09/06/2017

BD : Cap sur Neptune à bord du Rorqual

 


Les albums de Valp, jeune dessinatrice suisse, se lisent à deux niveaux. Pour l’histoire, originale souvent. Mais aussi juste pour les dessins. Elle a cette grâce et cette délicatesse qui transforme la moindre case, toute attitude et moue des personnages en petit tableau dont on peut longuement se délecter. Ses femmes sont sublimes, ses méchants d’anthologie et comme le tout est à base de science-fiction steampunk, les engins, robots et autres créatures imaginaires sont tout aussi intéressants. Alors sachez que dans la suite des aventures de la jeune Meena, elle sera aux prises avec une espionne vénale, un savant fou, une créature mystérieuse et que l’essentiel de l’histoire se déroule dans le Rorqual, immense vaisseau spatial en partance pour les lunes de Saturne. Bref, de quoi voyager loin dans un imaginaire qui semble sans fin.
➤ « Les fantômes de Neptune » (tome 2), Delcourt, 12,50 €

12:13 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fantômes neptune, valp, delcourt

De choses et d'autres : Il ne reste plus qu’à pleurer


Est-ce un mauvais alignement des planètes ou l’évolution normale de l’humanité mais j’ai la désagréable impression ces derniers temps que plus rien ne tourne rond. Comme si notre société était en train de virer folle en deux temps trois mouvements. Un sentiment personnel d’être largué, ne plus trop comprendre ce qui arrive. Comment, par exemple, expliquer le succès de l’émission de Cyril Hanouna ? Bête, vulgaire, humiliant : le programme est pourtant de plus en plus suivi. Qui peut trouver de l’intérêt à ces soliloques obséquieux entrelardés de blagues sexistes et autres mots d’une langue inconnue (rassrah, darka...) ? Suis-je à ce point devenu vieux, allergique aux nouveautés ?

Autre exemple, les publicités. Comment imaginer que l’on vende quoi que ce soit en diffusant des spots encore plus mauvais que les sketches tournés dans les MJC au début des années 80 lors des balbutiements de la vidéo amateur. Gifi se distingue dans le genre, si ridicule qu’on ne peut même pas en rire, il ne nous reste plus qu’à pleurer. Pour vendre un jacuzzi, la marque de magasins fait appel à deux stars françaises : Benjamin Castaldi et Loana. Un Castaldi qui surjoue ses prétentions de cinéaste et une Loana choisie uniquement pour se moquer d’elle. Castaldi, à grand renfort de gesticulations et de grimaces, prétend diriger la starlette déchue. Il lui demande de tremper un pied dans le jacuzzi. Et quand elle effleure l’eau, un trucage vidéo la transforme en pin-up jeune et longiligne. 
Car Loana, selon l’expression populaire, a mal vieilli et pris des rondeurs.
Jouée de manière exécrable, idiote, stigmatisant les gros, cette pub est un ultime signe dans une société en décrépitude. 
Je serais dépressif, je me flinguerais dans la minute. 

08/06/2017

Série télé : un "Ennemi public" belge de qualité

 


Contrairement à une image trompeuse, la Belgique n’est pas uniquement un plat pays. On y trouve aussi une région vallonnée recouverte de forêts sombres et humides. Les Ardennes sont au centre de cette série policière en 10 épisodes produite par la RTBF. La Belgique, célèbre aussi pour ses tueurs en série d’enfants. Un des personnages principaux, Guy Béranger, ressemble un peu à Marc Dutroux. Béranger est un tueur d’enfant qui vient de terminer sa peine de prison. Il veut devenir moine et intègre l’abbaye de Vielsart, dans une petite commune. Les habitants sont hostiles. Chloé Muller, policière taciturne au passé violent, est chargée de le convoyer et de le surveiller. Le protéger aussi, bien malgré elle. Quand une fillette est retrouvée assassinée,tous les soupçons se portent vers Béranger.
Ambiance trouble et suspicieuse, fêlures, secrets et vestiges de vieilles croyances transforment ce polar en quête initiatique pour tous les personnages. Le tout dans des décors superbes de noirceur, porteurs d’une angoisse sourde qui prend aux tripes.
➤ « Ennemi Public », Universal Vidéo, coffret quatre DVD, 24,99 €

