06/06/2017

De choses et d'autres : Le Gorafi à la volée


Il y a longtemps que je ne m’intéresse plus au tennis. Il fut un temps où j’appréciais la diffusion quasi ininterrompue des matches de Roland-Garros. Souvenirs du lycée, quand en plein mois de juin, les cours s’espaçaient pour cause de préparation aux examens. Alors, au lieu de réviser comme tout bon élève qui se respecte, je regardais les Chang, Agassi et autres Noah crier et glisser sur la terre battue.Et puis, l’âge aidant, mes idoles ont raccroché, mon intérêt s’étiolant, peu charmé par les nouvelles stars du circuit : le taciturne Nadal, le peu expressif Federer. 
Mais depuis peu, le tennis me fait de nouveau vibrer. Pas pour les exploits de joueurs français ou les victoires des nouvelles stars comme Djokovic ou Murray. Non, la faute au Gorafi. Visiblement un des rédacteurs du journal parodique est lui accro à ce sport. Et s’y connaît suffisamment pour alimenter le site de ces faux articles hilarants car terriblement crédibles. J’avoue, j’ai ri quand j’apprends que « Tsonga obtient son ticket pour les quarts de finale » avec la précision qui tue : « rang B place 23 ». Il y a même des commentaires en direct, sur le match d’hier après-midi pour expliquer que « Gaël Monfils déclare être gêné par ‘de la poussière orange’ sur le court ». Le résumé de l’esprit tennistique du Gorafi tient dans un petit film de « 58 secondes pour comprendre Roland Garros ». Le match le plus long du tournoi a duré « trois ans.Il opposait Paul-Henri Mathieu à la façade nord du court Philippe-Chatrier » et que depuis 1996, « les tennismen français sont exemptés de contrôle antidopage ». Ce tennis-là, j’adore. 

05/06/2017

De choses et d'autres : le pouvoir infini des chatons


Imaginons un futur où l’énergie fossile a disparu. Le tout électrique a pris le pouvoir. Une électricité gratuite et facile à produire. Tout a commencé quand un ingénieur, accro à Facebook, a eu deux chatons. De jolis siamois, racés. Au moment de les baptiser, l’ingénieur, loin d’être une flèche en matière d’ imagination, se dit que le mieux est de demander à ses amis facebookiens de lui suggérer des idées de noms. Commençant par N, pedigree oblige. Et là, c’est la révélation. En quelques minutes, photo des deux chatons en renfort, il reçoit des centaines de commentaires, puis partages à l’appui, des milliers. Il se dit qu’il a inventé le post perpétuel, comme le mouvement du même nom. En se creusant les méninges, il réfléchit que chaque message correspond à autant de frappes sur un clavier. Une force que l’on pourrait récupérer, amplifier, stocker, utiliser. Il met du temps, mais finit par persuader les géants d’internet. Chaque ordinateur est désormais doté d’une fonction « frappe énergétique ». Couplée aux réseaux sociaux, l’utilisateur peut dispatcher cette énergie directement sur le moteur électrique de sa voiture. Quelques commentaires et vous vous mettez en marche. 

 

Dans ce futur imaginaire, pour aller chercher du pain, il suffit de publier un statut sérieux ou philosophique. Mais si vous avez l’intention d’aller voir la famille à plus de 100 kilomètres, mieux vaut se lancer dans la polémique politique, sur les affaires ou le tous pourris. Si vous partez en vacances, faites appel aux peoples. Reprenez un tweet de Cyril Hanouna et critiquez-le. En retour, ses fanzouzes vous couvriront d’insultes : qu’importe, c’est pour la bonne cause. Mais attention, n’utilisez les chatons qu’en dernier recours, au risque de griller votre auto.

17:29 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chatons, énergie

02/06/2017

De choses et d'autres : Rigole, c’est du Belge !


