09/02/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Titres pas tristes

Samedi, ceux qui n'ont pas mis le nez dehors ont raté chez les marchands de journaux le meilleur titre de la presse de ces dernières années. Pour décortiquer la conférence rémunérée de Nicolas Sarkozy à Abou Dhabi, le lendemain de la législative partielle dans le Doubs, où l'UMP ne s'est pas qualifiée pour le second tour, Libération a titré « Sarkozy : l'errance d'Arabie ». La presse écrite peut en présenter de deux types : les informatifs et les incitatifs. Les premiers sont simples à trouver, les seconds plus vicieux car souvent à double tranchant et pas forcément compréhensibles par la majorité. Libé reste le champion du titre tordu. Souvent imité, jamais égalé. Ainsi le 18 janvier 2008, la manchette du quotidien annonce la « Mort du chanteur d'Oasis ». Comment, un des frères Gallagher est décédé et vous l'aviez manqué ? Non, le chanteur d'Oasis, pour Libé, c'est Carlos, le barde jovial tendance Obélix de la chanson française, interprète de cette publicité chantée pour une boisson fruitée... Quand Manuel Valls remplace Jean-Marc Ayrault à Matignon, le remaniement se résume en un « Ayrault valse » court et percutant. Et puis il y a les unes nécrologiques. La rédaction y a trouvé un filon. Coup de maître à la mort de Hergé, tous les articles d'actualité du numéro sont illustrés de vignettes extraires des albums des aventures de Tintin. Un collector régulièrement réédité. Avant, les lecteurs avaient appris que « Brassens a cassé sa pipe » ou que « Tout fou Lacan ». Trenet, le fou chantant a droit à un bien triste « Y'a eu d'la joie ». Libé va mal. Dommage, ses titres nous manqueront s'il cesse de paraître. 

Chronique parue lundi 9 février en dernière page de l'Indépendant.

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