01/04/2017

BD : soldat et "vétéran" à la dérive


Qui est Maxime Danjou ? Qu’a-t-il à voir avec Théodore Brunoy ? « Le Vétéran », nouvelle série historique de Frank Giroud (lui aussi un « vétéran », mais de la BD) et Mezzomo (dessinateur de la regrettée série Luka) entraîne le lecteur dans la Normandie de 1815, après Waterloo. Maxime est persuadé d’avoir été blessé dans la bataille. Il porte effectivement une cicatrice à la tête, mais une femme, son épouse, affirme qu’il s’appelle Théodore. Il se rend dans son manoir et semble comme dans un mode étranger. Pourtant tout prouve qu’il est bien ce riche propriétaire terrien… Il va devoir enquêter sur le passé de cet homme pour se réapproprier son identité. Une intrigue complexe et passionnante, telle un cauchemar éveillé qui verra sa conclusion dans la seconde partie.
➤ « Le vétéran » (tome 1), Glénat, 14,95 € 

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31/03/2017

BD : Sur le trône des enfers

 


Anton est un ado comme les autres. Et comme les autres il doit subir le divorce de ses parents. Une séparation compliquée, pleine de cris et de pleurs. Sa mère, pour l’épargner, le confie à sa sœur, la tante Méryl. Anton se retrouve déraciné, quitte son école et ses amis et se retrouve dans une vieille maison sombre et remplie de spectres. Du moins c’est ce qu’il croit. Car dans le village, Méryl a la réputation d’être une sorcière. Elle ne fait rien pour démentir, enfermée dans son chagrin après la mort de son mari. La série, écrite par Boriau et dessinée par Grelin, alterne vie à l’école (avec harcèlement par des fils de pasteur et rencontre d’une gentille fille mise au ban de la classe) et découverte des secrets de Méryl. Et finalement, les rumeurs ne sont pas si fausses car Anton apprend que la vieille bâtisse abrite quantité de démons. Démons accueillants car selon eux, Anton est le futur maître des enfers. Cette très bonne série devrait plaire aux plus jeunes, ceux qui aiment l’aventure et se faire peur.
➤ « Inferni » (tome 1), Jungle, 12,95 €

09:15 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inferni, borieu, grelin, jungle

30/03/2017

BD : Des dieux et un Messie dans "Gudesonn"



Le principe de base de « Gudesonn », nouvelle série de Convard, Boisserie et Adam (trois scénaristes pour le prix d’un) est très étonnant. Une uchronie assez dingue qui a pour base les religions. Notre monde a été façonné ces deux derniers millénaires par la domination des croyances en un dieu unique. Et si le Messie n’avait jamais imposé le christianisme, si Mahomet n’avait pas annoncé Allah ? Alors les anciennes religions seraient toujours d’actualité. D’un côté les dieux nordiques, de l’autre les grecs ou égyptiens, sans oublier incas et aztèques. Dans ce monde contemporain si différent, la fédération scandinave est toute puissante. Stockholm, sorte de capitale mondiale, a développé le commerce sur toutes les mers. Mais la puissance du Nord s’effrite. Tout doit être fait pour la maintenir. D’autant que des oracles annoncent l’arrivée prochaine d’un Messie, le fameux messager d’un dieu unique qui pourrait changer la face du monde. Réflexion passionnante sur fond de complot, de thriller et de chasse à l’homme, le tout dessiné par Mr Fab, dans un style réaliste, futuriste et efficace.
➤ « Gudesonn » (tome 1), Delcourt, 14,95 €

26/03/2017

BD : L’écrivain et son double

 


Rodolphe au scénario, Griffo au dessin : ce sont des valeurs sûres de la BD qui signent le premier tome de « Dickens & Dickens ». Dans le Londres du milieu du XIXe siècle, Charles Dickens, journaliste et romancier, aime se promener de nuit dans Londres. Il remarque un homme qui le suit. Un inconnu qui lui ressemble étrangement. Intrigué il demande à deux détectives, peu regardant sur les manières utilisées, de lui faire comprendre que cette filature doit cesser. Retrouvés égorgés, Dickens prend peur. À juste titre car l’inconnu n’est autre que lui. Réinventant le mythe du double fantôme (doppelganger) et de Dr Jeckyll et M. Hyde, l’histoire imaginée par Rodolphe permet à Griffo de dessiner des ambiances troubles avec fog et redingotes.
➤ « Dickens & Dickens » (tome 1), Vents d’Ouest, 14,50 € 

