31/01/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Pauvres conscrits

service civil, militaire, cabu, bidasseLe fameux esprit du 11 janvier, quand la France entière s'est levée, commence à donner d'étranges idées à certains. Comme cette envie de rendre obligatoire le service civique et citoyen à tous les jeunes Français et Françaises. Il redeviendra une sorte de service national, pas forcément militaire, mais avec de fortes ressemblances dont une période d'internat...

Sacré paradoxe que la résurgence de cet abominable appel, cauchemar de plusieurs générations de conscrits. Les dessinateurs de Charlie l'ont combattu avec leurs armes : quelques traits de crayons pour dénoncer la bêtise de sous-officiers obtus chargés de faire marcher droit et au pas cadencé une jeunesse qui ne rêvait qu'émancipation et liberté. Reste pourtant bon nombre de nostalgiques de cette période.

Personnellement, je ne regretterai jamais la corvée de chiottes consécutive à des rangers mal lacés. Ni les heures à rester dans une guérite à garder... rien du tout. Encore moins les manœuvres interminables, à ramper dans la boue comme un idiot, obligé d'obéir à une sorte de psychopathe bien heureux d'avoir obtenu deux galons à l'ancienneté et de tyranniser de jeunes adultes dix fois plus intelligents que lui. Sans oublier la fameuse « quille », symbole de la liberté retrouvée, prétexte à tous les excès.

Alors je me surprends à prier saint Cabu, protecteur des antimilitaristes. Lui seul peut éviter aux générations futures de se retrouver dans cette galère qui n'a eu qu'un seul mérite : permettre au cinéma français de réaliser ses pires navets, des « Bidasses en folie » à « Arrête ton char, bidasse ».

DE CHOSES ET D'AUTRES : Pas si bêtes...

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Officiel, gravé dans le marbre de la loi : les animaux sont "doués de sensibilité". Les députés ont définitivement tranché. Comme si ce n'était pas évident... Un bûcheron n'a pas de problème de conscience en abattant un arbre. Ce n'est pas le cas des ouvriers des abattoirs. Et si vous avez encore un doute, frappez un chien. Au mieux il fera "Kaï ! Kaï !", au pire il vous mordra. Une loi n'empêchera pas les actes de cruauté envers les animaux.

Dernier exemple en date avec les mésaventures d'une certaine Madeleine, dite Mado, brave agricultrice de Gaillac dans le Tarn. Depuis quelques jours, son élevage de coqs est décimé. Chaque matin elle trouve quelques-uns de ses plus beaux spécimens décapités. Des coqs élevés exclusivement pour un événement bien particulier. Vous avez certainement vu ces animaux à la télévision. Ce sont les gallinacés expédiés sur les terrains pendant un match des Bleus dans le Tournoi des VI Nations. Je soupçonne une fouine anglaise d'être la coupable...

Autre histoire de maltraitance, involontaire cette fois, en provenance de Miami. Le propriétaire d'un chat nommé Bart retrouve son animal de compagnie ensanglanté au bord de la route, fauché par une voiture. Il l'enterre, persuadé qu'il est mort. Cinq jours plus tard, un miaulement derrière la porte fait croire au pauvre homme être en présence du premier félin-zombie. Bart, un œil en moins, les blessures purulentes, n'était pas mort. Il est parvenu à sortir de sa tombe et à retourner chez lui.

Reste à déterminer maintenant si les zombies sont "doués de sensibilité". Messieurs les députés, au travail.

30/01/2015

Livres : Les 35 ans de la collection Points Policier

points, arnaldur, indridasonLes romans policiers, polars ou thrillers selon la terminologie anglo-saxonne, sont devenus au fil des décennies de véritables classiques de la littérature mondiale. De grandes maisons d'éditions ont leurs collections dédiées (Gallimard la première avec sa Série Noire) et logiquement les éditeurs de livre de poche se sont mis à la page. Ainsi Points célèbre en 2015 les 35 ans de « Points policier ». Une première salve est tirée en ce début janvier avec la parution de 9 titres cultes. Neuf polars qui reflètent toute la diversité du genre, sa richesse et ses qualités littéraires.

