25/07/2016

BD : Humour intergalactique dans un "Vaisseau spécial"

 

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S'il est un genre qui passe parfaitement en BD, c'est bien l'humour absurde. On prend une situation classique (le départ d'une mission spatiale pour les confins de l'univers) et en avant les gags. Dans un graphisme minimaliste de ligne claire niveau CE2, Yann Rambaud embarque le lecteur dans un vaisseau spatial délirant. Entre le capitaine pas très futé, un second obsédé par le ping-pong et un matelot totalement ignare, la mission est compromise. D'autant que l'équipage a totalement oublié de demander le but du voyage. Plus de 80 gags avec en plus un faire-valoir sexy, des robots au destin grandiose, un extraterrestre difforme et un monstre mal-aimé. Un auteur au potentiel humoristique sans limite.

« Vaisseau spécial », Vraoum !, 14 €

 

 

24/07/2016

BD : Humour glacial extrême avec les élucubrations de Monsieur le Chien

 

Xavier, psychopathe, aime revêtir un maque en toile de jute pour signer ses forfaits. Enlèvements de femmes, tortures, massacres et autres ignominies constituent son quotidien. Xavier est exécrable et pourtant c'est le héros de cette série incroyablement comique sortie de l'esprit tourmenté de Monsieur le Chien. Si vous faites partie des gens qui admettent que l'on peut rire de tout, cette série d'histoires courtes parues initialement dans Fluide Glacial est pour vous. En 22 épisodes étalés sur une soixantaine de pages, place au pire avec d'entrée l'enlèvement de la jolie et pulpeuse Sandra. Mais l'intervention de voisins passionnés de poterie fait rater le coup. Tant pis, Xavier se contentera de Chloé. Il l'assomme dans les toilettes. Un peu trop fort. Elle meurt. Encombré du cadavre, il trouve une ultime solution de rechange en tombant sur Mélanie, étendue nue dans la forêt entourée de deux mâles en plein sommeil post-coïtal. Dessinée avec un réalisme très caricatural, on croise aussi le père de Xavier, un policier travesti et quelques enfants le soir d'Halloween. Du pur délire que ne renierait certainement pas le mentor de Monsieur le Chien, Gotlib en personne qui vient de fêter ses 82 ans

« L'homme au masque (en toile de jute) ». Fluide Glacial, 14 € 

 

19/07/2016

BD : Fred et Alexis remontent le temps

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Après 1968, le secteur de la bande dessinée jeunesse a littéralement été dynamité par quelques auteurs en mal de nouveauté. Avant que Gotlib, Brétécher et Moëbius ne quittent Pilote pour créer Fluide Glacial ou Métal Hurlant, quelques expérimentations ont pris place dans l'hebdomadaire des éditions Dargaud. Alexis, futur dessinateur de Superdupont, a illustré un scénario de Fred (Philémon) au propos pour le moins étrange. Un représentant de commerce s'associe à un savant fou pour tenter de faire fortune en voyageant dans le temps. Ils sont aussi bête et cupide l'un que l'autre. C'est plein de boucles temporelles inextricables digne des meilleurs récits surréalistes. Ces 200 pages sont exhumées en noir et blanc, comme pour mieux admirer la virtuosité d'Alexis, mort à 31 ans seulement.

« Time is money » (intégrale) Dargaud, 29 €

 

18/07/2016

BD : la difficile vie des immigrés

 

A New York, dans les années 30, trouver du travail n'est pas très compliqué. Sacha, émigré ukrainien, participe à la construction des gigantesques gratte-ciels. Un salaire de misère qu'il complète en gardant des chiens et en participant aux petites combines d'un lieutenant de la mafia locale. C'est dans ce cadre qu'il rencontre Magda-Lena, deux sœurs siamoises. La passion prend parfois d'étranges chemins si l'on en croit l'histoire concoctée par Régis Hautière. Amour fou, incontrôlable, impossible malgré toutes les bonnes volontés du monde. Un récit âpre et désenchanté mis en images (en abîme plus exactement) par le pinceau tourmenté de David François.

