04/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Zone frontière (1/3)

le perthus, commerce, tabac, alcool, frontière, espagne

"Tu es fou !" me lance ma femme. "Pas le choix, plus de cartouche (*). » « Alors ce sera sans moi !" Logique. Qui aurait l'idée saugrenue d'aller au Perthus un 3 août ? Excepté les milliers de touristes qui, sans jamais l'avouer, choisissent les plages des Pyrénées-Orientales pour leur proximité avec ce marché géant de l'alcool et du tabac.

J'espère éviter le pire en partant tôt. Mais même à 8 h 30, on roule au pas sur le dernier kilomètre de la nationale. Connaissant ma propension à rater mes créneaux, j'évite la rue centrale et oblique directement vers le parking 2, celui des hauteurs. La bonne idée que voilà. Des places en pagaille et surtout la possibilité de prendre un peu de fraîcheur dans une chênaie ouverte à la promenade. Mais je ne suis pas là pour faire de la randonnée touristique. Seul l'attrait des prix cassés me conduit dans cette zone frontière.

Le problème du parking en hauteur, c'est qu'il faudra au retour gravir un long escalier (87 marches exactement) pour récupérer mon véhicule. A entendre l'accent des autres piétons, plus de doute, je suis arrivé. Je croise un hipster parisien tatoué de partout et des vacanciers ch'tis qui se demandent s'ils sont déjà en Espagne. Remarque pleine d'à-propos de la charmante quadra en robe bleue : "Non. On est encore dans la partie française. Sinon mon téléphone me l'aurait dit." La belle et aveugle confiance dans les miracles de la géolocalisation. 9 heures. Me voilà dans la place. Comme des centaines de visiteurs. La mêlée commence.

(*) Il ne s'agit ni de cartouches d'encre et encore moins d'armes...

03/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Lettre du passé (3/3)

vénus,ille,mérimée,femmes,vengeance,amour

Messieurs, je suis en rage. La leçon racontée dans le récit fantastique que m'a consacré Prosper Mérimée en 1837 ne vous a donc rien appris ? Clairement écrit sur le socle, l'avertissement ne prête pas à confusion : "Prends garde à toi si elle t'aime." Oui, toute femme amoureuse est redoutable. Et jamais au grand jamais vous ne devrez le perdre de vue. Un engagement, on le prend pour la vie. Et en cas de rupture, la mort est au rendez-vous. Nous sommes ainsi, nous, les œuvres d'art : excessives et possessives.

Certes il est difficile de ne pas tomber sous le charme. Presque nue, je dévoile fièrement ma poitrine, des siècles avant la mode du monokini sur les plages de Méditerranée et d'ailleurs. Un simple drap cache le reste de ma nudité. J'attire les regards et ensorcelle. Mérimée le premier a compris la fascination exercée par mes courbes mais aussi mon visage : "Il y a dans son expression quelque chose de féroce, et pourtant je n'ai jamais rien vu d'aussi beau."

Vous savez messieurs que les femmes ne sont pas partageuses. Et malgré tout vous continuez à nous considérer comme des objets, corvéables à merci, carrément jetables après "utilisation".

N'oubliez pas que toute femme est une déesse, ses pouvoirs sont immenses, bien supérieurs à votre stupide force physique. Ne nous faites pas souffrir au risque de tout perdre. Non je ne suis pas de marbre. Au contraire ma chair est de bronze. Ce métal lourd et sombre dont on fabrique aussi les canons. Pas de beauté, mais de destruction massive.

La Vénus d'Ille (P. P. Michel Litout)

Chronique parue en dernière page de l'Indépendant du Midi le mercredi 3 août.

02/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Lettre du passé (2/3)

homme tautavel, rahan, pokémonGO chasse, catalan

Chers amis, bien des années après mon départ, je vous donne de mes nouvelles. Enfoui dans ma profonde tombe, j'ai beaucoup dormi. Et puis le 21 juillet 1971 la lumière du jour a éclairé mon visage. Si la nature environnante n'a que peu changé, la faune est moins riche. Pas un seul rhinocéros à l'horizon. Pourtant ces bêtes pullulaient au moment de mon arrivée dans la région. Que ne donnerais-je pas pour un bon steak de rhino. Même si mes vieilles dents n'ont plus la résistance nécessaire pour déchirer les chairs juteuses. Élément immuable par contre, l'accueil hostile des hominidés du coin. Ils ne m'ont jamais permis de franchir la rivière. Une frontière qu'ils gardent farouchement contre toute invasion.