De choses et d'autres : La méchanceté n’attend pas les années

Question méchanceté, je ne suis certainement pas le mieux placé pour critiquer. Parfois je m’emballe et oublie un peu la portée des mots. Au risque de blesser les égratignés. Mais je ne m’attaque pas à n’importe qui. J’estime qu’ils l’ont mérité les Morandini, Hanouna, Depardieu et autres célébrités à l’égo surdimentionné. Ce n’est visiblement pas la ligne de conduite d’une journaliste du site de Madame Figaro. Elle a publié mardi sur le site un papier incendiaire sur une certaine Blue Ivy, « la ballerine qui en faisait trop ». Petit résumé, la danseuse, « Blue Ivy a donné dans le gloubi-boulga d’entrechats et de port de bras, au point de presque assommer ses voisines en tutus. » Et la journaliste de continuer : « On la voit (trop) confiante, (trop) envahissante. Seule à avoir les cheveux détachés, alors que ses consœurs portent toutes le sacro-saint chignon. » Une sacrée critique pour un premier gala de danse. Car Blu-Ivy est débutante, comme les autres. 
Une très jeune débutante de 5 ans et demi. Oui, vous avez bien lu, même pas 6 ans et déjà démolie dans la presse nationale. Mais qui est cette Blue Ivy ? Tout simplement la petite fille de Beyoncé et Jay-Z. On se permet de critiquer les parents, alors pourquoi pas les enfants ? En réalité Blue Ivy, sur scène, dansait comme une fillette de 5 ans, un peu maladroite,fofolle et désordonnée. Un spectacle de fin d’année pour les parents, pas les critiques de danse. 
Rapidement l’article a été repris et dénoncé sur les réseaux sociaux. Résultat une note a été rajoutée. Des excuses mais aussi une justification : la vie des enfants de stars peut être commentée comme celle des parents. Dès 5 ans et demi ?

07/06/2017

DVD et blu-ray : la quête du jeune Chiron dans « Moonlight »

 


Oscar du meilleur film en début d’année, la seconde réalisation de Barry Jenkis est de ces histoires qui marquent durablement le spectateur. Pour sa simplicité, sa violence et sa beauté. Une œuvre très forte, servie par des comédiens tous au diapason d’un metteur en scène en état de grâce. De plus, le message porté par ce parcours initiatique dans l’Amérique de Trump donne une puissance encore plus importante à ce manifeste pour la tolérance et les différences. L’histoire de Chiron, jeune noir américain vivant dans le ghetto de Miami avec sa mère droguée (Naomie Harris), est racontée dans trois parties différentes. Quand il a 11 ans (Alex R. Hibbert),14 ans (Ashton Sanders) et 24 ans (Trevante Rhodes). Trois acteurs pour un même personnage qui change de nom au fil des époques.



Jeune, il est surnommé Little par ses camarades. Souffre-douleur des petits caïds, il ne trouve du réconfort qu’auprès de Juan (Mahershala Ali, Oscar du Meilleur acteur dans un second rôle), le dealer de sa mère. Ce dernier devient un peu son père de substitution. Il est attentif, aimant, protecteur. Pourtant il gagne sa vie en propageant dans ce quart monde la pire saloperie qui puisse exister: le crack.
Adolescent, le jeune garçon retrouve son prénom, Chiron. Il comprend qu’il est différent. Effacé, maigre, timide et surtout homosexuel. Les brimades s’enchaînent. Pour s’en sortir il n’a plus qu’une solution : être encore plus méchant que les autres. Un passage à l’acte violent qui le conduit droit en prison.
On le retrouve 10 années plus tard. Nouveau prénom, nouvelle apparence. Black, dealer intransigeant, est taillé comme un rock. Il a totalement occulté son adolescence souffreteuse et ses attirances masculines. Jusqu’à l’appel, en pleine nuit, de Kevin (Andre Holland),le seul copain qui savait,le seul qu’il a aimé. La troisième partie, extraordinaire d’intensité, filme ces retrouvailles dans un petit restaurant miteux. A côté, « Love Story » fait figure de film comique. Car l’exploit de ce film réside bien dans le romantisme omniprésent, malgré la violence, la drogue, la misère sociale.
Dans le bonus, le réalisateur explique combien ce texte original l’a touché car il comportait de nombreux points communs avec sa propre histoire. Les acteurs témoignent aussi, notamment Andre Holland, exceptionnel dans son rôle de révélateur d’émotion et qui lui aussi aurait mérité un oscar du meilleur second rôle.
➤ « Moonlight », Studiocanal, 19,99 €

