18/11/2016

De choses et d'autres : procès médiatique ou « médiumnique » ?

Triste spectacle mercredi dans la cour d’assises de Clermond-Ferrand. Dans le procès sans doute le plus médiatisé de l’année, une « médium », selon ses propres affirmations, a fait son show en toute impunité. Pourtant l’affaire dé- battue entre ces murs austères ne prête pas à rire et n’a pas besoin de cet intermède digne du théâtre de grand-guignol : la petite Fiona, est présumée morte sous les coups de sa mère ou de son beau-père, son corps, enterré par les parents qui avaient prétendu à un enlèvement, demeure introuvable.

Julietta, donc, a contacté l’avocate de la partie civile en prétendant détenir des informations sur la localisation de la sépulture de la petite martyre. Sans la moindre vérification, le président accepte de l’entendre pour découvrir, ébahi, que ce témoin, présumé clé, tient ses fameux indices de la fillette en personne. Après sa mort. En direct de l’au-delà.

Tristes carabistouilles qui se sont terminées par le malaise et la perte de connaissance du médium. Du grand-guignol on vous dit... Une demi-journée de débats perdue. Péripétie évitable si l’on avait consulté les enquêteurs. Ils ont entendu une fois Julietta. Juste pour se faire une opinion. Puis les inspecteurs, suite à ses nombreuses sollicitations, « m’ont dit d’arrêter de les faire ch… » selon les propres mots de la future évanouie. Pour le coup, le président de la cour d’assises aurait mieux fait de suivre l’exemple policier.

 (Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le 18 novembre)

17/11/2016

De choses et d'autres : Météo politique

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On ne plaisante pas avec la météo. Depuis la nuit des temps, la température et l’humidité conditionnent la vie des humains. Hervé Morin l’a bien compris. Président de la région Normandie, il vient de se plaindre à TF1. En cause le choix de la ville qui illustre le temps qu’il fait en Normandie. Trop souvent c’est Cherbourg qui est retenue.

L’élu qui a à cœur de promouvoir sa région souligne que cette ville est située sur « la presqu’île du Cotentin qui constitue un point plutôt froid et pluvieux, et ne reflète pas la réalité du climat normand. » Comment ? Il ne pleut pas toujours en Normandie et on nous le cache ? Les climato-sceptiques auraient-ils fomenté un complot ? Et l’homme politique de conseiller à TF1 d’oublier Cherbourg et de prendre plutôt en exemple Granville ou Caen. «Pour véhiculer une image plus sincère de notre climat », précise Hervé Morin.

Une rapide recherche sur internet donne raison à Hervé Morin quant aux précipitations. L’hiver dernier, il est tombé 480 mm à Cherbourg et seulement 204 à Caen. Idem au printemps, 258 mm contre 178. TF1, par la voix d’Evelyne Dhéliat, a accepté de suivre les recommandations du président normand, « en espérant ainsi ne pas trahir la douceur normande. » Au quotidien, cela ne changera pas grand chose, mais il est des victoires qu’il faut savoir savourer. On devrait proposer à Hervé Morin un week-end dans les P.-O. ou l’Aude. Au moins, ici il fait toujours beau.

(Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le 17 novembre)

16/11/2016

De choses et d'autres : La super Lune est signée Hergé

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Entre 700 000 et 900 000 euros. Telle est l’estimation de la planche de l’album « On a marché sur la Lune » des aventures de Tintin et Milou mise en vente samedi à Paris par Artcurial. Près d’un million d’euros pour une feuille de papier de 50 cm de haut et 30 de large, recouverte de 12 cases dessinées en noir et blanc.

La société de ventes aux enchères explique dans son catalogue, après avoir décrit l’œuvre : « Cette planche peut se résumer tout simplement par « on a marché sur la Lune ! » Objectivement, je me demande si ce prix exorbitant est justifié. Car à la base, n’oublions pas qu’il ne s’agit que de bande dessinée, destinée à être publiée dans une revue puis en album. Une histoire déjà imprimée à des millions d’exemplaires. Réalisée en 1954, la planche n’est même pas signée par Hergé. Il se peut d’ailleurs qu’il n’en ait que supervisé la réalisation finale par les membres de son studio (à l’époque Bob de Groot, Jacques Martin ou Roger Leloup) sollicités pour redessiner les anciens albums mais également permettre au maître de tenir les délais.

