25/02/2017

BD : Oublier les malheurs de l’enfance




Espé, après avoir illustré des séries réalistes scénarisées par Corbeyran (Le Territoire, Sept jours pour une éternité ou Châteaux Bordeaux), délaisse ces mondes imaginaires pour se pencher sur une histoire triste et dramatique : la sienne. Il a huit ans et sa maman est souvent absente. Elle fait des crises. Seule solution : l’hospitaliser dans une clinique psychiatrique. Sous forme de petites histoires courtes, il raconte comment il vit cette situation si compliquée. Une mère entre folle hystérique et zombie rendue amorphe par les médicaments. Mais il a quand même de beaux moments, comme cette balade en famille au Pic de Nore près de Carcassonne. Rarement une BD parvient à ce point à émouvoir le lecteur. Une réussite qui en plus se termine sur une note optimiste avec la naissance du premier enfant de l’auteur, dans une maternité d’Ariège où il a décidé de s’installer avec sa petite famille.
➤ « Le perroquet », Glénat, 19,50 € 

09:17 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : perroquet, enfance, espé, glénat

24/02/2017

BD : Paul Dini et le justicier masqué




De l’influence des héros imaginaires dans nos vraies vies, tel aurait pu être le titre de cet album de BD dessiné par Eduardo Risso et écrit par Paul Dini. Ou plus exactement des héros que l’on a imaginé. Paul Dini raconte dans ces pages comment Batman, le personnage dont il écrivait les aventures (Batman, la série animée) au moment des faits, lui a permis de surmonter l’épreuve. Dini dans cette autofiction se décrit comme un geek heureux, gagnant bien sa vie en faisait ce qu’il aime le plus : raconter des histoires. Mais un soir, dans un jardin public, il est agressé par deux jeunes voyous. Laissé pour mort, le crâne défoncé. Et de se demander pourquoi dans la réalité il n’y a pas de super-héros masqué pour vous défendre. Une longue introspection très édifiante sur l’état d’esprit actuel des Américains, blancs, cultivés et célibataires.
➤ « Dark Night, une histoire vraie », Urban Comics, 14 €

21/02/2017

BD : Et si nous avions deux vies ?

 


Baudouin s’est longtemps rêvé guitariste et chanteur d’un groupe de rock. Mais les impératifs de la vie l’ont poussé à entreprendre des études de droit. Résultat, à trente ans, il est juriste dans une grosse société à la Défense, le crédit de son appartement sur le dos, célibataire et presque sans amis. Une situation qui désole son frère aîné, médecin pour une ONG humanitaire en Afrique. Lors d’un de ses retours à Paris, il tente de persuader Baudouin de mieux profiter de la vie. En vain. C’est une petite boule sous le bras qui va le pousser à tout remettre en question. Une tumeur. Et d’après un ami cancérologue du grand frère, il ne sert à rien de tenter de la soigner. C’est trop tard. Mieux vaut essayer de profiter des derniers mois qu’il lui reste à vivre. Baudouin part au Bénin avec son frère et va commencer sa seconde vie. Car comme l’a dit Confucius « On a deux vies, et la deuxième commence quand on se rend compte qu’on n’en a qu’une ». Une très belle histoire de Fabien Toulmé maîtrisant à merveille narration et coup de théâtre final de ce roman graphique de plus de 270 pages.
➤ « Les deux vies de Baudouin », Delcourt, 27,95 €

08:49 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, baudouin, toulmé, delcourt

18/02/2017

BD : Dirty Karl, exhumé d’entre les morts


De tous les jeunes auteurs découverts ces dernières décennies par Fluide Glacial, Relom est sans doute le plus trash. Les gamins Andy et Gina et leur famille totalement déjantée (un papa rock’n roll, une maman se réduisant à une tête parlante) ne sont que la seconde série destroy de l’auteur Avant, dans les pages du Psikopat, Relom a signé quelques histoires courtes de Dirty Karl. C’était à la fin des années 90. Ce Karl adore les macchabées. Et quand ils sont de sexe féminin, il va même beaucoup plus loin. Son chien, sorte de dogue mutant, aime dévorer les petites filles. De l’humour noir à ne pas mettre entre toutes les mains, mais qui plaira à ceux qui considèrent que la BD est le support idéal pour franchir tous les interdits et oser rire des pires horreurs.

