15/06/2017

BD : "Les beaux étés" pour parfaitement se préparer aux vacances


Même les voitures ont droit à des petits noms. Par exemple, la Renault 4L de la famille des « Beaux étés » a été affublée, dès le premier grand voyage vers le sud, du sobriquet de « Mam’zelle Estérel ». Comment et dans quelles circonstances ? On l’apprend dans le troisième titre de la série écrite par Zidrou et dessinée par le Catalan surdoué Jordi Lafebre. La famille belge des Faldérault, en 1962, prend enfin deux semaines de vacances. Pierre, le père, rêve de Méditerranée. Mais comme il doit emmener avec lui les parents de sa femme, ce sera Saint-Etienne, ses églises et ses musées. Sans compter son hôtel, tenu par des Belges... Bonjour le dépaysement. On retrouve avec un plaisir évident le dessinateur doué mais manquant de reconnaissance et surtout d’un succès en librairie pour voir sa carrière décoller. Sa femme rêve d’émancipation, mais avec maman dans les jupes, ce n’est pas facile. Des deux enfants du couple, elles sont surtout passionnées par la bonhomie du papy, si gros, si doux. Un instantané bourré de nostalgie dans lequel on retrouve forcément un peu de notre vie.
➤ « Les beaux étés » (tome 3), Dargaud, 13,99 €

13/06/2017

DVD et blu-ray : « Seuls » face à ses propres cauchemars


Il n’est jamais facile d’adapter une bande dessinée au cinéma. Les ratages sont beaucoup plus nombreux que les réussites. Du bon côté il y a les grands classiques (Astérix, le Marsupilami), les héros de comics (Spiderman, XMen),les romans graphiques (Lulu femme seule) et les séries plus inclassables comme « Seuls » de Vehlmann et Gazzotti. Prépubliée dans les pages du journal Spirou depuis une quinzaine d’années, éditée par Dupuis,la série raconte comment cinq enfants se réveillent un matin seuls dans leur immense ville. Dix tomes sont parus donnants quelques explications sur ce qui leur est véritablement arrivé. Personnages forts et attachants,intrigue pleine de suspense et de rebondissements, virtuosité graphique de Gazzotti : la BD remporte un véritable succès. La richesse de l’univers imaginé par Vehlmann (par ailleurs scénariste des aventures de Spirou) a logiquement attiré des réalisateurs.


C’est David Moreau qui a été les plus convaincant. Il s’est lancé dans l’adaptation des cinq premiers albums. Première idée : vieillir un peu les protagonistes. Car certaines actions de ces survivants urbains sont délicates. Comment faire conduire une Maseratti à une fillette de 12 ans ? Seconde idée : changer de personnage pivot. Dodji (Stéphane Bak) dans la BD s’efface au profit de Leïla (Sofia Lesaffre). Troisième idée :instiller un embryon de romance entre Leïla et Dodji. Par contre on retrouve le personnage véritablement angoissant du Maître des couteaux.
Le film débute par quelques images de la vie d’avant de Leïla. Une fille très renfermée, un peu garçon manqué, en rupture avec sa famille et ses rares amis. Et puis, au petit matin, elle se réveille,plus personne dans l’appartement, rues désertes, même l’hôpital où son frère était soigné est abandonné. Elle rencontre d’autres jeunes et tente de survivre.
Le film bascule ensuite dans le thriller pur et dur, avec une fin très ouverte qui devrait permettre de donner une suite à cette première partie assez réussie dans l’ensemble.
 ➤ « Seuls », Studiocanal, 14,99 €

10/06/2017

BD : Mais qui a imaginé la Sainte-Chapelle ?