Sans compter qu’il ne s’agit que d’un assemblage de cases, car la version album a dû être réduite pour rester dans les 62 pages classiques. Bref, même si ces dessins ont fait rêver des millions de gamins, il ne s’agit pas réellement d’un « original » de Hergé. Juste une douce folie pour un nostalgique suffisamment riche pour l’accrocher dans son salon. 

10:45 Publié dans BD, Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hergé, tintin, lune, enchères

15/11/2016

De choses et d'autres : Quand Alain Juppé manie l’ironie après sa sortie sur le Prisunic

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Dimanche, invité sur France 3, Alain Juppé a commis une bourde énorme, colossale, quasiment éliminatoire dans la course à la présidence tant elle est révélatrice de son incompétence. Pour parler du revenu universel il ose cette comparaison : « Est-ce que tout le monde va le toucher, de madame Bettencourt jusqu’à la vendeuse de Prisunic ? » Oui, vous avez bien lu : Prisunic ! Immédiatement les gardiens de la modernité s’offusquent. Quel homme politique prétendant devenir président cite des magasins qui n’existent plus depuis 15 ans ? Totalement hors sol. Car oui, sur les réseaux sociaux, le débat se résume à des détails de cet acabit (cf les chocolatines).

Le maire de Bordeaux, si souvent brocardé pour son grand âge et son sérieux de croque-mort réplique en maniant une ironie digne d’un maître es communication. Hier matin sur RTL, après avoir admis qu’il ne se rend plus au Prisunic mais au Monoprix faire ses courses, il se lance dans un véritable sketch pince-sans-rire : « Je bats ma coulpe. J’ai fait une énorme connerie. C’est épouvantable. Ça disqualifie ma candidature à la présidence de la République, je le reconnais volontiers. »

Se moquer des moqueurs, quelle jolie réaction. Car à la fin de son intervention il en rajoute une couche : « Quand on est maire depuis vingt ans, on sait ce que c’est que - pardon, à nouveau, les supérettes de proximité. Mais c’est peut-être pas comme ça que ça s’appelle... » 

14/11/2016

De choses et d'autres : Facebook s'offre quelques petites morts éphémères

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D’un coup d’un seul, deux millions de personnes sont passées de vie à trépas durant quelques minutes vendredi dernier. Un décès éphémère et heureusement virtuel, uniquement sur Facebook.

En tête des profils touchés, un petit mot de condoléances tout à fait dans le ton du réseau social : « En souvenir de (nom du titulaire de la page), nous espérons que ceux qui aiment (prénom) trouveront du réconfort en voyant ce que d’autres partagent en hommage à sa vie. » Certains ont donc découvert qu’ils étaient considérés comme morts. Drôle de surprise que ces « petites morts éphémères » ? « Une terrible erreur » de la société selon les explications des responsables de la communication.

La fonctionnalité « En mémoire » n’est déclenchée que si Facebook est informé de la disparition d’une personne par sa famille et uniquement après que cette dernière ait présenté une preuve du décès. Deux millions de morts d’un coup signifient forcément un gros bug quelque part.

À moins que ce coup d’éclat ne soit l’œuvre d’un pirate car dans le lot des tré- passés figure le fondateur de Facebook. J’imagine le hacker acnéique, terré dans son trou sombre, repu de hamburgers et ricanant telle une hyène au moment de détourner cette fonctionnalité et de l’appliquer à ce Mark Zuckerberg honni, tant à cause de ses milliards que de sa propension à se considérer comme le maître du monde. Ce qu’il est peut-être un peu avec son droit de vie ou de mort sur tous les membres de son réseau. 

10:27 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : facebook, mort, mémoire, bug

12/11/2016

De choses et d'autres : Précis de « gentillesses » politiques

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Le capitaine Haddock aurait fait un excellent homme politique. Du moins dans sa propension à insulter à tout-va à l’aide de jurons très imagés.

L’insulte en politique compte une longue histoire racontée avec force exemples édifiants par Bruno Fuligni dans un dictionnaire dont la nouvelle édition, « Spécial présidentielle 2017 », vient rafraîchir les mémoires. On ira avec délectation vers les entrées des possibles présidentiables comme Nicolas Sarkozy (« Pas méchant mais pas d’allure. En fait il est bien plus fade qu’on ne le croit » Ségolène Royal) ou Alain Juppé (« C’est Fabius en pire. Ce dernier avait un soupçon de sensibilité, l’autre je ne le pense pas » Nicolas Sarkozy).

