20/02/2017

De choses et d'autres : À deux pages du crash

 
La semaine dernière, lundi exactement, j’ai passé la journée à Paris pour divers rendez-vous. Un aller-retour en avion, départ à 7 heures et retour à 21 h 50. J’enchaîne les rencontres et rejoins Orly en fin d’après-midi.
C’est dans la salle d’embarquement que je découvre l’urgent de notre site internet : « Météo : Aude et P.-O. en vigilance orange ». Confirmation une fois installé dans le Bombardier de Hop !, le pilote annonce un temps calme au début, puis quelques turbulences sur la descente vers Perpignan. J’en profite pour terminer un roman. Le narrateur avoue qu’il a la phobie de l’avion. Obligé de se rendre en Chine pour rejoindre sa dulcinée, il explique : « Je sais pertinemment que si un seul avion doit s’écraser cette année, ce sera le mien : j’en ai toujours été persuadé ». Pile à ce moment, le mien commence à ressembler à un manège de Port Aventura. Vais-je passer de la fiction à la réalité ?
Perpignan est là. Je vois les lumières de la ville. Cela secoue de plus en plus. Pourtant on va bien se poser puisque le commandant dit « PNC, préparezvous à l’atterrissage ». J’avoue ma panique en constatant que la piste s’approche, mais qu’on n’est pas du tout dans l’axe puisque je la vois parfaitement sur ma gauche par le hublot. D’un coup, l’avion reprend de la hauteur. Trop de vent. On se posera à Montpellier pour terminer le voyage en bus.
Finalement, « Quelqu’un à qui parler » de Cyril Massarotto ne sera pas le dernier roman que j’aurai lu dans ma vie. 
 
(Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le 20 février)

11/02/2017

De choses et d'autres : Extermination du cafard

Étonnant téléscopage entre la fiction et la réalité. Philippe Ségur, romancier de Perpignan, vient de publier début janvier une fantaisie littéraire intitulée « Extermination des cloportes ». Dans ce roman, le personnage principal, professeur voulant devenir écrivain et qui a des soucis de voisinage avec sa copropriété, se réveille un matin avec l’étrange sensation d’avoir des cloportes dans les yeux. Des insectes qui l’empêchent de voir la réalité en face.

Pas de fiction pour une Indienne de 42 ans selon une dépêche de l’agence France Presse : « Ce n’était pas une idée qui lui trottait dans la tête mais un cafard bien vivant. Ressentant une sensation désagréable derrière les yeux au réveil, la femme se rendit dans une clinique locale où lui fut pratiqué un lavage nasal. Ceci fait, on la renvoya chez elle. Mais la douleur était toujours là. Ce n’est que lorsqu’un spécialiste examina ses canaux nasaux à l’aide d’un endoscope que fut découverte la terrible vérité. ‘J’ai vu des petites pattes bouger à l’intérieur’, raconte le médecin. Poussant plus loin ses recherches, quelle ne fut pas sa surprise : « j’ai réalisé que j’observais en fait le postérieur d’un cafard », se souvient-il avec horreur. Le blattoptère en goguette était entré par les narines de la femme pendant son sommeil et avait si bien avancé qu’il se trouvait presque à la base du crâne. Le passager clandestin fut finalement aspiré hors du nez, gigotant et bien vivant. » Philippe Ségur doit bien rigoler dans son coin...

10:05 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cafard, ségur

10/02/2017

De choses et d'autres : La pétition exponentielle

fillon,argent,pétition,penelope,présidentielle

Désolé, une nouvelle fois je vais parler de l’affaire Fillon. Dans le but de rééquilibrer la balance, tentons de savoir s’il y a véritablement acharnement contre Penelope. Dès que l’affaire a été révélée par le Canard Enchaîné, Christophe Grébert élu à Puteaux, a lancé une pétition sur Change.org. L’intitulé a l’avantage de la clarté : « Mme Fillon, rendez-nous ces 500 000 euros ».

