10/05/2016

BD : La mort arrive par les airs

Alors que tous les élevages de canards du sud-ouest sont en vide sanitaire pour encore de longues semaines, cette BD fait froid dans le dos. Jean-Pierre Pécau, le scénariste, a simplement brodé sur une mise en garde de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "La question n'est pas de savoir si le virus de la grippe aviaire risque de muter pour devenir mortel pour l'homme, mais quand ?". Cette série de science-fiction apocalyptique dessinée par Damien débute quinze années après le début de l'épidémie. Le héros, un ancien militaire, tente de rejoindre la Suisse, seul pays épargné selon les rumeurs. Il avance dans les Alpes avec sa mule mécanique, un robot de défense qui détecte tout ce qui bouge dans les airs. Car dans ce monde où la vie est devenue rare, le danger vient du ciel. Le moindre corbeau qui approche de trop près est inexorablement abattu. Ce premier épisode revient sur le passé du héros, son désenchantement, ses cauchemars et sa nouvelle mission : retrouver dans les Pyrénées un point d'extraction vers une station spatiale épargnée. Efficace et passionnant.

"Soleil froid" (tome 1), Delcourt, 14,50 euros

 

28/04/2016

BD : Vie et mort d'un juge hors normes

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Olivier Berlion est Lyonnais. Plusieurs de ses albums se déroulent dans cette ville et région qu'il affectionne particulièrement. Pour sa nouvelle série, il plonge dans l'histoire récente de la ville en racontant la vie et la mort du Juge Renaud, surnommé le Shérif. Implacable, cet ancien Résistant, a des méthodes peu orthodoxes mais très efficaces. Le magistrat a été un des premiers à faire le lien entre grand banditisme et politique avec le SAC (Service d'action civique) pour relais. Une enquête qui lui sera fatale. Berlion raconte avec minutie comment certaines forces de l'ombre ont froidement décidé de se débarrasser du juge. Un triptyque écrit en étroite collaboration avec Francis, le fils du juge Renaud.

"Le Juge, la République assassinée" (tome 2), Dargaud, 13,99 euros

 

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27/04/2016

BD : Buck Danny, "l'authentique", est de retour

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Attachez vos ceintures, gare aux turbulences, Buck Danny est aux commandes. Le héros créé par Charlier et Hubinon n'en finit plus de séduire jeunes et nostalgiques. En plus de la série originale qui profite des dernières innovations de l'aviation militaire mondiale (54 titres parus !), les éditions Zéphyr proposent une collection "Classic" reprenant l'univers et le graphisme des années 60. Au dessin, Jean-Michel Arroyo rend un hommage permanent à Hubinon. C'est totalement dans le ton, avec un peu aussi de Milton Caniff dans l'utilisation des aplats noirs. Après deux albums se déroulant en Corée, cap sur le Japon, en 1945, peu de temps après la capitulation. Des militaires fanatiques aidés par la redoutable Miss Lee, fomentent un complot pour attaquer les USA. Ils dérobent une bombe atomique et veulent la lâcher sur la Californie. Heureusement Buck et ses fidèles compagnons interviennent. La grande aventure est indémodable.

"Buck Danny Classic" (tome 3), Dupuis-Zéphyr, 14 euros

 

 

09:57 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : buck danny, classic, arroyo, dupuis

20/04/2016

BD : Le fantôme de Tonton

Joël Callède, scénariste de BD de plus en plus en vue (Enchaînés, Haute sécurité, L'appel des origines) se revendique comme appartenant à la "Génération Mitterrand". Il a donc décidé de raconter et de dessiner les derniers jours du Président français. Dans sa préface il explique son sentiment mitigé : le passé trouble du jeune fonctionnaire décoré de la Francisque, ses manigances durant la IVe République ; mais François Mitterrand c'est aussi l'abolition de la peine de mort et les progrès sociaux essentiels que sont la retraite à 60 ans ou les 39 heures. Un homme politique fascinant, toujours en quête de spiritualité. Ce pan essentiel de sa vie est au centre de ce roman graphique de 144 pages, où la figure d'un "Tonton", moribond dans un hôtel d'Assouan, rencontre Anubis, le dieu des morts égyptien. Un regard différent et original sur l'Histoire de France.

