30/06/2015

BD : L'autre grande guerre

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Quasiment inexistante il y a cinq ans, la catégorie « science-fiction uchronique militaire » est en train d'envahir les rayons de BD. La faute à Richard Nolane qui, le premier, a imaginé une fin différente à la seconde guerre mondiale. Cette fois c'est Pécau qui écrit un récit se déroulant dans les années 50, au lendemain d'une guerre presque finie. Presque car si les alliés occidentaux ont pris le dessus sur les nazis, il n'en est pas de même sur le front de l'Est. Mieux, Hitler a été renversé et la nouvelle Allemagne s'est alliée avec les Anglais, Américains et Français pour combattre le nouvel ennemi : le communisme. Pourtant, au début de la guerre, les aviateurs français ont prêté main forte aux escadrilles de l'armée rouge en URSS. C'est le cas de Georges Charlier, pilote d'essai basé près de Koursk. Mais au lieu de revenir au pays, il est interné dans un camp de prisonniers en Sibérie. Quand, en 1951, il réapparait à la frontière finlandaise, les services secrets hésitent entre lui demander de tester les nouveaux avions d'un certain Marcel Bloch et l'emprisonner pour espionnage. Une série maligne, dessinée par Maza, déjà remarqué dans Wunderwaffen.

 

« USA Uber Alles » (tome1), Delcourt, 14,95 €

 

29/06/2015

BD : Au sommet de New York

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Régis Hautière fait partie des scénaristes qui montent. Il a longtemps été cantonné aux éditions Paquet, mais le succès aidant (notamment le Dernier Envol avec Romain Hugault) il a diversifié sa production. Chez Dargaud il a imaginé Abelard, pour Delcourt il a repris Aquablue et chez Casterman il a écrit la Guerre des Lulus et De briques et de sang. Cette dernière série avec David François au dessin qu'il retrouve pour « Un homme de joie », sous titré également « La grande époque des buildings de New York ». Au début du 20e siècle, Sacha, jeune émigré ukrainien, débarque à New York. Il fuit la famine de l'Europe et croit en son destin. Il va survivre dans un grenier, travaillant le jour au sommet des buildings. Mais la roue tourne et un soir, au détour d'une balade, il sauve un certain Tonio qui le prend sous son aile. Tonio d'origine italienne et très impliqué dans la jeune mafia américaine. Un scénario entre histoire et social, avec un brin de romance, le tout mis en images par David François se permettant parfois des doubles pages panoramiques pour montrer toute la démesure des constructions de l'époque.

 

« Un homme de joie » (tome 1), Casterman, 13,95 €

 

28/06/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Tous cousins

Litout, cousin, charlemagne, loup-garou

Et si le sentiment de l'appartenance à l'Europe passait par la famille ? Grecs, Français, Allemands, Irlandais, nous sommes tous cousins. Parfois au centième degré, mais cousins quand même.

Selon les recherches de généticiens de l'université de Leicester en Angleterre, les deux-tiers des Européens modernes descendraient de seulement trois lignées paternelles remontant à l'âge du Bronze. Trois mâles dominants qui ont pris le dessus sur les autres, dispersant leur ADN au gré de leurs conquêtes. Trois "Adam" dont on retrouve l'empreinte partout en Europe.

Les généticiens anglais tablent sur trois chefs de tribu. Certains historiens adhèrent à la même théorie mais supputent que la majorité des Européens appartient à la lignée de Charlemagne, Gengis Khan et du moins connu Niall, Haut Roi d'Irlande du Ve siècle, à l'origine de la famille des Uí Néill, aujourd'hui O'Neill.

Et chacun de se demander s'il est plutôt issu d'un rejeton de l'empereur inventeur de l'école, du redouté pilleur originaire des steppes ou du mystérieux Irlandais.

Personnellement je me suis posé la question et comme une analyse de mes chromosomes Y reste trop coûteuse, je me suis rabattu sur les sites généalogiques.. Les Litout sont peu nombreux en France. Pas plus de quarante dans moins d'une dizaine de départements. Par contre pour le sentiment d'appartenance européenne je n'ai pas d'effort à faire. Litout viendrait de l'expression germanique Liet-Wulf, traduite par peuple-loup. Finalement mon patrimoine génétique s'apparenterait plutôt, non pas à Charlemagne mais au loup-garou.

