28/11/2016

BD : Femme parfaite virtuelle

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Dans un futur proche, la vie quotidienne est rythmée par l’omniprésence des robots. Des humanoïdes plus vrais que nature qui servent à tout. Alex, le personnage principal de cette série de comics écrite par Sarah Vaughn et dessinée par Jonathan Luna, solitaire et introverti, a des difficultés pour s’intégrer. Sa grand-mère, riche et audacieuse, décide de lui offrit un X5, robot dernière génération totalement dévoué à son propriétaire. Un robot féminin en l’occurrence qu’Alex baptise Ada. Mais cette dernière est totalement dépourvue de personnalité. Son maître va s’aventurer dans les arcanes des réseaux de hackers pour « réveiller » sa conscience, pour la rendre indépendante, au risque de la perdre. Il y a un peu de « Her » dans cette BD très moderne, avec un peu de « Mr Robot » et un soupçon de « Blade Runner ». Le résultat est passionnant et donne envie de découvrir vite (parution en 2017) les deux autres tomes de la trilogie.

➤ « Alex + Ada » (tome 1), Delcourt, 15,50 €

 

 

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27/11/2016

BD : La musique des Dieux

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Le postulat de base de cette série très personnelle de Kieron Gillen (X-men, Star Wars…) est d’une simplicité extrême : les rockstars sont les nouveaux Dieux. Dessinée par Jamie McKelvie, « The Wicked + The Divine » raconte comment une simple groupie va se retrouver au centre d’un combat sanglant entre Dieux. Elle admire Luci (le clone de David Bowie) mais cette dernière se retrouve emprisonnée car suspectée d’avoir tué de simples mortels. Il y aussi l’intervention d’une simili Beyoncé, d’un Prince... Mais ces Dieux savent que leur temps est compté. Car s’ils sont adulés et célèbres, leur présence sur terre se limite à quelques années. Une immortalité qui passe par de multiples réincarnations. Pas toujours simple à comprendre, cette BD passionnera ceux qui connaissent leurs classiques rocks par cœur.

➤ « The Wicked + The Divine » (tome 1), Glénat, 17,50 €

 

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26/11/2016

BD : Abba, source d’inspiration permanente

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Que l’on aime ou pas, on connaît forcément le groupe Abba. Super star des années 70, le quatuor suédois, avec ses tubes planétaires, a marqué plusieurs générations. Et au-delà si l’on en croit cet album signé de Maarten Vande Wiele, jeune auteur belge flamand, qui signe un roman graphique aux dessins stylisés et couleurs acidulées. De nos jours, dans une petite ville de la côte belge, trois jeunes viennent de créer un groupe de musique reprenant les grands succès d’Abba. Mais il leur manque une « Frida », la chanteuse brune. AnneLène, vendeuse dans un magasin d’habits, chante à l’occasion. Elle vient de quitter son mec, déprime un peu et se dit que faire partie de ce groupe de passionnés ne peut pas la faire tomber plus bas. L’album raconte de façon très humaine la formation du groupe, les galères du début, les premiers succès et les tensions. Car comme dans la véritable histoire d’Abba, des histoires de coucheries perturbent la bonne marche de la machine à danser. Très rafraîchissant et authentique, une BD qui vous remettra Money ou Waterloo en tête…

➤ « Abba cherche Frida », Vraoum, 20 €

 

 

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21/11/2016

BD : Vincent, un saint au temps des mousquetaires

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Martin Jamar, dessinateur maniant la couleur directe comme personne, n’a quasiment travaillé que sur des scénarios de Jean Dufaux. Une équipe rodée qui, après des séries longues, semble avoir cherché plus de légèreté dans « Vincent », épisode de la vie de Saint Vincent de Paul dans ce Paris de 1643. Le saint homme, à l’époque, n’est qu’un simple prêtre, fondateur de la première Confrérie de la Charité. Aider les pauvres, voilà son sacerdoce au quotidien. Ce long album de plus de 60 pages, suivi d’un texte d’éclairage historique, raconte comment Vincent aide filles de la rue, enfants abandonnés et clochards au passé sombre. Sans distinction, juste au nom de cette charité qui déjà à l’époque donnait bonne conscience aux puissants et privilégiés.

