30/09/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Défilé de tatouages

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Grosse animation hier dans mon village. Le vide-greniers annuel a transformé l'artère principale en vaste zone commerciale piétonne. Comme chaque année, j'en profite pour louer l'emplacement devant chez moi, installer quatre tréteaux et vendre livres et autres babioles. Passé l'enthousiasme des premières heures (90 % des ventes en début de matinée), il faut reconnaître qu'un vide-greniers c'est long. Très long…

Alors, bloqués derrière notre stand, mon épouse et moi scrutons les badauds. Démarche, tenue vestimentaire, âge, coiffure sont détaillés et commentés… Parmi ce petit échantillon de la vaste Humanité, les tatoués sont de plus en plus nombreux.

Hier matin, nous avons eu droit à un diablotin coloré beaucoup plus souriant que son propriétaire. Une dame laisse deviner sur un bras les ailes d'une chauve-souris. Un vieux socialiste arbore une rose sur son biceps fripé. Sans doute le souvenir d'une époque plus florissante pour la gauche. Celui-ci est couvert de la tête aux pieds. Impossible d'établir l'inventaire complet : un Indien sur son cheval saute aux yeux, puis une rose des vents sur l'avant-bras et une grosse araignée velue sur la main.

Côté bestiaire, les femmes sont plutôt dauphins, les hommes aigles. Lui porte un tigre sur le bras. Ou un chien ? Pas vraiment évident. Le tatouage est surchargé, comme si on avait redessiné sur un premier motif pour le faire disparaître.

Enfin, dans l'idéogramme chinois qu'exhibe ce cinquantenaire, je vois du mystère et du romantisme. Mais si ça se trouve, le tatoueur a seulement traduit en mandarin "Arlette pour la vie"…

29/09/2014

Cinéma : « Elle l'adore » sans aucune limite

Sandrine Kiberlain, interprète d'une fan prête à tout pour son idole, rayonne dans le premier film de Jeanne Herry, vrai polar aux faux airs de comédie.

 

 

Étrange monde que celui des fans. Essentiellement des femmes déconnectées du réel, ne vivant que par et pour le chanteur ou l'acteur qu'elles idolâtrent. Jeanne Herry, la réalisatrice de « Elle l'adore », film étrange et fascinant, en a certainement croisé dans sa jeunesse. Car sous ce nom se cache la fille de Julien Clerc et Miou Miou. Un chanteur et une comédienne qui ont du recevoir quantité de lettres d'admirateurs quand ils étaient au faîte de leur célébrité. Est-ce dans cette matière première que Jeanne Herry a trouvé l'idée de son premier long-métrage ? A moins que le véritable moteur du film soit le chanteur Vincent Lacroix (Laurent Lafitte) ressemblant tant au père de la réalisatrice...

 

kiberlain, lafitte, elle l'adore, herry

 

Muriel Bayen (Sandrine Kiberlain), la quarantaine fatiguée, esthéticienne, vit seule à Paris. Divorcée, elle n'a la garde de ses enfants (deux ados) que quelques week-ends. Muriel, depuis son enfance, est fan de Vincent Lacroix. Dans sa chambre d'enfant que l'on entrevoit à un moment, ses murs sont couverts de posters. Souvent, ces toquades sont passagères. La vie fait que les vrais gens supplantent toujours nos idoles car ils sont plus présents. Sauf pour Muriel qui consacre tous ses loisirs à Vincent. Elle collectionne les disques, les places de concerts et autres passes VIP qu'elle parvient à extirper à la sécurité à force de persévérance.

Depuis le temps, Vincent la connait. C'est sa fan numéro 1, la plus fidèle, mais pas envahissante. Le chanteur de charme, en pleine préparation de son prochain Olympia (presque une routine pour lui), se détend en jouant au poker chez lui avec des amis. Sa petite amie du moment n'apprécie guère. Grosse scène de jalousie devant les convives. Insultes, bris de glace. Une fois seuls, rebelote. Mais cette fois c'est plus violent. Et l'accident bête. Un lourd trophée fracasse la tête de l'amour du moment.