Il est vrai que nous, Homo heidelbergensis, sommes originaires de Mauer là-haut dans le Nord. Nous ne portons pas ces étranges coiffes rouges symboles d'appartenance des tribus autochtones, ni ne mangeons comme eux des escargots. Dans leur langage caractéristique ils expliquent que nous ne sommes pas les bienvenus : "Groumpf, ici péica tal'han, pas pour om'doc !".

J'ignore tout de ces "om'doc". Peut-être des Néandertaliens ? Il paraît que finalement ils ont pris le dessus. Du moins c'est ce qu'il semble émerger des discussions autour de moi, même si le sujet indiffère les jeunes qui ont perdu leurs réflexes primitifs de chasseurs. Ces mêmes écervelés ne boudent cependant pas mes conseils lorsqu'il s'agit de capturer leurs Pokémons...

L'Homme de Tautavel (P. P. Michel Litout)

Chronique parue en dernière page de l'Indépendant du Midi le mardi 2 août. 

 

01/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Lettre du passé (1/3)

perpignan,jaurès,socialiste,loi travail,violence

Chers amis, voilà plus d'un siècle que je suis en vacances prolongées. Contre mon gré. Ce 31 juillet 1914, loin de me prélasser, tout en dînant au café du Croissant, je mettais la dernière touche à un texte essentiel pour la préservation de la paix quand un jeune exalté m'a tué à bout portant. Depuis, la France a subi nombre de guerres. A l'intérieur et hors de ses frontières. Mort en pacifiste, j'ai dû contempler en silence la montée des sentiments belliqueux et la récupération de mon image.

Et l'avenir de mon pays semble bien sombre si j'en crois ce qui s'est passé samedi après-midi au pied de ma statue à Perpignan. Le parti socialiste, dont j'ai fondé la première version, me rend traditionnellement hommage. Arrivent alors des contre-manifestants. Ils se revendiquent eux aussi de mon héritage, pour dénoncer la « loi travail » comme mon combat contre les « lois scélérates » dans les années 1890.

Mes héritiers « officiels », sans doute tourneboulés par ce soleil du Midi qui tape fort en été, plutôt que de tenter de trouver un terrain d'entente, ont choisi la pire des solutions de mon point de vue : la violence. Rien de bien méchant, quelques gifles et bousculades, mais malheureusement le symbole est fort. Comment accorder le moindre crédit à ceux qui se revendiquent de ma pensée s'ils bafouent ce qui m'a permis de rester dans l'histoire de France : une farouche volonté de non-violence ?

A croire que cette gauche que j'ai tant aimée, tant portée et choyée, a fait sienne le slogan de son opposante de droite : « Être la plus bête du monde ». 

Jean Jaurès (P. P. Michel Litout)

Chronique parue le lundi 1er aout en dernière page de l'Indépendant Perpignan. Photo Nicolas Parent

30/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Michel passe à la radio (2/2)

Radio Michel tourne en boucle sur mon ordinateur. Pas que j'apprécie spécialement Sardou ou Berger, mais la webradio permet également de rire de bon cœur aux jingles bricolés par les concepteurs du projet. Mélanie le Beller et Julien Baldacchino ont tous les deux 25 ans et chantent comme des pieds. Quand ils fredonnent "Radio Michel, la radio de tous les Michel" sur l'air des "Poèmes de Michelle" de Teri Moïse, on comprend mieux leur credo expliqué dans un article de l'Obs "Ça reste de la grosse déconnade !

Si Radio Michel reste confidentielle, on s'en fiche un peu. On se marre bien et c'est l'essentiel." Et question chansons idiotes, le choix ne manque pas dans la programmation. Ne ratez pas "C'est Michel" de l'interprète éponyme dont le texte débute par ces vers inénarrables "Des mocassins en croco, une moustache à la Franco, c'est Michel". Sur un air techno entêtant, suivez cette caricature de beauf dans une virée en boîte jusqu'à sa rencontre avec... Michèle.

Dans le genre parodie, il existe aussi un certain Michel Bléro, spécialiste des reprises de tubes actuels, avec paroles grivoises comme le très hot "Aïe, je vais te pécho !".

