22/07/2016

Cinéma : Ennemis de rêve pour patriotes US dans "Independance Day : Resurgence"

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La suite d'Independance Day, 20 ans après, relance la fibre patriotique d'Américains toujours décidés à en découdre avec des aliens encore plus méchants et hégémoniques.

 

 

Roland Emmerich, en tournant "Independance Day" en 1996, a un peu inventé le terme de "blockbuster". Équivalent des best-sellers dans l'édition, ces films à gros budget sont formatés pour rapporter un maximum d'argent. Sorti pour le 4 juillet, fête nationale US, cette histoire d'attaque extraterrestre de la Terre a transcendé l'esprit de résistance du peuple américain. Président qui assume ses responsabilités, militaires ne se déclarant jamais battus, civils héroïques : le cocktail a parfaitement marché aux États-Unis et s'est exporté sans difficulté à l'étranger. Bilan : plus de 817 millions de dollars de recettes cumulées. La suite était programmée dans la foulée. Mais...

20 ans plus tard

Résultat ce n'est que 20 ans plus tard que la Terre doit une nouvelle fois faire face à l'armada de bestioles au look entre chasseurs de Prédator et Martiens de la guerre des mondes. Absence notable dans le casting, Will Smith. Trop gourmand au niveau cachet. Les scénaristes, pour intéresser les plus jeunes, ont beaucoup utilisé la ficelle "fils à papa". Parmi les pilotes, Dylan (Jessie Usher) est le fils de Will Smith et Patricia (Maika Monroe) la fille de l'ancien président Whitmore. Un trio complété par Jake Morrison (Liam Hemsworth), beau gosse de service. Ce n'est pas le meilleur du film. Tous manquent un peu de consistance, simples alibis pour les scènes d'action et de bravoure aux commandes des nouveaux chasseurs de l'armée US.

Le meilleur reste les vieux de la vieille, ceux du premier opus et qui ont prolongé leurs personnages avec bonheur. On retrouve Jeff Goldblum avec grand plaisir. L'acteur américain, malheureusement un peu délaissé ces dernières années, prouve que son talent est intact. Tout en sauvant le monde, il parvient même à séduire une psychologue française interprétée par Charlotte Gainsbourg au rôle assez abscons et annexe. Le meilleur reste le réveil du Dr. Brackish Okun interprété par Brent Spiner toujours aussi halluciné. Génial inventeur, au rôle essentiel dans le premier film, il est plongé dans le coma depuis 20 ans. La nouvelle attaque en prévision le sort des limbes. Cul nu, traînant derrière lui deux poches de perfusions, il a cette réplique qui résume un peu tout l'esprit du film "Je suis toujours partant pour dégommer de l'alien !".

Proposé en 3D, avec des séquences de combats aériens dignes des meilleurs Star Wars, le film vaut surtout par sa virtuosité technique. Par contre on ne retrouve pas le souffle du premier, comme si le patriotisme était soluble dans le temps.

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Le choc de 1996 disponible en blu-ray

Lors de sa sortie en 1996, "Independance Day" a remporté un succès incroyable. Ce mélange de film catastrophe et de science-fiction, avec en filigrane le patriotisme des Américains de toutes conditions a touché juste. Si certains critiques ont peu apprécié son côté va-t'en guerre, d'autres ont adoré son côté "résistance". Au niveau cinéma, il y a quelques scènes devenues cultes comme la destruction de la Maison Blanche, une première dans le cinéma américain, surtout avec un tel réalisme. On retiendra aussi l'héroïsme de gens que rien ne destinait à s'élever au-dessus de la masse.

Et puis il y a la révélation Will Smith. L'acteur, surtout connu pour son rôle dans la série humoristique "Le Prince de Bel-Air", change de dimension en interprétant ce pilote de l'US Army, premier à avoir réussi l'impossible : descendre un vaisseau alien. Son arrivée à la base 51, au cœur du désert du Nevada, traînant le cadavre de la bestiole aux longues tentacules est le symbole que rien n'est impossible à ceux qui en ont la volonté. Une première bataille gagnée pour finalement remporter la guerre. Le film est ressorti en juin dans un coffret 4K très haute définition avec deux fins alternatives et un disque avec trois heures de bonus dont plusieurs making-of, notamment sur la fabrication des effets spéciaux.

"Indépendance Day", 20th Century Fox.

 

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