Rapidement plusieurs milliers de personnes signent sur le net ce nouveau genre de manifeste. 40 000 le premier jour et depuis la vague ne cesse de monter. 400 077 exactement hier à 12 h 30. Mais il n’y a pas que la quantité de signataires qui voit son nombre croître de façon exponentielle. La semaine dernière, après les nouvelles révélations du palmipède en papier, l’intitulé de la pétition est devenu « Mme Fillon rendez les 800 000 euros ».

Et au troisième épisode du FillonGate mercredi dernier, elle a encore grimpé d’un cran. Là, on frise effectivement l’acharnement car Christophe Grébert annonce carrément la somme de 1,5 million d’euros à rembourser. Mais comment est-il parvenu à un tel montant ? Tout simplement en précisant que le calcul est basé sur « l’euro constant 2016 ». Il exagère un peu, l’élu de Puteaux. 1,5 million représentent deux fois la valeur de l’habitation principale des Fillon selon l’estimation officielle du candidat. Après avoir sali son honneur, on va quand même pas mettre toute sa famille à la rue ? Allons. 

09/02/2017

De choses et d'autres : faire et défaire c’est toujours travailler

penelope,fillon,emploi fictif,présidentielle

 

L’affaire Fillon et le supposé emploi fictif de son épouse fait gamberger la mienne. Férue de Grèce antique, pour elle «la Pénélope d’Ulysse défaisait la nuit ce qu’elle tissait le jour. La Penelope de Fillon se contente de faire tapisserie. Tandis que François s’emberlificote dans un tissu de mensonges.» On peut aussi imaginer une autre interprétation.

Faire et défaire, c’est toujours travailler. Même si au petit matin, toute trace du labeur de la veille a disparu. Et c’est bien le problème. Des années et des années de labeur, mais plus le moindre dossier, email ou agenda des rendez-vous. Comme si elle utilisait, tel dans un mauvais film de série Z, un effaceur de mémoire. La journée elle participe à une réunion sur un futur projet de loi défendu par son mari. À la fin, armée de son flasheur à la Men In Black, elle presse le bouton et «pfuit», tout le monde l’oublie. Sauf le comptable bien évidemment, qui chaque mois transférait le salaire bien effectif selon les dires du mari. Un flasheur testé sur elle-même et qui lui a occasionné un trou noir juste avant l’interview accordée à un journal anglais au cours de laquelle elle regrette ne pas travailler et avoue s’ennuyer dans son statut peu valorisant de femme au foyer. Après le coup d’état institutionnel et le complot médiatique, «Men In Black» sera peut-être la nouvelle explication fournie par le candidat de la droite pour laver son honneur. Pas forcément la moins crédible. 

07/02/2017

De choses et d'autres : l'art du laid

 

musée,laid,art,beauté,serres,france info

Chaque week-end sur la radio France Info, Michel Serres, philosophe, converse avec Michel Polacco dans sa chronique « Le sens de l’info » et nous ouvre l’esprit. Ce dimanche il a abordé le thème de la beauté. « À mesure que le temps passe, le temps filtre de façon implacable, rejette les mauvaises productions et garde les meilleures. »

Entièrement d’accord. Voilà bien pourquoi il faut se précipiter sur le site du MOBA, le Museum of bad art que l’on peut aisément traduire par musée du mauvais goût. Créé par un antiquaire, il est exclusivement composé de peintures abandonnées par leurs créateurs. Le genre de toiles que l’on tente désespérément de vendre sur un vide-greniers et qui finit à la poubelle au terme de la journée, la croûte ne valant même pas que l’on récupère le support. Dans le genre laideur absolue, le MOBA reste le mètre étalon. Entre les anatomies ratées, les couleurs criardes et les compositions aléatoires pour ne pas dire délirantes, tout absolument tout est remarquable de mocheté.

J’ai une petite préférence pour la création intitulée « Giraffe at the beach » représentant, comme son nom l’indique une girafe les quatre pattes dans la mer. Mais cela ne vaut pas « A mariachi in Tienanmen Square ». L’artiste a repris la célèbre photo de l’homme seul face aux chars de l’armée chinoise sur la place Tien Anmen. Mais en le grimant en mariachi mexicain. Faut-il y trouver un sens caché ? S’il vous plaît M. Serres, éclairez-moi. 