25/03/2017

BD : La vie avant les voyelles



Le titre de la série interpelle. Au début tout le monde lit Franck. Mais en y regardant de plus près, on s’aperçoit qu’il n’y a pas de « a ». Frnck : quel drôle de nom pour un héros. Au début de l’histoire, ce gamin d’une dizaine d’années, orphelin, a bien la voyelle dans son nom. Sur le point d’être adopté, il préfère s’enfuir et en pleine forêt, tombe dans un trou d’eau. Quand il émerge, il a changé d’époque. Il est à la préhistoire. Pour preuve il se retrouve nez à nez avec un tigre aux dents de sabre. Des sauvages le sauvent. Et c’est là qu’il constate qu’ils parlent sans la moindre voyelle. Entre fantastique et humour, cette série écrite par Olivier Bocquet et dessinée par Brice Cossu est particulièrement entraînante. Les tribulations de Frnck chez Cro Magnon font rire, même si on devine, en arrière-plan, une intrigue familiale plus complexe.
➤ « Frnck » (tome 1), Dupuis, 9,90 €

24/03/2017

BD : Plaies d’Afrique dans "Katanga" de Nury et Vallée

 

Dans « Il était une fois en France », Fabien Nury et Sylvain Vallée ont romancé les pires heures de la collaboration. Le même duo se reforme pour retracer la période tout aussi trouble de la décolonisation. L’histoire se déroule au Congo en 1960. La Belgique vient d’accorder au pays son indépendance. Au grand désespoir des groupes miniers obligés de traiter avec les nouveaux maîtres du pays. À moins de provoquer une scission du pays. C’est ce qui se passe au Katanga, une des régions les plus ruches du pays. Un gouvernement fantoche est mis en place et des mercenaires engagés pour former les soldats locaux et maintenir l’ordre autour des mines de diamants et de cuivre. Dans ce premier tome, les principaux personnages sont présentés, du gangster corse au ministre katangais descendant du créateur du royaume en passant par la prostituée engagée comme espionne. 72 pages denses, pleines d’actions violentes, de rebondissements et de suspense. Du très grand spectacle comme Fabien Nury sait si bien en écrire pour son dessinateur.
➤ « Katanga » (tome 1), Dargaud, 16,95 €


22/03/2017

BD : "Gérard", un portrait intimiste d'un monstre du cinéma français


Acteur incontournable du cinéma français depuis près d’un demi-siècle, Gérard Depardieu ne laisse personne indifférent. Ses positions politiques à l’emporte-pièce l’ont parfois coupé d’une partie de son public. Mais il reste envers et contre tout entier, ours mal léché, fils de prolo passionné d’art, capable de gentillesse comme de colères homériques. Pour mieux comprendre cet homme que la vie n’a pas épargné, le mieux est encore de le suivre au quotidien, entre tournage, voyages d’affaires et autres enregistrement d’émissions culinaires aux quatre coins de l’Europe. L’exercice est périlleux, mais Mathieu Sapin, dessinateur de BD, a accepté le challenge. Cela donne un gros roman graphique de 160 pages, de son hôtel particulier parisien à Moscou en passant par le Portugal ou la Catalogne.