➤ « Dirty Karl », Fluide Glacial, 10,95 € 

10:52 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dirty karl, relom, fluide

17/02/2017

BD : Mesdames les brigandes

 


Les femmes à la maison, pour s’occuper des enfants, du ménage, des repas et de la vaisselle. Une vision très réductrice qui a aussi cours chez les brigands mexicains du début du XXe siècle. Ces « Desperados Housewifes » imaginées par Sybille Titeux et mises en images par Amazing Ameziane ont pourtant d’autres qualités. Surtout ces trois sœurs sont beaucoup plus intelligentes que leurs nigauds de maris. Donc elles prennent les affaires en main, mais en se cachant. Masquées, elles braquent banques et étrangers de passage pour améliorer l’ordinaire. Beaucoup de gags, des personnages caricaturaux mais assez réussis, des situations entre dérision et action : sans prétention, ce manifeste féministe non politiquement correct est tout ce qu’il y a de plus réjouissant.
➤ « Desperados housewives », Jungle, 10,60 €

16/02/2017

BD : Le tour de passe-passe du Messie



Grande nouvelle à Jérusalem : le corps de Jésus, crucifié trois jours auparavant, a disparu. Un événement transformant la ville pas encore sainte en ruche bourdonnante. Qui a fait le coup ? Pourquoi ? A qui profite le crime ? Il n’est pas encore question de résurrection, simplement de rapport de force entre colonisé, colonisateur et les religions avec pignon sur rue. En six volumes, au rythme d’un titre par mois, ce feuilleton humoristico-religieux est écrit pat Nicolas Juncker et dessiné par Chico Pacheco. Parmi les protagonistes les apôtres, Barabbas, Judas le Galiléen (meneur de l’indépendance des Palestiniens) et Ponce Pilate, consul romain sentant la situation lui échapper. Bourré de références contemporaines, cette BD joue avec les faits. On apprécie particulièrement les petites guerres entre apôtres opposant les zélateurs du messie à ceux, plus réalistes, qui sont déjà passés à autre chose (en gros imposer la nouvelle religion avec l’aide des Romains). Le second tome sort la semaine prochaine et même si on connaît le fin mot de l’Histoire, l’interprétation déjantée proposée par les auteurs fait que l’on attend avec impatience les épisodes suivants.
➤ « Un jour sans Jésus » (tomes 1 et 2), Vents d’Ouest, 11,50 €

12/02/2017

BD : Drogue et colonisation

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La grandeur de la France, c’est du passé. Mais il y a encore moins de deux siècles, notre pays était gouverné par un empereur qui n’hésitait pas à s’allier avec le royaume d’Angleterre pour se partager les restes du monde. 1859. Napoléon III lance une expédition militaire vers la Chine. L’envie d’en découdre est forte. Les Chinois, malgré un traité, tuent les missionnaires européens. Une bonne occasion pour lancer l’offensive. François Montagne, jeune soldat français un peu trop idéaliste, se retrouve au cœur de cette guerre qui a l’opium comme véritable moteur. De la grande aventure écrite par Alcante et Bollée, dessinée par Xavier Besse à la technique encore perfectible mais excellent dans les grandes mises en scène spectaculaires.

➤ « Lao Wai », Glénat, 13,90 € 

 

11/02/2017

BD : Le réveil des anomalies dans "Olympus Mons" de Bec et Raffaele

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Revoilà Christophe Bec et Steffano Raffaele dans une nouvelle série aux mêmes ficelles que Prométhée. Dans un futur proche, des scientifiques découvrent au fond de la mer de Barents une « anomalie » qui ressemble fortement à une soucoupe volante échouée. Au même moment, un équipage russe se pose sur Mars et explore le Mont Olympus. Eux aussi découvrent des restes de ce qui pourrait être un vaisseau spatial. Deux actions reliées par les visions d’un médium américain. Selon lui, les occupants du vaisseau sont sur le point de se réveiller et ils ne sont pas contents. 56 premières pages d’une série dont on ne connaît pas encore le nombre de tomes mais qui promet tant ce prologue est palpitant et imaginatif, tout en étant inspiré de faits réels datant des années 50.