Je suis très mal placé pour me moquer des Belges, mais qui aime bien châtie bien. 
 La première anecdote date de dimanche dernier. La sœur du roi a blessé le Premier ministre en tirant au pistolet. Un coup d’état à l’envers, la Royauté tentant de renverser la république ? Trop rationnel pour ce petit pays européen,toujours très influencé parle surréalisme. En réalité la princesse Astrid était à côté de Charles Michel pour donner le départ des 10 km de Bruxelles (40 000 participants).Elle a donné le départ en actionnant un pistolet de starter. Juste à côté de l’oreille gauche du Premier ministre,présent pour ce moment festif. Un peu trop près même. Sur les images il fait une grimace.Et depuis lundi il est en arrêt maladie pour surdité partielle. Obligé de sécher conseil des ministres et rencontres officielles, trop handicapé par un acouphène. 
 L’autre histoire en provenance d’outre-Quiévrain touche la bande dessinée. Tout le microcosme de cet art qui doit tant à la Belgique est en émoi depuis la parution d’une bande dessinée scénarisée par une totale inconnue. Amber Blake est une nouvelle série sur une héroïne, recueillie jeune orpheline par une organisation secrète et transformée en agent secrète d’élite. L’éditeur qui mise beaucoup sur l’album explique que c’est un mélange entre «Alias etLargo Winch au féminin ». Mais qui est cette Jade Forêt qui décroche le jackpot à 27 ans ? Ancienne top-model, elle est depuis 7 ans Mme Lagardère. Être la femme d’Arnaud, le PDG du groupe du même nom,ouvre des portes.Ce n’est pas mon avis,mais celui de nombre de professionnels de la profession un peu jaloux. Pas de sa plastique, mais de sa plume.

30/05/2017

De choses et d'autres : un sou est un sou


Ma femme, qui gère les comptes et donc à ce titre se charge de toutes les dépenses du foyer (façon diplomatique de reconnaître que c’est elle qui fait les courses dans 80 % des cas), s’est étonnée au moment de payer par carte bancaire d’un message sur le lecteur. Il lui proposait d’arrondir le montant à l’euro supérieur et de ce fait reverser le surplus, soit quelques centimes, à une association partenaire de l’enseigne.
Hasard de son shopping, elle a été confrontée à deux reprises à ce phénomène, d’abord à Maisons du Monde puis chez Jules. « L’arrondi » est un programme lancé depuis quelques années par la start-up Microdon. Et justement les deux enseignes viennent de rejoindre le mouvement depuis février dernier. L’objectif, louable, est « d’offrir la possibilité aux Français de faire des microdons de manière spontanée à partir des actes de la vie courante. »
Quand on achète donc mais aussi chaque mois quand on perçoit son salaire ou que la banque fait le décompte mensuel. Dans ces deux autres cas, l’arrondi se fait à la baisse. Les entreprises, après accord des salariés, au lieu de verser, par exemple dans le cas d’un smic, 1480,27 euros au salarié, n’en vire que 1480, les 27 centimes sont collectés pour une association. Individuellement cela ne représente pas grand-chose, mais si l’entreprise est importante, cela chiffre rapidement. Microdon a ainsi collecté 1M€ en 2014 redistribués à 250 associations participantes. Une façon simple de faire des bonnes actions. L’ancêtre de la boîte à centimes en quelque sorte dans laquelle nous mettions toute notre ferraille et qui, une fois l’an, était donnée au plus méritant des enfants pour convertir le tout en bonbons pour les plus frivoles, en livret A pour les plus prévoyants. 

29/05/2017

De choses et d'autres : aux mamans oubliées

Hier, des millions d’enfants ont souhaité une bonne fête à leur maman. Une tradition vivace malgré son origine douteuse (imposée par Pétain et son triste « travail, famille, patrie ») et sa récupération mercantile. Ces réserves n’empêchent pas les jeunes et moins jeunes de penser à leur mère au moins un jour par an. Et pour ceux qui ont tendance à l’oublier, les écoles sont là pour maintenir l’habitude. Combien de vases informes en argile ou terre cuite, de dessous de plats en pinces à linge et, champion toutes catégories des cadeaux confectionnés avec amour mais qu’on n’osera jamais porter en public : le collier de nouilles. Des macaronis pas cuits évidemment, peints de toutes les couleurs, enfilés sur une ficelle et transformés dans les yeux des petits en gracieux bijou. Laid et inutile, mais ce ne sont pas les agriculteurs du Lauragais, spécialisés dans le blé dur utilisé dans la confection des pâtes qui s’en plaindront. Rien qu’en colliers de nouilles, ce sont deux exploitations qui écoulent une bonne partie de leur production chaque année. 
Des cadeaux pour les mamans, sauf pour celles des élèves de l’école Singelijn en Belgique. Après deux années de réflexion, les professeurs ont décidé de ne pas bricoler les fameux colliers ni d’autres parures en matériaux récupérés. L’explication officielle me semble un peu fumeuse : selon la presse locale, « les classes sont composées de familles hétérogènes : monoparentales, parents décédés, parents qui ne voient plus leurs enfants, couples homosexuels, etc. La confection des cadeaux pouvait donc générer des souffrances chez certains enfants. » En réalité, je suspecte un enseignant brimé qui par ce refus, se venge de sa maman. 