Parmi ces titres, on retrouve des champions des ventes. « La cinquième femme » de Henning Mankell ou « La femme en vert » d'Arnaldur Indridason se sont déjà vendus à des centaines de milliers d'exemplaires. Dans le roman de l'auteur islandais, l'histoire débute dans un jardin sur les hauteurs de Reykjavik, un bébé mâchouille un objet étrange… Un os humain ! Enterré sur cette colline depuis un demi-siècle, le squelette mystérieux livre peu d’indices au commissaire Erlendur. L’enquête remonte jusqu’à la famille qui vivait là pendant la Seconde Guerre mondiale, mettant au jour les traces effacées par la neige, les cris étouffés sous la glace d’une Islande sombre et fantomatique… Un classique à lire et relire comme la glaçante « Cité des jarres ».

On trouve également dans les titres proposés « Romanzo criminale » de Giancarlo De Cataldo, « Les soldats de l'aube » de Deon Meyer ou l'énorme roman de la CIA « La Compagnie » de Robert Littell. Les amateurs de textes plus durs se réjouiront de « Pimp » par Iceberg Slim ou « Necropolis » de Herbert Lieberman. Sous couvertures métallisées, en tirage limité, ces futures pièces de collection coûtent de 7,30 à 10 euros.

 

15:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : points, arnaldur, indridason

29/01/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Mes César

césar, deneuve, cotillard, saint-laurent, respire, canal+L'académie des César a dévoilé la liste des films, acteurs, réalisateurs et techniciens qui tenteront de remporter un trophée le 20 février. Une liste très longue avec, normalement, les premiers de la classe du 7e art français.

Sa lecture attentive réserve des surprises mais aussi quelques impressions de déjà-vu. Dans la catégorie meilleure actrice par exemple, en découvrant les noms de Catherine Deneuve, Marion Cotillard, Sandrine Bonnaire et Karin Viard, on peut se demander si les préposés à la liste n'ont pas commis une erreur en maniant la fonction « copier coller ». Ces quatre grandes du cinéma français sont abonnées aux honneurs depuis quelques décennies. Heureusement le nom d'Adèle Haenel (formidable de naturel dans « Les Combattants ») prouve qu'il ne s'agit pas d'une fausse manip'.

Pour le César du meilleur acteur, c'est la catégorie qui semble un peu incongrue. En fait, le jury devra surtout désigner le « meilleur acteur dans le rôle d'un homosexuel ». Pierre Niney dans le film « Yves Saint-Laurent », Gaspard Uliel dans « Saint-Laurent » et Romain Duris pour « Une nouvelle amie ».

Pareil pour la catégorie meilleur espoir féminin qui correspond plutôt à la récompense du « meilleur rôle de jeune fille névrosée à tendance suicidaire ». La lutte sera sans pitié entre les deux vedettes de ce film de Mélanie Laurent, « Respire », tourné près de Béziers. Qui de la perverse narcissique ou de la soumise indécise remportera la statuette ? Le suspense est à son comble même si au final, Ariane Labed pour « Fidelio, l'odyssée d'Alice » a toutes les chances de triompher. 

Cinéma : Michel et Mylène à la campagne dans "Les nuits d'été"

Michel, respectable notaire de province, devient le week-end Mylène, la travestie, dans sa maison de campagne. « Les nuits d'été » de Mario Fanfani offre un rôle en or à Guillaume de Tonquédec.

 

 

Une maison perdue dans les forêts des Vosges. Derrière les fenêtres, des hommes se réunissent. Ils sont tous habillés en femmes. À la fin des années 1950, dans cette province totalement oubliée par l’évolution des mœurs, ils n’ont pas d’autre solution que de se cacher pour assumer leur différence. Mario Fanfani signe avec « Les nuits d’été » un film à l’ambiance trouble, où les apparences sont trompeuses, les pulsions fortes et les envies tenaces. Une ode à la liberté, à l’amour et la transgression. On en ressort bouleversé et forcément plus compréhensif face à des êtres écorchés vifs, stigmatisés bien qu’ils ne fassent de mal à personne.

