16/10/2016

BD : "Vertigo", vengeance entre gangs

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Si l'action de "Vertigo", histoire complète de 80 pages, se déroule essentiellement à Caracas au Venezuela, l'origine des problèmes du personnage principal, Samuel Santos, vient du Salvador, 14 ans auparavant. Santos, devenu avocat, défend les squatteurs de la tour David, haute de 45 étages et inachevée depuis des décennies. Avant cette existence 'normale', il était membre d'une mara, un gang, au Salvador. Le récit, se déroulant sur deux époques, raconte cette histoire de vengeance différée et d'espoir de renouveau. Car en quittant le Salvador, Santos a laissé un bébé. Est-ce son fils qui vient d'être emprisonné pour meurtre ? Écrite par Nathalie Sergeef, cette histoire âpre et violente est mise en images par Bufi, dessinateur italien maniant à la perfection le réalisme pur et dur.

"Vertigo", Le Lombard, 14,99 euros

 

 

06:30 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vertigo, lombard, caracas, sergeef, bufi

15/10/2016

BD : Les gangsters à la papa

 

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Du polar rural : le "Mort aux vaches" de François Ravard et Aurélien Ducoudray est de cette veine malheureusement un peu en perte de vitesse. Quatre truands braquent une banque. Quelques millions de francs, car cela se passe dans les années 90. Pour se faire oublier, ils veulent passer un mois au vert, dans la ferme d'un cousin de Ferran, un des quatre pieds nickelés. Ce dernier est accompagné par José, son complice et amant depuis 20 ans, Cassidy, belle et impudique et de Romu, un gaillard, culturiste dopé aux protéines. Normalement ils devraient cultiver une certaine discrétion. D'autant que la famille de Ferran ne sait pas pourquoi ils viennent en "vacances" dans cette exploitation agricole spécialisée dans les races à viande. Mais avec Cassidy, difficile de ne pas être vite en vedette. En une journée elle parvient à attirer les regards des veilles acariâtres du cru, des gendarmes et des prostituées roumaines. Bref, le mois va se résumer en 48 heures très animées. Des dialogues succulents, un peu à la Audiard, des décors entre beauté champêtre et puanteur du fumier et de sacrés personnages : "Mort aux vaches" est idéal pour les lecteurs amateurs d'ambiance vintage.

"Mort aux vaches", Futuropolis, 19 euros

 

09/10/2016

BD : Vie et mort d'Anna Politkovskaïa

Le 7 octobre 2006, Anna Politkovskaïa, journaliste dissidente russe, est abattue devant chez elle. Le jour même de l'anniversaire de Vladimir Poutine, son pire ennemi. La biographie dessinée de cette infatigable protectrice des Droits de l'Homme sort en France pour les dix ans de cette sinistre date. Écrit par Francesco Matteuzzi et dessiné par Elisabetta Benfatto, cet album en noir et blanc raconte les dernières années de la reporter, rendue célèbre après ses articles pour dénoncer les exactions de l'armée russe lors de la première guerre de Tchétchénie. Une femme pleine de doute, qui semblait savoir qu'un jour, elle rejoindrait ces témoins qui ont accepté de lui confier des informations. La BD est complétée par des témoignages et un entretien avec des journalistes italiens ayant connu personnellement Ana Politkovskaïa.

« Anna Politkovskaïa, journaliste dissidente », Steinkis, 16 €

 

 

08/10/2016

BD : Confidences d'une "Aspie"

 

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Ils sont des milliers a être autistes Asperger. Une forme légère de la maladie, souvent indétectable, notamment chez les femmes. Julie Dachez a longtemps vécu avec un mal-être permanent. La faute à ce syndrome Asperger qui la pousse à fuir la compagnie des gens, préférer les animaux et se passionner pour des sujets au point d'en oublier de manger. Quand elle découvre qu'elle est une "Aspie", sa vie change. Elle accepte son anormalité et décide de la faire reconnaître. La BD dessinée par Mademoiselle Caroline raconte cette prise de conscience et devrait permettre à certains Asperger de se reconnaître ou à leurs proches de modifier leur attitude.