 


Passionnante histoire que cette construction de la Sainte-Chapelle à Paris par Saint-Louis. Pierre-Roland Saint-Dizier (qui sera présent le week-end prochain à Leucate sur le Lydia dans le cadre du festival méditerranéen du polar) propose une version romancée de ce bijou architectural. Les maîtres d’œuvre connus de l’époque auraient spolié le travail d’un génie méconnu. Cet architecte sans visage (il est défiguré et n’apparaît que masqué), serait à l’origine de la grâce élancée d’une bâtisse construite en quatre ans et destinée à protéger et mettre en lumière, les reliques ramenées de Terre Sainte. Dessiné par Andrea Mutti, cet album entre érudition et enquête policière, transforme l’Histoire en romance palpitante.
➤ « L’architecte de la Sainte-Chapelle », Glénat, 14,50 €

09/06/2017

BD : Cap sur Neptune à bord du Rorqual

 


Les albums de Valp, jeune dessinatrice suisse, se lisent à deux niveaux. Pour l’histoire, originale souvent. Mais aussi juste pour les dessins. Elle a cette grâce et cette délicatesse qui transforme la moindre case, toute attitude et moue des personnages en petit tableau dont on peut longuement se délecter. Ses femmes sont sublimes, ses méchants d’anthologie et comme le tout est à base de science-fiction steampunk, les engins, robots et autres créatures imaginaires sont tout aussi intéressants. Alors sachez que dans la suite des aventures de la jeune Meena, elle sera aux prises avec une espionne vénale, un savant fou, une créature mystérieuse et que l’essentiel de l’histoire se déroule dans le Rorqual, immense vaisseau spatial en partance pour les lunes de Saturne. Bref, de quoi voyager loin dans un imaginaire qui semble sans fin.
➤ « Les fantômes de Neptune » (tome 2), Delcourt, 12,50 €

12:13 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fantômes neptune, valp, delcourt

06/06/2017

BD : Père et grand-père en plein brouillard

 


Suite et fin de l’histoire de « L’adoption » écrite par Zidrou et dessinée par Arno Monin. Après un séisme au Pérou, un couple en mal d’enfant adopte une petite fille, Qinaya. La fillette amène joie et bonheur. Pour Gabriel aussi, le grand-père taciturne. Mais l’adoption est illégale. Qinaya est renvoyée dans son pays d’origine et le père emprisonné. La suite raconte comment Gabriel, sur un coup de tête, décide de se rendre au Pérou. Il engage un détective privé pour retrouver Qinaya. Sur ce sujet délicat, Zidrou parvient à faire passer un message plein d’espoir et d’ondes positives. Gabriel est en plein doute alors qu’il se retrouve plongé dans la Garua, ce brouillard venu du Pacifique et spécifique à Lima. La rencontre avec un père venu lui aussi rechercher sa fille disparue va changer sa vision de la vie. Lumineux et terriblement concret.
➤ « L’adoption » (tome 2), Bamboo Grand Angle, 14,90 €

04/06/2017

BD : Une balade au sud pour tourner la page

 


Comment oublier une histoire d’amour terminée ? Cette simple question, trop souvent sans réponse, est au centre de « Prends soin de toi », roman graphique très personnel de Grégory Mardon. Le personnage principal, un homme, ne parvient pas à tirer un trait la femme qu’il a aimé tant d’années. Elle, a tourné la page. Avec un autre compagnon. Retrouvé la joie de vivre. Désespéré, il profite de ses vacances pour se lancer dans une traversée de la France du Nord au Sud. Son but, rendre à un homme la lettre d’amour qu’il a retrouvé dans son nouvel appartement et que la femme aimée n’a visiblement jamais ouverte. Un transfert évident pour lui qui a également rédigé une longue lettre d’adieu. Une belle histoire, sensible et à fleur de peau, rehaussée de superbes pages muettes éclatantes de couleurs alors que le personnage principal broie du noir.
➤ « Prends soin de toi », Futuropolis, 22 €

BD : Une balade au sud pour tourner la page

 


Comment oublier une histoire d’amour terminée ? Cette simple question, trop souvent sans réponse, est au centre de « Prends soin de toi », roman graphique très personnel de Grégory Mardon. Le personnage principal, un homme, ne parvient pas à tirer un trait la femme qu’il a aimé tant d’années. Elle, a tourné la page. Avec un autre compagnon. Retrouvé la joie de vivre. Désespéré, il profite de ses vacances pour se lancer dans une traversée de la France du Nord au Sud. Son but, rendre à un homme la lettre d’amour qu’il a retrouvé dans son nouvel appartement et que la femme aimée n’a visiblement jamais ouverte. Un transfert évident pour lui qui a également rédigé une longue lettre d’adieu. Une belle histoire, sensible et à fleur de peau, rehaussée de superbes pages muettes éclatantes de couleurs alors que le personnage principal broie du noir.
➤ « Prends soin de toi », Futuropolis, 22 €

