30/06/2014

Cinéma : Terry Gilliam et l'infini du rien du Théorème Zéro

Un peu comme une sorte de suite de « Brazil » désenchantée, « Zero Theorem » de Terry Gilliam parle d'abstractions et d'amour.

 

zero theorem, gilliam, waltz, melanie thierry, brazilIl s'habille en noir, n'aime pas la foule, les gens, le travail au bureau et la lumière du jour. Cloîtré dans son ancienne église transformée en loft, entre ordinateurs high-tech, vieilles statues et fientes de pigeons, Qohen Leth (Christoph Waltz) panique dès qu'il doit s'éloigner de son téléphone fixe. Il attend un appel. L'Appel. Celui qui enfin « expliquera le sens de la vie » lui dira « notre raison d'exister ».

Écrit par Pat Rushin, le scénario de « Zero Theorem » a été accommodé à la sauce Terry Gilliam. L'ancien membre des Monty Python a reconnu son univers dans ce script. On retrouve notamment beaucoup de références à l'univers étouffant de « Brazil ». Qohen est une sorte de programmateur dans une multinationale du plaisir. Il est chargé d'ordonner des abstractions mathématiques comme d'autres classent des trombones par couleur. Un travail qui s'apparente à un jeu vidéo, avec écran, manettes de commandes... et pédalier pour fournir l'énergie nécessaire. Qohen ne supporte pas de travailler à horaires fixes dans un box sous la surveillance constante d'un petit chef, Joby (David Thewlis). Il réclame à cor et à cri le droit de rester chez lui, de faire du télétravail. Il évitera ainsi de côtoyer les autres humains, engeance qu'il exècre.

 

Tous cinglés ?

Il obtiendra gain de cause auprès du grand chef, Management (Matt Damon, méconnaissable), mais en contrepartie devra travailler sur le théorème zéro. Cette suite mathématique, impossible à démontrer, affirme que l'univers, issu de rien, retournera un jour à cet état d'origine. De quoi perdre la raison pour Qohen. Mais était-il véritablement sain d'esprit avant de s'engager sur ce chemin ?

 

 

Cette intrigue complexe, quasi métaphysique, Terry Gilliam lui donne un aspect visuel étonnant, avec des décors aux fortes variations chromatiques, des personnages tous un peu cinglés et une sorte d'ange, dernière présence humaine véritable, douée de sentiment : la call-girl Bainsley (Mélanie Thierry). D'un côté la solitude, le rien, le vide; de l'autre la plénitude d'une relation à deux, de l'amour et de l'interdépendance. Qohen est tiraillé. A moins que tout cela ne soit qu'une machination supplémentaire de Management, expert en instrumentalisation de ses employés.

Bourré de trouvailles, notamment visuelles, « Zero Theorem » est l'antithèse du film de science-fiction positif et optimiste. Mais Terry Gilliam n'a jamais été l'un de ces créateurs tentés par un message à la « Bisounours » pour faire passer la noirceur de notre existence. Au contraire, il a toujours mis en avant les dérives de nos sociétés. Le fond est pessimiste. Ou simplement réaliste. Cela dépend uniquement du point de vue du spectateur.

 

_________________________________________________________

Publicités et sexe omniprésents

 

Le futur décrit par « Zero Theorem » semble nous pendre au bout du nez. Reclus dans son église désaffectée, loin du bruit et de la lumière, Qohen peut vivre en paix. Mais dès qu'il sort, il est assailli par les publicités numériques. Comme si le modèle économique des pubs intempestives sur les sites internet avait fait des petits dans la rue. Chaque mur, transformé en affiche interactive, s'adresse directement au passant. Pour une banque, des aliments, du rêve virtuel ou du sexe sans danger.

 

 

zero theorem, gilliam, waltz, melanie thierry, brazil

 

Le sexe est aussi omniprésent dans cet avenir. L'église de Qohen est accolée à un sex-shop où les expériences semblent extrêmes au vu de l'évacuation des clients en ambulance. Bainsley, interprétée par Mélanie Thierry, parfaite gravure glamour, va beaucoup plus loin sur son site internet. Et encore plus si on accepte d'endosser une combinaison virtuelle pour se retrouver plongé dans un monde idéal où se toucher, faire l'amour, passe par des flux de pixels à travers des fibres optiques. Cela n'empêche pas la jeune femme de pleurer sur son sort et sa propension à tomber amoureuse. Et de constater qu'elle est décidément 100 fois plus belle avec son rimmel dilué dans les larmes qu'en infirmière aguicheuse ou naïade en bikini. 