 

Convoyeuse

Vincent, paniqué, ne sait que faire. Toutes les apparences sont contre lui, sa carrière ne survivra pas à un tel scandale. Il va avoir l'idée tordue de demander de l'aide à Muriel, une personne en qui il a totalement confiance. Ou du moins qui le vénère tellement qu'elle devrait accepter de l'aider sans poser de questions. Il ne la met pas exactement dans la confidence. Il lui demande simplement de transporter un « colis » en Suisse où la sœur de Vincent a une petite entreprise de crémation d'animaux morts... La scène clé du film se déroule en pleine nuit. Vincent sonne chez Muriel. La fan n'en croit pas ses yeux. Son idole, chez elle. En observant sa réaction, on comprend que le personnage de Muriel, magistralement interprété par Sandrine Kiberlain, est beaucoup plus complexe qu'imaginé au début. Fan vient de fanatisme, un dérangement mental de plus en plus évident. Le film, engagé comme une simple comédie sociale, va s'orienter vers le polar pur et dur, avec enquête policière, garde à vue, interrogatoires, tension et coups de théâtre. Une scénario très alambiqué, à la hauteur de la mythomanie de Muriel, experte en histoires improbables.

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Sandrine Kiberlain au service de ses rôles

 

kiberlain, lafitte, elle l'adore, herryLongtemps, Sandrine Kiberlain est restée dans l'ombre. Une bonne actrice pour les seconds rôles, mais pas assez identifiable pour être vedette. La rousse filiforme, aux innombrables taches rousseurs prête plus à rire qu'à rêver. Elle accepte de jouer les fofolles avec un plaisir souvent non dissimulé. Cela donne des compositions brillantes dans « Tip Top » (une policière voyeuse et un peu naïve), « Pauline détective » (une journaliste spécialisée dans les faits-divers, tendance enquêtes à la Scoubidou) et surtout « 9 mois ferme » d'Albert Dupontel. Elle y incarne une juge d'instruction mise enceinte par un abominable délinquant. Sandrine Kiberlain explose dans un personnage en permanence au bord de la crise de nerfs. Une des rares actrices qui parvient à supporter la comparaison avec Dupontel, habitué lui aux excès en tous genres.

Dans « Elle l'adore », elle garde cet aspect un peu lunaire, mais parvient en quelques silences et regards troubles à faire deviner les profondes fractures de cette fan d'un chanteur de charme. Elle joue la folie, sans jamais se départir de son apparence de femme normale et consciente de ses faits et gestes. Une nouvelle palette à accrocher au vaste répertoire d'une comédienne pas toujours utilisée au maximum de ses possibilités qui sont immenses à en croire sa prestation dans le premier film de Jeanne Herry.

Livre : La pendue de Londres de Didier Decoin en poche

pendue, londres, decoin, livre de pocheEn racontant l'histoire de Ruth Ellis, la dernière femme pendue par la justice anglaise, Didier Decoin va beaucoup plus loin que le simple fait divers. Un homme. Une femme. Albert Pierrepoint et Ruth Ellis. Le roman de Didier Decoin, inspiré de faits réels, raconte à distance la seule et unique rencontre entre la jeune femme blonde et l'austère patron d'un pub londonien. Ruth croise le chemin d'Albert le 13 juillet 1955. Dans une prison. Quelques minutes plus tard Ruth est morte, pendue par Albert, exécuteur en chef du royaume britannique.

(Le Livre de Poche, 9,90 €)

BD : Ténébreuses années 40 avec "l'Insurrection" et "La chute d'un ange"

La Pologne comme la France ont mis du temps à se relever du traumatisme de la seconde guerre mondiale. Deux albums parus cette semaine reviennent sur l'ambiance particulière des ces années 40, entre guerre, libération et épuration.

insurrection, chute ange, sowa, gawron, Mako, Daeninckx, dupuis, casterman« L'insurrection » a pour cadre la ville de Varsovie. En ce printemps 1944, les Allemands sont encore les maîtres du pays. La Résistance multiplie les actions d'éclat. Les rumeurs de débarquement la pousse à vouloir accélérer les événements. L'insurrection contre l'occupant se prépare. Pour mieux comprendre le contexte politique et historique, Sowa, la scénariste, s'attache à la vie d'une famille. Alicja a repris le flambeau de son frère Jan, tué dans un accrochage avec les nazis. Son fiancé, Edward, n'ose pas s'engager. Il préfèrerait, naïvement, que la guerre n'interfère pas dans son quotidien. Mais comment ne pas réagir quand l'oppresseur a tous les droits ? Mis en images par Gawron, cette prise de conscience suivie d'une prise de risque rend hommage à ces Polonais, oubliés de l'Histoire.