27/06/2015

BD : L'infirmière réveille les morts

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Pour lancer une nouvelle bande dessinée de nos jours, mieux vaut faire quelques références à des séries télé qu'à des classiques franco-belges. Alice Matheson (scénario Istin, dessin de Vandaële) fait fort dans le genre. Pour présenter le concept (le pitch dirait le bobo branché), trois références chocs suffisent : « Alice Matheson c'est un peu Dexter qui rencontrerait Urgences et Walking Dead ». Explications. Alice Matheson est infirmière. Le premier album se déroule entièrement aux urgences de l'hôpital anglais où elle travaille depuis six ans. Alice, comme Dexter, aime tuer. Une serial killer qui se contente cependant d'abréger les souffrances des malades incurables en phases terminales. Mais tueuse quand même... Problème, sa dernière victime vient de se réveiller et tente de lui becter la cervelle. Nous voilà en pleine épidémie zombie. Ambitieuse, cette série est prévue en six tomes. Ils paraîtront au rythme d'un tous les trimestres, avec différents dessinateurs. Une saison 1 pour parfaire la comparaison avec les séries télé.

 

« Alice Matheson » (tome 1), Soleil, 14,50 €

 

26/06/2015

BD : Le Chat-Bouboule en solo

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Il a fait ses premiers pas dans la BD des Petits Grumeaux de Nathalie Jomard. Cette illustratrice, par ailleurs maman de deux gamins facétieux, a également un pauvre chat. Pauvre car il est devenu un jouet essentiel aux enfants grumeaux. Il n'a que rarement le beau rôle dans ces gags déjà édités par Michel Lafon. Mais les chats, c'est bien connu, sont les véritables maîtres du monde. Donc le chat-Bouboule devient héros à part entière d'une BD à son nom. Toujours avec Nathalie Jomard aux manettes, notre grosse boule de poils peut enfin se venger des brimades supportées depuis trop longtemps. Ces dessins d'humour sont tout à fait dans l'air du temps. On s'aperçoit, malheureux humains que nous sommes, que la vie d'un chat est souvent plus cool que nos existences stressantes. Il s'amuse d'un rien, dort quand il veut, mange à volonté et se fait tout pardonner (du canapé déchiqueté au vol du poulet rôti en passant par la litière renversée) avec un câlin doublé d'un léger ronronnement. Sale engeance !

« Chat-Bouboule », Jungle & Michel Lafon, 12,95 €

 

 

 

25/06/2015

Cinéma : Dans la tête d'une petite fille avec "Vice Versa"

Formidable idée que celle de « Vice Versa ». Les émotions d'une petite fille sont personnalisées dans son esprit. Un dessin animé plus adulte qu'il n'y paraît.  

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Riley a 11 ans. Fille unique, elle a tout pour être heureuse. Des parents aimants, des amis fidèles, une passion pour le hockey sur glace et une propension à rêver, insouciante. Si cet épanouissement semble naturel, il doit en fait beaucoup aux émotions qui coordonnent l'esprit de Riley depuis le poste de commandement de son esprit. Les cinq premières minutes de « Vice Versa » expliquent comment cela fonctionne. Cinq émotions principales sont à l'œuvre en permanence. Peur, Colère, Dégoût, Tristesse et Joie. Cette dernière est la dominante de l'humeur de Riley. Virevoltante, toujours à l'affût de trouvailles pour embellir le quotidien de la petite fille, elle fait tout pour que chaque journée soit réussie et se termine par de bons souvenirs. Généralement, c'est très facile. Mais à 11 ans, Riley n'est plus tout à fait une petite fille sans encore être une adolescente. Cela bouillonne dans sa tête parfois, Colère l'emporte, Dégoût a son mot à dire aussi.

Alors quand les parents annoncent à Riley qu'ils vont quitter leur Minnesota un peu perdu pour s'installer à San Francisco, Joie tente de conditionner Riley pour qu'elle profite de ce changement. Mais dans les faits, les contraintes sont les plus fortes. La maison est moins belle, les amies sont trop loin, les écoliers sont hostiles et sa chambre sinistre. Rien ne va plus dans le centre de commandement. Malgré tout son enthousiasme, Joie semble dépassée. Et Tristesse prend le dessus involontairement. La personnalité de Riley va-t-elle être changée au point de perdre tous ses repères, tant sur le plan familial qu'en terme d'amitié ? Tout le suspense du film est dans cette course contre la montre de Joie.

 

Deux univers

L'idée du film est venue à Pete Docter (réalisateur de Là-haut) en regardant ses enfants grandir. Et de se demander souvent, face à leurs réactions parfois déroutantes, « Mais que se passe-t-il dans leur tête ? » Et d'imaginer l'esprit de Riley, fonctionnant comme un gros ordinateur piloté par plusieurs entités. Les deux mondes ne se rencontrent jamais, mais sont totalement interdépendants. Deux univers, deux styles pour un même film. Si Riley est animée de façon très classique, les cinq émotions sont elles beaucoup plus cartoonesques. Couleurs criantes (vert brocolis pour Dégoût), formes caractéristiques (Colère est carré comme une brique, Peur filiforme et fuyant comme un serpent) et exagérations sans limites caractérisent l'esprit de Riley. Même si en théorie c'est le monde de l'infiniment petit, c'est là que les décors les plus gigantesques sont créés, des îles de la personnalité au monde de l'imaginaire en passant par le pays des rêves. Toutes les possibilités de l'animation sont exploitées dans ces séquences particulièrement réussies.

