30/06/2017

DVD et blu-ray : « Fences » ou les devoirs de la famille face aux droits du père

 


Adapter une pièce de théâtre au cinéma n’est pas toujours aisé. Il faut savoir capter l’âme du texte pour ne pas ennuyer le spectateur. Denzel Washington en jetant son dévolu sur « Fences » d’August Wilson a pris tous les risques.


Cette histoire de famille, au cœur d’un quartier pauvre de Pittsburg, est tout sauf glamour. Reste des personnages sublimes, au parcours chaotique mais emblématique de la difficulté de s’affirmer quand on a le malheur de naître noir dans une Amérique blanche. À la fin des années 50, Troy (Denzel Washington) est employé municipal au service du ramassage des ordures.
Du lundi au vendredi, à l’arrière du camion, il vide les poubelles de tous les déchets de cette société de consommation amé- ricaine en pleine expansion. Il rêve de devenir chauffeur. Mais pas un seul Noir n’a encore eu une telle promotion. Alors il râle une fois revenu à la maison. Le vendredi soir il boit une bouteille de gin et revient sur son destin brisé de sportif de haut niveau. Un homme aigri, froid et dur, sans cesse dans l’invective envers ses deux fils. L’aîné vivote en étant musicien. Le second, pas encore majeur, espère devenir footballeur professionnel. Des sujets d’affrontements incessants dans une famille qui ne tient que par la bonté et la compréhension de la mère, Rose, interprétée par une Viola Davis couronnée de l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle.
Incompréhension, trahison, rejet : la vie de cette famille est déjà compliquée quand Troy annonce à sa femme une nouvelle qui va bouleverser le fragile équilibre. Saga humaine d’exception, « Fences » bouleverse et interpelle le spectateur, partagé entre l’admiration du jeu des acteurs et les choix de vie de ces hommes et femmes dictés par l’honneur et la religion. Dans les bonus, on en apprend notamment un peu plus sur August Wilson, dramaturge américain au parcours déroutant. 
➤ « Fences », Paramount Pictures, 19,99 €

De choses et d'autres : Contre-jour réussi

La photo officielle d’Emmanuel Macron a été dévoilée hier matin. Le nouveau président y est représenté, debout, les bras appuyés sur le devant de son bureau, la fenêtre ouverte sur le parc de l’Élysée. Il y a les deux drapeaux (France et Europe) de part et d’autre, une horloge, un livre ouvert et, plus discrets, ses deux téléphones portables sur le plan de travail. Il sourit. Deux fossettes se dessinent sur son visage.

Ses yeux bleus ressortent intensément car il fixe l’objectif. Une photo officielle qui sera affichée dans toutes les mairies et qui a été déjà beaucoup commentée sur les réseaux sociaux. Avec unanimité chez les dames : « Mon dieu qu’il est beau ! » Les hommes sont plus partagés. Certes il a une sacrée prestance, mais il y a forcément de la retouche photographique pour atteindre un tel niveau de sex-appeal. Ses lèvres, finement dessinée, sensuelles, impressionnent tout le monde. De mon côté, je me garderai bien de porter un jugement physique. J’essaie de ne pas le faire pour les femmes politiques, autant continuer dans la parité. Mon interpellation vient du côté technique. Jeune journaliste, on m’a appris de ne jamais faire de photo d’une personne devant une fenêtre. Sans flash, il est à contre-jour et le visage dans l’ombre. Avec un flash, on perd tout relief. J’imagine la tête de la photographe officielle (Soazig de La Moissonnière) quand le président lui annonce qu’il veut être photographié ici et nulle part ailleurs. Un sacré défi technique. Même si les possibilités de trucage sont devenues quasi sans limites de nos jours.
Et au final, comme pour synthétiser son programme électoral, Macron a été photographié à l’intérieur ET à l’extérieur. 
(Chronique parue le 30 juin en dernière page de l'Indépendant)

09:23 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : macron, élysée, photo

29/06/2017

Cinéma : Humour glacial par « Grand froid »