29/06/2014

BD : Foot ou fric, il faut choisir

irs team, desberg, bourgle, koller, lombardLes amateurs de beau jeu, d’incertitude du sport, de Pierre de Coubertin et autre jolie fable ne doivent pas s’approcher de cette série écrite par Stephen Desberg. Larry Max, le héros, agent des impôts américain, tente de découvrir comment de l’argent sale est blanchi dans le milieu du ballon rond. Une enquête de longue haleine dont les deux dernières parties paraissent simultanément. Un album dessiné par Koller, un autre par Bourgne et c’est toutes les illusions des fans qui s’envolent. Larry poursuit plusieurs lièvres à la fois. D’un côté il se penche sur les trafics d’influence au sein de la fédération mondiale, de l’autre il enquête sur les agents des joueurs et enfin il relie tout cela avec les sociétés de paris de ligne. De l’ancienne mafia (italienne) à la nouvelle (chinoise), il se rend compte qu’il n’a pas beaucoup de marge de manœuvre. En fait le système est gangrené de haut en bas. Pour faire tomber des têtes, il va devoir déclencher une guerre fratricide entre toutes les factions. Le Mundial vient de débuter depuis trois jours. Dans la série, la prochaine coupe du Monde est attribuée à l’Inde. Les opérations immobilières décrites dans la BD ont de fortes similitudes avec la réalité, en Amérique du Sud. Alors avant de vous enflammer pour les exploits de tel ou tel joueur, dites-vous bien que tout cela n’est qu’une gigantesque machine à fric. Et que les gagnants ne sont pas toujours ceux que l’on croit....

 

« IRS Team » (tomes 3 et 4), Le Lombard, 12 euros.

 

07:26 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : irs team, desberg, bourgne, koller, lombard

28/06/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES Fin de saison

charline, france inter, clark, cohenLe mois de juillet marque traditionnellement la fin de l'année scolaire mais aussi des saisons à la radio et la télévision. Durant cette ultime semaine, relâchement, joie et frivolité flottent dans l'air. Comme si on partait pour deux mois de cour de récréation. Un phénomène particulièrement vrai dans les matinales des radios. Ainsi sur France Inter, le 5/7 animé par Eric Delvaux et Charline Vanhoenacker s'est systématiquement achevé cette semaine sur des adieux aux différents chroniqueurs. Alex Taylor, dans sa revue de presse, a mis un terme à ses trouvailles internationales par une histoire de saucisse, son fil rouge récurrent. Hier, un peu d'émotion dans la dernière chronique « Ça va mieux en le disant » de Charline, la petite Belge qui monte.

En septembre, elle rejoint la division supérieure et sera au côté de Patrick Cohen dans la tranche reine du 7/9. Avancement mérité tant son impertinence a illuminé nos petits matins gris. Et vendredi, dans la foulée, Pascale Clark a animé pour la dernière fois son « Comme on nous parle » entre 9 et 10 heures. Une émission culturelle exigeante, dans la droite ligne du magazine de Pierre Bouteiller (ça ne nous rajeunit pas...), avec cette touche en plus d'une animatrice souvent mystérieuse.

charline, france inter, clark, cohenHier c'était donc le dernier passage d'antenne entre Cohen et Clark. Ce dialogue, impromptu, à base « d'inepties » et de non-dits manquera cruellement dans le paysage radiophonique. Tous ces animateurs ont donné rendez-vous à la rentrée de septembre, ce que je me permets aussi de faire pour laisser la place au traditionnel intermède estival.    

27/06/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : La mode du téton

teuron, téton, sein, nu, poitrine dénudée, nichons

Hier matin, un peu trop tôt certainement, j'entends à la radio une chronique sur la mode du Teuton. Décidément cette Coupe du Monde de football est partout me dis-je. Mais pourquoi les Teutons sont-ils plus à la mode que les Français ou les Hollandais ? Et quel rapport avec une marque de bikinis ? En fait, encore vraiment embrumé, j'ai compris Teutons là ou il était question de tétons. Cet été, donc, le téton est à la mode. Les sens en éveil d'un seul coup, je vais immédiatement creuser le sujet de cette chronique sur internet. Quelques explications et beaucoup de photos plus tard, je sais que tout est parti des mesures de censure de Facebook et Instagram. Les prudes réseaux sociaux américains n'autorisent pas la moindre représentation graphique à connotation tant soit peu sexuelle. Au premier mamelon votre compte est bloqué. L'expérience est arrivée à la fille de Bruce Willis et Demi Moore. Pour se venger, elle a lancé l'opération #FreeTheNipple (libérez le téton) sur Twitter. Elle se photographie seins nus dans une rue de New York et fait remarquer perfidement que ce que la loi américaine autorise, Facebook et Instagram l'interdit. Elle a été rejointe dans son combat par une ribambelle de Femen en herbe fières de leur poitrine.