"Mitterrand Requiem", Le Lombard, 17,95 euros

 

17:41 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : callède, mitterrand, lombard

19/04/2016

BD : Capa, photographe écorché vif

Parmi les nombreux conflits couverts par Robert Capa, photographe de presse emblématique de la profession, la création d'Israël et la guerre qui en découle a été un tournant. Blessé par une balle, il renonce à se retrouver au plus près de la ligne de front. La vie de cet émigré roumain dans le Paris des années 30 débute par une imposture. Sa compagne a l'idée de vendre ses photos sous le nom de Robert Capa, Américain. Résultat les clichés se négocient à prix d'or. Cette première anecdote dans le bel album en bichromie de Florent Silloray est emblématique. Ensuite ce sera la guerre d'Espagne, la libération de la Sicile, le débarquement en Normandie, la conquête de l'Allemagne. Des risques inouïs, une chance extraordinaire, un témoignage capital sur la violence du monde.

"Capa, l'étoile filante", Casterman, 17 euros

 

 

07:33 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : capa, photo, casterman, silloray

18/04/2016

BD : Roman graphique sur la création d'Israël

 

En 1947, Chaskel vit chichement à Budapest en compagnie de sa mère, malade. Il décide de rejoindre Jérusalem et son oncle qui y tient un café. Violoniste, il anime la salle, donne un coup de main en cuisine et surtout rencontre l'amour en déchargeant les fruits amenés par la belle Yaiza. Le jeune juif et la belle musulmane semblent avoir toute une vie de bonheur devant eux. Mais c'est sans compter sur la politique. Fin 1947, l'ONU accepte la partition de la Palestine. Le peuple juif fait la fête. Mais les Arabes fourbissent leurs armes. Après avoir fui la guerre en Europe, Chaskel se retrouve au cœur d'un autre conflit, tout aussi violent. Le roman graphique d'Alfonso Zapico, tout en noir et blanc, alterne séquences historiques et vie quotidienne. Avec à la clé un beau message contre tous les extrémismes et pour la tolérance religieuse.

"Café Budapest", Steinkis, 18 euros

 

14/04/2016

BD : Lucky Luke, 70 ans et plusieurs vies

Sur son cheval Jolly Jumper, il sillonne l'Ouest américain depuis 70 ans. Toujours seul à la fin de ses albums,ce cowboy a longtemps fumé cigarette sur cigarette. Désormais il mâchonne une brindille et continue ses aventures malgré la mort de son créateur, Morris. Lucky Luke, l'homme aux 70 vies.

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Selon la légende, il tire plus vite que son ombre. Lucky Luke, avec Tintin et Astérix, est un des rares personnages de bande dessinée à être connu de tout le monde. Pour ses 70 ans, il franchit un nouveau cap avec la parution de deux albums hommage. L'opportunité pour des auteurs affirmés de s'approprier le héros et d'en donner leur vision. Premier à dégainer, Matthieu Bonhomme. Il est presque à l'origine de l'opération. "Cela fait presque dix ans que je demande aux éditions Lucky Comics s'il est possible de faire un 'Lucky Luke vu par...' comme c'est le cas avec Spirou, se souvient l'auteur d'Esteban et de Texas Cowboys. Il y a deux ans, j'ai vraiment insisté. Par chance la maison d'édition réfléchissait à l'anniversaire des 70 ans. Ensuite c'est allé très vite." Une année de dessin et voilà 'L'homme qui tua Lucky Luke' dans toutes les bonnes librairies.

