07/12/2016

Littérature : Une femme libre sous le masque de Mata Hari racontée par Paulo Coelho

Paulo Coelho, en retraçant la trajectoire de « L’espionne » Mata Hari  réhabilite une femme éprise de liberté.

 

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Son malheur : être trop belle. Trop libre aussi. Margaretha Geertruida « Grietje » elle est inconnue du grand public. Par contre, le nom de Mata Hari a traversé les siècles. L’arché- type de l’espionne, séductrice et secrète, a ensorcelé une nouvelle fois un homme. Après les ministres et autres militaires de haut rang, c’est un célèbre écrivain qui vient de tomber sous sa coupe. Et pas des moindres puisque Paulo Coelho, l’illustre auteur de «L’alchimiste», signe un très beau texte entre roman, biographie et confession de la belle Hollandaise, fusillée un petit matin d’octobre 1917.

■ Incessante fuite

Mariée très jeune à un militaire, Mata Hari, avant de prendre ce nom, a connu bien des déboires. Dont un viol, adolescente, dans sa pension pour jeunes filles. Dés lors elle n’aimera plus et comprend que son corps sera son meilleur allié pour se venger des hommes. Aux Indes, avec son mari, elle découvre les danses exotiques. De retour aux PaysBas elle prend la fuite vers la France. Son arrivée à Paris équivaut à un coup de foudre.

Dans sa confession imaginaire, elle parle à sa fille en ces termes « Toute ma vie j’ai pensé et agi en Mata Hari, celle qui restera toujours la fascination des hommes et la plus enviée des femmes. Depuis que j’ai quitté la Hollande, je n’ai plus la notion de distance, du danger, rien de tout cela ne m’effraie. Je suis arrivée à Paris sans argent et sans une garderobe adéquate et vois comment je me suis élevée dans la société.» Rapidement, Mata Hari devient une danseuse renommée. Elle n’hésite pas à se déshabiller entièrement sur scène. Une attraction très prisée à l’époque dans cette France beaucoup plus libre et dévergondée que la puritaine Hollande.

Mata Hari se produit à Paris, accumule les conquêtes, se fait entretenir et rêver le tout Paris. Mais même à l’époque, les modes sont éphémères. Pour survivre, Mata Hari se comporte de plus en plus comme une prostituée. De luxe cependant. Et c’est la raison qui pousse les Allemands à s’intéresser à la belle. Elle pourrait obtenir des renseignements essentiels pour le pays qui vient de déclarer la guerre à la France. Pourtant Paris est très cher à la belle apatride. Et jamais elle n’aurait voulu trahir son pays d’adoption qui l’a portée au pinacle. Mais en ces temps de guerre il faut des exemples. Elle en fera les frais. Paulo Coehlo dans ce roman plein de fougue, raconte les tourments d’une femme en avance sur son temps. Libre, elle pensait pourvoir s’affranchir de la matérialité de la vie. Une pluie de balles a mis fin à son rêve. 

➤ «L’espionne» de Paulo Coelho, Flammarion, 17,90 € 

 

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