teuron, téton, sein, nu, poitrine dénudée, nichonsLe téton sera d'autant plus à la mode que The Tata Top, un fabricant de bikini, a eu l'idée géniale de commercialiser des hauts imprimés en trompe-l'oeil. De loin, vous semblez nue. De près, vous portez un maillot. Facebook et Instagram se feront avoir. Quelques cochons libidineux aussi...

26/06/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Radio bière foot

« Radio Bière Foot, la radio de la bière et du foot ! » Cette coupe du monde au Brésil m'a donné une envie folle de me replonger dans la série de sketches des Robins des Bois. Les multiples portraits de supporters à la télé ou à la radio me font irrésistiblement penser à Dédé et Marcel, les animateurs de cette radio locale imaginaire consacrée à la bière... et au foot. Le studio ? Le bar de Dédé. La musique ? Un seul et unique morceau : « Le bal des patineurs ». Jean-Paul Rouve, dans la peau de Marcel, n'a pas eu à forcer pour retrouver son accent du Nord. Maurice Barthélémy alias Dédé, boit une gorgée de bière à chaque début de fou rire. Et recrache le tout dans un incroyable geyser mousseux. La rencontre se termine systématiquement par une crise d'hystérie car un invité ou un auditeur les traite « d'enculeurs de poules ». Hier soir, il devait y avoir des milliers de Dédé et de Marcel dans les bistrots équipés d'un grand écran pour suivre le match. La recette pour rendre son optimisme à la France est simple : du foot à la télé, des bières dans le gosier. D'autant qu'hier il y avait peu de chance pour que les Bleus soient éliminés. Le stress de la défaite en moins, la fête n'en est que plus belle. L'affaire se corsera au prochain tour. Gare aux matches couperets. Seule consolation (essentiellement pour les patrons de bar), le retour de possibles prolongations et de deux tournées supplémentaires. Après c'est quitte ou double. Une qualification explose le chiffre d'affaires. Une élimination signifie un plongeon inexorable dans un trou noir affligeant. 

25/06/2014

BD : Prise de tête à Tel Aviv

 

Hanuka, tel aviv, israel, Steinkis

Il a la tête de l'emploi. Crâne rasé, petites lunettes rondes, barbe naissante : Asaf Hanuka a tout de l'intellectuel moyen-oriental. Pour d'autres il a une tête de terroriste. Quand il prend l'avion, passer les contrôles est une sinécure. Normal, Asaf Hanuka vit à Tel Aviv. Il a beau être Juif, il a une tête d'Arabe. « Mais je ne me plains pas. Après tout moi aussi je veux vivre dans un monde sûr. » Dessinateur pour la presse, illustrateur jeunesse, il se raconte dans ces planches au trait réaliste sûr. Et dans le genre torturé, il fait souvent fort. Marié (à une ravissante blonde aux yeux bleus originaire de Pologne aussi ashkénaze qu'il est séfarade...), il a un petit garçon et en cours d'album une petite fille fait son apparition. Une famille normale. Si l'on fait abstraction qu'elle vit dans un pays toujours au bord de la guerre. Où les sirènes annonçant des bombardements retentissent régulièrement. Où les anciens ont des souvenirs de camps et d'exil avant de trouver la Terre Sainte. Il y a un volet très politique, mais aussi des aspects absolument universels. Quelle que soit sa religion, un homme fait parfois des erreurs dans son couple et la complicité père-fils se moque des religions. C'est pourquoi c'est album, tout en informant sur la vie quotidienne à Tel Aviv, est aussi un formidable miroir où l'on se reconnaît facilement.

