05/04/2017

De choses et d'autres : À fond la caisse... à savon


En venant travailler au guidon de mon scooter hier, j’aperçois au loin une jolie voiture rouge avec écrit en gros, GTI. Une Ferrari au moins, vu la couleur et la forme. J’ai beau rouler en 125 cm3 , je doute de pouvoir la rattraper malgré les deux voies. Et puis, rapidement, je la double avec une facilité déconcertante. La « GTI » rouge est en réalité une voiturette. Face à la tramontane, elle dépasse difficilement les 40 à l’heure. Bizarre comme les apparences sont parfois trompeuses. On croit voir un bolide, c’est une limace. La dernière fois que j’ai eu cette impression, c’était à l’inverse quand jeune, j’ai acheté une AlfaRoméo. Même d’occasion, au début des années 80, une Alfa prenait des airs de grande sportive. Nerveuse et rapide. Je me suis provoqué quelques frayeurs, j’avoue. Sa réputation n’était pas usurpée. Du moins pour moi, jeune conducteur inexpérimenté. Et j’étais fier de posséder une voiture de la même marque que les bolides de Formule 1. Sauf qu’à cette époque, Alfa-Roméo sur les circuits, ce n’était pas la panacée. Bien au contraire. Même avec Ricardo Patrese au volant, les belles Italiennes semblaient se traîner comme des campingcars surchargés un 1er juillet. Et souvent elles ne terminaient pas la course, trouvant le moyen, tout en restant en queue de peloton, de casser moteur, suspension ou boîte de vitesse. Parfois, j’avais l’impression avec ma vieille occasion, de pouvoir surpasser Patrese. Un peu comme hier quand j’ai doublé la fausse Ferrari. 
(Chronique parue le 5 avril  en dernière page de L'Indépendant)

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