14/01/2017

BD : Femme exigeante, homme affligeant

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A quoi rêvent les femmes de plus de 30 ans ? Réponse en partie dans « Idéal standard », roman graphique de 150 pages signé Aude Picault. Claire, le personnage principal, cherche l’amour. Infirmière dans un service de grands prématurés, elle passe ses journées avec des bébés fragiles. Un bébé, elle y pense souvent. Encore faut-il trouver le bon père. Généralement, ses amourettes ne durent pas plus de trois mois. Elle vient de se faire larguer par un ronfleur. Pourtant elle y croyait cette fois. Déprimée, elle fait une croix sur ses ambitions de bonheur. Jusqu’à sa rencontre avec Franck. Très poilu, mais très sympa. Du moins durant les premiers mois de leur relation. Car rapidement le naturel revient au galop. D’une grande finesse psychologique, cette BD ressemble un reportage intelligent sur la vie des trentenaires d’aujourd’hui. Leurs espoirs et découragements. Claire tient le coup grâce à ses amies. Certaines lui donnent des conseils judicieux. D’autres montrent ce qu’il ne faut pas faire. Difficile pourtant de trouver sa voie, son équilibre. Tous les sujets sont abordés sans tabou, du plaisir sexuel féminin à l’IVG en passant par les relations compliquées avec les parents d’une autre génération. Pas toujours gai, « Idéal standard » se termine pourtant sur une note résolument positive.

➤ « Idéal standard », Dargaud, 17,95 €

 

 

10/01/2017

Bande dessinée : Tintin est de retour au Pays des Soviets, mais en couleur

 

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Paru en 1929 dans les pages du quotidien belge « Le Petit XXe », la première aventure de Tintin bénéficie d’une seconde jeunesse avec la sortie, ce mercredi 11 janvier, d’une version colorisée. Tombée dans l’oubli durant de longues décennies, la première aventure de Tintin n’avait pas encore eu les honneurs d’être publiée dans la collection qui débutait jusqu’à maintenant par le Congo et s’achevait chez les Picaros.

Les péripéties du jeune reporter en Russie étaient, selon Hergé, une œuvre de jeunesse, mal dessinée. Il aurait eu l’intention de la reprendre et de l’améliorer, mais le manque de temps a fait capoter le projet. Après une exhumation de la version en noir et blanc dans la collection des « Archives Hergé », ouvrages de luxe réservés aux amateurs, les éditions Moulinsart et Casterman offrent à ce récit oublié une nouvelle approche avec cette colorisation. Un travail de plusieurs années, cordonné par Michel Bareau, avec la volonté de rendre tout son dynamisme à cette BD d’action. Bolides qui filent, explosion dans le ciel, froid polaire, accidents de trains : les 144 pages donnent l’occasion à Tintin de faire montre de débrouillardise pour se sortir de situations périlleuses.

Si les premières pages sont encore un peu hésitantes, Hergé ne maîtrisant pas encore la représentation de son personnage, il prend rapidement de l’assurance, posant en quelques cases les bases de ce qui deviendra la ligne claire. On se régale des réparties, souvent très ironiques, d’un Milou beaucoup plus autonome que dans les aventures suivantes. Mais si « Tintin au Pays des Soviets » a longtemps été oublié, c’est aussi pour son côté politique. Travaillant pour un journal catholique, le jeune Hergé (il n’a que 21 ans) ne fait pas dans la nuance quand il dénonce les dérives du régime soviétique. Sa sortie aujourd’hui n’offusque plus personne, mais il y a quelques années certaines vérités n’étaient pas toujours bonnes à dire.  