« Un homme de joie » (tome 2), Casterman, 13,95€

 

 

17/07/2016

BD : LA NOSTALGIE DES VACANCES EN FAMILLE

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Envie de bonheur, de nostalgie, de vacances et de soleil ? Plongez sans hésiter dans le second tome de la la série « Les beaux étés ». Zidrou, scénariste du sensible, frappe une nouvelle fois très juste avec cette chronique sociale de la famille Faldérault. Le père, Pierre, dessinateur de BD, met une dernière touche à ses planches avant de rejoindre femme et enfants dans la vaillante 4L, prête à quitter la froide Belgique pour le soleil du Midi. En cette année 1969, c'est une calanque qui accueille pour quelques jours la famille. En racontant l'infiniment petit, les auteurs nous entraînent dans l'infiniment grand. Enfants poètes, parents rêveurs, rencontres étonnantes, décors féériques : tout, des dialogues aux dessins de Jordi Lafèbre, est à déguster lentement comme une bonne sieste sous un pin, au son des cigales.

« Les beaux étés » (tome 2), Dargaud, 13,99€

 

 

14/07/2016

BD : de la violence, du ring à la famille

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Lecture croisée très enrichissante avec cet album de BD et le DVD documentaire l'accompagnant. D'un côté Barbara Pellerin, photographe et cinéaste, filme son père, ancien boxeur retraité. Mais en parallèle, Kris écrit un scénario sur les dessous de cette démarche, le tout illustré par Vincent Bailly. D'un simple film sur le monde de la boxe amateur, les auteurs se retrouvent à la tête d'un roman graphique sur les difficultés de communication entre une fille et son père. Une fille trop longtemps terrorisée par la méchanceté d'un papa capable des pires colères contre sa maman. De la violence des rings à la violence familiale il n'y a qu'un pas. Mais l'ensemble, à l'opposé d'un réquisitoire, est une belle déclaration d'amour posthume.

« Mon père était boxeur », Futuropolis, 20 €

 

12/07/2016

BD : Une vengeance Choc

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Comment le personnage de Monsieur Choc est-il devenu le «méchant» de l'univers de Tif et Tondu ? Sans rien dévoiler de son identité mystérieuse cachée derrière un heaume d'armure, Colman (scénario) et Maltaite (dessin) poursuivent cette exploration d'une vengeance implacable. Car, à la base, le jeune Eden n'est pas spécialement agressif et calculateur. Mais la mort de son père puis de sa mère, les brimades des nobles, la survie dans les bas-fonds de Londres, lui ont forgé un caractère de fer, sans le moindre état d'âme. Entre récit d'enfance, premiers coups et mise en place finale, la seconde partie permet de découvrir le véritable mentor de Choc, un jeune lord déluré aux attitudes équivoques.

« Choc » (tome 2), Dupuis, 16,50 €

 

 

09/07/2016

BD : l'histoire ultime des aventures de Corentin

 

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Il y a 70 ans, alors que le Journal de Tintin paraissait pour la première fois en France et en Belgique, les jeunes lecteurs, en plus des aventures du reporter de Hergé, découvraient quelques séries qui deviendraient des classiques. Blake et Mortimer de Jacobs, Alix de Martin mais aussi Corentin de Cuvelier. Plus peintre que dessinateur, Cuvelier a raconté les aventures autour du monde de ce jeune mousse breton. Un peu oubliée, la série a été relancée à la fin des années 60 grâce à l'apport des scénarios de Jean Van Hamme. "Les trois perles de Sa-Skia" est l'ultime histoire, celle que Cuvelier n'a pas eu le temps de dessiner. Christophe Simon (déjà repreneur d'Alix), s'est attaqué à ce monument. Un album hommage, fidèle au style très réaliste du maître et qui devrait passionner tous les nostalgiques de l'âge d'or de la bande dessinée franco-belge.

