28/04/2017

De choses et d'autres : Winter is coming


En des temps reculés, on y aurait forcément vu un signe annonciateur de catastrophe imminente. Comme si un grave danger allait nous menacer sous peu. « Winter is coming » répètent inquiets les personnages de la série « Game of Thrones ». Pourquoi, fin avril, se met-il à faire si froid d’un coup, la neige tombant drue sur la montagne ? L’hiver va-t-il faire un retour sur la France, plonger le pays dans des ténèbres glaciales ? Le jour même où les producteurs de cerise de Céret vont remettre les premiers fruits de l’année au président de la République, un manteau blanc et un ciel gris gâche les couleurs du printemps pourtant presque là depuis quelques semaines. Pour preuve, cela fait trois semaines que j’ai troqué ma veste matelassée pour le blouson léger en scooter. Résultat je suis arrivé au journal frigorifié... 
Une autre qui n’apprécie que moyennement ce retour de manivelle de la météo c’est l’amie belge qui vient passer trois jours à la maison. Persuadée trouver soleil et chaleur, elle est arrivée hier midi avec dans son bagage shorts et sandalettes. Heureusement au départ de Charleroi il faisait presque aussi froid. Sinon cela aurait été un choc thermique redoutable. « Merci pour le temps de m...» s’est-elle exclamée dans un grand éclat de rire à sa descente d’avion. L’avantage avec les gens du Nord : ils sont toujours de bonne humeur. Et surtout ils savent que ce fameux hiver peut faire des siennes, mais que toujours, quoi qu’il arrive, il laisse la place au printemps, à la renaissance et à l’espoir. Et si ce n’est pas en avril, ce sera en mai... 
(Chronique parue le 28 avril en dernière page de l'Indépendant)

26/04/2017

De choses et d'autres : Jupe alors


« Les femmes se sont battues à une époque pour obtenir la liberté vestimentaire et c’est ce que je revendique. Ni plus ni moins. » La déclaration, relevée ce mardi dans le journal Aujourd’hui, est de Jérôme Salomé, fondateur de l’association des hommes en jupe. Il aurait pu se consacrer aux anciens combattants, aux amateurs de porte-clés publicitaires ou plus simplement au club de basket de sa ville, Limoges, mais Jérôme Salomé a choisi la difficulté. Car autant une femme en pantalon est devenue la norme, autant un homme en jupe reste l’exception.
Aucune volonté de se travestir pour ce fonctionnaire. Juste la constatation qu’en cas de fortes chaleurs, la jupe est beaucoup plus agréable à porter, peu importe le chromosome. Pourtant la lubie de l’amateur de jupons lui a causé bien des soucis. Pas au niveau professionnel puisque sa hiérarchie l’a autorisé à venir travailler ainsi. Non, ce sont ses petites amies qui lui posent problème. Quand il a eu sa révélation et a risqué pour la première fois de se montrer ainsi vêtu, « elle n’a plus jamais osé me toucher ».
Désormais, quand il s’inscrit sur un site de rencontre, il tait cette particularité. Visiblement la jupe fait fuir la gent féminine. Dans la ré- gion, elle présente l’inconvénient d’être trop sensible aux vents. Parfois agréable quand on découvre ce qu’elle cache chez une dame (remember Marylin) la vision peut se transformer en traumatisme si le vêtement est porté à l’écossaise. 

09:04 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jupe, hommes, mode, original

