Scènes spectaculaires en 3D assurées.

 

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Cela commence un peu comme « Starship Troopers », la suite ressemble au « Jour de la Marmotte » : « Edge of Tomorrow » de Doug Liman va cependant beaucoup plus loin dans le scénario de science-fiction futé et bourré de trouvailles.

Adaptée d’un roman japonais, cette superproduction américaine a pour cadre une Europe envahie par des hordes d’extraterrestres sanguinaires. Comme durant la Seconde guerre mondiale, la France est occupée. Les USA sont préservés et utilisent la Grande-Bretagne comme tête de pont d’un gigantesque débarquement. Après de sérieux revers, les Humains peuvent reprendre le dessus grâce à des armures décuplant leurs forces. Le commandant William Cage (Tom Cruise), ancien publicitaire, est chargé de susciter des vocations. Il passe en boucle à la télévision pour galvaniser le peuple. Il prend pour exemple Rita Vrataski (Emily Blunt), surnommée “l’Ange de Verdun”. À la veille du débarquement, il est envoyé à Londres. Ses supérieurs veulent qu’il couvre l’attaque. Problème, Cage est lâche et veule. Il refuse, tente même de s’enfuir.

 

 

L’état-major n’apprécie guère. Il est dégradé et affecté à une unité qui sera en première ligne. Les 20 premières minutes du film montrent la préparation et le larguage sur la plage normande. Cage panique, passe à travers les balles et se retrouve nez à nez avec “l’Ange de Verdun”. En tentant de la protéger, il est tué par un Alpha, sorte d’officier alien. Trou noir. Et rebelote. Cage va revivre à l’infini cette journée. À chaque fois qu’il est tué, il revient au début. À force d’expérience, comme dans un jeu vidéo, il va aller de plus en plus loin et finalement comprendre qu’il a ainsi la possibilité de gagner la guerre à lui tout seul.

Amour éternel

Le film est trépidant. Pas un moment de répit. Tom Cruise a un rôle en or. De l’arrogant communicant au héros incompris, il déballe toute la palette de son talent. Si le people fait souvent l’unanimité contre lui, il n’en demeure pas moins que c’est un des meilleurs comédiens, et ce depuis des années.

 

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Il apprend à se battre, tue à tire-larigot, meurt plus que de raison et n’abandonne jamais l’espoir. D’autant qu’il met dans la confidence la rugueuse Rita et en plus de sauver le monde, fait tout pour la maintenir en vie. Car l’amour, dans son cas, devient réellement éternel, même s’il ne dure à chaque fois qu’une petite journée. Seul bémol parfois la grosse artillerie des effets spéciaux occupe un peu trop l’écran (encore plus en 3D), Mais pour une bonne partie du public de ce genre de film, c’est obligatoire. Plus que les paradoxes temporels et parallèles avec l’Histoire mondiale...

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Ô temps, reprend ton vol

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“Edge of Tomorrow” est plus un film de science-fiction que d’action. En imaginant la possibilité de revivre à l’infini une même journée, tout en se souvenant des précédentes, les scénaristes démontrent que la meilleure façon de gagner une bataille c’est d’anticiper. À son dixième débarquement, Cage parvient, presque les yeux fermés, à éviter des dizaines d’attaques. Un éloge appuyé à l’apprentissage, le savoir...

Le thème du paradoxe temporel est très présent dans la littérature de science-fiction. Philip K. Dick en est le maître absolu. Mais dans le genre, le film de Doug Liman a des airs de ressemblance avec “La Brèche" de Christophe Lambert (l’écrivain, pas l’acteur). Dans un futur proche, une société de télévision envoie deux reporters dans le passé pour filmer le débarquement du 6 juin 1944. Passé et futur se mélangent, avec des interactions de plus en plus fortes. Comme dans le film, mais en sens inverse... (Fleuve Noir et Pocket)

 

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