Tout a commencé en 2012. Mathieu Sapin accompagne Gérard Depardieu en Azerbaïdjan à l’occasion du tournage, pour Arte, d’un documentaire sur les traces d’Alexandre Dumas. Une relation unique se noue entre les deux artistes. Dès lors, Gérard Depardieu va inviter Mathieu Sapin à partager son univers, ses pensées (philosophiques ou triviales), ses coups de gueule.
■ Homme attachant
Le petit dessinateur (pas tant que cela, mais tout le monde semble petit à côté des 140 kg de Depardieu), à force de gribouillages sur ses carnets, d’écoute et d’observation obtient l’amitié de l’acteur. Ce n’était pas gagné. Gérard a la relation sélective. Et peut être odieux avec quelqu’un qu’il a dans le nez. Mathieu Sapin le raconte sans détour quand l’acteur, au Portugal, prend en grippe le serveur d’un restaurant. Il ne cessera de le harceler et s’en explique ensuite auprès de son « biographe » : « Je peux continuer de les vexer jusqu’à ce que je voie qu’ils souffrent, et là je dirai ‘Je te demande pardon, je le ferai plus’».
On n’apprend rien d’essentiel sur Depardieu et ses provocations (Poutine, exil fiscal...) mais on découvre un homme beaucoup plus tendre et profond qu’il n’y paraît. Sapin sait se rendre invisible comme quand il surprend l’acteur en train de caresser et de discuter avec un vieux chien qui pue. On provoquer des confidences, comme s’il était un vieil ami de toujours.
Clairement subjectif, l’auteur est tombé sous le charme. Il ne lui pardonne pas tout, mais presque. Comme l’explique Marina Foïs à François Hollande (Sapin a ses entrées à l’Elysée) : « Je l’aime sans réserves ! L’acteur qu’il est fait que je ne veux rien juger du reste. (…) Le monde est devenu trop étriqué pour Gérard. Il cherche de nouvelles émotions, mais il n’y a plus rien qui soit à sa mesure ». Au total, Mathieu Sapin est resté « cinq années dans les pattes de Depardieu ». Un témoignage drôle et émouvant.
➤ « Gérard. Cinq années dans les pattes de Depardieu » par Mathieu Sapin, Dargaud, 19,99 €

19/03/2017

BD : Tamara assume et devient célèbre

 


Tamara, l’ado un peu grosse bourrée de complexes mais qui parvient de plus en plus à assumer, après un joli succès au cinéma, revient sous forme d’album de BD avec toujours Darasse au dessin et Zidrou au scénario, aidé par Lou. La jeune lycéenne se fait toujours autant chambrer par ses camarades pour ses rondeurs. Pourtant, être grosse peut devenir un atout dans notre société où les modes se fabriquent au gré des hashtags et autres selfies sur Instagramme (le réseau pour les femmes fortes). Tamara rencontre Miette, un mannequin XXXL qui la pousse à assumer ses formes et sa féminité. La jeune héroïne va vite devenir célèbre. Mais être aimée par certains cela veut dire aussi que d’autres vous détestent.
➤ « Tamara » (tome 15), Dupuis, 10,95 € 

10:26 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tamara, zidrou, darasse, lou, dupuis, grosse

18/03/2017

BD : A l’école de la déduction

 


Vive les nouveaux rythmes scolaires permettant aux enfants de participer à des ateliers ludiques tout en restant éducatifs. Certains choisissent couture, d’autres danse classique ou rugby ; Isidore, Lola et Jules ont choisi détectives. Armés de leur loupe, de lampes torches et de leur esprit de déduction ils vont tenter de résoudre des énigmes du quotidien. Le premier album de leurs enquêtes est composé de trois histoires courtes. Ils démasqueront ainsi une famille de zombies, les agissements d’un T-Rex dans la cave du grand-père d’un copain et tenteront de sauver des enfants empoisonnés par une sorcière. Cela a l’air affreux décrit comme ça mais c’est véritablement tout public. Goalec au dessin et Béka, au scénario, savent se couler à merveille dans l’esprit de ces Sherlock Holmes en culottes courtes.
➤ « L’atelier détectives » (tome 1), Bamboo, 10,60 €

De choses et d'autres : Salch, prince du look

 