03/06/2017

BD : Virevoltante Isadora Duncan

 


S’il est bien un personnage réel dont la vie est semblable à un roman, c’est bien Isadora Duncan. La danseuse, scandaleuse et égérie de la danse contemporaine, a traversé le début du vingtième siècle telle une météorite enflammée. Julie Birmant (scénario) et Clément Oubrerie (dessin) ont déjà raconté ses amours tumultueuses avec le poète russe Essenine dans « Il était une fois dans l’Est ». Dans cette suite, ils suivent plus particulièrement le parcours d’Isadora, petite fille américaine, partie à la conquête du vieux continent. On retrouve notamment sa rencontre avec Loïe Fuller entraperçu aussi dans le film « La Danseuse », Lily-Rose Deep endossant le rôle d’Isadora. Et hasard des sorties cinématographiques, elle passe aussi dans l’atelier de Rodin, le sculpteur tombant en pâmoison devant ce corps gracile. Une plongée dans les années folles, leur imagination, leur excès et leur beauté.
➤ « Isadora », Dargaud, 22,90 €

02/06/2017

BD : Dernier voyage entre désespérés

 


Après Blablacar pour sa voiture et AirB &  B pour son appartement, la mode au partage se met au... suicide. Une jeune femme, désespérée après une déception amoureuse douloureuse poste une petite annonce. Comme cela se fait au Japon, elle propose de partager son ultime voyage en compagnie d’autres suicidaires réticents à partir seuls. Elle obtient trois réponses et leur donne rendez-vous un petit matin. Dans sa voiture, elle emmène un jeune trader ruiné, un vieux monsieur amateur de haikus et un black à capuche taciturne et fumeur de joint. Ils ont décidé d’en finir dans une forêt, en raccordant le tuyau d’échappement de la voiture à l’habitacle. Pas de noms, pas de pleurs ni de regrets. Cette situation est le prétexte à un roadmovie mouvementé imaginé par Stéphane Massard et Jean Rousselot, les scénaristes, complétés par Nicolas Délestret au dessin. Dans un premier temps, rien ne fonctionne comme prévu. Et les quatre désespérés vont vite se retrouver embarqués dans des complications au cours desquelles ils devront lutter pour mener à bien leur funeste projet. Mais c’est souvent dans l’adversité que l’on se découvre des raisons d’aimer la vie. Humour et humanité se complètent pour cette BD qui devrait intéresser le cinéma tant son propos se prête à ce support.
➤ « Adieu monde cruel ! », Bamboo Grand Angle, 17,90 €

De choses et d'autres : Rigole, c’est du Belge !


Je suis très mal placé pour me moquer des Belges, mais qui aime bien châtie bien. 
 La première anecdote date de dimanche dernier. La sœur du roi a blessé le Premier ministre en tirant au pistolet. Un coup d’état à l’envers, la Royauté tentant de renverser la république ? Trop rationnel pour ce petit pays européen,toujours très influencé parle surréalisme. En réalité la princesse Astrid était à côté de Charles Michel pour donner le départ des 10 km de Bruxelles (40 000 participants).Elle a donné le départ en actionnant un pistolet de starter. Juste à côté de l’oreille gauche du Premier ministre,présent pour ce moment festif. Un peu trop près même. Sur les images il fait une grimace.Et depuis lundi il est en arrêt maladie pour surdité partielle. Obligé de sécher conseil des ministres et rencontres officielles, trop handicapé par un acouphène. 
 L’autre histoire en provenance d’outre-Quiévrain touche la bande dessinée. Tout le microcosme de cet art qui doit tant à la Belgique est en émoi depuis la parution d’une bande dessinée scénarisée par une totale inconnue. Amber Blake est une nouvelle série sur une héroïne, recueillie jeune orpheline par une organisation secrète et transformée en agent secrète d’élite. L’éditeur qui mise beaucoup sur l’album explique que c’est un mélange entre «Alias etLargo Winch au féminin ». Mais qui est cette Jade Forêt qui décroche le jackpot à 27 ans ? Ancienne top-model, elle est depuis 7 ans Mme Lagardère. Être la femme d’Arnaud, le PDG du groupe du même nom,ouvre des portes.Ce n’est pas mon avis,mais celui de nombre de professionnels de la profession un peu jaloux. Pas de sa plastique, mais de sa plume.