Michel, prénom pourtant très commun, est devenu depuis quelques décennies la personnification d'un ignare un peu demeuré. Des vidéos de "Michel" tournent sur le web, concurrence frontale aux exploits des "Régis". Alors à quand une "Télé Michel" avec Denisot, Field, Polac, Drucker et des films de Galabru, Boujenah, Audiard ou de Michel Simon ?

En bonus : une compilarion de "Régis". 

29/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Michel passe à la radio (1/2)

radio michel,sardou,berger,delpech,galabru,vivouxLes pires idées se révèlent parfois les meilleures. Passionnés de chansons françaises un peu vintage, deux jeunes de 25 ans viennent de lancer une webradio sobrement nommée « Radio Michel » sur la plateforme Radionomy.

Au menu : « Le retour du come-back de la radio de tous les Michel », profession de foi qui en dit long sur le côté peu sérieux et très ironique de l'initiative. Comme le faisait remarquer Bénabar dans une chanson sur Maritie et Gilbert Carpentier, à cette époque les chanteurs populaires « s'appelaient presque tous Michel, Polnareff, Jonasz, Delpech, Michel Fugain, Michel Berger, et Michel le Forestier » (le dernier exemple juste pour la rime).

Donc sur cette radio on peut entendre tous les tubes des Michel célèbres, mais également quelques raretés pour obtenir une programmation pas trop répétitive. Entre un Sardou et un Polnareff, très présents, ne soyez pas étonnés si tout à coup Houellebecq se met à déclamer son « Crépuscule ». On retrouve également quelques auteurs oubliés comme Jean-Michel Caradec ou une certaine Michèle Arnaud, coup de cœur des concepteurs de la radio et présentée comme une grande interprète des œuvres de Gainsbourg.

Pas entendu encore mais certainement programmé (plus de 700 titres sont en mémoire), Michel Vivoux, fantaisiste iconoclaste auteur au début des années 80 de l'album « Les pets de la dame au clebs », jeu de mot illustrant parfaitement sa folie douce. Car les Michel, quand ils ne sont pas catalogués un peu neuneus, font preuve de beaucoup d'esprit, c'est un Michel qui vous le dit !

 

28/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : État végétatif (3/3)

courgette, peurre, gâteau, vegan, barbecue

Manger de la viande passe forcément par une étape qui s'appelle "abattage". Les consommateurs, exemptés de cette tâche ingrate, occultent ainsi le côté "bout de cadavre dans l'assiette".

Les vegan vont plus loin et bannissent aussi tout ce qui est produit laitier. Pourtant, traire une vache ou une brebis n'est pas synonyme de maltraitance. Depuis des millénaires, les humains ont compris qu'ils pouvaient ponctionner un peu de ce liquide nourricier sans nuire au développement des petits de l'animal.

Les végétaliens ont été obligés de trouver des substituts à la crème et autre dérivés lactés que sont le beurre ou le fromage. Internet regorge de recettes de moelleux au chocolat sans beurre mais à base de courgette râpée. Surtout pour éviter les calories, car la recette nécessite quatre œufs (quatre cadavres en langage vegan).

Par contre l'utilisation du lait de coco se décline à l'infini pour la crème au chocolat par exemple. Une tuerie. Et je ne vous parle pas des glaces à la crème de soja que ma femme fabrique à tour de bras, de la banane aux nectarines en passant par le sorbet de pastèque, chose la plus rafraîchissante qui soit en période de canicule.

Par contre j'attendrai encore un peu avant de me brosser les dents avec une pâte maison à base d'argile verte et de bicarbonate de soude. Bref, ma conversion au végétarisme se passe sans trop de difficultés.

Excepté quand mon voisin lance un barbecue sur son balcon : comment résister à l'odeur des roustes grillées et autres saucisses ou merguez dorées sur la braise ?

27/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : État végétatif (2/3)

vegan, pois chiches, mousse chocolat, oeufs, houmousLes adeptes de l'alimentation vegan, non seulement ne consomment que du végétal, mais en plus font très attention à la souffrance animale. Un œuf, à les entendre, c'est un poussin en puissance qui semble hurler quand on lui casse la coquille. Mais alors, comment concocter une mousse au chocolat sans blancs montés en neige ?