Vers plus de simplicité

Résolument réaliste, cette version étonne par sa maîtrise mais aussi sa fidélité à la personnalité du cowboy. L'action se déroule dans une petite ville minière. Le shérif, légèrement demeuré, est secondé par ses deux frères, beaucoup plus futés. Lucky Luke ne compte rester qu'une nuit. Mais les habitants lui demandent de rester pour retrouver une cargaison d'or volée. Une mission que Lucky Luke accepte, malgré l'hostilité des frères. L'enquête progresse, jusqu'à ce fameux duel, dessiné et mis en scène tel un film de Sergio Leone. Le scénario imaginé par Matthieu Bonhomme tourne en réalité autour de l'arrêt du tabac par le héros. "Quand j'ai eu l'autorisation de reprendre Lucky Luke, c'est la première chose que j'ai demandé 'Lucky Luke a-t-il le droit de fumer ?'» La réponse négative, arrange bien le dessinateur qui en profite pour expliquer comment et pour quelles raisons très humaines il arrête le tabac. Ce rêve de gosse permet aussi au jeune dessinateur de rendre hommage à Morris, un auteur qui l'inspire depuis son enfance.

Et quand il termine son école d'art et se dirige vers la BD, il rouvre des Lucky Luke pour trouver des solutions : "c'est génie, il a tout compris. Il faut aller vers plus de simplicité, l'évidence et le graphisme comme il le fait.» Même s'il regrette d'avoir dû abandonner le cowboy solitaire, Matthieu Bonhomme savait que ce ne serait que cette reprise ne durerait que le temps d'un album. "J'ai d'autres projets, notamment un nouveau cycle d'Esteban qui ne se passe pas en Patagonie" se justifie-t-il.

Maintenant, ce Lucky Luke différent est parti à l'assaut des librairies avant l'arrivée de la véritable nouveauté, en novembre, scénarisée par Jul et toujours dessinée par Achdé puis en janvier 2017 de la version humoristique de Bouzard. A 70 ans, Lucky Luke n'a pas fini de faire parler de lui.

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 Programme éditorial copieux

Pour les éditions Lucky Comics, l'anniversaire du héros de Morris repris par Achdé au dessin est un événement d'importance qui dure toute l'année. Un programme éditorial très chargé lancé en décembre avec le beau livre 'L'art de Morris' accompagnant l'exposition d'Angoulême. Pour Philippe Ostermann, directeur général des éditions Dargaud, cette monographie est "une exégèse de Morris et de son apport au 9e art. On peut y voir des œuvres de 1947 à 2000." Des réflexions sont en cours pour continuer à faire vivre cette exposition en dehors de la capitale de la BD.

Nouveauté en novembre

En janvier dernier, relance du fonds avec la sortie de 10 albums mythiques de la série pour la somme de 7 euros. Une opération petit prix à l'opposée de l'édition en version très grand format et luxe de 'Phil Defer' datant de 1956, véritable petit bijou vendu 99 euros, bénéficiant d'une reproduction exacte des planches d'origine. Seconde étape, la sortie de deux albums de Lucky Luke vu par... Matthieu Bonhomme tire le premier alors que Guillaume Bouzard propose sa vision humoristique de l'Homme qui tire le plus vite que son ombre en janvier 2017. Un album très attendu car, de l'aveu du directeur de Dargaud, le créateur de Plageman "est allé très loin dans le style parodique et 'montypythonesque'" En attendant, Le 4 novembre exactement, les millions de fans retrouveront un nouvel album dessiné par Achdé (repreneur officiel de la suite de Morris, choisi par ce dernier), mais cette fois sur un scénario de Jul, le créateur de 'Silex and the city'. "Le choix de Jul est issu d'une discussion commune, selon Philippe Ostermann. Il a une immense admiration pour Goscinny et Lucky Luke. Comme il travaille avec nous depuis très longtemps, cela s'est fait en toute confiance." Mais il a dû cependant composer avec certaines contraintes comme une pagination imposée et l'obligation d'être tout public. "C'était un défi pour lui de faire de la très grande BD classique lisible par les adultes comme les enfants." Un album qui sera très certainement en tête des ventes au moment de faire un cadeau de fin d'année.

