10/07/2014

Cinéma : Les jolies vacances du Petit Nicolas

La nostalgie est omniprésente dans le second film inspiré du personnage de Goscinny et Sempé. « Les vacances du Petit Nicolas » ensoleilleront votre été.

 

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Une douce nostalgie est distillée dans « Les vacances du Petit Nicolas », film de Laurent Tirard tiré des œuvres de Goscinny et Sempé. On peut, au gré des plans, savourer quelques clins d'œil aux cinéphiles ou simples amoureux de cette époque révolue des années 50/60. Un gamin, sur la plage, est plongé dans la lecture d'un Spirou, période demi-planche en couverture; un vacancier tente en vain de régler un transistor portatif, ancêtre des ipods de nos jours; si le père de Nicolas enfourche un vieux vélo, il semble intégrer un film de Jacques Tati, quand il dépasse sans se retourner de vigoureux sportifs.

 

 

 

Le film s'adresse essentiellement aux plus jeunes, mais ces mini-hommages rendent le long-métrage très agréable à toutes les générations. Le spectacle familial par excellence à ne pas manquer cet été. Quand il pleut (ou fait trop chaud) sur la plage.

 

Terrifiante Isabelle

Dernier jour d'école. Le Petit Nicolas (Mathéo Boisselier) est désespéré de quitter son amoureuse, Marie-Edwige, mais il doit d'abord assister à la traditionnelle dispute entre son père (Kad Mérad) et sa mère (Valérie Lemercier) sur leur destination de vacances. Et pour une fois, le papa a le dernier mot. Ce sera la mer. « Avec ma mère » précise immédiatement la perfide maman. Mémé (Dominique Lavanant) est la grande et belle nouveauté de ce second film. Une belle-mère caricaturale mais géniale. Son « Un bisou ! » reste longtemps dans les mémoires.

Une fois à l'hôtel Beau-rivage, la famille va passer ses journées à bronzer sur la plage (quand il ne pleut pas...), nager et déjeuner au restaurant de l'hôtel. Nicolas, tout en écrivant régulièrement à Marie-Edwige se fait de nouveaux copains. Des gamins aux caractères bien trempés, de celui qui veut toujours avoir raison à celui qui mange tout en n'importe quoi sans oublier le plus petit de la bande, toujours à la traîne, toujours en train de se plaindre et de pleurer. Le père de Nicolas, en retrouvant un ami d'enfance, Bernique (Bouli Lanners, toujours aussi irrésistible), impose aussi Isabelle, la fille de ce dernier, aux jeux de Nicolas. Les vacances se transforment en cauchemar tant la fillette semble terrifiante. Au passage, le réalisateur glisse de nouveaux hommages aux films d'horreur, Shining notamment.

Les vacances ne seront donc pas de tout repos pour les enfants. Les parents aussi auront leur lot de surprise. Si le père ne peut s'empêcher de remarquer quelques jolies filles sur la plage, la mère ne laisse pas les vacanciers mâles indifférents, notamment un producteur de cinéma. Au final le divertissement est plaisant et saura séduire les petits comme les grands.

 

 

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Une œuvre foisonnante

 

 Le Petit Nicolas, création de René Goscinny et Jean-Jacques Sempé, semble intemporel. Les relations de ce gamin avec ses parents, ses professeurs et surtout ses copains sont universelles. Écrites durant les années 60 par le créateur d'Astérix, ces nouvelles sont régulièrement rééditées. Depuis quelques années ce sont les éditions IMAV, notamment dirigées par la fille de Goscinny, la romancière Anne, qui proposent une valorisation de la série. L'intégrale est disponible en 14 volumes et les différents titres sont traduits en diverses langues (yiddish, arabe maghrébin, corse ou latin).

Le film qui sort ce mercredi est tiré en partie des 18 histoires contenues dans « Les vacances du Petit Nicolas ». Un recueil remis en vente avec un bonus, une histoire inédite. « La veillée d'adieu », écrite en 1961, n'a jamais été publiée. Le texte a été retrouvé dans les affaires de René Goscinny, sous la forme d'un tapuscrit. Sempé a repris ses pinceaux et s'est replongé avec délice dans l'univers si poétique du Petit Nicolas.

« Les vacances du Petit Nicolas », IMAV éditions, 180 pages, 10,90 euros.

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