Une amie de ma femme, pas vegan mais adepte du cru (autre dérive de l'alimentation du XXIe siècle), prétend que le meilleur substitut reste le jus des pois chiches en conserve. En entendant une telle affirmation, je ricane intérieurement. Mon épouse, cuisinière dans l'âme et toujours prête aux expériences les plus improbables dès qu'il s'agit de gagner quelques calories dans un plat, cherche sur internet et trouve rapidement confirmation. Il suffit de battre ce liquide qui d'ordinaire finit au fond de l'évier pour obtenir une mousse compacte.

Notre dernier bocal de pois chiches servira de cobaye. Dans un saladier, avec un mixer électrique, elle se lance dans la recette. Dix minutes plus tard, une crampe dans le bras et le poignet douloureux, elle abandonne. La mixture est vaguement mousseuse, mais elle n'a absolument rien du blanc en neige, onctueux et vaporeux. Théoriquement, les protéines des pois chiches permettent la modification de sa consistance.

Perdu, je ne mangerai pas de mousse au chocolat vegan. Mais tout malheur est bon puisque les pois chiches se sont transformés en un délicieux houmous, parfait à l'apéro pour accompagner des bâtonnets de carottes.

Demain : beurre ou courgette râpée ?

26/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : État végétatif (1/3)

 

vegan, légumes, soja, cassoulet, tofu

 Faut que ça change ! Sans révolutionner notre quotidien, nous avons décidé, mon épouse et moi (surtout mon épouse), de lever le pied sur les protéines animales. La barbaque on apprécie, mais tous les jours, est-ce vraiment nécessaire ? La peur au ventre, je me lance dans cette expérience avec l'angoisse d'une addiction potentielle : on commence avec un joint et on finit accro à l'héro. Un cliché qui se transforme dans mon esprit par : un jour végétarien, vegan dans un an.

L'été est la meilleure période pour se passer de viande. On dispose de quantité de fruits et légumes pas chers et savoureux. De toute manière, vu le prix d'un (bon) steak, plus personne ne peut en manger au quotidien sans se retrouver à découvert le 10 du mois. Moins de viande et plus du tout de lait. Depuis quelques années on est passé à la boisson à base de soja. Pur, mes papilles me hurlent que ce n'est pas fameux. Mais pour toute sorte de préparations, on ne goûte pas la différence.

La crème de soja aussi remplace avantageusement la matière grasse animale. Idéale pour les glaces de cet été. Et pour ne pas être en manque de protéines, il suffit d'ajouter dans les salades une bonne ration de lentilles. Des haricots secs aussi.

Mais là, j'ai plus de difficulté. Car pour moi, les fayots ne sont bons que dans le cassoulet. Et franchement, un cassoulet végétarien à base de saucisses de tofu, je sens que mon estomac n'est pas encore prêt. Comme pour la recette de demain : mousse au chocolat à base de jus de pois chiche.

23/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Ma petite lucarne (3/3)

m6, années 80, nostalgie, tang, fuego, minitel

Beaucoup trop dure notre époque. Guerre, attentats, chômage... La télévision l'a bien compris qui préfère de loin jouer la nostalgie du "c'était mieux avant". M6 diffusait jeudi soir un programme centré sur les années 80. Mais au lieu de reprendre de bonnes images d'archives, les producteurs ont passé le tout à la moulinette de la téléréalité.

Une famille française typique d'aujourd'hui est immergée durant quatre jours dans ces années 80 que beaucoup semblent regretter. Pour le père et la mère, retour au temps béni de l'adolescence. Pour les trois filles (de 15 à 10 ans) plongée dans... la préhistoire. On a eu droit à tous les clichés, du Tang à la Fuego en passant par le Minitel, le Banga, le Rubik's cube ou les épaulettes.

Si l'enthousiasme des parents semblait un peu forcé, le dégoût des enfants était plus étonnant. Notamment pendant la séquence de la playmate topless de l'émission "Co-Co Boy". Shocking ! Cachez ce sein ! Comme si on ne voyait pas pire sur internet de nos jours, via Snapchat par exemple. De ce mélange de téléréalité scénarisée et de fausse nostalgie du passé, flatteurs pour les anciens, critiques chez les jeunes, découle un prêt à penser désespérant qui risque d'aller crescendo dans le prochain épisode "plongée au cœur des années 70".