25/04/2017

De choses et d'autres : Humour d’isoloir

 
Après le premier tour de la présidentielle l’heure est grave. Mais le bis repetita du cauchemar de 2002 avec la présence du FN au second tour ne doit pas nous empêcher de rire un peu. Quelques électeurs ont profité de leur droit de vote pour faire passer des messages subliminaux destinés à nos zygomatiques. Comme cette enveloppe contenant non pas un bulletin mais un joli billet de 50 euros. Un pactole découvert dans une urne du XVe arrondissement parisien. Avec cette inscription manuscrite, lourde de sens : « Pour Penelope ». Une façon plus imagée et moins agressive de dénoncer les « affaires ». Moins trivial et direct que les nombreux bulletins du candidat de la droite ornés du fameux slogan très partagé sur les ré- seaux sociaux : « Rends l’argent ».
Un peu avant le vote, toujours sur Twitter ou Facebook, certains petits malintentionnés, pour diminuer l’impact du Front national, ont demandé aux électeurs de Marine Le Pen d’entourer son nom afin de bien préciser qu’il la soutenait. Une inscription qui automatiquement rendait le bulletin nul. Il semble que l’astuce n’ait pas pris.
Mais que penser de ce vote pour Jean-Luc Mélenchon déclaré nul après hésitation ? Dans le coin en haut à droite, des traces de rouge à lèvres laissées par la bouche d’une électrice après un baiser appuyé. Déclaration d’amour ? Bisou pour lui porter chance ? Raté, car au final, le candidat de la France Insoumise a perdu un suffrage. 

24/04/2017

De choses et d'autres : Le début d’une nouvelle vie


Terminés les enfantillages et les « petits candidats ». La constitution française est ainsi faite. Après un premier choix, sorte de tri sélectif avant valorisation, il n’en reste que deux.
François Asselineau, si calé sur tous les traités et autres textes officiels, doit certainement connaître sur le bout des doigts l’article 7 de la Constitution française. Et le redouter car selon toute logique il marque la fin de son rêve de pouvoir : « Le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n’est pas obtenue au premier tour de scrutin, il est procédé, le quatorzième jour suivant, à un second tour. Seuls peuvent s’y présenter les deux candidats qui, le cas échéant après retrait de candidats plus favorisés, se trouvent avoir recueilli le plus grand nombre de suffrages au premier tour. » Ils étaient 11 au départ. Il n’en reste que deux. Neuf viennent de passer à la trappe, brutalement, sèchement, comme dans un jeu télévisé récent. De la lumière de l’égalité de parole aux oubliettes de la logique politicienne. Cela semble trivial, mais c’est le mode démocratique choisi par les institutions françaises après l’instabilité gouvernementale qui a plombé la IVe république.
On peut imaginer quantité d’analogies avec des situations du quotidien. Je me risque à établir le parallèle avec celle du début de la vie. Lors de l’acte de reproduction, il y a un ovule (la France) et quantité de spermatozoïdes (les candidats). Mais au final, il n’y en qu’un et un seul qui a le droit de féconder. Espérons que le bébé soit en bonne santé. 
(Chronique parue le 24 avril en dernière page de l'Indépendant)

22/04/2017

De choses et d'autres : beauté durable

 


Contrairement à une rumeur tenace dans le milieu macho, les femmes ont beaucoup d’humour. Non seulement elles sont sensibles aux bonnes blagues (ne dit-on pas d’ailleurs, toujours parmi les mecs « Femme qui rit à moitié dans ton lit ») mais elles peuvent se montrer elles aussi irrésistiblement marrantes. Florence Roman et Françoise Baroni ont disséqué nombre de magazines féminins avant d’imaginer ce faux journal « Belle sans conservateur », bourré de conseils pour être irrésistible sans laisser d’empreinte carbone. Les auteures sont respectivement « spécialiste de la connerie renouvelable » et « intolérante à l’huile de coude ». 100 pages de papier glacé où tout est faux. Le dossier sur le gluten vaut son pesant de cacahuètes (à moins que vous n’y soyez intolérant). Les autres rubriques sont à l’avenant, du conseil beauté à l’indiscrétion people, l’horoscope ou la recette équitable. Sans oublier les fausses pubs pour les « Loulou Boutin » (chaussures à fond vert) ou le shampooing « Deg », approuvé par Johnny Depp, « à effet cheveux sales pour un rendu vintage et branché ». 
➤ « Belle sans conservateur », Jungle, 12,95 €