"La différence invisible", Delcourt, 22,95 €

 

05/10/2016

BD : Le fabuleux roman de Joséphine Baker

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Elle avait deux amours, son pays et Paris. Cette chanson a mondialement fait connaître Josephine Baker. La petite noire américaine, après des débuts difficiles dans le Sud des États-Unis, débarque en France en 1925. Danseuse de moins de 20 ans, elle fait sensation en apparaissant à moitié nue dans la Revue nègre. Le public parisien tombe amoureux de cette espiègle Vénus noire, cette dernière adopte ce pays où elle devient une reine de la nuit. José-Louis Bocquet et Catel racontent sur plus de 500 pages cette vie extraordinaire. Des brimades de sa jeunesse aux combats des dernières années, Josephine Baker semble avoir eu mille vies. Des hauts, des bas, des passions et des folies. Elle a connu les plus grands, inspirés les meilleurs et aimé sans limite. Reste trois films, des disques mais surtout une tribu, les 12 enfants qu'elle adopté et qui portent encore sa mémoire à travers le monde.

"Joséphine Baker", Casterman, 26,95 €

 

02/10/2016

BD : L'envol des oiselles

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Une certaine France du passé, un peu rétrograde, est racontée dans "Filles des oiseaux", nouvel épisode des souvenirs de Florence Cestac. La dessinatrice, longtemps restée dans l'ombre à œuvrer pour les éditions Futuropolis, ose depuis quelques années la BD à la première personne. Son "Démon de Midi" a conquis des milliers de femmes. Place maintenant à la jeune, très jeune Florence Cestac. Normande, fille de paysans, son adolescence n'est pas de tout repos. Elle ne supporte plus les disputes de ses parents. Elle demande alors à être pensionnaire. Bingo ! Elle intègre le pensionnat des Oiseaux, tenu par des religieuses pour les jeunes filles de la grande bourgeoisie. Florence va découvrir un autre monde, plus rigide, mais aussi libre. Notamment quand elle devient la meilleure amie de Marie-Colombe, révolutionnaire avant l'heure. C'est la fin des années 60, mais le mois de mai n'a pas encore tout fait exploser. Ce sera le thème du prochain volume qui s'annonce encore plus subversif. Un regard fin et amusé sur la découverte de la vie et de la liberté par une adolescente.

"Filles des oiseaux", Dargaud, 13,99 euros

 

 

01/10/2016

BD : Le blues des patrons

 

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Mais que devient Laurence Parisot depuis qu'elle n'est plus patronne des patrons ? Elle a quitté les radars médiatiques mais reste au centre de cet album de récits complets signés Isa. La dessinatrice, habituée des pages de Fluide Glacial, raconte les soucis de la pauvre dirigeante mise sur la touche par les dirigeants ringards du CAC 40 au profit d'un fils à papa peu charismatique. Des fils à papa il y en a beaucoup d'ailleurs, d'Arnaud Lagardère aux Dassault. Ces derniers en prennent pour leur grade dans quelques histoires qui sont certainement plus proches de la réalité quand on constate que Le Drian vient de signer avec l'Inde l'achat de 36 avions Rafale. Alors ne vous privez pas de rigoler car jamais les actionnaires ne toucheront de dividendes sur les rires.

"Terreur sur le CAC 40", Fluide Glacial, 12 euros

30/09/2016

BD : Maggy prise au piège

 

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Troisième et ultime volet des aventures de Maggy Garrisson. Une première saison, selon la terminologie devenue à la mode. Imaginée par Lewis Trondheim et dessinée par Stéphane Oiry, Maggy est une jeune Anglaise un peu boulotte, persuadée qu'elle ferait une excellente détective privée. Notamment pour aller dans les pubs boire des bières afin d'obtenir des informations. C'est comme ça qu'elle rencontre son boyfriend, un homme de main de la pègre locale. Début des embrouilles aussi avec la police et quelques-uns de ses éléments les plus corrompus. Le ton de la BD est unique, très cérébral, mais avec aussi son lot d'action (accident de voiture, bagarre dans une cuisine...). Cela ferait un excellent roman noir. C'est déjà une remarquable BD.