Enfin, dernier étage de la fusée, la réédition des intégrales des albums de Morris, dans une nouvelle version, enrichie de cahiers thématiques.

"L'homme qui tua Lucky Luke", Lucky Comics, 14,99 euros

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Morris, la carrière d'un géant du 9e art

70 albums, 3 000 planches. Maurice de Bevere, dit Morris, n'a quasiment jamais ralenti sa production durant toute sa carrière. Jeune apprenti dessinateur, il intègre le studio de Jijé, animateur de Spirou à la fin de la guerre. Ce maître du dessin, pouvant passer du comique au réaliste avec une rare dextérité, tente l'aventure aux USA. Il part avec femme et enfants, sans oublier dans ses bagages ses deux jeunes assistants : Morris et Franquin. Le périple outre-atlantique vire au cauchemar. Tous se retrouvent finalement au Mexique. Franquin rentre le premier en Europe, Jijé tente de s'établir à Mexico et Morris, file à New York. Il y restera longtemps, rencontrant un autre francophone passionné de BD : Goscinny. On ne le sait pas toujours, mais plusieurs albums de Lucky Luke ont été dessinés en Amérique. Les planches rejoignaient Bruxelles par bateau. Certaines s'égarant en chemin... De retour en Europe, avec Goscinny, Morris quitte Spirou pour Pilote. Lucky Luke devient de plus en plus célèbre, l'égal d'Astérix. Tout en multipliant les dérivés (Rantanplan notamment), Morris surveille les adaptations à la télé. Et contrairement à Hergé, il voudra que son héros lui survive.

 

 

13/04/2016

BD : L'art de Morris

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Un génie du trait juste et du mouvement. Le dessin de Morris, de pataud à ses débuts, s'est rapidement affirmé pour devenir une référence dans le style franco-belge. Pour les 70 ans de son seul et unique personnage, le festival d'Angoulême a présenté une exposition de grande ampleur avec pas moins de 150 planches et dessins originaux. L'occasion de voir l'évolution de l'art de Morris au fil des décennies. Cette exposition inaugurée en janvier dernier à la Cité internationale de la Bande dessinée d'Angoulême est toujours visible et ce jusqu'au 18 septembre. Pour l'accompagner, le beau livre sobrement intitulé "L'art de Morris" retrace sa carrière et ses influences, sous un écrin luxueux sur plus de 300 pages richement illustrées. Avec des interventions savantes de Jean-Claude Menu et du dessinateur Blutch.

"L'art de Morris", Lucky Comics, 45 euros

 

BD : Un demi-génie au service des Schtroumpfs

Ils n'ont pas changé. Les Schtroumpfs poursuivent leur aventures dans cette fiorêt magique. Pour ce 34e album, le Schtroumpf costaud et le Schtroumpf à Lunettes partent cueillir des myrtilles. Mais en chemin ils découvrent une amphore. En l'ouvrant ils libèrent un petit génie qui se met à leur service. Mais il rate tous ses tours. En fait il a un jumeau, et ils n'exhaussent véritablement les vœux qu'ensemble. Un jumeau devenu l'esclave de l'abominable Gargamel. Une jolie histoire sur l'entraide, la famille et surtout les dégâts de la cupidité.

