15/04/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Faux Polnareff, vraie plainte

Immenses lunettes de soleil rectangulaires aux montures blanches, tignasse indomptable : se transformer en Michel Polnareff est un jeu d'enfant. Pour peaufiner le personnage, nul besoin de chanter, témoigner d'un manque d'humour flagrant suffit. Pourtant, le chanteur pop exilé aux USA pour cause de bisbilles avec le fisc connaît parfaitement les rouages de la publicité décalée. Mais il n'apprécie pas les plaisanteries envers une image qu'il a mis des décennies à construire. Quatre ans après la première diffusion, il poursuit la marque Cetelem pour atteinte « au droit à l'image, au droit patrimonial et à la dignité dans le cadre d'une utilisation commerciale de sa personne ». En cause, ces films où des sosies de stars planétaires discutent en toute décontraction. Son « clone », il est vrai, a l'air un peu idiot. Clairement une caricature. L'ancienne vedette aurait pu apprécier d'être mise sur le même plan que Marilyn Monroe ou Elvis Presley. Non, il se sent « ridiculisé »... Difficile à croire de la part de celui qui a montré ses fesses à toute la France sur des affiches géantes ! Comme toujours, cette crise d'ego semble essentiellement motivée par une histoire de gros sous. Polnareff réclame un million de dommages et intérêts. Il a de fortes chances d'obtenir gain de cause car Cetelem ne lui a jamais demandé son avis. Pour payer, l'organisme de crédit n'aura plus qu'à s'endetter auprès d'une banque. Et le chanteur, tout avantage à faire don de ses gains à une oeuvre caritative, au risque de perdre le peu de crédibilité qui lui reste.

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