➤ « Tintin au Pays des Soviets » de Hergé, Casterman et Editions Moulinsart, 144 pages couleur, 14,95 €. En vente le 11 janvier. Edition luxe 31,50 €

 

09:47 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tintin, soviets, couleur, hergé, casterman

07/01/2017

BD : Millenium, la suite en BD

 

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Après avoir adapté la trilogie Millénium en six albums, Sylvain Runberg, le scénariste, a obtenu l’autorisation de la famille de Stieg Larsson pour prolonger la vie des deux héros Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander. « Millenium Saga », série dessinée par Belen Ortega, se passe quelques mois après le procès de Lisbeth. Elle s’est retirée sur une île en Suède et avec quelques amis hackers tente de casser les codes du nouveau centre numérique des services secrets. Blomkvist de son côté enquête sur le phénomène Sten Windoff, leader de la nouvelle extrême droite. Comme chez nous, Windoff a tout fait pour dédiaboliser son parti politique. Mais cela n’efface pas ses exactions. Les deux histoires vont finalement se croiser et donner l’occasion à Mikael et Lisbeth de reformer le duo improbable mais diablement efficace.

➤ « Millenium Saga » (tome 1), Dupuis, 14,50 €.

 

 

06/01/2017

BD : Lanfeust se féminise à tout va

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Ce n’est plus Lanfeust Odyssey mais « Lanfeust au féminin ». La troisième saison des aventures d’Arleston et Tarquin, donne de plus en plus d’importance aux personnages dits (à tort) du sexe faible. Alors que la méchante Lylth dévore les enfants pour y puiser sa force, Lanfeust en mauvaise posture est sauvé par sa femme, la princesse Cixi. Il a au passage dû abandonner ses quatre autres épouses restées sur Troy. Quand il y retourne, accompagné de Cixi, la tension est palpable entre l’ancienne et les nouvelles femmes du héros. Mais dans ce 8e titre de la série, c’est une autre femme qui se taille la part belle de l’aventure : Tseu-Hi la gardienne. Sur son dragon, la mercenaire va changer de vie une fois qu'elle est choisie par le Magohamoth, animal source de toute la magie de la planète. Un épisode un peu plus sombre, idéal pour relancer l'intérêt du lecteur.

 

➤ « Lanfeust Odyssey » (tome 8), Soleil, 14,50 €. 

 

09:55 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lanfeust, arleston, tarquin, soleil, troy

02/01/2017

BD : Deux Anglais (Blake & Mortimer) et Shakespeare

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Le nouvel album de Blake et Mortimer signé Yves Sente (scénario) et André Juillard (dessin) va ravir tous les passionnés de Shakespeare. Nos deux héros se retrouvent lancés dans une course contre la montre trépidante. Si l’aventure débute à Londres, l’intrigue principale se déroule à Venise. Quelques riches lettrés, lors d’une soirée, tentent de résoudre un mystère lié à la vie de Shakespeare. Blake et Mortimer s’y retrouvent mêlés en raison de leur amitié pour Sarah Summertown, par ailleurs présidente de la William Shakespeare Defenders Society. Le professeur va notamment enquêter en Italie, pays qui aurait une importance capitale dans la vie et l’œuvre du grand dramaturge anglais. Si l’album manque un peu d’actions spectaculaires et d’inventions étonnantes, il est cependant passionnant, un peu dans la lignée de « L’affaire du collier », avec un gros volet historique tout à fait crédible, bien qu’entièrement inventé par Sente. Juillard au dessin, est toujours aussi fidèle et Jacobs, tout en arrondissant, voire humanisant ces personnages désormais immortels.

➤ « Les aventures de Blake et Mortimer » (tome 24) , éditions Blake et Mortimer, 15,95 €.

 

30/12/2016

BD : La magie à portée de tapis

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Superbe album que ce « Maître des tapis » écrit par Olivier Bleys et dessinée par Alexis Nesme. Format extra large pour histoire toute simple, digne des meilleurs contes du temps passé. Dans une Russie médiévale, Fedor sillonne le pays pour vendre les tapis fabriqué par sa femme et sa fille. Mais certains sont magiques et si l’on connaît les bonnes incantations, on peut voler avec. Cela permet à Fedor de sauver Danil, un jeune braconnier poursuivi par les hommes du boyard. Fedor recueille Danil chez lui et ce dernier tombe amoureux de la fille du marchand. Ce grand album, à faire lire par les enfants, voire à lire aux plus petits, offre de plus un pop-up à construire. Une reconstitution de la datcha enneigée du « Maître des tapis » donnant encore plus de relief aux enluminures d’Alexis Nesme.

