29/08/2014

DVD : Le cauchemar Hollywood dans "The Canyons" avec Lindsay Lohan

 

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Dans « The Canyons », Paul Schrader montre la face immonde du cinéma américain.

 

 

La filmographie de Paul Schrader, vieux routier du cinéma américain, ne fait pas dans l'eau de rose. De Américan Gigolo, La féline au préquel de l'Exorciste, il a quantité de thrillers, films d'horreur et même érotiques à son actif. Quand il parvient à mettre sur pied le projet d'un film sur les dessous d'Hollywood avec l'écrivain Bret Easton Willis (American Psycho) au scénario, on se doute que ce sera noir et incisif. « The Canyons », en grand partie auto-produit par les deux hommes, est pour beaucoup un faux film d'auteur. En raison une distribution assez singulière. Pour interpréter le couple vedette le choix se porte sur Lindsay Lohan, actrice pestiférée abonnée aux tabloïds à scandale et James Deen, uniquement connu dans l'industrie du porno. Pourtant l'un comme l'autre sont excellents dans ces rôles d'une rare noirceur. Christian (James Deen) est un riche fils à papa. Il ne sait pas quoi faire de son argent. Alors il décide de financer un film d'horreur porté par Gina, son assistante. Au moment du casting, Tara (Lindsay Lohan) ancienne actrice et petite amie de Christian, donne son avis. Elle choisit Ryan, le petit ami de Gina. Le film débute par un repas au restaurant entre les deux couples. Ryan remercie Christian. Ce dernier s'en moque absolument. Il se contente d'expliquer au jeune acteur qu'il aime « partager » Tara avec des inconnus contactés par l'intermédiaire d'un site de rencontre. L'opposition est flagrante entre un couple jeune et rangé et un autre extraverti et atypique. La suite du film est à l'avenant. James Deen joue à la perfection cet homme froid et sans sentiment, amoureux de Tara, mais incapable de l'aimer simplement. Tara elle profite ouvertement du système. Sorte de prostituée de luxe, elle se rattrape en passant ses journées oisives au bord de la piscine ou à faire du shopping.

L'ambiance du film est souvent malsaine, oppressante. Les scènes de sexe sont très soft, l'érotisme laissant souvent la place à une esthétique porno. Pourtant « The Canyons » a une sorte de charme envoûtant. Dans la réalisation crépusculaire et aussi dans le désespoir de tous les protagonistes. Au début Hollywood fait rêver. Mais très vite cela se transforme en cauchemar sans fin.

« The Canyon », Pathé Vidéo, 19,99 euros

 

 

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