Rire de la mort, fallait oser. Gérard Pautonnier pour son premier long-métrage signe une comédie noire et mortifère. Noire... comme l’humour. Mortifère... parce qu’il y a des morts. Du moins en théorie puisque les personnages principaux travaillent dans une entreprise de pompes funèbres. La maison Zweck ne va pas très bien. Le patron, Monsieur Zweck (Olivier Gourmet) se désespère du manque de travail. Comme si dans cette petite ville de province indéfinissable, les vieux s’étaient donné le mot pour ne plus mourir. Alors il tente d’occuper ses deux employés comme il peut. Eddy (Arthur Dupont), est chargé de passer le corbillard au « carwash » (expression typiquement belge, comme le film). Georges (Jean-Pierre Bacri), le plus vieux, va en repérage dans les salles d’attente du médecin pour essayer de détecter le quidam sur le point de trépasser.


Le début du film, tiré d’un roman de Joël Egloff paru aux éditions Buchet-Chastel, sert de mise en bouche. Il plante le décor du quotidien de cette équipe de bras cassés composée du patron, incroyablement radin, du jeunot, rêveur et un peu abruti et de l’ancien, râleur blasé obnubilé par sa propre mort. Une succession de gags et de situations ubuesques donne le ton : la comédie sera grinçante et sans tabou.
■ Enfin un « client »
Quand un couple de bourgeois pousse la porte de la boutique, les affaires repartent. Une veuve, accompagnée de son frère, veut enterrer son défunt mari. Problème le cimetière est loin. Très loin. De tout. La cérémonie religieuse expédiée, croque-morts, cercueil, famille, curé et garçons de cœur partent dans deux voitures sur des routes désertes et enneigées. Le reste du film se passe essentiellement dans les deux habitacles. La relation des deux employés de la maison Zweck, avec un Jean-Pierre Bacri toujours aussi brillant dans ces rôles de bougons où personne ne lui arrive à la cheville et la révélation Arthur Dupont au potentiel comique énorme. De l’autre côté, rien ne va plus pour la veuve et le curé (Sam Karmann, trop rare au cinéma ces dernières années), bloqués sur un lac gelé...
Tourné en Belgique pour la partie « bar et magasin » puis en Pologne avec ses extérieurs sales et enneigés, ce premier film souffre de quelques maladresses, mais dans l’ensemble il parvient à son but premier : faire rire. A gorge déployée. Et aussi à nous faire réfléchir sur notre mort. Et vous, connaissez-vous déjà l’épitaphe que vous mettrez sur votre pierre tombale ? 

De choses et d'autres : Il ne reste plus qu’à pleurer


Est-ce un mauvais alignement des planètes ou l’évolution normale de l’humanité mais j’ai la désagréable impression ces derniers temps que plus rien ne tourne rond. Comme si notre société était en train de virer folle en deux temps trois mouvements. Un sentiment personnel d’être largué, ne plus trop comprendre ce qui arrive. Comment, par exemple, expliquer le succès de l’émission de Cyril Hanouna ? Bête, vulgaire, humiliant : le programme est pourtant de plus en plus suivi. Qui peut trouver de l’intérêt à ces soliloques obséquieux entrelardés de blagues sexistes et autres mots d’une langue inconnue (rassrah, darka...) ? Suis-je à ce point devenu vieux, allergique aux nouveautés ?
Autre exemple, les publicités. Comment imaginer que l’on vende quoi que ce soit en diffusant des spots encore plus mauvais que les sketches tournés dans les MJC au début des années 80 lors des balbutiements de la vidéo amateur. Gifi se distingue dans le genre, si ridicule qu’on ne peut même pas en rire, il ne nous reste plus qu’à pleurer. Pour vendre un jacuzzi, la marque de magasins fait appel à deux stars françaises : Benjamin Castaldi et Loana. Un Castaldi qui surjoue ses prétentions de cinéaste et une Loana choisie uniquement pour se moquer d’elle. Castaldi, à grand renfort de gesticulations et de grimaces, prétend diriger la starlette déchue. Il lui demande de tremper un pied dans le jacuzzi. Et quand elle effleure l’eau, un trucage vidéo la transforme en pin-up jeune et longiligne. Car Loana, selon l’expression populaire, a mal vieilli et pris des rondeurs.
Jouée de manière exécrable, idiote, stigmatisant les gros, cette pub est un ultime signe dans une société en décrépitude. Je serais dépressif, je me flinguerais dans la minute. 
(Chronique parue le 26 juin 2017 en dernière page de l'Indépendant)

28/06/2017

Cinéma : Deux belles âmes prennent la route

VISAGES VILLAGES. Agnès Varda et JR à la rencontre de la France rurale.