➤ « Olympus Mons » (tome 1), Soleil, 14,95 €

 

 

10:08 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : olympus mons, bec, raffaele, soleil, mars

09/02/2017

BD : Undertaker, la renaissance du westernt

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Après un tome 2 se passant exclusivement dans une mine désaffectée au cœur du désert (sorte d’hommage à Blueberry), Jonas Crow, l’Undertaker met le cap au Nord vers l’Oregon, là où la civilisation prend fin. Ce croque-mort, accompagné de son vautour apprivoisé, se lance sur les traces de l’ogre de Sutter Camp, un chirurgien derrière qui se cache un redoutable tueur en série. Jonas n’est pas seul, il a gagné dans ses précédentes aventures deux associées : la jolie nurse britannique mais très torturée Rose, et Madame Lin, une Chinoise qui cache bien son jeu (experte en armes et redoutable en négociations pécuniaires). Changement de décors pour Ralph Meyer, le dessinateur de la série écrite par Dorison. Forêts humides, boue, petit village et surtout beaucoup de sang sur la piste du « méchant ». Rose sera une proie de choix pour ce sadique d’anthologie. Une des meilleures séries de ces dernières années, qui réinvente le western et rencontre un immense succès tout à fait mérité.

➤ « Undertaker » (tome 3), Dargaud, 13,99 €

 

 

06/02/2017

BD : "Le projet Bleiberg" ou le surhomme à travers les âges

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A la base, « Le projet Bleiberg » est un thriller en trois parties écrit par David Khara. Adapté par Serge Le Tendre, il devient une BD dans l’air du temps avec complot nazi et guerre des services secrets. Le personnage principal a tout pour être haï. Jeremy Corbin est un trader américain. Jeune, millionnaire, il tue un bébé avec sa décapotable. Il évite les poursuites mais déprime. La mort de son père va bouleverser sa vie. Ce militaire US était au centre d’un secret datant des années 40, quand les Nazis tentaient de créer un surhomme pour purifier la race aryenne. Jeremy, après de multiples tentatives d’assassinat, reçoit la protection d’une belle espionne américaine et d’un géant du Mossad. Album palpitant et remuant, dessiné par un Frédéric Peynet au sommet de son art.

➤ « Le projet Bleiberg » (tome 1), Dargaud, 13,99 € 

 

05/02/2017

BD : Compostelle, son chemin et ses ampoules

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A 50 ans, Jason, dessinateur norvégien installé à Montpellier, décide de faire le chemin de Compostelle. Pourquoi ? Les autres marcheurs lui posent souvent la question. Il la transforme en gag récurrent quand il répond : « C’était ça ou acheter une Porsche ». S’il veut faire ces 300 km de Bayonne à l’Océan, c’est aussi pour améliorer sa relation avec les autres. Mais il n’y parvient pas toujours, passant souvent ses soirées seul dans des gîtes pourtant remplis de pèlerins. Ce récit, en noir et blanc de 190 pages, donne parfois envie de faire son sac et de partir dans la foulée à la recherche d’une spiritualité qui nous fait défaut dans notre vie quotidienne si stressante. Sauf si on est allergique aux ampoules aux pieds, aux punaises de lit et aux tortillas au petit-déjeuner...

➤ « Un Norvégien vers Compostelle », Delcourt Shampooing, 15,50 €

 

 

04/02/2017

BD : L’art grandeur nature dans "Le Retour" de Bruno Duhamel

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Librement inspiré de la vie et l’œuvre de Cesar Manrique sur l’île de Lanzarote aux Canaries, « Le retour » de Bruno Duhamel est sa première BD en solo. Il a déjà illustré des scénarios de Brrémaud ou Kris et vole désormais de ses propres ailes dans ce roman graphique épuré. Dans les années 60, Cristobal, un artiste espagnol, après être devenu célèbre aux USA, revient sur sa terre natale, petite île volcanique perdue dans l’océan. Il décide de modeler le paysage de son enfance, transformant la nature en œuvre d’art. Réflexion sur la création, la solitude et le progrès, cette histoire qui finit mal aborde aussi la problématique du tourisme de masse. Car Cristobal milite pour un développement écologique et minimaliste, sans béton ni épuisement des réserves en eau. Un visionnaire pour l’époque qui rapidement déclenche l’hostilité des « décideurs », bien décidés à faire fructifier leur caillou en offrant ce que veulent les touristes : confort, soleil et piscine.