06/02/2017

De choses et d'autres : Marcel le tempétueux

météo, tempête, marcel, réunion, hugo, firinga, cyclone, chat

Quelle drôle d’idée de donner des pré- noms aux tempêtes. J’ai connu ça pour les cyclones quand je vivais outre-mer. J’ai passé une nuit assez éprouvante quand Hugo a frappé les Antilles en septembre 1989. Par chance il a en partie épargné la Martinique où je travaillais à l’époque pour se déchaîner sur la Guadeloupe. Peu de chose à côté de Firinga, autre cyclone passé juste au-dessus de la Réunion en janvier de la même année. Deux ouragans dans la même année, sensations fortes garanties.

Hugo et Firinga resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Il en sera certainement de même pour Marcel qui a traversé le sud-ouest de la France hier soir. Mais pas pour la même raison. Car Marcel le tempétueux est aussi le nom d’un de nos trois chats. Or Marcel n’a rien d’un foudre de guerre capable de gros dégâts.

Ce gentil et pacifique bâtard noir et blanc, recueilli il y a plus de cinq ans, a officiellement été nommé « Petit Marcel » après être passé entre les mains des vétérinaires de l’association de « L’école des chats » de mon village. De petit il est vite devenu gros. Il a doublé de volume, dédaignant les croquettes light pour se goinfrer de granulés plus goûteux. Notre cher gros Marcel, si peureux. Pour le passage de son homonyme météorologique, il est resté prudemment lové sur le canapé, ne se levant que pour vider la gamelle ou gratter dans la litière. Franchement, Marcel est inoffensif à un point tel que donner son nom à une tempête est au mieux incongru, au pire ridicule. 

04/02/2017

De choses et d'autres : Python d’oreille

python,oreille,trou

On ne se félicitera jamais assez des effets bénéfiques des réseaux sociaux sur notre moral quotidien. Le moral plombé par le PenelopeGate, l’attaque au Louvre ou tout simplement la météo, on ne peut que relativiser ces « broutilles » face à certaines informations.

Comme la mésaventure arrivée à cette adolescente américaine. Pas banale l’ado. Une gothique avec tempes rasées et gros trou dans l’oreille destiné à y encastrer ces anneaux de plusieurs centimètres de diamètres. Comme beaucoup de ses congénères, elle décide de prendre des selfies avec son animal de compagnie favori, Bart de son petit nom. Elle aurait pu avoir un rat. Mais Bart est un python, encore bébé heureusement. Le serpent, sans doute pour protester contre l’usage abusif de son image, décide de visiter le lobe si accueillant de sa propriétaire. Et y reste bloqué…

Panique de la jeune fille qui publie un SOS sur Instagram, nouvelles mœurs nouvelles pratiques. Résultat, elle et Bart deviennent les vedettes de la toile durant 24 heures. Il faudra l’intervention des secours et de beaucoup de lubrifiant pour la tirer de ce mauvais pas. Et parvenir à nous faire sourire malgré tout. 

19:18 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : python, oreille, trou

03/02/2017

De choses et d'autres : Pour une poignée de milliards

facebook,capital,milliards,bénéfices10,2 milliards de dollars de bénéfices en 2016. Les rares voyants qui ont pré- dit l’effondrement de Facebook en sont pour leurs frais (et peuvent changer de métier). Le géant des réseaux sociaux, loin de perdre des parts de marché face aux Twitter, Snapchat et autres gadgets destinés aux plus jeunes, a vu son chiffre d’affaires progresser de 57 % en un an. Bientôt 2 milliards d’utilisateurs « likeront » à tour de bras.