➤ « Vincent », Dargaud, 21,50 € 

 

09:36 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vincent, saint, jamar, dufaux

20/11/2016

Cinéma : Polina, tiré d'une BD de Bastien Vivès

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Il fait partie des dynamiteurs de la bande dessinée actuelle. Bastien Vivès comme nombre d’auteurs de sa génération a débuté par un blog. Des histoires courtes, souvent avec le même dessin répétitif, et des dialogues entre surréalisme et absurde. Un ton unique, rapidement repéré par les éditeurs, notamment Casterman. Son dessin entre brouillon et estampe, lui permet d’enchaîner les romans graphiques à succès. « Le goût du chlore », « Dans mes yeux » puis le très réussi « Polina ». Bastien Vivès, invité d’Augustin Trapenard sur France Inter le 2 novembre, a reconnu avoir eu « très très peur » de voir l’adaptation de sa bande dessinée au cinéma. « Mais je peux dire que je l’aime », a-t-il ajouté aussitôt. Surfant sur le succès, Bastien Vivès travaille désormais en équipe. Il a publié « La grande Odalisque » (Dupuis), sorte d’hommage intello au dessin animé « Cat’s Eye » puis « Lastman » (Casterman), manga à la française qui vient de s’achever avec le 9e tome avant d’être adapté en dessin aimé si la campagne de crowfunder est un succès.  

 

19:25 Publié dans BD, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polina, vives, casterman

BD : les aventuriers du passé du "Chronosquad"

 

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Efficacité, lisibilité, rapidité. Le premier tome de « Chronosquad », nouvelle série dessinée par Panaccione sur un scénario de Giorgio Albertini se dévore malgré ses 240 pages très copieuses. Et si vous refermez l’album, frustré de ne pas en connaître immédiatement la suite, rassurez-vous la saga (qui fera au total plus de 800 pages) sera bouclée dans l’année, l’épisode 2 étant programmé dès janvier. Dans un futur proche, la mode sera de passer ses vacances dans le passé. Des voyages dans le temps, surveillés par les agents du Chronosquad, sorte de police d’élite qui, en plus de connaissances en armes et combat au corps à corps, doit être experte en Histoire et langues anciennes. Bloch Telonus, va enfin intégrer cette institution. Spécialiste du Moyen âge il est pourtant expédié en Égypte ancienne. Deux jeunes viennent de fuguer d’un camp de vacances. Deux adolescents, avec portables derniers cris, au milieu des tribus sur le Nil... Bloch, maladroit et un peu obsédé, va vite déchanter. Son rêve est un véritable cauchemar. Et visiblement, les voyages dans le passé ne forment pas la jeunesse.

➤ « Chronosquad » (épisode 1), Delcourt, 25,50 €

 

19/11/2016

BD : "No Body", histoires d'un tueur

 

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Les séries bouclées rapidement, comme des saisons de feuilletons télé, s’imposent dans le monde de la BD. Même des auteurs français se plient à ces exigences de rapidité. Christian De Metter, après avoir adapté des romans (Shutter Island et Au-revoir là-haut) se lance en solo dans un thriller américain. Tout commence dans une prison du Montana. Une jeune psychologue vient dresser le profil d’un homme de 57 ans accusé d’avoir tué et découpé en morceaux son coéquipier. Mais il a fait beaucoup plus selon ses dires. Mis en confiance il raconte comment il est devenu ce monstre à sang-froid, capable du pire. Le premier épisode se déroule durant les années 60, quand la jeunesse américaine se rebellait contre la guerre du Vietnam. Dessiné d’un trait nerveux avec juste ce qu’il faut de réalisme, la BD prévue en quatre volumes, bénéficie d’une mise en couleurs qui renforce le côté sombre du récit. Une belle réussite dont la suite est annoncée en avril prochain.

➤ « No Body » (épisode 1), Soleil Quadrants, 15,95 €

 

16/11/2016

De choses et d'autres : La super Lune est signée Hergé

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Entre 700 000 et 900 000 euros. Telle est l’estimation de la planche de l’album « On a marché sur la Lune » des aventures de Tintin et Milou mise en vente samedi à Paris par Artcurial. Près d’un million d’euros pour une feuille de papier de 50 cm de haut et 30 de large, recouverte de 12 cases dessinées en noir et blanc.

