21/04/2017

BD : Les motards de l’extrême

 


Plongée dans le monde des Hells Angels avec l’épisode 2 de la saison 1 de « No Body » de Christina De Metter. L’histoire d’un homme, incarcéré pour meurtre mais qui a décidé de dévoiler la vérité de sa vie d’infiltré. Celui qui se fait appeler Nobody a longtemps travaillé pour le FBI dans un groupe secret chargé d’infiltrer les milieux hors la loi. Il va devenir Hells Angels pour faire tomber un gang de néo-nazis. Au guidon de sa moto, accompagné de deux autres repentis dont un junkie, il va devoir intégrer un groupe qui prépare le braquage d’une banque. Mais comme souvent dans ces opérations complexes rien ne se déroule comme prévu. Et pour ne pas être démasqué, il devra franchir des limites qui pèseront longtemps sur sa conscience. C’est dur, froid et implacable. Mieux qu’une série télé, tout aussi efficace, avec une dose de réalisme et de violence que les chaînes ne peuvent se permettre. Pas pour les « fillettes »…
➤ « No Body » (tome 2), Soleil Noctambule, 15,95 €

09:15 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : no body, de metter, soleil, quadrants

20/04/2017

BD : Femmes en quête de liberté au Maroc



Roman graphique tout en couleurs directes (style aquarelles lumineuses), « Morocco Jazz » est la première BD en solo de Julie Ricossé. Elle signe textes et dessins de cette histoire de jeunes femmes prises dans la tourmente de l’indépendance du Maroc en 1954. Louise, jeune Française vivant seule avec sa mère malade, est amoureuse d’un gendarme. Elle s’imagine mariée, des enfants, dans ce pays ensoleillé et joyeux. Mais c’est sans compter sur les velléités d’indépendance du peuple marocain. Avec deux de ses meilleures amies, une apprentie cambrioleuse et la femme d’un avocat autochtone, elle est au centre d’événements violents et dramatiques. Cette histoire est racontée avec un point de vue actuel, car Louise, de nos jours, se retrouve involontairement plongée dans ce passé qu’elle désire oublier et qui a radicalement changé son avenir. Finement dessiné, le récit vaut aussi par la vision très négative de l’action de certains militaires français, colons avides de pouvoir et déterminés à écraser cette indépendance naissante. Mais à quel prix ?
➤ « Morocco Jazz », Vents d’Ouest, 19,50 €

16/04/2017

BD : Héritage et famille compliqués

 


 Le soap opéra, vu au second degré, est désopilant. Les psychologies des personnages sont tellement caricaturales qu’ils ne peuvent que faire rire les téléspectateurs un peu censés. Fabcaro l’a bien compris en écrivant cette série de gags sur une histoire d’héritage dans une famille de branquignols pas piquée des hannetons (selon une expression très datée mais adéquate dans le cas présent). Le patriarche est malade. Il va bientôt mourir. Au lieu de pleurer sur sa disparition prochaine, fils, filles, gendres et belles-filles s’écharpent sur un seul et unique point : qui va hériter de la CX diesel ? Parue dans Fluide Glacial, la série a fait l’objet de trois « saisons » entre 2011 et 2014. Retrouvez les 260 demi-planches dans cette intégrale à l’italienne complétée par le making of expliqué par James, le dessinateur, et les recherches graphiques sur les personnages et les couvertures.
➤ « Amour, passion et CX diesel » (intégrale), Fluide Glacial, 25 € 

15/04/2017

BD : L’amour malgré la maladie

 


Comment faire rire avec la maladie ? Le cancer en plus. Le cancer des enfants... Mais pourquoi pas ? Quand Zidrou a écrit le premier tome de « Boule à zéro » il se doutait qu’il prenait des risques. Le sujet est sensible, difficile et grave. Mais en équilibrant à la perfection, rire, émotion et explications médicales, il a non seulement séduit le public, mais fait beaucoup pour ces enfants condamnés à rester dans une chambre d’hôpital, entre chimio et douleurs. Ernst, au dessin, a trouvé le trait épuré parfait pour rendre ces petits malades et le personnel hospitalier (celui qui fabrique de la dette !) aux petits soins, plus que sympathiques. Dans cet album intitulé « Le grand jour », il est question de sortie. Qui sera le premier guéri ? Zita a encore des chances. Mais n’est pas dans le peloton de tête. Par contre Pierrot semble en complète rémission. Mais cela ne fait pas spécialement plaisir à Zita, car c’est son amoureux. Et s’il part de l’hôpital, ne va-t-il pas complètement l’oublier ? Un vrai bonheur de lecture, pour petits et grands, valides et malades.
➤ « Boule à zéro » (tome 6), Bamboo, 10,90 €