Un rouleau compresseur impossible à arrêter, devenu phénomène de société mondial aussi important que la télévision ou les smartphones à une époque. A la diffé- rence que Facebook ne partage pas le gâteau. L’essentiel des revenus de la publicité présente sur vos pages file directement dans les poches de Marck Zuckerberg et de ses quelques associés. Ne cherchez plus les maîtres du monde, ce sont eux. Cela ne durera pas. Forcément. Ainsi va la vie, une succession de grands bouleversements. Un auteur de science-fiction pourrait en tirer un bon roman.

Dans quelques siècles, après un big bang, des chercheurs extraterrestres découvrent un serveur miraculeusement préservé. Ils extraient les données et reconstituent la vie au début du XXIe siècle. Ils ne voient que chats mignons, chutes de skate, accidents de voitures, photos de vacances et assiettes de nourriture. Travail ? Presque rien. École. Très peu ! Comme si les « faits alternatifs » chers à l’administration Trump constituent déjà la réalité de nos vies virtuelles, seules traces de notre passage sur terre.

02/02/2017

De choses et d'autres : Marketing fumeux

tabac, santé, touraine, cancer, cigarettesOn ne plaisante plus dans la lutte contre le tabagisme en France. Après les paquets neutres et les fortes augmentations de prix, le ministère de la Santé s’attaque au marketing. Marisol Touraine a annoncé l’interdiction pure et simple de certaines « marques qui sont attractives, qui donnent le sentiment que fumer ces cigarettes c’est chic. » Sont visées les Fine, Corset, Allure et autres Vogue. Beaucoup plus longues et étroites que les classiques elles ne sont pas moins nocives, au contraire, mais plus classes, plus élégantes au bout des doigts des femmes modernes. Les cigarettiers avaient trouvé cette astuce pour dédiaboliser un produit accusé de causer des milliers de morts chaque année. Une trouvaille marketing décriée par le gouvernement qui sort l’arme fatale de l’interdiction. De la marque seulement, pas du produit. Mesdames vous pourrez toujours griller avec élégance votre clope « slim » mais elle portera un autre nom. Les équipes sont à la recherche d’autres appellations.

Je ne suis pas un très bon publicitaire mais pourquoi ne pas proposer des termes explicites, tout en rappelant avec délicatesse le bon goût et le luxe à la française. Craquez pour la « Goudron N° 5 », un maximum de saleté dans vos poumons, mais avec la délicieuse fragrance d’un grand parfum. Ou l’« Insane-Laurent », pour l’achat de dix cartouches vous aurez droit à une petite robe noire, celle que vous porterez dans votre cercueil, une fois morte d’un cancer. 

31/01/2017

De choses et d'autres : Rondeurs flatteuses

gros,chirurgie,graisse

Le petit monde de la chirurgie esthétique tenait salon la semaine dernière au Palais des Congrès de Paris. De grands spécialistes ont échangé sur les dernières nouveautés dans une activité qui ne connaît pas la crise. Je vous épargnerai les techniques sur le remodelage du sexe féminin, paraît-il en plein boum, pour me concentrer sur la graisse, ces bourrelets devenus la hantise de quantité de femmes (et d’hommes). La cryolipolyse ou « coolsculpting » en anglais est en plein boum. Elle consiste à refroidir la graisse durant une heure. Celle-ci va alors se désintégrer au bout de deux à trois semaines. Pas invasif et sans douleur. 120 000 Américains l’ont testée en 2015.

Cet été, je tenterai l’expérience. De façon artisanale avec un simple bac à glaçons sur mes abdos. Enfin, sur le gras qui cache mes abdos. Si tant est qu’ils existent...

L’autre nouveauté est encore plus incroyable. Avant quand on pratiquait une liposuccion, toute la graisse aspirée partait à la poubelle. Désormais on peut la « nettoyer » (enlever le sang et l’eau) et la réinjecter là où il en manque. Voilà comment ses poignées d’amour ou petit bidon (terme politiquement correct pour désigner un gros ventre) se transforment en poitrine opulente ou fesses rebondies. Et avec des seringues de précision, la mauvaise graisse peut même servir à combler des rides trop marquées, encore mieux que le botox. Bref, de l’auto-chirurgie esthétique à destination de rondeurs flatteuses.