La société de ventes aux enchères explique dans son catalogue, après avoir décrit l’œuvre : « Cette planche peut se résumer tout simplement par « on a marché sur la Lune ! » Objectivement, je me demande si ce prix exorbitant est justifié. Car à la base, n’oublions pas qu’il ne s’agit que de bande dessinée, destinée à être publiée dans une revue puis en album. Une histoire déjà imprimée à des millions d’exemplaires. Réalisée en 1954, la planche n’est même pas signée par Hergé. Il se peut d’ailleurs qu’il n’en ait que supervisé la réalisation finale par les membres de son studio (à l’époque Bob de Groot, Jacques Martin ou Roger Leloup) sollicités pour redessiner les anciens albums mais également permettre au maître de tenir les délais.

Sans compter qu’il ne s’agit que d’un assemblage de cases, car la version album a dû être réduite pour rester dans les 62 pages classiques. Bref, même si ces dessins ont fait rêver des millions de gamins, il ne s’agit pas réellement d’un « original » de Hergé. Juste une douce folie pour un nostalgique suffisamment riche pour l’accrocher dans son salon. 

10:45 Publié dans BD, Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hergé, tintin, lune, enchères

15/11/2016

BD : Sangre, une vengeance en sept parties

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Nouvelle héroïne dans l’univers de Troy issu de l’imagination foisonnante d’Arleston. Sangre est une fillette dans les premières pages de l’album dessiné par Adrien Floch (Les naufragés d’Ithaq). Elle accompagne ses parents en chemin pour vendre leur production agricole. Une bande d’écumeurs les attaque. Le père et le frère de Sangre sont assassinés sous ses yeux, sa mère enlevée par cette bande de sept sauvages chevauchant des dragons. Dès lors, Sangre n’a qu’une idée, se venger. On la retrouve adulte, dotée du pouvoir de figer le temps, sur la trace d’un prêtre qui a aidé les tueurs. Une série d’Arleston un peu plus sombre, moins comique, mais très prenante. Huit tomes sont prévus pour clore le premier cycle.

➤ « Sangre » (tome I), Soleil, 14,95 €

 

10:34 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sangre, arleston, floch, soleil, lanfeust, troy

14/11/2016

BD : Le nouvel Ulysse est une femme

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A l’heure des romans graphiques trop souvent au dessin bâclé par manque de temps, saluons les 272 pages des « Voyages d’Ulysse » écrites par Sophie Michel et dessinées par Emmanuel Lepage avec l’adjonction de tableaux et esquisses de René Follet. Jules Toulet, jeune peintre sans le sou, voyage dans la Méditerranée. Il embarque sur le navire de Salomé dont le port d’attache est Santorin en Grèce. La jeune femme recherche un peintre, un certain Ammôn, spécialisé dans les représentations des classiques grecs. Cette belle histoire où Lepage est Toulet et Ammôn, Follet, son maître dans la vraie vie, est aussi celle d’une femme qui se comporte comme un homme dans un monde très machiste. On pourrait rester de longues minutes devant chaque dessin, planche et esquisse tant les deux illustrateurs sont talentueux. Des originaux que l’on peut admirer jusqu’au 16 novembre à la galerie Daniel Maghen, 47 quai des Grands-Augustins, à Paris

➤ « Les voyages d’Ulysse », Daniel Maghen éditions, 29 €

 

 

13/11/2016

BD : Les Tuniques Bleues, entre 60e album et hommage des nouvelles générations

 

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60 ! Le compte est bon. Le 60e album des Tuniques Bleues vient de paraître. Lambil et Cauvin continuent la saga de Blutch et Chesterfield avec une régularité parfaite. Malgré l’âge, 78 ans pour le plus jeune, 80 pour le plus âgé. Alors certes on ne retrouve plus la fraîcheur et l’humour du début, mais le côté madeleine fonctionne parfaitement. D’autant que « Carte blanche pour un Bleu » donne l’occasion à Blutch de revisiter quelques décors cultes et retrouver des personnages marquants. Le tout pour rendre la mémoire à un Chesterfield devenu amorphe depuis une énième charge.