Quitte à retourner en arrière, je préfère cette réplique culte entendue dans la bouche d'un comédien déguisé en homme préhistorique de Tautavel (reportage sur TVSUD) : "Ne zappez pas ou ma femme vous fait cuire avec le mammouth ce soir !"

22/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Ma petite lucarne (2/3)

guess my age, lemoine, d8, jeu

Même si les programmes télé estivaux sont avares de nouveautés, certaines chaînes profitent cependant des deux mois de vacances pour tester quelques formats. D8, la chaîne en clair de Canal +, bientôt rebaptisée C8, en plus des rediffusions des meilleurs moments (euphémisme) des shows de Cyril Hanouna, ose le jeu générationnel.

Jean-Luc Lemoine abandonne son rôle de sniper et de comique de service pour endosser le costume classe de l'animateur imperturbable, fiches à la main. La chaîne de Vincent Bolloré a des ambitions à l'étranger car s'il est issu de cerveaux français, le programme porte un nom anglais pour favoriser sa vente à l'export. "Guess my age", "Devinez mon âge" en bonne langue de chez nous est tellement basique qu'on se demande s'il n'y a pas erreur. Deux candidats, généralement un couple, doivent deviner l'âge d'inconnus. Leur cagnotte de départ diminue s'ils se trompent. Le jeu doit normalement s'interrompre en août, mais bonnes audiences obligent, il sera certainement reconduit à la rentrée. Car dans les faits, il s'avère assez hypnotisant. Les candidats, choisis pour leur côté jeune et bateleur, n'apportent pas grand-chose.

Par contre les fameux inconnus constituent autant d'instantanés des Français d'aujourd'hui. D'un minet de 20 ans qui en paraît à peine 15 à un papy asiatique de 74 ans (60 d'après les candidats) en passant par le vieux rocker de 59 ans fan des Scorpions, il y en a pour tous les goûts. Leur but est de faire trébucher les joueurs. Immobiles, l'air impénétrable, ils semblent représenter la figuration ultime de la France d'en bas.

Bonus vidéo pour vous faire une idée....

 

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21/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Ma petite lucarne (1/3)

télévision, curé, nudiste, navets

Malheur aux convalescents estivaux de mon genre bloqués devant la télévision. Si en temps normal je n'ai que peu de temps pour profiter des programmes de la fameuse "petite lucarne", je frise l'overdose en ce mois de juillet.

Entre étonnement et désespoir, je zappe et constate amer que le "mieux disant culturel" a plus que du plomb dans l'aile. Les chaînes de la TNT sont une mine pour qui a envie de s'abrutir. Mardi soir par exemple, vous aviez le choix entre deux des plus mauvais films français des années 2000. "Jet Set" sur NT1 ou "San Antonio" sur NRJ12. Deux naufrages absolus, dignes des pires navets des années 80.

Ailleurs, on mise sur le voyeurisme. A 20 h 50, TMC propose un marronnier estival dans "90' enquête" : "Vacances tout nu : enquête sur le boom du naturisme". De la fesse, du nichon, des situations scabreuses, mais toujours au nom de la liberté d'information. Seul regret, la présentatrice, Carole Rousseau, n'a pas joué le jeu jusqu'au bout en lançant le reportage dans le plus simple appareil. Tout n'est donc pas permis pour faire monter l'audimat. Mais les nudistes ne sont pas une mode d'aujourd'hui. Pour preuve, NRJ12 diffusait en seconde partie de soirée les deux chefs-d'œuvre de Robert Thomas, "Mon curé chez les nudistes" et "Mon curé chez les Thaïlandaises" sortis au cinéma en 1982 et 1983.

Franchement, vaut-il vraiment la peine d'émettre en haute définition des productions tellement bâclées que même les acteurs de la web-série "Les Faucons" de Morandini paraissent talentueux ?

Bonus vidé : la bande annonce 

20/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Chasseurs inoffensifs (3/3)

pokemon go, chasseurs, action, nintendo, candy crush

Aujourd'hui ou demain, les chasseurs de Pokémon pourront officiellement s'adonner à leur jeu en France. L'application, disponible quasiment partout dans le monde, n'était pas encore accessible dans l'Hexagone, un simple report en raison de l'attentat de Nice. Mais face à l'engouement, Nintendo lâche ses petites bestioles virtuelles. Il serait dommage de passer à côté d'un tel marché, même si la multinationale japonaise a de beaux jours devant elle. Depuis le lancement de Pokémon GO il y a moins d'un mois, l'action a progressé de 120 %. Une opération sonnante et trébuchante pour les actionnaires dont le capital a plus que doublé en quelques jours.

