06/02/2017

De choses et d'autres : Marcel le tempétueux

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Quelle drôle d’idée de donner des pré- noms aux tempêtes. J’ai connu ça pour les cyclones quand je vivais outre-mer. J’ai passé une nuit assez éprouvante quand Hugo a frappé les Antilles en septembre 1989. Par chance il a en partie épargné la Martinique où je travaillais à l’époque pour se déchaîner sur la Guadeloupe. Peu de chose à côté de Firinga, autre cyclone passé juste au-dessus de la Réunion en janvier de la même année. Deux ouragans dans la même année, sensations fortes garanties.

Hugo et Firinga resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Il en sera certainement de même pour Marcel qui a traversé le sud-ouest de la France hier soir. Mais pas pour la même raison. Car Marcel le tempétueux est aussi le nom d’un de nos trois chats. Or Marcel n’a rien d’un foudre de guerre capable de gros dégâts.

Ce gentil et pacifique bâtard noir et blanc, recueilli il y a plus de cinq ans, a officiellement été nommé « Petit Marcel » après être passé entre les mains des vétérinaires de l’association de « L’école des chats » de mon village. De petit il est vite devenu gros. Il a doublé de volume, dédaignant les croquettes light pour se goinfrer de granulés plus goûteux. Notre cher gros Marcel, si peureux. Pour le passage de son homonyme météorologique, il est resté prudemment lové sur le canapé, ne se levant que pour vider la gamelle ou gratter dans la litière. Franchement, Marcel est inoffensif à un point tel que donner son nom à une tempête est au mieux incongru, au pire ridicule. 

04/02/2017

De choses et d'autres : Python d’oreille

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On ne se félicitera jamais assez des effets bénéfiques des réseaux sociaux sur notre moral quotidien. Le moral plombé par le PenelopeGate, l’attaque au Louvre ou tout simplement la météo, on ne peut que relativiser ces « broutilles » face à certaines informations.

Comme la mésaventure arrivée à cette adolescente américaine. Pas banale l’ado. Une gothique avec tempes rasées et gros trou dans l’oreille destiné à y encastrer ces anneaux de plusieurs centimètres de diamètres. Comme beaucoup de ses congénères, elle décide de prendre des selfies avec son animal de compagnie favori, Bart de son petit nom. Elle aurait pu avoir un rat. Mais Bart est un python, encore bébé heureusement. Le serpent, sans doute pour protester contre l’usage abusif de son image, décide de visiter le lobe si accueillant de sa propriétaire. Et y reste bloqué…

Panique de la jeune fille qui publie un SOS sur Instagram, nouvelles mœurs nouvelles pratiques. Résultat, elle et Bart deviennent les vedettes de la toile durant 24 heures. Il faudra l’intervention des secours et de beaucoup de lubrifiant pour la tirer de ce mauvais pas. Et parvenir à nous faire sourire malgré tout. 

19:18 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : python, oreille, trou

03/02/2017

De choses et d'autres : Pour une poignée de milliards

facebook,capital,milliards,bénéfices10,2 milliards de dollars de bénéfices en 2016. Les rares voyants qui ont pré- dit l’effondrement de Facebook en sont pour leurs frais (et peuvent changer de métier). Le géant des réseaux sociaux, loin de perdre des parts de marché face aux Twitter, Snapchat et autres gadgets destinés aux plus jeunes, a vu son chiffre d’affaires progresser de 57 % en un an. Bientôt 2 milliards d’utilisateurs « likeront » à tour de bras.

Un rouleau compresseur impossible à arrêter, devenu phénomène de société mondial aussi important que la télévision ou les smartphones à une époque. A la diffé- rence que Facebook ne partage pas le gâteau. L’essentiel des revenus de la publicité présente sur vos pages file directement dans les poches de Marck Zuckerberg et de ses quelques associés. Ne cherchez plus les maîtres du monde, ce sont eux. Cela ne durera pas. Forcément. Ainsi va la vie, une succession de grands bouleversements. Un auteur de science-fiction pourrait en tirer un bon roman.

