19/06/2015

DVD : Quand l'amour est beaucoup plus fort que la maladie

Le biopic de la rencontre entre Stephen et Jane Hawkins, “Une merveilleuse histoire du temps”, sacré meilleur film britannique en 2014, a permis à Eddie Redmayne de décrocher l'Oscar du meilleur acteur.

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Comment faire pleurer avec des histoires de trous noirs, de cosmos et d’équation temporelle ? Facile, il suffit que ces concepts ardus soient vulgarisés par un génie scientifique de la trempe de Stephen Hawkins. Et que l’on se désintéresse de la matérialité pour se concentrer sur les sentiments.

James Marsh, en se lançant dans la réalisation du film « Une merveilleuse histoire du temps », prenait un gros risque. Comment raconter la maladie sans tomber dans le pathos ? De plus, Stephen Hawkins étant toujours en vie, comment allait-il recevoir ce pan de sa vie moins connu et beaucoup plus intime. Enfin il fallait trouver la perle rare capable d’endosser le costume du savant, jeune et valide, puis vieux et impotent ?

 

Extraordinaire Eddie Redmayne

L’arrivée du jeune acteur britannique Eddie Redmayne dans le projet a certainement levé toutes les interrogations. Totalement impliqué dans le rôle, il est lumineux et a logiquement remporté l’Oscar en 2015 pour une performance qui restera dans les annales du cinéma.

Quand Stephen Hawkins intègre l’université de Cambridge en 1963, il ne sait pas encore sur quoi portera son doctorat. Excessivement brillant, il n’a que l’embarras du choix. Selon ses camarades d’études, il réalise l’exploit d’être le moins assidu aux cours, de ne travailler qu’une heure par jour et d’avoir les meilleurs résultats d’entre tous. Il parvient même à séduire une ravissante étudiante en lettres, Jane (Felicity Jones), charmée par de gringalet à lunettes aux yeux malicieux, toujours souriant.

Mais les belles histoires ce n’est que dans les rêves. Dans la vraie vie, Stephen découvre qu’il est atteint d’une maladie neuro-dégénérative qui le condamne à brève échéance. Deux ans selon les médecins. Et surtout, avant de succomber, il va perdre l’usage de ses membres et de la parole.

Il s’enfonce dans la dépression, se détournant de tous ses amis et de la belle Jane. Il ne veut pas leur faire du mal. Mais l’amour de la jeune femme sera plus fort. Elle l’épouse, et se dévoue corps et âme pour lui.

Cette relation puissante est au centre du film et en fait tout son attrait. Il y a quelques passages sur les recherches et découvertes de Hawkins, mais c’est surtout leur relation fusionnelle qui est mise en valeur. D’autant que la maladie, elle, est implacable. Même si Hawkins veut croire que ce n’est que temporaire (quand il se laisse tomber pour la première fois dans un fauteuil roulant) son état se dégrade. Mais il ne meurt pas, garde toute sa tête et a de plus en plus d’idées. Il devient même mondialement célèbre en écrivant son best-seller « Une brève histoire du temps ». La transformation de Redmayne en pantin désarticulé est criante de vérité. Jamais on ne pense que c’est un acteur valide qui l’interprète. Alors oui, ces histoires de trous noirs et de temps qui passe deviennent poignantes. Difficile de retenir ses larmes.

 

Michel Litout

 

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Une leçon de cinéma

 

hawkins, redmayne, cosmos, temps, universalDans le blu-ray, de nombreux bonus sont disponibles dont un making of classique, une dizaine de scènes coupées et le commentaire audio du réalisateur. On ne peut que conseiller aux cinéphiles de profiter de ces explications très instructives sur son approche du projet. Elles sont également une remarquable leçon de cinéma. Pourquoi une scène est trop longue ? Pourquoi elle ne s’intègre pas dans l’esprit du film ? Bien mieux que des cours, des exemples concrets.

 

 

« Une merveilleuse histoire du temps », Universal, 19,99 euros

 

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