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Parfois dans cette chronique je me demande si je ne vais pas trop loin en étrillant certaines de mes victimes. Je ne suis pas foncièrement méchant. Enfin si, parfois, mais je refrène mes ardeurs sarcastiques.
À l’opposé, Salch, dessinateur humoriste, ne se donne absolument aucune limite dans l’outrance. Il vient de sortir son second Look Book chez Fluide Glacial. Il dessine en pied des individus (de CRS à hipster en passant par joueur de Pokemon Go) et détaille leurs habitudes vestimentaires par des flèches et de petits textes. Sa particularité, manier l’insulte sans modération. Cela donne un nombre considérable de « fils de pute » pour désigner au choix, des baskets, un pantalon de velours, un tatouage ou une coupe de cheveux qui peut aussi parfois être « de merde ». Bref, Salch n’aime personne. Des caricatures odieuses mais qui souvent font mouche. On peut même se reconnaître au gré des 100 pages.
Et l’auteur devient carrément visionnaire quand il présente le « look primaire de droite » dont le « costard sombre de fils de pute qui veut appauvrir les pauvres ». Il aurait pu ajouter « offert par un ami, et alors ? » 

17/03/2017

BD : L’enfant derrière les barreaux

 

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Série écrite et dessinée par Run, « Mutafukaz », avant d’être bientôt adaptée au cinéma, se décline sous forme de comics mensuel. Dans « Puta Madre », Run imagine le passé d’un des personnages de la série, Jésus. Ce jeune latino de Los Angeles a 13 ans quand sa vie bascule. Condamné à 7 ans de réclusion, il passe de la case école à celle, moins glorieuse, de prison. Car aux USA, les enfants peuvent être condamnés et emprisonnés. La vie de Jésus est inspirée d’un véritable fait divers. Le premier fascicule de 32 pages, dessiné par Neyef, est paru en février, le second vient d’arriver la semaine dernière dans les bacs des librairies. On ne dira pas pourquoi Jésus est emprisonné. Sachez simplement qu’il est innocent et que d’enfant aimant il va se transformer en redoutable tueur. Réservée à un public averti, cette série a tout pour passionner les amateurs de films noirs américains, de séries télé transgressives et de faits divers sordides.
➤ « Puta Madre » (tomes 1 et 2), Ankama, 3,90 €

12/03/2017

BD : Retrouver Jean-Michel Charlier et le Buck Danny d'origine

 


Buck Danny a été créé il y a 70 ans dans les pages du journal Spirou. Ce héros imaginé par Charlier et Hubinon vole toujours à bord de ses avions de combats surpuissants. Une reprise après la mort du scénariste il y a trente ans. Charlier qui avait écrit les 16 premières pages de la nouvelle aventure confiée à Bergèse. Une histoire inachevée qui va enfin être terminée par Buendia et Zumbiehl, toujours avec Bergese au dessin qui pour l’occasion est sorti de sa semi-retraite. L’histoire se déroule au Japon en pleine guerre froide. Les Américains testent de nouveaux avions espions. Buck, Sonny et Tumbler sont aux commandes des U2 et autres Blackbirds, ces derniers volant à Mach 3. Beaucoup de nostalgie dans cet album, classique dans sa conception avec comme toujours de nombreux gags fournis par un Sonny aussi extravagant que les Dupontd au pays du Soleil Levant
➤ « Buck Danny » (hors-série), Dupuis, 12,95 € 

05:01 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : charlier, buck danny, bergese, dupuis

11/03/2017

BD : Enfants tolérants, adultes hargneux

 



Dans l’Amérique des années 30, la ségrégation raciale est toujours très forte. Certes les Noirs ne sont plus esclaves, mais ils sont ostracisés par les Blancs et surtout, la nuit venue, chassés comme du bétail par les membres du Ku Klux Klan. Stéphane Louis (également dessinateur de Tessa) a imaginé cette histoire d’amitié et l’a confiée au dessinateur Lionel Marty. William, fils d’un riche patron, est costaud mais pas futé. Abelard, petit Noir vivant dans la misère, est au contraire très intelligent. Loin des clichés colportés par les adultes (selon les Blancs, les Noirs n’ont pas d’âme et sont des animaux, selon les Noirs tous les Blancs sont des esclavagistes haineux), ils vont devenir amis et s’entraider. Mais en cachette. Des années plus tard, William est à la tête de l’entreprise familiale. Abelard son employé. En réalité c’est ce dernier qui mène la barque. Toujours en cachette. Un modus vivendi acceptable jusqu’à l’apparition d’une jolie blonde qui tape dans l’œil de William. Amitié contre amour, la lutte sera violente.
➤ « L’amour est une haine comme les autres », Bamboo Grand Angle, 16,90 €

