12/05/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Elle voit des chapeaux partout

Depuis longtemps, je suis fâché avec les chapeaux. Pas les couvre-chefs qui servent à se protéger du soleil, mais ces petits appendices que la langue française a imaginés pour que l'on se souvienne d'un "s" disparu. Un chapeau plus connu sous le nom d'accent circonflexe et qui orne, par exemple le mot "fâché" écrit quelques lignes plus tôt. Je l'ai oublié, comme trop souvent. Par contre mon "tôt" était bien orthographié. Si dans la copie finale le "a" de fâché est correct, c'est grâce à la vigilance de ma femme, correctrice en chef des chapeaux (et plus...) de ces chroniques. Elle ne se prive jamais de me faire remarquer mes lacunes en matière d'accentuation. Mais à force, elle-même a tendance à se mélanger les pédales. Car non seulement j'oublie des accents, mais parfois j'en rajoute là où il n'en faut pas. Jeune journaliste, j'étais très fier d'un long reportage sur le travail de la gendarmerie maritime au large de la Martinique. Jusqu'à ce qu'un collègue (perfide le collègue) me fasse remarquer que le a de "bateau" ne prenait pas d'accent. Faute répétée une dizaine de fois dans la pleine page... La honte absolue. J'essaie d'oublier cette triste anecdote, mais elle reste très prégnante dans mon esprit. D'autant que l'autre jour, en corrigeant une chronique pas encore publiée, mon épouse se demande à haute voix : "il ne faut pas un chapeau à bateau ?" Non ! Trois fois non ! S'il y a bien un mot que je sais écrire désormais, c'est bien bateau. Et elle de s'écrier : "je vois des chapeaux partout !"

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