Plus loin dans le temps, député puis sénateur des Pyrénées-Orientales, Jules Pams faisait les frais de la verve de Clemenceau : « Pams, ce n’est pas un nom, c’est un bruit ». On notera d’ailleurs qu’au début du XXe siècle, les insultes étaient très virulentes. De même le dénigrement antisémite n’était pas une légende, pour preuve les propos de Léon Daudet sur Léon Blum ou de Charles Maurras sur Abraham Schrameck, particulièrement nauséabonds.

➤ « Petit dictionnaire des injures politiques », L’Editeur, 19 €

 

10/11/2016

De choses et d'autres : Trump à la Maison Blanche, vers quatre ans de téléréalité

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J’avoue, jamais je n’aurais cru en arriver à écrire une chronique sur l’élection de Donald Trump au poste de président des USA. Et pourtant... Comme la grande majorité des sondages et des « analystes » politiques, je ne misais pas un centime sur ce milliardaire démagogue et populiste. Perdu !

Enfin ce n’est pas moi directement qui ai perdu quoi que ce soit. Par contre les hispaniques, les femmes, les noirs, les musulmans et d’une fa- çon plus générale tout ce qui n’est pas blanc, mâle et plutôt riche, risquent de vivre quatre années terribles. La présidence Trump a toutes les chances de s’apparenter à une longue, très longue, émission de téléréalité. Car le personnage, sorte de bateleur de l’ère 2.0, semble toujours avoir une idée pour repousser les interdits, aller plus loin dans le trash. Trump au pouvoir c’est Nabilla, sans téléphone mais avec le doigt sur le bouton qui déclenche le départ des ogives nucléaires dirigées sur celui qu’il veut « éliminer » du prochain épisode.

A moins qu’il n’ait fait tout cela que pour la gloriole. Un caprice de gosse de riche qui prend le pari qu’il deviendra président des USA. Son dernier challenge. Une fois ce Graal atteint, espérons que la raison lui reviendra, qu’il ne fera pas trop de de bêtises avec ses nouveaux joujoux.

Le dernier mot revient au cinéaste Michael Moore quand il tweete, quelques minutes après le résultat, « Quelle que soit l’issue, c’est ainsi que tout a commencé ».

 

09/11/2016

De choses et d'autres : Frites à volonté !

 

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Cette primaire de la droite commence à me plaire. Partie sagement, avec respect et sujets sérieux, elle s’emballe depuis le débat de la semaine dernière. Les outsiders - Copé, Le Maire et NKM - ont sorti les ergots pour tenter de griffer la carapace des vieux durs à cuire et essayé de déstabiliser Nicolas Sarkozy et Alain Juppé.

Et puis il y a les meetings. Comme s’il avait déjà oublié l’affaire Bygmalion, Nicolas Sarkozy les enchaîne à tour de bras. Parfois on se demande si l’épuisement ne le guette pas quand il affirme, en réponse aux parents d’enfants qui ne veulent pas de porc à la cantine, qu’il suffit de servir aux gamins « une double ration de frites ».

Les frites à la cantine. Quels bons souvenirs. Ce n’était pas tous les jours malheureusement. Et il y avait rarement du « rabe ». Si j’avais 40 ans de moins, j’envierais presque les petits juifs et musulmans de la France de Sarkozy. « Allah est grand, un peu plus de frites s’il vous plait ».

Cette histoire de « double ration de frites » résume la campagne des primaires. Pourquoi se casser la tête à trouver des solutions compliquées quand on peut faire simple ? Pas assez de policiers ? On embauche. Trop de dé- ficit ? On vire des fonctionnaires (mais pas les policiers récemment engagés). L’agriculture va mal ? Obligation de faire pousser des patates. Faudra bien, puisqu’on ne mangera que des frites... 

08/11/2016

De choses et d'autres : Les nouveaux Russes

 

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Si dans un jeu télévisé l’animateur demande « Citez-moi deux acteurs russes », le candidat peut répondre avec la certitude d’empocher la cagnotte « Gérard Depardieu et Steven Seagal ! » Notre Gégé national (qui l’est donc de moins en moins) vient d’être rejoint dans le grand mercato des comédiens sur le retour par l’inénarrable Steven Seagal. Dans le cinéma d’action, tendance castagne et karaté, il y a un maître, Bruce Lee, un sous-fifre, Chuck Norris, et le pathétique Steven Seagal.