19:11 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : louis, marty, amour, haine, frand angle, bamboo

10/03/2017

BD : L’art de l’horreur

 

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Alcante et Gihef, deux scénaristes aux multiples productions, s’unissent pour nous faire visiter leur « Dark Museum ». Une série concept, prévue en quatre tomes, basée sur la peinture. Ils ont sélectionné des tableaux célèbres et ont brodé autour des histoires sombres. Avant de s’intéresser au « Cri » de Munch (dessin de Luc Brahy), ils ouvrent le bal avec « American Gothic » de Wood. Sur cette toile, deux paysans américains figés, rigides et austères, devant une grange. L’homme plus âgé a une fourche en main. La femme, pas riante pour deux sous, se tient légèrement en retrait. Les scénaristes ont demandé à Stéphane Perger d’illustrer la vie du paysan, Lazarus Henkel. Durant les années 30, la famine menace les riches plaines américaines. Lazarus et sa fille vendent leurs dernières machines pour acheter de quoi manger. Quand cela ne suffit plus, ils trouvent une solution pour subvenir à leurs besoins. Et comme ils sont pétris de charité chrétienne, ils en font bénéficier tout le village. Le côté « dark » est parfaitement retranscrit par des dessins particulièrement expressifs dans les moments les plus terribles.
➤ « Dark Museum » (tome 1), Delcourt, 14,95 €

05/03/2017

BD : les Médicis, banquiers devenus trop ambitieux

 


Florence, superbe ville d’Italie, doit beaucoup à la famille des Médicis. Ces simples banquiers à qui tout sourit, ont fait main basse sur la ville italienne. Pas pour la piller comme certains despotes égoïstes mais pour l’embellir, la transformer en cité radieuse et rayonnante. Olivier Peru pour raconter cette saga dresse le portrait de cinq des plus célèbres membres de la famille. Tout débute par Cosme l’Ancien. Lui le premier, a deviné que son argent serait plus puissant que les origines nobles ou les qualités guerrières. Dans l’ombre, il place des pantins aux postes importants, réforme les statuts de la petite république, conclut des alliances avec le clergé et finalement se retrouve à la tête d’une cité devenue essentielle dans cette Italie divisée. Dessinée par l’Italien Giovanni Lorusso, sa vie alterne idées visionnaires, intrigues et grandes trahisons.
➤ « Médicis » (tome 1), Soleil, 14,95 € 

19:03 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : medicis, soleil, peru, cosme, lorusso, florence

04/03/2017

BD : Irena, héroïne du ghetto de Varsovie

 


Le décalage est étonnant. Mais vite dépassé par la force du récit. Décalage entre le dessin très simple de David Evrard (mieux connu sous le pseudonyme de E411) et le récit du combat d’Irena Sendlerowa en faveur des enfants du ghetto de Varsovie en pleine guerre mondiale. En mars 1941, tous les Juifs de la capitale polonaise sont parqués dans le centre-ville. Interdiction pour eux de sortir. Famine et maladies font des ravages. Seuls les bénévoles du département d’aide sociale ont le droit d’aller les aider. Parmi eux Irena, jeune femme dévouée et courageuse. Face à l’innommable, elle se rebelle et malgré le danger, fait sortir clandestinement des enfants de cet enfer imaginé par les nazis pour exterminer à petit feu tout un peuple. Un biopic prévu en trois tomes, indispensable au fameux devoir de mémoire destiné aux générations futures.
➤ « Irena » (tome 1), Glénat, 14,95 €

09:38 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : irena, evrard, morvan, glénat

03/03/2017

BD : Quand les femmes se font justice

 