 

« K.O.À Tel Aviv » (tome 2), Steinkis, 16,95 €

 

07:05 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hanuka, tel aviv, israel, steinkis

24/06/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Oscar, Gaston et Jacques

La Polynésie française, Tahiti et ses îles, a une fausse image de paradis sur terre. Lagon et ciel bleu n'empêchent pas des rancunes tenaces. Régulièrement ces poussières de colonie sont secouées par des poussées de fièvre. Les autonomistes sont revenus au pouvoir, mais il y a peu les indépendantistes étaient majoritaire à l'assemblée territoriale. Les deux camps s'opposent depuis des décennies par leaders charismatiques interposés. D'un côté il y a Gaston (Flosse), de l'autre Oscar (Temaru). Le premier, 83 ans, président en fonction, est cofondateur du RPR avec Jacques Chirac. Le second, 70 ans, dans l'opposition, n'a toujours pas réglé sa dette avec la France qui a utilisé son territoire pour y mener des essais nucléaires. La politique en Polynésie se résume à des prénoms et des couleurs. Oscar et le bleu ciel d'un côté, Gaston et le orange de l'autre. Au pouvoir, Oscar a débaptisé une place Jacques Chirac en place du 2 juillet 1966, date du premier essai nucléaire. Gaston, de retour aux rênes, a rendu le nom d'origine à cette place. Grosse colère d'Oscar qui manifeste avec ses militants. Et décide, pour répliquer, de donner un nom à la rue de sa commune qui mène à la prison. Il hésite encore entre rue Jacques Chirac ou rue Gaston Flosse. Et de préciser sa pensée : « Gaston la casserole et Chirac la marmite », en allusion aux affaires judiciaires des deux hommes politiques. En fait, la Polynésie française, pays béni des Dieux (beauté des paysages, gentillesse des habitants), souffre surtout d'être devenue la cour de récréation de deux vieillards qui se prennent toujours pour des gamins.  

23/06/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Papy Star Wars

star wars, harrison ford, disney, jambe cassée

Je ne veux pas être particulièrement pessimiste (mon épouse se désespère de mon côté négatif, même pour les petites choses de la vie) mais j'ai la nette impression que l'épisode 7 de la saga Star Wars est mal parti (sortie mondiale le 18 décembre 2015). Reprise par Disney, la franchise de George Lucas a voulu caresser les fans dans le sens du poil de la nostalgie. Retour donc en haut de l'affiche des acteurs vedettes de la première trilogie : Carrie Fisher (Princesse Leia), Mark Hamil (Luke Skywalker ) et la super star Harrison Ford (Han Solo). Mais si les spectateurs des débuts de Star Wars n'ont pas vieilli d'un iota dans leurs têtes, les comédiens eux, ont 40 ans de plus au compteur. Résultat, ils n'ont plus les capacités physiques des années 70. Ainsi Harrison Ford, pourtant bien conservé, a quitté le tournage sur une civière. Un premier communiqué annonce une blessure à la cheville. Quelques jours plus tard la vérité éclate : jambe gauche cassée, écrabouillée par la porte de son vaisseau spatial le Faucon Millenium (qui lui aussi semble avoir besoin d'une bonne révision). La suite du tournage est perturbé. C'est sûr qu'un héros se battant en chaise roulante ou armé de deux béquilles à la place de son sabre laser, ça manque de charme. Heureusement les effets spéciaux ont fait d'énormes progrès. D'ailleurs, je me demande pourquoi Disney n'a pas tout simplement numérisé les anciennes prises pour en faire une autre histoire entièrement en images virtuelles. Car les pixels, eux, ne vieillissent jamais...  

22/06/2014

CINEMA : Ariane ou la vie comme elle vient

Robert Guédiguian prévient dès le générique : “Au fil d’Ariane” est une fantaisie. On suit la radicale remise en question d’une femme au seuil de la cinquantaine.

 

Guédiguian, ascaride, darroussin, meylan, atiane

Dans son appartement lumineux, Ariane s'active. Aujourd'hui n'est pas un jour comme les autres. Elle dresse une belle table et passe des heures à confectionner un énorme gâteau. Son gâteau d'anniversaire. Mais quand on sonne à la porte ce ne sont que des coursiers avec des fleurs. Et au téléphone les messages d'excuses pleuvent. Quand elle constate qu'elle sera seule pour déguster son chef-d'oeuvre, Ariane préfère prendre ses jambes à son cou. Et finalement, ce jour particulier ne sera vraiment pas comme les autres, mais pour de toutes autres raisons.

 

 

Robert Guédiguian, cinéaste engagé, aux œuvres parfois aussi sombres que Marseille, sa ville d'élection est lumineuse, semble avoir voulu s'offrir une récréation. Comme une pause dans une filmographie trop sérieuse. Et cette « fantaisie » il a voulu la partager avec ses acteurs fétiches. Ariane est interprétée par Ariane Ascaride, derrière le comptoir du bar-restaurant on retrouve Gérard Meylan, Jacques Boudet montre toute l'étendue de sa connaissance de l'anglais, Jean-Pierre Darroussin est irrésistible en chauffeur de taxi. Une joyeuse bande autour d'Ariane qui déprime sérieusement. Son coup de tête l'entraîne au port de Marseille, bloquée par un pont basculant, elle accepte l'invitation d'un jeune scootériste d'aller déjeuner dans une petit restaurant en bord de mer.