14/04/2017

BD : Le rugby raconté par Bouzard, un fan de foot

 


Guillaume Bouzard est un fou de foot. Humoriste reconnu, il a également signé des gags sur ce sport se jouant uniquement avec les pieds. Quand une maison d’édition lui demande d’aller assister à un match au Camp Nou, il jubile. Seule condition : ne pas se renseigner à l’avance sur la rencontre qu’il aura la joie de voir. Il endosse son plus beau maillot du Barça et se rend à Barcelone. Surprise, le stade est plein... de Français. Et les cages de foot ont disparu... En ce 24 juin 2016, c’est la finale du Top 14 de rugby à XV qui est délocalisée pour cause d’Euro de foot en France. Passé cette introduction, teintée de déception, Bouzard se met au service de la collection et raconte toute l’histoire de ce sport réputé violent. Et ce n’était pas une image aux débuts, quand il n’y avait pas de règles et qu’un participant a pénétré sur l’ère de jeu armé d’une hache. Depuis le rugby s’est civilisé, discipliné, professionnalisé. Mais cela n’empêche pas le bon esprit, la 3e mi-temps et l’excellente ambiance dans les tribunes. Bouzard n’en ressort pas forcément convaincu, mais il aura au moins fait passer le message dans cette jolie collection de vulgarisation toute en BD.
➤ « Le rugby » (collection La petite bédéthèque des savoirs, n° 15), Le Lombard, 10 €

BD : Le rugby raconté par Bouzard, un fan de foot

 


Guillaume Bouzard est un fou de foot. Humoriste reconnu, il a également signé des gags sur ce sport se jouant uniquement avec les pieds. Quand une maison d’édition lui demande d’aller assister à un match au Camp Nou, il jubile. Seule condition : ne pas se renseigner à l’avance sur la rencontre qu’il aura la joie de voir. Il endosse son plus beau maillot du Barça et se rend à Barcelone. Surprise, le stade est plein... de Français. Et les cages de foot ont disparu... En ce 24 juin 2016, c’est la finale du Top 14 de rugby à XV qui est délocalisée pour cause d’Euro de foot en France. Passé cette introduction, teintée de déception, Bouzard se met au service de la collection et raconte toute l’histoire de ce sport réputé violent. Et ce n’était pas une image aux débuts, quand il n’y avait pas de règles et qu’un participant a pénétré sur l’ère de jeu armé d’une hache. Depuis le rugby s’est civilisé, discipliné, professionnalisé. Mais cela n’empêche pas le bon esprit, la 3e mi-temps et l’excellente ambiance dans les tribunes. Bouzard n’en ressort pas forcément convaincu, mais il aura au moins fait passer le message dans cette jolie collection de vulgarisation toute en BD.
➤ « Le rugby » (collection La petite bédéthèque des savoirs, n° 15), Le Lombard, 10 €

07/04/2017

BD : Beauté hypnotique

 


A Paris en 1918, Camille élève seule sa fille, tuberculeuse. Le père n’est pas rentré de la guerre. Il n’est pas mort au combat. Fusillé pour insubordination. Pas de pension pour la veuve. Quand elle perd son emploi d’ouvrière, elle n’a plus le choix. Pour payer un séjour dans un sanatorium, elle décide d’utiliser ses dons d’hypnotiseuse pour détrousser un bourgeois. Arrêtée par la police, elle finit dans un asile d’aliéné et en voulant sauver une femme meurtrie par la perte de son enfant, elle intègre un groupe d’anarchistes en passe de commettre un attentat contre Clemenceau. La petite histoire des gens normaux rejoint la Grande histoire des célébrités dans cette série écrite par Galandon et dessinée par un virtuose du pinceau, Attila Futaki, Hongrois ayant déjà collaboré sur de nombreux comics, de Conan à Percy Jackson.
➤ « Hypnos », Le Lombard, 13,99 € 