08:26 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gros, chirurgie, graisse

30/01/2017

De choses et d'autres : Jurisprudence Penelope

 

#penelopegate,fillon,penelope,emploi,fictif

Ce «Penelope Gate» me plonge dans l’embarras. Jeudi soir sur TF1, l’ancien député, sénateur, Premier ministre et actuel candidat de la droite a détaillé en quoi consistait le travail d’attachée parlementaire de son épouse. Elle «corrigeait mes discours, me faisait une synthèse de la presse» a-t-il expliqué en direct pour justifier les milliers d’euros qu’elle touchait chaque mois.

Je suis dans l’embarras car moi aussi je demande à mon épouse de lire et corriger ces chroniques. Et chaque jour, elle commente les titres des journaux, me glissant au passage quelques idées pour le futur. Là, en écrivant ces lignes, je comprends tout le problème. Car en les découvrant elle ne manquera pas de me faire remarquer: «Pourquoi moi je ne touche pas un centime alors que Penelope a empoché entre 3000 et 8000 euros mensuels ?» Que puis je lui répondre? Désolé, mais je suis pauvre. Pauvre et honnête de surcroît.

J’entrevois bien une solution mais elle risque de ne pas plaire à mon directeur. Selon cette fameuse «jurisprudence Penelope», je vais demander l’alignement de mes piges sur son barème de critique littéraire à la Revue des Deux mondes. Elle a été payée 100.000 euros (sur 20 mois de travail) en écrivant deux textes de 3500 signes au total. Conséquence, à raison de 24 chroniques de 1.500 signes chacune, je devrais gagner un peu plus d’un million d’euros par mois. Facile dans ces conditions d’en céder une infime partie à ma première lectrice. Dans mes rêves...

(Chronique parue le 30 janvier en dernière page de l'Indépendant)

28/01/2017

De choses et d'autres : Tweets d'outre tombe

Le réseau Twitter est devenu le grand défouloir de la planète. En 140 signes il faut être percutant et pertinent. Une nouvelle façon de s’exprimer, de faire rire ou dire ses quatre vérités à ceux qui nous énervent. Mais Twitter est récent. Jeff Domenech, auteur de « Tweets post mortem » imagine ce que pourraient twitter les célébrités aujourd’hui disparues. Une sorte d’hommage à leur personnalité, tout en conservant le côté persifleur du réseau. Un florilège classé par catégories, de musique à politique en passant par littérature ou sport. Wolinski prend sa revanche : « Dites aux kamikazes de Daech que depuis mon arrivée au paradis, leurs 72 vierges ne le sont plus ». Coco Chanel donne son avis sur la mode actuelle : « L’élégance se perd de nos jours. Se promener dans la rue avec un maillot du PSG ou de l’OM devrait être passible de la peine de mort ». Au total plus de 300 tweets imaginaires, à picorer avec gourmandise et sans modération.

➤ « Tweets post mortem », Jungle, 9,90 €

 

26/01/2017

De choses et d'autres : Cure-dent ou baguette magique ?

internet,panne,reset,box

Suite (et sûrement pas fin) de nos déboires internet. Le nouvel opérateur n’offre finalement pas un service de très grande qualité. Des coupures, toujours des coupures… Mon épouse décide de prendre le taureau par les cornes et compose le numéro de la maintenance technique. Dans mon coin, j’écoute la conversation (le téléphone est branché sur haut-parleur) et rigole d’avance. Je ne suis pas déçu. Après quelques minutes d’attente, un « technicien » prend l’appel. Après les préliminaires habituels « Je me présente Madame Litout, je m’appelle… et suis à votre service. » Donc, ça coupe. Souvent. Incessamment. Et la communication au téléphone est mauvaise, comme parasitée. « Très bien madame Litout. Votre box est-elle à côté de votre micro-ondes ? » Premier étonnement de mon épouse. « Ben non, le micro-ondes est dans la cuisine et la box dans le salon » explique-t-elle. « Très bien madame Litout. Prenez un cure-dent. » Je me retrouve propulsé dans un dessin de Tex Avery. La mâchoire de mon épouse se décroche littéralement et ses yeux se transforment en grosses billes de loto. « Un cure-dent ? » ne peut-elle que répéter interloquée. « Oui madame Litout, un cure-dent ». Bon, à priori, c’est lui le technicien. Elle s’exécute et la communication coupe… Elle se retrouve seule avec son cure-dent devant la box. Je lui explique que c’est certainement pour actionner le minuscule bouton « reset ». Elle le fait. Depuis ça marche mieux. Parfois. 