➤ « Le maître des tapis », Delcourt, 14,50 € 

 

29/12/2016

BD : Léo de retour au pays

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Léo, dessinateur et scénariste formidable créateur de mondes (Aldébaran, Bételgeuse...), s’il a fait l’essentiel de sa carrière en France, est originaire du Brésil. Un pays qui n’est désormais plus totalement absent de son œuvre puisqu’il signe avec Rodolphe au scénario et Marchal au dessin, un troisième cycle de « Kenya » se déroulant en Amazonie. Kathy Austin, membre des services secrets anglais, rentre juste de ses pérégrinations africaines qu’elle doit repartir pour l’Amérique du Sud. Un pasteur vivant dans un dispensaire loin de toute civilisation, a recueilli un photographe mourant. Sur sa dernière pellicule, la photo d’un immense humanoïde à la peau blanchâtre. Un extraterrestre ? C’est la mission de la belle et intrépide Kathy qui retrouve sur son chemin le pilote d’avion américain Hank Grabble mais également quelques anciens nazis (l’histoire se déroule en 1949) et un consul anglais pittoresque au langage incroyablement grossier. Un premier tome très prometteur, entre science-fiction et espionnage.

➤ « Amazonie », Dargaud, 11,99 €

 

27/12/2016

BD : Un «faux» Jeremiah... sans Jeremiah

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Fin janvier, le festival d’Angoulême rend hommage à Hermann couronné Grand Prix en 2016. En plus de la réédition de ses plus grands succès (Bernard Prince, Comanche), le dessinateur belge continue à produire deux albums par an. Infatigable, même s’il n’a plus toute la dextérité de ses meilleures années. S’il poursuit les aventures de Jeremiah en solitaire, ses autres albums « one shot » sont souvent signés de son fils, Yves H. C’est le cas du « Passeur » qui se déroule dans un monde postapocalyptique, très semblable à celui traversé par Jeremiah et Kurdy (ils font même une apparition en début d’histoire). Un couple s’arrête dans une petite ville. Ils ont un plan et de l’argent. Trouvés sur un cadavre. Avec l’espoir de rejoindre le « Paradize », promesse de vie plus douce. Quand ils trouvent enfin le Passeur, ce dernier retient la femme en otage et réclame deux fois plus d’argent. L’homme va se maudire, la femme perdre gros et le Passeur voir la possibilité d’une rédemption. C’est très sombre, pas optimiste pour un sou, parfois un peu compliqué et trop basique dans l’intrigue mais cela reste de la très grande BD par un maître de la couleur directe qui profite de cet album pour faire des expériences entre aquarelle et acrylique.

➤ « Le passeur », Dupuis, 15,50 €

 

26/12/2016

BD : Prise de tête métaphysique

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Marc-Antoine Mathieu aime innover. Après des albums de BD où il jouait avec les formes, le papier, les surimpressions voire la 3D, il revient au récit plus classique. Format à l’italienne, un seul personnage, pas de dialogues mais un texte narratif sous chaque case. C’est un peu austère au premier abord, mais rapidement on plonge dans cette histoire de recherche d’identité. Un artiste contemporain, après une nouvelle performance dans un musée, se retrouve sans inspiration. Il découvre dans la maison de ses parents récemment décédés une malle contenant du matériel informatique. Ce sont toutes les minutes de ses sept premières années. Il se retire dans un lieu isolé et se plonge dans ce passé dont il ne se souvient pas. Une naissance à rebours qui lui permet (au lecteur également) de se demander « pourquoi sommes-nous celui que nous sommes ? » Un peu prise de tête parfois, mais édifiant quant à la démarche artistique de l’auteur et, en creux, de tout artiste voulant laisser une trace.