"Les Schtroumpfs" (tome 34), Le Lombard, 10,60 euros

 

12/04/2016

BD : Petits magiciens cachés

Il faut avouer un petit air d'Harry Potter à cette BD écrite par Kid Toussaint et dessinée par deux auteurs italiens, Quattrocchi et La Barbera. Le jeune héros, Léo, débarque dans un nouveau collège. Il est immédiatement harcelé par les 'caïds'. Mais Léo n'est pas un enfant comme les autres. Il a un pouvoir magique lui permettant de converser avec les fantômes. Il se croit seul exceptionnel mais croise dans ce collège deux autres élèves originaux : Hamelin qui comprend le langage des animaux et Farah, capable de lancer des boules de feu avec ses mains. Ils sont trois dans ce premier tome, mais au total ils seront sept. Ce sera le fil rouge des autres albums à paraître cette année, le second tome en juin et le troisième en octobre. Frais et distrayant.

"Magic 7" (tome 1), Dupuis, 9,90 euros

 

10:30 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : magic 7, toussaint, dupuis, barbera

11/04/2016

BD : Zap Collège, les champions du rire

Les BD prenant pour personnages principaux des adolescents sont parfois un peu mièvres. Ce n'est véritablement pas le cas de Zap Collège de Téhem dont le 8e tome vient de paraître. La petite bande de Jean-Eudes se défoule en jouant aux Dumball. Un sport entre foot et... rien de connu. La balle, énorme, est habitée par un concurrent. Et il y en a une par équipe. Original et physique, ce sport encore peu connu (et totalement imaginaire) vient de sacrer les champions de France. L'équipe de Jean-Eudes. Avec à la clé une qualification pour le championnat du monde qui se déroule au Watar. Encore faut-il trouver le financement pour payer le voyage. Sur cette trame de recherche de sponsoring, Téhem utilise les atouts de ses personnages, des capacités culinaires de Hayat aux conseils de relookage d'Ecoline. Hilarant mais aussi émouvant avec l'arrivée dans l'équipe de Graziella, gymnaste incomprise, folle amoureuse d'Eddy, le benêt au bonnet.

"Zap Collège" (tome 8), Glénat, 9,99 euros

 

 

12:09 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : zap collège, téhem, tcho, okapi, glénat

06/04/2016

BD : Belgique, Paradis perdu

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Il fut un temps, la Belgique manquait cruellement de main-d'œuvre. À la fin de la guerre, les autorités du Plat Pays ont massivement recruté des ouvriers en Italie. La promesse d'un véritable paradis. Devenu rapidement l'enfer, le seul travail proposé étant d'aller extraire du charbon au plus profond des mines. Cette histoire sociale est en filigrane de "Macaroni !", roman graphique écrit par Vincent Zabus et dessiné par Thomas Campi. Roméo, gamin de dix ans, va passer quelques jours chez son grand-père. "Le vieux chiant" selon son expression préférée. Ancien mineur, il vit chichement dans sa petite maison, entre noirs souvenirs de la mine et espoirs perdus au soleil de la péninsule. Une très belle histoire sur l'incompréhension des générations et le passé de cette frange de la population belge, toujours en mal d'intégration, quatre générations plus tard.

"Macaroni !", Dupuis, 24 euros

 

05/04/2016

BD : Gauguin face à Van Gogh

 

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 Gauguin, de personnage secondaire dans l'aventure de Luc Leroi, devient héros à part entière de l'album portant son nom dans la collection des "Grands peintres". Patrick Weber et Nicoby s'attaquent à cette légende. Mais au lieu de tenter de retracer toute la vie de ce génie absolu, ils se concentrent sur les quelques mois au cours desquels il a tenté de peindre avec Van Gogh en Arles. Une cohabitation impossible. Gauguin ne supportait pas les natures mortes du Hollandais fou. Ce dernier n'avait qu'une idée, faire mieux que son maître. L'alcool pour l'un, les femmes pour l'autre ont achevé de transformer cette collaboration artistique en cauchemar absolu. La BD permet de mieux comprendre la soif d'horizons nouveaux de Gauguin (Panama, Antilles, Bretagne ou Marquises) et les racines de la folie de Van Gogh. Mieux qu'un cours magistral.