08:58 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : internet, panne, reset, box

25/01/2017

De choses et d'autres : #FreeMelania

 

Si certains espéraient trouver en Melania, l’épouse de Donald Trump, la meilleure alliée du président US contre les millions de walkyries féministes déchaînées contre ses propos sexistes, ils déchantent. Au contraire la pauvre Melania s’érige en symbole des mauvais traitements d’un époux dominateur sur sa femme soumise.

 

La raison, quelques secondes filmées par CNN lors de l’investiture du magnat de la téléréalité. Melania est derrière lui, tout sourire. Trump se détourne, la regarde droit dans les yeux, semble prononcer une phrase très courte et se retourne vers la foule. La caméra suit l’expression de Melania qui perd instantanément son sourire et affiche une expression jugée par les internautes au mieux de petite fille grondée, au pire d’épouse désespérément malheureuse.

 

Il n’en fallait pas plus aux opposants de Trump pour lancer la grande opération «#FreeMelania», rapidement relayée part des millions de comptes Facebook ou Twitter. Car pour eux pas de doute, Melania est comme prisonnière. De la fonction, de son foyer, de son mari.

 

Mélania, cligne des yeux deux fois si tu as besoin d'aide dit celui-ci.

Certaines femmes de la « Women’s March » de samedi ont même fabriqué des pancartes avec ce slogan. Et d’autres ont spéculé sur le contenu de la boîte bleue offerte par Melania Trump à Michelle Obama : un simple post-it avec marqué dessus, en gros, « Help ! ». Cela semble farfelu, mais au vu des images, peut-être assez proche de la vérité. 

16:08 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : free melania, trump

24/01/2017

De choses et d'autres : c'est petit

nenn.jpg

Il est toujours plus facile de taper sur les faibles, les petits. Après la primaire de la droite et les moqueries incessantes contre Jean-Frédéric Poisson, le phénomène se répète pour la gauche. Cible privilégiée Jean-Luc Bennhamias malmené par certains intervieweurs chargés d’animer les débats. Un mordant journalistique étrangement absent quand Manuel Valls prenait la parole.

Même « politique » dimanche lors du vote. Un journaliste chargé de couvrir le vote à Marseille twittait, très ironique, une dizaine de minutes après le début du dépouillement : « Suspense au bureau où Jean-Luc Bennahmias a voté : son bulletin toujours pas sorti... » Reste qu’au final, le leader de Force démocrate a remporté plus de voix que Jean-François Copé, arrivé bon dernier des deux consultations avec seulement 12 750 voix contre 16 172 au plus bas score des primaires citoyennes.

Sylvia Pinel pour les radicaux de gauche a elle aussi eu droit à quelques sarcasmes. Notamment lors de la publication des résultats de l’outre-mer, l’Agence France presse se permettait une dépêche au titre plus ironique qu’informatif à cause des points de suspension : « Sylvia Pinel arrive en tête... à Saint-Pierre et Miquelon ». Si facile de se gausser d’un « petit » territoire et d’une « petite » candidate. Et pourtant avec 31 703 voix, la vice-présidente de la région Occitanie a quasi doublé le score de 2011 alors que Valls a obtenu moitié moins que Hollande. Mais l'ancien Premier ministre reste un « grand », pas encore tombé de son piédestal.