➤ « Le retour », Bamboo Grand Angle, 18,90 €.

 

 

28/01/2017

Angoulême, un festival de nouvelles bandes dessinées

BANDE DESSINÉE. Dans moins d’une semaine Angoulême va se transformer en capitale mondiale de la BD. Petit tour d’horizon des nouveautés d’un secteur en pleine expansion.

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Les grands anciens sont toujours à la mode. Après Blake et Mortimer, Tintin ou Lucky Luke, Spirou est en vedette en ce mois de janvier. Pas le héros « officiel » de Vehlmann et Yoann mais celui de la collection parallèle donnant carte blanche à des auteurs confirmés pour proposer leur vision du héros rendu si populaire par Franquin. « Le maître des hosties noires » est la suite de « La femme léopard » de Yann et Schwartz. Les deux auteurs ont décidé de replonger le jeune groom vêtu de rouge dans le Bruxelles d’après-guerre, dans un style rappelant celui de Jijé. Spirou et Fantasio sont au Congo. Accompagnés de la jeune et très jolie Aniota, Africaine qui ne laisse pas Fantasio indifférent, ils veulent rejoindre la province de l’Urungondolo, là où vit la tribu des femmes-léopards. Mais en 1947, peu de temps après la fin de la guerre en Europe, un dictateur local entre en rébellion contre l’ordre colonial belge. Il enrôle un sorcier capable d’animer des fétiches, les transformant en robots-gorilles indestructibles.

Il a également un grand projet : rayer la Belgique de la carte de l’Europe. Pour cela il demande à des savants allemands en fuite de lui construire une bombe avec l’Uranium extrait des mines de sa province.

Autour de cette intrigue dramatique, Yann laisse libre cours à son humour décapant. Il dynamite avec un plaisir évident l’esprit colonial et la folie des nazis. Sans compter les dizaines de clins d’œil à la fameuse BD franco-belge. Un style dans lequel Olivier Schwartz excelle. Il actualise le trait de Jijé, avec un soupçon de Chaland et des compositions de planches d’une clarté exceptionnelle.

■ Un trio pour le Grand Prix

Olivier Schwartz présent à Angoulême le week-end prochain sera sans doute très sollicité par les fans. Son album devrait rapidement gravir les échelons dans les classements des meilleures ventes. Il n’est cependant pas dans la sélection finale dans la compétition du meilleur album de l’année. Une compétition très ouverte, même si deux titres se détachent du lot, « Shangri-La » de Mathieu Bablet chez Ankama et « La légèreté » de Catherine Meurisse aux éditions Dargaud.

Pour le Grand Prix, décerné par l’ensemble de la profession, après un premier vote pour ne garder que les « meilleurs », il ne reste plus que trois noms pour succéder à Hermann (lire ci-dessous). Trois immenses auteurs à la tête d’œuvres ambitieuses et reconnues de tous. Le choix sera particulièrement difficile entre Chris Ware, Cosey et Manu Larcenet.

Ware est le génial américain qui ne se prive d’aucune expérience comme dans « Building Stories » récompensé du prix du Jury en 2012. Cosey, déjà sélectionné l’an dernier dans le trio final, est de nouveau de la partie. Il a signé un étonnant album avec Mickey en vedette l’an dernier. Reste Larcenet, le petit prodige qui a débuté avec des histoires absurdes dans Fluide Glacial puis est devenu un des maîtres du noir et blanc. Sa trilogie, « Blast », est devenue un classique du roman graphique.

Qui sera président ? Réponse le mercredi 25 janvier, à la veille de l’ouverture du 44e festival d’Angoulême.

➤ « Le maître des hosties noires », Dupuis, 14,50 €

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■ LES ALBUMS PHARES DU FESTIVAL

Bouzard dépoussière Lucky Luke

Après Mathieu Bonhomme, c’est Guillaume Bouzard qui a eu carte blanche pour imaginer une aventure décalée de Lucky Luke le cowboy créé par Morris. On retrouve tout ce qui fait le charme de la série, avec l’absurde en plus. Le cow-boy solitaire se brouille avec son cheval, les Dalton lui demandent son aide et Averell... veut se faire poser un anneau gastrique. Du grand n’importe quoi, finement dessiné dans ce style inimitable de jeté-lâché propre au dessinateur de Plageman et Mégabras.