21/04/2017

De choses et d'autres : Dimanche, pas de blague

Dimanche, c’est nous, électeurs français qui aurons la parole. Alors pas de blague ! Car pour ce premier tour d’une élection cruciale, le temps n’est plus à la rigolade. Voilà des semaines qu’au quotidien j’essaie de trouver des anecdotes marrantes sur les mœurs de l’« animalus politicus ». J’ai parfois eu bien du mal à tourner en dérision des postures ou positions cachant de réelles inquiétudes. A la limite de la schizophrénie quand il s’agit du Front national et de sa candidate. Marine Le Pen a longtemps tenu un discours apaisé. Moins radical. Mais le fond reste le même. Extrémiste et dangereux. La semaine dernière, coiffé de ma casquette de journaliste local, pas de chroniqueur de la vie quotidienne composée « de choses et d’autres », j’ai pu m’en rendre compte pendant son meeting à Perpignan. Des technocrates européens aux islamistes en passant par les migrants, elle a énuméré tout ce quelle voudrait éradiquer elle, présidente. 
Plus qu’une aventure risquée, une victoire de Le Pen serait une véritable catastrophe pour ce beau pays que moi aussi j’aime de tout mon cœur, mais sûrement pas de la même façon que la fille de Jean-Marie. Comme un retour vers un passé sombre que malheureusement beaucoup semblent vouloir occulter. Souvenez-vous des photos des plages d’Argelès en 1939. Si la France n’avait pas ouvert ses frontières du temps de la Retirada, l’Aude et les P.-O. n’auraient pu accueillir les réfugiés espagnols dont les descendants sont à présent nos amis, nos voisins, nos cousins
(Chronique parue le 21 avril en dernière page de l'Indépendant)

20/04/2017

De choses et d'autres : les inconnues de dimanche


Un peu comme une armée de zombies marchant hagards vers les bureaux de vote, va-ton voir des millions d’indécis s’y diriger dimanche en criant non pas « Brain ! Brain ! » mais « Qui ? Qui ? » ? « Qui » mérite leur bulletin en l’occurrence. Car à quatre jours du premier tour, un pourcentage non négligeable de citoyens totalement déboussolés hésite encore entre deux candidats, voire beaucoup plus. Certains ont même affirmé dans des enquêtes d’opinion qu’ils ne se décideront que dans l’isoloir. Pour éviter la formation de longues files d’attente, il faudra peut-être doter les assesseurs de sabliers. Vous ne pourrez rester que trois minutes derrière le rideau. Sinon, allez vous faire cuire un œuf, au-delà de cette limite votre bulletin n’est plus valable. 
Autre inconnue : la météo. Souvent c’est elle qui détermine l’élection. L’augmentation de la température est inversement proportionnelle à celle de la participation. Dimanche, sur toute la France, on annonce un « ciel un peu couvert » au nord et « plein soleil » au sud. Voilà qui ne devrait pas inciter les fameux indécis à se déplacer. Entre choisir le meilleur au sein des prétendants peu convaincants et un pique-nique en famille, beaucoup ne tergiverseront pas longtemps. Par chance, les bureaux restent ouverts jusqu’à 19 h cette année. Même dans les petites communes. L’opportunité de réfléchir sur son choix durant la journée, tout en profitant d’un jour de repos décontracté, et d’accomplir son devoir de citoyen au retour. 
(Chronique parue le 20 avril en dernière page de l'Indépendant)

19/04/2017

De choses et d'autres : Participez !


Derniers jours de campagne électorale. Derniers meetings et surtout pour tous les candidats dernières chances de persuader les électeurs de faire l’effort de se déplacer dimanche. Même si, au vu des débats, on peut se demander s’ils sont les mieux placés pour convaincre les abstentionnistes. « Aujourd’hui » relate l’initiative originale d’un patron de bar dans un village des Côtes d’Armor. Si vous lui présentez dimanche votre carte électorale dûment tamponnée, vous aurez droit à une consommation gratuite. Il espère grâce à ce geste propulser la participation du bureau de vote le plus proche au-dessus des 80 %. Il est encore temps pour tous les cafetiers de généraliser l’opération.
Seul inconvénient, on ne peut voter qu’une fois. Je connais certains citoyens prêts à voter (et boire) 10 fois pour être sûrs de pouvoir encaisser le résultat du premier tour tant ils redoutent certains scénarios impossibles à exclure en raison des scores serrés. Et tant qu’à faire, les boulangers pourraient eux aussi faire un effort et proposer un croissant (voire un pain au chocolat pour ceux qui auraient voulu voir Jean-François Copé, leur meilleur VRP, vainqueur de la primaire de la droite) gratis pour tout vote avant 11 heures.
Si quelques restaurants ou cinémas suivent le mouvement, on pourra, après avoir voté à l’ouverture des bureaux dès 8 h, boire, manger et se divertir sans débourser un centime. Mieux qu’une promesse électorale. 