➤ « Otto, l’homme réécrit », Delcourt, 19,50 €

 

25/12/2016

BD : Prise de tête physique 

 

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Si vous regrettez les gags signés Claire Brétécher ou les dessins de Reiser, précipitez-vous sur ces « Scènes de la vie hormonale » signées Catherine Meurisse. La dessinatrice de Charlie Hebdo excelle dans ces petites tranches de vie où parfois elle se met en scène. Et si ce n’est pas elle, cela y ressemble... Après l’attentat, la rescapée a mis longtemps avant de réapprendre à vivre. Un long combat contre elle-même raconté dans « La légèreté ». Et puis elle s’est remise à dessiner et raconter ces petites histoires tournant toujours autour du sexe. Ce pourrait être simple, c’est forcément compliqué. Les trentenaires d’aujourd’hui sont passés à la moulinette de son regard aiguisé. Des femmes toujours insatisfaites aux amants de passage en passant par celles qui se veulent mère et maîtresse, les relations sont toujours prétexte à réflexion. On rit beaucoup par la justesse. On croit parfois qu’elle Exagère, mais trop souvent ces personnages existent bel et bien. 80 pages qui résument fidèlement l’état de désir physique d’une certaine France, celle des bobos et autres hipsters des grandes villes. A lire comme un livre d’anthropologie...

➤ « Scènes de la vie hormonale », Dargaud, 17,95 €

 

21/12/2016

BD : Prise de tête hasardeuse

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Aux USA, « La Loterie », nouvelle de Shirley Jackson parue à la fin des années 40 est très connue. En France, ce texte est quasiment inconnu. On ne dévoilera donc pas ici le final d’une histoire qui ne laisse personne indifférent. Dans une petite ville de province, tous les habitants se préparent à la loterie annuelle. Dans une urne, des papiers vierges sont déposés. Un seul est marqué d’un rond au crayon de papier. Celui qui le tire remporte cette fameuse loterie. Pour illustrer ce monde paysan américain du milieu du XXe siècle on retrouve devant la table à dessin le propre petit-fils de la romancière, Miles Hyman. Ses aquarelles et dessins aux tons pastel donnent une force étonnante à un récit qui restera longtemps dans les mémoires.

➤ « La loterie », Casterman, 23 € 

 

17/12/2016

BD : Mercenaires humanitaires

Le discours officiel est toujours le même : « Pas de paiement de rançon en échange de la libération d’otages ». La réalité est souvent différente. C’est le début du premier tome de « Tiago Solan », série écrite par Nathalie Sergeef et dessinée par Fabio Pezzi. Tiago Solan, militaire français en mission en Afghanistan, a pour mission de récupérer des otages occidentaux. L’opération se déroule sans le moindre problème. Comme si tout était arrangé à l’avance. Seul problème, un des hommes de Solan perd une jambe sur une mine antipersonnelle. Trois années plus tard, de retour dans le civil, l’ancien militaire est contacté par une journaliste italienne. Elle veut qu’il l’(aide à coincer l’homme qui a négocié avec les ravisseurs. Car il y avait bien un rançon et il en a touché une bonne partie. Histoire de vengeance, d’humanitaire et de mercenaires, la série est digne des meilleurs films d’actions américains.

➤ « Tiago Solan » (tome 1), Glénat, 13,90 € 

 

 

 

16/12/2016

BD : Virus en cavale

 

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Orpheline de Jean Van Hamme, Lady S poursuit sa route sous la seule responsabilité d’Aymond, le dessinateur qui s’est improvisé scénariste. Ce 12e tome marque une évolution notable dans la vie de la mystérieuse héroïne : elle va intégrer la CIA. Pourtant elle n’a que peu de sympathie pour cette organisation aux méthodes souvent troubles. Preuve en est son implication dans la recherche d’un dangereux virus, mis au point aux USA, mais volé et inoculé à toute la population d’une petite ville mexicaine. La belle va devoir comprendre qui a volé l’arme chimique fatale la récupérer et sauver les innocents. En 48 pages ce n’est pas toujours évident mais Aymond maîtrise parfaitement le découpage et les ellipses. De la BD d’aventure contemporaine digne des grands ancêtres que sont Bernard Prince ou Bruno Brazil.