A 64 ans, il continue à tourner dans des films d’action comme s’il en avait 30. Son jeu est aussi expressif que celui de son totem en aïkido : la tortue. Comme Depardieu, ses multiples casquettes d’acteur, scénariste, producteur et réalisateur le poussent à chercher des cieux fiscaux plus cléments. Au début de l’année il est devenu citoyen serbe et la semaine dernière c’est Poutine en personne qui a signé un décret lui accordant la nationalité russe.

J’attends avec impatience le prochain film, russe cela va de soi, mettant en vedette ces deux stars mondiales. Depardieu, mangeant, buvant et gueulant en insultant la planète entière face à Steven Seagal, force de la nature, ascète, bouddhiste et si calme juste avant de démonter les 15 adversaires qui osent s’attaquer à lui. Je sens le concept à creuser, le duo d’anthologie et une idée à proposer à des réalisateurs ou producteurs en mal de ristourne sur leur feuille d’impôts. 

07/11/2016

De choses et d'autres : bonbons en compétition

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Lancé mi-octobre par le site BuzzFeed, le championnat du monde des bonbons semble un résumé de l’évolution des goûts à travers les décennies. Ce lundi prendra fin le vote du troisième tour désignant les quatre derniers prétendants à la victoire finale.

Si vous avez parié sur les bonbons La Vosgienne, les Chamallows, les Carensac ou les pastilles Vichy, quatre ancêtres dans le monde des friandises, vous avez tout faux. Ils ont été éliminés dès le premier tour. Les pastilles Vichy ont par exemple été battues à plate couture (23 %) face aux Skittles aussi mauvais que leur publicité trop vue à la télévision. Les Carensac, sublime concentré de réglisse, ont presque fait le plus mauvais score (19 %) écrabouillés par de vulgaires « œufs aux plats » gélatineux et 100 % chimiques.

On retrouve chez les finalistes plusieurs de ces sucreries très acidulées comme les tapis de fraises, spaghettis ou bouteilles de cola. Les enfants d’aujourd’hui aiment le sucré, mais avec des sensations fortes sur la langue.

Heureusement le goût des « vieux » a encore quelques chances de l’emporter. Restent en compétition les Carambars (du sucre, que du sucre), les Chupa Chups (le produit catalan le plus exporté au monde) ou les Dragibus qui font figure de favoris. Ces derniers ont déjà à leur tableau de chasse les fameuses Fraises Tagada et les non moins remarquables Couilles de Mammouth. 

 

05/11/2016

De choses et d'autres : Le monde merveilleux... de l'humour anglais

Les Anglais pratiquent l’humour radical. Ils n’ont pas leur pareil pour faire rire simplement en décalant juste un peu des scènes simples. Hazeley et Morris sont des prototypes d’auteurs de cet humour britannique irrésistible. Ils publient ces petits livres illustrés des dessins d’origine parus dans les anciennes publications Ladybird entre 1950 et 1970 et destinées aux enfants. Mais cette collection du « Monde merveilleux » ne se cantonne pas aux plus petits.

Petit exemple avec cet extrait du « Monde merveilleux de la gueule de bois » : « Prévoyez un kit de secours spécial gueule de bois : disposez une banane et un verre d’eau sur votre table de nuit avant de sortir boire des coups. En vous réveillant le matin, dans vos habits de la veille, vous pourrez regarder le verre et la banane intacts et vous demander qui a bien pu les poser là. »

Autre titre paru, celui consacré au « Mari idéal » : « Alban et Anaëlle sont désormais parents d’un petit garçon. Anaëlle dévore des yeux son nouveau-né. Quant à Alban, il dévore des yeux les infirmières. Les maris aiment bien les infirmières. »

Les textes sont délicieux, parfaitement en accord avec ces illustrations très vintage. Un éclat de rire assuré à chaque page.

 ➤ « Le Monde merveilleux de... », éditions 10/18, 6,50 € le volume.