Totalement improbable. Et pourtant merveilleux. Comment Agnès Varda, princesse de la Nouvelle Vague, cinéaste du réel et monstre sacré du cinéma d’art et essai, a-t-elle trouvé la ressource et la force pour se lancer dans la réalisation de ce film avec JR, photographe à la démarche originale, transcendant l’anonymat et le grand format dans les rues ? « Je suis allé la voir chez elle, se souvient JR. Le lendemain elle est venue dans mon atelier. Le surlendemain on partait en tournage, à l’aventure. »


Une sacrée aventure, qui va durer deux années, à raison de quelques jours de tournage par mois, Agnès Varda, bientôt 90 ans, ayant besoin de repos pour récupérer de ces escapades fatigantes. Son idée à elle : aller à la rencontre des gens vivant dans les villages. Son but : photographier ces inconnus dans son « camion magique » et afficher leurs visages sur les murs disponibles près de chez eux. Ou carrément sur leur habitation comme c’est le cas dans la première séquence, dans le Nord, sur la maison de corons de Jeannine, promise à la démolition (lire ci-contre).
On va donc aller à la rencontre de Français et Françaises, du Sud, du Nord, de l’intérieur ou du bord de mer. Des actifs, des retraités, loin de la civilisation ou au cœur de leur lieu de travail. Un instantané d’une certaine France, diverse et fascinante. Une France que l’on connaît sans toujours y accorder plus d’attention. C’est aussi la grande qualité de ce film, entre fiction et documentaire, entre intime et universel.
■ Montage aux petits oignons
Le montage, supervisé par Agnès Varda qui avoue que c’est son activité préférée dans la fabrication du cinéma, permet de lier ces sé- quences a priori disparates. Le génie c’est de mêler les relations et sentiments des deux artistes, parfois émerveillés en même temps, mais aussi pas toujours d’accord. JR parvient à transformer Agnès en modèle, ses rides et adorables petits pieds s’affichant sur des wagons de marchandises pour traverser la France. Agnès bougonnant contre le culte du secret de JR, refusant de parler de sa vie privée et encore plus de retirer son chapeau et ses lunettes noires.
Un fil rouge qui pourrait être agaçant mais qui au final se transforme en grand moment de cinéma, de ces scènes qui, n’en doutons pas, deviendront mythiques dans quelques générations. Exercice appliqué de narration cinématographique qui devrait être enseigné à tous les apprentis réalisateurs et scénaristes.
-------------------

Un film "avec les gens"
 
 

 

« Résister à la paresse et à l’imbécillité », tel est le credo d’Agnès Varda. Son moteur aussi pour continuer à tourner, photographier, exposer. A 89 ans elle ne voulait plus se lancer dans de grands projets, mais le travail de JR, sa démarche, sa sympathie aussi, l’ont convaincue. Leur première rencontre semble de l’ordre du coup de foudre. D’un petit jeune qui a toujours eu de la tendresse pour les vieilles personnes. D’une mamie pour qui le partage est essentiel. Alors elle a conduit JR dans le Nord, à la rencontre des descendants des derniers mineurs de fond. JR a reproduit des photos d’époque en grand format et les a collées sur ces maisons de briques. Ils ont sonné aux portes, pour avoir des témoignages et sont tombés sur Jeanine. Une résistante, dernière à habiter dans cette rue. Une première séquence prometteuse. Avec une histoire et de l’émotion.

Décision est prise de multiplier les déplacements, d’en faire un film. JR pensait que le seul nom d’Agnès Varda lui ouvrirait toutes les portes du financement. Que nenni. « Je suis une célébrité à la marge » note malicieusement la cinéaste qui n’a pourtant plus rien à prouver. Ils se sont battus, sont passés par le crowfunding et ont mené à bien leur projet. Le triomphe à Cannes (Œil d’or du meilleur documentaire) a donné raison à JR qui refuse d’être un « bagnard publicitaire » et qui de ce fait réalise un film « sans les marques, avec les gens ».