 

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Vivons heureux, vivons cachés

Mylène est une bourgeoise chic. Tailleur parfaitement coupé, talons aiguilles, permanente et maquillage soignés, elle est assise sur un canapé, les mains sur les genoux, le buste droit, la poitrine mise en valeur. Mylène veut être parfaite. Comme si elle passait un examen devant son amie Flavia. Et puis Mylène s’énerve, perd sa voix haut perchée, retrouve son ton grave. Michel (Guillaume de Tonquédec) reprend le dessus. Flavia s’efface elle aussi pour redevenir Jean-Marie (Nicolas Bouchaud). Dans cette maison de campagne perdue dans les sombres forêts des Vosges, deux hommes, deux amis, tentent de vivre leur différence le temps d’un week-end. Michel est notaire. Marié à Hélène (Jeanne Balibar), père d’un petit garçon qu’il adore, il se travestit chaque week-end en compagnie de cet artisan tailleur, connu lors de la dernière guerre.

L’idée de ce film est venue à Mario Fanfani en feuilletant un livre de photo américain. Des clichés pris dans la « Casa Susanna », une villa de campagne du New Jersey. Sur ces images, sans le moindre commentaire, des hommes effectuent des activités telles que prendre le thé, faire du jardinage ou jouer au Scrabble. Tous déguisés en femmes, en parfaites ménagères... « Ces photos très denses et romanesques m’ont inspiré, confie le réalisateur. Je les ai beaucoup regardées, elles sont restées près de moi. Ces hommes font des gestes de transgression. Pour l’époque, ils étaient très en avance. Mais aussi en retard car ils se transforment en femmes très traditionnelles. » Cette ambiance il l’a recréée dans cette France de province prise dans le carcan du Gaullisme. Il ajoute à son intrigue les débuts de la prise de conscience contre la guerre d’Algérie. Jeanne, la bourgeoise cloîtrée dans son intérieur cossu, est la plus politisée. Elle dénonce l’envoi d’appelés se faire tuer pour une terre qui n’est pas la France. En écho, Jean-Marie recueille Pascal, surnommé Chérubin, jeune appelé qui préfère déserter.

Le film alterne trois ambiances. L’intérieur bourgeois du couple Michel et Hélène, la salle enfumée d’une boîte de nuit où des travestis chantent en play-back pour les soldats français et américains (l’action se déroule en Alsace) et la maison de campagne, rebaptisée « Villa Mimi » par la petite bande. Paradoxalement, si dans les deux premiers lieux on a en permanence l’impression que chacun joue un rôle, le naturel, le vrai, est évident quand ils se retrouvent tous ensemble loin des jugements de notre société. Un film vivifiant, joyeux et dramatique à la fois, où chacun trouve des clés pour explorer les parts cachées de sa personnalité.

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De Tonquédec, « un acteur bosseur »

 

tonbon.JPGPour mener à bien son projet, Mario Fanfani ne devait pas se tromper dans son casting. Si plusieurs des travestis dans les seconds rôles sont des amis du réalisateur, le rôle-titre revient à Guillaume de Tonquédec que l’on n’attend pas dans ce genre de composition. Acteur de théâtre, il a acquis une réelle notoriété en endossant depuis quelques années le costume de Renaud Lepic. Pourtant, le réalisateur ne le connaissait pas avant le casting. « Je n’ai pas la télévision. Plusieurs acteurs pressentis ont décliné le rôle. Lui avait une réelle envie de le faire. Guillaume est un acteur très bosseur, à l’américaine. Il n’hésite pas à prendre du temps pour travailler le personnage. » Et d’expliquer qu’il a répété d’autres rôles « en portant un corset destiné à lui modifier la taille ». Chez lui « il portait des talons aiguilles devant sa femme de ménage... » Son rôle de metteur en scène a surtout consisté à « assurer la direction physique des comédiens ». Ils ont dû apprendre à marcher avec des chaussures de femmes. « Chacun a fabriqué son propre personnage. Ils ont choisi vêtements et perruques ». À l’arrivée, le spectateur oublie rapidement le sexe des uns et des autres. Homme ou femme ? Simplement des personnages, avec leurs qualités et leurs défauts. Et au final Mario Fanfani est très fier d’avoir réalisé un film universel qui raconte simplement « l’histoire d’un couple pas comme les autres ».