"Les trois perles de Sa-Skya", Le Lombard, 14,99 euros

 

08/07/2016

BD : La vie de Bianco est torride

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Guillaume Bianco est un sacré rigolo. Dessinateur de BD, il a la prétention de raconter sa vie sous forme d'histoires courtes en noir et blanc. Mais les allergiques à l'autofiction ne trouveront pas dans ces 200 pages des introspections sombres et dépressives. Sur les conseils de son directeur de collection, l'inénarrable Lewis Trondheim, Bianco parle de ce qu'il connaît le mieux : les femmes. Du corps des femmes exactement. Le premier tome se consacrait exclusivement aux seins, ce second revient sur le sujet, mais explore un peu plus l'anatomie féminine. Il raconte, avec un humour décoiffant et une autodérision salvatrice, sa première fois, son amitié avec une nana (oui c'est possible) ou la visite médicale au cours de laquelle une superbe médecin va lui faire un prélèvement urétral. On laisse au lecteur le plaisir de découvrir en quoi consiste cette manipulation. Les filles riront, les garçons compatiront.

"Les carnets secrets de Guillaume Bianco" (tome 2), Delcourt, 9,95 euros

 

08:21 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bianco, seins, femmes, delcourt

07/07/2016

BD : Nouvelle série autour des "Androïdes"

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Les lois de la robotique, imaginées par Asimov, ont rapidement été mises en miettes par Philip K. Dick. Cette nouvelle série concept, prévue en quatre tomes indépendants les uns des autres, se propose d'explorer l'avenir de l'Humanité sous sa forme androïde. En 2545, les progrès de la médecine ont permis aux hommes d'être immortels. Revers de la pièce, ils doivent prendre tous les jours un médicament et surtout ils sont devenus stériles. Les auteurs (Istin au scénario, Jesus Hervas au dessin) suivent le parcours de deux femmes. Liv est flic. Intrépide, sceptique et souvent border line. Anna est restauratrice d'œuvres d'art. Douce et gentille, nostalgique aussi. Or cette dernière découvre qu'elle est enceinte. D'anonyme, elle devient essentielle à l'avenir de l'espèce. Une histoire bien menée, avec chausse-trappes et fausses révélations. Presque du Philip K. Dick dans le texte.

"Androïdes" (tome 1), Soleil, 15,50 euros

 

05/07/2016

BD : Dakota, la voix des morts

 

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Jean Dufaux, scénariste prolifique, s'est parfois essayé à la science-fiction, mais c'est la première fois qu'il se plonge dans un monde de super-héros avec Dakota, série dessinée par Adamov. Dans un monde futuriste, la population est séparée en deux. La grande majorité, les collapses, sont des humains normaux. Le reste est doté de pouvoirs exceptionnels. Des super-héros au service d'une organisation omnisciente, aux desseins parfois sombres. Dakota, la belle héroïne, a la capacité de dialoguer avec les morts. Très utile quand on enquête sur des assassinats. La victime se transforme alors en témoin principal. On retrouve tous les ressorts du genre : combats, coups bas, méchants machiavéliques et histoire d'amour. Un cocktail explosif.

« Dakota » (tome 2), Glénat, 14,95 euros

 

 

07:58 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dakota, dufaux, adamov, glénat

04/07/2016

BD : Nouveau monde, nouveaux monstres

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L'exploration de l'Amérique du Nord a réservé bien des surprises aux pionniers courageux. Tribus d'Indiens hostiles, animaux sauvages : les dangers étaient nombreux. Pour corser cette histoire récente, Chris Dingess, le scénariste, envisage d'autres découvertes. Une expédition est envoyée vers l'Ouest, au cœur des forêts inconnues, à la rencontre de colons français. Une petite communauté décimée par une maladie inconnue. Et avant d'arriver dans le village fortifié, les hommes du capitaine Lewis et du lieutenant Clark subissent les assauts de minotaures à tête de bison. Mais ce sont des broutilles face au risque de l'infection verte transformant les humains en zombies végétaux. Imagination débridée pour ce comics dessiné par Matthew Roberts.

« Manifest Destiny » (tome 1), Delcourt, 15,95 euros

 

 

03/07/2016

BD : Les vagabonds aussi cherchent des trésors

 

 

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Road trip du nord au sud, « La trajectoire des vagabonds », roman graphique de Serge Annequin, débute près de Lyon, dans le massif du Pilat, pour s'achever à Rennes-le-Château, village audois de plus en plus célèbre dans tous les imaginaires. Banjo est en repérages. Ce jeune auteur, scénariste pour un producteur cinéma, cherche l'inspiration dans des lieux typiques. Il prend en stop Syd, une artiste finlandaise qui trace vers le Sud pour oublier ses déboires amoureux. Syd si belle, Banjo si mystérieux. Se peut-il, que l'un ou l'autre soit le tueur aux Post-it qui sévit dans la région ? Ambiance polar fantastique pour cette BD dessinée dans une fausse ligne claire minimaliste.