06/04/2017

Bande dessinée : Trop belles pour être vraies

 


Nouvelle de Neil Gaiman parue en 2007, « Comment aborder les filles en soirée », de bijou littéraire, devient une BD passionnante avant d’être adaptée au cinéma avec Nicole Kidman et Elle Fanning, film qui devrait, selon les dernières indiscrétions, être en compétition au prochain festival de Cannes. L’histoire se déroule en Angleterre dans les années 80. Enn, adolescent timide, suit Vic son meilleur ami, un tombeur absolu, dans une soirée privée. Le jeune garçon rêve de tomber amoureux, de tenir une fille dans ses bras, de l’embrasser, de l’aimer. Mais là où Vic conclut toujours, Enn échoue systématiquement. Mais ce soir, cela va changer. D’autant que dans la grande maison, il n’y a que des filles, des touristes d’une beauté suprême, étranges mais accueillantes. Dessiné par Fabio Moon et Gabriel Ba, des auteurs brésiliens, ce comic étrange a des airs de fable fantastique digne des récits de Poe.
➤ « Comment aborder les filles en soirée », Urban Comics, 13 €

04/04/2017

BD : Le mystère du peintre catalan

 


La Catalogne aime ses peintres. La région est un creuset de talents, certains immensément célèbres à l’image de Dali, d’autres tombés dans l’oubli comme Vidal Balaguer. Ce fils de pharmacien de Sabadell a vécu à Barcelone à la fin du XIXe siècle. Un surdoué, incapable de vivre de son art car il ne voulait pas vendre ses toiles. « Natures mortes » raconte la fin de sa vie, aussi mystérieuse que son œuvre. Vidal, comme nombre d’artistes à cette époque, a une muse. Son modèle, Mar, qui est en couverture de l’album écrit par Zidrou et dessiné par Oriol. Mar a disparu du jour au lendemain. Depuis Vidal déprime. Il est passé par l’École de la Llotja où il se lie d’amitié avec un certain Picasso. Dans son appartement encombré de peintures inachevées, il vivote en acceptant les commandes de commerçants. Il dessine des oranges, de la butifarra. Ce qu’il ne comprend pas, c’est qu’une fois la peinture achevée, les objets disparaissent. Pris d’un doute, il va dans un parc et peint un arbre. Le lendemain, comme les natures mortes ou sa muse, il n’existe plus. Une malédiction d’un genre nouveau qui donne l’occasion à Zidrou d’expliquer la disparition du personnage principal en décembre 1899. Entre fantastique, poésie et désespoir, ce roman graphique se prolonge par une exposition, en mai prochain à Barcelone, des 11 toiles retrouvées du peintre maudit.
➤ « Natures mortes », Dargaud, 14,99 €

01/04/2017

BD : soldat et "vétéran" à la dérive


Qui est Maxime Danjou ? Qu’a-t-il à voir avec Théodore Brunoy ? « Le Vétéran », nouvelle série historique de Frank Giroud (lui aussi un « vétéran », mais de la BD) et Mezzomo (dessinateur de la regrettée série Luka) entraîne le lecteur dans la Normandie de 1815, après Waterloo. Maxime est persuadé d’avoir été blessé dans la bataille. Il porte effectivement une cicatrice à la tête, mais une femme, son épouse, affirme qu’il s’appelle Théodore. Il se rend dans son manoir et semble comme dans un mode étranger. Pourtant tout prouve qu’il est bien ce riche propriétaire terrien… Il va devoir enquêter sur le passé de cet homme pour se réapproprier son identité. Une intrigue complexe et passionnante, telle un cauchemar éveillé qui verra sa conclusion dans la seconde partie.
➤ « Le vétéran » (tome 1), Glénat, 14,95 € 

09:34 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vétéran, giroud, mezzomo, glénat

31/03/2017

BD : Sur le trône des enfers

 