"Maggy Garrisson" (tome 3), Dupuis, 14,50 euros

 

 

24/09/2016

BD : Ce cher Hubert chez les Grecs

 

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Il est des vieux héros qu'il fait toujours bon de retrouver. Sans doute par nostalgie. Ou dérision. Hubert Bonisseur de la Bath, alias OSS 117 en fait partie. L'espion français, imaginé par Jean Bruce, repris par son épouse dans quantité de romans dits de gare (populaires est plus adapté), après le cinéma renaît de ses cendres sous forme de bande dessinée. Gihef au scénario, Andrea Cuneo au dessin, reprennent les recettes simples des romans originaux. Hubert est beau, intelligent, toujours en avance d'un coup et très séducteur. Son acolyte, Enrique Sagarra, Catalan, est moins futé mais expert en maniement des armes. Quand on lui demande de faire le ménage, il nettoie plu que de raison... Dans ce second tomes, ils sont en Grèce, dans ces années 60 où la guerre Froide permettait aux espions de manger à leur faim. Parfaitement désuet, léger et sans prétention. A lire au second degré comme on redécouvre des films de série B de cette époque insouciante.

«OSS 117» (tome 2), Soleil, 11,95 €

 

09:26 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : oss 117, gihef, cuneo, soleil, bruce

23/09/2016

BD : Dans les rues malfamées de Paris avec "L'apache et la cocotte"

 

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Au début du XXe siècle, « monter » à Paris était souvent la seule solution aux jeunes des campagnes françaises. Ange, Auvergnat bon teint, accumule les bêtises dans la ferme familiale. Obligé de quitter le pays, il monte à Paris se mettre sous l'aile d'un oncle, bougnat. Le gamin va découvrir un monde différent, avec ses codes, sa violence et ses interdits. D'entrée il tente d'intervenir dans une dispute dans la rue. Cléo, jeune prostituée, se fait houspiller par son souteneur. Il en sera quitte pour une bonne dérouillée. Stéphane Betbeder, dans cette scène clé, se fait rencontrer pour la première fois ses deux personnages principaux qui donnent son nom à la série « L'apache et la cocotte ». Ils se retrouveront, s'aimeront mais ne trouveront jamais la paix et le bonheur. Ange se transforme en petit truand, Cléo en favorite d'une courtisane de luxe, maladivement jalouse. Une plongée dans le passé parisien dessiné par Hervé Duphot.

«L'apache et la cocotte» (tome 1), Glénat, 14,50 €

 

 

22/09/2016

BD : La guerre des inventeurs

 

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Nouvelle série très steampunk, « Les trois fantômes de Tesla » raconte la bagarre entre deux inventeurs de génie : Edison et Tesla. Marazano, le scénariste, a cependant pris beaucoup de libertés avec l'histoire officielle pour imaginer ce monde entre uchronie, guerre avec les nazis et inventions improbables. Dans un New York encore sous la menace des bombes allemandes et japonaises (nous sommes en 1942), Travis, jeune garçon très intelligent, s'installe avec sa mère, jeune veuve, dans un appartement triste d'un immeuble de Manhattan. Son voisin, vieux monsieur paranoïaque, l'espionne. Il a ses raisons, persuadé que des espions veulent l'enlever pour qu'il termine ses travaux sur une nouvelle énergie. Travis vit à côté de Tesla et va se transformer en relais d'une formidable machination avec robots, armures et autres objets volants très dangereux. Au dessin, Guilhem abandonne le trait rond du très classique style franco-belge (Zarla) pour un réalisme sombre dans lequel il excelle, comme son frère le très célèbre Christophe Bec.

«Les trois fantômes de Tesla», Le Lombard, 13,99 €

 

 

17:39 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guilhem, marazano, lombard, tesla, edison

16/09/2016

BD : La guerre n'est pas zen dans "La déconfiture" de Rabaté

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Pascal Rabaté, après avoir réalisé quelques films, revient à ses premières amours, la bande dessinée. Sans détour, il aborde de front "La déconfiture" de l'armée française en juin 1940 lors de l'avancée des troupes allemandes. Cette débandade ou déculottée, on la vit à travers l'expérience de Vildegrain, soldat du 11e régiment. A moto, il tente d'éviter les balles des mitraillettes des Stukas. Laissé à l'arrière, il ne parvient plus à retrouver son régiment. Une errance sur des routes inhospitalières, remplies de cadavres, d'autres soldats perdus avec les hordes de "boches" aux fesses. Un récit clinique sur la faillite d'un pays, sa résignation. Dessiné simplement, sans grands effets ni recherches de vérité historique, la force de certaines cases vaut largement celles de Tardi sur la précédente guerre. Dur, mais authentique.