(Chronique parue le 24 janvier en dernière page de l'Indépendant) 

 

23/01/2017

De choses et d'autres : reflux gastrique

gamelle,repas,maison,industriel

Pour tout vous dire, je suis parfois de permanence de nuit à la rédaction. Jusqu’au bouclage vers 23 heures, je suis bloqué au journal. J’amène donc ma gamelle pour la réchauffer dans la petite pièce qui sert de cantine. Parfois du fait maison, parfois un plat pré- paré. On est censé être rarement déçu avec un plat tout prêt. On en connaît parfaitement la composition si l’on parvient à interpréter le langage marketing.

Dernière tentation : du poulet tandoori avec sa semoule et ses petits légumes. Une fois sortie du micro-ondes, la barquette révèle son véritable contenu. Le poulet en tranches est reconstitué et surtout réparti sur toute la surface pour donner l’impression d’une part copieuse. Dans les faits, il ne représente que 10 % du plat. Dans petits légumes il y a petit. Et en effet les morceaux sont riquiquis. Même en légumes ils se montrent avares. Par contre, la semoule se ramasse à la pelle. Pelle qui doit être résistante (la cuillère en plastique fournie n’y a pas résisté) pour la découper tant elle est compacte. Loin des grains fins et aériens des couscous traditionnels. Quant au goût tandoori, je le cherche toujours. Dans le genre infâme, on trouve aussi le parmentier de poisson ou les crevettes sauce piquante. Crevettes au pluriel car il y en a... deux.

Voilà les dîners au journal, seul qui plus est. Mais franchement, je n’inviterai jamais personne à partager ce genre de repas. Vivement l’été et les courgettes farcies aux tomates fraîches de ma femme. 

20/01/2017

De choses et d'autres : le malaise de la gifle

gifle,ps,valls,primaire,campagne,présidentielle,bretagne

Certains se sont réjouis de la gifle donnée à Manuel Valls par un jeune Breton. Notamment un auditeur de France Inter interpellant l’ancien Premier ministre à l’antenne : « La claque, on est 66 millions à vouloir te la mettre ».

Désolé, une gifle c’est de la violence et je ne pense pas que tous les Français veuillent recourir à ce moyen ultime pour se faire entendre. Sans compter ceux qui soutiennent le candidat en pleine campagne de la primaire citoyenne. Il a déjà eu droit à un jet de farine. Puis la baffe. Attention, l’émulation dans la bêtise risque de donner des idées à plus ambitieux. L’agresseur n’a probablement pas ré- fléchi aux conséquences de son geste : trois mois de prison avec sursis. Pourtant toute forme de brutalité ne peut que mettre mal à l’aise un être humain un tant soi peu civilisé.

La vidéo, montrée complaisamment par nombre de sites internet, pourrait être récupérée par ces nombreuses chaînes de Youtube qui exploitent le filon. Un débat houleux dans un parlement se transforme en pugilat désordonné comme récemment en Turquie ou en Ukraine.

Sur les terrains de sport aussi les plus bas instincts se déchaînent lors de bagarres « générales », rares au plus haut niveau mais quasi hebdomadaires en Fédérale. Sans compter les combats de rues à mains nues ou les crêpages de chignon entre filles régulièrement repris sur ces sites. Une violence qui ne se cache plus. Mais qu’il ne faut jamais cesser de dénoncer. 

19/01/2017

De choses et d'autres : L'immobilisme en action

mannequin challenge,itélé,immobilisme,mode,narbonne,perpignan

Dernière tendance sur les réseaux sociaux, le mannequin challenge fait des ravages et a tendance à m’énerver. Le principe : un quidam filme en plan séquence des gens comme pétrifiés en pleine action.

Pas plus loin que dans notre agence de Narbonne, on a pu voir les secrétaires plongées dans les archives, un journaliste boire sans fin une bouteille d’eau et la chef adjointe figée devant le chemin de fer des pages à réaliser. Si par malheur quelqu’un a la mauvaise idée d’en réaliser un au siège à Perpignan, je n’accepterai d’y participer que protégé de mon casque intégral pour épargner les hypothétiques spectateurs de mon rictus consterné... A Carcassonne, la patinoire a servi d’écrin pour des amateurs immobiles, pas évident alors qu’on est en équilibre sur des patins, glissants par définition. Le plus osé reste celui de cette agence de mannequins. Les modèles posent toutes en petite tenue dans ce qui sert visiblement de cuisine.