Anton est un ado comme les autres. Et comme les autres il doit subir le divorce de ses parents. Une séparation compliquée, pleine de cris et de pleurs. Sa mère, pour l’épargner, le confie à sa sœur, la tante Méryl. Anton se retrouve déraciné, quitte son école et ses amis et se retrouve dans une vieille maison sombre et remplie de spectres. Du moins c’est ce qu’il croit. Car dans le village, Méryl a la réputation d’être une sorcière. Elle ne fait rien pour démentir, enfermée dans son chagrin après la mort de son mari. La série, écrite par Boriau et dessinée par Grelin, alterne vie à l’école (avec harcèlement par des fils de pasteur et rencontre d’une gentille fille mise au ban de la classe) et découverte des secrets de Méryl. Et finalement, les rumeurs ne sont pas si fausses car Anton apprend que la vieille bâtisse abrite quantité de démons. Démons accueillants car selon eux, Anton est le futur maître des enfers. Cette très bonne série devrait plaire aux plus jeunes, ceux qui aiment l’aventure et se faire peur.
➤ « Inferni » (tome 1), Jungle, 12,95 €

09:15 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inferni, borieu, grelin, jungle

30/03/2017

BD : Des dieux et un Messie dans "Gudesonn"



Le principe de base de « Gudesonn », nouvelle série de Convard, Boisserie et Adam (trois scénaristes pour le prix d’un) est très étonnant. Une uchronie assez dingue qui a pour base les religions. Notre monde a été façonné ces deux derniers millénaires par la domination des croyances en un dieu unique. Et si le Messie n’avait jamais imposé le christianisme, si Mahomet n’avait pas annoncé Allah ? Alors les anciennes religions seraient toujours d’actualité. D’un côté les dieux nordiques, de l’autre les grecs ou égyptiens, sans oublier incas et aztèques. Dans ce monde contemporain si différent, la fédération scandinave est toute puissante. Stockholm, sorte de capitale mondiale, a développé le commerce sur toutes les mers. Mais la puissance du Nord s’effrite. Tout doit être fait pour la maintenir. D’autant que des oracles annoncent l’arrivée prochaine d’un Messie, le fameux messager d’un dieu unique qui pourrait changer la face du monde. Réflexion passionnante sur fond de complot, de thriller et de chasse à l’homme, le tout dessiné par Mr Fab, dans un style réaliste, futuriste et efficace.
➤ « Gudesonn » (tome 1), Delcourt, 14,95 €

26/03/2017

BD : L’écrivain et son double

 


Rodolphe au scénario, Griffo au dessin : ce sont des valeurs sûres de la BD qui signent le premier tome de « Dickens & Dickens ». Dans le Londres du milieu du XIXe siècle, Charles Dickens, journaliste et romancier, aime se promener de nuit dans Londres. Il remarque un homme qui le suit. Un inconnu qui lui ressemble étrangement. Intrigué il demande à deux détectives, peu regardant sur les manières utilisées, de lui faire comprendre que cette filature doit cesser. Retrouvés égorgés, Dickens prend peur. À juste titre car l’inconnu n’est autre que lui. Réinventant le mythe du double fantôme (doppelganger) et de Dr Jeckyll et M. Hyde, l’histoire imaginée par Rodolphe permet à Griffo de dessiner des ambiances troubles avec fog et redingotes.
➤ « Dickens & Dickens » (tome 1), Vents d’Ouest, 14,50 € 

25/03/2017

BD : La vie avant les voyelles



Le titre de la série interpelle. Au début tout le monde lit Franck. Mais en y regardant de plus près, on s’aperçoit qu’il n’y a pas de « a ». Frnck : quel drôle de nom pour un héros. Au début de l’histoire, ce gamin d’une dizaine d’années, orphelin, a bien la voyelle dans son nom. Sur le point d’être adopté, il préfère s’enfuir et en pleine forêt, tombe dans un trou d’eau. Quand il émerge, il a changé d’époque. Il est à la préhistoire. Pour preuve il se retrouve nez à nez avec un tigre aux dents de sabre. Des sauvages le sauvent. Et c’est là qu’il constate qu’ils parlent sans la moindre voyelle. Entre fantastique et humour, cette série écrite par Olivier Bocquet et dessinée par Brice Cossu est particulièrement entraînante. Les tribulations de Frnck chez Cro Magnon font rire, même si on devine, en arrière-plan, une intrigue familiale plus complexe.
➤ « Frnck » (tome 1), Dupuis, 9,90 €

24/03/2017

BD : Plaies d’Afrique dans "Katanga" de Nury et Vallée

 