➤ « Jolly Jumper ne répond plus », Lucky Comics, 13,99 €

Puppy, le petit chien zombi

Après avoir illustré Albert Cohen, Luz continue ses recherches tous azimuts. Il signe un très étrange album de plus de 250 pages grand format, entièrement muet. Dans un cimetière pour animaux, une patte sort de terre. C’est Puppy, chien récemment enterré dans ce lieu si tranquille. Puppy ne comprend pas, il perd la tête (au propre) et court après sa truffe. Le chien zombi explore les différentes tombes, redoute les chats errants et va tenter la grande aventure chez les humains. D’une grande beauté, cet album est une nouvelle pierre à la carrière en mouvement de Luz, ancien de Charlie qui a définitivement tourné la page du dessin d’humour.

➤ « Puppy », Glénat, 19,50 €

Série noire à la suédoise

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Tout dessinateur en rêve : une collection à son nom. Philippe Berthet a obtenu cette faveur et puise parmi les meilleurs scénaristes du moment pour signer des histoires complètes très noires. Sylvain Runberg lui a écrit un polar suédois aux airs très américains. Une partie de l’intrigue se déroule au cours du Motorcity, festival mêlant vieux groupes de rock et voitures américaines des années 60. Un milieu que connaît bien l’héroïne, une policière fraîchement sortie de l’école.

➤ « Motorcity », Dargaud, 14,99 €

Amours multiples à Montréal

Julie Maroh a frappé un grand coup dans le monde de la BD souvent très masculine avec son « Le bleu est une couleur chaude ». Succès de librairie devenu film culte sous le titre de « La vie d’Adèle ». Militante de la cause LGBT, elle revient avec un gros recueil d’histoires courtes ayant pour point commun l’amour. L’amour sous toutes ses formes. Dans une préface explicative elle s’insurge contre le cliché « un homme une femme » et va beaucoup effectivement plus loin dans les combinaisons. Beaucoup de tendresse dans ces récits se déroulant à Montréal, ville libre et joyeuse, quelle que soit la période de l’année.

➤ « Corps sonores », Glénat, 25,50 €

L’Afrique de Jean-Denis Pendanx

Pour son premier album en solo, Jean-Denis Pendanx plante ses pinceaux dans cette Afrique qu’il aime tant. Sur plus de 110 pages on suit l’initiation de Kémi, très loin, vers le delta du Niger, un périple étourdi de croyances et de fétichisme, une quête magnifique et tourmentée.

➤ « Au bout du fleuve », Futuropolis, 20 €

 

27/01/2017

Sondage : les Français plébiscitent les grands classiques de la bande dessinée

FRANCO-BELGE. Astérix et Tintin restent les préférés et 41 % des personnes sondées ont acheté une BD dans l’année.

Avec ou sans potion magique, Astérix est le plus fort. Le nouveau volet de l’observatoire de la vie quotidienne des Français porte sur la bande dessinée, à une semaine de l’ouverture du festival d’Angoulême. Le petit Gaulois imaginé par Albert Uderzo et René Goscinny est la BD francobelge préférée pour 50 % des sondés. Il devance Tintin et Gaston Lagaffe. Ce sont les grands anciens qui se taillent la part du lion dans ce classement car on retrouve également nombre de héros nés avant les années 60 comme Lucky Luke, Boule et Bill, Spirou, Blake et Mortimer ou les Schtroumpfs. Seule série relativement récente tirant son épingle du jeu, le Chat de Philippe Geluck précède de peu Titeuf de Zep.

■ La bataille des nouveautés

Les Français ont depuis toujours aimé la BD. Et cette histoire d’amour semble toujours être d’actualité puisque 41 % des sondés affirment avoir acheté une ou plusieurs BD dans l’année écoulée. Ce secteur de l’édition, malgré une surproduction de plus en plus problématique (pas moins de 3 988 nouveautés en 2016), reste très dynamique même si les tirages ont tendance à diminuer. Le match Tintin/Astérix ne date pas d’aujourd’hui. Longtemps sans concurrence, le jeune reporter belge a vu sa suprématie s’étioler dans les années 60 et la naissance d’Astérix dans les pages du journal Pilote.