 

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On peut lire ce 60e titre en parallèle avec le recueil d’histoires courtes réalisé par quelques « jeunes » des éditions Dupuis. Des versions comiques (Sti, Dutto, Pau, Munuera) d’autres plus réalistes et sombres comme cette charge contre l’esclavagisme de Schwartz ou la protection des Indiens par Renaud Collin. Des hommages comme pour mieux prendre conscience de la richesse de cet univers qui a débuté en 1968 dans les pages du journal Spirou, soit bientôt un demi-siècle.

➤ « Les Tuniques bleues » (tome 60), Dupuis, 10,60 €

➤ « Des histoires courtes des Tuniques Bleues par… », Dupuis, 19 €

 

 

07/11/2016

Ces femmes-là, elles sont « super » !

comics,stan lee,super hérosSUPERHÉROS. Au commencement il n’y avait que des hommes : Superman, Batman, Spiderman. Et puis les femmes ont, elles aussi, eu des super pouvoirs. Bonnes à la castagne, effrontées et souvent très belles, elles s’imposent dans un monde beaucoup moins macho qu’il n’y parait.

 

Décembre 1941, un nouveau personnage entre avec fracas dans l’univers des super héros qui se cantonnent à cette époque dans les comics publiés aux USA. La princesse Diana est une Amazone. Seule sur son île paradisiaque, elle voit débarquer un aviateur américain. Ce dernier l’emmène dans son mode et elle devient Wonder Woman. La première super héroïne vient de naître. Le succès est immédiatement au rendez-vous et la jolie brune armée d’un lasso magique et des ses bracelets anti-balles, obtient six mois plus tard un titre spécifique à son nom. La consécration. Dans ce monde exclusivement masculin des super héros américains, cette première femme dotée de pouvoirs va rapidement se transformer en apôtre du féminisme. Même si au fil des décennies (et d’une certaine « morale » typiquement américaine) elle a parfois été réduite à une simple femme au foyer... Dans les années 70, Wonder Woman franchit un nouveau cap avec la série télévisée où le rôle titre est incarné par Linda Carter. Totalement kitch, mais plein de charme un demi-siècle plus tard. L’an prochain, au début de l’été, le film « Wonder Woman » devrait confirmer que les femmes aussi peuvent attirer les foules. Le personnage, interprété par Gal Gadot, a déjà fait une apparition dans le récent « Batman VS Superman ». Mais cette fois elle sera la vedette incontestée d’un long-métrage réalisé par Patty Jenkins.

■ Girl power

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Même si les comics, comme la société en général, sont loin de la parité, les femmes occupent de plus en plus d’espace. Que serait Superman sans Loïs Lane ? Spider- man serait-il si cool s’il n’y avait pas la belle Mary ? Mais ce ne sont que des rôles annexes. Importants mais surtout de fairevaloir. Pourtant les femmes ayant des pouvoirs sont légion dans les « teams ». Parmi les Avengers on trouvez la Guêpe dans la série dessinée et la Veuve Noire dans les films sortis ces dernières années. Un quart des quatre Fantastiques est féminin. Paradoxalement c’est la femme invisible... Chez les super-vilains aussi les femmes sont de plus en plus présentes. La dernière en date, qui a crevé l’écran cet été dans «Suicide Squad» a un parcours complexe. Comme si la psychologie féminine était forcément plus élaborée que celle des mâles bêtement primaires. Harley Queen (Margot Robbie) est à la base une psychiatre folle amoureuse du Joker, ennemi mortel de Batman. Mais elle parviendra à se défaire de son emprise pour devenir la bad girl dont on rêve tous de devenir amoureux. Provocante et effrontée, ce n’est pas elle qui va faire la vaisselle en plus de ses missions. Elle incarne à la perfection l’avenir des super- héroïnes : des femmes fortes et à la personnalité développée. Il y en aura de plus en plus dans l’univers foisonnant des super héros. Comme dans la vraie vie, on l’espère... 