Dans quelques siècles, après un big bang, des chercheurs extraterrestres découvrent un serveur miraculeusement préservé. Ils extraient les données et reconstituent la vie au début du XXIe siècle. Ils ne voient que chats mignons, chutes de skate, accidents de voitures, photos de vacances et assiettes de nourriture. Travail ? Presque rien. École. Très peu ! Comme si les « faits alternatifs » chers à l’administration Trump constituent déjà la réalité de nos vies virtuelles, seules traces de notre passage sur terre.

02/02/2017

De choses et d'autres : Marketing fumeux

tabac, santé, touraine, cancer, cigarettesOn ne plaisante plus dans la lutte contre le tabagisme en France. Après les paquets neutres et les fortes augmentations de prix, le ministère de la Santé s’attaque au marketing. Marisol Touraine a annoncé l’interdiction pure et simple de certaines « marques qui sont attractives, qui donnent le sentiment que fumer ces cigarettes c’est chic. » Sont visées les Fine, Corset, Allure et autres Vogue. Beaucoup plus longues et étroites que les classiques elles ne sont pas moins nocives, au contraire, mais plus classes, plus élégantes au bout des doigts des femmes modernes. Les cigarettiers avaient trouvé cette astuce pour dédiaboliser un produit accusé de causer des milliers de morts chaque année. Une trouvaille marketing décriée par le gouvernement qui sort l’arme fatale de l’interdiction. De la marque seulement, pas du produit. Mesdames vous pourrez toujours griller avec élégance votre clope « slim » mais elle portera un autre nom. Les équipes sont à la recherche d’autres appellations.

Je ne suis pas un très bon publicitaire mais pourquoi ne pas proposer des termes explicites, tout en rappelant avec délicatesse le bon goût et le luxe à la française. Craquez pour la « Goudron N° 5 », un maximum de saleté dans vos poumons, mais avec la délicieuse fragrance d’un grand parfum. Ou l’« Insane-Laurent », pour l’achat de dix cartouches vous aurez droit à une petite robe noire, celle que vous porterez dans votre cercueil, une fois morte d’un cancer. 

31/01/2017

De choses et d'autres : Rondeurs flatteuses

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Le petit monde de la chirurgie esthétique tenait salon la semaine dernière au Palais des Congrès de Paris. De grands spécialistes ont échangé sur les dernières nouveautés dans une activité qui ne connaît pas la crise. Je vous épargnerai les techniques sur le remodelage du sexe féminin, paraît-il en plein boum, pour me concentrer sur la graisse, ces bourrelets devenus la hantise de quantité de femmes (et d’hommes). La cryolipolyse ou « coolsculpting » en anglais est en plein boum. Elle consiste à refroidir la graisse durant une heure. Celle-ci va alors se désintégrer au bout de deux à trois semaines. Pas invasif et sans douleur. 120 000 Américains l’ont testée en 2015.

Cet été, je tenterai l’expérience. De façon artisanale avec un simple bac à glaçons sur mes abdos. Enfin, sur le gras qui cache mes abdos. Si tant est qu’ils existent...

L’autre nouveauté est encore plus incroyable. Avant quand on pratiquait une liposuccion, toute la graisse aspirée partait à la poubelle. Désormais on peut la « nettoyer » (enlever le sang et l’eau) et la réinjecter là où il en manque. Voilà comment ses poignées d’amour ou petit bidon (terme politiquement correct pour désigner un gros ventre) se transforment en poitrine opulente ou fesses rebondies. Et avec des seringues de précision, la mauvaise graisse peut même servir à combler des rides trop marquées, encore mieux que le botox. Bref, de l’auto-chirurgie esthétique à destination de rondeurs flatteuses.

