29/12/2014

Cinéma : L’exigence du bon rythme dans "Whiplash" de Damien Chazelle

 

whiplash, chazelle, batteur, jazz

Film sur la musique, “Whiplash” de Damien Chazelle montre l’affrontement entre un professeur exigeant et son élève.

 

 

Pas facile d’être un bon musicien. Encore plus compliqué d’être un excellent. Andrew (Miles Teller) rêve de devenir batteur de jazz professionnel. Il n’en est qu’aux balbutiements de sa carrière. Inscrit au conservatoire de New York, il répète inlassablement, s’écorchant les mains à force de frapper. Il ne vit que pour et par la musique, incapable d’avoir une relation amoureuse normale.

A force de patience, il est repéré par un professeur renommé, Terence Fletcher (J. K. Simmons). Andrew va alors découvrir une nouvelle facette de la musique, celle de l’exigence absolue.

Fletcher se révèle être un véritable tyran pour ses élèves. Il veut le meilleur. Donc, à la moindre baisse de régime, au plus petit signe de désintérêt, il les humilie avec un plaisir sadique.

Cela va jouer en faveur d’Andrew au début. Le batteur officiel de la classe mis sur la touche, le jeune nouveau va pouvoir prendre sa place. Encore faut-il qu’il puisse acquérir le rythme exact désiré par Fletcher. Le professeur le fera reprendre des dizaines et des dizaines de fois. Tant et si bien qu’Andrew, de rêve éveillé, se retrouve dans un véritable cauchemar.

Le film, écrit et réalisé par Damien Chazelle qui lui aussi a tenté de percer dans la musique, est d’une limpidité implacable. L’affrontement entre le dominé et le dominant semble venu que plus profond des âges.

 

Détestable professeur

Sadisme et méchanceté côtoient musique et grâce. Jusqu’à ce final, époustouflant, long solo de batterie au cours duquel l’élève se rebelle enfin. Cette séquence, exercice de style de montage et de mise en scène, est la preuve éclatante de l’immense talent de ce jeune réalisateur qui a remporté en août dernier le grand prix au festival de Deauville.

Les amateurs de jazz seront aux anges. Ceux des grandes prestations d’acteurs aussi. Miles Teller, dans une composition réservée, est très bon. Mais le duo ne fonctionnerait pas si bien si le personnage du “méchant”, le professeur, n’était pas criant de vérité. J. K. Simmons, habitué des séries télé (Oz et New York District) et des films de Jason Reitman, marque de sa personnalité de psychopathe mélomane ce film étonnant. On adore le détester, et comme Andrew, on en redemande...

En bonus, un extrait du film : 

 

 

09:07 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : whiplash, chazelle, batteur, jazz

Les commentaires sont fermés.