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 Stan Lee, le maitre-étalon des comics

comics,stan lee,super hérosIcône de la Pop culture américaine, Stan Lee fait partie de ces auteurs qui n’ont obtenu une reconnaissance mondiale que sur la fin de leur carrière. Scénariste de bande dessinée, il a longtemps pondu des kilomètres d’intrigues, toutes plus alambiquées les unes que les autres, multipliant les personnages et les coups de théâtre. Nouveau feuilletoniste de la fin du XXe siècle, son génie a finalement été admis quand des chercheurs et exégètes ont analysé les mondes imaginaires qu’il a mis sur pied. Pour la première fois, un Français se penche sur le phénomène. Jean- Marc Lainé signe une biographie critique sur cet « Homère du XXe siècle ». Celui qui a quasiment tout créé de l’univers Marvel, de Spider-man à Captain America en passant par Hulk ou les X-Men n’est pas le plus offensif pour la cause des femmes, mais il a toujours tenté de les valoriser. L’exemple le plus flagrant étant Misses Marvel, «le pendant féminin de Captain Marvel. Elégante et raffinée, elle devient un dragon dès qu’il s’agit de préserver ses droits, jusque dans l’art délicat de la négociation de salaire. » Très complète, cette biographie s’adresse essentiellement aux passionnés, ceux qui connaissent tout de l’univers Marvel.

● « Stan Lee, Homère du XXe siècle », Jean-Marc Lainé, Fantastik, 25 €

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Encore plus d’héroïnes à la télévision

 

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Si le cinéma n’a pas encore joué à fond la carte féminine, les séries télé ont franchi le pas depuis longtemps. Depuis Wonder Woman, les héroïnes sont très présentes dans les feuilletons tirés des comics américains. Parmi les plus récentes, notons «Supergirl» avec Melissa Benoist ou «Agent Carter» actuellement en diffusion sur TMC tous les samedis. Tirée de l’univers Marvel, l’histoire se déroule durant la seconde guerre mondiale. Peggy Carter, grand amour du Captain America, se transforme la nuit en justicière et espionne. Deux saisons ont été tournées. « Jessica Jones » a elle aussi eu beaucoup de difficultés dans la vie. A l’origine, adolescente sans intérêt, elle acquiert des pouvoirs après un accident. Beaucoup plus tard, elle les perd et redevient humaine. Mais son envie de combattre pour le bien demeure et elle ouvre une agence de détective privé. C’est cette histoire qui est racontée dans le 13 épisodes de la première saison produite et diffusée sur Netflix. Le succès étant au rendezvous Jessica Jones et son monde assez sombre sera de nouveau sur la plateforme de vidéo à la demande l’an prochain. Une production très féministe puisque tous les épisodes de la saison 2 seront confiés à des réalisatrices. Dernier exemple de ces personnages féminins marquant dans les séries de superhéros, celui de la cheerleader de «Héros», création originale de Tim Kring. Parmi les personnages récurrents, Claire Bennet interprétée par Hayden Panettiere a marqué toute une génération. Cette ado américaine dans tout ce qu’il y a de plus caricatural (pompom girls, blonde et vaguement décérébrée...) cache un pouvoir qui la rend quasiment immortelle. Elle ne paye pas de mine mais est presque la plus puissante de tous les héros imaginés de la série.

(Dossier paru le dimanche 30 octobre dans l'Indépendant.)

 

 

08:31 Publié dans BD, Film, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : comics, stan lee, super héros

06/11/2016

BD : La fausse route de Bob Morane

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Reprendre de vieux héros est parfois aventureux. Bob Morane, héros de romans de gare signés Henri Vernes et transposé en BD par Coria durant de longues décennies ne restera pas dans l’histoire de la BD par son originalité. Les intrigues, entre espionnage et fantastiques, manquaient de corps. Pour relancer le personnage, il est fait appel à deux scénaristes aux univers beaucoup plus complexe : Luc Brunschwig (« Le pouvoir des innocents ») et Aurélien Ducoudray (« The Grocery »). Toujours dessinée par Armand, l’aventurier est devenu conseiller du président du Nigeria. Il fait la promotion d’un casque éducatif qui a tout l’air d’être un vecteur d’abrutissement des masses. Bob devenu Mauvais ? Le second tome lui ouvre les yeux. Il comprend son erreur, reprend sa liberté et va (peut-être) s’allier avec son pire ennemi, M. Ming. Le malaise de l’épisode initial passé, on va pouvoir passer aux choses sérieuses.