De choses et d'autres : Mariage, ce n’est qu’un début


Je vous préviens, il va souvent être question de mariage ces prochaines semaines dans cette chronique. J’ai l’honneur et l’immense privilège d’être invité fin juillet à celui de quelqu’un qui m’est cher. Au point que je dois en partie l’organiser. Alors forcément, cela va un peu m’obséder et risque d’avoir des conséquences sur ces lignes ancrées dans le quotidien. Je reviendrai sur la quête d’un traiteur un peu particulier - capable de griller deux cochons - en plein été en Aveyron. Il y aura un épisode sur les toilettes sèches car les mariés se soucient de la protection de la nature et de l’économie de l’eau. Sans compter les recherches d’amuse-gueules aussi originaux que faciles à réaliser pour l’apéro. 
 En fait avant le mariage, nombre d’étapes s’avèrent plus ou moins incontournables. Oublions l’enterrement de vie de jeune fille, non seulement je n’étais pas invité mais en plus je n’ai pas le droit de savoir ce qui s’y est passé. 
Avant la cérémonie, il y a la rencontre. Et la semaine dernière j’ai découvert par l’intermédiaire d’une amie Facebook la tradition du goûter matrimonial d’Ecaussinnes. Cette petite ville belge organise depuis 104 ans une grande fête au cours de laquelle les filles célibataires de la région vont à la rencontre de possibles prétendants. Modernité oblige, elles passent désormais par un speed-dating mais le côté convivial et festif est resté. On y danse sur de la musique groove et électronique, on boit beaucoup (de bière) et mange de la porchetta. Le week-end se termine par un bal folk, la plantation de l’arbre de mai et une balade aux flambeaux. Il y a même un marché steampunk. Par contre, aucune statistique sur le nombre de mariages issus du goûter. Encore moins sur celui des enfants conçus lors de cette sympathique fête traditionnelle.

De choses et d'autres : Mariage, ce n’est qu’un début


Je vous préviens, il va souvent être question de mariage ces prochaines semaines dans cette chronique. J’ai l’honneur et l’immense privilège d’être invité fin juillet à celui de quelqu’un qui m’est cher. Au point que je dois en partie l’organiser. Alors forcément, cela va un peu m’obséder et risque d’avoir des conséquences sur ces lignes ancrées dans le quotidien. Je reviendrai sur la quête d’un traiteur un peu particulier - capable de griller deux cochons - en plein été en Aveyron. Il y aura un épisode sur les toilettes sèches car les mariés se soucient de la protection de la nature et de l’économie de l’eau. Sans compter les recherches d’amuse-gueules aussi originaux que faciles à réaliser pour l’apéro. 
 En fait avant le mariage, nombre d’étapes s’avèrent plus ou moins incontournables. Oublions l’enterrement de vie de jeune fille, non seulement je n’étais pas invité mais en plus je n’ai pas le droit de savoir ce qui s’y est passé. 
Avant la cérémonie, il y a la rencontre. Et la semaine dernière j’ai découvert par l’intermédiaire d’une amie Facebook la tradition du goûter matrimonial d’Ecaussinnes. Cette petite ville belge organise depuis 104 ans une grande fête au cours de laquelle les filles célibataires de la région vont à la rencontre de possibles prétendants. Modernité oblige, elles passent désormais par un speed-dating mais le côté convivial et festif est resté. On y danse sur de la musique groove et électronique, on boit beaucoup (de bière) et mange de la porchetta. Le week-end se termine par un bal folk, la plantation de l’arbre de mai et une balade aux flambeaux. Il y a même un marché steampunk. Par contre, aucune statistique sur le nombre de mariages issus du goûter. Encore moins sur celui des enfants conçus lors de cette sympathique fête traditionnelle.