27/05/2017

De choses et d'autres : Jean-Christophe Averty, « morveux » de génie

 

Il a fait les beaux jours de la télévision, quand il n’y avait qu’une seule chaîne, que l’audimat n’existait pas et que l’imagination était (parfois) au pouvoir. Jean-Christophe Averty a secoué le PAF (paysage audiovisuel français) avant même la création de la TNT et la téléréalité. Voilà bien un genre qu’il ne devait pas porter dans son cœur à en juger par le titre de recueils d’entretiens avec Noël Herpe : « La réalité me casse les pieds ».
Pour France Culture, le réalisateur des « Raisins verts » et animateur des « Cinglés du Music-hall » revient sur cette immense carrière. Un bouquin terminé au début de l’année et qui parait quelques semaines après la disparition de l’interviewé, mort en mars dernier à 88 ans. Il n’est pas tendre pour lui, ni ses contemporains. Mais raconte avec faconde les grands moments de sa carrière. On retiendra notamment la réalisation du film « Autoportrait mou de Salvador Dali ». A la base, Fellini devait réaliser le film. Ce fut Averty. « Et pourtant, en 1966, entre Fellini et Averty il y avait une sacrée différence ! D’un côté un homme génial et de l’autre, le morveux que j’étais ». Le tournage sera épique. Comme toujours quand il s’agit de Dali. Averty pas encore complètement fou, et Dali qui l’était complètement, le résultat a été ébouriffant. « Au final, ce film sur Dali a été mon heure de gloire, estime Averty. Le reste a ressemblé à une lente décrépitude. »
Pourtant, il en manque aujourd’hui à la télévision des Averty en herbe, « des morveux ambitieux dans mon genre » selon sa terminologie.
 ➤ « La réalité me casse les pieds », Plein Jour, 14 €

26/05/2017

De choses et d'autres : Amazing Trump

 

Le premier voyage à l’étranger de Donald Trump est une mine pour les observateurs un peu critiques et prêts à relever toutes les gaffes, bévues et autres incongruités que le nouveau président ne manque pas de commettre. Après l’Arabie Saoudite il rejoint Israël. Dès la descente d’avion il se fend d’une déclaration et le fort vent qui souffle sur Tel Aviv suscite les pires craintes pour sa chevelure péroxydée. Baste, grâce à une couche de laque aussi performante qu’un bouclier anti-missiles et de la colle (peut-être la même que pour le dentier), sa coiffure bouge mais ne rompt pas.
On rit beaucoup moins quand il se rend au mémorial de la Shoah après un détour par le mur des Lamentations où tous les visiteurs de marque laissent un message dans le livre d’or. En 2008, Barack Obama avait rempli une page d’un texte poignant, où il insistait sur le besoin de se souvenir de ceux qui ont péri. Trump se contente de quatre lignes et d’une conclusion un peu abrupte et sans la moindre profondeur selon tous les observateurs : « So amazing + Will never forget » soit « C’est dingue + je n’oublierai jamais ! » Le « amazing » est pour le moins déplacé.
Suite du voyage au Vatican. Là, pas de déclaration mais des photos qui interpellent. Entre sa femme et sa fille, vêtues de noir, un crêpe sur les cheveux blonds, et un pape François taciturne, il est hilare. Le contraste entre son sourire et la gravité du pape est frappant. Enfin il rejoint la Belgique pour une réunion de l’Otan. Là aussi il en a sorti une belle, se déclarant particulièrement heureux de découvrir « cette belle ville qu’est la Belgique ».
Hier il a reçu pour la première fois en tête à tête Emmanuel Macron. S’il continue sur sa lancée, Trump pourrait, au choix, croire que Macron est toujours conseiller à l’Élysée, chercher Sarkozy dans la délégation ou draguer Sylvie Goulard la ministre des Armées françaises. 
(Chronique parue le 26 mai en dernière page de l'Indépendant)

De choses et d'autres : Amazing Trump

 