De choses et d'autres : Adjoints fifti-fictifs

Après les emplois fictifs, les secrétaires d’état fictifs ? La question se pose légitimement si l’on détaille les attributions des membres du nouveau gouvernement Philippe. Car dans le genre « chamboule tout », le président Macron en a sorti encore une bonne de sa manche. Certains ministres bénéficient d’adjoints, avec un statut de secrétaire d’état. Ils sont six à suppléer, aider, remplacer (cocher le verbe en fonction des situations) des ministres à plein-temps. Comme si ces derniers, contrairement aux précédents, ne pouvaient pas assumer leurs tâches 24 h sur 24 et 7 jours sur 7. Dans les entreprises, quand on nomme un binôme à la tête d’un service, c’est clairement pour permettre au « chef » de se reposer le moment venu (vacances ou maladies) sur son « adjoint ». Le second partage tout (ou presque) pour être opérationnel au moindre besoin. Et quand la charge de travail s’alourdit, deux chefs aux manettes ne sont parfois pas du luxe. Du fifti-fifti en somme.
Mais en politique, le concept est nouveau. La confiance n’est pas une pratique très développée dans le milieu. D’autant que souvent les « adjoints », recomposition politique oblige, n’appartiennent pas au même « ancien » bord que les chefs. Comment Jean-Yves Le Drian, ministre des affaires étrangères, ex-socialiste, peut-il être d’accord avec « son » secrétaire d’état, Jean-Baptiste Lemoyne, proche de la Manif pour tous ? Dans ce cas précis, Le Drian ne se posant pas en champion de la délégation, il y a fort à parier que Lemoyne se retrouve au placard. Comme s’il ne pouvait s’occuper que de l’Andorre, de la Mongolie et du Vanuatu. Alors, pour le boulot, c’est fifti-fifti ou fifti-fictif ?

27/06/2017

BD : Le zombie de la toute première heure


Selon les codes du genre, on devient zombie après une morsure. Excepté Tizombi, nouveau héros de cette série de gags, écrits par Cazenove et dessinés par William. Il est né zombie. Son père, le premier a été mordu et a viré au mortvivant. Il a ensuite embrassé sa femme (et plus si affinité) qui, étant enceinte, a donné naissance à ce Tizombi qui n’aura jamais connu la vie humaine. Il ne s’en plaint pas et a immédiatement abandonné le lait maternel pour la bonne chair fraîche humaine. En bon bébé en pleine croissance, il est « Toujours affamé », titre de ce premier recueil. Tizombi mange et Margotik, jeune fille très dark, écrit des vers. Lassée des disputes de ses parents, elle a trouvé refuge une nuit dans ce cimetière, lieu de chasse de Tizombi et de ses trois meilleurs compères, Fatal, gros morfale qui n’a pas inventé l’eau chaude (source inépuisable de gags), Tékaté, l’élément féminin de la bande (elle adore les ossements humains, si jolis une fois transformés en bijoux fantaisie) et Tribiade, le sage de la bande, du moins quand il n’a pas perdu son cerveau, un peu baladeur du fait des béances de sa boîte crânienne. Les auteurs des Sisters s’offrent une récréation dans l’air du temps, pour rire du pire et de l’horrible.
➤ « Tizombi », Bamboo, 10,60 €