08:26 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gros, chirurgie, graisse

30/01/2017

De choses et d'autres : Jurisprudence Penelope

 

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Ce «Penelope Gate» me plonge dans l’embarras. Jeudi soir sur TF1, l’ancien député, sénateur, Premier ministre et actuel candidat de la droite a détaillé en quoi consistait le travail d’attachée parlementaire de son épouse. Elle «corrigeait mes discours, me faisait une synthèse de la presse» a-t-il expliqué en direct pour justifier les milliers d’euros qu’elle touchait chaque mois.

Je suis dans l’embarras car moi aussi je demande à mon épouse de lire et corriger ces chroniques. Et chaque jour, elle commente les titres des journaux, me glissant au passage quelques idées pour le futur. Là, en écrivant ces lignes, je comprends tout le problème. Car en les découvrant elle ne manquera pas de me faire remarquer: «Pourquoi moi je ne touche pas un centime alors que Penelope a empoché entre 3000 et 8000 euros mensuels ?» Que puis je lui répondre? Désolé, mais je suis pauvre. Pauvre et honnête de surcroît.

J’entrevois bien une solution mais elle risque de ne pas plaire à mon directeur. Selon cette fameuse «jurisprudence Penelope», je vais demander l’alignement de mes piges sur son barème de critique littéraire à la Revue des Deux mondes. Elle a été payée 100.000 euros (sur 20 mois de travail) en écrivant deux textes de 3500 signes au total. Conséquence, à raison de 24 chroniques de 1.500 signes chacune, je devrais gagner un peu plus d’un million d’euros par mois. Facile dans ces conditions d’en céder une infime partie à ma première lectrice. Dans mes rêves...

(Chronique parue le 30 janvier en dernière page de l'Indépendant)

28/01/2017

De choses et d'autres : Tweets d'outre tombe

Le réseau Twitter est devenu le grand défouloir de la planète. En 140 signes il faut être percutant et pertinent. Une nouvelle façon de s’exprimer, de faire rire ou dire ses quatre vérités à ceux qui nous énervent. Mais Twitter est récent. Jeff Domenech, auteur de « Tweets post mortem » imagine ce que pourraient twitter les célébrités aujourd’hui disparues. Une sorte d’hommage à leur personnalité, tout en conservant le côté persifleur du réseau. Un florilège classé par catégories, de musique à politique en passant par littérature ou sport. Wolinski prend sa revanche : « Dites aux kamikazes de Daech que depuis mon arrivée au paradis, leurs 72 vierges ne le sont plus ». Coco Chanel donne son avis sur la mode actuelle : « L’élégance se perd de nos jours. Se promener dans la rue avec un maillot du PSG ou de l’OM devrait être passible de la peine de mort ». Au total plus de 300 tweets imaginaires, à picorer avec gourmandise et sans modération.

➤ « Tweets post mortem », Jungle, 9,90 €

 

26/01/2017

De choses et d'autres : Cure-dent ou baguette magique ?

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Suite (et sûrement pas fin) de nos déboires internet. Le nouvel opérateur n’offre finalement pas un service de très grande qualité. Des coupures, toujours des coupures… Mon épouse décide de prendre le taureau par les cornes et compose le numéro de la maintenance technique. Dans mon coin, j’écoute la conversation (le téléphone est branché sur haut-parleur) et rigole d’avance. Je ne suis pas déçu. Après quelques minutes d’attente, un « technicien » prend l’appel. Après les préliminaires habituels « Je me présente Madame Litout, je m’appelle… et suis à votre service. » Donc, ça coupe. Souvent. Incessamment. Et la communication au téléphone est mauvaise, comme parasitée. « Très bien madame Litout. Votre box est-elle à côté de votre micro-ondes ? » Premier étonnement de mon épouse. « Ben non, le micro-ondes est dans la cuisine et la box dans le salon » explique-t-elle. « Très bien madame Litout. Prenez un cure-dent. » Je me retrouve propulsé dans un dessin de Tex Avery. La mâchoire de mon épouse se décroche littéralement et ses yeux se transforment en grosses billes de loto. « Un cure-dent ? » ne peut-elle que répéter interloquée. « Oui madame Litout, un cure-dent ». Bon, à priori, c’est lui le technicien. Elle s’exécute et la communication coupe… Elle se retrouve seule avec son cure-dent devant la box. Je lui explique que c’est certainement pour actionner le minuscule bouton « reset ». Elle le fait. Depuis ça marche mieux. Parfois. 