06/06/2017

BD : Père et grand-père en plein brouillard

 


Suite et fin de l’histoire de « L’adoption » écrite par Zidrou et dessinée par Arno Monin. Après un séisme au Pérou, un couple en mal d’enfant adopte une petite fille, Qinaya. La fillette amène joie et bonheur. Pour Gabriel aussi, le grand-père taciturne. Mais l’adoption est illégale. Qinaya est renvoyée dans son pays d’origine et le père emprisonné. La suite raconte comment Gabriel, sur un coup de tête, décide de se rendre au Pérou. Il engage un détective privé pour retrouver Qinaya. Sur ce sujet délicat, Zidrou parvient à faire passer un message plein d’espoir et d’ondes positives. Gabriel est en plein doute alors qu’il se retrouve plongé dans la Garua, ce brouillard venu du Pacifique et spécifique à Lima. La rencontre avec un père venu lui aussi rechercher sa fille disparue va changer sa vision de la vie. Lumineux et terriblement concret.
➤ « L’adoption » (tome 2), Bamboo Grand Angle, 14,90 €

De choses et d'autres : Le Gorafi à la volée


Il y a longtemps que je ne m’intéresse plus au tennis. Il fut un temps où j’appréciais la diffusion quasi ininterrompue des matches de Roland-Garros. Souvenirs du lycée, quand en plein mois de juin, les cours s’espaçaient pour cause de préparation aux examens. Alors, au lieu de réviser comme tout bon élève qui se respecte, je regardais les Chang, Agassi et autres Noah crier et glisser sur la terre battue.Et puis, l’âge aidant, mes idoles ont raccroché, mon intérêt s’étiolant, peu charmé par les nouvelles stars du circuit : le taciturne Nadal, le peu expressif Federer. 
Mais depuis peu, le tennis me fait de nouveau vibrer. Pas pour les exploits de joueurs français ou les victoires des nouvelles stars comme Djokovic ou Murray. Non, la faute au Gorafi. Visiblement un des rédacteurs du journal parodique est lui accro à ce sport. Et s’y connaît suffisamment pour alimenter le site de ces faux articles hilarants car terriblement crédibles. J’avoue, j’ai ri quand j’apprends que « Tsonga obtient son ticket pour les quarts de finale » avec la précision qui tue : « rang B place 23 ». Il y a même des commentaires en direct, sur le match d’hier après-midi pour expliquer que « Gaël Monfils déclare être gêné par ‘de la poussière orange’ sur le court ». Le résumé de l’esprit tennistique du Gorafi tient dans un petit film de « 58 secondes pour comprendre Roland Garros ». Le match le plus long du tournoi a duré « trois ans.Il opposait Paul-Henri Mathieu à la façade nord du court Philippe-Chatrier » et que depuis 1996, « les tennismen français sont exemptés de contrôle antidopage ». Ce tennis-là, j’adore. 