Paradoxalement, ce match est à son plus haut niveau en cette année 2017. Sortie il y a moins de 15 jours, la version colorisée de « Tintin chez les Soviets », premier titre un peu oublié de la série, a immédiatement pris la tête des ventes, toutes catégories confondues selon le dernier baromètre GFK/Livres Hebdo. Tirée à 300 000 exemplaires, cette BD datant de 1929 bénéficie certainement du phénomène collection. Car le sondage nous apprend que 59 % des Français ont déjà collectionné une ou plusieurs séries.

Astérix ne sera pas en reste. Le Gaulois a l’avantage de proposer des nouveautés tous les deux ans depuis la décision d’Uderzo de passer la main à Ferri et Conrad. Retenez déjà la date : le 19 octobre sortie d’une nouvelle aventure où, selon les premières indiscrétions, Obélix serait particulièrement en vedette. À n’en pas douter, cet album fera partie des 6 BD que les Français lisent en moyenne chaque année, 8 pour la région Occitanie, la plus « bédéphage » avec le Nord et la Bourgogne. 

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Les mangas et les comics peinent à émerger

Dans la compétition entre la vieille Europe, les USA et le Japon, la pré- férence des Français va très largement pour les productions du vieux continent. Ils ne sont que 4 % à préférer les mangas et 3 % les comics. L’invasion annoncée à une époque n’a pas eu lieu. Et les succès en salles des adaptations des aventures des super-héros ne se transforment pas par une razzia sur les histoires originales, souvent écrites par Stan Lee. Benoît Brisefer fait mieux que Superman ou Naruto.

Une impression à nuancer cependant chez les plus jeunes. Là, on sent que les goûts diffèrent un peu. Ils sont 13 % à préférer mangas ou comics aux classiques histoires en 44 planches et couverture cartonnée. Dans l’univers des justiciers américains, Batman s’impose devant Spiderman et Superman. Mais à la question « quel héros de bande dessinée rêveriez-vous être ? », Superman l’emporte devant Wolverine chez les hommes, Wonder Woman chez les femmes.

Côté mangas, Dragon Ball ne fait pas de détails en récoltant 49 % des suffrages, très largement devant Death Note et Naruto. Reste que ces deux catégories, tout en étant minoritaires, concourent pour beaucoup dans le dynamisme du secteur de la BD en France. Chaque mois ce sont des dizaines de nouveaux mangas à très petits prix qui sont proposés aux amateurs et les comics suivent le mouvement. Il est vrai que les productions sont particulièrement importantes dans les deux pays d’origine et souvent peu coûteuses pour les maisons d’édition spécialisées. Et preuve que ces succès sont appelés à s’amplifier, des auteurs français se lancent dans le genre, comme Serge Lehman imaginant des super-héros français, ou Lastman, manga français respectant la pagination (copieuse) et le rythme de parution (rapide) inhérents au genre. 

23/01/2017

BD : Capricorne quitte notre univers

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La série a failli ne pas avoir de fin. Face à une baisse des ventes, Capricorne d’Andréas a été condamné par son éditeur à quatre titres de la conclusion. Une mobilisation des fans sur internet a permis de la relancer et le dessinateur de Rork a pu boucler cette histoire de mondes parallèles et de double vie. Le 20e et dernier volume ne peut pas se lire seul. Par contre pour le passionné qui a suivi l’errance du héros dans différents mondes aux buttes avec des cubes numériques, cavaliers et autres entités masquées, ces 46 pages donnent quantité de réponses. Et des passerelles vers l’autre série, plus ancienne qu’est Rork. Un peu comme si on regardait la dernière saison de Lost sans avoir suivi les vies des protagonistes dans les 70 précédents épisodes. Reste le dessin. A savourer sans modération. Andréas est un maître. Comme le titre de cet album…

➤ « Capricorne » (tome 20), Le Lombard, 12 € 

 

09:51 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : capricorne, andreas, lombard, rork

22/01/2017

BD : Mondes en perditions dans « Orbital »

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Si la science-fiction a tant de succès en bande dessinée, la « faute » au talent de certains dessinateurs. La série « Orbital » par exemple est portée par un scénario efficace de Runberg mais surtout par le dessin incroyablement spectaculaire de Pellé. Comme un Mézières ou un Léo, il semble venir d’un autre monde, de ces planètes peuplées d’aliens aux formes étranges et fascinantes. Chaque case de toutes les planches, en couleurs directes, mérite d’être agrandies et encadrées. De l’art. Tout simplement. Pour ce 7e titre, première partie de la quatrième mission, Caleb l’humain et Mézoké la sandjarr sont en fuite. Ils viennent de subtiliser des larves nakruides réputées pour leur pouvoir de rendre quasi immortel. Mais les Névronomes, des vaisseaux spatiaux vivants, attaquent plusieurs planètes. Seul Caleb peut les comprendre. Il va devoir réintégrer son unité de police de l’espace pour tenter d’arrêter cette guerre.