08:58 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : internet, panne, reset, box

25/01/2017

De choses et d'autres : #FreeMelania

 

Si certains espéraient trouver en Melania, l’épouse de Donald Trump, la meilleure alliée du président US contre les millions de walkyries féministes déchaînées contre ses propos sexistes, ils déchantent. Au contraire la pauvre Melania s’érige en symbole des mauvais traitements d’un époux dominateur sur sa femme soumise.

 

La raison, quelques secondes filmées par CNN lors de l’investiture du magnat de la téléréalité. Melania est derrière lui, tout sourire. Trump se détourne, la regarde droit dans les yeux, semble prononcer une phrase très courte et se retourne vers la foule. La caméra suit l’expression de Melania qui perd instantanément son sourire et affiche une expression jugée par les internautes au mieux de petite fille grondée, au pire d’épouse désespérément malheureuse.

 

Il n’en fallait pas plus aux opposants de Trump pour lancer la grande opération «#FreeMelania», rapidement relayée part des millions de comptes Facebook ou Twitter. Car pour eux pas de doute, Melania est comme prisonnière. De la fonction, de son foyer, de son mari.

 

Mélania, cligne des yeux deux fois si tu as besoin d'aide dit celui-ci.

Certaines femmes de la « Women’s March » de samedi ont même fabriqué des pancartes avec ce slogan. Et d’autres ont spéculé sur le contenu de la boîte bleue offerte par Melania Trump à Michelle Obama : un simple post-it avec marqué dessus, en gros, « Help ! ». Cela semble farfelu, mais au vu des images, peut-être assez proche de la vérité. 

16:08 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : free melania, trump

24/01/2017

De choses et d'autres : c'est petit

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Il est toujours plus facile de taper sur les faibles, les petits. Après la primaire de la droite et les moqueries incessantes contre Jean-Frédéric Poisson, le phénomène se répète pour la gauche. Cible privilégiée Jean-Luc Bennhamias malmené par certains intervieweurs chargés d’animer les débats. Un mordant journalistique étrangement absent quand Manuel Valls prenait la parole.

Même « politique » dimanche lors du vote. Un journaliste chargé de couvrir le vote à Marseille twittait, très ironique, une dizaine de minutes après le début du dépouillement : « Suspense au bureau où Jean-Luc Bennahmias a voté : son bulletin toujours pas sorti... » Reste qu’au final, le leader de Force démocrate a remporté plus de voix que Jean-François Copé, arrivé bon dernier des deux consultations avec seulement 12 750 voix contre 16 172 au plus bas score des primaires citoyennes.

Sylvia Pinel pour les radicaux de gauche a elle aussi eu droit à quelques sarcasmes. Notamment lors de la publication des résultats de l’outre-mer, l’Agence France presse se permettait une dépêche au titre plus ironique qu’informatif à cause des points de suspension : « Sylvia Pinel arrive en tête... à Saint-Pierre et Miquelon ». Si facile de se gausser d’un « petit » territoire et d’une « petite » candidate. Et pourtant avec 31 703 voix, la vice-présidente de la région Occitanie a quasi doublé le score de 2011 alors que Valls a obtenu moitié moins que Hollande. Mais l'ancien Premier ministre reste un « grand », pas encore tombé de son piédestal.