La libération des femmes n’a pas été un long fleuve tranquille. Avant le MLF et même les suffragettes, certaines ont tenté de briser le joug de la société exclusivement masculine. Parfois avec violence comme raconté dans cette nouvelle série (prévue en quatre tomes dans un premier cycle) écrite par Zidrou et dessinée par le Barcelonais José Homs. « Shi » est tiré d’un idéogramme japonais, le symbole de la mort. Tout débute à Londres en 1851. Dans le Crystal Palace inauguré pour l’exposition internationale, Jennifer, jeune fille de bonne famille, tombe sur Kita, une Japonaise exhibée telle un animal. Elle serre dans ses bras son bébé mort. Ce petit cadavre va rapprocher les deux femmes et servir de détonateur à leur haine des hommes. Des années plus tard l’organisation « Shi » est toujours active et s’attaque aux pires tueurs de la planète, les marchands d’armes. Une dimension politique renforcée par l’aspect historique du récit, le tout dessiné par un génie de la couleur directe propulse Shi parmi les séries les plus remarquées au dernier festival d’Angoulême.
➤ « Shi » (tome 1), Dargaud, 13,99 €

08:59 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shi, zidrou, homs, dargaud, londres

25/02/2017

BD : Oublier les malheurs de l’enfance




Espé, après avoir illustré des séries réalistes scénarisées par Corbeyran (Le Territoire, Sept jours pour une éternité ou Châteaux Bordeaux), délaisse ces mondes imaginaires pour se pencher sur une histoire triste et dramatique : la sienne. Il a huit ans et sa maman est souvent absente. Elle fait des crises. Seule solution : l’hospitaliser dans une clinique psychiatrique. Sous forme de petites histoires courtes, il raconte comment il vit cette situation si compliquée. Une mère entre folle hystérique et zombie rendue amorphe par les médicaments. Mais il a quand même de beaux moments, comme cette balade en famille au Pic de Nore près de Carcassonne. Rarement une BD parvient à ce point à émouvoir le lecteur. Une réussite qui en plus se termine sur une note optimiste avec la naissance du premier enfant de l’auteur, dans une maternité d’Ariège où il a décidé de s’installer avec sa petite famille.
➤ « Le perroquet », Glénat, 19,50 € 

09:17 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : perroquet, enfance, espé, glénat

24/02/2017

BD : Paul Dini et le justicier masqué




De l’influence des héros imaginaires dans nos vraies vies, tel aurait pu être le titre de cet album de BD dessiné par Eduardo Risso et écrit par Paul Dini. Ou plus exactement des héros que l’on a imaginé. Paul Dini raconte dans ces pages comment Batman, le personnage dont il écrivait les aventures (Batman, la série animée) au moment des faits, lui a permis de surmonter l’épreuve. Dini dans cette autofiction se décrit comme un geek heureux, gagnant bien sa vie en faisait ce qu’il aime le plus : raconter des histoires. Mais un soir, dans un jardin public, il est agressé par deux jeunes voyous. Laissé pour mort, le crâne défoncé. Et de se demander pourquoi dans la réalité il n’y a pas de super-héros masqué pour vous défendre. Une longue introspection très édifiante sur l’état d’esprit actuel des Américains, blancs, cultivés et célibataires.
➤ « Dark Night, une histoire vraie », Urban Comics, 14 €

21/02/2017

BD : Et si nous avions deux vies ?

 


Baudouin s’est longtemps rêvé guitariste et chanteur d’un groupe de rock. Mais les impératifs de la vie l’ont poussé à entreprendre des études de droit. Résultat, à trente ans, il est juriste dans une grosse société à la Défense, le crédit de son appartement sur le dos, célibataire et presque sans amis. Une situation qui désole son frère aîné, médecin pour une ONG humanitaire en Afrique. Lors d’un de ses retours à Paris, il tente de persuader Baudouin de mieux profiter de la vie. En vain. C’est une petite boule sous le bras qui va le pousser à tout remettre en question. Une tumeur. Et d’après un ami cancérologue du grand frère, il ne sert à rien de tenter de la soigner. C’est trop tard. Mieux vaut essayer de profiter des derniers mois qu’il lui reste à vivre. Baudouin part au Bénin avec son frère et va commencer sa seconde vie. Car comme l’a dit Confucius « On a deux vies, et la deuxième commence quand on se rend compte qu’on n’en a qu’une ». Une très belle histoire de Fabien Toulmé maîtrisant à merveille narration et coup de théâtre final de ce roman graphique de plus de 270 pages.
➤ « Les deux vies de Baudouin », Delcourt, 27,95 €

08:49 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, baudouin, toulmé, delcourt