28/01/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Pétanque céleste

Dans le grand ballet cosmique de l'univers, on l'a une nouvelle fois échappé belle. Lundi, vers 18 heures, un astéroïde gros comme « deux paquebots de croisières », a frôlé la terre.

Enfin frôlé, c'est une façon de parler. Ce sont les astronomes qui estiment qu'il est passé très près. En réalité, le dénommé 2004 BL86 d'une longueur de 500 mètres, ne s'est approché qu'à 1,2 million de kilomètres de notre bonne vieille planète bleue. Conséquence ? Nulle !

Il n'y a que dans les films hollywoodiens que les corps spatiaux à la dérive frappent de plein fouet leur cible. Comme si le « grand ordonateur » était un pétanqueur professionnel capable de faire un carreau à chaque coup. C'est ainsi : les prédicateurs fous, persuadés que la fin du monde est pour bientôt, devront imaginer une autre solution.

Cette peur de la grande catastrophe n'est pas nouvelle. A l'approche de l'an 1000, des communautés entières ont préféré se terrer plutôt que d'affronter le redouté jugement dernier. Dans « L'étoile mystérieuse », chef-d'oeuvre de Hergé, le prophète de la fin des temps a provoqué nombre de cauchemars à plusieurs générations d'enfants. Lundi, l'astéroïde a « raté » la terre. Pas de tsunami, pas de tremblement de terre, pas d'éruption volcanique, pas de nuage de cendres occultant le soleil et entraînant une ère de glaciation.

Alors on va continuer à vaquer à nos petites occupations, très terre-à-terre, bassement matérielles. Aller acheter le pain, choisir son programme télé du soir, faire les soldes, préparer le repas du soir et lire dans le journal que la fin du monde, encore une fois, n'était pas au rendez-vous.  

Cinéma : Les nominations des César 2015

Les nominations des César 2015 ont été dévoilées ce mercredi matin par l'Académie. Timbuktu, Hippocrate et Saint-Laurent (celui de B. Bonello) récoltent le plus de citations. La cérémonie sera diffusée en clair sur Canal+ le vendredi 20 février.

En gras, les liens vers les critiques parues dans l'Indépendant au moment de la sortie des films nominés. 

Meilleur film

"Les Combattants" de Thomas Cailley

"Eastern Boys" de Robin Campillo

"La Famille Belier" d'Eric Lartigau

"Saint Laurent" de Bertrand Bonello

"Hippocrate" de Thomas Liliti

"Sils Maria" d'Olivier Assayas

"Timbuktu" d'Abderrahmane Sissako

 

Meilleur réalisateur

Olivier Assayas pour "Sils Maria"

Thomas Liliti pour "Hippocrate"

Céline Sciamma pour "Bande de filles"

Abderrahmane Sissako pour "Timbuktu"

Thomas Cailley pour"Les Combattants"

Bertrand Bonello pour "Saint Laurent"

Robin Campillo pour "Eastern Boys"

 

Meilleure actrice

Juliette Binoche pour "Sils maria"

Catherine Deneuve pour "Dans la cour"

Marion Cotillard pour "Deux jours, une nuit"

Emilie Dequenne pour "Pas son genre"

Adèle Haenel pour "Les Combattants"

Sandrine Kimberlain pour "Elle l'adore"

Karin Viard pour pour "La Famille Belier"

 

Meilleur acteur

Pierre Niney pour "Yves Saint Laurent"

Romain Duris pour "Une nouvelle amie"

Gaspard Ulliel pour "Saint Laurent"

Guillaume Canet pour "La Prochaine fois je viserai le coeur"

Niels Arestrup pour "Diplomatie"

François Damiens pour "La Famille Belier"

Vincent Lacoste pour "Hippocrate"