(Chronique parue le 24 janvier en dernière page de l'Indépendant) 

 

23/01/2017

De choses et d'autres : reflux gastrique

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Pour tout vous dire, je suis parfois de permanence de nuit à la rédaction. Jusqu’au bouclage vers 23 heures, je suis bloqué au journal. J’amène donc ma gamelle pour la réchauffer dans la petite pièce qui sert de cantine. Parfois du fait maison, parfois un plat pré- paré. On est censé être rarement déçu avec un plat tout prêt. On en connaît parfaitement la composition si l’on parvient à interpréter le langage marketing.

Dernière tentation : du poulet tandoori avec sa semoule et ses petits légumes. Une fois sortie du micro-ondes, la barquette révèle son véritable contenu. Le poulet en tranches est reconstitué et surtout réparti sur toute la surface pour donner l’impression d’une part copieuse. Dans les faits, il ne représente que 10 % du plat. Dans petits légumes il y a petit. Et en effet les morceaux sont riquiquis. Même en légumes ils se montrent avares. Par contre, la semoule se ramasse à la pelle. Pelle qui doit être résistante (la cuillère en plastique fournie n’y a pas résisté) pour la découper tant elle est compacte. Loin des grains fins et aériens des couscous traditionnels. Quant au goût tandoori, je le cherche toujours. Dans le genre infâme, on trouve aussi le parmentier de poisson ou les crevettes sauce piquante. Crevettes au pluriel car il y en a... deux.

Voilà les dîners au journal, seul qui plus est. Mais franchement, je n’inviterai jamais personne à partager ce genre de repas. Vivement l’été et les courgettes farcies aux tomates fraîches de ma femme. 

20/01/2017

De choses et d'autres : le malaise de la gifle

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Certains se sont réjouis de la gifle donnée à Manuel Valls par un jeune Breton. Notamment un auditeur de France Inter interpellant l’ancien Premier ministre à l’antenne : « La claque, on est 66 millions à vouloir te la mettre ».

Désolé, une gifle c’est de la violence et je ne pense pas que tous les Français veuillent recourir à ce moyen ultime pour se faire entendre. Sans compter ceux qui soutiennent le candidat en pleine campagne de la primaire citoyenne. Il a déjà eu droit à un jet de farine. Puis la baffe. Attention, l’émulation dans la bêtise risque de donner des idées à plus ambitieux. L’agresseur n’a probablement pas ré- fléchi aux conséquences de son geste : trois mois de prison avec sursis. Pourtant toute forme de brutalité ne peut que mettre mal à l’aise un être humain un tant soi peu civilisé.

La vidéo, montrée complaisamment par nombre de sites internet, pourrait être récupérée par ces nombreuses chaînes de Youtube qui exploitent le filon. Un débat houleux dans un parlement se transforme en pugilat désordonné comme récemment en Turquie ou en Ukraine.

Sur les terrains de sport aussi les plus bas instincts se déchaînent lors de bagarres « générales », rares au plus haut niveau mais quasi hebdomadaires en Fédérale. Sans compter les combats de rues à mains nues ou les crêpages de chignon entre filles régulièrement repris sur ces sites. Une violence qui ne se cache plus. Mais qu’il ne faut jamais cesser de dénoncer. 

19/01/2017

De choses et d'autres : L'immobilisme en action

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Dernière tendance sur les réseaux sociaux, le mannequin challenge fait des ravages et a tendance à m’énerver. Le principe : un quidam filme en plan séquence des gens comme pétrifiés en pleine action.

Pas plus loin que dans notre agence de Narbonne, on a pu voir les secrétaires plongées dans les archives, un journaliste boire sans fin une bouteille d’eau et la chef adjointe figée devant le chemin de fer des pages à réaliser. Si par malheur quelqu’un a la mauvaise idée d’en réaliser un au siège à Perpignan, je n’accepterai d’y participer que protégé de mon casque intégral pour épargner les hypothétiques spectateurs de mon rictus consterné... A Carcassonne, la patinoire a servi d’écrin pour des amateurs immobiles, pas évident alors qu’on est en équilibre sur des patins, glissants par définition. Le plus osé reste celui de cette agence de mannequins. Les modèles posent toutes en petite tenue dans ce qui sert visiblement de cuisine.