Pendant que certains s'en mettent plein les poches, d'autres jouent. A leurs risques et périls comme ces deux joueurs tombés d'une falaise car obnubilés par l'écran de leur smartphone. Des malfrats, un peu moins bêtes que la moyenne, ont créé un faux spot de rencontre de joueurs. Isolé, il était idéal pour détrousser les malheureux geeks en quête de Pokéballs et autres potions ou œufs indispensables à la progression dans le jeu. Enfin, à ceux qui s'étonnent que je parle si longuement d'un concept virtuel, sachez que Pokémon GO est devenu depuis sa sortie le jeu mobile le plus joué aux USA. Le record mondial de Candy Crush Saga (96 millions de joueurs) sera certainement explosé dans quelques jours.

Et je parie que dans 20 ans, personne ne se souviendra du vainqueur de l'Euro de foot en 2016, mais qu'ils seront encore des millions à chasser le Pokémon.

PS : Dessin de Terreur Graphique publié sur son mur Facebook. 

19/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Chasseurs inoffensifs (2/3)

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Chasseurs de Pokemon GO dans la vraie vie, les gamers du nouveau jeu de Nintendo vivent parfois intensément. Les anecdotes sur les incidents de parcours sont légion. Comme cette jeune femme aux USA qui, à la recherche d'un Pokemon eau au bord d'une rivière a trouvé, en lieu et place de sa bestiole virtuelle, un cadavre en état de décomposition avancée. Dans d'autres pays, les autorités ont été obligées de créer des panneaux de signalisation éphémères qui demandent de ne pas jouer en conduisant.

Pour progresser dans les parties, il faut se rendre dans des "spots" où on trouve, au choix, quantité de munitions ou de Pokemon. Décidées parfois un peu arbitrairement, ces zones investissent les espaces publics. Sauf dans le cas de cet Américain qui a vu des dizaines de personnes débarquer dans son jardin, smartphone à la main.

Il a été fait mention, mais sans savoir s'il s'agissait de simple rumeur d'un goût douteux, que des joueurs ont découvert un filon dans le camp d'Auschwitz, dans une église et un sex-shop. Authentifiée par contre l'aventure de ce restaurant, dont le chiffre d'affaires a augmenté de 50 % pour cause d'afflux de joueurs. Le gérant, pas bête, a élaboré un menu Pokemon qui fait fureur.

En France, le jeu n'est pas encore disponible, mais grâce aux versions étrangères il existe quand même des chasseurs hexagonaux. Ils voulaient le week-end dernier organiser une chasse dans les Jardins du Luxembourg. Veto immédiat des sénateurs. Pas question que quelques excités troublent le repos estival des vieux élus. Une suite de petites histoires qui ne fait que commencer.

18/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Chasseurs inoffensifs (1/3)

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Entre la fin de l'Euro et l'attentat du 14 juillet à Nice, excepté le « scandale » Jean-Marc Morandini (j'y reviendrai forcément à la rentrée), les journaux en mal d'idée originale en ont fait des tonnes sur le phénomène « Pokemon GO ».

C'est l'habitude dans ces lancements de jeu vidéo, il se dit tout et n'importe quoi. Comme si tout buzz, positif ou négatif, était bon à prendre quand de grosses sommes entrent en jeu. Car ces jeux vidéo restent avant tout de nouvelles machines à fric. L'application est gratuite, mais le bracelet payant et des achats sont proposés pour débloquer certaines situations. Rien de bien nouveau à ce stade.

La différence majeure de Pokemon GO consiste à demander aux joueurs de sortir de chez eux. Le chasseur, totalement inoffensif pour une fois, course dans le monde réel ces bestioles virtuelles appelées Pokemon. L'écran du smartphone se transforme en troisième œil capable de voir ces drôles de zèbres, invisibles sinon. Pour les capturer, il convient de les bombarder de « pokeballs », comme dans le jeu classique. Armes qu'on trouve dans des endroits stratégiques. Le smartphone et sa fonction GPS sont les véritables arbitres du jeu.