Mais « Vice Versa » reste un film intelligent et pédagogique, d'une grande utilité pour les parents. Il décortique le fonctionnement de la pensée, la construction d'une personnalité, comment on parvient à surmonter ses peurs et déceptions. Et quand l'émotion prend le dessus sur l'humour, on sait que l'on se trouve face à un petit chef-d'œuvre de subtilité.  

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Les voix de l'esprit

 

vice versa, pixar, disney, joie, tristesse, peur, dégoût, colèreLes émotions qui évoluent dans l'esprit de Riley, la petite fille, bougent, s'agitent et surtout parlent. Le casting voix du film est donc essentiel pour la réussite d'un tel film. Dans la version française, les producteurs ont fait le choix d'acteurs en plein devenir. Joie, qui a le rôle le plus important et le plus compliqué revient à Charlotte Le Bon. La jeune Canadienne, ancienne Miss Météo à Canal+, met tout son dynamisme au service de cette tornade qu'est Joie. Tristesse, l'autre personnalité essentielle du film, est « interprétée » par Marilou Berry. Timide, hésitante, toujours désolée, elle est tout en retenue. Autant Joie peut hurler et chanter, autant Tristesse pleure et gémit. Le duo fonctionne idéalement. Durant une bonne partie du film elles sont perdues dans la mémoire centrale de Riley, impuissantes face à ses changements de personnalité, perdues dans ce dédales de souvenirs inutiles.

 

Pour Peur, Pierre Niney est méconnaissable, Mélanie Laurent apporte la distinction et le dédain nécessaire à Dégoût et Colère explose grâce aux jurons de Pierre Lellouche. Enfin Didier Gustin apporte sa fantaisie à Bing Bong, l'ami imaginaire de Riley, mélange d'éléphant et de chaton avec un corps en barba-papa...

24/06/2015

BD : Cadavre encombrant

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La bande dessinée n'a pas de frontières. Si ce mode d'expression est très populaire en France et en Belgique, partout ailleurs en Europe il existe un vivier d'auteurs bourré de talent. Moins connus que les Italiens ou les Espagnols, les Grecs sont eux aussi d'excellents raconteurs d'histoire. Athanassios Pétrou a illustré un scénario de Tassos Zafiriadis et Yannis Palavos. Il a la barbe du Père Noël mais son costume n'est pas rouge. Que du noir. Logique, il est croque-mort. Dans cette Grèce souffrant de canicule, la chambre froide des Pompes funèbres Léonidas tombe en panne. Au plus mauvais moment. Dans un cercueil, le cadavre d'un vieux, découvert dans son appartement un mois après sa mort, pue abominablement. Le croque-mort est donc chargé de le conduire dans la campagne pour passer un week-end sans empuantir tout le quartier. Deux nuits et une journée avant l'enterrement le lundi matin. L'occasion pour le croque-mort de gamberger sur son existence, ses ratés, ses déceptions. Le dessin de Pétrou, en couleurs directes, est d'une grande beauté. Quant à l'histoire, elle prend aux tripes.

 

« Le croque-mort », Steinkis, 12,95 €

 

23/06/2015

BD : Ric Hochet, même pas mort !

 

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Les héros de BD peuvent-ils survivre à leurs créateurs ? Cette question revient régulièrement en fonction des disparitions des grandes gloires de la BD. Quand Tibet, dessinateur de Ric Hochet, meurt soudainement, l'aventure en cours n'est pas terminée. Elle sera publiée en l'état, avec simplement le scénario d'André-Paul Duchâteau pour savoir qui a tué (le principe de toutes les enquêtes du jeune et impétueux journaliste). Quelques années plus tard, le reporter de la Rafale est de retour pour des enquêtes développées sous la houlette de nouveaux auteurs. Zidrou se charge du scénario et Van Liemt du dessin. Un pari risqué car tout en conservant l'esprit d'origine, il est clairement demandé aux nouveaux venus de moderniser et dépoussiérer une recette efficace durant de longues décennies mais aujourd'hui complètement obsolète pour ne pas dire ringarde. Certains puristes vont hurler au sacrilège, mais finalement voir Ric en slip et Nadine entièrement nue est une évidence qu'on ne pouvait plus nous cacher. Quant au méchant de ce retour, c'est un revenant aussi. Mais il ne faut pas trop en dire...