Le premier voyage à l’étranger de Donald Trump est une mine pour les observateurs un peu critiques et prêts à relever toutes les gaffes, bévues et autres incongruités que le nouveau président ne manque pas de commettre. Après l’Arabie Saoudite il rejoint Israël. Dès la descente d’avion il se fend d’une déclaration et le fort vent qui souffle sur Tel Aviv suscite les pires craintes pour sa chevelure péroxydée. Baste, grâce à une couche de laque aussi performante qu’un bouclier anti-missiles et de la colle (peut-être la même que pour le dentier), sa coiffure bouge mais ne rompt pas.
On rit beaucoup moins quand il se rend au mémorial de la Shoah après un détour par le mur des Lamentations où tous les visiteurs de marque laissent un message dans le livre d’or. En 2008, Barack Obama avait rempli une page d’un texte poignant, où il insistait sur le besoin de se souvenir de ceux qui ont péri. Trump se contente de quatre lignes et d’une conclusion un peu abrupte et sans la moindre profondeur selon tous les observateurs : « So amazing + Will never forget » soit « C’est dingue + je n’oublierai jamais ! » Le « amazing » est pour le moins déplacé.
Suite du voyage au Vatican. Là, pas de déclaration mais des photos qui interpellent. Entre sa femme et sa fille, vêtues de noir, un crêpe sur les cheveux blonds, et un pape François taciturne, il est hilare. Le contraste entre son sourire et la gravité du pape est frappant. Enfin il rejoint la Belgique pour une réunion de l’Otan. Là aussi il en a sorti une belle, se déclarant particulièrement heureux de découvrir « cette belle ville qu’est la Belgique ».
Hier il a reçu pour la première fois en tête à tête Emmanuel Macron. S’il continue sur sa lancée, Trump pourrait, au choix, croire que Macron est toujours conseiller à l’Élysée, chercher Sarkozy dans la délégation ou draguer Sylvie Goulard la ministre des Armées françaises. 
(Chronique parue le 26 mai en dernière page de l'Indépendant)

25/05/2017

De choses et d'autres : la vigne rescapée


L’été est quasi là. Je m’en rends compte tous les jours en allant au travail au guidon de mon scooter. La visière relevée, je profite du paysage et des odeurs. Cinq minutes dans la campagne, cinq autres dans la ville avant de me garer en face du journal.
A ma gauche, des genets d’ordinaires discrets éclatent d’un jaune presque fluorescent. A droite des prairies fraîchement fauchées commencent déjà à sentir le foin sec. Les acacias ont perdu leurs grappes de fleurs blanches, mais le parfum des tilleuls de l’avenue d’Espagne arrivent à surpasser les relents de gaz s’échappements dus aux embouteillages.
Et puis il y a les vignes. Vertes, resplendissantes, aux longues tiges encore intactes et non disciplinées. Enfin les rares qui restent dans cette zone péri-urbaine de Perpignan. La semaine dernière, une nouvelle parcelle a été « traitée » définitivement. Un énorme tracteur, des socs et un rouleau. Déracinés tous ces ceps sans doute trop anciens. Longtemps il ont fourni le raisin avec lequel on confectionne ces vins râpeux, pas forcément goûteux ni distingués mais qui ont fait vivre des générations de viticulteurs. Tous arrachés. Tous sauf un pied, un miraculé, seul au milieu de ces « cadavres » qui déjà font le bonheur des particuliers venus les ramasser pour se chauffer dans deux ou trois hivers. Un petit pied rescapé, vaillant, comme un symbole de ce monde agricole en pleine mutation. Ou disparition penseront les plus pessimistes. 
(Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le 25 mai. Malheureusement le pied de vigne rescapé a disparu quelques jours pus tard...)