 

04/11/2016

De choses et d'autres : Du tabac faisons table rase

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Gris, sombre et morose, novembre n’est pas le mois préféré des Français. Il pourrait cependant devenir le chouchou des milliers de personnes qui ont décidé d’arrêter de fumer durant l’opération nationale « Moi(s) sans tabac ». Depuis le 1er novembre plus de 150 000 fumeurs se sont inscrits et tentent de tenir un mois sans en griller une. 30 jours qui normalement donnent cinq fois plus de chance d’arrêter définitivement.

Mais c’est dur. Certains addictologues prétendent que le tabac a le même pouvoir de dépendance que l’héroïne. S’en défaire est pourtant vital pour la grande majorité des fumeurs. Cancers, problèmes cardiaques, insuffisance respiratoire : la cigarette est la meilleure façon de se suicider. A petit feu et dans de grandes douleurs.

Aux volontaires, le gouvernement distribue un kit pour aller au bout des 30 jours. Un livret de conseils, une application, un badge. Rien de bien transcendant. Mais le meilleur argument pour dire stop au tabac reste le porte-monnaie. Une petite roue permet de calculer les économies réalisées en arrêtant la clope. La somme atteint des centaines d’euros, voire des milliers sur un an. L’argent disparu en fumée (et en goudron dans vos poumons) aurait certainement été plus utile sur un compte épargne.

Fumeur, j’ai rejoint le mouvement et anticipé l’appel puisque je fête ce vendredi ma première semaine de sevrage. Souhaitez-moi bon courage !

09:28 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tabac, addiction, santé

03/11/2016

De choses et d'autres : La confession d'Askolovitch

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Le titre de son papier publié hier matin sur Slate.fr prend des airs de confession : « Invité par Sarkozy, j’ai écrit la pire merde de ma carrière ». Claude Askolovitch, journaliste politique, fait plus que se flageller, il se renie en bloc, quand il pensait être important (rédacteur en chef du Journal du Dimanche) et acceptait d’être traité comme un VIP.

« En 2008, raconte-t-il dans l’article, l’Élysée me propose de venir au G20, pas comme journaliste accrédité presse, dans les bétaillères de l’information, mais directement dans Air Sarko One, pour un périple embedded. » Catalogué à gauche, Askolovitch qui travaillait à l’Obs, est passé à la concurrence en 2007, chez Lagardère.

S’il se dénigre aujourd’hui, huit ans après le « crime », c’est en raison du lynchage par l’émission de Yann Barthès de Nicolas Domenach. Cet autre journaliste politique a couvert le voyage africain de Manuel Valls dans la dé- légation officielle. Résultat, le papier de Domenach, selon Askolovitch, « n’est pas un reportage : c’est une tautologie sur la com’vallsienne. » Mais il n’est pas de ceux qui hurlent avec les loups. Car il est déjà passé par là. Depuis il a rompu les ponts : « Quand je m’approcherai à nouveau d’un grand politique, ce sera dans une distance étrange, dépressive », reconnaît-il. Et d’expliquer ce qui devrait être une ligne de conduite pour tous les journalistes, « je me vaccine contre les mignardises. » 

02/11/2016

De choses et d'autres : Petites et grosses bébêtes

 

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Alerte animaux en danger ! Un récent rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF) met en lumière la disparition depuis 40 ans de plus de la moitié du vivant de la planète. La situation serait particulièrement dramatique pour les vertébrés. Bien évidemment, ne cherchez pas loin la cause de cette extinction de masse. Elle est forcément due à la prolifération de l’homme.

Une prise de conscience rapide de la situation semble malheureusement inutile. Le mal est fait. Inexorablement des centaines d’espèces vont disparaître. Pas les plus visibles, bien au contraire. Car si on réintroduit, en France par exemple, lynx, loup et ours, au même moment de rares batraciens, petits oiseaux ou autres reptiles sont très menacés. De plus certains animaux ont le don de nous énerver ou nous effrayer. Ces grenouilles ou crapauds qu’on ne voit jamais mais qui font un raffut de tous les diables soir et matin. Ou ces salamandres, lentes, visqueuses, définitivement repoussantes, même pour les moins superstitieux. Je n’évoquerai par les serpents, rien que d’écrire le mot tous mes poils se hérissent tant je suis orphiophobe.

Et ne croyez pas que pour sauver les animaux il suffit de devenir végétarien. La culture du soja ces dernières années est responsable de la disparition de milliers d’hectares de zones sauvages transformées en terres agricoles et donc d’encore plus de vertébrés. 