➤ « Lady S » (tome 12), Dupuis, 12 €

 

 

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15/12/2016

BD : Cauchemar paranoïaque

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Pas la peine de présenter Frank Thilliez. Ce romancier français a multiplié les succès d’édition ces dernières années, s’affirmant comme un maître du thriller. La télévision lui a fait les yeux doux, le cinéma aussi, adaptant certains de ses romans. Logiquement, c’est maintenant la BD qui se penche sur l’œuvre de cet auteur nordiste. « Puzzle », paru chez Fleuve Noir en 2013, se transforme en gros album de BD de plus de 200 pages dessinées par Mig. Cela commence comme un jeu. Le personnage principal, jeune adulte amateur de jeux de rôles, tente avec son ancienne petite amie d’intégrer Paranoïa, un projet ludique avec 300 000 euros à la clé. D’entrée la tension est palpable. Car Ilan a tout du malade mental à tendance paranoïaque. Il est persuadé d’être surveillé et ses cauchemars sont sanglants. Il parvient finalement à faire partie des huit finalistes et se retrouve avec ses adversaires enfermé dans un ancien hôpital psychiatrique. Là, il va petit à petit remettre en place les pièces du puzzle et comprendre que le jeu n’en est pas vraiment un. Dessin réaliste parfait, découpage millimétré, cette première incursion de Franck Thilliez dans l’univers de la BD est une belle réussite.

➤ « Puzzle », Ankama, 19,90 €

 

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12/12/2016

BD : Le garagiste mène l’enquête

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Bruxelles dans les années 50. Une chanteuse de cabaret, en rentrant tard chez elle, est abattue d’une balle dans le cœur. A la lecture du fait divers, Robert Sax, garagiste, est bouleversé. Il y a quelques années, sa jeune épouse a été assassinée de la même façon. Il délaisse l’atelier pour se lancer dans une enquête mouvementée où le trafic de drogue, déjà, conditionne les guerres entre gangs. Ce polar, plein de nostalgie, tel un bon Simenon, nous balade d’une piste à l’autre. Rodolphe est au scénario, Alloing au dessin. Ce dernier, dans une ligne claire élégante, est un vieux routier de la BD. Il a nombre d’albums Bayard à son acti comme Marion Duval ou les Moineaux.

➤ « Robert Sax » (tome 2), Delcourt, 14,50 € 

 

11/12/2016

BD : L’Europe face aux Martiens

 

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Nouvelle série pour Richard D. Nolane, le scénariste qui monte. Comme souvent, il mélange science-fiction et histoire, le tout sur fond guerre et d’action militaire. Quelques années avant le début de la première guerre mondiale, un astéroïde s’écrase en Sibérie. En réalité ce serait un vaisseau spatial venu de Mars selon le Professeur Challenger, le personnage principal du Monde perdu de H. G. Wells. Scepticisme des savants. En 1916, alors que le conflit s’enlise dans les tranchées de Verdun, une énorme déflagration anéantit le fort de Danrit. Une coup des Allemands ? Non, l’émergence d’un engin d’acier enfoui au plus profond de la terre. Il se positionne dans le no man’s land et reste intact malgré le pilonnage de l’artillerie des deux camps. Sur des dessins de Vladetic, Nolane vient d’imaginer l’entrée d’un troisième belligérant : les Martiens. Français et Allemands vont devoir s’allier pour tenter de survivre. Original et spectaculaire.