 

Meilleure actrice dans un second rôle

Marianne Denicourt pour "Hippocrate"

Claude Gensac pour "Lulu femme nue"

Izïa Higelin pour "Samba"

Charlotte Le Bon pour "Yves Saint Laurent"

Kristen Stewart pour "Sils Maria"

 

Meilleur acteur dans un second rôle

Eric Elmosnino pour "La Famille Belier"

Jérémie Renier pour "Saint Laurent"

Guillaume Gallienne pour "Yves Saint LAurent"

Louis Garrel pour "Saint Laurent"

Reda Kateb pour "Hippocrate"

 

Meilleure espoir féminin

Lou de Laâge pour "Respire"

Joséphine Japy pour "Respire"

Louane Emera pour "La Famille Bélier"

Ariane Labed pour "Fidelio, l'odyssée d'Alice"

Karidja Touré pour "Bande de filles"

 

Meilleur espoir masculin

Kévin Azaïs pour "Les Combattants"

Ahmed Dramé pour "Les Héritiers"

Kirill Emelyanov pour "Eastern Boys"

Pierre Rochefort pour "Un beau dimanche"

Marc Zinga pour "Qu'Allah bénisse la France"

 

Meilleur scénario original

"Les Combattants"

"La Famille Bélier"

"Hippocrate"

"Sils Maria"

"Timbuktu"

 

Meilleure adaptation

"La Chambre bleue"

"Diplomatie"

"Pas son genre"

"Lulu femme nue"

"La Prochaine fois je viserai le coeur"

 

Meilleur film étranger

"Winter sleep" de Nuri Bilge Ceylan

"Boyhood" de Richard Linklater

"12 Years a Slave" de Steve McQueen

"Deux jours, une nuit" des frères Dardenne

"Mommy" de Xavier Dolan

"Ida" de Pawel Pawlikowski

"The Grand Budapest Hotel" de Wes Anderson

 

Meilleur premier film

"Les combattants"

"Elle l'adore"

"Fidelio, l'odyssée d'Alice"

"Party Girl"

"Qu'Allah bénisse la France"

 

Meilleure musique

"Bande de Filles"

"Bird People"

"Les Combattants"

"Timbuktu"

"Yves Saint-Laurent"

 

Meilleure photographie

"La Belle et la Bête"

"Saint-Laurent"

"Sils Maria"

"Timbuktu"

"Yves Saint Laurent"

 

Meilleur montage

"Les Combattants"

"Hippocrate"

"Party Girl"

"Saint-Laurent"

"Timbuktu"

 

Meilleurs décors

"La Belle et la Bête"

"La French"

"Saint-Laurent"

"Timbuktu"

"Yves Saint Laurent"

 

Meilleurs costumes

"La Belle et la Bête"

"La French"

"Saint-Laurent"

"Une nouvelle amie"

"Yves Saint Laurent"

 

Meilleur son

"Bande de filles"

"Bird people"

"Les Combattants"

"Timbuktu"

"Saint Laurent"

 

Meilleur documentaire

"Caricaturistes - Fantassins de la démocratie"

"Les chèvres de ma mère"

"La cour de Babel"

"National Gallery"

"Le Sel de la Terre"

 

Meilleur film d'animation

"Minuscule - La vallée des fourmis perdues" de Thomas Szabo et Hélène Giraud

"Jack et la mécanique du coeur" de Stéphane Berla

"Le Chant de la Mer" de Tomm Moore

 

Meilleur court-métrage d'animation

"Bang Bang !"

"La Bûche de Noël"

"La Petite Casserole d'Anatole"

"Les Petits Cailloux"

19:34 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cesar2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Le coin des pinailleurs

Une élection n'est pas forcément terminée une fois le scrutin clos. Au moment du dépouillement se présentent toujours des pinailleurs avides d'inverser le résultat si les comptes sont serrés. Lors des dernières municipales, dans le petit village d'Antagnac (230 habitants) en Lot-et-Garonne, un bulletin est déclaré nul. Pas de rature ni d'insulte comme souvent, mais une belle tache de graisse.