18/04/2017

De choses et d'autres : Oh, de l'eau !

Grande découverte ce weekend : sur les conseils d’une amie venue déjeuner à la maison, j’ai appris l’existence d’une bouteille d’eau à chakras. « La bouteille, avec ses anneaux de couleur, purifie l’eau. Il y a même une puce électronique avec des prières à l’intérieur. » explique notre amie qui est du genre à faire, chaque année, une cure de sève de bouleau qu’elle va récolter elle-même sur les hauteurs de Prats-de-Mollo. Elle apprécie aussi, au solstice d’été, se rendre tôt sur la place pour dire bonjour au soleil levant. Presque végane, petit-déjeunant de jus frais (radis, céleri, carotte) elle nous a un jour vanté les mérites d’une machine pour préparer des pizzas « crues » déshydratées. La fameuse bouteille à chakras, elle l’a repérée sur un site internet. Mais n’a pas osé l’acheter.
Je trouve effectivement ce site vendant la « bouteille d’eau I9 ». D’une contenance de 650 ml, elle est ornée de bandes de caoutchouc de toutes les couleurs ou d’une seule teinte, en fonction du chakra que vous voulez actionner. Je ne détaillerai pas ici les domaines si ce n’est la couleur blanche qui « reflète les caractéristiques de la protection et apporte votre connexion divine dans votre corps. » Sans compter la puce de silicium, aux enregistrements presque magiques... A 50 € pièce, ces bouteilles doivent assurer de belles marges à leurs concepteurs.
En bon mécréant, je ris de ce charabia. Une note précise d’ailleurs : « Les produits ne sont pas destinés à diagnostiquer, guérir ou empêcher les maladies. » De l’eau reste de l’eau, avec ou sans couleur autour. Exceptée la bénite pour chasser les vampires. Mécréant mais superstitieux. 

17/04/2017

De choses et d'autres : affichage électoral et messages subliminaux


De toutes les manières de promouvoir sa candidature à l’élection présidentielle, celle de l’affiche officielle placardée à l’entrée des bureaux de votes et aux endroits stratégiques des communes reste la plus ancienne. La plus désuète aussi. A l’heure des réseaux sociaux, elle garde pourtant son utilité pour les indécis. On peut en un coup d’œil se faire une idée sur le niveau de personnalisation des candidatures. Lequel par exemple, publie sa tête en très gros plan, écrit son nom plus gros que le slogan, affiche son parti politique. La palme de la discrétion photographique revient à Nathalie Arthaud. Son visage apparaît en tout petit pour détailler son programme. A l’opposé, Philippe Poutou est en gros plan, son nom cinq fois plus gros que le prénom, en précisant qu’il est « ouvrier – candidat anticapitaliste ». Hamon et Dupont-Aignan sourient. Le premier sans montrer ses dents, le second oui. Personne ne saura que Le Pen est candidate, car le patronyme a disparu au détriment d’un « Marine Présidente ». Aucune trace non plus du Front National, pour l’instant seul endroit où elle peut effectivement se prévaloir du titre de présidente. François Fillon remporte la palme de la discrétion. Le slogan en gros, son visage aussi, mais le nom a fondu, tout riquiqui, ramené en bas de l’affiche. Les sigles Les Républicains et UDI absents. Un affichage public parfois tagué. 

Dans mon village, hier matin, j’ai vu inscrit sur le front d’un candidat le mot « escrot ». Je crains qu’avec une telle faute, le message ne passe que moyennement.