Dans « Il était une fois en France », Fabien Nury et Sylvain Vallée ont romancé les pires heures de la collaboration. Le même duo se reforme pour retracer la période tout aussi trouble de la décolonisation. L’histoire se déroule au Congo en 1960. La Belgique vient d’accorder au pays son indépendance. Au grand désespoir des groupes miniers obligés de traiter avec les nouveaux maîtres du pays. À moins de provoquer une scission du pays. C’est ce qui se passe au Katanga, une des régions les plus ruches du pays. Un gouvernement fantoche est mis en place et des mercenaires engagés pour former les soldats locaux et maintenir l’ordre autour des mines de diamants et de cuivre. Dans ce premier tome, les principaux personnages sont présentés, du gangster corse au ministre katangais descendant du créateur du royaume en passant par la prostituée engagée comme espionne. 72 pages denses, pleines d’actions violentes, de rebondissements et de suspense. Du très grand spectacle comme Fabien Nury sait si bien en écrire pour son dessinateur.
➤ « Katanga » (tome 1), Dargaud, 16,95 €


22/03/2017

BD : "Gérard", un portrait intimiste d'un monstre du cinéma français


Acteur incontournable du cinéma français depuis près d’un demi-siècle, Gérard Depardieu ne laisse personne indifférent. Ses positions politiques à l’emporte-pièce l’ont parfois coupé d’une partie de son public. Mais il reste envers et contre tout entier, ours mal léché, fils de prolo passionné d’art, capable de gentillesse comme de colères homériques. Pour mieux comprendre cet homme que la vie n’a pas épargné, le mieux est encore de le suivre au quotidien, entre tournage, voyages d’affaires et autres enregistrement d’émissions culinaires aux quatre coins de l’Europe. L’exercice est périlleux, mais Mathieu Sapin, dessinateur de BD, a accepté le challenge. Cela donne un gros roman graphique de 160 pages, de son hôtel particulier parisien à Moscou en passant par le Portugal ou la Catalogne.



Tout a commencé en 2012. Mathieu Sapin accompagne Gérard Depardieu en Azerbaïdjan à l’occasion du tournage, pour Arte, d’un documentaire sur les traces d’Alexandre Dumas. Une relation unique se noue entre les deux artistes. Dès lors, Gérard Depardieu va inviter Mathieu Sapin à partager son univers, ses pensées (philosophiques ou triviales), ses coups de gueule.
■ Homme attachant
Le petit dessinateur (pas tant que cela, mais tout le monde semble petit à côté des 140 kg de Depardieu), à force de gribouillages sur ses carnets, d’écoute et d’observation obtient l’amitié de l’acteur. Ce n’était pas gagné. Gérard a la relation sélective. Et peut être odieux avec quelqu’un qu’il a dans le nez. Mathieu Sapin le raconte sans détour quand l’acteur, au Portugal, prend en grippe le serveur d’un restaurant. Il ne cessera de le harceler et s’en explique ensuite auprès de son « biographe » : « Je peux continuer de les vexer jusqu’à ce que je voie qu’ils souffrent, et là je dirai ‘Je te demande pardon, je le ferai plus’».
On n’apprend rien d’essentiel sur Depardieu et ses provocations (Poutine, exil fiscal...) mais on découvre un homme beaucoup plus tendre et profond qu’il n’y paraît. Sapin sait se rendre invisible comme quand il surprend l’acteur en train de caresser et de discuter avec un vieux chien qui pue. On provoquer des confidences, comme s’il était un vieil ami de toujours.
Clairement subjectif, l’auteur est tombé sous le charme. Il ne lui pardonne pas tout, mais presque. Comme l’explique Marina Foïs à François Hollande (Sapin a ses entrées à l’Elysée) : « Je l’aime sans réserves ! L’acteur qu’il est fait que je ne veux rien juger du reste. (…) Le monde est devenu trop étriqué pour Gérard. Il cherche de nouvelles émotions, mais il n’y a plus rien qui soit à sa mesure ». Au total, Mathieu Sapin est resté « cinq années dans les pattes de Depardieu ». Un témoignage drôle et émouvant.
➤ « Gérard. Cinq années dans les pattes de Depardieu » par Mathieu Sapin, Dargaud, 19,99 €

19/03/2017

BD : Tamara assume et devient célèbre

 