« La trajectoire des vagabonds », EP éditions, 16 euros

 

 

29/06/2016

BD : Spirou fait une overdose de femmes

 

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Non seulement les héros de bande dessinée sont dans une très grande majorité des hommes, mais ils semblent tous avoir un problème avec les femmes. Prenez Spirou, le jeune groom imaginé par Rob-Vel et popularisé par Franquin. A part Seccotine, l'impétueuse journaliste, tout son entourage est masculin. Quand Benoît Feroumont propose de signer un album dans la collection « Le Spirou de... », il décide de radicalement féminiser cet univers. Si Fantasio se marie dans cet album, sa future épouse n'est qu'un élément dans une intrigue plus complexe se déroulant dans le milieu de la mode féminine. La méchante est une femme, la police est aussi représentée par une inspectrice, les victimes à aider une mère et sa fille, enceinte d'une fille. Et pour couronner le tour, Fantasio, rangé des affaires, est remplacé par la fameuse Seccotine qui va jusqu'à se mettre en colocation avec le jeune héros. Mais que va-t-il se passer dans la salle de bain quand ils vont se retrouver tous les deux en petite tenue ? Feroumont, brillant dessinateur particulièrement inspiré par les femmes, bouscule un univers trop sage. Sans aller trop loin cependant, mais ses quelques allusions coquines sont un régal pour les yeux et l'esprit.

« Le Spirou de... Benoît Feroumont : Fantasio se marie », Dupuis, 14,50 euros

 

 

 

22/06/2016

BD : "Amour austral", une romance aux antipodes

L'amour se moque des frontières. Jan Bauer, dessinateur allemand, pour oublier ses problèmes européens, se lance dans une randonnée au cœur du bush australien. Un parcours en solitaire. Il fuit les autres marcheurs, jusqu'à sa rencontre avec une Française qui semble aussi paumée que lui. Ils vont faire un bout de route ensemble. Jusqu'à partager la tente au cours de nuits glaciales qui vont vite devenir torrides. Parenthèse amoureuse, loin de tout, Jan voudrait que cela se prolonge. Mais la fille est trop sauvage. Pour se remettre de cet amour brisé en plein vol, le dessinateur a reproduit son périple au lavis en noir et blanc. 240 pages tendres et dépaysantes

"Amour austral", Warum, 20 euros

 

21/06/2016

BD : Pères impurs et manque...

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Jean-Philippe Peyraud, après avoir adapté plusieurs romans de Philippe Djian, se lance en solo sur un long roman graphique que l'auteur de "No" ou "Mise en bouche" ne renierait certainement pas. Robinson, quadra désinvolte, vivote en tentant de sauver son magasin de vente et de location de DVD. Célibataire, il multiplie les conquêtes grâce à son bagout sur un site internet. Il vient de passer la nuit avec Amandine, jeune femme aux formes avantageuses. Elle se réveille seule, mais heureuse de revoir sa copine Charlène de retour d'Amérique du Sud. Cette Française revient à Paris pour rencontrer son père. Un père indigne qui a abandonné mère et fille à la naissance. Des retrouvailles sous forme d'enquête policière. Son seul indice : il tient un vidéo-club... En multipliant les personnages et les intrigues entrecroisées, Peyraud transforme sa BD en une sorte de sitcom déjantée, avec rebondissements et fausses pistes à la pelle. 192 pages menées de main de maître et qui pourraient bien se prolonger dans un second tome.