insurrection, chute ange, sowa, gawron, Mako, Daeninckx, dupuis, casterman« La chute d'un ange », album écrit par Daeninckx et dessiné par Mako a également pour cadre les années 40. En France cette fois alors que le pays redécouvre la liberté. Une double enquête policière (la mort d'un orphelin et l'assassinat d'un patron de presse) est menée par le commissaire principal Pasquet. Entre fantômes de l'occupation, scandales d'état et magouilles au plus haut niveau, la France décrite par les auteurs est peu reluisante. Pourtant ce sont ces hommes et ces femmes qui ont repris le pays à la Libération et qui l'ont façonné. Un regard critique et sans concession tout à fait dans la lignée des précédentes productions d'un duo devenu incontournable dans la BD noire française.

« L'insurrection » (tome 1), Dupuis, 15,50 euros

 

« La chute d'un ange », Casterman, 15 euros

 

28/09/2014

BD : plongée dans le passé de l'Égypte ancienne

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Imaginez, vous allez en cours, bercé par les cahots du métro. Vous vous endormez d'un œil. Et quand vous vous réveillez, vous êtes à bord d'un bateau grec qui fait route vers l'Égypte. Pas un paquebot de croisière. Une vieille barcasse qui avance à la rame. C'est l'incroyable aventure qui arrive à Oscar Rimbaud, étudiant en médecine. Quand il reprend ses esprits, tout le monde à bord l'appelle Odyxes et il est... capitaine. Arleston, après avoir beaucoup exploré l'heroic fantasy (Lanfeust, Trolls...) se tourne vers un fantastique historique plus classique, teinté de voyage temporel. Une fois le choc passé, Oscar-Odyxes accepte sa nouvelle réalité et avant de chercher un moyen pour réintégrer son époque va se démener pour survivre. Heureusement ses connaissances médicales et scientifiques sont un atout non négligeable dans cette Égypte ancienne. Au dessin, Stephen Lejeune est aussi à l'aise sur les quelques planches se déroulant durant notre époque que sur celles, plus nombreuses, se déroulant dans le passé.

 

« Odyxes » (tome 1), Soleil, 13,95 €

 

07:26 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : odyxes, lejeune, arleston, soleil

27/09/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Koh-Lanta à nu

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Particulièrement culottés les dirigeants de TF1. Après la mort d'un candidat de Koh-Lanta en 2012, j'étais persuadé que jamais ils n'oseraient remettre des aventuriers sur une île déserte. D'autant que le médecin de l'émission s'était suicidé dans la foulée. Enfin un peu d'éthique pour la chaîne du "mieux-disant culturel".

Elle n'a pas duré longtemps. Moins de deux ans plus tard Denis Brogniart est de retour à l'antenne et chaque vendredi, des millions de Français en mal d'exotisme se délectent des épreuves de confort et autres jeux où tactique, force et intelligence comptent pour du beurre à côté des sentences des conseils, le lieu de tous les défouloirs et de toutes les traîtrises. Éthique ? Et toc !

Je ne regarde plus Koh-Lanta. J'avoue avoir été assez fan de l'émission à ses débuts. Mon regard a changé quand j'ai compris que tout était scénarisé à l'avance. Et puis j'ai définitivement craqué lorsqu'un candidat, en Nouvelle-Calédonie, a failli égorger une chèvre qu'il avait capturée.

Par contre je me laisserai peut-être tenter par le nouveau concept acheté par Canal + pour D17, une de ses chaînes en clair. Comme pour Koh-Lanta, tout se passe sur une île déserte avec des candidats laissés seuls pour survivre. Avec un détail qui fait toute la différence : ils sont nus comme des vers. En réalité, "Adam looking for Eve" (Adam cherche son Ève) s'apparente plus à un "Tournez manège" naturiste qu'à un jeu de survie. Au moins, pas de mauvaise surprise pour les candidates : d'entrée elles peuvent juger… sur pièce.

En bonus, un extrait de l'émission néerlandaise :

26/09/2014

Cinéma : « Leviathan » ou la Russie crépusculaire

 

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Si la Russie a gagné quelques libertés individuelles en rejetant le communisme, les féodalismes locaux ont la vie dure.