28/05/2017

BD : Les religions de la haine

 


Nous sommes en état d’urgence pour cause de terrorisme religieux. Certains parlent de guerre. Ils devraient lire cette série historique de Richelle et Wachs sur la persécution des réformistes par les catholiques. En 1557, les écrits de Calvin gagnent en renommée. Le roi de France, Henri II, veut éradiquer l’hérésie. La police pourchasse les réunions clandestines et torture les pasteurs, imprimeurs ou libraires qui diffusent cette pensée. Dans « Les guerriers de Dieu », un noble désargenté est soupçonné d’hérésie. Il va sauver sa vie, mais ce ne sera pas le cas des autres personnes découvertes avec lui lors d’une réunion dans une cave. Il voulait voir. Il a surtout pris conscience de l’intolérance des Catholiques. On découvre qu’il y a quelques siècles, les « bons » n’étaient pas du même côté et qu’avant de prôner amour et pardon, le clergé aimer torturer et brûler en place publique…
➤ « Les guerriers de Dieu » (tome 1), Glénat, 14,50 € 

27/05/2017

BD : Fourmille Gratule dans le sud profond d'Ekho

 


Des séries imaginées par Christophe Arleston après le succès de Lanfeust, « Ekho monde miroir » est sans doute la plus prometteuse, celle qui permettra au scénariste de multiplier les expériences et inventions. Fourmille Gratule, en route vers New York, a été projetée dans Ekho, le monde parallèle au notre. Là, la géographie est identique, mais la société a évolué différemment : pas d’électricité et beaucoup de magie. Devenue agent d’artistes, elle doit protéger Soledad, une célèbre chanteuse qui part en tournée dans le sud des Etats-Unis. Et malheureusement, dans ce monde miroir, la religion est aussi totalitaire que chez nous. Dans une chanson elle dit que les femmes doivent avoir le choix. Le choix de la maternité. Ce n’est pas au goût du révérend Fox, sorte de télévangéliste bas de gamme qui règne en maître au Texas et en Louisiane. Barbucci au dessin, rend Fourmille et Soledad très sexy, mais cela n’enlève rien au message politique fort de cette histoire qui résonne encore plus fort en ces temps où Trump a pris le pouvoir.
➤ « Ekho » (tome 6), Soleil, 14,50 €

26/05/2017

BD : Sommes-nous tous exceptionnels ?

 


Paul Baron est moyen. Parfaitement moyen. Taille, poids, QI, endettement… Il est dans la norme. Pas exceptionnel. Pourtant l’exceptionnel est son quotidien. Il est employé du Guide mondial des records, ce livre mis à jour chaque année qui permet à des anonymes d’être distingués en avalant trois hotdogs en 30 secondes ou en faisant tournoyer sept bâtons de majorette en même temps. Ce métier, il l’a aimé au début, mais depuis a perdu la flamme. Car pour un record validé, il y en a des centaines refusés et autant de déception pour ceux qui, un temps, se sont crus exceptionnels. Cette jolie fable écrite par Tonino Benacquista et dessinée par Nicolas Barral prend un tour tragique quand Paul reçoit une lettre d’un lecteur du guide désirant y faire son entrée en battant le record… du tueur de personnes qui le méritent. Une critique intelligente des dérives de notre société du spectacle, du surprenant et de la réussite érigés en règle absolue.
➤ « Le guide mondial des records », Dargaud, 14,99 €