L'opposition sort sa calculette et dépose un recours devant le tribunal administratif. S'il est déclaré recevable, ce bulletin oblige la majorité à obtenir 75 voix. Or, une adjointe actuelle n'a recueilli que 74 voix. En décembre, le tribunal administratif, moins à cheval sur l'hygiène, valide le bulletin.

Le Conseil d'État lui aussi considère qu'une tache de graisse n'est pas susceptible de faire annuler le vote. Le conseil municipal perd donc une adjointe, obligée de démissionner puisque non élue...

J'imagine l'électeur négligent qui en ce dimanche, est allé voter sans s'essuyer les mains après un bon repas à base de confit de canard. Un canard qui, même mort, a modifié l'équilibre politique de ce village aux airs de Clochemerle.

Plus près de nous, une autre élection a failli être annulée pour une bizarrerie constatée après coup. Parmi les nouveaux inscrits sur les listes électorales, les opposants au maire sortant ont relevé six cas suspects de "changement de sexe", dont une centenaire. Simple erreur informatique, qui a failli tout faire basculer. Cette fois, l'élection a été validée. Morale de l'histoire : les pinailleurs sont parfois les payeurs.

27/01/2015

BD : "Médée", la sorcière avide de liberté

 

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Deux femmes, Blandine Le Callet au scénario et Nancy Pena au dessin, ont entrepris de relater la véritable histoire de Médée. La fille du roi de Colchide est souvent présentée comme une magicienne ou sorcière qui accumule les meurtres et les trahisons. Dans cette BD, elle est simplement une jeune femme avide de liberté. Certes elle connait les secrets de certains poisons ou autres potions, mais ce n'est pas pour avoir le pouvoir qu'elle les utilise. Dans le second tome de cette série à la narration brillante, Médée célèbre le retour de ses cousins partis en Grèce en bateau. Il ne reviennent pas seuls car accompagnés de Jason et des Argonautes. Ces derniers ont l'intention de dérober la Toison d'or au roi. Médée y voit une opportunité pour fuir le palais royal et cette vie étriquée. Elle aide Jason à s'emparer de la tunique de légende et s'enfuit avec lui. Il y a de nombreuses différences entre la BD et les récits « authentiques » de la vie de Médée. Dans l'album, elle est moins sombre, plus victime que bourreau. Pourtant, les morts sont quand même nombreux dans son sillage.

 

« Médée » (tome 2), Casterman, 15 euros

 

26/01/2015

De choses et d'autres : Leçon de résolutions

Si janvier est le mois des résolutions, février les transforme en compromissions et mars en abandons. Résultat, selon un récent sondage, 88% des bonnes résolutions prises en début d'année sont totalement oubliées au printemps...

Pas facile de changer sa vie, même à la marge. L'homme est un animal d'habitudes, le meilleur anxiolytique depuis la nuit des temps. Une vie réglée comme du papier à musique est hautement rassurante.

N'empêche, en janvier, il ressort d'une étude d'Odoxa qu'une majorité de Français prend des résolutions. Le trio de tête est horriblement banal : « faire du sport, faire un régime et avoir un meilleur caractère. » S'y ajoutent souvent arrêter de fumer, moins regarder la télévision et lire plus. Les plus extrêmes envisagent même de se coucher plus tôt, boire moins d'alcool, voire téléphoner régulièrement à ses parents... En fait, si l'on ne tient que rarement ses promesses, c'est en grande partie en raison de leur côté contraignant. Allez savoir pourquoi entre ces deux actions, « perdre quatre kilos avant la fin du mois » et « me faire un bon resto chaque semaine » c'est toujours la seconde qui l'emporte. Pourquoi je n'arrive pas à « faire des séries de courses en jogging » alors qu'il m'est si facile de « regarder des séries en jogging dans mon canapé ? »

Alors pour ne pas être déçu en mars face au triste constat (consommation de cigarettes trop élevée et garde-robe à renouveler pour cause de tour de taille exponentiel), la meilleure solution consiste simplement à prendre pour seule et unique résolution... de ne pas en prendre.