Les jeunes « gamers », dont les parents se désespéraient de les voir passer des journées affalés sur le canapé, abrutis devant leurs jeux, deviennent des marathoniens potentiels. Dans l'absolu, Pokemon GO améliore la santé physique. Par contre, côté santé mentale, de nombreuses dérives ont déjà été relevées.

Demain, ici même, le meilleur du pire.

16/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Un grand Tour (3/3)

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Le succès du Tour de France doit aussi beaucoup au direct. Malgré le dopage, les stratégies d'équipe et autres recours à la technologie de pointe (les oreillettes, pas les moteurs miniaturisés...), l'incertitude du sport y est érigée à son plus haut niveau. Parmi les grandes dates, l'arrivée main dans la main de Greg Lemond et Bernard Hinault au sommet de l'Alpe d'Huez.

En 1980, à Courchevel, les spectateurs découvrent étonnés un maillot jaune à côté de l'échappé du jour et futur vainqueur. En réalité il s'agit d'un indépendantiste basque, parvenu, dans les 800 derniers mètres, à s'immiscer au cœur de la course. Malgré sa fraîcheur, il est rapidement distancé. L'imposteur parvient cependant à franchir la ligne d'arrivée sous une bordée d'injures du commentateur de l'époque.

Parmi les impondérables, les manifestations des « paysans en colère » font partie des valeurs sûres. Si aujourd'hui ils se contentent de compositions dans les champs à base de vieilles machines et de bottes de foin, il fut un temps où ils ne plaisantaient pas. En 1974 dans les Landes, ils sèment des clous sur la route. Résultat, sur plusieurs centaines de mètres, les coureurs se retrouvent à pied, dans l'attente des voitures dépanneuses. Dernier exemple jeudi sur le final du Mont Ventoux où le maillot jaune, après une collision avec une moto, parcourt une partie du chemin au petit trot. En cause cette foule massive, excitée, incontrôlable.

Après l'horreur de l'avant-dernière nuit sur la Promenade des Anglais à Nice, espérons qu'un fanatique en mal de reconnaissance n'écrive pas une nouvelle page noire du Tour de France.

15/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Un grand Tour (2/3)

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Le Tour de France, comme le festival de Cannes ou le Tournoi des VI nations, rythme le passage des années. Premiers souvenirs télévisuels. Quand la première et la seconde chaîne se partageaient étrangement les droits sportifs. Sans doute pour ne pas faire jaloux, TF1 et Antenne 2 retransmettaient à tour de rôle l'étape du jour. Commentateurs différents, mais même réalisation déjà de haute volée de la défunte SFP (Société Française de Production).

Premier contact réel dans les années 80. Le peloton file dans les Landes girondines. J'ai marché un petit kilomètre dans les pins pour le voir passer. Du soleil, des klaxons, des couleurs : quelques secondes trop brèves. Le soir, dans le journal du Tour, je reconnais la longue ligne droite entre Sauternes et Villandrault. Comme des millions et des millions de Français, je ne suis pas allé voir le Tour de France, c'est la Grande Boucle qui est venue chez moi.

Devenu adulte, il m'est parfois arrivé de vivre et travailler dans des villes étapes. Pau par exemple. Moins charmé, je pestais à cause des difficultés de stationnement ou de la surcharge de travail. Une fois, à Sainte-Marie-la-Mer, heureusement de repos, je n'ai pas quitté l'appartement si ce n'est pour regarder du balcon les hélicoptères de la télévision survoler le littoral.

L'an dernier, j'ai carrément adapté un séjour en fonction de la date de passage du Tour en Aveyron. Pas pour voir les coureurs. Au contraire, juste pour arriver bien avant le grand chambardement. Car le Tour, plus le temps passe, plus je ne l'apprécie qu'à la télévision.

14/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Un grand Tour (1/3)

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Le Tour de France exerce une forte fascination sur des millions de Français. On pourrait croire qu'il est question de performances sportives, d'exploits individuels, de « cocorico ».

Plus prosaïquement, on a tous un souvenir, soit de passage du peloton près de chez soi, soit de découverte de paysages grandioses au cœur du pays, sans parler des endroits connus et que l'on se plaît à retrouver dans le direct télé. Mardi, en quittant les Pyrénées pour rejoindre le pied de la Montagne noire, la grande boucle a traversé le Lauragais. Région que j'ai longtemps écumée en « localier ».