Quelques-uns sont cependant impressionnants comme dans ce club de gym, où l’un des sportifs qui reste durant tout le film à l’équerre aux anneaux. Cet éloge de l’immobilisme devrait plaire à certains politiques de plus en plus frileux face à un électorat résolument conservateur. Petite précision, le plus long mannequin challenge est à porter à l’actif des débats de la primaire de la gauche.

Mais le meilleur reste celui de la rédaction d’iTélé en pleine grève. Des dizaines de journalistes à l’arrêt, au propre comme au figuré. 

18/01/2017

De choses et d'autres : Empreintes empruntées

empreintes,digitales,vol,fraude

Ceci est une étude scientifique. Pas du tout un manuel pour les fraudeurs du futur. Selon le site Channel NewAsia, des chercheurs japonais ont prouvé qu’il était possible, avec des photos récupérées sur des réseaux sociaux, d’imiter les empreintes digitales. Ils ont utilisé des clichés où les cobayes font le classique signe de victoire de l’index et du majeur pointés vers le ciel. En agrandissant au maximum, les empreintes digitales deviennent parfaitement visibles.

Logique quand on sait que les nouveaux smartphones sont dotés de capteurs offrant des résolutions de plusieurs millions de pixels. Soit une définition largement suffisante pour reproduire la centaine de lignes spécifiques à chaque doigt. D’autant que les systèmes de reconnaissance comme celui utilisé dans les passeports biométriques n’en utilisent qu’une dizaine. Mais pour quoi faire ? Tout simplement prendre possession de votre vie si vous faites partie des hyperconnectés. Depuis quelque temps, mieux qu’un code à quatre chiffres, la reconnaissance digitale permet de dé- verrouiller un téléphone. Bientôt vous démarrerez votre voiture, ouvrirez la porte de votre appartement voire retirerez de l’argent au distributeur.

Vous comprenez maintenant l’utilité des recherches japonaises. Alors désormais, quand vous publierez sur votre mur Facebook un selfie où vous faites le signe de la victoire car vous êtes fun et djeun’s, dites-vous que ce « V » signifie également : « Venez Voleurs ! » 

17/01/2017

De choses et d'autres : Net intermittent (Part 2)

internet,cable,fibre,adsl,coupure

Notre grosse erreur : vouloir changer d’opérateur internet. Déçus du nouveau, nous voulons faire marche arrière (lire la chronique d’hier) et là c’est le drame. Premier problème, la ligne téléphonique ne sera rétablie que dans 3 semaines.

Presque un mois sans internet ni téléphone. Et de constater notre dépendance. Une petite cure de désintoxication peut présenter des avantages. Sauf pour les adeptes du télétravail comme moi. J’ai redécouvert les joies du café matinal et wifi au bar du village (la Brasserie de l’Europe de Pollestres que je ne remercierai jamais assez).

Quant au téléphone fixe la situation semble plus problématique. Surtout lorsque notre ancien et donc nouvel opérateur après l’essai non concluant chez la concurrence, nous explique que le numéro qui est le nôtre depuis 15 ans a été racheté par l’opérateur temporaire. Il faudra en changer. Obligatoire et non négociable. Commence une longue période de disette. Nous recevons enfin la nouvelle box. La branchons mais la ligne n’est toujours pas rétablie. Attendons. Finissons par nous habituer. Twitter et Facebook vivent leur vie sans nous et ne s’en portent pas plus mal.

Un jour enfin la box passe au vert. Nous voilà reconnectés au monde. Ma femme appelle immédiatement sa sœur. Cette dernière lui demande quel est notre nouveau numéro et Kafka, toujours d’actualité, l’oblige à répondre : « Je ne sais pas. » Numéro que nous recevrons... quatre jours plus tard.