06/01/2017

De choses et d'autres : Le cri de l'huître

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Pas besoin d’être un grand spécialiste de l’agriculture pour se douter que l’épidémie de grippe aviaire a durement touché le marché du foie gras. Il suffit d’aller faire ses courses dans une de ces grandes surfaces qui offrent des rabais sur les produits frais dont la date de péremption approche pour constater l’ampleur des dégâts. Dans un bac, des dizaines de blocs n’ont pas trouvé preneur au prix fort. Et ne semblent pas remporter plus de succès malgré la réduction de 50 %. Les annonces rassurantes du ministère de l’Agriculture restent lettre morte, nombre de consommateurs boudent ce produit traditionnel. Sans compter les campagnes des associations de protection des animaux qui dénoncent le gavage. C’est pour cette raison que j’ai moi aussi été privé de foie gras pour les fêtes. Ma femme trouve la pratique barbare. A la place elle a privilégié les huîtres.

L’avantage du foie gras par rapport à ces bestioles, c’est la préparation. Couper une tranche moelleuse n’a rien de comparable avec l’ouverture de coquillages récalcitrants. Pourtant ce sont trois douzaines de mises à mort que j’ai à mon actif. Car l’huître se doit d’être fraîche. Vivante en clair. Pour preuve, une fois ouvertes, j’ai la manie de leur effleurer le bord de la membrane pour vérifier si elle se rétracte. Qu’elles souffrent quoi. Que de tortures non dénoncées. Mais il est vrai que le cri de l’huître que l’on ouvre est moins éprouvant que celui du canard qu’on égorge. 

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