Tamara, l’ado un peu grosse bourrée de complexes mais qui parvient de plus en plus à assumer, après un joli succès au cinéma, revient sous forme d’album de BD avec toujours Darasse au dessin et Zidrou au scénario, aidé par Lou. La jeune lycéenne se fait toujours autant chambrer par ses camarades pour ses rondeurs. Pourtant, être grosse peut devenir un atout dans notre société où les modes se fabriquent au gré des hashtags et autres selfies sur Instagramme (le réseau pour les femmes fortes). Tamara rencontre Miette, un mannequin XXXL qui la pousse à assumer ses formes et sa féminité. La jeune héroïne va vite devenir célèbre. Mais être aimée par certains cela veut dire aussi que d’autres vous détestent.
➤ « Tamara » (tome 15), Dupuis, 10,95 € 

10:26 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tamara, zidrou, darasse, lou, dupuis, grosse

18/03/2017

BD : A l’école de la déduction

 


Vive les nouveaux rythmes scolaires permettant aux enfants de participer à des ateliers ludiques tout en restant éducatifs. Certains choisissent couture, d’autres danse classique ou rugby ; Isidore, Lola et Jules ont choisi détectives. Armés de leur loupe, de lampes torches et de leur esprit de déduction ils vont tenter de résoudre des énigmes du quotidien. Le premier album de leurs enquêtes est composé de trois histoires courtes. Ils démasqueront ainsi une famille de zombies, les agissements d’un T-Rex dans la cave du grand-père d’un copain et tenteront de sauver des enfants empoisonnés par une sorcière. Cela a l’air affreux décrit comme ça mais c’est véritablement tout public. Goalec au dessin et Béka, au scénario, savent se couler à merveille dans l’esprit de ces Sherlock Holmes en culottes courtes.
➤ « L’atelier détectives » (tome 1), Bamboo, 10,60 €

De choses et d'autres : Salch, prince du look

 

look book,salch,fluide glacial,fils de pute


Parfois dans cette chronique je me demande si je ne vais pas trop loin en étrillant certaines de mes victimes. Je ne suis pas foncièrement méchant. Enfin si, parfois, mais je refrène mes ardeurs sarcastiques.
À l’opposé, Salch, dessinateur humoriste, ne se donne absolument aucune limite dans l’outrance. Il vient de sortir son second Look Book chez Fluide Glacial. Il dessine en pied des individus (de CRS à hipster en passant par joueur de Pokemon Go) et détaille leurs habitudes vestimentaires par des flèches et de petits textes. Sa particularité, manier l’insulte sans modération. Cela donne un nombre considérable de « fils de pute » pour désigner au choix, des baskets, un pantalon de velours, un tatouage ou une coupe de cheveux qui peut aussi parfois être « de merde ». Bref, Salch n’aime personne. Des caricatures odieuses mais qui souvent font mouche. On peut même se reconnaître au gré des 100 pages.
Et l’auteur devient carrément visionnaire quand il présente le « look primaire de droite » dont le « costard sombre de fils de pute qui veut appauvrir les pauvres ». Il aurait pu ajouter « offert par un ami, et alors ? » 

17/03/2017

BD : L’enfant derrière les barreaux

 

puta madre,run,ankama,mutafukaz,neyef,usa,violence,comics


Série écrite et dessinée par Run, « Mutafukaz », avant d’être bientôt adaptée au cinéma, se décline sous forme de comics mensuel. Dans « Puta Madre », Run imagine le passé d’un des personnages de la série, Jésus. Ce jeune latino de Los Angeles a 13 ans quand sa vie bascule. Condamné à 7 ans de réclusion, il passe de la case école à celle, moins glorieuse, de prison. Car aux USA, les enfants peuvent être condamnés et emprisonnés. La vie de Jésus est inspirée d’un véritable fait divers. Le premier fascicule de 32 pages, dessiné par Neyef, est paru en février, le second vient d’arriver la semaine dernière dans les bacs des librairies. On ne dira pas pourquoi Jésus est emprisonné. Sachez simplement qu’il est innocent et que d’enfant aimant il va se transformer en redoutable tueur. Réservée à un public averti, cette série a tout pour passionner les amateurs de films noirs américains, de séries télé transgressives et de faits divers sordides.
➤ « Puta Madre » (tomes 1 et 2), Ankama, 3,90 €