« L'inversion de la courbe des sentiments", Futuropolis, 26 euros

 

07:19 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peyraud, djian, futuropolis

14/06/2016

BD : Lennon : du rêve au cauchemar

Nouvelle collection thématique. Sur le concept simple de "J'ai tué... », des scénaristes se penchent sur les grands faits divers d'hier et d'aujourd'hui. Après Marat ou Abel, Rodolphe raconte comment Mark Chapman, un jour de décembre 1980 a tiré sur une légende vivante de la musique. "J'ai tué John Lennon" se focalise sur les derniers jours de ce gros Américain, horriblement frustré, devenu un meurtrier juste pour devenir aussi célèbre que sa victime. Gaël Séjourné s'est chargé de l'illustration de cette descente aux enfers, inéluctable. Chapman est un tueur en puissance qui fait régulièrement des rêves de gloire. Il s'imagine membre des Beatles. Adulé par les fans, riche, l'égal de John Lennon... Rêves qui se transforment en cauchemar. Il n'est rien. Et décide donc de se venger.

"J'ai tué John Lennon", Vents d'Ouest, 14,50 euros

 

13/06/2016

BD : Femme au foyer experte en lames

Ne vous fiez pas aux apparences. Josie Schuller a tout de la parfaite femme d'intérieur. Mariée à un bon Américain, mère de deux ravissantes petites filles blondes comme les blés, elle sait parfaitement organiser de cocktails quand son mari reçoit ses collègues de boulot. Mais Josie est également experte en maniement du couteau. Pas pour éplucher des légumes. Pour tuer. Vite et discrètement. Sous couvert de bénévolat, la jolie jeune femme, aux airs de sorcière bien aimée (l'action se déroule dans les années 60), va remplir ses contrats de tueuses à gages. Imaginées et dessinées par Joëlle Jones (avec l'aide de Jamie S. Rich au scénario), les aventures de "Lady Killer" sont très divertissantes. L'opposition entre la gentille mère de famille et rageuse tueuse fait merveille. Le tout dans un style délicieusement rétro et un peu kitsch.

"Lady Killer" (tome 1), Glénat Comics, 15,95 euros

 

 

12/06/2016

BD : Baltimore, ses flics, ses crimes

Avant d'écrire le scénario de la série "The Wire", David Simon a été reporter. Il a notamment couvert les faits divers dans la ville de Baltimore. Durant l'année 1988, il a suivi tous les inspecteurs de la section des homicides de cette grande ville américaine, gangrénée par le trafic de drogue. Philippe Squarzoni, connu pour ses reportages dessinés, se lance dans l'adaptation de "Homicide" tiré des chroniques de Simon. On est à 1 000 lieues des "Experts" et autres séries télévisées américaines. À Baltimore, les flics chargés de résoudre les homicides sont surchargés de boulot. Trop souvent les affaires restent non résolues car impossible de trouver un témoin. Le mensonge est systématique. Ce sont donc des portraits d'hommes frustrés mais pas encore totalement découragés qui se succèdent dans ces 120 pages retraçant seulement un mois d'enquêtes. Et même si les faits datent de près de 30 ans, cela permet de mieux comprendre cette Amérique, violente, pauvre et abandonnée.

"Homicide" (tome 1), Delcourt, 16,50 euros

 

08/06/2016

BD : Un mercredi tendre et émouvant

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Ce n'est pas une maison mais tout un immeuble qui est au centre de l'album « Mercredi », Juan Berrio, auteur complet espagnol. Un jour de semaine comme les autres, avec ses occupations routinières, l'extraordinaire et l'éternel recommencement de la vie quotidienne. Avec une virtuosité étonnante, l'auteur suit les différents habitants de l'immeuble, du jeune couple follement amoureux à la concierge maman poule en passant par le couple de petits vieux. Ils se lèvent, écoutent la radio, sortent, se rencontrent, vont faire leurs cours, déjeunent au restaurant, promènent leurs chiens. La douce poésie de la vie banale, de l'aventure au quotidien quand un voleur décide de sévir. L'amour frappe aussi en la personne d'une jolie touriste qui aime se faire photographier. Le dessin, ligne claire très stylisée, presque à angle droit, aux décors un peu de carton-pâte, donnent l'impression de se trouver dans une vieille comédie en noir et blanc. Une journée simple et finalement passionnante, avec au passage quelques très bonnes idées comme le dialogue sans cesse interrompu entre les deux jeunes amoureux.

« Mercredi », Steinkis, 15 euros