Une bouffée de nostalgie, à près de 45 km/h. Il me semble reconnaître la descente vers Villeneuve-la-Comptal. Route incontournable pour aller couvrir les reportages dans la Piège. J'ai droit à deux passages pour cause d'échappée. En ville, la remontée le long du cours de la République me permet de revoir d'un côté les cafés, de l'autre la Halle aux Grains, l'agence du journal à moins de 50 mètres. Des centaines de spectateurs. J'essaie de distinguer des visages, des façades. Juste une impression d'ensemble, mais reste intact le plaisir d'être téléporté durant quelques secondes dans des lieux que l'on a arpenté des centaines de fois.

L'étape se poursuit route de Revel. Cette longue ligne droite que je prenais tous les jours pour aller travailler. Une dernière vue aérienne me fait craquer : le moulin du Cugarel, la Collégiale, le grand bassin au loin. Toute la magie des images du Tour, entre découvertes et souvenirs personnels. (A suivre)

13/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Hôpital, on est mal (3/3)

hôpital,opération,douleur,piqûre,anticoagualntNe jamais douter de la puissance de la médecine. Non seulement je n'ai plus aucun souvenir de mon anesthésie, mais je n'ai mal nulle part. Pourtant, voilà moins de six heures, le chirurgien m'ouvrait le ventre "par voie médiane". On vient de me reconduire dans la chambre. Le plus dur est à venir.

Selon une légende populaire, les hommes sont plus sensibles à la douleur que les femmes. Je ne sais pas si c'est la réalité, mais tout mon entourage féminin semble se liguer contre moi pour me le prouver. Le brouillard de l'anesthésie s'estompe. Une infirmière me demande, sentencieuse : "A quel niveau placeriez-vous votre douleur de 1 à 10 ?" Je réponds un timide "6". "4" corrige immédiatement mon épouse lucide et experte en "jérémiades de mari douillet".

Une heure après, une autre infirmière déboule dans la chambre. "Je viens pour la piqûre !". La piqûre ? Quelle piqûre ? Pour éviter une phlébite dans les jambes, une injection d'anticoagulant est prévue durant dix jours. Je blêmis. Vu mon état, une injection risque de m'achever. Prévenante, mon épouse me conseille de me détendre, de penser à autre chose, de ne pas regarder. L'infirmière moins diplomate me brandit la seringue devant le nez. "Regardez, c'est une toute petite aiguille". Comment lui expliquer qu'une aiguille reste piquante. Donc douloureuse.

Malgré les restes de l'anesthésie et les antidouleurs, cette injection me semble encore plus difficile à supporter que la cicatrice de 10 cm et les 20 agrafes. Peut-être la légende a-t-elle un fond de vérité...

12/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Hôpital, on est mal (2/3)

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 Réveil en fanfare. 5 h 30. Douche pré-opératoire, essentielle pour éviter les maladies nosocomiales et autres infections. Encore perdu dans mes rêves après avoir difficilement trouvé le sommeil. Même si je dois passer en premier, pourquoi un lever si tôt ? Volonté de faire gamberger le patient ou de l'épuiser ? Récuré de partout, je me recouche dans les draps propres, juste recouvert de la blouse ouverte à l'arrière. Contre toute attente je me rendors.

Nouveau réveil en sursaut. Cette fois le brancardier descend le lit vers le bloc. Beaucoup de lumière et climatisation à fond. Parqué entre deux autres patients, je découvre avec stupéfaction le visage de William Leymergie. Cela doit bien faire 20 ans que je n'ai pas regardé Télématin. Faut-il que j'aie fauté à ce point pour m'imposer cela alors qu'il existe statistiquement un pourcentage (infinitésimal mais réel) pour que je ne me réveille pas ?

Les derniers souvenirs de ma vie sur terre porteront-ils sur un reportage au musée de la lingerie à Londres et l'origine du mot baleine ? Pas le temps de disserter que je me retrouve au bloc, une perfusion dans le poignet. "Vous allez vite vous endormir", me rassure l'anesthésiste. Sauf si le sérum ne fait pas effet. Je vais alors être conscient quand on m'ouvrira le ventre. Bon dieu, et si ça m'arrivait, si je ne parvenais pas à m'endo......... ........................................................................... .................................................................................................... ..................................... ..................................... ...........................................(zzz...)