➤ « Bob Morane Renaissance » (tome 2), Le Lombard, 13,99 €

 

 

05/11/2016

BD : Calvin Wax, méchant d’entre les méchants de "XIII Mystery"

 

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Pour faire vivre (entendre multiplier les sorties de nouveautés pour profiter du succès de la série) les éditions Dargaud ont lancé « XIII Mystery », série d’histoires indépendantes mettant en valeur les personnages secondaires de la série imaginée par Van Hamme et Vance. Loin d’êtres des œuvres alimentaires, ces albums, confiés à des scénaristes et dessinateurs confirmés, sont passionnants. Le 10e titre, consacré à Calvin Wax, est un des meilleurs. Il est vrai que cet homme de l’ombre, conseiller du président et foncièrement à droite, est un sujet de roman à lui seul. Fred Duval raconte les débuts de la grande conjuration pour rendre les USA à un pouvoir blanc et raciste. Calvin Wax est le numéro 2 du complot des Dix et on découvre comment il « nomme » le numéro 1. Son action est résumée lors de cet embryon de confession page 27 : « Chantage, pression, coercition, extorsion, pot-de-vin, trahison, j’ai embrassé et digéré toutes les faiblesses et perversions humaines pour les transformer une à une en avantages politiques... » Plus qu’un méchant, Calvin Wax est la pire saloperie que peut compter la planète terre. Il méritait bien un album rien que pour lui.

➤ « XIII Mystery » (tome 10), Dargaud, 11,99 €

 

01/11/2016

BD : L’horreur sous toutes ses coutures

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Halloween oblige, le mois d’octobre est propice aux sorties d’albums jouant sur la peur des lecteurs. Les éditions Glénat ont fait le pari de lancer une collection dédiée à cet univers particulier. « Flesh Bones » fleure bon l’hommage à la série B. Ces albums copieux (plus de 120 pages) aux couvertures souples et en noir et blanc sur un papier volontairement granuleux sont de bonnes parenthèses frisson dans notre quotidien manquant parfois cruellement d’exceptionnel. Trois titres viennent de sortir dont le sexy « Blood Red Lake » de Bec (scénario) et Arlem (Dessin). Quatre étudiants (deux geeks et deux filles canons) vont fêter la fin des études sur un lac perdu dans la montagne. En route ils croisent la route d’un tueur psychopathe. Du sexe, de la violence, encore du sexe, un peu de fantastique, la recette est simple et marche à la perfection.

➤ « Blood Red Lake », collection Flesh Bones, Glénat, 14,95 € 

 

29/10/2016

BD : "Sept héros" oubliés

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Tous les super-héros n’ont pas la même volonté de sauver le monde. L’idée de base de cet album écrit par Mathieu Salvia et dessiné par Philippe Briones tient dans ce constat. Hector, vieillard discret, vit caché. Cela fait des années qu’il a abandonné toute velléité de voler. Car comme Superman, il peut voler. Il se cache mais est finalement retrouvé par un organisme d’état qui veut étudier ces super-héros, vieillissants mais qui pourraient encore être utiles. Hector se retrouve avec une femme invisible, un homme caoutchouc ou une passe-muraille. Ils sont six à chercher à s’enfuir. Le septième, comme toujours dans les histoires de superhéros, a choisi le côté sombre. La bataille finale est dantesque.

➤ « 7 héros », Delcourt, 15,50 €

 

09:27 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : salvia, briones, sept, héros, delcourt

28/10/2016

BD : Au cœur de la terreur avec un "Infiltré"

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Seconde partie du thriller nordique « Infiltrés » dessiné par Olivier Thomas et écrit par Olivier Truc et Sylvain Runberg. L’équipe de Suzanne Hennings est sur les dents. Cette unité d’élite anti-terroriste danoise surveille un groupe néo-nazi sur le point de commettre un attentat. Un homme a infiltré les extrémistes. Entre attentat aveugle avec quantité d’explosifs livrés par la mafia serbe et action ciblée exécutée par un tueur à gages, Suzanne ne sait où donner de la tête. L’album, au découpage très cinématographique, bourré de suspense, permet au lecteur d’être au plus près des terroristes. Une histoire qui doit beaucoup aux connaissances d’Olivier Truc, journaliste expert de ces milieux après de nombreuses enquêtes.

➤ « Infiltrés » (tome 2/2), Soleil Quadrants, 14,95 €

 

 

26/10/2016

Cinéma : La ronde qui ne compte pas pour des prunes

La bande dessinée jeunesse a longtemps eu un problème avec le sexe féminin. Il a fallu attendre longtemps pour que des héroïnes s’accaparent les premières pages des magazines. Les éditions Dupuis ont ouvert la voie avec la pulpeuse Natacha. Dans les années 90, une autre fille a percé dans le 9e art : Tamara. Elle aussi avait des formes généreuses comme l’hôtesse de l’air de Walthéry, mais l’adolescente imaginée par Zidrou et Darasse se désespère de ces courbes un peu trop marquées.