23/05/2017

De choses et d'autres : tourner en bourrique

Depuis quelques semaines, le net regorge d’articles sur les « hand spinners », sortes de toupies manuelles en pleine invasion des cours de récréation. Sceptique sur ces modes souvent dictées par un mercantilisme de bas étage (un hand spinner coûte de 3 à 15 € dans le commerce), j’ai pris conscience du phénomène en croisant trois collégiens à la sortie des cours. Tout en discutant, ils faisaient tournoyer frénétiquement leur petit bidule. Le hand spinner, de virtuel, devenait tout à coup réel sous mes yeux ébahis.
Ces jouets, formés d’un roulement à bille central et de trois branches, sont à la base des objets destinés à certains autistes. Ils agissent comme « un exutoire moteur aux tensions et désirs de mouvement » pour les « enfants et adultes hyperactifs ou ayant des troubles de l’attention et de la concentration. » En le faisant tourner le plus longtemps possible et si possible en équilibre sur un doigt, on apprend, en théorie, « dextérité, agilité, motricité et force cinétique.
Problème, aux USA d’où vient la mode, plusieurs écoles ont interdit le hand spinner et en France certains profs aussi commencent à en avoir ras-le-bol. Car loin de se limiter aux récréations, la toupie virevolte en cours. Résultat les élèves n’écrivent plus, écoutent encore moins et quand le jouet tombe, cela déclenche un brouhaha immédiat. A mon avis, le hand spinner ne présente qu’un avantage : il oblige son utilisateur à choisir entre lui et son portable. Moins d’écran ne peut pas nuire à la jeunesse… 
(Chronique parue le 23 mai en dernière page de l'Indépendant)

22/05/2017

De choses et d'autres : la barbe !

La recomposition politique ne présente pas que des avantages. Prenez le nouveau Premier ministre Edouard Philippe, homme de droite passé par le PS, fils spirituel de Juppé, énarque, maire du Havre et… barbu. Ne croyez pas que cet ornement soit anecdotique.
Au contraire, dès le lendemain de sa nomination nombre d’analystes politiques ont relevé ce détail, comme si désormais ses joues plus ou moins velues prenaient autant d’importance que le fond de sa pensée. Signe de virilité assumée pour certains, de paternité bienveillante pour d’autres, ces quelques poils ont beaucoup fait parler d’eux. Jusqu’à dire n’importe quoi sur l’émergence d’une nouvelle génération de décideurs plus au goût du jour, dans le coup. Pas des hipsters ni des métrosexuels, mais des hommes politiques qui se soucient simplement de leur apparence et ne se rasent pas tous les matins minutieusement en pensant au futur poste important qu’ils espèrent conquérir.
La réalité est peut-être moins belle. Edouard Philippe porte la barbe depuis qu’il est devenu maire du Havre en 2010 à la place d’Antoine Rufenach. Pour se vieillir. Il l’a reconnu. Également pour changer de tête. Dans son parti quelques mauvaises langues trouvaient qu’avec sa calvitie naissante et ses joues lisses, il ressemblait de plus en plus à son mentor Alain Juppé. Car malgré ses 46 ans, le Premier ministre a désormais le cheveu rare. Bref, il utilise sa barbe pour détourner les regards de son crâne lisse. Pour l’instant, le subterfuge fonctionne à merveille. 
(Chronique parue le 22 mai en dernière page de l'Indépendant)

20/05/2017

De choses et d'autres : le vert ne sied pas aux travestis

La parité est une des revendications des écolos. Pour les élections législatives, le parti vert se veut exemplaire. Mais parfois cela pose des problèmes comme dans cette circonscription parisienne. La candidate, Douchka Marcovic, a pour suppléant Thierry Schaffauser. Avant le lancement de la campagne, ils passent par la case photo officielle. Et Thierry, fervent défenseur des minorités, arrive dans ses plus beaux habits... de femme. Ce membre du Strass (syndicat des travailleurs du sexe), souriant, un chien dans les bras, se présente aux électeurs sous son apparence de tous les jours : en travesti. Sympa mais pas du goût des responsables du parti pas si progressiste quand il y a un risque de passer sous les 5 %, la barre du remboursement des frais de campagne. Dans un premier temps ils demandent à refaire la photo. Puis retirent carrément l’investiture au « fautif ». Moralité : le vert ne va pas du tout aux robes des travestis.
(Chronique parue le 20 mai en dernière page de l'Indépendant)