 

 

En compétition au dernier Festival de Cannes, « Léviathan » d'Andreï Zviaguintsev a remporté la palme du scénario. L'histoire, simple et noire à souhait, permet de décrire la situation réelle de ce pays, débarrassé de la dictature communiste mais pas des petites féodalités. Le personnage principal, Kolia (Alexeï Serebriakov), ancien parachutiste, s'est retiré dans une petite ville du grand nord, au bord de la mer de Barents, pour y exploiter un garage accolé à la maison familiale depuis quatre générations. Il y vit en compagnie de son fils Roma, adolescent en pleine période de rébellion, et Livia (Elena Liadova), sa jeune et nouvelle épouse. Il aurait tout pour être heureux si le maire (Roman Madianov) n'avait pas décidé de construire à l'emplacement de sa maison un centre de télécommunications.

Après avoir tenté de trouver un arrangement avec Kolia, il passe à la manière forte. Expropriation et indemnités ridicules. Acculé, Kolia se souvient d'un collègue d'armée devenu depuis avocat à Moscou. Dmitri vient passer quelques jours chez son ami avec de nouveaux atouts dans sa manche. La police et la justice locales étant totalement inféodées au maire - caricature d'un Eltsine (pour son alcoolisme et ses rondeurs) mâtiné de la morgue d'un Poutine et de la violence d'un Staline - Dmitri va devoir aller chercher des appuis très haut pour tenter de faire plier l'élu.

 

Le faible et le fort

Le film, lent et parfois contemplatif, se découpe en plusieurs longues séquences. Elles peuvent présenter la nature sauvage et déserte de cette partie de la Russie, ou les rapports compliqués entre les habitants du cru, tous très portés sur la vodka, alcool qui coule à flot et en permanence. Kolia boit beaucoup. Et devient rapidement violent. Le maire, toujours accompagné de plusieurs nervis, n'est pas en reste. Cela donne cette scène surréaliste où il vient, en pleine nuit, menacer Kolia devant femme et enfant. Toute la noirceur de ce pays, offert aux affairistes et aux mafias locales est résumée dans cet affrontement du faible contre le fort.

Pourtant on y croit à un moment. Dmitri, en plus du soutien d'un homme qui fait trembler rien qu'à l'évocation de son nom, a un dossier circonstancié sur les horreurs commises par le maire.

Un chantage à la vérité qui tourne court. La Russie décrite par Andreï Zviaguintsev a tout de la république bananière ou du comté moyenâgeux. Il n'y fait pas bon vivre avec l'espoir d'une once de liberté. Par contre, on y meurt facilement. Une œuvre forte, à la narration maîtrisée et aux images soignées. Les acteurs sont tous excellents avec cependant une mention spéciale à Elena Liadova, faible et fragile dans cet univers d'hommes rudes et Roman Madianov, archétype de l'homme corrompu par le pouvoir, aussi infime soit-il.

25/09/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : "Mon P'tit Quinquin" de Dumont du Nord

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"P'tit Quinquin" c'est mon rayon de soleil de la rentrée. La série en quatre épisodes de Bruno Dumont diffusée sur Arte depuis la semaine dernière, est un régal. Présenté en mai dernier au festival de Cannes, ce feuilleton policier avait fait l'unanimité : original, drôle, intelligent et hors normes. Du Dumont pur jus. Mais en plus simple et surtout moins sombre. Le réalisateur de "L'Humanité", film primé en 1999, a planté ses caméras dans ce Nord typique qu'il connaît si bien.

Une ville côtière où les autorités découvrent plusieurs cadavres de vaches. Et en procédant à l'autopsie des bêtes, le vétérinaire tombe sur d'autres cadavres, humains cette fois et en petits morceaux. L'enquête est confiée au commandant Van der Weyden et son adjoint le lieutenant Carpentier. Voilà sans doute les plus improbables gendarmes campés à la télévision. De ceux capables de rater l'arrivée de trois jihadistes de retour de vacances en Turquie...