25/05/2017

BD : Presque mieux que du Jules Verne


Prêts pour la grande aventure au fond des mers ? Embarquez à bord du Fulgur, ancêtre du sous-marin inventé par un savant français et financé par un riche Américain. Avec équipage et explorateurs, ils décident de plonger à plus de 4 000 mètres pour explorer des fosses marines mystérieuses. Mais ce n’est pas la science qui guide le promoteur de l’expédition mais l’appât de l’or. Il compte renflouer un bateau chargé de tonnes du métal précieux. Mais rien ne se passe comme prévu et le Fulgur, pris dans un tourbillon, est englouti dans des cavernes. Le reste du récit raconte sa dérive, dans des cavernes gigantesques, à chercher une sortie tout en affrontant des animaux monstrueux, du calamar géant au requin préhistorique. Une série prévue en quatre tomes, écrite par Christophe Bec en hommage à Jules Verne et dessinée par le serbe Nenadov.
➤ « Le Fulgur » (tome 1), Soleil, 15,50 €

09:03 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fulgur, verne, bec, nenadov, soleil

24/05/2017

BD : "Ter", la « Main d’or » du futur


Dans un futur que l’on imagine très éloigné, quand la civilisation se sera écroulée sur elle-même, une petite communauté survit sur un bout de terre. Pip, adolescent qui améliore l’ordinaire en pillant des tombes la nuit venue, découvre dans un caveau un homme nu. A son contact, il se réveille. Ne sait pas parler, n’a pas de mémoire. Seule indication : il a tatoué sur l’épaule droite le sigle « Main d’Or 1 ». Pip lui donne le nom de Mandor et le ramène à la maison. L’homme a la particularité de savoir réparer les objets cassés. Et même de connaître leur utilité, chose que Pip et sa sœur Yss ne savent souvent pas. Un récit de science-fiction signé Rodolphe, dessiné par Christophe Dubois, éclatant d’imagination dans les costumes ou les bestioles dangereuses qui vivent sur Ter. Un zeste de religion et nous voilà embarqués dans une saga prometteuse d’autant que la dernière image rebat toutes les cartes.
➤ « Ter » (tome 1), Daniel Maghen éditions, 16 €

09:54 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ter, maghen, rodolphe, dubois

21/05/2017

BD : La petite Louve à la manœuvre



Quand Yann, scénariste des Innommables, de Bob Marone ou de Sambre, se lance dans la réinterprétation du monde de Thorgal, il truffe ses récits de références aux légendes et dieux nordiques. Avec Roman Surzhenko (un dessinateur Russe parfait continuateur de la période au trait de Rosinski) il a imaginé la jeunesse de Thorgal et des aventures spécifiques à sa fille, Louve. Cette dernière série est très riche. Déjà le 7e album et peut-être la fin. La petite fille, accompagnée du nain Tjahzi, se rend dans l’entre-deux-mondes pour persuader le serpent Nidhog de l’aider à chasser les Alfes noirs. Une mission impossible dont elle réchappe de justesse. Pour finalement tomber dans griffes du mage Azzalepston. L’intervention d’Aaricia sera-t-elle suffisante ? Comme souvent pour satisfaire les Dieux et obtenir des faveurs de leur part, il faut faire de grands sacrifices…
➤ « Louve » (tome 7), Le Lombard, 12 € 

16/05/2017

BD : La descendance des Magiciens

 


Petite pause dans la série Magic 7 écrite par Kid Toussaint. Après les trois premiers tomes dessinés par La Barbera et Quattrocchi révélant l’identité des sept ados dotés de pouvoirs magiques, Léo passe des vacances chez son père et découvre comment ce don, transmis de génération en génération, lui permet d’avoir des pouvoirs surnaturels. Un album charnière, dont les pages de liaison sont signées Kenny et qui permet à plusieurs dessinateurs de s’approprier cet univers riche en légendes. Léo, le jeune spirite capable de converser avec les âmes des morts, retrouve dans un livre reprenant l’histoire de la magie, les raisons de cette malédiction qui fait que le monde est menacé par une mystérieuse « Bête ». Du joueur de flûte de Hamelin à la télépathe créatrice d’une utopie trompeuse, en passant par l’alchimiste aux inventions trop souvent utilisées pour faire le mal, on comprend la philosophie qui a provoqué la disparition de la magie de la terre. De récits courts de 5 à 6 pages dans des styles très différents, du très effrayant avec Raapack, au très poétique en compagnie de Clarke. On retrouve également les signatures de Bodart, Ers, Upchurch, Evenhuis et Beroy.
➤ « Magic 7 » (tome 4), Dupuis, 9,99 €