18/05/2017

De choses et d'autres : le grand écart de Nicolas Hulot


Habitué à être sur le devant de la scène depuis ses aventures télévisuelles, Nicolas Hulot a finalement décidé de franchir le pas et de passer aux responsabilités. Longtemps agitateur d’idées, inlassable défenseur de la nature, écologiste pur et dur, il agissait dans l’ombre, avait d’excellents rapports avec les présidentes (Sarkozy puis Hollande), mais n’avait jamais osé se frotter au difficile rôle de ministre.
Emmanuel Macron (ou Édouard Philippe ?) a décroché la lune en persuadant ce « people » de rejoindre le gouvernement. Avec le titre de ministre d’État en plus. Mais avant de prendre les premières décisions, il va falloir qu’il fasse connaissance avec ses collègues. Il ne sera pas évident pour le ministre Hulot de trouver des points de convergence avec son chef direct, le Premier ministre « homme de droite » qui a longtemps travaillé pour Areva, le géant de l’industrie nucléaire.
De même, si l’ancien présentateur d’Ushuaia est sollicité pour soutenir certains candidats de « La république en marche », il pourrait se retrouver en meeting dans le Gard à faire l'article pour Marie Sara face à Gilbert Collard, la Torera qui « pique » des toros contre l’avocat qui défend les hommes. Un sacré grand écart pour ce pionnier de l’écologie médiatique.
Mais le pire serait qu’Emmanuel Macron, lui demande de se charger de la réouverture des chasses présidentielles, une des nombreuses promesses du candidat Macron quand il est intervenu devant les chasseurs français le 15 mars dernier. 
(Chronique parue le 18 mai en dernière page de l'Indépendant)

17/05/2017

De choses et d'autres : Et vive l'Eurovision quand il y a des fesses !


Samedi dernier, des millions de personnes ont communié au son des chansons de l’Eurovision. Communié car on a parfois l’impression qu’il faut être un peu fanatique et sectaire pour apprécier ce dé- filé de chansons horriblement formatées, entre minets branchés, chanteuses à grosse voix et autres particularités régionales. Le seul intérêt, pour moi, résidait dans le long tour des capitales pour entendre les votes des différents pays, de « one point » à « twelve points »... Mais même ça, jugé trop long a été modifié.
Bref, samedi, je n’ai pas regardé. Et aujourd’hui je le regrette. Pas pour le vainqueur, un bellâtre portugais, coiffé comme Julien Doré. Ni la performance de la France, Alma se classant au final 12e, un excellent résultat comparé aux dix dernières années, ni les commentaires de Marianne James, Stéphane Bern et Amir, rarement pertinents et encore moins marrants. Je râle de ne pas avoir été devant la télévision juste pour la prestation de Vitali Sediouk. Un Ukrainien, qui s’est produit chez lui, devant son public. Il n’a pas chanté et son intervention a duré moins de 10 secondes, mais au final, on ne retiendra que lui du show de plus de trois heures. Vitali, à l’entracte, alors que la gagnante de l’an dernier s’époumonait, est monté sur scène, a soulevé le drapeau australien sur son dos et... baissé son pantalon. De belles fesses, en direct, devant des millions d’yeux éberlués. Oui, je regrette d’avoir manqué ce moment...

Alors pour le plaisir, le replay de l'action litigieuse...



(Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le 17 mai)

16/05/2017

De choses et d'autres : La recomposition extrême

Donc, après des heures et des heures de suspense, comme prévu, Edouard Philippe a été nommé Premier ministre. Pour attendre cette non information, j’ai passé le temps en me renseignant sur le favori. Mais aussi ses challengers. Et je suis tombé sur un petit logiciel pour « générer » son propre gouvernement. Une quinzaine de postes à attribuer à une quarantaine de soutiens connus ou supposés du nouveau président. Alors, quitte à faire dans la recomposition, autant ne pas se contenter de demi-mesure.




Au poste de Premier ministre je nomme Aurore Bergé. Pas parce qu’elle est de droite ou qu’une femme c’est tendance. Juste car elle est une des rares à être plus jeune que le président. Je saute sur Mourad Boudjelall, le président du Racing Club de Toulon. Et ancien éditeur de bande dessinée. Je le place à la tête de l’éducation nationale. Tous les manuels en BD, les jeunes vont adorer. François Berléand s’occupera de l’emploi. Il saura parfaitement adapter son jeu d’acteur en fonction des chiffres du chômage. Il peut faire rire ou pleurer... A la Défense, Le Drian a beau être favori pour rempiler, je vois bien un Daniel Cohn-Bendit pour rendre les missions des soldats plus cools. Et les ordres plus coulants. Il faut des femmes. Catherine Laborde, ex Mme Météo de TF1 connaît bien les régions. Allez, direct à l’Intérieur. La Culture ? Eric Halphen. L’ancien juge s’est reconverti dans la littérature. Au sport ? Le grand chef Thierry Marx : la fin des régimes protéinés pour les athlètes et un peu plus de saveurs.
 Enfin j’aurais bien mis François Fillon à la Justice, mais il n’est dans la liste.
(Chronique parue le 16 mai en dernière page de l'Indépendant)