De choses et d'autres : Souscription pour un pénis en pierre


Mais qui en veut au Trollpikken, soit le « Pénis du troll » en norvégien ? Un pénis monumental, qui se dressait droit et fier dans le sud-ouest du pays. Une attraction touristique qui connaît depuis quelques jours un sérieux coup de mou. Car ce pénis a la particularité d’être en érection (photo ci-contre). Sauf que depuis quelques jours il a perdu de sa superbe. Des vandales ont foré à la base de la masse rocheuse et provoqué la chute du symbole phallique ancestral. Terminée la triomphale verdeur du Troll, la pesanteur l’a transformé en simple chose allongée au sol. Mais il n’est pas dit que les Norvégiens ne deviennent impuissants avec autant de facilité. Un entrepreneur local a lancé une collecte sur un site de financement participatif. Près d’un millier de généreux donateurs avaient ré- pondu hier à l’appel « Le pénis du troll doit être redressé », permettant de rassembler plus de 180 000 couronnes (environ 19 000 €). L’objectif est de recoller les morceaux, de réparer cette « mutilation génitale » comme l’a nommée l’instigateur du projet.
L’objectif est de récolter 200 000 couronnes et de lancer rapidement les travaux de ravalement. Par contre, pas la peine d’envoyer des boîtes de viagra : la pierre est infaillible dans le genre. 

26/06/2017

Poches : faites votre choix dans ces thrillers

 


La petite ville de River Falls est le lieu idéal pour les amoureux de la nature. Mais quand des randonneurs découvrent le corps d’une jeune fille, la peur s’empare des habitants. Tout juste réélu au poste de shérif, Mike Logan veut éviter un nouveau meurtre. Avec sa compagne la profileuse Jessica Hurley, il s’intéresse à la troupe du Big Circus. Grand retour du héros d’Alexis Aubenque dans une enquête inédite.
➤ « Retour à River Falls », Milady, 7,90 €


Alors que le compte à rebours de l’extinction de l’Église catholique aurait commencé, à Paris, Antoine Marcas, le commissaire franc-maçon, assiste à la mise aux enchères d’un sarcophage du Moyen Âge. Un sarcophage unique au monde, car il contient selon le commissaire-priseur, les restes d’un… vampire. Giacometti et Ravenne viennent également de signer chez Lattès « Conspiration », nouvelle aventure de Marcas.
➤ « L’empire du Graal », Pocket, 8,50 €


Claude Izner revient avec le premier opus d’une nouvelle série de romans à suspens dans le Paris des années folles et des boî- tes de jazz. Jeremy Nelson, jeune pianiste américain passionné de jazz, vient tirer le diable par la queue dans la capitale, à la recherche de ses origines. « La femme au serpent », suite de cette première aventure de Jeremy Nelson vient de paraître, en grand format, toujours chez 10/18.
➤ « Le pas du renard », 10/18, 7,80 €

De choses et d'autres : En marche pour les fiertés


Samedi à Paris, une foule bigarrée a marché. Pas pour saluer l’élection du nouveau président, ni sa majorité absolue au Parlement encore moins le gouvernement Philippe II. Juste la traditionnelle « Marche des fiertés », manifestation hautement symbolique pour réclamer le droit pour tous de s’aimer et se marier, quelle que soit son orientation sexuelle.
Donc des cohortes de militants LGBT (pour lesbiennes, gays, bi et trans) ont arpenté le pavé, dans ce rassemblement politique et festif. Les déguisements sont de rigueur et le maquillage parfois outrancier. Chaleur aidant, il s’est dilué dans la sueur transformant certaines « grandes folles » en peintures « molles » à la Dali. Mais là n’est pas le problème. Le hic vient une nouvelle fois de cette politique macronienne un peu attrape-tout. Emmanuel Macron, sur son compte Twitter, en même temps qu’il boxait en costard cravate pour promouvoir la candidature de Paris aux JO de 2024, a tweeté un message de soutien à cette fameuse marche : « La France est arc-en-ciel. Nous sommes riches de nos diversités, soyons en fiers ! #MarcheDesFiertés #LoveisLove », texte ponctué d’un cœur aux couleurs de l’arc-en-ciel. 


Ce président est définitivement dans le vent, il avance dans le sens de l’Histoire. Mais rapidement quelques militants de la cause LGBT ont ressorti de leurs dossiers des tweets malheureux de 2013 : « La question sur le retrait du mariage homo c’est pour quand ? » « #mariage homosexuel et #adoption par les homosexuels, faut-il tout accepter sous prétexte que « la société évolue » ? » Qui a commis ces tweets ? Réponse : Jean-Baptiste Lemoyne et Gérald Darmanin, ministres du gouvernement Philippe II. 
N’y aurait-il pas comme une erreur de casting ?
(Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le 26 juin 2017)