Quelques-uns sont cependant impressionnants comme dans ce club de gym, où l’un des sportifs qui reste durant tout le film à l’équerre aux anneaux. Cet éloge de l’immobilisme devrait plaire à certains politiques de plus en plus frileux face à un électorat résolument conservateur. Petite précision, le plus long mannequin challenge est à porter à l’actif des débats de la primaire de la gauche.

Mais le meilleur reste celui de la rédaction d’iTélé en pleine grève. Des dizaines de journalistes à l’arrêt, au propre comme au figuré. 

18/01/2017

De choses et d'autres : Empreintes empruntées

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Ceci est une étude scientifique. Pas du tout un manuel pour les fraudeurs du futur. Selon le site Channel NewAsia, des chercheurs japonais ont prouvé qu’il était possible, avec des photos récupérées sur des réseaux sociaux, d’imiter les empreintes digitales. Ils ont utilisé des clichés où les cobayes font le classique signe de victoire de l’index et du majeur pointés vers le ciel. En agrandissant au maximum, les empreintes digitales deviennent parfaitement visibles.

Logique quand on sait que les nouveaux smartphones sont dotés de capteurs offrant des résolutions de plusieurs millions de pixels. Soit une définition largement suffisante pour reproduire la centaine de lignes spécifiques à chaque doigt. D’autant que les systèmes de reconnaissance comme celui utilisé dans les passeports biométriques n’en utilisent qu’une dizaine. Mais pour quoi faire ? Tout simplement prendre possession de votre vie si vous faites partie des hyperconnectés. Depuis quelque temps, mieux qu’un code à quatre chiffres, la reconnaissance digitale permet de dé- verrouiller un téléphone. Bientôt vous démarrerez votre voiture, ouvrirez la porte de votre appartement voire retirerez de l’argent au distributeur.

Vous comprenez maintenant l’utilité des recherches japonaises. Alors désormais, quand vous publierez sur votre mur Facebook un selfie où vous faites le signe de la victoire car vous êtes fun et djeun’s, dites-vous que ce « V » signifie également : « Venez Voleurs ! » 

17/01/2017

De choses et d'autres : Net intermittent (Part 2)

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Notre grosse erreur : vouloir changer d’opérateur internet. Déçus du nouveau, nous voulons faire marche arrière (lire la chronique d’hier) et là c’est le drame. Premier problème, la ligne téléphonique ne sera rétablie que dans 3 semaines.

Presque un mois sans internet ni téléphone. Et de constater notre dépendance. Une petite cure de désintoxication peut présenter des avantages. Sauf pour les adeptes du télétravail comme moi. J’ai redécouvert les joies du café matinal et wifi au bar du village (la Brasserie de l’Europe de Pollestres que je ne remercierai jamais assez).

Quant au téléphone fixe la situation semble plus problématique. Surtout lorsque notre ancien et donc nouvel opérateur après l’essai non concluant chez la concurrence, nous explique que le numéro qui est le nôtre depuis 15 ans a été racheté par l’opérateur temporaire. Il faudra en changer. Obligatoire et non négociable. Commence une longue période de disette. Nous recevons enfin la nouvelle box. La branchons mais la ligne n’est toujours pas rétablie. Attendons. Finissons par nous habituer. Twitter et Facebook vivent leur vie sans nous et ne s’en portent pas plus mal.

Un jour enfin la box passe au vert. Nous voilà reconnectés au monde. Ma femme appelle immédiatement sa sœur. Cette dernière lui demande quel est notre nouveau numéro et Kafka, toujours d’actualité, l’oblige à répondre : « Je ne sais pas. » Numéro que nous recevrons... quatre jours plus tard. 