01/11/2016

De choses et d'autres : les pirates à fond de cale

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Abordage raté pour les Pirates islandais. Ce parti politique entre extrême gauche et anarchisme espérait entrer au gouvernement, les sondages avant les élections leur donnant plus de 20% des suffrages. Mais à l’issue du dépouillement, ils plafonnent à 14%. Terminés les rêves de pouvoir. Même si contrairement à tous leurs adversaires, c’est l’inverse qu’ils recherchent. Ces pirates d’un nouveau genre rêvent de discrétion. Davantage d’anonymat sur internet et des décisions prises par l’ensemble du peuple étaient leurs deux crédo. Au final les Islandais ont préféré accorder leur confiance à un vieux parti politique centriste, dirigé par le ministre des Finances dont le nom figurait en bonne place dans les listings des Panama Papers (scandale du blanchiment d’argent dans des paradis fiscaux).

L’échec des Pirates apparaît comme entièrement la faute des jeunes. Selon les sondages, une très grande majorité des moins de 30 ans les soutiennent. Mais ils ne sont pas allés voter. Comme si les élections étaient un concept dépassé, d’un autre âge. Voilà tout le paradoxe de ce parti d’un nouveau genre: tellement opposé au vieux système qu’il ne peut utiliser les mêmes armes pour y mettre fin…

La démocratie a bien des avantages mais manque cruellement de surprise. Trop souvent c’est le moins anxiogène qui l’emporte. Si les Pirates s’appelaient Bisounours, leur drapeau flotterait déjà au mât du pouvoir.

08:43 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pirates, islande

31/10/2016

"De choses et d'autres": pas de bonbons pour Halloween

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Désolé les enfants, inutile de venir sonner chez moi ce soir, je ne vous donnerai pas de bonbons. Pas en réaction de rejet à la mode américaine d’Halloween, mercantile et envahissante. Non, juste pour vous protéger d’un grand danger qui vous guette.

L’association Agir pour l’environnement a réalisé une étude sur les sucreries les plus courantes en France. Résultat elles contiennent toutes du colorant E171. Un nom de code pour désigner des nanoparticules de dioxyde de titane. De minuscules choses au grand pouvoir de nuisance. Selon les commanditaires de l’étude, ces nanoparticules «sont susceptibles de se glisser à travers les barrières physiologiques du corps humain, comme le cerveau, les intestins ou les reins.» Elles s’y accumulent et peuvent à longue échéance provoquer des «dysfonctionnements de l’ADN» voire «la mort des cellules».

Ces conclusions sont cependant à prendre au conditionnel car les instances européennes considèrent toujours que l’E171 ne représente aucun danger pour les consommateurs.

Mais alors, qui croire au final? Dans le doute, je m’abstiens. Pas d’en manger (faites ce que je dis,...), mais simplement, comme expliqué en préambule, d’en offrir aux enfants à Halloween. Je ne voudrais pas, dans 20 ans, être attaqué en justice par d’anciens gamins devenus légumes ou à moitié-zombies en raison d’un abus de dioxyde de titane. 

30/10/2016

De choses et d'autres : La Loove, mode d'emploi

Web-série comique produite par France 4, « La Loove » se décline désormais en guide pratique. Un petit livre à l’humour ravageur ré- pondant au doux titre de « L’art du bien-être dans ton cœur (et partout ailleurs) » (Jungle, 6 €). L’intérêt de l’ouvrage réside bien entendu dans le « partout ailleurs » qui se situe résolument dans le slip des célibataires à qui les conseils d’Amélie Etasse et Clément Vallos s’adressent. On se délectera ainsi des conseils du Dr Clito sur un sujet aussi essentiel que « Comment réagir face à un homme qui refuse de mettre un préservatif » (allez direct à la fin : « Cet abruti ne mérite même pas de te toucher ») ou un test, façon « Questions pour un champion » sur les MST « Ne te fie pas à mon nom de papillon trop mignon : Je suis… Le Papillomavirus ». Totalement libéré, ce livre à ne pas mettre entre toutes les mains, est idéal pour se remettre d’une rupture amoureuse car il explique « en quoi le célibat c’est cool et la déprime c’est sympa ».