15/05/2017

De choses et d'autres : quatre à quatre


J’ai pris un sacré coup de vieux hier matin. Comme souvent le dimanche, je me lève plein de bonnes résolutions. Notamment celle de marcher autour du lac à la fraîche. Et puis, une fois mon café avalé en lisant la presse, je passe mon tour. Fatigue.
Et coup de vieux car dans la foulée j’ai regardé la passation de pouvoirs entre François Hollande et Emmanuel Macron à la télévision. J’ai pris conscience que pour la première fois de ma vie, je suis plus âgé que le président. Né quasiment en même temps que la Ve Ré- publique, je n’ai jamais connu que l’élection au suffrage universel. Alors un président de 39 ans, cela déstabilise forcément le quinqua que je suis depuis quelques années déjà.
Surtout quand le jeunot, après avoir raccompagné son prédécesseur d’un pas de sénateur, retourne dans son bureau en montant les escaliers quatre à quatre. Pas d’ascenseur pour Macron. Un démarrage à la Usain Bolt et une grimpette façon Kilian Jornet. Du « En marche ! » le voilà aussitôt passé au « En courant ! ». Certains ralliés de la dernière heure éprouveront quelques difficultés à le suivre. Son équipe de campagne et ses premiers soutiens sont habitués au rythme Macron. Les autres risquent d’être distancés. On est prévenu, avec ce nouveau président, ça pulse.
A moins de découvrir une autre explication, beaucoup plus triviale, suggérée par Roselyne Bachelot, ancienne ministre. Dans un tweet elle a simplement relevé qu’au premier étage se trouvaient… les toilettes. 
(Chronique parue le 15 mai en dernières page de l'Indépendant)

12/05/2017

De choses et d'autres : Un animal bizarre



Charles Foster est un drôle d’animal. Plus exactement Charles Foster se glisse dans la peau des animaux. Il a passé quelques jours sur une prairie pour connaître le quotidien d’un mouton et a depuis multiplié les expériences. Par exemple il a décidé de vivre comme un blaireau. Il s’est creusé un terrier dans une forêt du Pays de Galles, y a dormi la journée pour n’en sortir que la nuit afin de chasser les petites proies nécessaires à son alimentation. Il raconte cette aventure dans son livre de témoignages « Dans la peau d’une bête » dont la version française vient de sortir aux éditions JeanClaude Lattès.
Un blaireau, au grand désespoir de Charles Foster, se nourrit à 85 % de vers de terre. Alors il en a mangé. Beaucoup. Selon lui, ils ont « un goût de terre et de bave ». Et mystérieusement cette saveur est variable. Sans aller jusqu’à tester, je pense que l’appréciation va de « Berk ! » à « Berk ! Berk ! »
Ce test de vie animale est à comparer à la performance artistique d’Abraham Poincheval. Il a commencé par s’enfermer plusieurs jours à l’intérieur d’un rocher ; ensuite tel une poule, il a couvé dix œufs durant trois semaines, jusqu’à éclosion.
Je lui propose pour sa prochaine œuvre extrême de combiner les deux. Il se fait claquemurer dans une coquille d’œuf géante, baignant dans un liquide amniotique. Et au bout de trois semaines (ou neuf mois, ça nous fera des vacances), il en sort, soit en cassant la coquille (version oiseau), soit en empruntant un faux sexe féminin. Sa « renaissance » se transformera assurément en buzz mondial. 