 

« Les nouvelles enquêtes de Ric Hochet » (tome 1), Le Lombard, 12 €

 

22/06/2015

BD : Jeu de rôle en vrai

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Florence Dupré la Tour, dessinatrice de BD et professeur dans une école d'art à Lyon, a un vice caché. Elle a longtemps été accro aux jeux de rôles. Pour elle et ses amis, endosser une autre personnalité permet « de vivre d'incroyables aventures dans un univers infini, gratuit et inviolable : notre imagination. » Une passion de jeunesse abandonnée avec l'âge. Un travail, des enfants... la roue tourne. Mais lors d'une réunion de famille, Florence étouffe dans cette atmosphère trop gentille. Elle se souvient alors de son personnage de jeu et décide d'être lui. La gentille maman attentionnée va se transformer en Cigish Hexorotte, nain et nécromancien. Il est méchant, jette des sorts, aime voler, brimer et torturer. Sur cette base, Florence Dupré la Tour anime un blog BD qui est repris dans ce gros album de plus de 300 pages. On y trouve également les commentaires des internautes, dont certains issus des pires trolls sévissant dans le milieu. Cette descente aux enfers, la dessinatrice la montre dans toute sa déraison, mettant en scène ses élèves, des éditeurs et quelques spécimens hallucinants de chasseurs de dédicace. Entre réflexion religieuse et théorie sur l'auto-édition, cet album semble aussi addictif que le milieu qu'il décrit en partie.

 

« Cigish ou le Maître du Je », Ankama, 15,90 €

 

09:50 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dupré la tour, cigish, ankama

21/06/2015

Cinéma : Duo majeur dans la fournaise de « Valley of love »

Gérard Depardieu et Isabelle Huppert à la recherche de leur enfant mort.

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Petit dernier de la sélection française du dernier festival de Cannes, « Valley of love » de Guillaume Nicloux permet surtout de retrouver deux monstres sacrés du cinéma français dans un tête à tête brûlant. 35 ans après « Loulou » de Maurice Pialat, Isabelle Hupert et Gérard Depardieu se retrouvent face à face. Elle est toujours aussi lumineuse, il est encore plus massif. Passé la surprise des premières minutes, le charme (et surtout leur talent) agit. Totalement investit dans leurs deux rôles, on oublie leur statut de stars pour ne voir que deux parents en plein désarroi. La force aussi au scénario du réalisateur ténu mais prenant.

 

 

Dans un motel de la zone touristique de la Vallée de la Mort en Arizona, Isabelle (Isabelle Huppert) attend son ancien mari Gérard (Gérard Depardieu). Tous les deux acteurs, ils ont refait leurs vies depuis bien longtemps. Le seul lien qui leur restait c’était ce fils, Michaël. Isabelle l’a abandonné à 7 ans. Gérard a coupé les ponts peu de temps après sa majorité. Michael vivait à San Francisco en compagnie de son ami. Et une après-midi, il a mis fin à ses jours. Peu auparavant, il a écrit deux lettres destinées à Gérard et Isabelle. Il leur demande de passer une semaine en novembre dans la Vallée de la mort. De se rendre, ensemble dans divers lieux selon un ordre précis et alors, alors seulement, selon le contrat passé, ils pourront le voir une dernière fois. Et s’expliquer...

 

Hypothétique rendez-vous

Si Isabelle croit dur comme fer à cette rencontre, Gérard est plus que sceptique. D’ailleurs, il ne peut pas rester la semaine complète. Il a un rendez-vous important jeudi.

Le film, tourné à minima, dans les véritables décors écrasés de chaleur (les comédiens, surtout Depardieu, suent à grosses gouttes), est d’une limpidité presque aveuglante. Pour le père, cette idée saugrenue de les réunir dans ce lieu étouffant est une vengeance parfaite. Juste une manigance pour qu’ils se disputent et souffrent encore et toujours. La mère est sur un tout autre registre. Persuadée d’avoir tout raté avec ce fils qui l’a rejetée, elle croit à cette ultime chance de retrouver l’enfant qu’elle a porté, aimé...

Alors ils en parlent. Déambulent dans les canyons, marchent sur les cailloux. Retrouvent l’air climatisé des chambres du Motel, font des cauchemars et repartent inlassablement le lendemain vers un nouveau point de vue, un nouveau très hypothétique rendez-vous, à la recherche d’un signe.

Isabelle Huppert et Gérard Depardieu sont excellents dans la peau de ces parents brisés par la perte de leur enfant. D’autant plus démolis qu’ils sont, tous les deux, totalement passés à côté de la vie de Michael. Alors si ce film peut servir au moins à une chose, c’est de rapprocher parents et enfants avant qu’il ne soit trop tard.