05/06/2017

Cinéma : L’animation française dans toute sa beauté dans un beau livre

 

Quel est le point commun entre Topor et les Minions, entre Kirikou et le Petit Prince ? Ce sont tous des auteurs ou personnages du cinéma d’animation qui ont participé depuis quelques décennies à la renommée du savoir-faire français. Topor a dessiné « La planète sauvage », chef-d’œuvre de René Laloux. Des années plus tard, Pierre Coffin, coréalisateur des « Minions » prolonge cette incroyable aventure racontée par Laurent Valière dans ce superbe beau livre truffé d’illustrations. Des hommes, des personnages, des studios, des techniques : rien n’est laissé dans l’ombre de cet art à part entière. A lire pour mieux comprendre ce genre cinématographique et surtout retrouver son âme d’enfant et avoir envie de voir ou revoir ces petits bijoux graphiques.
➤ « Cinéma d’animation, la French Touch » de Laurent Valière, La Martinière, 39,90 €

De choses et d'autres : le pouvoir infini des chatons


Imaginons un futur où l’énergie fossile a disparu. Le tout électrique a pris le pouvoir. Une électricité gratuite et facile à produire. Tout a commencé quand un ingénieur, accro à Facebook, a eu deux chatons. De jolis siamois, racés. Au moment de les baptiser, l’ingénieur, loin d’être une flèche en matière d’ imagination, se dit que le mieux est de demander à ses amis facebookiens de lui suggérer des idées de noms. Commençant par N, pedigree oblige. Et là, c’est la révélation. En quelques minutes, photo des deux chatons en renfort, il reçoit des centaines de commentaires, puis partages à l’appui, des milliers. Il se dit qu’il a inventé le post perpétuel, comme le mouvement du même nom. En se creusant les méninges, il réfléchit que chaque message correspond à autant de frappes sur un clavier. Une force que l’on pourrait récupérer, amplifier, stocker, utiliser. Il met du temps, mais finit par persuader les géants d’internet. Chaque ordinateur est désormais doté d’une fonction « frappe énergétique ». Couplée aux réseaux sociaux, l’utilisateur peut dispatcher cette énergie directement sur le moteur électrique de sa voiture. Quelques commentaires et vous vous mettez en marche. 

 

Dans ce futur imaginaire, pour aller chercher du pain, il suffit de publier un statut sérieux ou philosophique. Mais si vous avez l’intention d’aller voir la famille à plus de 100 kilomètres, mieux vaut se lancer dans la polémique politique, sur les affaires ou le tous pourris. Si vous partez en vacances, faites appel aux peoples. Reprenez un tweet de Cyril Hanouna et critiquez-le. En retour, ses fanzouzes vous couvriront d’insultes : qu’importe, c’est pour la bonne cause. Mais attention, n’utilisez les chatons qu’en dernier recours, au risque de griller votre auto.

17:29 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chatons, énergie

04/06/2017

BD : Une balade au sud pour tourner la page

 


Comment oublier une histoire d’amour terminée ? Cette simple question, trop souvent sans réponse, est au centre de « Prends soin de toi », roman graphique très personnel de Grégory Mardon. Le personnage principal, un homme, ne parvient pas à tirer un trait la femme qu’il a aimé tant d’années. Elle, a tourné la page. Avec un autre compagnon. Retrouvé la joie de vivre. Désespéré, il profite de ses vacances pour se lancer dans une traversée de la France du Nord au Sud. Son but, rendre à un homme la lettre d’amour qu’il a retrouvé dans son nouvel appartement et que la femme aimée n’a visiblement jamais ouverte. Un transfert évident pour lui qui a également rédigé une longue lettre d’adieu. Une belle histoire, sensible et à fleur de peau, rehaussée de superbes pages muettes éclatantes de couleurs alors que le personnage principal broie du noir.
➤ « Prends soin de toi », Futuropolis, 22 €

BD : Une balade au sud pour tourner la page

 


Comment oublier une histoire d’amour terminée ? Cette simple question, trop souvent sans réponse, est au centre de « Prends soin de toi », roman graphique très personnel de Grégory Mardon. Le personnage principal, un homme, ne parvient pas à tirer un trait la femme qu’il a aimé tant d’années. Elle, a tourné la page. Avec un autre compagnon. Retrouvé la joie de vivre. Désespéré, il profite de ses vacances pour se lancer dans une traversée de la France du Nord au Sud. Son but, rendre à un homme la lettre d’amour qu’il a retrouvé dans son nouvel appartement et que la femme aimée n’a visiblement jamais ouverte. Un transfert évident pour lui qui a également rédigé une longue lettre d’adieu. Une belle histoire, sensible et à fleur de peau, rehaussée de superbes pages muettes éclatantes de couleurs alors que le personnage principal broie du noir.
➤ « Prends soin de toi », Futuropolis, 22 €