(Chronique parue le 17  avril en dernière page de l'Indépendant)

15/04/2017

De choses et d'autres : redécouvrir l'enfance


Heureux grand-père d’un petit garçon depuis presque deux ans, je me suis précipité sur ce livre entre humour et conseils pratiques. « Le guide de survie des mamans débordées »  de Rim et Liliaimelenougat peut tout à fait s’appliquer aux papys déboussolés de mon acabit. Dans son blog et sur sa chaîne YouTube, Rim s’insurge sur le fait que les « bébés ne soient pas livrés avec un mode d’emploi ». Alors elle l’a écrit, avec les dessins simples et expressifs d’une jeune illustratrice, elle aussi maman et on le ressent à chaque page.
L’avantage de ce bouquin rédigé par deux mères modernes, c’est qu’il n’y a pas de tabou. Ni de langue de bois. Un chapitre sur les gros mots, en plus de faire rire, me dédouane de mes quelques écarts de langage en présence des oreilles chastes et vierges de mon petit-fils. Pour une garde à plus long terme, appréciez également les conseils pour déterminer quand laver le doudou. Généralement, la décision se prend à l’odeur. Quand Lapinou sent la rose, pas de problème. Le moindre relent de « fromage qui pue » doit alerter avant le stade ultime du « caca caillé pourri de fennec ».
Sans oublier le meilleur chapitre, celui du «Bisou power», leur arme de destruction massive pour tout obtenir de nous... 
➤ « Le guide de survie des mamans débordées », Hugo Images, 12,95 euros

14/04/2017

De choses et d'autres : Cannes en séries

Le cinéma a-t-il pris du plomb dans l’aile ? Hier, lors de la présentation de la sélection officielle du prochain festival de Cannes (du 17 au 28 mai), en plus des films d’habitués comme Michael Haneke ou Doillon, Ozon et Coppola (Sofia), les organisateurs ont annoncé la projection en exclusivité de deux séries télé. Loin des « Sous le soleil » ou « Riviera », abominations tournées dans les parages, les deux œuvres n’ont rien à envier en qualité aux films primés ces dernières années. Première à entrer en scène : Jane Campion. La saison 2 de « Top of the Lake » y sera présentée en intégralité. Cette histoire policière très sombre, tournée dans la Nouvelle-Zélande profonde, a remporté quantité de prix et un beau succès d’audience lors de sa diffusion sur Arte, co-productrice. En présence de son créateur David Lynch, la projection aux festivaliers chanceux des deux premiers épisodes de la saison trois de « Twin Peaks » représentera l’autre événement « télévisuel ». Considérée comme la première série qui casse les codes, « Twin Peaks » perd l’effet de surprise, mais le gé- nie de Lynch devrait toujours accomplir des merveilles. C’est dans la longueur, par définition, que les séries peuvent dépasser les films. Longueur pour développer la psychologie des personnages, pour mieux exploiter les décors ou les seconds rôles. Une série entre les mains d’un bon cinéaste c’est simplement plus de rêve, d’émotion, de surprises ou de rires.

13/04/2017

De choses et d'autres : futur logement vacant


Dans un mois, un logement va se libérer. Le président de la République française a pris pour habitude d’emménager dans le Palais de l’Élysée. La ou le vainqueur du second tour aura donc la possibilité de louer son actuelle demeure.
Cela a donné l’idée au site Likibu.com, « le 1er comparateur de location de vacances » d’estimer « les prix à la location auxquels pourraient être affichés les biens des candidats à l’élection présidentielle. » En s’alignant sur la moyenne des locations constatées pour les surfaces et lieux déclarés, on s’aperçoit que là aussi les écarts sont grands. Le jackpot et de très loin est remporté par François Fillon. Sa simple maison, présentée par le site comme un manoir, pourrait être louée 510 euros par nuit. Plus de 3 000 m2 habitables et un nombre considérable de chambres. Si le candidat de la droite l’emporte et fait le plein à la location durant les cinq années de son mandat, il pourrait empocher plus de 930 000 euros. De quoi, enfin, mettre un peu de sous de côté. Ou accepter, comme lui demandent des milliers d’internautes, de « rendre l’argent » des salaires des emplois présumés fictif de sa famille.
François Asselineau, propriétaire d’un 200 m2 en plein Paris, pourrait quant à lui récolter 410 euros par jour. Dormir chez Emmanuel Macron au Touquet coûtera au touriste « en marche » 146 € la nuit. Encore faudra-t-il qu’Emmanuel persuade son épouse Brigitte, propriétaire en son nom propre du bien immobilier.
Enfin pour Philippe Poutou la question ne se pose même pas : seul ouvrier candidat, c’est aussi le seul qui ne soit pas propriétaire et loue son logement... 