"La déconfiture" (tome 1), Futuropolis, 19 €

 

15/09/2016

BD : LE ZEN AU BORD DE LA ROUTE

 

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Quand la BD décide d'investir le créneau du "livre de développement personnel", on peut s'attendre au pire. Pourtant "Le jour où le bus est reparti sans elle" écrit par Béka (Les rugbymen) et dessiné par Marko (Les Godillots) parvient à émouvoir sans mièvrerie. Clémentine, jeune femme en quête de sagesse et d'harmonie, décide de participer à un séminaire de méditation en groupe. En chemin vers le domaine où tous vont tenter de découvrir les voies de la sagesse, ils font un arrêt dans une épicerie. Clémentine va aux toilettes. Quand elle en sort, le bus est parti. Seule, abandonnée, sa confiance en elle en prend un sacré coup. Mais il y a l'épicier qui se révèle beaucoup plus intéressant. Subtil, parfois amusant, illustré de contes zen, cet album regonflera automatiquement votre joie de vivre.

"Le jour où le bus est reparti sans elle", Bamboo, 15,90 €

 

 

10:02 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : béka, marko, zen, méditation, bamboo

12/09/2016

BD : Le zen comme religion d'état dans "Karma City" de Gabrion

 

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Bienvenue dans Karma City, la ville où on ne peut entrer que si son karma est positif. Dans ce futur proche, après une catastrophe (la vague), des scientifiques ont mis au point des machines capables de mesurer son karma, soit le "baromètre en temps réel de sa santé mentale et de son état psychique". Cela ressemble un peu au monde de 1984, beaucoup de policiers pour contrôler papiers et état d'esprit. Autour de Karma City, une zone grise et, encore plus loin, les zones barbares. Une jeune chercheuse en archéologie karmique revient de la zone grise. Elle passe les barrages et sur la route sa voiture plonge dans un ravin. Victime d'un AVC foudroyant. Rien de naturel pour l'inspecteur Napoli qui fait équipe avec la jeune et brillante Kate Cooper, un peu trop psychorigide à son avis. Une enquête policière classique se greffe sur cette réflexion sur la recherche du bonheur. Mais peut-on encore parler de bonheur quand il est imposé ? Découpé comme un comics par grands chapitres d'une trentaine de pages, cet album au trait sombre et réaliste embarque le lecteur dans un cauchemar encore plus horrible qu'il n'y paraît. Distrayant tout en étant très instructif : un des albums les plus originaux de cette rentrée.

"Karma City" (tome 1), Dupuis, 20,50 €

 

 

11/09/2016

BD : Un réactionnaire bien sympathique

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Marié, père de famille, Morgan Navarro a le malheur de ne côtoyer que des bobos, dangereux extrémistes de gauche et même, le pire parmi la lie de l'humanité avec qui il doit partager l'air qu'il respire : des féministes, lesbiennes, vegan et tatouées. Morgan Navarro, on l'a compris, n'est pas un homme de progrès, ouvert d'esprit. Sous sa calvitie bonhomme se cache un véritable réactionnaire, nostalgique du passé, celui de Pompidou, pas de Mitterrand. Il transforme ses colères et indignations en histoires courtes publiées sur la plateforme du Monde (Le Figaro doit se mordre les doigts). Cette opposition entre des hommes et femmes humanistes et partageurs et Morgan, indécrottable pessimiste, persuadé que le monde court à sa perte, se révèle un ressort comique inépuisable. Et tout le paradoxe de cette BD, au trait classique cela va de soit, est que le réac reste sympathique. Car il a conscience de ses dérives, pour preuve il se sent sans cesse obligé de demander à ses potes d'origines maghrébines s'il est raciste. La réponse, tout en lui faisant un peu honte, le rassure. Paradoxe d'un homme mal dans son temps mais qui n'a jamais perdu le sens de l'autodérision. Preuve au final, qu'il n'est pas si réac que cela finalement...