"Gauguin", Glénat, 14,50 euros

 

09:30 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gauguin, nicoby, weber, glénat

04/04/2016

BD : Luc Leroi à travers le temps

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Faille spatio-temporelle pour Luc Leroi, l'anti héros de Jean-Claude Denis. Toujours amoureux de la belle Alinéa, tahitienne mélancolique, il l'accompagne à Tahiti une seconde fois. Mais il ne peut pas rester. En repartant seul, il ne se doute pas qu'en franchissant la ligne de changement de date il fait un grand saut dans le passé. Arrivé à Paris, il est plongé en pleine fin du XIXe siècle. C'est là qu'il est invité à la célèbre soirée du lundi chez Paul Gauguin. Luc, déraciné, va rencontrer le grand artiste, lui expliquer son admiration, ce que ce dernier se moque éperdument, tirant le diable par la queue. Heureux de rencontrer son idole mais désespérée d'avoir perdu sa fiancée, notre héros toujours aussi tendre et naïf, va finalement refermer sa boucle spatiale grâce à sa vielle Vespa 400. Superbement dessinée, subtil et malin, cette résurrection du héros préféré de Jean-Claude Denis intervient après une parenthèse de 15 ans.

"Luc Leroi, plutôt plus tard", Futuropolis, 16,50 euros

 

11:07 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : luc leroi, denis, gauguin, futuropolis

31/03/2016

BD : Odyxes au centre d'une bataille divine

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Arleston aime jouer avec les Dieux. Ils sont omniprésents dans cette nouvelle série dessinée par Stephen Lejeune. Oscar, jeune étudiant en médecine, est expédié dans le passé par Athéna. Il devra combattre un autre voyageur du passé, un soldat américain de la guerre de Sécession. Le premier est l'ingénieur du second propulsé pharaon car l'action se déroule en Egypte ancienne. Si Oscar est partagé, désirant revenir dans son présent, Pharaon est persuadé qu'avec leurs connaissances technologiques, ils pourront dominer le monde. Ils vont finalement s'affronter, comme le veut les Dieux de l'Olympe qui n'y voient qu'une distraction. Une série dotée d'un fort potentiel de développement.

"Odyxes" (tome 2), Soleil, 14,50 euros

 

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30/03/2016

BD : Centaurus, cette nouvelle Terre

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L'imagination de Léo et de Letendre semble sans limite. Ces deux auteurs sont devenus les spécialistes des histoires d'exploration spatiale. "Centaurus" raconte comment l'Humanité, face à la désertification de la Terre, a lancé un immense vaisseau monde dans l'espace pour coloniser une planète dotée d'une atmosphère compatible à la vie. Un périple de 400 ans, plusieurs générations et enfin l'exploration de cette "terre étrangère" nommée Vera. Un petit groupe se rend sur place pour évaluer les possibles dangers. Et rapidement ils sont légion : des insectes gigantesques, des oiseaux pieuvres, des petits hommes blanchâtres, des ruines menaçantes... Des découvertes qui n'empêchent pas les savants de progresser jusqu'à un lieu en tout point identique à un monument de la vraie Terre. Dessinée par Janjetov, cette saga passionnante et palpitante s'intéresse aussi aux relations entre explorateurs. Ou comment trouver l'équilibre dans un groupe disparate et jamais d'accord...

« Centaurus" (tome 2), Delcourt, 12 euros

 