(Chronique parue le 13 avril en dernière page de l'Indépendant).

11/04/2017

De choses et d'autres : de l'efficacité des élus


« Paroles, paroles, paroles » dirait Dalida dont le 30e anniversaire de sa disparition sera commémoré début mai. Les politiques font beaucoup de promesses qui se transforment en paroles s’envolant au vent une fois les urnes remisées au placard. Pourtant, quand ils le veulent, les élus sont efficaces. Et rapides.
Prenez Patrick Ollier, maire de Rueil-Malmaison. Son sang n’a fait qu’un tour en découvrant dans la rue une campagne d’affichage pour un produit vaisselle. « Elu et efficace, c’est possible » proclament les publicités « Maison verte ». Le liquide vaisselle écologique vient de remporter le titre de « produit de l’année ». Sur le visuel, le flacon est ceint d’une écharpe tricolore. « Une vulgarisation anormale et populiste de la fonction d’élu » selon Patrick Ollier. Il ne supporte pas que l’on laisse entendre que les élus (lui en l’occurrence, membre du conseil municipal puis maire depuis 1974, passé par la case ministre et président de l’Assemblée nationale) ne produisent pas le travail escompté. Et il le prouve immédiatement puisqu’il a pris dans la foulée de sa déclaration indignée un arrêté pour faire retirer toutes les affiches « Maison verte » de sa ville.
Vous voyez que les élus sont efficaces. Ils dégraissent les panneaux publicitaires aussi bien que le produit vaisselle rend de nouveau nickel et comme neuves les casseroles les plus brûlées, de celles que l’on traîne depuis des années derrière soi. 
(Chronique parue le 11 avril en dernière page de l'Indépendant)

10/04/2017

De choses et d'autres : Seule la victoire compte


La politique, comme le sport, est une histoire de classement. Une seule place importe : la première. Si au soir du 23 avril prochain, ils ne restent plus que deux en lice - la course par élimination laissera 9 candidats sur le bord de la route - la victoire ne sera en aucun cas fêtée par celui qui, deux semaines plus tard, terminera second. Cruauté de la démocratie et de la majorité, une fois que les urnes ont parlé, un peu moins de la moitié des voix exprimées, celles qui se sont portées sur le perdant, partent à la poubelle et le vaincu aux oubliettes. 
Cela explique sans doute l’acharnement de certains (Mitterrand et Chirac) à se représenter jusqu’à l’obtention de la place tant convoitée. Car à la différence du sport, les occasions de monter au sommet du podium sont beaucoup plus rares en politique, surtout dans une élection présidentielle. 
Hier, Lewis Hamilton a remporté le grand prix de Chine. Il devait être content, mais ce n’est qu’un début. Il gagnera d’autres courses en 2017 et même les années prochaines. L’USAP a battu le Racing à Narbonne. Espoir d’un côté, désespoir de l’autre. Néanmoins rien n’est encore joué pour la qualification ou la descente. 
Au marathon de Paris, l’exploit de Paul Lonyangata et Purity Rionoripo doit surtout à leur situation particulière. Habitués des médailles, chacun devait certainement être plus heureux de la victoire de l’autre. Normal, quoi de plus sympa que de gagner la même compétition que son ou sa compagne. Dommage que l’on ne puisse pas voter pour la première dame, voilà qui pimenterait encore plus cette élection. 
(Chronique parue le 10 avril en dernière page de l'Indépendant.)