 

Aider les autres

Bien décidée à n'en faire qu'à sa tête, Ariane accepte. Elle prend la vie comme elle vient, sans se poser de questions. Elle mange donc en compagnie de retraités et de Jack (Jacques Boudet), l'écrivain américain. Denis (Gérard Meylan), le patron, grand fan de Jean Ferrat, est le pivot de ce petit monde autour duquel gravite également Martial, un vieil Africain et une jeune prostituée.

Séduite par ces personnages, Ariane décide de s'inviter, remplace la serveuse, dort sur le bateau de Denis, aide Martial et va pêcher avec Jack aux sentences imparables comme « la fureur destructrice du libéralisme ». Cela donne à Denis de lui dire, esbaudi : « Jack, tu es épatant ! »

De son côté, Ariane est sur un petit nuage, heureuse, amoureuse, apaisée. Avec l'envie de mettre à exécution cette maxime « On joue toujours sa vie en une seule fois. » Mais tout cela est-il réel ? Pourquoi Ariane entend la tortue de Denis lui parler ? Et Martial, qui sont ces enfants à qui il souhaite bonne nuit le soir, en hurlant ? Robert Guédiguian va finalement beaucoup plus loin qu'une simple fantaisie. Et à trop vouloir aider les autres, Ariane, comparée à un ange par Denis, risque de se brûler les ailes.

__________________________

 

Une bande d'acteurs fidèles

 

Robert Guédiguian, cinéaste marseillais, a su s’entourer d’acteurs fidèles qu’il retrouve régulièrement dans ses réalisations. En tête de distribution Ariane Ascaride, évidemment. Celle qui est sa femme depuis plus de 30 ans est de la première aventure. Le premier film de Guédiguian, “Dernier été”, en 1980 donne le premier rôle à Ariane Ascaride et Gérard Meylan, l’autre fidèle de la “tribu”. Durant des années le cinéaste s’est contenté de succès d’estime jusqu’à la consécration de “Marius et Jeannette”. Entre-temps Jean-Pierre Darroussin a rejoint la bande.

Guédiguian, ascaride, darroussin, meylan, atianeComme une troupe de théâtre, les acteurs se retrouvent et jouent les scénarios de leur mentor. Du drame social au polar en passant par le film historique, pas un genre n’échappe à Robert Guédiguian. Un touche à tout de génie, pouvant s’appuyer sans réserve sur ses talentueux comédiens. “Au fil d’Ariane”, film plus léger, sans trop de pathos, loin de la réalité, comme dans un monde idéal, est une nouvelle expérience. C’est totalement différent des précédentes productions mais reste avant tout du Guédiguian.

21/06/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Faux foot

foot, mondial, bilboquet,

Avez-vous regardé le match de l'équipe de France hier soir ? Ce matin tout le monde va parler du résultat (que je ne connais pas encore car cette chronique est écrite bien avant le coup d'envoi). Mais on peut aussi briller en société sans passer sa soirée à écouter les commentaires horripilants de TF1 et regarder onze Bleus en shorts courir après la baballe comme de jeunes chiens aussi fous que bêtes.

Pour France-Honduras, le site internet satirique bilboquet-magazine.fr a publié un savoureux article intitulé "Neuf points pour faire croire à votre entourage que vous avez suivi le match". Pratique, mais totalement au second degré.

Pourtant je suis persuadé qu'un résumé succinct et circonstancié de la rencontre rendrait service à quelques-uns. J'imagine parfaitement la scène. "Chérie, ce soir je ne vais pas t'infliger le match. Je vais le regarder avec des potes dans un bistrot". L'épouse, subjuguée par tant de prévenance, ne se doute certainement pas que son homme préfère, de loin, les dessous affriolants de sa maîtresse aux jambes poilues des pros du ballon rond.

Et si par malheur le lendemain l'épouse, quand même un peu soupçonneuse, réclame des détails, l'antisèche permettra à l'infidèle d'avoir un alibi en béton.

A l'arrivée, j'ai l'impression que ces matches de l'équipe de France, de grande communion nationale, se transforment en vaste entreprise de tromperie. Car l'inverse est probablement vrai. L'épouse délaissée par le fan de foot a de fortes chances de se consoler dans les bras... d'un rugbyman.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce samedi matin en dernière page de l'Indépendant

10:55 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : foot, mondial, bilboquet