03/06/2017

BD : Virevoltante Isadora Duncan

 


S’il est bien un personnage réel dont la vie est semblable à un roman, c’est bien Isadora Duncan. La danseuse, scandaleuse et égérie de la danse contemporaine, a traversé le début du vingtième siècle telle une météorite enflammée. Julie Birmant (scénario) et Clément Oubrerie (dessin) ont déjà raconté ses amours tumultueuses avec le poète russe Essenine dans « Il était une fois dans l’Est ». Dans cette suite, ils suivent plus particulièrement le parcours d’Isadora, petite fille américaine, partie à la conquête du vieux continent. On retrouve notamment sa rencontre avec Loïe Fuller entraperçu aussi dans le film « La Danseuse », Lily-Rose Deep endossant le rôle d’Isadora. Et hasard des sorties cinématographiques, elle passe aussi dans l’atelier de Rodin, le sculpteur tombant en pâmoison devant ce corps gracile. Une plongée dans les années folles, leur imagination, leur excès et leur beauté.
➤ « Isadora », Dargaud, 22,90 €

02/06/2017

BD : Dernier voyage entre désespérés

 


Après Blablacar pour sa voiture et AirB &  B pour son appartement, la mode au partage se met au... suicide. Une jeune femme, désespérée après une déception amoureuse douloureuse poste une petite annonce. Comme cela se fait au Japon, elle propose de partager son ultime voyage en compagnie d’autres suicidaires réticents à partir seuls. Elle obtient trois réponses et leur donne rendez-vous un petit matin. Dans sa voiture, elle emmène un jeune trader ruiné, un vieux monsieur amateur de haikus et un black à capuche taciturne et fumeur de joint. Ils ont décidé d’en finir dans une forêt, en raccordant le tuyau d’échappement de la voiture à l’habitacle. Pas de noms, pas de pleurs ni de regrets. Cette situation est le prétexte à un roadmovie mouvementé imaginé par Stéphane Massard et Jean Rousselot, les scénaristes, complétés par Nicolas Délestret au dessin. Dans un premier temps, rien ne fonctionne comme prévu. Et les quatre désespérés vont vite se retrouver embarqués dans des complications au cours desquelles ils devront lutter pour mener à bien leur funeste projet. Mais c’est souvent dans l’adversité que l’on se découvre des raisons d’aimer la vie. Humour et humanité se complètent pour cette BD qui devrait intéresser le cinéma tant son propos se prête à ce support.
➤ « Adieu monde cruel ! », Bamboo Grand Angle, 17,90 €

De choses et d'autres : Rigole, c’est du Belge !


Je suis très mal placé pour me moquer des Belges, mais qui aime bien châtie bien. 
 La première anecdote date de dimanche dernier. La sœur du roi a blessé le Premier ministre en tirant au pistolet. Un coup d’état à l’envers, la Royauté tentant de renverser la république ? Trop rationnel pour ce petit pays européen,toujours très influencé parle surréalisme. En réalité la princesse Astrid était à côté de Charles Michel pour donner le départ des 10 km de Bruxelles (40 000 participants).Elle a donné le départ en actionnant un pistolet de starter. Juste à côté de l’oreille gauche du Premier ministre,présent pour ce moment festif. Un peu trop près même. Sur les images il fait une grimace.Et depuis lundi il est en arrêt maladie pour surdité partielle. Obligé de sécher conseil des ministres et rencontres officielles, trop handicapé par un acouphène. 
 L’autre histoire en provenance d’outre-Quiévrain touche la bande dessinée. Tout le microcosme de cet art qui doit tant à la Belgique est en émoi depuis la parution d’une bande dessinée scénarisée par une totale inconnue. Amber Blake est une nouvelle série sur une héroïne, recueillie jeune orpheline par une organisation secrète et transformée en agent secrète d’élite. L’éditeur qui mise beaucoup sur l’album explique que c’est un mélange entre «Alias etLargo Winch au féminin ». Mais qui est cette Jade Forêt qui décroche le jackpot à 27 ans ? Ancienne top-model, elle est depuis 7 ans Mme Lagardère. Être la femme d’Arnaud, le PDG du groupe du même nom,ouvre des portes.Ce n’est pas mon avis,mais celui de nombre de professionnels de la profession un peu jaloux. Pas de sa plastique, mais de sa plume.