29/03/2016

BD : Ludivine et les dessous de l'Histoire

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Les auteurs le précisent bien en cours d'album "On n'est pas dans Olivier Rameau". Conséquence, un gentil petit oiseau se fait dézinguer en plein vol et l'héroïne, Ludivine, passe le plus clair de son temps entièrement nue. Personne ne s'en plaint quand on sait que Dany est aux pinceaux. Il n'a pas son pareil pour dessiner des filles aux courbes rebondies et généreuses. Cette Blonde aux grands yeux bleus est pourtant une intellectuelle. Étudiante, elle se rend à la médiathèque pour mettre la touche finale à sa thèse sur l'influence du sexe sur le cours de l'Histoire. Mais un bug dans l'ordinateur la transporte dans le passé. Un périple imaginé par Erroc et Rodrigue. Avec les hommes préhistoriques, puis à Rome en passant par la France d'Henri IV, la jolie demoiselle aux idées féministes va se retrouver au cœur des événements. De la matière brute pour sa thèse car son sex-appeal n'est pas sans conséquences sur les réactions des grands de ce monde, de Napoléon à Jules César. Gai, débridé, sexy et bourré de jeux de mots : un album idéal pour passer un bon moment.

"Ludivine", Glénat, 14,50 euros

 

28/03/2016

BD : Lisa Mandel au coeur du porno

mandel, porno, fabrique, sociorama, castermanLa collection "Sociorama" permet la rencontre de la sociologie et de la bande dessinée. En s'appuyant sur une recherche savante, un auteur de BD vulgarise le tout dans des albums faciles à lire. Sur l'enquête de Mathieu Trachman ("Le travail pornographique" paru en 2013 à La découverte) Lisa Mandel signe une histoire en total décalage avec son trait. Elle qui dessine très gros nez, simple et caricatural, plonge le lecteur dans le tournage de films pornographiques. Elle suit Howard, jeune Noir qui a fait ses débuts dans des productions amateurs et de sa copine, Betty. Sans aucun jugement à l'emporte-pièce, on découvre le quotidien de ces "acteurs", leur vie en famille, les à-côtés des tournages, leur manque de protection sociale et les salaires de misère. Une BD à ne pas mettre entre toutes les mains, mais qui éclaire sur un secteur économique florissant et en perpétuelle progression.

"La fabrique pornographique", Casterman, 12 euros

 

25/03/2016

BD : Notables dépravés dans le "Club des prédateurs"

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Londres à la fin du XIXe siècle. La révolution industrielle permet à de riches propriétaires de faire encore plus fructifier leur fortune. Les usines marchent à plein, la main-d'œuvre facile à trouver dans les bas-fonds de la capitale. Quand on a faim, un simple verre de lait attire les enfants. Même si dans la foulée ils doivent travailler dix heures dans la foulée. Jack, un gamin des rues, refuse cette situation. Il préfère voler, déguisé en petit ramoneur. Il croise la route de Liz, fille d'un notable membre d'un club sélect. Leur amitié va être mise à rude épreuve quand ils rencontrent le Bogeyman, un croquemitaine à la réputation sulfureuse. Il enlèverait les enfants... L'album écrit par Valérie Mangin et dessiné par Steven Dupré débute comme une critique sociale de l'Angleterre victorienne. Mais l'intrigue bascule dans le grand-guignol, avec une dernière case à la limite du soutenable.

"Le club des prédateurs" (tome 1), Casterman, 13,95 euros

 

24/03/2016

BD : S'évader des profondeurs avec Bec et Rafaele

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Conclusion de la série "Deepwater prison" écrite par Christophe Bec et dessinée par Stefano Rafaele. Dans un futur proche, pour résorber l'augmentation de la population carcérale, les autorités construisent des prisons au fond de l'océan. A 800 mètres de profondeur, impossible de s'évader. Ce huis clos angoissant est digne des meilleurs films d'évasion. Un petit groupe de prisonniers fomente un audacieux plan pour se faire la belle. Leur ticket de sortie c'est une fonctionnaire du gouvernement qui vient enquêter sur les conditions de vie de cet état dans l'état. On trouve à la manœuvre un ancien marine, condamné pour désobéissance. Et pour donner un peu plus de corps à l'ensemble, l'histoire tourne autour des exactions d'une grande compagnie pétrolière. Politique et écologique, la série est particulièrement crédible. Les dessins hyper réalistes de Rafaele renforçant cette impression.

"Deepwater prison", (tome 3), Soleil, 15,50 euros

 

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