 

28/10/2016

De choses et d'autres : incertitude wallonne

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L’obstination des Wallons arrangeait bien une bonne partie de l’Europe. La région francophone de la Belgique a longtemps osé dire non au traité commercial de libre échange avec le Canada. Rien ne destinait cette petite communauté à devenir le mauvais élève européen. Au contraire, depuis des années, la Belgique a beaucoup gagné en devenant une des capitales de l’Union. D’ailleurs, hier, la signature du traité était programmée à Bruxelles. Mais des élus régionaux ont décidé de défier l’administration fédérale avant de se raviser au dernier moment. Terre de compromis et de raison, la Belgique n’a jamais été très belliqueuse. Au contraire, le pays a évité bien des problèmes en érigeant le consensus en méthode de gouvernement. Soit tout le monde est d’accord et c’est bon, soit il y a une voix divergente et on continue de négocier. C’est dans ce cadre que le pays est resté plus d’un an sans gouvernement. Une absence peu préjudiciable car justement les régions ont beaucoup de pouvoir. Un peu trop parfois quand on constate les conséquences du blocage des Wallons têtus. Alors Messieurs les Belges on ne vous dit pas bravo pour votre revirement ultime. Le traité, en France, pas grand monde en veut. Même si officiellement personne n’ose le dire haut et fort. Par contre, nous faire rater une visite du beau Justin Trudeau... Je connais quelques jeunes femmes qui risquent vous en vouloir longtemps.

09:13 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ceta, belgique, canada, trudeau

27/10/2016

De choses et d'autres : Satan existe

 

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Dieu, je ne sais pas. Mais c’est sûr, Satan c’est sûr, existe. « Satan 2 » exactement, petit surnom du nouveau missile balistique russe répondant plus prosaïquement au nom de « RS-28 Sarmat ». Ce concentré de technologie dernier cri a officiellement été pré- senté en début de semaine par l’étatmajor de l’armée rouge. Avec une capacité d’action de 10 000 kilomè- tres, il peut toucher la côte est des Etats-Unis en quelques minutes. La grande nouveauté de « Satan 2 » consiste à posséder 12 têtes nucléaires capables de se répartir sur une superficie grande comme le Texas ou la France. Satan 2 est la cartouche au gros sel de la dissuasion nucléaire. Il crible sa cible de multiples impacts. A la différence que les dégâts ne seront pas superficiels. La France, toute la France de Lille à Perpignan, serait rasée en quelques minutes. Douze fois Hiroshima puissance mille. Douze comme le nombre de régions métropolitaines. Si les technocrates russes sont pointilleux sur les symboles, pour la première fois le Pays Catalan apprécierait d’être si éloigné du centre de décision de Toulouse. Exceptionnellement, se contenter de quelques retombées ne sera pas infamant. Savoir que cette arme est dans les mains de Poutine n’est pas pour rassurer. Et explique pourquoi chez les politiques hexagonaux, tant à droite qu’à gauche, ils sont si nombreux à vouloir faire ami-ami avec le maître du Kremlin. 

26/10/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Copé casse les prix des chocolatines

 

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Déraciné, hors-sol, au pays des Bisounours... Les expressions ne manquent pas pour décrire la sortie de Jean-François Copé lundi matin au micro d’Europe 1. A la question toute bête d’un auditeur lui demandant combien coûte un pain au chocolat, le candidat à la primaire, qui avait déjà abordé ce problème des chocolatines pour dénoncer une certaine pression de l’immigration, a répondu, après une longue hésitation, de 10 à 15 cents pièce. Franchement, si ce boulanger existe ailleurs que dans son imaginaire fantasmé, je suis preneur. Car j’adore les chocolatines. Et je sais, moi, qu’elles valent huit fois plus cher. Même achetées en lot, jamais je n’en ai trouvées de si bon marché.

Pauvre Jean-François Copé, si content d’être à nouveau sous les projecteurs après ses déboires judiciaires. Une bête histoire de viennoiserie vient plomber tout son plan com’. Moqué sur les réseaux sociaux, il a tenté de rattraper le coup en faisant de l’humour sur le fait qu’il surveillait sa ligne.

Mais les électeurs, qui visiblement fréquentent plus souvent que lui les boulangeries, se montrent impitoyables. Vu sa propension à minorer les prix, il est logique que la facture de Bygmalion ait explosé si rapidement. Et certains de se souvenir, perfides, qu’il fut ministre du Budget sous Sarkozy. Comme on dit familièrement, il « tenait les cordons de la bourse ». Comment s’étonner dès lors que l’État soit en faillite depuis si longtemps ?