01/06/2017

DVD et blu-ray : Rêves brisés de « La Communauté »

 


Thomas Vinterberg, réalisateur de « La Communauté », a largement puisé dans ses souvenirs d’enfance pour écrire le scénario de ce film moderne et nostalgique. Moderne car il montre comment dans les années 70 au Danemark, une certaine idée de la solidarité et du collectivisme permettait à des hommes et femmes de vivre en communion avec amis et inconnus. Nostalgie car ces expériences communautaires ont quasiment toutes disparu, victimes de l’évolution de la société de plus en plus individualiste.



Sur l’impulsion de sa femme, présentatrice à la télévision nationale, Erik décide de conserver la vaste maison qu’il vient d’hériter à la mort de son père. C’est beaucoup trop grand pour ce couple uni qui a une fille, Freja, adolescente.Ils ouvrent alors les nombreuses chambres à une dizaine d’amis et tel un entretien d’embauche, décident de qui peut ou ne peut pas vivre avec eux. Le début du film montre cette période enthousiaste. Anna (Trine Dyrholm) retrouve de sa jeunesse avec l’apport de ces nouvelles personnalités. Freja se découvre un frère de substitution et Henrich, le plus sceptique au début, se laisse séduire par la douce folie de ses colocataires. Mais comme trop souvent dans les histoires de couple, l’amour fait des siennes. Heinrich succombe aux charmes d’une de ses étudiantes. Et Anna, dans l’esprit de la communauté, demande à ce qu’elle vienne vivre dans la maison commune. Un ménage à trois impossible...
On retient du film l’interprétation deTrineDyrholm,touchante dans la peau de cette femme blessée qui tente de faire bonne figure. On apprécie aussi les bonus, notamment un long entretien avec le réalisateur qui se livre un peu plus sur son histoire personnelle.
➤ « La communauté », Le Pacte Vidéo, 19,99 €

DVD et blu-ray : La banlieue, toujours plus haut dans "L'Ascension" avec Ahmed Sylla

 


Double dépaysement dans ce film de Ludovic Bernard : la banlieue française et les pentes de l’Everest. S’il s’agit du premier long-métrage de ce réalisateur, il n’est pourtant pas nouveau dans la profession, ayant assuré les fonctions de 1 er assistant-réalisateur de nombreux films dont «Lucy» de Luc Besson ou «Ne le dit à personne» de Guillaume Canet. Pour ce projet personnel, il n’a pas choisi la facilité en décidant d’adapter le récit d’un jeune du 93 qui, pour impressionner sa dulcinée, décide de gravir l’Everest.


Dans le rôle du jeune fou téméraire, on se délecte du sourire permanent d’Ahmed Sylla, humoriste découvert dans les émissions de Laurent Ruquier. Même s’il a encore beaucoup à prouver, il se tire avec les honneurs de ce rôle entre rire, émotion et exploit physique. Il est parfaitement épaulé par Alice Belaïdi et Nicolas Wanczycki dans la peau du guide de haute montagne chargé de conduire Sammy sur le toit du monde.
Dans le DVD et le blu-ray, un long making-of montre les défis techniques du film. Les équipes ont véritablement gravi, à pied, des milliers de mètres de dénivelé pour se retrouver dans le mythique camp de base à plus de 5 364 mètres d’altitude.
➤ « L’ascension », Studiocanal, 14,99 €