Le premier, sourcils broussailleux et gâchette facile, a plus de tics faciaux que Nicolas Sarkozy et Vincent Lindon réunis... Sans oublier une façon bien à lui de dramatiser à outrance : "Carpentier, on est au cœur du mal !". Le lieutenant, lui, se contente de conduire la voiture. Vite et mal. Dans leur quête du meurtrier des "bêtes humaines", ils croisent la route de P'tit Quinquin. Ce gamin du coin, nez cassé et oreilles décollées, a pour petite amie Eve, sa voisine aussi sage qu'il est dissipé.

Ne manquez pas  la suite de leurs aventures sur Arte, ils n'affrontent pas moins que "L'diable en perchonne".

14:26 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dumont, quinquin, nord, arte

DVD : De l'utilité des prisonniers dans "On the job"

Thriller philippin, « On the job » fait découvrir au spectateur les bas-fonds de Manille.

Le cinéma asiatique est trop souvent méconnu en Europe. Saluons donc la sortie en DVD chez Wild Side Vidéo de ce film philippin nerveux et violent. Réalisé par Erik Matti, « On the job » est tiré d'une histoire vraie. Dans ce pays où politique et corruption ont toujours fait bon ménage, un scandale a ébranlé la police quand la presse a révélé que des prisonniers étaient utilisés comme tueurs à gages. Tatang et Daniel (Joel Torre et Gerald Anderson) sont détenus depuis de longues années. Le premier est en train de former le second à ce métier non officiel. Régulièrement, ils sont exfiltrés du pénitencier et ont pour mission d'abattre un « ennemi ». La scène d'ouverture, en plein carnaval, est impressionnante. Tatang, sous la protection de Daniel, s'approche de la cible et l'abat de deux balles. Une dans la poitrine pour le faire tomber, une seconde dans la tête pour terminer le travail. Une fois le travail accompli, ils rentrent dans le rang, avec un beau pécule en poche.

 

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Ces règlements de compte, de plus en plus fréquents, poussent la police locale à mobiliser ses meilleurs éléments. L'enquête est confiée au sergent Acosta, un pur, incorruptible et tenace. Dès qu'il a une piste, l'affaire lui est retirée et confiée au FBI local, plus spécialement à Francis Coronel Junior. Jeune, beau, ambitieux, il est le gendre d'un homme politique influent. Entre les détenus tueurs et le duo de flics, une palpitante chasse à l'homme va s'engager, des ruelles sombres et étroites des bas-fonds de Manille aux couloirs d'un hôpital en passant par les beaux quartiers où la classe politique, alliée à l'armée et la mafia, manipule et corrompt au quotidien. Le film n'est pas uniquement d'action. Il dénonce aussi vivement la corruption qui gangrène le pays. De manière un peu naïve, mais finalement assez salutaire.

 

« On the job », Wild Side Vidéo, 14,99 euros.

 

24/09/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : associations hétéroclites

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Au gré de mes pérégrinations sur le net, je tombe sur ce blog assez génial associant livres et alcools. Un lecteur averti publie une photo pour chaque livre lu. Par exemple, le remarquable roman "Ecrits fantômes" de David Mitchell (chez Points) est à savourer avec le goût d'une Torra, bière corse parfumée à l'arbouse. Certains livres vous percutent à tel point qu'ils ne nécessitent pas d'alcool. "La conjuration des imbéciles", chef d'œuvre de John Kennedy Toole, ne supporte que du jus de clémentine.

Ces idées d'associations sont déclinables à l'infini. Il suffit de choisir deux catégories suffisamment riches pour s'ouvrir de nouveaux horizons. Par exemple, cinéma et politique, un film et un politicien. Les choix pour François Hollande : "Les parapluies de Cherbourg" ou le guilleret "Chantons sous la pluie". Les racines ibériques de Manuel Valls le destinent naturellement à "Matador" de Pedro Aldomovar.

Dans l'opposition, vu la conjoncture, Nicolas Sarkozy me fait immédiatement penser, retour oblige, à ce film français des années 80 avec Jerry Lewis en vedette : "Par où t'es rentré, on t'a pas vu sortir ?". Alain Juppé s'accommoderait bien d'un film avec Schwarzenegger. Pas pour leurs musculatures, assez peu comparables, mais pour le côté "Je suis une star, terminés les seconds rôles".

Cécile Duflot, tant par son apparence que son caractère, ferait une remarquable "Hulk" française. Mais le mieux loti reste DSK. Il a droit à son propre film inspiré de ses démêlés judiciaires

En bonus, le bêtisier du film de Philippe Clair :