11/05/2017

De choses et d'autres : La reconnaissance du ventre


Dans ce monde, rien ne sert d’être servile et bûcheur. Prenez François Baroin : obnubilé par le poste de Premier ministre, il jure allégeance à Nicolas Sarkozy. Ça c’était avant les primaires. Son maître à penser dé- boulonné, il rallie François Fillon, ses affaires, ses costumes. Mais toujours avec la promesse d’être à Matignon. Après le premier tour, on aurait pu croire que Baroin tire une croix définitive sur ce poste tant convoité. Que nenni. Il dirige la campagne des législatives pour la droite et assure, si ses troupes l’emportent, de prendre... Matignon. De l’autre côté de l’échiquier il en est un autre qui fait tout pour continuer à exister : Manuel Valls. Battu à la primaire, il serre la main de Benoît Hamon et disparaît. Mais quelques jours avant le premier tour, il sort de sa réserve et appelle à voter Macron. En voilà un qui croit toujours aux sondages. Et à la reconnaissance du ventre. Car une fois à l’Élysée, Macron ne peut que le récompenser. Valls en est persuadé. Quand il annonce avec fanfare et tralala en direct à la radio qu’il va se présenter à la députation sous l’étiquette « Majorité présidentielle », il est humilié par l’état-major d’En Marche ! : pas de passe-droit, qu’il dépose un dossier d’investiture d’abord... Et oui monsieur l’ancien Premier ministre, tel est le monde d’aujourd’hui. Vous travaillez dur et le mieux possible, pensez que votre action va être remarquée, récompensée même. Naïveté que tout cela. A la première occasion vous êtes jeté à la poubelle tel un vulgaire kleenex usagé. Comme dirait Mélenchon, « Les gens, retenez la leçon ! » 

(Chronique parue le 11 mai en dernière page de l'Indépendant)

10/05/2017

De choses et d'autres : Nul et non avenu


Voter blanc à une élection, est un non-choix. Par contre, voter nul demeure une bonne occasion pour un électeur lambda de faire passer un message. Confidentiel, mais grâce à quelques assesseurs de bureau de vote malicieux, certains de ces bulletins ont eu les honneurs des réseaux sociaux ou des chroniques locales. A Grenoble, un électeur a glissé un bulletin de Marine Le Pen mais a rajouté de sa main cette précision pleine d’ironie : « Non, je déconne ».
Un vote nul ce ne sont pas que des insultes rajoutées sur le bulletin d’un candidat que l’on n’aime pas, ce sont aussi des clins d’œil comme cette image de Pikachu ou cette carte de condoléances. Voire un don en nature quand on rajoute un préservatif (dans son emballage d’origine) ou une tranche d’andouille entourée de film plastique.
C’est l’occasion aussi de remettre les choses à leur place comme ce bulletin qui reprend les termes d’une de ces lettres type de refus envoyé à un demandeur d’emploi : « Mme Le Pen, M. Macron, malgré l’intérêt que suscite votre candidature, nous sommes au regret de ne pouvoir répondre favorablement à votre demande, ne disposant pas dans l’immédiat de poste correspondant à votre profil. » Expéditif, mais très proche de la réalité.
Enfin on peut voter blanc et nul à la fois. Comment ? En glissant, comme cet électeur breton, une photo de Michel Blanc dans l’enveloppe. Ça ne sauvera certainement pas la France mais au moins il y a de l’idée et c’est marrant.

(Chronique parue le 10 mai 2017 en dernière page de l'Indépendant)

09/05/2017

De choses et d'autres : Presque 66,11


N’en déplaise aux défaitistes et autres tenants des calculs alambiqués intégrant abstention, bulletins blancs et nuls comme autant de votes de défiance face à Emmanuel Macron, le nouveau président, en dépassant les 66 % a rassemblé davantage que les simples anti FN sur son nom. Sa jeunesse, son audace et son pari fou ont séduit des millions de Français heureux de voter pour une offre différente que les rediffusions des précédentes campagnes électorales, de Fillon, ancien Premier ministre à Mélenchon, plus jeune sénateur socialiste il y a quelques décennies. Sans oublier bien sûr la fille de son père, comme si l’extrémisme de droite se transmettait comme une lignée royale. Macron vient de nulle part (question parcours politique), c’est son principal mérite.
Sur son score, il s’est trouvé une personne à y voir un signe. Christine Boutin a relevé dans un tweet hier matin (avant le décompte du vote des Français de l’étranger) qu’il obtient 66,06 % des voix. Comme s’il y avait un présage dans ce triple six, symbole du Mal depuis l’obscurantisme moyenâgeux.
Dimanche soir, avec des collègues, on a aussi glosé sur le chiffre final. « S’il termine à 66,11 %, c’est forcément bon signe pour nos deux départements, les Pyrénées-Orientales et l’Aude. » Finalement le ministère de l’Intérieur a mis tout le monde d’accord hier midi. Ce sera 66,10 %. L’Aube a détrôné l’Aude... 
(Chronique parue le 9 mai en dernière page de l'Indépendant)