16/01/2017

De choses et d'autres : Net intermittent (part 1)

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A la base nous avons commis une grosse erreur. Lassés de payer trop cher notre opérateur internet, mon épouse et moi prenons la décision de passer à la concurrence nettement moins chère. Un coup de fil et nous voilà embarqués dans une sacrée galère. Pourtant tout commençait très bien. La nouvelle box arrive en trois jours. Ils s’occupent de tout : transfert de la ligne et portabilité du numéro.

Arrive le grand jour. L’ancienne ligne est coupée. On branche la box et miracle, elle fonctionne au premier coup. Mais pas longtemps. Mon épouse devient folle à cause des coupures incessantes en pleine communication téléphonique. Une demi-heure pour dire au revoir après 20 rappels. Côté télé aussi c’est la catastrophe. En plein film d’action, au moment le plus palpitant, l’image se fige comme dans u n mauvais Challenge mannequin. Et quand la connexion se rétablit (une fois sur dix), le méchant est mort ou le film terminé. Nous commençons à regretter notre désir d’économie. Qu’importe, nous téléphonons à l’opérateur pour nous rétracter dans le délai des 14 jours légaux. Pas de souci. Suffit d’envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception. Dans la foulée nous rappelons l’ancien prestataire de service pour réactiver notre abonnement.

Et là Kafka s’invite à la fête. En quelques minutes nous perdons tout : ligne, internet, télévision et même numéro de fixe. Suite du cauchemar demain. 

12/01/2017

DE CHOSES ET D'AUTRES : Contraste américain

obama, trump, maison blanche, cia, milliardairesD’un côté Barack Obama essuie une larme lors de son dernier discours quand il évoque sa femme Michelle. De l’autre Donald Trump nomme son gendre conseiller à la Maison Blanche et un rapport des services secrets britanniques laisse entendre que les Russes possèdent une vidéo très compromettante du futur président des États-Unis.

Un mandat présidentiel aux USA dure quatre ans. Le sortant peut se représenter une fois, pas plus. Huit ans de pouvoir suprême, c’est le maximum. On ne sait pas encore si Trump briguera à nouveau le poste, mais il est certain que les quatre années qui s’annoncent seront riches en rebondissements. Et que beaucoup regrettent déjà la grande classe de Barack Obama. Encore plus quand les électeurs de Trump, souvent issus des classes défavorisées, ont découvert la composition de son cabinet, l’équivalent de notre gouvernement. Banquiers et chefs d’entreprises se partagent les meilleurs postes. Quartz, un site américain, estime à près de 9,5 milliards les fortunes personnelles des 17 premiers responsables choisis par Trump. Une somme qui représente ce que possèdent les 109 millions d’Américains les plus pauvres. Ces derniers espèrent une vie meilleure avec l’accession de Trump au pouvoir. Le fameux rêve américain.

Pour le coup, j’ai comme un sacré doute. Étrange démocratie qui donne la victoire au candidat arrivé second en nombre de voix et empêche un président sortant apprécié de se représenter. 

11/01/2017

De choses et d'autres : iTélé, plus dure sera la chute

itele, licenciements, plan social, nedjar, bolloréLe CSA reçoit ce mercredi la direction de iTélé pour faire le point sur les engagements pris au sortir de la longue grève. Cela risque d’être sportif car la télé toute info du groupe Canal+ est dans un bien triste état. Le départ de plus de 90 journalistes ne permet plus de tenir l’antenne en continu. Les remplacements promis n’ont pas eu lieu et le lancement de la nouvelle formule, sous l’appellation de Cnews, est encore repoussée. Pourtant il y a toujours de l’agitation autour de la chaîne. Du gros recrutement même.

Après Jean-Marc Morandini, les Bogdanov et Jean-Pierre Elkabbach, c’est au tour de Patrick Poivre-d’Arvor d’être sur les tablettes de Serge Nedjar, le directeur de la chaîne et de la rédaction. Problème, PPDA ne veut pas travailler avec ce Morandini si décrié. Mais comme on lui propose un poste de polémiste le week-end, il ne devrait pas croiser la route de l’ancienne star d’Europe1. Reste maintenant à mettre tout cela en musique. Et trouver les pigistes qui feront tourner la boutique, car les noms évoqués ne sont là que pour rebondir personnellement après des échecs.