07/04/2017

De choses et d'autres : Final à l’arrière-plan


Ce débat à 11 avant le premier tour, inédit, mérite un ultime commentaire. Non sur le plan politique, de moins en moins important malheureusement, mais sur les conclusions, dernier message diffusé à plus de minuit. Face à la caméra, les candidats ont quitté l’improvisation pour tenter de délivrer une péroraison convaincante.
Premier choc avec Marine Le Pen. Pas tant son discours que la personne à l’arrière-plan. Une dame aux cheveux gris peu souriante. Le flou de la profondeur fait qu’elle ressemble trait pour trait à Penelope Fillon. Un sosie, embauché par le Front National pour déstabiliser le candidat Les Républicains ? Non, mais encore une histoire de famille puisqu’il s’agit de Marie-Caroline Le Pen, grande sœur de Marine. Fâchée avec le père, l’aînée a renoué avec sa cadette au point de s’asseoir au premier rang.
J’ai tenté d’écouter ce qu’a dit François « en vertu de l’article XX de la constitution » Asselineau. Mais mon attention a été accaparée par un jeune placé derrière lui, petite barbe bien taillée. Il semble souffrir d’une maladie rare, genre syndrome de la Tourette version clin d’œil. Ses paupières ne cessaient de s’ouvrir et se fermer deux à trois fois par seconde. Inoffensif, mais totalement fascinant.
Benoît Hamon s’est essayé à la poé- sie pour énumérer la diversité des Français qu’il veut rassembler, les Bretons, les Catalans, ceux qui viennent du pays Dogon, des « rives du fleuve Sénégal » ou qui ont « laissé derrière eux l’odeur du jasmin d’Alger ».
Enfin, respect à la « figurante » derrière Emmanuel Macron, au sourire figé du début à la fin, tête penchée, telle une Madone écoutant religieusement son mentor. 
(Chronique parue le 7 avril en dernière page de L'Indépendant)

06/04/2017

De choses et d'autres : Se retrousser les manches


Long ce débat à 11. Très long. Mais pour les chaînes d’info, notamment BFMTV, il fallait continuer dans la foulée à le transformer en événement historique et dé- crypter immédiatement les interventions des uns et des autres. Un « After débat » avec en plateau des journalistes politiques habitués des projecteurs.
Parmi eux, Anna Cabana du Journal du Dimanche n’a pas caché sa stupéfaction face à l’attitude de Philippe Poutou. On sentait que la désinvolture du candidat du NPA, son vocabulaire, jusqu’à ses vêtements l’ont heurtée. On peut ne pas être d’accord avec les propositions d’un candidat. Mais pourquoi juger son apparence plutôt que son programme ? Anna Cabana n’a pas aimé que Poutou ne participe pas à la photo de famille. « Et alors ? » pourrait-il répondre comme d’autres. S’est-il rendu sur le plateau pour se retrouver immortalisé à côté de Marine Le Pen comme Nathalie Arthaud qui doit maudire le tirage au sort ? Sûrement pas. Elle stigmatise le fait qu’il ne porte pas de veste. Voire de costume. Attention, sujet sensible.
Enfin elle a osé cette incroyable critique en affichant une moue de dégoût très perceptible : « Il s’est retroussé les manches ». Rappelons à Mme Cabana que Philippe Poutou, ouvrier, incarne la signification de l’expression. Souvent sur un chantier ou une chaîne de production, on doit effectivement se retrousser les manches. Un monde abstrait pour des journalistes politiques totalement coupés des réalités. 
(Chronique parue le 6 avril en dernière page de L'Indépendant)

05/04/2017

De choses et d'autres : À fond la caisse... à savon


En venant travailler au guidon de mon scooter hier, j’aperçois au loin une jolie voiture rouge avec écrit en gros, GTI. Une Ferrari au moins, vu la couleur et la forme. J’ai beau rouler en 125 cm3 , je doute de pouvoir la rattraper malgré les deux voies. Et puis, rapidement, je la double avec une facilité déconcertante. La « GTI » rouge est en réalité une voiturette. Face à la tramontane, elle dépasse difficilement les 40 à l’heure. Bizarre comme les apparences sont parfois trompeuses. On croit voir un bolide, c’est une limace. La dernière fois que j’ai eu cette impression, c’était à l’inverse quand jeune, j’ai acheté une AlfaRoméo. Même d’occasion, au début des années 80, une Alfa prenait des airs de grande sportive. Nerveuse et rapide. Je me suis provoqué quelques frayeurs, j’avoue. Sa réputation n’était pas usurpée. Du moins pour moi, jeune conducteur inexpérimenté. Et j’étais fier de posséder une voiture de la même marque que les bolides de Formule 1. Sauf qu’à cette époque, Alfa-Roméo sur les circuits, ce n’était pas la panacée. Bien au contraire. Même avec Ricardo Patrese au volant, les belles Italiennes semblaient se traîner comme des campingcars surchargés un 1er juillet. Et souvent elles ne terminaient pas la course, trouvant le moyen, tout en restant en queue de peloton, de casser moteur, suspension ou boîte de vitesse. Parfois, j’avais l’impression avec ma vieille occasion, de pouvoir surpasser Patrese. Un peu comme hier quand j’ai doublé la fausse Ferrari. 
(Chronique parue le 5 avril  en dernière page de L'Indépendant)