Tamara est grosse, sa quête de l’amour en devient plus compliquée. Sur grand écran, cette BD beaucoup moins superficielle qu’il n’y paraît, devient une comédie entre leçon de vie, romance à l’eau de rose et scènes de la vie scolaire en milieu hostile. Moins osé que la BD, le film d’Alexandre Castagnetti, fait une première infidélité au physique de Tamara. Héloïse Martin, l’interprète de la replète jeune femme est tout sauf grosse. Un petit peu enveloppée peut-être. A moins que cela ne soit les gros pulls qui faussent son apparence. Mais une fois cet aspect occulté, on se retrouve face à un divertissement très prenant. Le casting y fait beaucoup. Car à côté de la « star » Rayanne Bensetti, belle gueule découverte sur TF1 et parfait dans le rôle de Diego, l’amoureux de Tamara, on trouve de très bons comédiens, judicieusement utilisés pour des respirations très réussies dans l’intrigue.

La mère de Tamara, Sylvie Testud, est touchante dans sa recherche d’amour perpétuelle. Son petit ami, beaupère de Tamara et père de la petite Anaïs, Cyril Gueï évite la caricature. Nos deux préférées restent Blanche Gardin, irrésistible dans le rôle de la voisine alcoolique et surtout Jelilah, meilleure amie de Tamara, interprétée par Oulaya Amamra, jeune comédienne surdouée, à mille lieues de son rôle de dealeuse désespérée dans Divines. 

Redécouvrir la BD

Pour la sortie du film, les éditions Dupuis proposent un album hors série de la série de Zidrou et Darasse reprenant les histoires à l’origine du long-métrage. L’occasion de retrouver la Tamara originelle, beaucoup plus enveloppée qu’Héloïse Martin, mais tout aussi craquante.

➤ « Tamara, la revanche d’une ronde », Dupuis, 10,60 €

 

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24/10/2016

BD : LE SPIROU ANIMALIER DE FRANK PÉ

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N’en déplaise aux puristes, l’idée de confier les destinées de Spirou à d’autres auteurs permet de moderniser un héros parfois trop conventionnel. En parallèle des aventures officielles signées par Yoann et Velhmann, d’autres s’approprient le célèbre groom rouge. Comme Frank Pé (dessin) et Zidrou (scénario). « La lumière de Bornéo », longue histoire de 88 pages, décrit un Spirou devenu adulte. En jean et blouson de cuir, il claque la porte quand la nouvelle direction de son journal veut qu’il édulcore un reportage. Il devient ainsi le premier « héros de BD sans emploi ». Il va se laisser vivre, apprendre à peindre, flâner et retrouver le cirque de Noé et sa ménagerie. Mais aussi la jeune fille de Noé. Choc de génération qui donne tout son sel à l’album. L’intrigue, sur l’art et l’exploitation des animaux, permet à Frank de dessiner et de peindre ce qu’il aime le plus. Beau, intelligent, beau, touchant. Vraiment beau...

➤ « La lumière de Bornéo », Dupuis, 16,50 €

 

17/10/2016

BD : Braquage poétique

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Si vous feuilletez par hasard l'album "Je viens de m'échapper du ciel" par hasard dans une librairie vous avez de fortes chances de penser que ce roman graphique en noir et blanc est dessiné par Munoz. Poe, le loser qui gravite dans ces nouvelles de Carlos Salem, ressemble étrangement à Alack Sinner. Pourtant l'album est de Laureline Mattiussi, une dessinatrice française qui manie le noir et blanc avec une rare virtuosité. Poe est amoureux de Lola. Mais il passe ses nuits avec une sorte d'ange. Ou un fou barbu. Imaginaires. Mais en réalité il est avec Harly, gangster de son état. Casses manqués, beuveries, délires paranoïaques : l'univers de cette BD est un peu policière et beaucoup poétique. Ou l'inverse. A vous de voir...

« Je viens de m'échapper du ciel", Casterman, 18,95 euros

 

 

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