➤ « Orbital » (tome 7), Dupuis, 14,50 €

 

 

09:41 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : orbital, runberg, pellé, sf, dupuis

21/01/2017

BD : Inépuisable imagination de H. G. Wells

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Considéré par beaucoup comme l’inventeur de la science-fiction, H. G. Wells n’en finit plus d’inspirer les auteurs de BD. Et cette fois c’est une collection complète consacrée à son œuvre qui est lancée par les éditions Glénat. Un seul scénariste pour adapter ces textes, Dobbs, mais plusieurs dessinateurs pour assurer une parution soutenue. Six titres sont annoncés d’ici juin. Les deux premiers permettent de se faire une idée de la philosophie de l’ensemble. Pas de trahison de l’œuvre, au contraire, une grande fidélité est de mise. La machine à explorer le temps, dessinée par Mathieu Moreau, tient en un seul volume. Le héros et inventeur veut convaincre ses amis sceptiques. Lors d’un repas, il s’absente durant quelques minutes. Des minutes qui en réalité durent des mois pour celui qui a découvert l’avenir de notre planète. Même si l’on connaît tout des ressorts de l’aventure, on se laisse prendre par cette magie indémodable. Il en va de même pour « La guerre des mondes » dessinée par Vicente Cifuentes qui verra une seconde partie paraître en mars avec « L’homme invisible » et « L’île du docteur Moreau ».

➤ « La machine à remonter le temps » « La guerre des mondes », Glénat, 14,50 €

 

Sondage : les Français plébiscitent les grands classiques de la bande dessinée

FRANCO-BELGE. Astérix et Tintin restent les préférés et 41 % des personnes sondées ont acheté une BD dans l’année.

Avec ou sans potion magique, Astérix est le plus fort. Le nouveau volet de l’observatoire de la vie quotidienne des Français porte sur la bande dessinée, à une semaine de l’ouverture du festival d’Angoulême. Le petit Gaulois imaginé par Albert Uderzo et René Goscinny est la BD francobelge préférée pour 50 % des sondés. Il devance Tintin et Gaston Lagaffe. Ce sont les grands anciens qui se taillent la part du lion dans ce classement car on retrouve également nombre de héros nés avant les années 60 comme Lucky Luke, Boule et Bill, Spirou, Blake et Mortimer ou les Schtroumpfs. Seule série relativement récente tirant son épingle du jeu, le Chat de Philippe Geluck précède de peu Titeuf de Zep.

■ La bataille des nouveautés

Les Français ont depuis toujours aimé la BD. Et cette histoire d’amour semble toujours être d’actualité puisque 41 % des sondés affirment avoir acheté une ou plusieurs BD dans l’année écoulée. Ce secteur de l’édition, malgré une surproduction de plus en plus problématique (pas moins de 3 988 nouveautés en 2016), reste très dynamique même si les tirages ont tendance à diminuer. Le match Tintin/Astérix ne date pas d’aujourd’hui. Longtemps sans concurrence, le jeune reporter belge a vu sa suprématie s’étioler dans les années 60 et la naissance d’Astérix dans les pages du journal Pilote.

Paradoxalement, ce match est à son plus haut niveau en cette année 2017. Sortie il y a moins de 15 jours, la version colorisée de « Tintin chez les Soviets », premier titre un peu oublié de la série, a immédiatement pris la tête des ventes, toutes catégories confondues selon le dernier baromètre GFK/Livres Hebdo. Tirée à 300 000 exemplaires, cette BD datant de 1929 bénéficie certainement du phénomène collection. Car le sondage nous apprend que 59 % des Français ont déjà collectionné une ou plusieurs séries.