04/04/2017

De choses et d'autres : Katana contre Marseillaise


L’électeur de base est de plus en plus curieux. Avant de décider pour qui il glissera son bulletin dans l’urne, il veux tout savoir de son futur élu. Programme bien évidemment, mais pas seulement. Après leurs goûts en matière de culture (de la littérature aux séries télé), un magazine spécialisé vient d’envoyer aux candidats un questionnaire sur leurs tendances geeks. Si à propos de la culture tout le monde a répondu, il n’en va pas de même pour « Geek, le Mag ». Pas étonnant face à des questions pour le moins farfelues comme « Qui emmèneriez-vous dans la Moria ? » ou « Quel premier conseil donneriez-vous à vos concitoyens en cas d’attaque extraterrestre ? » Nous ne saurons donc pas ce que ferait François Fillon face à une invasion, si Macron emmènerait Valls dans la ville souterraine (une bonne occasion pour s’en débarrasser) ni quelle est la meilleure arme selon Benoît Hamon pour affronter une horde de zombies.
Seuls Jean Lassalle, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan ont accordé quelques minutes aux interrogations de ces illuminés. Pour la dernière question sur les zombies, Marine Le Pen, rationnelle, prouve en plus qu’elle s’y connaît en morts-vivants (ceux de The Walking Dead au moins) puisqu’elle choisit le Katana de Michonne « plus maniable qu’une arme à feu ». Jean Lassalle confond un peu les séries et répond « Mon nez, le tarpif », le mot d’argot ressemblant au Tardis du Dr Who. Enfin je ne donne pas cher de la cervelle de Nicolas DupontAignan, persuadé qu’il fera fuir les affamés en entonnant la Marseillaise. Pas sûr qu’il arrive au refrain... 
(Chronique parue le 4 avril en dernière page de l'Indépendant)

03/04/2017

Chronique "De choses et d'autres" : La chorale des onze


Nouvelle grande première dans cette campagne présidentielle atypique. Après le renoncement du président sortant, le candidat mis en examen et le débat des cinq favoris, place à la grande mêlée. Mardi soir ils seront onze sur le plateau de BFM et Cnews à tenter de persuader les électeurs que leur programme est le meilleur. Onze installés en demi-cercle devant les deux journalistes. Quelques minutes pour convaincre. Car vu le nombre, le temps de parole s’étrécit.
Les favoris auraient pu s’en passer. Par contre les «petits» y trouveront peut-être la seule occasion de se distinguer. Comme ils ne font pas partie du sérail et n’ont absolument rien à perdre, ils se permettront peut-être d’éreinter les pros de la politique. Philippe Poutou, adversaire de la langue de bois, devrait asséner des mots très durs au «banquier». Dupont-Aignan tentera de supplanter un Fillon qu’il estime discrédité. Cheminade veut marcher sur les platebandes de Le Pen.
Le plus imprévisible reste Jean Lassalle. Béarnais au verbe haut, un peu poète, ses envolées à l’Assemblée nationale ont créé le buzz. Qu’il entonne un chant de berger en direct, sa cote grimpera en flèche. S’ils ne veulent pas se faire éliminer à cette «battle», les autres candidats devront relever le gant comme dans The Voice. Marseillaise à droite, Internationale à gauche. Un exercice doublement compliqué pour Macron, qui se sentira obligé de reprendre, en canon, un couplet sur deux de chacun des chants emblématiques.