➤ « La grande guerre des mondes » (tome 1), Soleil, 14,50 €

 

 

10/12/2016

BD : Baudouin sauve l’Occident

 

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Si Tintin avait eu un fils, ce serait Scott Leblanc. Le jeune journaliste français, bête comme ses pieds, devient le héros d’une série d’aventures aussi ridicules que rocambolesques. Ce reporter, spécialisé dans les ragots des célébrités et la vie des animaux, a déjà parcouru le monde dans les trois premiers albums écrits par Philippe Gelluck et dessinés par Devig. Après la Polynésie, les USA et l’Indochine, Scott se rend en Belgique pour interviewer le roi des Belges. L’action se déroulant dans les années 60 en pleine guerre froide, c’est le jeune Baudouin qui a les honneurs de la presse. Un roi convoité également par des comploteurs nazis. Ils l’enlèvent et le remplacent par un sosie pour permettre le retour au pouvoir de l’abominable Degrelle. Totalement farfelu, ce récit a pourtant un fond de réalisme. Mais le meilleur reste le total décalage entre l’importance de l’enjeu et la bêtise crasse du prétendu héros. Réjouissant.

➤ « Les aventures de Scott Leblanc » (tome 4), Casterman, 12 €

 

05/12/2016

BD : La force des premiers Américains, de véritables "Rebels"

 

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La victoire de Trump à la présidentielle US est un signe du patriotisme fort de bon nombre d’Américains. Rebels, série écrite par Brian Wood et dessinée (entre autres) par Andrea Mutti, raconte comment de simples colons, paysans et chasseurs, ont décidé de se dresser face aux exigences de l’empire britannique. On suit ici Seth Abott, forestier membre des Green Mountain Boys, qui va harceler les tuniques rouges du roi Georges jusqu’à leur départ. Un gros récit de plus de 270 pages décrivant avec réalisme l’existence de ces hommes et femmes qui ont souvent payé de leur vie une certaine idée de la liberté.

➤ « Rebels », Urban Comics, 22,50 € 

 

04/12/2016

BD : Batailles en musique

 

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Il est des dessinateurs qui ne font pas trop de bruit malgré un talent qui leur permettrait de clouer le bec à 95% des illustrateurs de la place. Florent Maudoux, efficace et rapide, a de plus développé son propre monde et n’en dévie pas. «Freaks’ Squeele» ne lui suffisant plus, il s’est lancé, toujours pour le Label 619, dans le récit de l’enfance de Funérailles. On retrouve dans ce troisième tome le jeune médecin occupé à creuser des tranchées pour y ensevelir tous les soldats morts. Il finira par rejoindre Pretorius, son frère, le futur grand guerrier. Son arme : un violon. Il affrontera les meilleurs tueurs de Psamathée de la Mantis et sa légende débutera. Très guerrier, ce cycle achevé, Florent Maudoux promet à ses lecteurs une suite shojo, soit plus spécialement destinée au public féminin.

➤ «Freaks’ Squeele Funérailles» (tome 3), Ankama, 14,90 €

 

 

03/12/2016

BD : Enfants seuls dans les limbes

 

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Série phénomène de ces dix dernières années, « Seuls » garde en haleine ses lecteurs grâce à une déferlante de péripéties. L’idée de départ de Fabien Vehlmann, le scénariste, est de placer cinq enfants seuls dans une ville déserte. Succès aidant, il a creusé l’idée, trouvé des explications et multiplié les situations désespérées. Deux cycles plus tard, «La machine à démourir», 10e titre de la série, lance un nouvel arc narratif. On retrouve tous les héros dans les limbes car morts presque au même moment. Séparés, ils ont des parcours très différents. On suit plus particulièrement Kelly, le plus jeune et naïf. Accompagné du Maître des couteaux, il trouve refuge dans un salon du jouet. Un vrai bonheur pour lui, mais rapidement il se retrouve avec une nouvelle ennemie et risque de perdre son dernier ami. Gazzotti au dessin fait toujours des miracles, entre horreur et pays des joujoux. Les fans pourront retrouver leurs héros, en chair et en os, le 8 février prochain, pour l’adaptation cinématographique de cet univers unique.

➤ « Seuls » (tome 10), Dupuis, 10,60 €

 

 

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