Astérix ne sera pas en reste. Le Gaulois a l’avantage de proposer des nouveautés tous les deux ans depuis la décision d’Uderzo de passer la main à Ferri et Conrad. Retenez déjà la date : le 19 octobre sortie d’une nouvelle aventure où, selon les premières indiscrétions, Obélix serait particulièrement en vedette. À n’en pas douter, cet album fera partie des 6 BD que les Français lisent en moyenne chaque année, 8 pour la région Occitanie, la plus « bédéphage » avec le Nord et la Bourgogne. 

 

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Les mangas et les comics peinent à émerger

Dans la compétition entre la vieille Europe, les USA et le Japon, la pré- férence des Français va très largement pour les productions du vieux continent. Ils ne sont que 4 % à préférer les mangas et 3 % les comics. L’invasion annoncée à une époque n’a pas eu lieu. Et les succès en salles des adaptations des aventures des super-héros ne se transforment pas par une razzia sur les histoires originales, souvent écrites par Stan Lee. Benoît Brisefer fait mieux que Superman ou Naruto.

Une impression à nuancer cependant chez les plus jeunes. Là, on sent que les goûts diffèrent un peu. Ils sont 13 % à préférer mangas ou comics aux classiques histoires en 44 planches et couverture cartonnée. Dans l’univers des justiciers américains, Batman s’impose devant Spiderman et Superman. Mais à la question « quel héros de bande dessinée rêveriez-vous être ? », Superman l’emporte devant Wolverine chez les hommes, Wonder Woman chez les femmes.

Côté mangas, Dragon Ball ne fait pas de détails en récoltant 49 % des suffrages, très largement devant Death Note et Naruto. Reste que ces deux catégories, tout en étant minoritaires, concourent pour beaucoup dans le dynamisme du secteur de la BD en France. Chaque mois ce sont des dizaines de nouveaux mangas à très petits prix qui sont proposés aux amateurs et les comics suivent le mouvement. Il est vrai que les productions sont particulièrement importantes dans les deux pays d’origine et souvent peu coûteuses pour les maisons d’édition spécialisées. Et preuve que ces succès sont appelés à s’amplifier, des auteurs français se lancent dans le genre, comme Serge Lehman imaginant des super-héros français, ou Lastman, manga français respectant la pagination (copieuse) et le rythme de parution (rapide) inhérents au genre. 

16/01/2017

BD : Elles deviennent actrices de leur vie dans "Rôles de composition"

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Etre comédienne dans sa vie professionnelle implique-t-il qu’on l’est forcément dans sa vie privée ? Cette interrogation est en filigrane de « Rôles de composition », album du Canadien Jimmy Beaulieu. Dans une bichromie très recherchée et dépouillée de tout effet ostentatoire, il raconte les errances amoureuses de Noémie. Cette belle jeune femme noire, aux dreadlocks caractéristiques, vivote à Montréal en enchaînant les petits rôles. Elle vit avec Colette, blonde joliment ronde encore étudiante. Mais en réalité elle est fascinée par une actrice, Anna, entraperçue dans un navet intersidéral. Elle va finalement la rejoindre à Berlin. Coup de foudre, coups au cœur, trahison et grandes envolées composent cette dizaine de chapitres d’une grande finesse.

➤ « Rôles de composition », Vraoum, 18 € 

 

15/01/2017

BD : Cache-cache amoureux

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Après Marcel Aymé, Cyril Bonin adapte une nouvelle fois un romancier français. Il se penche cette fois sur « La délicatesse », best-seller de David Foenkinos. Une histoire toute simple, d’amour éternel et de renaissance. Pas évident du tout à retranscrire en images : beaucoup de dialogues, décors inexistants. Alors le dessinateur va particulièrement soigner ses deux personnages principaux. La belle Nathalie et l’atypique Markus. La première, mariée à François assez jeune, travaille dans une entreprise suédoise. Un travail que l’on imagine austère, sans grand intérêt. Pas grave, l’amour permet de tout faire passer. Mais François meurt, écrasé par une voiture lors de son jogging. Nathalie déprime. Mais au bout de quelques mois devient une proie pour les « mâles » du boulot. Elle écarte le directeur mais tombe sous le charme du pâlot Markus. C’est simple et beau comme une histoire d’amour, idéale et délicate.

➤ « La délicatesse », Futuropolis, 17 €