Un conseil aux candidats, soyez à l’heure. Serge Nadjar ne plaisante pas avec la ponctualité. Selon le site Lesjours.fr, une pigiste arrivée 30 minutes en retard le 31 décembre a été licenciée sur le champ. Elle a eu le malheur d’aider une voisine tombée dans le hall de son immeuble. Cela faisait quatre ans qu’elle travaillait pour la chaîne. Y’a pas à dire, ça donne envie de postuler... 

(Chronique parue le mercredi 11 janvier en dernière page de l'Indépendant)

10/01/2017

De choses et d'autres : Danger silencieux

 

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Menacés par certains fous du volant, piétons et cyclistes vont devoir prochainement affronter un nouveau danger. L’essor des voitures électriques améliorera la qualité de l’air dans les zones urbaines mais posera le problème de leur redoutable discrétion. Totalement silencieux, un véhicule sans moteur à explosion surgit sans crier gare. Ce qui au début passait pour un avantage, moins de pollution sonore, devient un danger public. Les piétons, trop souvent, se fient à leur ouïe. On entend une voiture avant de la voir. Il a donc été décidé qu’avant 2019 tout véhicule électrique sera doté d’un bruiteur. Il ne se déclenchera qu’en dessous de 30 km/h. Au-delà, le bruit des pneus sur la chaussée suffit à signaler l’approche d’un véhicule. Reste à déterminer quel bruit.

Les recherches se concentrent sur un son continu et audible par les piétons, en minimisant les nuisances sonores. Un sacré pari. Dans certains films de science-fiction, les voitures du futur se déplacent en produisant une sorte de sifflement strident assez désagréable. A moins que des chercheurs plus malicieux ne choisissent le tintement des cloches des tramways d’antan. Des opportunistes pourraient proposer des bruits à la carte. J’imagine déjà la petite voiture démarrant dans un vrombissement de moteur 8 cylindres.

Personnellement, je rêve de retrouver le bruit des moteurs Citroën, celui si caractéristique des 2CV et autres DS. Pas agressif et parfait pour attirer l’attention des personnes un peu nostalgiques. 

09/01/2017

De choses et d'autres : Mauvaises ondes

Révolution radiophonique en Norvège. Ce pays nordique a commencé à couper ses émetteurs en FM. L’objectif, d’ici la fin d’année, est de passer au tout numérique. Des fréquences plus nombreuses, une qualité parfaite, pour beaucoup c’est l’avenir. Un redéploiement en bonne voie, puisque 7 Norvégiens sur 10 disposent déjà d’un poste de radio numérique. En France aussi on coupe des émetteurs, mais ce sont les vieilles, très vieilles installations diffusant sur les grandes ondes. Ainsi France Inter n’est plus diffusé depuis le début d’année sur cette fréquence unique et un peu grésillante mais qui avait l’avantage de se propager partout.

Je me souviens, enfant, avoir récupéré chez des voisins convertis au transistor, un vieux poste à lampes. Du bois vernis et des noms de lieux qui faisaient rêver sur la façade. J’ai passé quelques nuits d’insomnies à écouter Alger Chaîne 3. Une radio en français, l’exotisme en plus. Et d’autres, dont la qualité était encore moins bonne, au langage incompréhensible, mais qui avaient la capacité de me faire évader de la chambre étriquée de la ferme de mes parents.

Maintenant la bande FM me paraît tragiquement banale entre les tubes répétitifs des radios musicales ou les généralistes animées par des stars de la télé. Heureusement il reste internet et ses milliers de webradios. On peut se croire à la Réunion en écoutant Radio Freedom ou à la Martinique avec RCI (Radio Caraïbes international) en direct. Pour moi, radio a toujours rimé avec évasion.