11/05/2017

BD : La crise économique espagnole vue par le 3e âge


Elles sont quatre et font la une des chaînes d’info en Espagne. Quatre hors-la-loi qui ont pris deux employés de banque en otage et veulent braquer le coffre. La police encercle le bâtiment et se renseigne sur leur pedigree. Jeanine, 82 ans, n’a ni mari ni famille. Raymonde, 79 ans, a déjà fait parler d’elle en s’enchaînant à sa porte quand les propriétaires ont tenté de l’expulser. Simone, la moins âgée, n’a qu’un vice connu : la passion du bingo. Elle y joue chaque dimanche avec ses copines. À cinquante centimes le point. Enfin, Yvette, sur le point de rejoindre une maison de retraite, est sourde comme un pot. Mais pourquoi ces mamies respectables ont-elles décidé de braquer une banque ? L’histoire imaginée par Raquel Franco nous apprend beaucoup sur la société espagnole actuelle, sa détresse et ses injustices. Le tout dessiné par Cristina Bueno, avec délicatesse, comme ces mamies décidément bien sympathiques.
➤ « Les mamies braqueuses », Jungle, 10,60 € 

09/05/2017

BD : Pigalle, sa nuit et ses cadavres

 


Nostalgie quand tu nous tiens. Noël Simsolo ne cache pas son amour du cinéma noir des années 50. Dominique Hé, lui, est un adepte de la ligne claire. Ensemble ils ont déjà signé une série se déroulant à Hollywood au milieu du XXe siècle. Ils récidivent avec « Les miroirs du crime », mais en version française puisque l’essentiel de l’intrigue se déroule dans les cabarets de Pigalle. Guy Natale, patron de « La Perle Noire », flirte avec le monde du crime tout en conservant une relative honnêteté. En clair, il refuse de prostituer ses danseuses et de vendre de la drogue. Une intégrité qui n’est pas du goût des nouveaux caïds du quartier. Il échappe à un guet-apens, sauvé par un clochard. Guy prend soin de son « ange gardien » et va devoir mener une lutte sans merci contre des tueurs sans foi ni loi. Difficile combat dans lequel il recevra l’aide d’un policier cachant son jeu. Il mène une vendetta contre le chef de gang qui en veut à Natale. Ambiance film noir dans cette BD prévue en deux parties. On croise d’ailleurs le cinéaste JeanPierre Melville dans un cabaret et même Léo Malet, en plein repérage pour son nouveau roman policier qui verra l’éclosion d’un célèbre détective privé français. Nostalgie...
➤ « Les miroirs du crime » (tome 1), Glénat, 13,90 €

08/05/2017

BD : Voleurs, poison et magie dans « Venosa »



La ville de Venosa a mauvaise réputation. Cité marchande très fortifiée, elle abrite plusieurs guildes. Celle des brigands et voleurs n’est pas la plus forte. Mais elle a de l’honneur. Les autres ont délibérément choisi le pire commerce possible : la drogue. L’opalium, qui se fume, est devenue la pire menace du royaume. Aussi le roi assiège la forteresse dans l’espoir de faire cesser le trafic. Sur cette trame d’héroic fantasy, Olivier Milhiet, rajoute un peu de magie et beaucoup de complot. Sans compter une multitude de personnages et des monstres à foison. Une plongée dans un riche imaginaire, étonnante et passionnante. On suit plus particulièrement Epine, voleur plus intelligent que la moyenne, Gargarine, chef de la police et du renseignement, Neige, la fille du roi, droguée et en manque et le fameux Ibzik, droguiste et magicien de son état. Ce nain est celui qui va relier l’ensemble. Il connaît la drogue, fait chanter Epine, n’aime pas Gargarine et surtout a le moyen d’aller de l’autre côté du quartier maudit, là où les habitants de Venosa n’osent plus mettre les pieds depuis des décennies. Riche, dessinée dans un style très personnel, cette série confirme le talent d’Olivier Milhiet.
➤ « Venosa » (tome 1), Delcourt, 14,50 €

10:59 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : venosa, milhiet, delcourt