«Ma vie de réac", Dargaud, 17,95 €

 

 

08:46 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : morgan navarro, réac, droite, dargaud

10/09/2016

BD : Dans les griffes du chat "Enragé"

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Remarquable roman graphique de Nicolas Otero, 'Enragé' est la vie d'un enfant, contaminé par la rage après l'attaque d'un chat Au Maroc. Liam, de retour en métropole, va se transformer, perdant de son humanité à chacune de ses crises de rage. Entre fantastique, recherche de soi et explication médicales sur une maladie tombée dans l'oubli, cet album de plus de 120 pages est d'une maîtrise graphique plus que bluffante.

"Confessions d'un enragé", Glénat, 25 €

 

12:51 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : enragé, chat, otéro, glénat

08/09/2016

BD : La dérive de la Corée du Nord

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Pays totalement replié sur lui-même, la Corée du Nord est devenu un véritable enfer pour ses habitants. La BD d'Aurélien Ducoudray et Mélanie Allag apporte un éclairage nouveau sur une des dernières dictatures communistes du monde. On suit le parcours d'un enfant. Il a la chance d'être né le même jour que le leader coréen. Un jour férié, le seul anniversaire que le peuple a le droit de fêter. Mais la famine aidant, la famille tente de rejoindre la Chine. Pris, ils passeront de longs mois dans un camp de concentration. Le début de l'album est en couleur et bascule dans le gris foncé lors de la détention arbitraire. Une histoire dure, mais avec au final un rayon d'espoir. Certains peuvent s'en sortir. Mais le chemin est long et douloureux.

"L'anniversaire de Kim Jong-Il', Delcourt, 16,95 €

 

31/08/2016

BD : les bons et mauvais robots de "Rock Stone"

 

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Les intelligences artificielles, pour quelques visionnaires, sont les ennemis de demain. Créées par les humains, elles risquent de rapidement les dépasser. Malgré quelques règles simples de robotique (merci Asimov), il y a toujours une possibilité qu'elles se retournent contre leur créateur. C'est ce qui s'est passé sur la planète Caldoria, vaste champ minier exploité intensivement par des milliers de machines. Une entité nommée IAVHÉ contrôle tous les robots. Seul son inventeur, réfugié dans une station orbitale, peut contrecarrer ses projets hégémoniques. Sur place, il a le renfort de son fils adolescent, Stan, protégé par un robot de combat non relié au réseau. Imaginée par Nicolas Jean et dessinée par Yann Valeani, cette série de science-fiction parfois un peu trop classique permet de découvrir un dessinateur réaliste au trait précis et expressif. Une belle surprise.

« Rock & Stone » (tome 2), Delcourt, 14,50€

 

30/08/2016

BD : mythologie indienne

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Comment puiser dans la mythologie pour renouveler le western ? Xavier Dorison, scénariste d'Ulysse 1781 a trouvé la solution. Le héros, un mercenaire téméraire, est chargé de convoyer à travers les montagnes de cette Amérique du Nord encore sous la coupe des Anglais un bateau sur roues. Mais son équipage s'aventure dans une vallée maudite et il doit affronter un Wendigo, esprit sacré indien incarné dans un géant. Dessiné par Hérenguel, le second tome de cette série prometteuse est presque entièrement consacré au combat entre Ulysse et le monstre. Beaucoup d'action et des décors gigantesques dans ces 50 pages se terminant par un double rebondissement, pour Ulysse mais également pour sa femme, restée en ville et convoitée par d'infâmes soldats britanniques.

« Ulysse 1781 » (tome 2), Delcourt, 15,50€

 

 

29/08/2016

BD : les petits riens du délire quotidien

 

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Geoffroy Monde, auteur de « De rien », recueil d'histoire courtes, avoue être influencé par Goossens. En réalité, ses nouvelles graphiques ressemblent à du Goossens tout craché. Totalement absurdes, ces sortes de sketches auraient tout à fait leur place dans Fluide Glacial. Parmi les quelques perles de ces 160 pages, ne manquez pas « L'interrogatoire ». Dans une cave, deux policiers tentent de faire parler un suspect. A grand renfort de gifles? ils veulent des réponses « Donne le C horizontal, ordure. Allez, crache. 7 lettres, putain. » Ou comment faire ses mots croisés sans se fatiguer... Beaucoup plus mouvementée la scène avec Jackie Chan en vedette. Dessin numérique en couleur, décor au trait : Geoffroy Monde est de plus un excellent illustrateur au style très personnel.

« De rien », Delcourt, 17,95€